Un grand merci à Fantomette34, Zeugma412, hpemilia, LinetteD, DGBA, KikainLove1, Cicidy pour leur commentaire. Vous me faites un grand plaisir. La suite pour vous avec un peu de retard, pour cause de week-end intense en festivités… Vous allez sans doute être un peu frustrés mais le prochain chapitre sera le bon, patience… Bonne lecture et grosses bises à toutes et tous.
Chapitre 8
Suite à la soirée avec Hermione et son épouse, Harry décida de rendre visite à son ancien professeur. Comme il lui fallait un prétexte, n'ayant aucune raison de s'inviter dans son laboratoire, il prépara une commande de potions pour son service. Le lendemain, il se rendit donc à Sainte Mangouste pour tâcher de comprendre ce que le maître des potions pouvait bien avoir à y gagner à fréquenter Hermione. Qu'il la laisse interférer dans sa vie monacale avait de quoi surprendre.
Il toqua à la porte de l'officine et arbora un sourire bienveillant. Severus sentit tout de suite l'entourloupe.
— Potter ! Que me vaut le plaisir… ironisa le grand homme.
— Bonjour Severus. Je vous apporte une commande pour le ministère…
L'autre leva un sourcil.
— Vous ne pouviez pas l'envoyer, comme d'habitude ?
Voyant que son aîné n'était pas dupe, il décida de jouer franc-jeu.
— En fait… je voulais vous parler.
— Ah oui ? Et de quoi donc ?
— D'Hermione.
— Bien sûr ! Je m'en serait douté ! fit l'autre avec un soupir. La peste soit de ces Gryffondors, toujours protecteurs et se mêlant de tout !
— Vous ne pouvez pas me reprocher de m'inquiéter pour mon amie…
— Surtout si elle est entre les griffes du grand méchant Snape… Comme je vous comprends ! ricana-t-il.
Harry eut le bon goût de paraître gêné.
— je ne veux pas me mêler de votre vie, Severus, mais Hermione a un… comment dire… un lien avec vous qui date de la dernière bataille. En fait, elle prend trop à cœur d'aider les autres, même malgré eux.
— Je sais ça. Mais essayez de faire changer d'avis Miss Granger ! Je me prête au jeu qu'elle a initié, dans sa folie expiatoire. J'ai pourtant tenté de lui faire comprendre qu'elle faisait fausse route, peine perdue ! Elle est têtue comme un âne. Donc j'ai décidé de la laisser faire… Elle finira bien par se rendre compte de son erreur.
— Je sais bien que vous n'êtes pas plus gay que moi… Vous avez raison. Elle est butée sur son idée. Mais elle souhaite juste vous rendre la vie plus agréable. Rien de plus. Ne la blessez pas.
— Je ne veux aucunement la blesser. Pour être franc avec vous Potter… Je pense qu'elle attend bien plus de moi et j'ai l'intention de lui donner ce qu'elle veut !
Harry se figea et fit la carpe pendant plusieurs seconde, au grand amusement de Snape.
— Vous voulez dire… bafouilla le balafré lorsqu'il eut repris ses esprits, vous voulez dire que vous la mettriez dans votre lit ?
— Elle y viendra toute seule et très vite, assura tranquillement le potionniste.
Le visage livide de son vis-à-vis réjouit le laborantin au plus haut point. Enfin, il avait réussi à clouer le bec au Morveux-Qui-Avait-Vaincu ! Quel pied ! Mais celui-ci se reprit bien vite.
— J'espère que vous savez où vous allez, gronda l'auror. Vous aurez affaire à moi si vous lui faites du mal.
— Mais je ne lui ferai aucun mal, Potter ! Pour qui me prenez-vous ? Me croyez-vous capable de faire du mal à une femme ? À Miss Granger, de surcroit ? Croyez-moi, je n'ai pas envie de vous avoir sur le dos pour le restant de mes jours ! railla-t-il.
Harry fixa les yeux sombres quelques instants avant de se sentir brusquement rassuré.
— Vous avez des sentiments pour elle, n'est-ce-pas ?
— Si vous espérer que je vais vous parler de ce que je ressens pour Hermione, vous vous fourrez la baguette dans l'œil ! Sachez seulement que j'ai… beaucoup de considération pour votre amie, concéda le sombre sorcier.
L'autre eut un sourire soulagé. Si Severus Snape avouait avoir « beaucoup de considération pour Hermione », cela voulait dire beaucoup. Probablement était-il amoureux d'elle, sans se l'avouer sans doute. Cet homme avait un lourd passif, sentimentalement parlant. Il aurait certainement besoin de temps pour admettre un attachement à qui que ce soit. Quant à Hermione, Harry la soupçonnait de ressentir un peu plus que de l'amitié et de l'affection envers leur ancien professeur. Mais jusqu'où oserait-elle aller avec lui ? Il se promettait de veiller au grain, un amour non partagé pouvait être destructeur.
La semaine passa. L'autre chose notable de ces jours fut la visite de Paul à Severus au lendemain de la soirée au XXL. Ils eurent une grande discussion tous les deux, principalement au sujet d'Hermione Granger. Le premier pour tenter de savoir quels étaient réellement les desseins du second envers elle. Le second pour persuader le premier de sa sincérité quant à ses objectifs.
Severus eut du mal à convaincre Paul de ses bonnes intentions. Eh bien quoi ? Il n'y avait aucun mal à vouloir attirer une femme dans son lit ! Surtout si c'était pour lui donner du plaisir… et en prendre par la même occasion. Toutes les relations sexuelles entre un homme et une femme ne se terminaient pas par un mariage, merci Merlin ! D'ailleurs, il n'était pas sûr que Miss Granger recherchait à tout prix un mari. Faire un tour entre ses draps, oui, elle le voulait et Severus était certain qu'elle y serait bien plus tôt que Paul le pensait.
Considérant cela comme acquis, le Maître en Potions dut palabrer pendant ce qu'il lui parut être des heures pour gagner la confiance du plus jeune. Finalement, celui-ci accepta le fait que son aîné devienne l'amant de son amie. Severus soupira tout en jurant de mettre tout en œuvre pour prendre soin d'elle et de ses sentiments. De ce moment, une amitié, ou ce qui y ressemblait le plus du côté de Severus, naquit entre les deux hommes, sans aucune arrière-pensée ni équivoque.
Le sombre sorcier sourit intérieurement en pensant que cette femme provoquait chez certains un comportement protecteur, alors que chez lui, c'était tout autre chose…
Il l'aperçut deux fois au cours des trois semaines suivantes. Au début de la quatrième semaine, il prit le temps de l'inviter au Rétro Bar le samedi suivant à quatre heures. Pour le moment, deux heures lui semblaient amplement suffisantes. Il avait largement le temps de déployer tous ses atouts pour la séduire… Il envoya un hibou à Paul pour le prévenir, si éventuellement il souhaitait se joindre à eux.
À l'heure dite, ce samedi, ils se retrouvèrent chez Paul. Les hommes étaient habillés tous deux d'un pantalon noir, une chemise d'un blanc immaculé pour Severus, rose pour Paul et d'une veste noire. Hermione portait un long manteau noir également. Le plus jeune sorcier les fit transplaner au seuil de la boîte. Des airs de musette s'échappaient par l'entrebâillement de la double porte, gardée par un jeune homme. Celui-ci donna l'accolade au jeune sorcier tout en lui glissant quelque chose à l'oreille. Paul eut un sourire ravi et lui fit un clin d'œil.
Ils entrèrent et Severus sut que cet endroit allait très vite lui taper sur les nerfs. Le même genre de décor que le XXL, dans les tons rose… Une foule hétéroclite et bigarrée se mouvait sur la piste, sous des lumières tamisées, au son d'un tango argentin que certains dansaient à la perfection. D'autres par contre, se livraient à une parodie de danse, écrasant les pieds de leurs partenaires, féminins ou masculins, bousculant au passage d'autres couples en riant très fort.
Les compères s'installèrent à une table un peu à l'écart. Severus avait déjà repéré trois hommes installés près d'eux, qui avaient semblé intéressés par leur arrivée. Sans vraiment savoir si c'était Paul ou lui qui les intéressaient, ou si c'était Hermione. Au moment où celle-ci retira son manteau, il prit conscience de sa tenue.
Alors qu'elle posait son vêtement sur le dossier de sa chaise et qu'elle s'asseyait avec grâce, il détailla la jolie robe rouge à encolure large qui dévoilait de graciles épaules. La taille mince, serrée par une ceinture noire, laissait descendre le tissu soyeux en une jupe évasée qui s'arrêtait juste au-dessus du genou. Ses jambes étaient gainées de soie noire et elle portait des escarpins de la même couleur, à talons d'environ huit centimètres, mettant en valeur de fines chevilles. Ses cheveux étaient relevés en un chignon lâche dont quelques mèches s'échappaient artistiquement autour de son visage. Un léger maquillage réveillait l'éclat de sa peau, le noisette brillant de ses yeux et le pulpeux de ses lèvres, soulignées de rouge carmin.
Elle était… magnifique.
Aucun doute, c'était bien Hermione qui attirait l'attention des trois occupants de la table voisine. Heureusement, la jeune femme leur tournait le dos alors que lui leur faisait face. Il aurait tout loisir d'intervenir si l'un d'eux osait l'approcher. Aucun ne poserait la main sur elle !
Paul frétillait comme un gardon. Il avait repéré quelques jeunes ingénus répartis autour de la piste et attendant le cavalier idéal pour passer un bon moment. Et pas seulement dans le domaine de la danse…
Si cela pouvait le détourner de ses pensées moroses et du souvenir de sa précédente relation amère, ses amis n'y trouveraient rien à redire. Au contraire ! Severus avait besoin d'intimité pour séduire sa belle et avoir Paul comme chaperon ne lui plaisait guère. Ils s'étaient bien mis d'accord mais si le jeune sorcier s'incrustait, la tâche s'avérerait plus ardue.
L'orchestre entama une valse. Le Maitre en Potions vit les trois hommes discuter puis l'un d'eux se lever et venir dans leur direction. Ni une ni deux, il tendit la main vers Hermione et lui murmura :
— Voulez-vous bien m'accorder cette danse, Miss Granger ? Juste pour faire le tour de la piste et repérer… d'éventuels candidats.
Elle se leva, surprise.
— Vous savez Severus, vous pouvez inviter Paul… Personne ne s'en offusquera. Regardez ! Plusieurs hommes dansent ensemble…
— Je préfère ne pas attirer leur attention pour l'instant, argua le sorcier. Je préfère tout d'abord cerner les clients de cette boite…
Hermione ne fut pas surprise de sa démarche. Elle connaissait suffisamment son ancien professeur pour savoir qu'il était prudent en toutes circonstances et ne se laissait influencer par rien ni personne. Aussi le suivit-elle après avoir saisi la main qu'il lui tendait.
Galant, il s'inclina devant elle avant de poser la main droite sur sa taille et de serrer la sienne de l'autre. Ils s'élancèrent…
Les appréhensions d'Hermione quant aux qualités de danseur de Severus furent vite balayées. Dès le premier pas, elle sut qu'il était un valseur extraordinaire. Il le lui prouva en inversant plusieurs fois le sens de la danse, suivant les changements de tons de la musique. Elle se laissa emporter par le son entraînant et par les bras forts qui la maintenaient. Elle était émerveillée par la façon dont il la faisait tourner, donnant des impulsions de la main sur sa hanche pour lui faire changer de sens ou la rapprocher plus de lui alors que le tempo exigeait plus de rapidité. Brusquement, il lâcha sa hanche et la fit tournoyer sur elle-même avant de la plaquer contre lui en s'immobilisant, juste sur le dernier temps de la mélodie.
La jeune sorcière se figea, serrée contre le large torse, les yeux fixés dans le regard noir, la bouche entrouverte, la respiration haletante. Elle ne sut dire combien de temps ils restèrent immobiles, les yeux dans les yeux avant qu'il ne s'écarte et s'incline devant elle, rompant ainsi le charme qui la retenait prisonnière des iris couleur de charbon. Elle se laissa guider vers leur table, dans un brouillard de sensualité provoqué par le vertige de cette danse qu'elle adorait. Mais pas seulement…
Elle réalisa soudain qu'elle avait senti quelque chose, un drôle de phénomène, lorsqu'il l'avait bloquée contre lui. Quelque chose de dur s'était incrusté dans son ventre… Peut-être…
— Vous fumez professeur ? lui demanda-t-elle, bafouillant et rougissant comme une midinette.
Il leva un sourcil en croisant les bras sur son torse, s'appuyant au dossier de sa chaise. Il était parfaitement conscient de son désarroi et en jouait.
— Absolument pas ! Pourquoi ?
— Non, rien… Il m'avait semblé…
Il retint un ricanement. Il savait très bien ce qu'elle avait senti… et ce n'était certainement pas un paquet de cigarettes ! Il n'avait pas cherché à lui dissimuler son émoi. Voilà qui l'amènerait peut-être à se poser quelques questions.
Son rictus amusé la plongea dans un abîme de perplexité. Elle posa les yeux sur lui et vit qu'il la regardait se débattre dans ses pensées, une lueur de feu éclairant les obsidiennes. Elle détourna le regard, plus rouge que jamais. Elle fixa son attention sur les danseurs, alors que l'orchestre entamait un tango. Du coin de l'oeil, elle vit Severus se lever et lui tendre la main. Elle n'était pas certaine d'être capable de danser maintenant, avec ce trouble qui l'avait saisi et la noyait dans un état d'excitation intense.
La voyant hésiter, le Maître en Potions se pencha vers elle et murmura à son oreille :
— Allez, venez Granger. Peut-être qu'en cherchant bien vous allez trouver la flamme du briquet…
Il se redressa, un air moqueur sur le visage, la main toujours tendue vers elle. Dans un sursaut d'orgueil, elle le suivit sur la piste, ses doigts emprisonnés dans la large paume.
Menée de main de maître par le sorcier, Hermione vécu ce tango comme dans un rêve. Immergée dans une volupté comme elle en avait rarement connue, elle se laissait emporter par le rythme lent et doux de la danse argentine. La jambe masculine s'encastrait parfois entre les cuisses féminines, exerçant de légères pressions, leurs bassins se frôlant. Tantôt Severus la serrait contre son torse, tantôt il relâchait l'étreinte, dans une chorégraphie audacieuse et parfaitement suivie par la sorcière. Sans avoir jamais dansé ensemble, leurs pas s'harmonisaient totalement, à tel point que petit à petit, les autres couples s'écartèrent pour les admirer.
Sur la dernière note, Severus fit ployer Hermione en arrière de sorte qu'elle se retrouva quasiment à l'horizontal, le grand corps penché sur elle, leurs bouches à quelques centimètres l'une de l'autre, les yeux dans les yeux.
Sous les applaudissements, il la redressa, s'inclina devant elle et la raccompagna à sa chaise, dans un geste d'admirable galanterie. Ce fut une Hermione en état de transe qui s'assit. Elle n'avait pas trouvé de flamme ni de briquet mais s'était brûlée au feu Severus Snape.
Dans un brouillard, la jeune sorcière vit les lèvres de son cavalier remuer avant de saisir le sens de ses paroles.
— Que voulez-vous boire ?
Elle prit quelques minutes pour détailler la carte des cocktails, le temps de se reprendre.
— Un Sex On The Beach, s'il vous plait…
— Bonne idée ! Mais la plage est un peu loin et je préfère grandement le confort d'un lit ! Et puis tout ce sable… !
Hermione le fixa un instant, interdite, avant d'éclater de rire. La plaisanterie de Severus l'avait aidée à sortir de l'émoi dans lequel il l'avait propulsée. Entre deux hoquets, elle lui lança :
— Mon Dieu, mais que feriez-vous de moi dans un lit Severus ?
Son rire s'étrangla dans sa gorge quand le sombre sorcier se pencha vers elle et susurra à son oreille.
— Je devrais bien arriver à vous satisfaire, après tout j'ai étudié l'anatomie féminine lors de mon cursus scolaire…
Les yeux chocolat se mirent à briller, une petite langue vint humidifier les lèvres rouges et les joues prirent une teinte rosée. Severus se redressa, admirant son œuvre. Un sourire au coin des lèvres, il alla commander leurs boissons.
Quand il revint, il grinça des dents. Un des hâbleurs de la table voisine avait profité de son absence pour inviter Hermione sur la piste ou un slow réunissait quelques couples. Paul, qui vit les problèmes arriver, le rattrapa in-extremis par le bras avant qu'il n'ait fait un pas sur le parquet de danse après avoir posé les verres.
— Ah merci Severus ! J'ai une de ces soifs ! Vous voulez bien aller en rechercher un autre pour Hermione ? Elle a l'air d'avoir très chaud, elle en aura besoin après la danse…
Le sorcier arracha son regard des danseurs et le posa sur Paul qui le regardait intensément. Il semblait le conjurer de ne pas provoquer d'esclandre et de se calmer. Après tout, la jeune femme ne faisait rien de mal. Elle dansait, simplement. Sauf que son cavalier avait posé ses mains un peu bas sur ses reins, se rendit-compte le jeune homme et qu'elle n'avait pas l'air très à l'aise. Paul profita de la fin de la chanson pour s'interposer avec le sourire et prendre la main d'Hermione pour l'entrainer dans un rock étourdissant.
Quand il la ramena à sa chaise, Severus était assis, droit, le regard sévère. Les deux plus jeunes se jetèrent sur leurs boissons alors que leur ainé sirotait tranquillement son whisky. Paul soupira discrètement, soulagé que l'orage soit passé. Mais ça avait été chaud ! Il se souvenait de la façon dont l'ancien professeur s'était jeté sur Gareth pour le défendre et il frissonna. Par Merlin ! Il se jura de ne jamais se fâcher avec cet homme…
À peine leurs verres vides, ils convinrent de quitter l'endroit pour aller diner dans un pub. Hermione avait repris ses esprits en respirant profondément l'air frais à l'extérieur. Ils prirent un bus qui les conduisit dans le quartier où Severus habitait et s'installèrent à une table après avoir commandé les apéritifs.
Le Maitre en Potions restait silencieux, tout comme Hermione dont le regard n'osait se poser sur l'homme sombre. Elle ne savait plus quoi penser. Après les danses qu'ils venaient de partager et les paroles équivoques de Severus, la jeune infirmière n'était plus très sûre de ses convictions le concernant.
Heureusement, Paul monologuait joyeusement sans attendre de réponse, ce qui arrangeait bien les deux autres. Grace à lui, le silence n'était pas pesant et, petit à petit, les taiseux se mêlèrent à la conversation. Quand les plats arrivèrent, Hermione riait aux éclats d'une blague de son ami et Severus arborait son éternel rictus.
Finalement, le repas se déroula dans un climat serein, la bonne humeur régnait au sein du trio. Severus fit l'impasse sur le dessert alors que les plus jeunes commandaient une énorme coupe de glace à partager. L'ancien professeur admirait la gourmandise de la jeune infirmière. Il se fit la réflexion que si elle montrait le même appétit pour les choses du sexe, il allait se régaler…
Severus, grand seigneur, régla la note. Il proposa ensuite aux deux autres de boire un dernier verre chez lui. Peut-être alors arriverait-il à faire comprendre à Paul qu'il pouvait rentrer et laisser Hermione là…
Le trio arriva rapidement au dix-neuf, Hyde Park Gardens Mews. Le propriétaire les fit monter à l'étage, expliquant que le rez-de-chaussée était aménagé en laboratoire pour ses travaux personnels en potions. Quand ils entrèrent chez Severus, les plus jeunes échangèrent un coup d'œil surpris. Le petit couloir d'entrée débouchait sur une grande pièce claire. Sur la gauche, la partie cuisine comprenait un vaste plan de travail sur lequel étaient posés une cafetière, un grille-pain, un robot ménager et une bouilloire. En face, un four, un évier et un lave-vaisselle étaient encastrés dans un ensemble formant un bar contre lequel étaient alignés quatre chaises hautes. Au-delà, la partie salon était meublée de deux confortables canapés de cuir beige se faisant face, séparés par une large table basse en verre, perpendiculairement à une cheminée électrique, les vraies cheminées à bois étant interdites à Londres. Deux portes fermées ornaient la cheminée. Probablement des chambres…
Hermione et Paul s'installèrent sur un des canapés pendant que Severus prenait des verres et servait à chacun une dose de Whisky Pur Feu. Alors qu'ils sirotaient leur boisson en devisant tranquillement de choses et d'autres, le téléphone de Paul se mit à vibrer. Celui-ci consulta ses messages et un sourire de pur bonheur s'afficha sur son visage. Il vida son verre et se mit debout rapidement.
—Je suis désolé… Un ami est en panne vers chez moi, je dois aller l'aider…
Hermione pouffa.
—Mais bien sûr… Depuis quand un sorcier ne peut pas se dépanner seul ?
Paul eut le bon goût de paraître gêné. Severus s'empressa de voler au secours du jeune homme, pressentant une opportunité de se retrouver seul avec Hermione.
—Vas-y Paul, ne laisses pas ton ami dans l'embarras. Ne t'inquiètes pas, je raccompagnerai notre amie…
Le jeune sorcier marqua un temps d'arrêt, réalisant qu'il s'apprêtait à abandonner la jeune femme chez celui qui voulait la séduire. Hermione comprit son dilemme et s'empressa de le rassurer.
—Vas-y Paul, je suis assez grande pour prendre soin de moi et rentrer sans encombre.
Il hésita encore un instant, promenant ses yeux de l'un à l'autre, puis finalement, embrassa Hermione, serra la main de Severus, non sans lui avoir lancé un regard d'avertissement, et se précipita en dehors de la maison.
Hermione et Severus eurent un sourire, s'assirent chacun sur un canapé, l'un en face de l'autre, prirent leurs verres en même temps. La seconde d'après, leurs yeux se rencontraient…
