Quel bonheur de lire vos commentaires jours après jours… Merci de tout cœur ! La suite pour vous, tout doucement nous nous dirigeons vers la fin, encore un chapitre après celui-ci et un autre plus petit qui constitue l'épilogue… Merci à Fantomette 34, LinetteD, Zeugma412, DGBA, KikaInLove1, Silverbutterfly209, hpemilia, Mrs Elisabeth Darcy31… Bonne lecture, bon week-end et je rappelle que rien n'est à moi…
Chapitre 11
La sonnerie stridente du réveil tira Hermione d'un profond sommeil. À mesure qu'elle s'éveillait, les évènements du week-end se rappelèrent à elle. Avec un sourire, elle balança un bras en travers du lit mais ne rencontra qu'un emplacement vide et froid. Elle se redressa d'un coup, interdite. Pourtant, Severus s'était bien endormi près d'elle ! Elle n'avait pas rêvé !
Elle se leva et se rendit à la salle de bain, sur le palier de l'étage. Personne. Elle jeta un œil dans la chambre d'amis. Personne. Elle revint dans la salle de bain pour revêtir un peignoir et descendit au rez-de-chaussée. Personne. Il avait bel et bien disparu sans qu'elle s'en aperçoive.
Hermione sentit l'angoisse monter en elle. Non pas qu'elle se fasse du souci quant à la disparition du maître des potions. Elle ressentait un désarroi doublé de peine. Leur histoire était-elle déjà finie ? Severus après avoir eu ce qu'il voulait, la laissait tomber comme une vulgaire chaussette ? Avait-il fuit la tendresse qu'elle lui avait témoignée, de peur d'être pris au piège d'une relation qu'il ne souhaitait pas au fond de lui ? Pourquoi s'embarrasser de la Miss-Je-Sais-Tout d'antan, s'encombrer d'une femme qui ne pouvait que lui rappeler de mauvais souvenirs ? Une gamine pour lui, de plus. Avait-il eu juste besoin de se prouver qu'il pouvait séduire une jeune sorcière, ancienne élève ?
Hermione remonta lentement prendre sa douche et s'habiller pour se rendre à Sainte Mangouste prendre son poste. Dolly la regarda arriver, un pli soucieux sur le front.
— Tout va bien Hermione ? Je te trouve pâle et tu as l'air d'être fatiguée.
L'infirmière haussa les épaules.
—Ça va, ne t'inquiète pas. J'ai passé un week-end de rêve mais le réveil est dur…
La rousse fronça les sourcils.
— Il n'y a pas d'urgence qui t'attende ce matin, va te chercher un café et viens t'assoir avec moi.
Hermione alla remplir son mug à la machine et revint vers son amie.
— Alors, raconte-moi…
Son amie poussa un soupir et déballa toute l'histoire, laissant Dolly songeuse. Soudain, celle-ci bondit sur ses pieds.
— Mais suis-je bête ! En parlant de Maître Snape… Il t'a laissé un mot ce matin… ! Tiens !
L'ancienne Griffondor sursauta. Fébrilement, elle saisit le parchemin et le parcourut des yeux.
— Il… Il me dit d'aller le voir au labo quand j'aurai un moment dans la journée…
— Et bien tu vois ! Tu avais tort de t'inquiéter.
— Oui… Je ne sais pas… Qu'a-t-il à me dire ?
— Peut-être qu'il t'aime, que tu es la femme de ta vie et qu'il veut t'épouser ?
Hermione secoua la tête, des larmes perlant au bord de ses paupières.
— Je n'ose rêver de ça…
— Oh ma Bichette ! Ne pleure pas ! Tu dois ressentir quelque chose de fort pour lui pour te mettre dans cet état.
— C'est incroyable comme je me suis sentie bien avec lui, dans ses bras. J'ai découvert un plaisir dont je ne soupçonnais pas l'existence. Une complétude, comme si j'avais trouvé mon âme sœur, ma moitié de pomme. Je ne sais pas d'où ça vient…
— Probablement de tes années d'études. Ton inquiétude pour lui, ton chagrin de l'avoir vu mourir, tes remords de n'avoir pas pu le sauver sont révélateurs. Ton cœur avait certainement déjà identifié les sentiments que tu lui portais, ton cerveau n'a pas suivi tout de suite. Et maintenant, tu l'as retrouvé, vous vous êtes retrouvés pour le meilleur. Pourquoi ne ressentirait-il pas aussi des sentiments pour toi ? Tu m'as dit qu'il avait été très tendre et attentionné pendant tout le week-end.
— Oui… Mais c'était peut-être pour mieux me mettre dans son lit. Et maintenant, il veut sans doute me dire que ce fut une erreur, qu'il n'est pas fait pour vivre avec quelqu'un, qu'il préfère être seul, que je suis trop jeune…
La jeune sorcière fondit en larmes. Les émotions du week-end et la fatigue rejaillissaient sur elle et débordaient de ses yeux.
— Tu n'en sais rien ! Vas le voir, je te couvre si Jillianson te cherche.
— J'ai peur…
— Ça ne sert à rien d'avoir peur à l'avance ! Il sera toujours assez tôt de pleurer ou de rire quand tu sauras ce qu'il a à te dire, déclara la flamboyante et pragmatique rouquine d'un ton énergique. Tu vas me faire le plaisir d'aller au labo tout de suite, tu seras fixée. Et si tu as besoin de pleurer, je serai là quand tu en ressortiras !
Hermione sourit à travers ses larmes. Elle la serra dans ses bras, sécha ses joues, se moucha et se dirigea vers l'ascenseur. En se retournant dans la cabine, elle vit Dolly qui lui montrait ses doigts croisés, ce qui la fit rire.
Un soupir et les portes se refermèrent, l'emportant vers son destin. Elle profita de cet instant de répit pour respirer à fond et contrôler cet accès de panique qui menaçait de l'envahir. En quelques secondes, elle revit ces instants intenses qu'ils avaient partagé. Ça ne pouvait pas s'arrêter comme ça ! Une bouffée de courage Gryffondorien monta en elle. Elle allait se battre pour rester dans sa vie, pour défendre cet amour qui, petit à petit montait en elle.
Hermione, juste à ce moment où elle était persuadée qu'elle allait le perdre, se rendit compte qu'elle était tombée amoureuse de son ancien professeur. Et que ce sentiment était en elle sans doute depuis sa troisième ou quatrième année à Poudlard, sans qu'elle le reconnaisse, sans qu'elle y pense, sans qu'elle sache qu'il était en train de s'installer. Le choc qu'elle avait reçu quand elle avait revu Severus dans l'encadrement de la porte du laboratoire en avait été le révélateur.
Longeant le couloir, elle regardait la porte du laboratoire qui s'approchait. Elle prit une grande inspiration quand elle arriva devant et, alors qu'elle levait la main pour frapper, l'huis s'ouvrit toute seule. Hermione marqua une hésitation. Tout à coup, le Maître des potions fut devant elle, un sourcil levé, les bras croisés sur son torse.
— B… Bonjour Severus…
Severus l'attrapa par un bras et la fit entrer avant de refermer derrière elle.
— Eh bien… Te voilà quand même levée ? Heureusement que j'ai un plus de conscience professionnelle que toi ! Que donnerais-tu à tes malades ? fit-il avec un rictus moqueur.
Hermione le regarda estomaquée.
— Tu… Tu es parti pour travailler ?
Il la regarda comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête. Le regard noir se fit plus intense.
— J'ai un métier, des obligations, les traitements de cet hôpital dépendent de moi.
Hermione baissa la tête, tout courage l'ayant déserté sous le ton ironique et les yeux sombres qui semblaient lire en elle.
— Petite sotte, qu'as-tu pensé ? Dis-moi, ronronna-t-il à son oreille, en lui agrippant les épaules.
La jeune femme ferma très fort les yeux pour empêcher des larmes de s'échapper. Voyant ça, Severus l'approcha de lui et l'enserra entre ses bras avec un soupir.
— Que tu peux être bête parfois Granger… Tu dormais tellement bien que je n'ai pas voulu te réveiller. Tu avais besoin de sommeil et moi j'aime être à mon laboratoire à 6 heures.
L'infirmière éclata en sanglots, de soulagement. Le laborantin secoua la tête, incrédule.
— J'aurais dû te laisser un mot sur l'oreiller, admit-il.
À ces mots, Hermione sourit à travers ses larmes. Elle imaginait bien Severus lui écrire un mot doux…
— Tu aurais mieux fait de me réveiller.
— Si je l'avais fait, je serais arrivé en retard au travail, grogna-t-il. Explique-moi ce que tu as cru.
Elle sécha ses larmes et décida de lui dire ce qu'elle avait ressenti. Elle ne voulais pas de non-dits entre eux, pas de zones d'ombre.
— J'ai pensé que tu avais bien profité de ton week-end mais que tu ne souhaitais pas aller plus loin…
Il fronça les sourcils.
— Tu as pensé que j'avais bien profité de toi, c'est ça ? Pour qui me prends-tu ? gronda-t-il. Si je suis parti sans bruit c'est que je ne voulais pas troubler ton repos. D'ailleurs tu as bien reçu mon mot en arrivant !
— Oui… mais…
— N'ai-je pas été assez tendre, assez attentif à toi, à ton bien-être ? Je peux te garantir qu'aucune femme ne m'a connu ainsi. Tu es la seule… l'unique. Murmura-t-il, les lèvres proches de son oreille.
Doucement, il les posa sur l'artère qui battait dans son cou, ses mains descendirent sur ses hanches. Il colla son grand corps contre le sien pour qu'elle perçoive la force de son désir. Dans un gémissement, elle jeta ses bras autour de son cou et l'entraîna dans un baiser qui les laissa tous deux pantelants.
— Bon sang, sorcière ! Tu me mets dans un état permanent d'excitation ! Je te rappelle que nous sommes sur notre lieu de travail !
Hermione eut un petit rire.
— Je le sais mais… j'ai bien envie d'un petit moment tendre après avoir cru que tu m'avais quittée.
— Tu l'auras ce soir !
En disant cela, il déposa un baiser léger sur ses lèvres et s'écarta d'elle.
— Tu préfère qu'on se retrouve où ? Chez toi ou chez moi ?
— Comme tu vas probablement quitter avant moi, je pourrais venir chez toi à la fin de mon service ? suggéra-t-elle. Je transplanerai chez moi pour prendre mon pyjama et des vêtements pour demain…
— Ne te charge pas d'un pyjama, tu n'en auras pas besoin, promit-il à voix basse.
La jeune infirmière fut parcourue d'un long frémissement. La journée allait lui sembler bien longue…
Un dernier baiser et elle quitta le laboratoire. Redescendue à l'accueil, elle alla droit vers Dolly qui la regardait arriver d'un air suspicieux, avant d'afficher un grand sourire.
— Apparemment, tu n'as pas besoin que je te console…
Hermione, jetant un regard aux alentours et constatant qu'elles étaient seules, la prit dans ses bras et lui chuchota à l'oreille :
— Je le retrouve chez lui ce soir. Il m'a juste laissé dormir parce qu'il a considéré que j'en avais besoin.
— Tu vois ? Je m'en doutais ! C'est dingue le peu de foi que tu accordes aux gens !
— Tu plaisantes ? Tu ne connait pas l'asticot ! Froid, sarcastique, réfractaire à tout lien social, à tout engagement !
— Qu'est-ce que tu racontes ? Il t'a bien fait une place dans son lit samedi soir, et là, il est prêt à t'accueillir de nouveau chez lui. Il n'est visiblement pas si réfractaire à créer un lien avec toi !
Les deux amies n'eurent pas le temps d'échanger plus. Le docteur Jillianson venait d'apparaître au bout du couloir et se dirigeait vers elles. Ce fut le signe que la journée commençait réellement…
Hermione avait l'impression que les heures reculaient, ou tout au moins que les minutes duraient des heures. Quand enfin elle eut distribué les dernières potions et établi la liste de celles nécessaires au lendemain, elle envoya sa commande au laboratoire. Severus la trouverait dès son arrivée le jour suivant.
Dolly était déjà partie quand elle quitta Sainte Mangouste. Elle transplana chez elle et balança rapidement dans un petit sac de voyage sa brosse à dent, des sous-vêtements, un pull ainsi qu'un pantalon de rechange, omis volontairement son pyjama. Elle hésita brièvement mais renonça à emporter des livres. Elle n'avait pas l'intention de passer sa soirée à lire. Un frisson d'anticipation la parcourut.
Elle sortit dans son jardinet et, se concentra sur l'adresse de Severus. Quelques secondes plus tard, elle apparaissait dans le petite ruelle à deux pas de chez lui. Elle parcourut la courte distance et sonna à la porte du dix-neuf Hyde Park Gardens Mews. Elle n'eut pas longtemps à attendre. Severus ouvrit et la contempla sans rien dire. Il lui tendit la main qu'elle prit et, refermant la porte derrière elle, l'attira dans ses bras.
Le baiser qu'ils échangèrent mit le feu à leurs sens. Le maître des potions se détacha doucement d'elle, posa son front contre le sien en soupirant.
— Je ne sais quel sort tu m'as lancé, sorcière, mais la journée m'a semblé interminable, murmura-t-il d'une voix rauque.
— Pour moi aussi, Severus. Mais on ne va pas se sauter dessus comme des adolescents ! Fais-moi visiter ta maison, proposa-t-elle.
L'ancien professeur eut un rictus narquois. — Pour une fois, ça ne m'aurait pas déplu de me comporter comme un adolescent.
Il l'entraina d'abord dans ce qui était auparavant un garage, la porte à gauche avant les escaliers menant à l'étage. C'était son laboratoire, pas très grand mais très bien agencé et comportant tout ce dont un potionniste avait besoin. Ressortant de l'endroit, il s'arrêta devant la porte à droite de l'escalier. Il semblait hésiter à l'ouvrir. Hermione le regarda, interrogative.
— Je ne sais pas si je dois te montrer cette pièce… marmonna-t-il.
Ce fut au tour d'Hermione de hausser les sourcils. Le poussant légèrement, elle actionna la clenche et tâtonna pour trouver l'interrupteur. Quand la lumière jaillit, elle poussa un cri de ravissement. Des rayonnages entièrement recouvert de livres parcouraient trois murs. Une cheminée électrique comme celle de l'étage habillait le quatrième. Deux profonds canapés étaient disposés en face, comme dans la pièce à vivre du haut. Une odeur de bois, de papier et de cuir flottait dans l'air, assortie du parfum du maître des potions, signe qu'il occupait souvent cet endroit.
— Severus ! Quelle belle pièce ! Et tu ne voulais pas me la montrer ? Tu sais que je vais y passer des heures ? sourit-elle.
— C'est la raison pour laquelle j'hésitais à te la dévoiler, fit-il, pince-sans-rire. Mais bon, si tu dois dorénavant passer les trois quarts de ta vie ici, autant que tu connaisses les lieux.
Hermione fut soudain prise d'un vertige.
— Que veux-tu dire par « passer les trois quarts de ma vie ici » ?
Il haussa un sourcil.
— Il faudra qu'on en discute mais je pensais qu'il serait judicieux que nous passions les semaines chez moi, plus proche de Sainte Mangouste, et les week-end chez toi à la campagne. Ce qui implique qu'il faudra que tu apportes toutes tes petites culottes ici… Le week-end tu n'en auras pas besoin, susurra-t-il, les yeux brillants.
La jeune femme éclata de rire puis repris très vite son sérieux alors que les paroles de Severus s'imprégnaient dans son cerveau. — Tu… tu veux qu'on vive ensemble ? Mais tu n'as jamais vécu avec une femme…
— Et bien, avec toi, je veux bien essayer. Si tu veux de moi bien sûr.
Hermione saisit la main de l'homme et l'attira à elle, alors que les larmes affleuraient à ses paupières.
— Emmène-moi dans ta chambre, je vais te répondre… dit-elle dans un souffle.
Les deux amants montèrent les marches et entrèrent dans la chambre de Severus, tendrement enlacés. La suite de la visite de l'appartement pouvait attendre…
