Vivre dans le Passé :

Résumé : Xehanort n'est plus. Cependant, les porteurs de Keyblades ont toujours pour objectif de protéger la Lumière des Ténèbres. Et pour cela, ils suivent tous un entraînement intensif à la Contrée du Départ. Entre deux leçons, Roxas va faire la découverte d'un livre étrange qui va le transporter lui, ainsi que deux de ses amis, dans un autre monde dont il ne sera pas facile d'en sortir ... /!\ L'histoire se passe après Kingdom Hearts III qui est, comme vous le savez, en cours de développement. Ceci étant une fanfiction est peut-être une suite incohérente ^^' /!\

Raiting : K+

Note 1 : Cela faisait longtemps que j'avais l'idée. Donc si les idées vous paraissent un peu gamines, c'est normal ^^'

Note 2 : J'ai passé une journée entière à écrire ce chapitre ! J'ai pondu 5000 mots en une journée alors qu'il m'en faut cinq d'habitude ! '-'

Note 3 : Bonne lecture :D


Chapitre 18 : Inquiétudes

Les coudes appuyés contre les remparts du château, Xion admirait la vue qui s'offrait à elle. Il n'y avait rien de bien spécial à voir par ici : un monde totalement en reconstruction. En effet, les Jardins Radieux avaient été victime de la plus grosse attaque de Sans-Coeur qu'est connu l'univers jusqu'alors. C'était Xehanort, alors encore apprenti d'Ansem le Sage, qui avait fait des expériences sur le cœur humain sans l'accord de son Maître. C'est ainsi qu'il avait créé une nouvelle race de Sans-Coeur, les types Emblèmes, ceux qui relâchent des cœurs pour créer le Kingdom Hearts. Bon nombre de personnes avaient péri lors de ce jour funeste où les créatures commencèrent à arriver en masse, tout comme d'autres avaient perdu leurs foyers. Kairi comprise. Cette dernière eut plus de chance en atterrissant sur les Îles du Destin. Elle y avait trouvé un foyer confortable et des amis formidables.

Xion soupira. Une partie de son bras était toujours bandé, rappel de son précédent combat face à Vanitas. La jeune fille trouvait ce monde trop calme contrairement aux deux précédents qu'elle avait visité. Pas de Nescients, ni autre Sans-Coeur ou Simili à l'horizon. Rien. Bon, au moins, cela garantissait que le garçon masqué n'avait pas encore posé les pieds dans ce monde. Cependant, la noiraude aurait bien aimé un petit combat face à quelques ennemis pour s'entraîner. Si elle voulait battre Vanitas un jour, elle devait devenir plus forte et acquérir bien plus d'expérience. Sa victoire face à lui dans la Jungle Profonde n'était que pur miracle. Elle avait gagné de peu.

Les pensées de la jeune fille se tournèrent vers Lea. Lui aussi rencontrait-il autant de problème avec Vanitas ? Ou bien celui-ci ne s'en prenait qu'à son groupe à elle ? La noiraude espérait que tout se passait bien de son côté.

‑ Tu n'es pas au chevet de ton ami ? questionna une voix douce derrière elle.

Xion se retourna pour faire face à la nouvelle arrivante. Il s'agissait d'une jeune femme aux grands yeux émeraudes et de longs cheveux châtains noués en une longue natte lui descendant jusqu'au bas du dos. Elle lui souriait chaleureusement. Ce sourire lui faisait penser à celui de Kairi.

‑ C'est que…, commença la jeune fille.

Son regard se perdit dans le vague. Elle serra les poings et ferma les paupières. Les larmes commençaient à pointer le bout de leur nez. Xion faisait tout son possible pour les contenir pour l'instant.

‑ … c'est de ma faute s'il est dans cet état. Je ne mérite pas d'être à ses côtés.

La jeune femme lui attrapa doucement la main.

‑ Tu ne penses pas ce que tu dis. Sora été possédé par Vanitas, et tu l'as libéré. Il ne peut que t'être reconnaissant.

‑ Aerith…

Cette fois-ci, Xion se laissa aller. Les larmes dévalèrent le long de ses joues. C'était un surplus d'émotion. Elle évacuait tout ce qu'elle avait sur le cœur depuis le début de ce voyage. La disparition de Roxas, les sentiments qui s'éveillaient à son égard, la dispute avec Sora, la pression que lui mettait Vanitas.

Aerith la serra dans ses bras. Elle lui caressa doucement les dos, comme pour essayer de la calmer. Ce qui sembla manifestement marcher, puisque quelques minutes plus tard, les sanglots de la noiraude cessèrent.

La jeune fille se défit de l'étreinte et essuya ses yeux d'un revers de bras.

‑ Je suis vraiment désolée…, dit-elle.

La jeune femme aux yeux d'émeraudes lui sourit.

‑ C'est normal de pleurer.

Elle s'avança vers les remparts, mains derrière le dos, un sourire angélique toujours scotché sur son visage parfait.

‑ Tu sais, ce n'est pas bon de tout garder pour soit. Il arrive parfois que les nerfs lâchent à cause de la pression. Retenir ses larmes, ce n'est pas bon pour la santé.

Aerith tourna la tête vers son interlocutrice.

‑ Tu as compris ?

Xion lui rendit un timide sourire. Ses yeux océans se dirigèrent vers l'entrée du Château des Jardins Radieux.

‑ Je crois que… je vais aller voir comment il se porte.

La noiraude fit quelques pas en direction de la porte principale pour entrer dans l'enceinte du château, quand elle se tourna une dernière fois vers la jeune femme.

‑ Aerith, merci !

Elle entra cette fois-ci pour de bon.

Restée près des remparts, la jeune femme attendit que Xion soit entrée pour reporter de nouveau son regard vers le lointain.

‑ Si seulement j'étais capable de suivre mes propres conseils, dit-elle dans un murmure.

Une larme silencieuse dévala le long de sa joue.


Terra sirotait une tasse de thé en compagnie de son vieil ami Merlin. Le jeune homme lui avait pourtant indiqué qu'il n'appréciait pas le thé plus que cela, mais le vieux magicien avait insisté pour lui en faire un tout de même.

‑ Tu verras, il est spécial ! lui avait-il affirmé.

Alors le Maître de la Keyblade avait fini par céder. Effectivement, même lui qui n'aimait généralement pas le goût que pouvait avoir cette boisson, le brun devait avouer qu'il avait un goût exquis. Il ne saurait pas identifier de quels mélanges ce thé se composait, mais une chose était sûre : il le ferait goûter à Aqua quand elle rentrera ! En effet, sa meilleure amie, contrairement à lui, adorait cette boisson chaude. Quand il était encore un adolescent, Terra avait essayé lui aussi d'y goûter, pour comprendre pourquoi la bleue adorait tellement le thé, mais avait trouvé le goût absolument horrible, même s'il avait une excellente odeur. Ne sachant pas quoi en faire, il l'avait au final jeté dans l'évier. Personne n'a jamais été mis au courant de ce petit incident.

Terra lança un rapide coup d'œil à Sora étendu sur un lit aménagé exprès dans un coin de la pièce spécialement pour son confort. Le jeune garçon n'avait pas ouvert l'œil depuis leur arrivée aux Jardins Radieux. Pour peu, on aurait presque pu croire qu'il était mort. Le châtain avait un teint livide et les yeux quelques peu cernés. C'était malheureux à dire, mais Sora ressemblait vraiment à un cadavre.

A ses côtés était agenouillée Yuffie. Il s'agissait d'une jeune fille absolument adorable, bien qu'un peu… excitée par moment ? Terra ne voyait pas d'autres mots pour la décrire. Cette petite brunette se disait ninja. Il était vrai qu'elle pouvait facilement se glisser derrière les gens et leur piquer des trucs juste sous leur nez sans que personne ne s'en rende compte. Le brun la qualifierait plus de voleuse que de ninja, mais il gardait ce commentaire pour lui.

Yuffie lui faisait avaler quelques cuillères de soupe du mieux qu'elle le pouvait. C'était Aerith qui lui avait demandé de le faire pour elle. Ou plutôt, c'était Yuffie qui avait insisté pour aider la guérisseuse du groupe. Cette dernière ne refusa pas l'offre de son amie. En effet, depuis que Terra et son petit groupe étaient arrivés dans ce monde, il y a un peu plus de deux jours, la jeune femme n'avait presque pas fermé l'œil et s'occupait soigneusement de Sora. Ce dernier avait tant fait pour eux, que cela lui semblait tout à fait naturel de l'aider à son tour.

Xion entra à son tour dans la pièce. La jeune fille s'avança timidement vers Terra. Elle lança un regard triste en direction de Sora.

‑ Comment va-t-il ? demanda-t-elle d'une petite voix.

Terra se crispa. Il serra un peu plus la tasse de thé brûlante qu'il avait entre les mains. La chaleur lui piquait les doigts, mais ce n'était rien face à la douleur de voir son élève aussi mal en point.

‑ Très mal, lâcha-t-il, la mâchoire serrée.

Xion se mordit la lèvre inférieure, comme si elle avait quelque chose sur le cœur, mais que ce quelque chose ne voulait pas sortir.

Terra lui posa une main sur l'épaule pour l'inciter à parler.

‑ Quelque chose te tracasse, devina-t-il.

La noiraude regarda les personnes présentes autours d'eux. Elle aimerait bien se confier, mais pas ici. Il y avait trop de témoin.

‑ En seul à seule, si cela ne te dérange pas.

Le Maître haussa les épaules. S'il s'agissait de la seule solution pour faire parler son amie, alors il se plierait à sa volonté.

Le brun se tourna vers Merlin, qui s'amusait à faire pleuvoir des confettis sur la tête de Sora encore endormi. Terra espéra qu'Aerith ne lui criera pas trop dessus quand elle verra les dégâts causé par le vieil enchanteur…

‑ Dîtes, Merlin. Est-il possible d'avoir une salle pour pouvoir discuter en privé avec Xion ?

Le mage leva de hauts sourcils étonnés. Il se gratta nerveusement la tête.

‑ Le meilleur endroit pour cela serait le vieux bureau d'Ansem. Seulement, c'est Léon qui a la clé pour y entrer, et j'ignore où il se trouve actuellement…

‑ Moi je sais ! s'écria Yuffie. Il est partit en ville régler un petit problème.

‑ Un problème ? demanda Terra en fronçant les sourcils. De quelle nature ?

La ninja haussa les épaules.

‑ Aucune idée. Il a juste demandé d'attendre ici.

‑ Je pars le chercher alors, annonça Xion restée jusqu'ici muette. Je n'ai pas grand chose à faire, et puis…

Son regard se posa sur Sora toujours inconscient. Elle remarqua alors les nombreuses fioles de potion vides. Il en restait tout juste deux complètes. Une idée germa dans son esprit.

‑ Je peux voir avec Aerith si elle a besoin de quelque chose pour guérir Sora. Je leur dois bien ça.

Le Maître de la Keyblade haussa les épaules.

‑ D'accord, fais comme tu veux. Attention à ton bras tout de même, il n'est pas totalement guérit, remarqua Terra.

Xion le fit légèrement bouger puis lui adressa un timide sourire.

‑ Ca devrait aller, je pense.

Avant de partir, la noiraude s'avança vers Sora. Elle posa une main sur la sienne. Celle-ci était extrêmement froide. La jeune fille espérait qu'ils allaient vite trouver un moyen d'arranger l'état de leur ami. S'il lui arrivait quoi que ce soit, elle n'osait imaginer la réaction de Riku lorsqu'il rentrera. Il ne leur pardonnerait jamais.

Xion déposa un baiser sur son front, puis tourna les talons. Peut-être était-ce son imagination, mais il lui a semblé, l'espace d'un instant, que le châtain avait entrouvert les lèvres dans l'espoir de dire quelque chose. Mais rien.

La jeune fille retourna aux remparts du château une fois de plus.


Xion rencontra une nouvelle fois Aerith. La noiraude lui indiqua qu'elle se rendait en ville pour chercher Léon, mais elle lui demanda également si elle avait besoin de quelque chose pour Sora. La jeune femme lui affirma qu'effectivement, elle aurait bien besoin de nouvelles fioles de potions, car celles-ci commençaient à manquer. La meilleure amie de Roxas et Lea avaient visé juste en remarquant les bouteilles vides sur la table.

La jeune fille salua une dernière fois Aerith avant de se diriger vers la ville.

Le centre-ville était un endroit quelque peu animé. Il comprenait un immense atelier Mog, l'endroit où ces petites créatures ressemblant à des peluches aimaient fabriquer des armes, des armures, mais aussi des fioles de potions pour la santé mentale et physique. Il y avait également plusieurs autres magasins qui vendaient divers pièces d'armes, d'armures et des accessoires. Ces trois derniers étaient d'ailleurs dirigés par les neveux de Donald : Riri, Fifi, et Loulou.

En arrivant sur la grande place, Xion passa devant un étrange coffre-fort géant. En s'y approchant de plus près, la jeune fille constata avec amusement qu'il s'agissait en réalité d'une boutique. Ou plutôt d'un glacier. C'était un vieux canard, encore de la famille de Donald, qui s'en occupait. Riche comme il était, celui-ci avait décidé de recréer ces glaces mythiques que l'on trouvait à la Cité du Crépuscule, les glaces à l'eau de mer. Xion sourit en reconnaissant son parfum préféré, mais aussi celui de ses meilleurs amis.

Son sourire s'effaça bien vite. La noiraude se rappela que la dernière activité qu'elle avait partagé avec Roxas avant sa mystérieuse disparition était la dégustation d'une glace en haut de l'horloge. La première depuis ce qui lui semblait une éternité. A ce moment là, la jeune fille avait cru bon de penser qu'ils ne seraient plus jamais séparés. Elle se trompait, manifestement. Le destin jouait parfois de drôles de tours.

Xion s'enfonça un peu plus parmi les ruelles des Jardins Radieux. Elle passa devant plusieurs maisons qui semblaient en constructions. C'était étrange de constater que même le centre-ville comportait encore des chantiers.

La jeune fille atteint en premier l'atelier des Mogs. Elle s'approcha du comptoir et jeta un rapide coup d'œil à l'intérieur. Plusieurs Mogs se tenaient devant des fours qui lui semblait incroyablement brûlants, ou bien autour d'une table. Ils confectionnaient des objets.

‑ Hum, excusez-moi…

Xion essayait de se faire entendre malgré tout le bruit qui infestait la petite salle d'atelier. Un Mog sembla la remarquer, puisqu'il vola à toute allure vers la jeune fille.

‑ Que puis-je faire pour vous, kupo ?

C'était leur façon à eux de parler. Les Mogs rajoutaient toujours un petit « kupo » à la fin de leurs phrases. Certains disaient « coubo » également. Cela dépendaient de la région dans laquelle ils étaient nés.

‑ Je viens pour synthétiser des potions, expliqua la noiraude.

‑ Oui, bien sûr. Vous avez les ingrédients nécessaires, kupo ?

‑ Oh, euh, oui…

Xion sortit de sa poche les différents cristaux que lui avaient gentiment passé Aerith.

‑ Super, kupo. Revenez dans une demie-heure environ, le temps que tout soit prêt, kupo.

‑ D'accord.

La noiraude sourit puis détourna les talons. Prochaine étape, trouver Léon. D'après Yuffie, il se trouvait quelque part en ville. Mais où exactement ? Les Jardins Radieux étaient immenses ! Sans doute que le chercher lui prendrait plus d'une demie-heure. Peut-être devrait-elle demander à quelqu'un s'il l'avait aperçu ? Le guerrier à la Gunblade était quelqu'un de plutôt connu dans ce monde.

Xion demanda donc à plusieurs passants qu'elle avait rencontré. Les cinq premiers lui répondirent négativement. La jeune fille commença à désespérer. Plus d'un quart d'heure devait déjà être passé, et toujours aucune nouvelle du jeune homme. C'est alors qu'elle le vit tourner dans une rue non loin. Profitant de cette occasion immense, la noiraude le suivit dans l'étroite ruelle.

Un curieux détail attira son attention. Léon était armé. Gunblade à la main, il semblait à la poursuite de quelqu'un ou quelque chose. Inquiète, Xion invoqua à son tour Chaîne Royale, pensant à un Sans-Coeur ou autre créature appartenant désormais à Vanitas.

Lorsqu'elle vit une légère ouverture, la noiraude n'attendit pas de savoir de quel sorte d'ennemi il s'agissait, elle envoya un sort Brasier +. Elle était capable de créer des sorts bien plus puissants, mais comme elle se trouvait en centre-ville, elle avait peur que les maisons autour prennent feu.

‑ Aaaaah ! Je brûle, j'ai mal ! Aidez-moi !

‑ Glacier X ! lança à son tour Léon pour stopper les flammes.

Xion s'arrêta en plein milieu de la rue, réalisant son erreur.

Léon se tourna vers elle, furieux.

‑ Mais qu'est-ce que tu as fait ?! Je devais l'arrêter, pas le carboniser !

Xion remarqua alors piégé dans la glace un jeune enfant qui ne semblait pas bien méchant. Elle se mordit la lèvre inférieure. La noiraude se sentit quelque peu gênée par cette fâcheuse situation.

La jeune fille essaya de s'excuser de mieux qu'elle put. Elle lui expliqua qu'elle pensait qu'il s'agissait d'un Sans-Coeur, comme il avait sa Gunblade dans les mains. Jamais elle n'aurait pensé qu'il courrait après un enfant !

‑ Sois plus prudente la prochaine fois, la prévint-il d'un ton glacial.

Xion se gratta l'arrière de la tête, gênée.

‑ Enfin bon, tu me cherchais ? reprit le guerrier à la Gunblade.

La noiraude lui expliqua qu'elle voulait juste lui demander les clefs du bureau d'Ansem, parce qu'elle avait besoin d'une salle pour mettre les choses au clair avec Terra concernant le reste de leur mission, loin des oreilles indiscrètes.

‑ Tu ne pouvais pas tout simplement l'ouvrir avec ta Keyblade ? releva Léon.

Xion se mordit la lèvre inférieure. Il touchait un point sensible, là. Ni Terra, ni elle n'y avaient manifestement pensé. Vite, la jeune fille devait trouver de quoi argumenter au risque de passer pour une imbécile !

‑ Euh… On ne voulait pas y aller sans ton accord et… Je devais faire quelques courses pour Aerith ! se rappela-t-elle soudain.

Le brun haussa les épaules.

‑ Avouez, vous n'y avez pas pensé. Enfin bon, maintenant que tu es ici, tu vas m'aider à rapporter ce moustique pour mon commanditaire, dit-il en désignant le bloc de glace derrière lui.

Xion n'avait pas vu encore à quoi ce petit ressemblait. Elle s'accroupit devant la prison de glace. C'était un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de dix ans, des courts cheveux blonds et de drôles de vêtements rouges, un peu un style médiéval peut-être.

‑ Qu'a-t-il fait comme bêtise pour être recherché ? questionna la jeune fille.

‑ Je ne sais pas vraiment. C'est Merlin qui m'a demandé de le ramener. Mais je devais en parler à personne, va savoir pourquoi. Alors quand je suis partit le chercher, j'ai juste dit que j'avais quelque chose à régler en ville.

‑ Oh, c'est pour ça alors qu'il a fait mine de ne pas savoir où tu étais.

La noiraude se releva et fit face à Léon.

‑ On devrait se dépêcher avant que la glace ne fonde, conseilla-t-elle.

Le guerrier défit alors de sa ceinture une corde solide et l'enroula autour du bloc de glace. Xion le regardait faire en le dévisageant. Sentant son regard moqueur, Léon la reprit :

‑ On a toujours besoin d'une corde sur soi. Tu devrais en prendre de la graine.

Le jeune homme traîna derrière lui l'enfant prisonnier sous la glace. Tous se retournaient à leur passage, les fixant avec des yeux éberlués. Xion baissait les yeux, honteuse. Elle sentit ses joues devenir légèrement rouges.

Les deux jeunes gens repassèrent une fois de plus par l'atelier Mog. Là, la gentille peluche qui l'avait accueilli un peu plus tôt tendit les dizaines de potions qu'ils avaient fabriqués pour Aerith. La noiraude le récompensa gracieusement avec les munnies que lui avaient donné la jeune femme avant de partir.

En repassant par les remparts du château, Xion constata que la guérisseuse n'y était plus. Elle avait dû retourner auprès de Sora pour s'occuper de lui. La noiraude espérait que son état s'était amélioré depuis qu'elle était partie.

Les deux amis déambulèrent ensemble le labyrinthe qui représentaient les couloirs de l'ancien château d'Ansem avant d'atteindre la salle aménagée spécialement pour l'Élu de la Keyblade.

En arrivant, Xion vit Aerith penché au dessus de Sora. Elle imbibait un mouchoir du liquide vert d'une des potions et le lui posa sur le haut de la tête. La jeune femme s'occupait divinement bien de lui. Il était à ses petits soins.

Terra, quand à lui, écoutait la baratin incessant de Merlin qui devait sans doute lui parler d'une de ses expériences de magicien. Pas bien passionnant à en croire la mine affreuse qu'arborait le Maître de la Keyblade. Un sourire radieux éclaira son visage en voyant sa sortie de secours arriver enfin !

Xion lui fit un petit signe de la main pour lui demander de l'attendre. Elle se dirigea vers Aerith pour lui donner les potions qu'elle avait prit la peine d'acheter pour elle. La jeune femme au regard émeraude la remercia du mieux qu'elle put avant de reporter de nouveau toute son attention sur Sora. La noiraude se pencha elle aussi sur son ami. Il lui semblait qu'il reprenait des couleurs, petit à petit. C'était un excellent début.

‑ Ah, le voici enfin ! S'exclama soudainement Merlin.

Le vieux magicien se tenait debout devant le bloc de glace où était toujours prisonnier le petit garçon.

‑ Pourquoi vous le cherchiez ? demanda Xion, curieuse.

‑ Moustique n'arrête pas de s'échapper ces derniers temps ! Il refuse que je lui enseigne la magie !

Moustique ? Ce devait être le surnom de l'enfant.

A côté de Merlin, Terra lui fit un signe de la tête pour l'inciter à sortir de la salle.

Xion demanda alors les clefs du bureau d'Ansem à Léon. Celles-ci étaient accrochées à sa ceinture, juste à côté de la corde. Il les lui donna sans rien dire. Une fois dans les mains, la jeune fille remarqua qu'il s'agissait d'un clé tout à fait banale, en fer sans doute, mais incroyablement lourde.


Xion s'installa la première sur le siège du bureau de l'ancien scientifique. Juste derrière se trouvait un portrait de Xehanort, l'apprenti d'Ansem le Sage, alors en possession du corps de Terra. Cela faisait un peu bizarre au jeune Maître de voir un tableau représentant quelqu'un qui lui ressemblait trait pour trait sans pour autant être cette même personne.

Sur le bureau, plusieurs papiers étaient étalés un peu partout. Il s'agissait, pour la plupart, des recherches effectuées par Xehanort ou Ansem. Mais parmi ceux-ci se trouvait également une drôle de facture concernant le « système d'auto-défense de la Forteresse Oubliée ». Marrant qu'ils aient oublié de changer le nom.

‑ Bon, alors, de quoi tu voulais me parler ? demanda Terra qui essayait de ne pas regarder le tableau derrière.

Plus il y pensait, plus il le regardait, ce portrait ! Il allait bientôt le déchiqueter à l'aide de Terre Condamnée si cela continuait !

‑ Pour commencer, je voulais m'excuser…

Le jeune homme fronça les sourcils. Pourquoi disait-elle cela ?

‑ T'excuser ? répéta-t-il, légèrement confus.

‑ Pour avoir fouillé dans tes affaires.

‑ Ah, ça !

Le brun parut comme soulagé. L'espace d'un instant, il s'attendait à ce que son élève lui avoue avoir fait une terrible bêtise !

‑ C'est plutôt à moi de m'excuser, rectifia-t-il. Je n'aurais pas dû m'énerver contre toi. C'est juste que…

Terra sortit de sa poche la photo d'Aqua. Il ferma les yeux. Il était sur le point de faire une grosse révélation concernant ses propres sentiments. Jamais il ne s'était ouvert ainsi à quelqu'un quant à ce qu'il ressentait pour son amie. Il s'agissait de quelque chose de totalement nouveau pour lui.

‑ Elle me manque terriblement, avoua-t-il de but en blanc. Chaque seconde qui passe loin d'elle est une torture. Chaque jour, je me répète que je suis un idiot. Je me dis que j'aurais dû tout lui avouer concernant mes sentiments. Lui montrer à quel point elle compte pour moi. Au lieu de ça, je me suis encore enfermé sur moi-même, et je vivais avec une vive douleur dans la poitrine quand je la voyais rire avec Riku.

Xion ouvrit de grands yeux étonnés. Terra, jaloux de Riku ? Alors ça, personne ne l'aurait jamais deviné !

‑ Et aujourd'hui, poursuit-il, la voilà perdue je ne sais où, affrontant je ne sais quels sortes de dangers ! Et toujours en compagnie de ce misérable Riku.

Le jeune homme serra la mâchoire. Qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour revenir en arrière. Rester avec elle et envoyer l'argenté à sa place communiquer avec Yen Sid. Mais il était trop tard désormais. Impossible de revenir en arrière. Le temps était immuable.

‑ Est-ce que je peux t'assurer une chose ? intervint Xion.

‑ Au point où j'en suis.

La noiraude lui adressa son plus franc sourire.

‑ Riku n'a aucune chance avec Aqua. C'est toi qu'elle aime.

Elle posa une main rassurante sur le dos de celle de Terra, au milieu de toute la paperasse d'Ansem.

‑ Je te l'assure.

Un sourire en coin naquit sur les lèvres de Terra. Ce petit commentaire venait de lui remonter le moral.

‑ Bon, parlons d'autre chose. Il va falloir trouver un moyen de vaincre Vanitas rapidement.

Xion s'enfonça un peu plus dans le fauteuil. L'index sous sa lèvre inférieure, elle semblait en pleine réflexion. Elle repensa à son combat face à l'être de Ténèbres. Peut-être avait-elle trouvé une faiblesse chez leur ennemi, il fallait encore la vérifier.

‑ J'ai peut-être une idée, annonça-t-elle, sûre d'elle.

Le Maître se pencha un peu plus sur le bureau pour mieux l'écouter. Il ne prêtait même plus attention au portrait de Xehanort qui le narguait derrière le siège.

‑ Je t'écoute.

‑ Le cœur de Vanitas n'est fait que de Ténèbres, j'ai raison ?

‑ Jusqu'ici, je suis d'accord.

‑ Alors sa faiblesse est forcément la Lumière. J'ai pu le constater quand j'ai atteint ma compétence ultime.

Le jeune homme fronça les sourcils.

‑ « Compétence ultime » ? répéta-t-il, souhaitant être éclairé sur ce point.

‑ Chacun, au fond de son cœur, possède une force incroyable qu'il ne peut atteindre qu'en cas d'extrême danger, ou d'un trop plein d'émotion. Je l'ai activé lors de mon combat contre Vanitas.

Xion se releva et commença à faire les cents pas autour du bureau. On disait que les plus grands savants faisaient ainsi pour mieux penser.

‑ Étant affiliée à la Lumière, j'ai réussi à créer plusieurs colonnes de lumières. Il semblait complètement désemparé.

‑ Alors, tu penses donc qu'il faudrait juste que chacun d'entre nous y mette un peu du sien ? On pourrait peut-être y arriver à nous trois.

La jeune fille secoua doucement la tête.

‑ Pas seulement nous. Il nous faudrait nous lier avec les trois autres partis avec le vaisseau Gummi.

‑ C'est vrai qu'à nous tous, nous devrions être plus forts.

Terra se leva à son tour. Les poings écrasés contre le bureau, il regarda Xion droit dans les yeux.

‑ Mais avant cela, nous devrions en apprendre plus sur les mystérieuses disparitions qui affectent les mondes.

La jeune fille s'arrêta soudainement de marcher. Les yeux écarquillés, on aurait dit qu'elle venait de mettre le doigt sur un point extrêmement important.

‑ Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta Terra.

‑ Tu te souviens du message que j'ai lu au Château Disney, soit-disant écrit par Ansem le Sage ?

Le brun sembla comprendre où elle venait en venir. Ce monde, le chercheur avait explicité qu'il s'était fait attaquer par Vanitas. Alors, comment se faisait-il qu'il comportait encore tous ses habitants ? Il y avait quelque chose qui clochait dans cette histoire.

‑ La page était ouverte comme de par hasard quand je suis arrivée, continua Xion.

‑ Et si c'était un coup monté de la part de Vanitas ?

‑ Mais pourquoi faire ça ?

Le brun haussa les sourcils. Il avait bien une petite idée, mais elle lui semblait bien futile. Il souhaita cependant en faire part à la noiraude. Seulement, la porte du bureau s'ouvrit à la volée, découvrant une Yuffie complètement essoufflée.

‑ Il est réveillé ! s'écria-t-elle à bout de souffle. Sora est revenu à lui !


Yen Sid venait d'arriver à la Cité du Crépuscule. Il avait pour cela utilisé un couloir de Lumière, l'équivalent des couloirs de Ténèbres que se servaient les enfants des Ténèbres. Le couloir s'était ouvert directement sur le Manoir Abandonné, ce qui lui faisait déjà des minutes de gagnées.

Le vieux sorcier s'empressa d'entrer dans la vieille demeure. Il monta les escaliers et se rua vers le salon blanc, là où se trouvait habituellement Naminé. Yen Sid ouvrit la porte à la volée.

Assise sur sa chaise habituelle, la sorcière sursauta en voyant débouler le vieux Maître de la Keyblade. Elle fit un trait malencontreux sur le dessin qu'elle dessinait quelques secondes plus tôt.

Yen Sid ne pipa mot. Il se contenta de créer une barrière de protection autour de toute la salle de la jeune fille. Cette dernière se leva et regarda le sorcier avec inquiétude.

‑ Maître, qu'est-ce qui vous prend ?

‑ Il arrive, dit-il seulement.

Naminé fronça les sourcils. Qui, il ?

La blonde lança un coup d'œil à son dessin. Celui-ci représentait un garçon aux cheveux noirs semblable à du charbon. Les yeux jaunes comme ceux des répliques de Xehanort. Mais surtout, une apparence identique à celle de Sora.

Soudainement, une voix résonna dans la pièce.

‑ Contrôler les souvenirs, en voilà des pouvoirs intéressants.

Un couloir obscur s'ouvrit juste en face de Naminé. Un garçon masqué en sortit. Le même que voyait Naminé en rêve ces derniers temps.

‑ Vanitas ! dit-elle, surprise elle-même de connaître l'identité du nouvel arrivant.

Derrière son masque, ce dernier lâcha un rire moqueur qui résonna à travers toute la pièce.

‑ Votre barrière est vraiment inutile.

Yen Sid se contenta de lui lancer un regard froid qui en disait long sur ce qu'il pensait de lui.

‑ Qu'est-ce que tu veux ? questionna Naminé quelque peu apeurée.

Vanitas enleva son masque. La jeune fille porta ses mains à sa bouche. Ce garçon… Il s'agissait d'une copie parfaite de celui qu'elle aimait en secret !

‑ Naminé, c'est toi que je suis venu chercher.