Vivre dans le Passé :
Résumé : Xehanort n'est plus. Cependant, les porteurs de Keyblades ont toujours pour objectif de protéger la Lumière des Ténèbres. Et pour cela, ils suivent tous un entraînement intensif à la Contrée du Départ. Entre deux leçons, Roxas va faire la découverte d'un livre étrange qui va le transporter lui, ainsi que deux de ses amis, dans un autre monde dont il ne sera pas facile d'en sortir ... /!\ L'histoire se passe après Kingdom Hearts III qui est, comme vous le savez, à peine sortit (bah ouais fallait la changer cette phrase du coup XD). Ceci étant une fanfiction est une suite incohérente ^^' /!\
Raiting : K+
Note 1 : Cela faisait longtemps que j'avais l'idée. Donc si les idées vous paraissent un peu gamines, c'est normal ^^'
Note 2 : Euh... Plus de 7000 mots pour ce chapitre XD J'ai l'impression que depuis que j'ai commencé mon roman, mes chapitres s'étirent x)
Note 3 : Bonne lecture :D
Chapitre 20 :
Procès, Fiançailles et Ténèbres
A force de marcher, Ven avait fini par atteindre un drôle d'arbre. En effet, dans le tronc de celui-ci se trouvait une entrée immense qui débouchait sur un nouvel espace, très différent des bois. En jetant un coup d'œil, Ventus nota qu'il s'agissait d'un immense jardin constitué uniquement de rosiers aux pétales d'un blanc absolument pures. Le blondinet remarqua un groupe de plusieurs cartes-soldat au centre de cette roseraie, ce qui l'incita à entrer dans ce jardin à son tour.
A peine entra-t-il dans le tronc que le jeune garçon se retrouva propulsé à terre, comme si quelque chose venait de le pousser vers l'avant. Il se retourna pour voir qui lui avait fait ça, mais tout ce qu'il remarqua fit un mur en papier peint.
Fronçant les sourcils face à cette découverte, Ven leva les yeux vers le ciel. Il écarquilla les yeux de stupeur : cette endroit était en réalité une sorte de boîte ! Tout n'était que du dessin, rien ne semblait réel.
‑ J'espère que je pourrais sortir d'ici au moins…, s'inquiéta-t-il en marmonnant dans sa barbe.
A quelques pas de lui, les cartes vivantes ne semblaient pas l'avoir remarqué. Formant un cercle, elles semblaient en pleine conversation. Elles discutaient à voix basse, pour ne pas se faire entendre.
Intrigué, mais surtout car il espérait qu'ils parlaient de Lea, Ventus s'approcha à pas de loup des cartes. Il espérait se mêler à leur débat. Le jeune garçon parvint ainsi à pêcher quelques mots comme : peinture, rouge, rosiers, la reine va nous couper la tête. En entendant cela, Ven porta ses mains à sa propre gorge. Avoir la tête coupée devait être absolument affreux !
Baissant les yeux, le Porteur de Keyblade remarqua aux pieds des cartes plusieurs seaux contenant de la peinture rouge. Qu'avaient-ils l'intention de faire avec cela ?
‑ Qu'est-ce qui se passe ? leur demanda finalement Ven.
Le meilleur ami de Terra et Aqua venait d'avoir une idée : s'il devenait amical avec ces soldats, peut-être accepteraient-ils de lui dévoiler où ils retenaient Lea prisonnier. Dans l'espoir qu'il ne se soit pas déjà fait décapité bien sûr…
En remarquant enfin sa présence, toutes les cartes eurent un hoquet de surprise. Puis ils soufflèrent ensuite tous de soulagement.
‑ Excuse-nous, nous avons cru qu'il s'agissait de la reine ! expliqua l'un d'eux.
Un autre soldat lui désigna alors les rosiers se trouvant aux quatre coins du jardin.
‑ La reine nous tranchera la tête si elle apprend que nous avons planté les mauvais rosiers !
Ventus écarquilla grand les yeux. Cette souveraine était-elle si barbare à couper la tête de ses sujets pour une raison aussi futile ? Ven se dit alors qu'il se tiendrait à carreau devant elle si jamais il venait à la rencontrer un jour ! Quelque chose lui disait que cette réunion serait pour bientôt…
‑ Et donc, reprit le blondinet, c'est ce qui explique vos seaux de peinture. Vous voulez les peindre en rouge pour satisfaire la reine, c'est bien cela ?
Les cartes hochèrent tous la tête d'un même mouvement, approuvant ses dires.
‑ Très intelligent, mon grand ! Maintenant, rends-nous un service, tu veux ?
Ven ne saurait pas dire pourquoi, mais il sentait que ce « service » n'allait pas vraiment lui plaire. Les soldats ne semblaient pas avoir non plus envie de le laisser filer, maintenant qu'il connaissait leur terrible secret.
‑ Tu vas nous aider à repeindre ces fleurs ! ordonna une carte de pique huit.
Il tendit un saut et un gros pinceau au garçon, le forçant à le tenir dans ses bras pour ne pas renverser tout le liquide carmin au sol.
‑ Bon, maintenant, au travail, amis soldats ! Pour la reine !
Les cartes trempèrent chacun un pinceau dans le liquide écarlate et brandirent ensuite fièrement leurs instruments en l'air comme s'il s'agissait d'épées. Puis ils réservèrent tous un rosier et commencèrent à peindre les pétales blanches.
Ventus regardait tour à tour son pinceau, le seau, et les soldats qui peignaient fièrement en sifflotant un petit air amusant. Complètement ahuri, le jeune garçon se tourna lui aussi vers les roses pour entreprendre de les teindre en rouge à son tour. Il trempa délicatement sa brosse dans le liquide vermeil, et prit entre les doigts de sa main libre une fleur immaculée. Le blondinet peignit doucement les pétales, veillant à ne pas faire couler de la peinture au sol, auquel cas la reine s'apercevrait sans aucun doute de l'étrange supercherie.
Ven commença à son tour à siffloter l'air que chantonnaient désormais les cartes. Celles-ci entamaient déjà leur deuxième rosier, tandis que le Porteur de Keyblade n'avait peint que quatre roses seulement. Il préférait prendre son temps, car il aimait les choses bien faites.
Attrapant un escabeau qui traînait par là, Ventus atteignit les fleurs un peu plus hautes. C'est alors qu'il commença à chanter en rythme avec ses nouveaux camarades de fortune :
‑ Peignons ces roses en rouge, du plus éclatant des rouges ! Il faut les peindre coûte que coûte sans en perdre une goutte !
Ven répétait toujours inlassablement le refrain, car c'était la seule chose qu'il était parvenu à retenir de cette chanson.
Ventus finissait de peindre le dernier pétale de son rosier, lorsque le son de trompettes à proximité du jardin retentit. Les cartes abandonnèrent immédiatement leurs seaux et leurs brosses et s'affolèrent dans tous les sens. Dans la foulée, l'un d'eux percuta l'escabeau où Ven était juché, et celui-ci tomba sur les fesses.
La peinture rouge se renversa sur l'herbe, éparpillant son liquide carmin sur le sol. Personne, mis à part le blondinet, ne sembla s'en soucier. Ces soldats étaient-ils donc si inconscient que cela ? Si la reine arrivait et voyait la peinture au sol, sans doute entrerait-elle dans un courroux incontrôlable, et qu'elle leur ferait couper la tête !
Les cartes-soldats se stoppèrent soudainement, se mirent en ligne dans l'herbe, et firent une longue et profonde révérence. Le jeune garçon, toujours au sol, les regardait faire, interdit.
Les quatre entrées du jardin furent toutes trois bouchées par l'arrivée soudaine d'autres soldats. A l'entrée principale se distingua alors une silhouette qui détonnait par rapport aux autres : elle semblait humaine !
Celle-ci fixa ses petits yeux noirs sévères sur les cartes à terre. Un sourire fier et satisfait étira ses lèvres. Mais cela ne dura pas longtemps. La reine remarqua soudainement le liquide rouge étalé sur l'herbe fraîche. Son visage prit une drôle de teinte cramoisie. La souveraine entra dans une colère noire.
‑ Qui a osé peindre mes roses en rouges ?!
Sous le choc, tous les soldats à terre se relevèrent d'un coup, tremblants comme des feuilles. Ils se lancèrent des regards paniqués, cherchant un moyen de se sortir de cette mauvaise passe. Personne n'osait se dénoncer, de peur de s'attirer les foudres de l'affreuse reine.
‑ Qu'on leur coupe tous la tête !
‑ Non, non ! Pas ça, par pitié ! pleurèrent-ils.
Ven porta les mains à son propre cou, ravalant sa salive. Était-il compté parmi les cartes ?
‑ C'était son idée ! s'écria soudainement un six de carreaux en désignant le jeune garçon du bout du doigt.
Ventus écarquilla grand les yeux. Comment pouvaient-ils ainsi le trahir et le jeter dans la gueule du loup après ce qu'il avait fait pour eux ?! Il savait qu'on ne pouvait faire confiance à personne dans ce monde ! Sa naïveté le perdra…
La souveraine posa son regard sur le jeune Porteur de Keyblade. Ses iris ténébreux s'agrandirent d'un coup. Elle ouvrit grand le bouche, comme ébahie. Le blondinet fronça les sourcils, ne comprenant pas sa drôle de réaction. Il se releva, confus, et tenta de se défendre face aux accusations :
‑ Mais Madame, je vous jure que je n'y suis pour rien !
Quelque part, ce n'était pas réellement un mensonge. Certes, il avait participé au projet « peindre les roses en rouge », mais ce n'était pas son idée !
La grosse dame s'avança en direction de Ven, comme possédée. Aucune expression ne se reflétait sur son visage bouffi, si ce n'était de la surprise.
Le jeune garçon se pinça la lèvre inférieure. Bizarrement, il sentait qu'il allait passer un sale quart d'heure, et cela n'avait rien à voir avec la perte future de sa tête. Plus la reine s'approchait, plus Ventus reculait. Son dos vint bien vite percuter la haie derrière lui. Il n'avait plus aucun moyen de s'enfuir. Le blondinet était pris au piège, et le loup gagnait toujours plus de terrain.
‑ Êtes-vous… un jeune homme ? questionna la souveraine désormais plantée face au jeune Porteur de Keyblade.
Celui-ci ravala sa salive, pas vraiment rassuré. Sur le coup, le jeune garçon ne fut même pas étonné par cette drôle de question. Il avait bien trop peur pour sa vie plutôt que de penser à cela. Il se contenta de hocher affirmativement la tête.
Un large sourire éclatant étira les lèvres ventouses de la reine.
‑ Je l'ai trouvé ! Je l'ai trouvé ! se réjouit-elle en sautillant sur place.
‑ Elle l'a trouvé ! Elle l'a trouvé ! répétèrent ses soldats derrière elle, bien qu'ils ne comprenaient pas ce qu'elle entendait par là.
La grosse dame se calma un instant, puis ferma les paupières et approcha son visage de celui de Ventus. Ce dernier écarquilla grand les yeux, comprenant ce qu'il allait lui arriver s'il ne bougeait pas rapidement. Cette vieille truie essayait-elle réellement de l'embrasser ?! Pas question pour lui de souiller ses innocentes lèvres en les plaquant sur ces ventouses !
Réfléchissant à la vitesse de la lumière, les iris océan de Ven remarquèrent un échappatoire possible : il pouvait ramper sur le sol, passant entre les jambes de la reine et le rosier. Il s'agissait de sa seule option, il se devait de la saisir.
Réagissant au quart de tour, le blondinet sa baissa soudainement et se mit à quatre pattes. Il se dégagea furtivement du guet-apens et se releva une fois ayant dépassé les souliers de la reine. Seulement, celle-ci semblait avoir anticipé le coup. Ventus se retrouva pris au piège entre les soldats. Ils l'encerclaient de toutes parts, plus aucuns moyens pour lui de s'enfuir.
‑ Ici, reprit la reine, c'est moi qui décide qui part, et qui reste.
La souveraine se créa une brèche parmi les cartes. Elle s'avança vers Ven et prit son visage entre ses doigts potelés.
‑ Et vous jeune homme, j'ai décidé de faire de vous mon roi.
Le blondinet n'osa même pas ouvrir la bouche pour répliquer. Cette souveraine lui faisait bien trop peur pour le moment pour essayer de riposter. Il allait la suivre pour l'instant ; il se sortirait de cette mauvaise passe plus tard. Et puis, peut-être pourra-t-il en apprendre plus sur l'endroit où Lea était retenu prisonnier.
Sora, assit sur le lit, émergeait à peine de son long sommeil de trois jours. Il regardait tour à tour les personnes présentes autour de lui. Léon, Aerith, ainsi que Merlin accompagné d'un gamin d'environ huit ans à l'autre bout de la pièce.
Le jeune garçon se massa les tempes. Quelques gouttelettes verdâtres des potions que lui avait administrées Aerith étaient toujours collées à ses mèches châtaignes. Pourquoi se trouvait-il ici au juste ? Et pourquoi était-il sans ses deux amis ? L'Élu ne se souvenait pas de grand chose. Il se rappelait son face à face avec Vanitas, dans son cœur, mais ensuite… Le néant.
‑ Que se passe-t-il ? s'inquiéta-t-il. Où sont Xion et Terra ?
‑ Ils vont bien, lui répondit Léon d'une voix neutre.
Sora se contenta de hocher doucement la tête.
‑ Ca ne me dit pas où ils sont, reprit-il, une lueur de défi dans ses iris océan.
Le guerrier à la Gunblade haussa les épaules, indifférent aux yeux que lui lançaient son ami. Il lui affirma qu'ils se trouvaient dans le bureau d'Ansem pour discuter en privé, et que Yuffie était partie les chercher pour les prévenir de son réveil.
‑ Il s'est passé quelque chose durant mon sommeil ?
Léon détourna le regard, comme s'il évitait de lui dévoiler un élément important. Le châtain ouvrit de grand yeux étonnés et baissa la tête, confus. Ce que le jeune homme lui cachait, cela avait-il un quelconque rapport avec l'état dans lequel il s'était retrouvé ? Et Vanitas dans l'histoire ? Se trouvait-il toujours dans son cœur ?
Sora porta une main à sa poitrine. Il le sentait battre sous sa peau. Fermant les yeux, le porteur de Keyblade chercha au plus profond de son âme la présence de l'être des Ténèbres. Rien. Au moins, cela était une bonne nouvelle. Une épine lui était enlevé du pied.
Mais alors, comment expliquer l'air contrarié de Léon ? Quelque chose de grave s'était-il déroulé à la Jungle Profonde ? Sora lança un regard paniqué à Aerith. Cette dernière se pinça la lèvre inférieure et détourna les yeux. Si même la guérisseuse avait ce genre de comportement, alors cela voulait dire que ses craintes étaient fondées.
Déterminé à savoir la vérité, le châtain se leva, les poings serrés. Il fit un pas en direction de l'unique porte de sortie pour retrouver ses deux amis et avoir quelques explications avec eux, mais sa tête commença à tourner. Le jeune garçon vacilla et se retrouva un genou au sol, ne tenant presque plus debout. La jeune femme s'empressa de venir le soutenir.
‑ Tu ne devrais pas te brusquer, essaya-t-elle de le résonner.
Sora, aidé par la guérisseuse, se rassit sur le lit, la boule au ventre. Qu'avait-il bien pu se passer à la Jungle Profonde ? Pourquoi se trouvait-il au Jardin Radieux ? Pourquoi était-il persuadé qu'il avait commis quelque chose de grave ?
La porte s'ouvrit à la volée, le faisant sursauter sur le coup. Entra soudainement une Xion affolée qui sauta dans les bras du jeune Porteur de Keyblade. Derrière elle se tenait Terra, bras croisés sur le torse, l'air grave. Sora et lui croisèrent leurs regards. Le Maître de la Keyblade détourna les yeux. Lui aussi semblait lui cacher quelque chose. Sans doute cette même chose que ne voulaient pas lui dévoiler Léon et Aerith. D'ailleurs, leur amie Yuffie se plaça à leurs côtés.
‑ Est-ce que tout va bien ? s'inquiéta la noiraude, toujours accrochée au cou du jeune garçon, lui criant dans les oreilles.
Sora cligna plusieurs fois de paupières pour se remettre les esprits en place. Il ne s'attendait pas à avoir un câlin dès son réveil. Et encore moins de la part de Xion !
Le jeune garçon écarta doucement les bras de son amie avec un sourire crispé. Désormais faces à faces, l'Élu remarqua que l'ancienne marionnette avait les yeux brillants. Sans doute voulait-elle pleurer, mais elle devait retenir ses larmes.
‑ Pour l'instant, tout va bien, la rassura-t-il.
Il toucha du bout des doigts ses mèches encore trempées. Il haussa les sourcils, interrogeant ainsi Xion du regard, lui demandant ce dont il s'agissait. La jeune fille lui passa une main dans ses cheveux en pics pour lui essuyer les derniers résidus du liquide verdâtre.
‑ Ce sont les restes des potions que t'a administrés Aerith, l'informa la noiraude.
Sora lança un regard plein de gentillesse vers la jeune femme. Il la remercia d'un sourire franc.
‑ Sora, commença Terra, il y a plusieurs choses qu'il faut que tu saches.
Le jeune garçon leva cette fois-ci ses yeux océan vers le Maître de la Keyblade. Allait-il enfin en savoir plus sur ce qu'il lui était arrivé à la Jungle Profonde ?
Xion alla se placer à ses côtés, fixant le sol, un air attristé sur son visage rond de poupée.
Le jeune Porteur de Keyblade se mordilla la lèvre inférieure. Quelque chose lui disait qu'il n'allait pas vraiment apprécier ce qu'il allait lui être dit.
Ce fut le brun qui expliqua toute la situation. Sora apprit donc que Vanitas avait réussi à prendre possession de son corps en s'immisçant dans les Ténèbres au plus profond de son cœur. Ensuite, il se serait servi de lui pour tenter d'éliminer Xion, mais cette dernière avait réussi à l'extirper du cœur du châtain. Puis quelques heures plus tard, les deux Porteurs de Keyblade assistèrent ensembles, impuissants, à l'enlèvement des habitants de la Jungle Profonde.
En entendant cela, le jeune garçon baissa la tête, honteux. Ses mèches châtaignes lui cachèrent une partie de son visage, lui donnant une mine sombre.
‑ Excusez-moi… Tout est de ma faute…
Il serra les poings de rage. Il s'en voulait de sa propre faiblesse. Comment avait-il pu se laisser avoir aussi facilement par Vanitas ?!
Aerith s'approcha de lui et posa ses mains douces et rassurantes sur les siennes. Elle lui sourit tendrement.
‑ Ne t'en fais pas Sora, on apprend tous de nos erreurs.
Le châtain leva ses iris océan vers les yeux émeraudes de son interlocutrice.
‑ Je suis certaine que si vous le recroisez durant votre périple, vous arriverez à le battre, tous ensemble.
La manière dont Aerith avait appuyé sur le dernier mot lui pinça le cœur. C'était parce qu'il s'était séparé de ses amis qu'ils avaient échoué à secourir ce monde. Sora pensa à tous ses habitants, désormais perdus dans les Ténèbres. Quelles terribles souffrances enduraient-ils ? Sora se persuadait toujours qu'il s'agissait de sa seule et unique faute. S'il n'avait pas été si prétentieux, il ne se serait pas disputés avec ses amis, et peut-être auraient-ils pu empêcher tous les dégâts causés par Vanitas.
‑ Si jamais vous croisez Vanitas, intervint soudainement Terra en s'adressant à Léon, prévenez Maître Yen Sid immédiatement.
Le guerrier à la Gunblade affirma d'un hochement de tête.
‑ Cid s'en chargera.
‑ Hé, mais il est où au fait ? questionna Sora, tiquant enfin sur l'absence de l'homme râleur.
Yuffie écarta grand les bras, d'une manière plutôt théâtrale.
‑ « J'serais inutile au réveil de Sora, j'n'vois pas comment lui apporter mon aide. Vous s'rez plus utiles que moi. J'ai d'autres choses à gérer ! », imita la brune.
‑ Ca lui ressemble tellement ! rigola franchement l'Élu depuis son réveil.
Tous rirent de bon cœur une dernière fois.
S'essuyant les quelques larmes de joies qui perlaient encore le coin de leurs yeux, les trois Porteurs de Keyblade leur dirent au revoir avant de se diriger vers les fortifications du château. Terra sortit de sa poche le Fragment d'Étoile.
‑ Vous ne dites même plus bonjour, maintenant ? questionna une voix dure derrière eux.
Se tournant dans un même mouvement, les trois amis découvrirent avec surprise l'une de leur vieille connaissance. Ce dernier leur adressait un sourire en coin amical.
‑ Oh, tiens, salut Isa ! commença Sora.
‑ Ca faisait longtemps que l'on ne t'avait pas vu dans les parages ! continua Xion.
L'homme aux cheveux bleus croisa ses mains sur son torse et rigola faiblement en fermant les yeux.
‑ C'est plutôt vous qui vous faites discrets ces temps-ci.
Le jeune homme porta son regard tout autour de lui, comme s'il cherchait quelque chose ou même quelqu'un.
‑ Lea n'est pas avec vous ?
‑ Il a été envoyé en mission dans un autre monde, expliqua Terra resté muet jusqu'ici.
‑ Ah, je vois…
Isa fourra ses mains dans les poches de son jean. Il haussa les épaules, l'air quelque peu déçu.
‑ Bon, si jamais vous le voyez, n'hésitez pas à lui faire savoir que son vieil ami va bien.
‑ On n'y manquera pas ! assura la noiraude avec un large sourire.
Le jeune homme les remercia avec un faible sourire. Il détourna ensuite les talons, toujours les mains dans les poches, puis s'éloigna en leur affirmant qu'ils seraient toujours les bienvenus ici.
‑ Une fois Lea et Roxas rentrés, on reviendra le voir, dit Xion. La vie doit lui paraître bien ennuyeuse sans ces deux-là…
‑ Bon, et si on y allait ? s'impatienta Sora. Je suis pressé de voir le prochain monde !
Le châtain voulait surtout racheter sa faute en réussissant à sauver le prochain monde, cette fois-ci.
Les trois Porteur de Keyblade se donnèrent la main en fermant profondément les paupières. Leur corps furent baignés d'une forte lumière aveuglante. Puis ils disparurent dans une gerbe d'étincelles vers les cieux, en direction du prochain monde.
Kairi errait inlassablement dans le labyrinthe de la reine de cœur. Elle empruntait des chemins complètement aléatoires. Des fois à gauche, tantôt à droite. La jeune fille ignorait où elle se trouvait. Elle se guidait dans les carrefours grâce aux tourelles rouges qu'elle apercevait au loin, mais le résultat ne concluait en rien. Bien souvent l'auburn faisait demi-tour car elle tombait sur un cul-de-sac.
Elle commençait à paniquer. Accélérant le pas, Kairi s'engouffrait sur des sentiers de plus en plus aléatoirement, ne s'aidant même plus du château. Dans son esprit, elle se persuadait que jamais elle ne parviendrait à sortir d'ici un jour. L'adolescente pensait même que ce labyrinthe ne contenait aucune sortie, et qu'elle était perdue ici pour toujours.
La jeune fille déboucha enfin dans un espace un peu plus grand ; sans doute le centre du labyrinthe. Celui-ci comportait quatre entrées différentes, ce qui signifiait que plusieurs chemins menaient à lui. A moins que les autres voies ne menaient eux-aussi qu'à des cul-de-sac.
Cette place se constituait d'étranges rosiers. En effet, lorsque Kairi s'en approcha, elle constata avec étonnement que les pétales devaient être à l'origine blanches, et qu'elles avaient été peintes en rouge. De la peinture vermeille coulait encore petite goutte par petite goutte au sol. Pourquoi peindre des fleurs ? La jeune Porteuse de Keyblade ne le saisissait pas vraiment. Plus elle apprenait à connaître ce monde, plus elle le trouvait étrange mais surtout atypique.
Désormais au centre de la place, Kairi regarda tour à tour les trois nouvelles entrées qui s'offraient à elle. Laquelle devait-elle prendre, désormais ? Son instinct lui indiquait la voie en face d'elle. Mais, et si elle se trompait et qu'elle se perdait à tout jamais dans ce labyrinthe ?
‑ Les Ténèbres sont attirées par la noirceur, dit soudain une voix mielleuse.
Kairi sursauta. Elle balaya le jardin de ses yeux bleus, mais elle ne parvenait pas à identifier le porteur de cette étrange voix.
La jeune fille sentit tout à coup sa tête devenir plus lourde. Fronçant les sourcils, elle posa une main sur ce qui devait être son cuir chevelu, mais ses doigts touchèrent une toute autre matière, un peu plus douce. A ce bref contact, l'étrange chose sur sa tête disparu. La meilleure amie de Sora et Riku redevint plus légère.
‑ Prenez garde, les émotions négatives aiment la Lumière tout autant, reprit mystérieusement la voix.
Tendant l'oreille, Kairi parvint à identifier le lieu d'où la voix provenait. Faisant volte-face, elle tomba nez-à-nez avec un drôle de chat rayé. Son pelage rose aux rayures violettes semblait aussi doux que la matière qu'elle avait touché sur sa tête un peu plus tôt. La jeune fille écarquilla les yeux en constatant que le félin se tenait à une branche de rosier grâce à sa queue, tête en bas, à la manière de cette très ancienne espèce, les opossums.
En guise de politesse, le matou releva grâce à l'une de ses pattes avant ses sourcils, comme s'ils n'étaient qu'un vulgaire chapeau.
‑ Ravi de faire votre connaissance, Princesse. Je me doute que ce sentiment soit partagé.
‑ Que voulez-vous dire ? demanda Kairi en fronçant les sourcils.
Le chat se laissa tomber au sol dans un plongeon majestueux. Son corps se dissipa avant même d'atteindre terre. Le félin réapparut sur une haie derrière elle, son éternel sourire en demie-lune sur le visage.
‑ Ce que je veux dire ? Parlons de la pluie et du beau temps !
‑ Pardon ? s'indigna la jeune fille en levant un sourcil. Non, je ne suis pas là pour ça !
L'étrange animal s'étira de tout son long puis se coucha sur le dos, pattes derrière la tête.
‑ Alors pourquoi êtes-vous ici ?
L'auburn soupira. Elle allait encore devoir expliquer sa situation pour la deuxième fois de la journée.
‑ Pour faire vite : j'étais avec des amis, lorsque j'ai croisé un lapin blanc, et puis j'ai décidé de…
‑ Un lapin blanc ? releva le félin.
‑ Oui, un lapin blanc. Une seconde, vous l'avez vu ?
‑ Vu quoi ?
‑ Le lapin.
‑ Quel lapin ?
La jeune Porteuse de Keyblade cogna la paume de sa main contre son front. Cela ne servait à rien de discuter avec lui. Il ne faisait que l'embrouiller et la faisait passer pour une idiote. Elle soupira une fois de plus, dépitée.
‑ C'est gentil d'avoir essayé de m'aider, mais je vais me débrouiller seule, finalement.
Kairi fit un pas vers l'avant dans l'espoir d'emprunter une entrée un peu choisie au hasard. Soudain, une drôle de petite créature violette se matérialisa devant elle. Plusieurs autres créatures apparurent autour de l'adolescente, l'encerclant. Réalisant qu'il s'agissait d'ennemis, la jeune fille fit apparaître Appel du Destin entre ses doigts. En face d'elle, les petites monstres regardaient tout autour d'eux, comme à la recherche de quelque chose.
‑ « Les émotions négatives aiment la Lumière tout autant », se rappela l'auburn.
Elle leva la tête à l'endroit où se tenait le chat quelques secondes plus tôt, mais celui-ci avait déjà disparu.
Sans crier gare, l'une des créatures derrière Kairi fondit sur elle. Il planta ses griffes acérées dans le dos de la jeune fille, lui faisant lâcher un petit cri de douleur. Faisant volte-face, elle asséna un coup de Keyblade au petit monstre qui venait de s'en prendre à elle. Celui-ci se désintégra instantanément, redevenant un nuage de Ténèbres.
Tout à coup, presque toutes les créatures sautèrent d'un même mouvement sur l'auburn, griffes affilées, prêtes à les planter dans sa peau immaculée. Réagissant quasi-instantanément, Kairi se rappela le sort de Barrière que lui avait un jour appris Aqua lors d'un cours particulier. La Princesse porta la paume de sa main à son cœur tout en fermant les yeux pour se concentrer. Si elle ratait ce sort, elle n'aurait pas droit à une seconde chance. Ses ennemis lui tomberaient dessus et elle n'en ressortirait sans doute pas sans dommages.
Une barrière bleutée se créa tout autour de son champ d'action. Les créatures vinrent se cogner sauvagement contre les parois, incapable de franchir le mur invisible.
Coupés dans leur élan, les monstres tombèrent tous au sol, comme des mouches. La barrière se dissipa bien rapidement. Kairi prit sa Keyblade à deux mains et la leva vers le ciel. Une onde d'énergie se déversa sur tout le terrain, anéantissant instantanément une bonne partie de ses adversaires. C'était une riposte que la bleue lui avait également apprise.
Les rares créatures qui avaient survécus à cette attaque mortelle s'étaient réfugiées lâchement dans le sol. Exactement de la même manière que les Ombres, bien connus de l'auburn. Elles ne devaient être plus que trois ou quatre, pas de quoi s'alarmer. Kairi avait juste à attendre qu'elles sortent de terre pour les achever d'un unique coup de Keyblade.
Seulement, les petits monstres ne semblaient pas bien décidés à quitter leur refuge. Au lieu de cela, ils se dirigèrent tous d'un commun accord vers la sortie se trouvant à droite de l'entrée qu'avait emprunté la jeune fille en arrivant.
Tout à coup, la Princesse se rappela les étranges paroles du chat :
‑ « Les Ténèbres sont attirées par la noirceur. »
Baissant la tête et fronçant les sourcils, Kairi se demanda par quelles genres de Ténèbres ces petites créatures étaient attirées. Serait-ce Vanitas ? Ou bien quelqu'un d'autre ? Cette reine qu'elle avait vu aux côtés de Ventus tout à l'heure ne lui semblait pas commode. Elle avait même perçu une once de noirceur dans son cœur. Peut-être que les monstres étaient attirées par cette souveraine ?
Déterminée, Kairi entreprit de suivre les créatures, dans l'espoir qu'elles les dirigeront vers son ami.
Les cartes conduisirent Lea devant la barre de son jugement dernier. Le rouquin n'avait toujours pas retrouvé sa taille habituelle, ce qui l'inquiétait énormément. Allait-il rester de la taille d'une fourmi pour l'éternité ? Il espérait que non !
Cette reine ferait moins la maligne s'il possédait sa taille normale. Elle serait impressionnée par son charisme naturel et sa puissance hors du commun ! En parlant de force, Lea avait bien pensé à utiliser sa Keyblade face à ces soldats de papier pour se libérer. Seulement, comme le lui répétait très souvent ses Maîtres, « il ne faut pas perturber l'ordre des mondes ». Néanmoins, n'était-ce pas ce que faisait Vanitas depuis le début en semant un peu partout des Sans-Coeurs et des Nescients ? A supposer qu'ils venaient bien de lui, et non d'une entité bien plus supérieure.
Entouré par deux gardes, le jeune homme à la chevelure de feu ne risquait aucune attaque extérieure.
‑ Eh bien ! plaisanta-t-il, deux gardes du corps ? C'est que je suis gâté !
Résonna tout à coup le son d'une trompette. Interrompu pour ce bruit soudain, Lea remarqua que sur une autre estrade non-loin se tenait un lapin, porteur de l'instrument qui venait de résonner devant toute la cour. L'ancien numéro VIII écarquilla grand les yeux en le reconnaissant : c'était l'animal que Kairi s'amusait à suivre depuis leur arrivée dans ce monde de dégantés ! Mais s'il était ici, cela voulait-il signifier que la jeune fille se trouvait dans le coin, elle aussi ?
Il chercha du regard dans les tribunes autour de lui la présence de son amie, mais celles-ci demeuraient étonnement vides. Les pires pensées envahirent alors son esprit. Peut-être qu'elle aussi s'était faite attrapée par les cartes ! Si c'était le cas, alors Ventus demeurait son seul espoir d'échapper à la perte de sa tête. Et dire qu'il lui avait certifié qu'il avait un plan pour se sortir de cette mauvaise passe !
‑ Alors, quel est le motif du procès aujourd'hui ? demanda soudainement une voix grave qui sortit le rouquin de ses pensées.
Levant les yeux devant lui, Lea remarqua que sur l'estrade la plus haute venait de prendre place une affreuse et grossière dame. Sur sa chevelure ténébreuse était posé une ridicule petite couronne dorée, signe de sa supériorité.
Le Porteur de Keyblade se retint de pouffer de rire. Alors c'était ça, la souveraine du Pays des Merveilles ?! Dire qu'il s'attendait à trouver une femme incroyablement belle et séduisante, avec des jolies formes et irrésistible. Pas cette espèce de bibendum !
Cependant, il n'avait pas encore remarqué la personne aux côtés de la reine. Pas très âgé, cheveux blonds en pics, un regard océan complètement paniqué.
‑ Ven ?! s'écria le jeune homme en reconnaissant son ami.
Il posa une main sur son front tout en baissant la tête, l'air blasé. Mais qu'est-ce qu'il avait manqué encore ?
‑ Je peux savoir ce que tu fiches ici ?! cria Lea pour se faire entendre.
Ventus ouvrit la bouche pour répondre, mais la reine le devança et attaqua la première :
‑ SILENCE ! L'accusé a défense de parler à mon fiancé !
Le rouquin ouvrit les yeux telles des soucoupes, tandis que le jeune garçon en haut devenait rouge pivoine. Son fiancé ? Lea faisait un effort surhumain pour ne pas éclater dans un fou-rire incontrôlable. Jamais on ne lui avait fait une blague aussi drôle ! « Mon pauvre Ven, se dit-il, j'aimerais pas être à ta place ! »
‑ Maintenant mon chéri, tu vas rester sagement silencieux jusqu'à la fin de la séance, tu veux bien ?
Ne lui laissant visiblement pas le choix, l'affreuse souveraine s'empressa de soulever sa couronne pour en découvrir ce qui ressemblait fortement à un gros scotch. Elle en découpa férocement un bout qu'elle plaqua sur la bouche du blond, qui ne semblait visiblement pas avoir le choix. De plus, celui-ci n'avait aucun moyen de lui résister, puisque ses mains étaient reliées derrière le dos de son petit trône de roi. Le jeune garçon baissa les yeux, évitant de croiser le regard de son ami en bas, trouvant déjà sa situation fort embarrassante.
‑ Bon, reprenons.
La reine de cœur posa son regard dédaigneux sur Lea toujours à la barre. Elle fronça les sourcils.
‑ Dois-je réellement faire la leçon à un insecte ? Je vais l'écraser moi-même sous mes royaux souliers !
Le rouquin ne savait pas vraiment ce qui était le pire dans cette histoire. Avoir la tête coupée ? Se retrouver fiancé à quelqu'un d'affreusement laid ? Ou se faire piétiner à cause de sa petite taille ? Refaire à l'infini le combat final face à Xehanort lui semblait être la meilleure des options, bien qu'il ait failli mourir plus d'une fois !
Tout à coup, un mouvement de panique agita les cartes qui encerclaient la petite estrade sur laquelle était perché Lea. Fronçant les sourcils et désireux de comprendre ce qu'il se passait, il se retourna.
‑ Que se passe-t-il encore ?! s'écria la souveraine depuis son perchoir.
‑ Des monstres, ma reine !
Profitant de l'inattention des soldats, l'ancien numéro VIII sauta à terre et parvint à sa faufiler entre leurs pieds. Il remarqua alors de quels sortes de monstres il s'agissait : des Nescients ! Sans doute que les ondes négatives de la reine avaient poussées ces créatures ténébreuses jusqu'ici.
‑ Laissez-moi faire, je m'en charge ! s'écria héroïquement une voix de fille.
Déboula soudainement entre les cartes une adolescente que le jeune homme connaissait parfaitement. Appel du Destin entre ses doigts de Princesse, elle l'asséna sans aucune retenue sur ses adversaires, les décimant tour à tour. Seulement, à chaque fois que l'un était anéanti, d'autres faisaient immédiatement surface. Ce combat semblait interminable !
‑ Kairi ! appela Lea espérant se faire entendre malgré sa petite taille.
Seulement, l'auburn semblait absorbée par son combat et ne le remarquait pas, même s'il faisait de grands gestes. En vain visiblement.
Lea, remarquant que les subalternes de la reine aidaient son amie face aux Nescients, préféra reporter son regard dans la direction de Ven. Il vit alors l'affreuse reine aux prises avec une petite créature. Celle-ci se contentait uniquement de la fixer. Elle ne semblait pas bien décidée à vouloir lui faire un quelconque mal, ce qui étonna fortement le meilleur ami de Roxas et Xion. Cependant, la grosse dame était une peureuse. Elle prit ses jambes à son cou et dévala à la vitesse de la lumière les escaliers de bois qui permettaient de monter et descendre de l'estrade. Le Nescient, apparemment attiré par cette vieille truie, s'enquit de la poursuivre.
Le rouquin profita de cette occasion pour aller sauver Ventus, toujours attaché sur sa chaise.
La montée des marches fut rude à cause de sa petite taille, mais il parvint tout de même à bout de son ascension sans être trop épuisé. Une fois sur l'estrade, il se glissa entre les pieds de Ventus pour atteindre le dos de la chaise. Voyant enfin le double nœud de l'épaisse corde qui entravait les mouvements du blond, Lea fit apparaître sa Keyblade entre ses doigts. Malgré sa petite taille, il parvint à asséner un coup aux liens, sans grand résultat cependant. La corde semblait solide. Réagissant au quart de tour, l'homme à la chevelure de feu créa un micro sort de Brasier dans l'espoir que cela aurait plus d'effet. Le nœud de la corde fut la seule chose qui prit feu, mais cela permit de briser les liens. Ven retrouva enfin l'usage de ses poignets. Le jeune garçon en profita pour arracher d'un coup sec le bout de scotch sur sa bouche. Il avala un grand bol d'air frais.
Lea s'agrippa au pantalon gris bouffant de son compagnon de voyage et ainsi monter sur ses genoux pour qu'il puisse le remarquer.
‑ Merci Lea, je sais pas ce que j'aurais fait sans toi… !
‑ Oh, bah sans moi, tu serais en train d'épouser la reine des vaches, et vous auriez fait des petits bébés, et puis…
‑ C'est bon, c'est bon ! Arrête-toi ici ! demanda Ven avec un rire plus que gêné.
Une image de lui en costard et nœud papillon devant un autel – face à un prêtre qui n'était autre que Lea lui-même – dans les bras graisseux de la reine de cœur lui traversa l'esprit. Un frisson de dégoût parcourut son échine. Oui, le blondinet avait vraiment évité le pire !
‑ Bon, plus sérieusement, reprit le rouquin. Est-ce que tu saurais comment je pourrais reprendre ma taille normale ?!
Ven prit son menton entre son pouce et son index et leva ses iris océan vers le plafond. Il se rappela soudainement le biscuit qu'il transportait dans sa poche depuis sa chute dans les bois à causes des drôles de canards klaxons. Le jeune garçon le sortit et le tendit à son ami.
‑ Essaie ça.
‑ Un gâteau ? s'étonna Lea en levant un sourcil. J'ai pas dit que j'avais faim, juste que je voulais grandir !
Ventus roula les yeux puis lui expliqua sa théorie : chaque aliment dans ce monde possédait une conséquence sur la taille d'autrui. Soit il nous faisait grandir, soit il nous faisait rétrécir. Le meilleur ami de Terra et Aqua se basa pour cela de sa propre expérience dans ce monde pour confirmer ses dires.
‑ J'ai pas tout bien compris, en conclu le rouquin, mais je te fais confiance.
Le forme humaine d'Axel croqua un unique bout du biscuit. Aussitôt, son corps se mit à grandir. Il retrouva bien vite sa taille habituelle, et il en fut ravi !
Assit sur les genoux de Ventus, Lea lui tapota gentiment l'épaule en lui promettant une glace à l'eau de mer une fois rentrés pour le remercier.
‑ J'accepte volontiers l'offre, mais descend de mes jambes d'abord !
Remarquant enfin dans quelle position ils se trouvaient, l'ancien numéro VIII se gratta l'arrière de la tête en souriant de toutes ses dents.
‑ Oups !
D'un bond, le rouquin se remit sur ses deux pieds. Fronçant les sourcils, le jeune homme remarqua l'étendue des dégâts, là en bas. Plusieurs cartes-soldats étaient étendues sur le sol, sans doute inconscientes ou voire pire, mortes. Les Nescients affluaient de toutes parts, se ruant sur les soldats qui osaient encore leur faire affront. Kairi, quand à elle, se retrouvait prise au piège entre une haute haie et une bande de Balourds selon les dires de Ven. Un genou au sol, l'auburn semblait mal en point.
‑ Il faut qu'on aille l'aider ! s'emporta le blondinet.
Le jeune garçon matérialisa entre ses doigts Brise Légère et s'apprêta à sauter tête la première dans le combat, lorsque Lea tendit un bras pour le retenir.
‑ Lea ?! Mais qu'est-ce qui te prends ?
Une expression toujours aussi sérieuse sur le visage, le rouquin avala d'une traite le biscuit qu'il avait dans les mains. Son corps se mit soudainement à grandir, jusqu'à ce que sa tête atteigne le plafond.
Le Porteur de Keyblade baissa sa main pour permettre à Ven de montrer dans le creux de sa paume.
Écarquillant légèrement les yeux, le blondinet comprit ce que son ami avait en tête. Il dématérialisa son arme mystique puis grimpa dans la paume du rouquin. Celui-ci le monta ensuite au niveau d'une poche de sa veste en cuir. Ven s'y réfugia pour obtenir plus de sécurité. Il fut assez étonné de trouver l'endroit fort confortable et douillet.
A l'aide de deux ridicules enjambées, Lea parvint à écraser bon nombre de Nescients. Il atteignit rapidement l'endroit où Kairi était encerclée. Le genou toujours à terre, la jeune fille haletait. Son corps était recouvert d'ecchymoses et de griffures en tous genres. Dans un geste vain, l'auburn posa une main contre son cœur et ferma les paupières, murmurant quelque chose d'inaudible que les deux garçons ne pouvaient entendre à cause de la distance. Une faible lueur entoura le corps de la Princesse, mais celle-ci disparue bien assez tôt.
‑ SOIN ! hurla tout à coup Ventus, une main levée vers le ciel.
Il avait comprit l'urgence de la situation et avait ainsi agit immédiatement.
Une douce lumière verdâtre recouvrit le corps de Kairi. La jeune fille leva soudainement les yeux vers le ciel. Ceux-ci débordaient d'énergie, contrairement à quelques secondes plus tôt, ce qui en soit était fort rassurant.
Elle ouvrit grand les paupières en notant l'immense taille de Lea, ainsi que Ven lové dans une de ses poches.
‑ Les amis ! s'écria-t-elle, un sourire radieux éclairant son joli minois. Merci du coup de main !
Le rouquin tendit une main vers Kairi et l'invita à l'instar de Ventus à s'y réfugier. La jeune fille ne refusa pas l'offre, et vint rejoindre le blondinet dans la poche de la veste noire.
‑ Et maintenant, déclara Lea, direction le Vaisseau !
Sans vraiment savoir vers où ce dernier se trouvait, le jeune homme décida de foncer toujours tout droit, et de voir où ses pas le mèneraient. De toute façon, il était devenu un géant, et par conséquent quasiment invulnérable.
Lea se hâta tête la première contre l'une des parois de ce qui semblait être la boîte en carton dans laquelle ils se trouvaient. Le mur ne résista pas au choc soudain. Le géant ne freina pas sa course et reprit son chemin, toujours le regard rivé vers l'horizon.
‑ MON FIANCE ! tonna soudainement une voix derrière eux. RATTRAPEZ-MOI CES MÉCRÉANTS, QU'ILS SOIENT JUGES POUR L'ENLÈVEMENT DE MON ROI !
Kairi, intriguée par ces drôles de paroles, s'agrippa aux plis du vêtement pour se hisser sur l'épaule du rouquin. Ven, quand à lui, cacha son visage cramoisi sous ses mains, honteux.
La jeune fille remarqua avec étonnement que les cartes les suivaient à la trace, mais surtout qu'ils arrivaient à suivre la cadence ! Courrait à leurs côtés l'affreuse reine avec qui elle avait vu Ventus tout à l'heure.
‑ Lea, je te conseille d'accélérer un tout petit peu la vitesse ; on est pourchassés !
L'auburn se laissa glisser jusque dans la poche.
‑ Son fiancé ? Enlèvement ? Mais de quoi elle parle ?
Elle fronça ses sourcils auburn en remarquant l'étrange attitude de son ami.
‑ Ventus ? s'inquiéta-t-elle. Est-ce que tout va bien ?
L'ancien numéro VIII, qui avait légèrement prit en vitesse, se mit à rire.
‑ Vous m'expliquez ce qu'il se passe ?
‑ Non, non ! Vraiment, c'est rien d'important ! s'emporta légèrement Ven, qui devenait toujours de plus en plus rouge.
Souhaitant effacer toute trace de son existence, le jeune garçon se replia sur lui même et se terra au fin fond de la poche.
Intriguée par ce changement soudain de comportement, la jeune Porteuse de Keyblade s'accroupit à ses côtés. Elle lui sourit de la façon la plus chaleureuse possible et posa une main rassurante sur son épaule tremblante.
‑ Promet-moi de tout m'expliquer une fois au Vaisseau, d'accord ?
Le blondinet se contenta de hocher affirmativement la tête, mais aucun son si ce n'était des gémissements plaintifs franchirent la barrière de ses lèvres.
Tout à coup, une drôle de secousse les firent tous deux perdre l'équilibre. Levant les yeux vers le ciel, les adolescents eurent l'impression que leur petit cocon venait de rétrécir. Nouvelle secousse, plus violente celle-ci.
Inquiet par l'état de Lea, Ven se mit sur la pointe des pieds pour entrapercevoir ce qu'il se passait dehors. Le jeune garçon dû s'accrocher aux plis de la poche pour ne pas tomber à cause d'un autre tremblement. Peut-être s'agissait-il de son imagination, mais il lui semblait que le ciel s'éloignait, et qu'à l'inverse le sol se rapprochait.
‑ Je suis en train de rétrécir ! cria le rouquin à l'intention de ses deux amis dans sa poche. Sautez ! Vite !
Réagissant immédiatement, Ventus tendit sa main vers Kairi, lui donnant l'ordre de la saisir.
‑ J'ai pas le temps de t'expliquer, on doit sauter !
‑ Pardon… ?!
Réfléchissant à la vitesse de la lumière, le blondinet prit la jeune fille dans ses bras comme la Princesse qu'elle était, puis bondit en dehors de la poche. Ils filèrent vers le sol à une vitesse fulgurante ; peut-être ne survivraient-ils pas à une telle chute !
‑ GLACIER X ! s'écria Kairi en réagissant instantanément face au danger imminent.
Une piste de glace se créa dans l'herbe, permettant à Ventus d'y glisser à son aise, comme s'il se trouvait sur une piste de patinoire.
Au loin se dessinait, fier et impassible, le Vaisseau Gummi. Les deux Porteurs redoublèrent d'efforts pour parvenir au cockpit le plus rapidement possible, voulant être en sécurité derrière les parois de fer. Ils furent bien assez tôt rejoints par Lea qui avait déjà reprit sa taille humaine. Les deux adolescents avaient sautés de la poche à temps !
Derrière eux, les cris de la reine de cœur déchiraient toujours le calme apparent des plaines fleuries.
Ensemble, ils rejoignirent la cabine principale du Vaisseau. Kairi se rua sur le tableau de commandes, appuyant à de nombreuses reprises sur le bouton rouge pour faire décoller l'appareil.
‑ Fais attention ! prévint l'ancien numéro VIII. Tu pourrais le casser !
Le navire se mit à vrombir, puis à trembler. Bientôt, le Vaisseau se souleva du sol, et il s'envola majestueusement dans les cieux à la recherche de son prochain monde.
