Vivre dans le Passé :

Résumé : Xehanort n'est plus. Cependant, les porteurs de Keyblades ont toujours pour objectif de protéger la Lumière des Ténèbres. Et pour cela, ils suivent tous un entraînement intensif à la Contrée du Départ. Entre deux leçons, Roxas va faire la découverte d'un livre étrange qui va le transporter lui, ainsi que deux de ses amis, dans un autre monde dont il ne sera pas facile d'en sortir ... /!\ L'histoire se passe après Kingdom Hearts III qui est, comme vous le savez, à peine sortit (bah ouais fallait la changer cette phrase du coup XD). Ceci étant une fanfiction est une suite incohérente ^^' /!\

Raiting : K+

Note 1 : Cela faisait longtemps que j'avais l'idée. Donc si les idées vous paraissent un peu gamines, c'est normal ^^'

Note 2 : Ventus vous a fait rire lors du précédent chapitre ? Eh, cette fois-ci, il risque de vous faire pleurer T.T Personnellement, j'ai pleuré en écrivant le dit passage, mais pas quand je me suis relue ! XD

Note 3 : Bonne lecture :D


Chapitre 21 :

Souvenir

Depuis le combat contre l'Hydre, le groupe dirigé par Terra n'avait plus rencontré aucun problème jusqu'à ce qu'ils atteignent les remparts du Domaine Enchanté. Oh, bien sûr, Ventus refusait d'adresser la parole à Aqua car il la trouvait inutile, et Terra la draguait constamment. La jeune femme en vint même à regretter de ne pas être partie avec Kairi. Certes, leurs idées à toutes deux divergeaient et sans doute se seraient-elles insultées trois fois en échangeant à peine deux phrases, mais elle préférait cela à un homme lourd et un adolescent vaniteux. C'était d'ailleurs à se demander si, dans ce monde, ce n'était pas Vanitas qui occupait la part la plus importante du cœur du blondinet.

Face aux remparts, Aqua se sentait ridiculement petite. Ceux-ci faisaient bien plus d'une cinquantaine de mètres de haut, ce qui empêchait de voir la ville qui s'y cachait derrière. Sur les murs et la grande porte de bois zigzaguaient plusieurs ronces aux épines acérées, qui faisaient office de barrière infranchissable. La bleue se promit de ne surtout pas y toucher.

Tout autour des remparts gargantuesques se trouvait une large rivière qui empêchait l'accès à la ville. D'ordinaire, un pont levis devait être abaissé pour permettre d'atteindre la cité, mais celui-ci semblait manifestement relevé et bloquait ainsi tout accès direct.

‑ Comment va-t-on entrer ? questionna Aqua à ses deux compagnons de voyage.

Ceux-ci haussèrent les épaules. La magicienne soupira. C'était bien beau de vouloir prendre d'assaut la reine directement dans sa forteresse et ainsi libérer Naminé, mais comment pouvaient-ils faire s'ils ne possédaient aucun plan pour entrer ne serait-ce que dans la ville ?!

‑ Faisons le tour, peut-être trouverons-nous un passage, suggéra Terra.

Sans même se concerter avant sur la véracité de ce plan, les deux rebelles partirent tous deux d'un côté, laissant Aqua seule face à la rivière. La jeune femme regarda autour d'elle, se demandant bien en quoi elle pouvait être utile. A part attendre qu'ils reviennent de leur ronde, elle n'avait rien à faire.

Levant les yeux vers le haut des remparts, la Maître de la Keyblade eut alors une idée.

Prenant appui sur son pied droit, Aqua s'éleva une première fois dans les airs, dans le but d'atteindre le petit bout de terre sur l'autre rive, entre le fossé et la gigantesque muraille. Une fois arrivée, la jeune femme réitéra l'opération, mais effectua cette fois-ci un double saut pour se propulser encore plus haut. Ce n'était toujours pas suffisant pour atteindre directement le haut du mur, mais la bleue parvint tout de même à s'accrocher sur le bord du sommet du rempart. Là, elle s'appuya sur ses deux mains pour se hisser tout en haut et ainsi apprécier la vue qui s'offrait à elle. Une véritable scène de désolation. Les rues semblaient incroyablement vides. Il n'y avait pas un chat. Les maisons, toutes de bois, étaient pour la plupart complètement délabrées, voire brûlées pour certaines. De hautes herbes avaient poussées dans les jardins et les parterres sans aucun doute autrefois fleuris.

Aqua porta une main à son cœur. Comment une reine pouvait-elle laisser sa propre ville dans cet état-là ? Une pensée l'envahie : et s'ils s'étaient trompées ? Kairi avait affirmée que la reine se terrait ici, mais comment pouvait-elle en être aussi sûre ? Cette cité semblait bien plus abandonnée qu'habitée.

‑ Comment t'es arrivée jusqu'ici ?! s'écria tout à coup une voix en dessous.

La magicienne baissa les yeux pour voir Ventus et Terra toujours bloqués sur l'autre rive.

‑ J'ai sauté, répondit-elle simplement.

Le brun siffla devant tant de prouesse tandis que l'adolescent se contenta de ruminer quelque chose dans sa barbe.

‑ Écoute, reprit le blond, nous on a trouvé une entrée sous la rivière, on pense qu'elle mène directement dans la cité. On a qu'à se séparer et se retrouver sur la place centrale.

Aqua opina du chef. Se séparer de ces deux-là lui semblait être la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis son arrivée dans ce monde !

La jeune femme regarda les deux rebelles plonger en même temps dans l'eau avant de s'enfoncer dans les profondeurs et que leurs reflets ne s'effacent de la surface.

La meilleure amie de Terra et Ventus se tourna de nouveau vers la ville. Baissant les yeux vers le bas, elle se mordilla la lèvre inférieure. Si elle sautait pour atteindre les pavés en dessous, sans doute s'en sortirait-elle avec au minimum les deux jambes foulées. Comment pouvait-elle bien faire pour descendre sans dommages ? Regardant tout autour d'elle pour dénicher une solution, rien ne lui apparut convenable. Pas même un escalier ou une tourelle ne permettait de rejoindre le bas. La seule option qui s'offrait à elle était de se laisser tomber puis d'invoquer une barrière magique une fois un peu trop proche du sol pour limiter les dégâts.

‑ Je crois que je n'ai pas vraiment d'autres solutions…, marmonna-t-elle pour elle-même.

Déterminée, Aqua plongea dans le vide. Son corps descendait à une vitesse fulgurante vers le sol, se dirigeant un peu trop vite à son goût vers les pavés. Il ne lui avait fallu qu'à peine cinq secondes pour créer une barrière autour de son corps, à seulement une dizaine de mètres au dessus du sol.

Bras vers l'avant, la jeune femme créa une bulle invisible tout autour de son corps, ce qui eut pour effet de ralentir immédiatement sa chute, se stoppant net. Deux secondes plus tard, le sort perdit en intensité. Aqua se pencha vers l'avant, bras tendu, puis atterrit sur les pavés avec une roulade artistique. Puis elle se releva, le dos bien droit.

La jeune femme regarda les maisons tout autour d'elle. De plus près, tout lui paraissait encore plus calme et sinistre. Ce silence… Il n'était pas normal. La ville où résidait la reine devrait être animée, avec la population vagabondant sur les grandes places, les soldats surveillant les moindres petits coins de rues. Cette cité semblait sans vie, inanimée. Comme vidée de tous ses habitants.

‑ Mais puisque je te dis que c'est la vérité ! affirma soudain une voix au loin.

Deux silhouettes commençaient à avancer dans sa direction, à l'autre bout de la rue. Au fur et à mesure qu'ils effectuaient un pas, leurs ombres se faisaient plus grandes.

Pensant qu'il s'agissait peut-être de gardes, Aqua eut le bonne idée de se réfugier derrière un tonneau séparant deux petites maisons modestes.

‑ Pourquoi tu ne me crois pas ?! continua de brailler la voix entendue plus tôt.

La jeune femme passa la tête par-dessus le tonneau pour voir qui discutaient. Il s'agissait de deux hommes en armures noires, ils avaient leurs casques sur la tête, ce qui l'empêchait de voir leurs visages. En tout cas, la magicienne savait qu'il s'agissait des soldats de la reine. Leur accoutrement ne faisait que l'en dissuader.

‑ Hé, mais tu m'écoutes au moins ?

L'un des deux hommes s'était arrêté juste devant la cachette de la Maître de la Keyblade. Elle baissa un peu la tête, de peur de se faire remarquer.

Le deuxième s'arrêta aussi, mais un peu plus loin. Il lui tournait le dos.

‑ Au lieu de me raconter tes histoires ridicules, tu ferais mieux de te remettre au travail.

‑ Ce ne sont pas des histoires ridicules ! Je l'ai vu faire ! C'est lui qui nous a tous ramené ici !

L'autre soupira, sans doute parce qu'il se fichait pas mal de ce qu'il pouvait bien lui raconter. Il se tourna vers lui, et enleva son casque. Aqua écarquilla les yeux en remarquant qu'il ne s'agissait pas d'un homme, mais bel et bien d'une femme ! Celle-ci lançait un regard foudroyant à son compagnon d'arme. Ses cheveux blonds coiffés vers l'arrière lui donnait un air incroyablement sévère et autoritaire.

‑ Concentre-toi sur la mission, lui rappela-t-elle. La reine dit que ces satanés rebelles seront ici d'une minute à l'autre, nous n'avons pas le droit à l'erreur. On les trouve, on les tue.

La bleue ravala sa salive. S'ils la trouvaient, là, juste derrière ce tonneau, à les espionner, elle ne donnerait pas cher de sa peau !

Le deuxième soldat noir enleva à son tour son casque. Il s'agissait d'un jeune homme d'un vingtaine d'années, inconnu aux yeux d'Aqua. Un sourire sadique était dessiné sur son visage.

‑ Ils n'auront qu'à bien se tenir. Je rêve d'une revanche avec ce petit morveux et sa plume ridicule.

La femme soldat leva les yeux au ciel, l'air lassée. Elle posa un pied sur le pavé, lorsqu'elle s'arrêta soudainement. Elle tourna lentement la tête vers son camarade, les yeux plissés. Le jeune homme leva un sourcil. Il se posa les mains sur ses hanches et se pencha vers l'avant.

‑ Quoi, Larxène ? J'ai quelque chose sur le visage ? demanda le soldat noir d'une voix qui se voulait dure.

Aqua fronça les sourcils. Sora lui avait déjà parlé d'une Larxène, elle faisait partie d'un des réceptacles de Xehanort. D'après lui, c'était une véritable langue de vipère, en plus d'être un démon. Cette version-là ne semblait pas bien différente.

‑ Demyx, répète ce que tu viens de dire, ordonna-t-elle rudement.

Encore un autre réceptacle du Chercheur des Ténèbres. De ce qu'elle se souvenait, Demyx aimait la musque et ne se séparait pour ainsi dire jamais de son instrument favori, son sitar. De plus, Sora lui avait également dit qu'il était le pire fainéant que les mondes puissent connaître. En somme, il n'avait rien à voir avec le Demyx de ce monde.

‑ Parce que tu m'écoutes maintenant ? releva le soldat en arquant un sourcil. Si tu y tiens tant. J'ai dit que j'allais dégommer ce petit morveux avec sa plume ridicule !

La bleue posa ses deux mains sur sa bouche, pour l'empêcher de lâcher un cri qui trahirait sa position. Il parlait bien de Roxas ? Un jeune garçon avec une plume… Qui d'autre ce pourrait être ? A moins qu'il ne s'agisse d'une coïncidence, et que quelqu'un d'autre aimait se promener avec une plume ? Aqua n'en était pas vraiment convaincue.

‑ Espèce d'inconscient ! s'écria soudainement Larxène.

Demyx recula d'un pas, étonné par le changement de ton soudain de sa camarade.

‑ La reine le veut vivant celui-ci, il n'est pas question de le tuer !

La jeune femme remit son casque noir sur sa tête.

‑ Du moins, pas maintenant.

Le blond fronça les sourcils. Aqua en fit de même. S'il s'agissait vraiment de Roxas, pourquoi la souveraine maléfique s'occupait tellement de lui ? Et comment avait-elle pris connaissance de son existence ?

‑ Pourquoi elle s'intéresserait à ce gamin ? La seule chose qu'il sait faire c'est des tours de passe-passe avec sa plume et crois-moi c'est absolument… Oh !

Sous son casque, la blonde soupira.

‑ Tu comprends mieux maintenant, idiot ?

Demyx prit son menton entre son doigt et l'index et baissa la tête, l'air pensif.

‑ Avec un tel pouvoir en sa possession, la reine deviendrait plus que surpuissante. Comme… immortelle.

Larxène continua sa route sans même attendre son camarade.

‑ Tu pourrais m'attendre tout de même, grommela-t-il entre ses dents.

Le soldat noir remit son casque sur la tête puis lui emboîta le pas avec un rythme lent.

La Maître de la Keyblade attendit de ne plus entendre le bruit de leurs bottes de fer sur le pavé pour sortir de sa cachette. La reine en avait donc bien après Roxas. Mais pourquoi ? Comment avait-elle pris connaissance de son existence ? Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui vouloir ?

Aqua se dit qu'elle devrait peut-être suivre Larxène et Demyx pour en apprendre un peu plus, mais elle ne devait pas oublier sa mission d'origine.

Levant les yeux vers le ciel, la jeune femme remarqua deux tourelles noirâtres se distinguer au delà des toitures de la cité. Elle s'avança dans leur direction, le reste du groupe risquait d'arriver d'un moment à un autre.


Les remparts commençaient à se dessiner à l'horizon. A chaque fois que Roxas donnait un coup de rame – c'était son tour cette fois-ci – plus les rebelles s'approchaient dangereusement de la cité où résidait principalement Xion. Les murs étaient tellement hauts qu'il était impossible de voir ce qu'elles renfermaient. Cependant, deux immenses tourelles noires arrivaient à dépasser la haute muraille.

‑ Naminé doit être dans l'une de ses tours, affirma Kairi, les sourcils froncés par la concentration.

Riku ainsi que le Simili de son meilleur ami levèrent tous deux les yeux vers les deux tours. Ils les fixèrent quelques secondes, estomaquées. Cette noirceur… On aurait dit que les Ténèbres les y avaient recouvertes.

‑ Stop, arrête-toi là, ordonna soudain l'auburn.

Roxas ne se le fit pas dire deux fois et lâcha les deux rames. Cela devait faire plus d'une heure qu'il ramait sans interruption et les muscles de ses bras commençaient à prendre feu.

L'argenté lança un regard noir à Kairi, ne semblant pas vraiment d'accord avec sa décision.

‑ Pourquoi on s'arrête ? demanda-t-il avec un brin de voix qui se voulait dur.

‑ On ne peut pas débarquer au port comme ça, expliqua la jeune fille. Avec nos armes, ils sauront immédiatement qui nous sommes, et penseront que nous sommes ici pour assassiner leur reine.

‑ Ne soit pas si parano, releva Riku.

L'auburn haussa les épaules, indifférente à l'insulte que venait de lui lancer le jeune Maître de la Keyblade.

‑ Tu ne connais pas les soldats, noir. Moi, si.

Riku se leva, complètement hors de lui, ce qui fit tanguer une nouvelle fois la barque. Au grand désarroi de Roxas, qui dû s'accrocher une fois de plus sur les bords pour ne pas se retrouver à l'eau une troisième fois.

‑ Arrête de te prendre supérieure à tout le monde ! Ce n'est pas parce que tu es une princesse perdue ou je ne sais pas trop quoi que cela fait de toi une personne extraordinaire ! Tu as juste eu la chance de naître dans la bonne famille, cela ne fait pas de toi un être humain supérieur à un autre !

Le blond ne disait rien, mais il approuvait les paroles de Riku en silence.

‑ De plus, continua l'argenté, chercher à recréer le Kingdom Hearts ne fait qu'aggraver ton cas. Pour une fin personnelle en plus, c'est d'autant plus ridicule.

Au départ, Kairi s'était contentée de l'écouter en levant un sourcil, les bras croisées sur la poitrine. Seulement, plus Riku parlait, plus une profonde colère naissait dans le fond de son cœur. Hors d'elle à son tour, elle se leva brusquement, manquant de renverser Roxas à l'eau pour la troisième fois de la journée.

‑ Je ne me prends pas pour quelqu'un de supérieur, je me prends juste pour la cheffe d'une rébellion ! Je suis la seule qui ait incité les gens à se lever contre une reine immonde et cruelle qui les oppressait de plus en plus chaque jour. Ces personnes m'écoutaient, croyaient en moi, ils me suivaient ! Jamais ils ne m'ont considérées comme supérieure, mais comme un rêve, un idéal à poursuivre !

‑ A quoi bon ?! s'emporta Riku. Regarde autour de toi : il ne te reste presque plus personne ! Tous ceux qui croyaient en toi sont morts ! Tout ce que tu sais faire, c'est mener les gens vers l'échafaud ! En te suivant, c'est comme courir les bras tendu vers la mort ! Cette mission, sauver Naminé, c'est encore pour ton plaisir personnel ! Tu ne penses qu'à toi, sans te soucier de ce que peuvent ressentir tes camarades. Penses à Sora. Crois-tu réellement que c'est ce qu'il souhaite ? Te voir mener une lutte où le seul point d'arrivée sera la mort ?

Kairi leva le poing, comme pour l'asséner sur la figure de l'argenté, mais une flèche vint soudain se ficher entre les deux jeunes gens qui se faisaient face. Levant les yeux vers les remparts, les trois rebelles découvrirent avec étonnement que des soldats noirs s'étaient alignés en haut des murs, et qu'ils les visaient avec des flèches enflammées. D'ailleurs, celle qui venait de se planter dans la barque commençait à prendre feu. Leur embarcation deviendrait bien vite un véritable brasier s'ils ne réagissaient pas maintenant !

Sans prévenir, l'auburn poussa Riku vers l'arrière pour le faire tomber à l'eau. Celui-ci fut bien trop étonné par cette action inattendue pour pouvoir réagir. Puis la jeune fille plongea à son tour dans l'océan. Roxas la regardait faire, complètement sidéré. Mais qu'avait-elle en tête exactement ?!

‑ Saute, si tu ne veux pas être carbonisé ! lui ordonna Kairi.

Une flèche qui passa juste au dessus de la tête du Simili suffit à lui faire entendre raison. Sans vraiment réfléchir à son geste, le blond se retrouva la tête sous l'eau pour la troisième fois depuis le début de son voyage. Lorsqu'il retourna à la surface pour reprendre son souffle, Roxas remarqua avec étonnement que le nombre de soldats noirs sur les murailles avaient considérablement augmenté. De plus, leur barque avait complètement cédé face au brasier, et il n'en restait à présent que du bois carbonisé qui commençait à se dissoudre dans l'eau. Une seconde de plus à bord de l'embarcation aurait sans doute coûté la vie du blond.

‑ Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? s'impatienta Riku, le visage à moitié caché par ses cheveux trempés.

‑ Il y a un passage souterrain sous les remparts, indiqua Kairi. Ce sont plus des égouts qu'autre chose, mais on a pas vraiment d'autre choix.

Une autre flèche effleura la joue du Maître de la Keyblade, manquant de peu de le blesser. Il resta figé sur place, estomaqué par la chance incroyable qu'il venait d'avoir !

Roxas, qui se sentait légèrement à l'écart par rapport aux deux autres, nagea jusqu'à eux.

‑ Peu importe que ce soit des égouts, intervint le jeune garçon, temps qu'on est en sécurité.

Une énième flèche s'élança dans leur direction. Réagissant instantanément, Riku sortit son épée de son fourreau. Il donna un coup dans l'air qui sembla au premier abord vain, mais lorsque le cadavre d'une flèche coupée en deux tomba à la surface de l'eau, ses deux compagnons comprirent qu'il venait de la trancher. Roxas et Kairi écarquillèrent tous les deux les yeux, étonnés par sa dextérité impressionnante.

Cependant, lorsque les soldats envoyèrent tous ensemble une volée de flèches enflammées dans leur direction, les trois Porteurs de Keyblade se mirent d'accord pour nager à l'unisson vers les remparts de la cité.

‑ Attendez-moi ici, dit l'auburn.

‑ Pourquoi ? questionna Roxas.

‑ Je dois vérifier un truc.

‑ Comme si c'était le moment…, marmonna l'argenté dans sa barbe.

Kairi plongea tête la première dans un mouvement assez gracieux, avant de s'enfoncer plus profondément sous l'eau. En attendant son retour, Riku et Roxas se lançaient des regards timides, gênés de se retrouver uniquement tous les deux. Ils ne savaient que dire, et leurs iris se concentraient parfois inutilement vers l'horizon, chacun souhaitant briser ce silence sans vraiment savoir comment s'y prendre.

‑ Tu as toujours la plume ? questionna le Maître de la Keyblade pour briser la glace.

‑ Euh… Oui…

Roxas sortit de sa poche l'instrument doré et le fit tourner entre ses doigts, l'examinant sous toutes ses coutures. Elle rayonnait de nouveau d'une vive lumière.

Sans le lui demander, Riku s'en empara pour l'étudier à son tour.

‑ Elle ne brillait pas comme ça tout à l'heure, remarqua-t-il.

‑ Je ne sais pas vraiment comment elle marche, mais je sais qu'elle brillait avec la même intensité au moment où j'ai renvoyé tous les soldats noirs auprès de la reine. Enfin, auprès de Xion…

Le jeune garçon baissa la tête, attristé. Comment ses deux meilleurs amis pouvaient-ils être du mauvais camp ? Surtout Xion… Lui qui la connaissait comme une personne extrêmement gentille, évitant le conflit dès qu'elle en avait l'occasion. Comment pouvait-elle être une souveraine assoiffée de vengeance dans ce monde-ci ? C'était comme si tout marchait à l'envers.

‑ Tu devrais la garder précieusement, conseilla Riku en lui rendant sa plume. Si elle a vraiment le pouvoir de changer le destin de ce monde comme tu le prétends, alors ne laisse personne n'y mettre la main dessus. On pourrait aussi essayer de se servir de toi.

Roxas la reprit et la fixa un instant, pensif.

‑ Tu penses à quelqu'un en particulier, dit le Simili, sûr de lui.

Riku hocha la tête affirmativement.

‑ Kairi, ça me semble évident. Mais peut-être que d'autres finiront par être au courant. Mais comme l'a relevé Aqua avant de partir, ta plume serait une autre alternative au Kingdom Hearts, seulement…

‑ Faire revenir Sora changerait radicalement la Destinée de ce monde. S'il est mort, c'est qu'il devait en être ainsi.

L'argenté croisa les bras sur son torse, l'air grave.

‑ Exactement. Cependant, si le Destin veut que Sora revienne à la vie grâce au Kingdom Hearts, alors tu pourrais tout aussi bien le ramener par tes propres moyens. C'est une sorte de cercle vicieux.

Contre toute attente, Kairi sortit la tête de l'eau, essoufflée. Elle semblait heureuse de remplir de nouveau ses poumons par de l'air frais.

‑ C'est bon, annonça-t-elle après avoir retrouvé la totalité de son souffle. J'ai ouvert la grille qui nous empêchait d'entrer dans les souterrains.

L'auburn allait plonger de nouveau, mais elle ajouta avant cela :

‑ Prenez un grand bol d'air, l'ascension est plutôt longue.


Terra et Ventus erraient dans les souterrains qu'ils avaient trouvé sous la muraille depuis une petite demi-heure déjà. Cette endroit était humide et dégageait une odeur nauséabonde. Plus des égouts qu'un souterrain, en somme.

‑ J'espère qu'Aqua va bien, s'inquiéta le brun en évitant de marcher sur la queue d'un gros rat qui courait entre ses pieds.

Devant lui, le blond faisait mine de ne rien avoir entendu.

‑ Après tout, je viens à peine de la retrouver, je n'ai pas envie de la perdre une nouvelle fois, continua le jeune homme.

Ven serra les poings, le regard toujours fixé devant lui, essayant tant bien que mal de ne pas faire attention à ce que disait son camarade.

‑ Mais j'ai l'impression que quelque chose à changé chez elle. Elle ne me regarde plus comme avant. C'est comme si elle était une personne différente.

Le jeune garçon leva les yeux au ciel, semblant se ficher royalement de ce que Terra lui racontait. Ce dernier lui posa une main sur l'épaule, pour le stopper dans sa marche. Puis il lui agrippa les deux épaules cette fois-ci, et le regarda droit dans les yeux, paniqués.

‑ Attends, est-ce que tu penses qu'elle aurait rencontré un autre homme ?!

Cette fois-ci, s'en était trop pour Ventus. Il se dégagea sauvagement de la prise de son ami, et le fixa férocement de ses pupilles océan.

‑ Arrête de me parler de cette femme ! Depuis qu'on s'est séparés d'elle, tu n'as que son nom à la bouche ! Je me fiche de ta relation avec elle, tu sais très bien ce que j'en pense !

Ven se tourna pour reprendre son chemin. Il fit quelques pas, mais continua toujours sa tirade :

‑ Je ne peux pas me résoudre à lui faire confiance, et tu devrais en faire tout autant. Après tout, elle était à sa botte je te signale.

Terra haussa un sourcil, sidéré. Comment pouvait-il autant douter de sa bonne foi ? Elle les avait aidé à vaincre l'Hydre un peu plus tôt, elle ne pouvait pas être du côté des oppresseurs. Si la bleue était vraiment une personne mauvaise, elle aurait continué sa route en les laissant lâchement à leurs sorts.

Le brun alla pour répliquer et défendre la femme qu'il aimait, lorsqu'il entendit des pas précipités derrière lui. Faisant vivement volte-face, Terra remarqua avec affolement qu'un petit groupe de trois ou quatre soldats noirs se trouvaient derrière eux, fonçant tels des taureaux dans leur direction.

‑ Ven, je te conseille de courir.

Ce dernier, au lieu de l'écouter, se contenta de s'arrêter et de le fixer avec les sourcils froncés. Ce ne fut que quelques secondes plus tard qu'il remarqua les soldats noirs derrière lui qui arrivaient en trombe.

Réagissant immédiatement, Ventus écouta les conseils de son camarade et commença à courir un peu au hasard dans les dédales qu'étaient les égouts du Domaine Enchanté. Tantôt bifurquant à gauche, puis tournant soudainement à droite. Terra le suivait du mieux qu'il pouvait. Les soldats à l'arrière leur lançaient de temps en temps leurs armes, que les rebelles esquivaient avec une agilité époustouflante.

‑ A droite ! cria une énième fois le blond depuis le début de leur course poursuite.

Malheureusement, prendre cet embranchement-ci n'était peut-être pas un très bonne idée. Les deux compagnons se retrouvèrent bloqués dans ce qui ressemblait fortement à un cul-de-sac. Une grille de fer séparait le couloir en deux, empêchant d'aller plus loin.

Pris dans une impasse, Terra et Ventus furent encerclés par les soldats noires de Xion. Le chef de cette petite troupe, un grand homme à le carrure imposante et aux longs cheveux noirs, s'avança dans leur direction. Il brandit sa lance acérée sous le cou de Ven, essayant de l'intimider.

‑ Vous êtes faits comme des rats, misérables petits insectes.

Le blondinet lança un regard noir à son ennemi. Son cerveau fonctionnait à la vitesse de la lumière, analysant chaque recoin du couloir dans lequel ils se trouvaient coincés. Le jeune garçon cherchait un moyen de s'échapper. Mis à part le combat, aucun autre moyen ne lui apparut.

Décidé à en venir aux armes, Ventus sortit sans hésiter son épée à une vitesse fulgurante et croisa le fer avec la lance de son ennemi. Celui-ci ne sembla pas le moins du monde étonné, et un petit rire sournois lui échappa.

‑ Tu veux jouer au héros, petit ?

Le soldat noir abaissa sa lance pour la diviser en deux plus petites. Elles ressemblaient plus à de grandes épées désormais.

‑ Sache alors que tu vas avoir l'honneur d'être tué de la main de Xaldin, troisième Soldat Noir de sa majesté Xion.

‑ C'est ça, c'est ça, railla Ventus. Arrête ton charabia et viens te battre comme le grand guerrier que tu prétends être !

Ne se le faisant pas dire deux fois, son ennemi fondit sur le blond tel une furie plus qu'enragée. Il asséna un premier coup d'épée à son adversaire, mais le rebelle para l'attaque facilement avec le plat de sa propre arme. Seulement, il ne se rappelait plus de la présence de l'autre épée de Xaldin. Celui-ci essaya d'atteindre l'abdomen de Ven dans l'espoir de le blesser mortellement, mais Terra, réagissant instantanément, para à son tour la lame du soldat. Le noiraud grinça des dents. Il recula légèrement vers l'arrière, cherchant une nouvelle technique pour se débarrasser de ses deux adversaires en même temps.

‑ Monsieur, vous avez besoin d'aide ! intervint un soldat noir casqué derrière son supérieur.

‑ Non ! Grogna Xaldin. Ils sont à moi, c'est moi qui vais les tuer, de mes propres mains !

Agissant désormais sous le contrôle de la rage, le Troisième Soldat Noir de Xion fouilla dans son armure à la recherche de quelque chose. Sur leurs gardes, les deux rebelles serrèrent un peu plus leurs poignes sur leurs épées, se tenant prêts à réagir à n'importe qu'elle offensive. Xaldin sortit alors de sa côte de maille obsidienne uns sorte de grenade. Il arracha son capuchon avec les dents comme un malpropre, faisant retentir un petit « clic ». Le soldat noir le jeta sans ménagement sur leurs adversaires. Ceux-ci, sans doute par réflexes, mirent leurs bras devant leur visage pour se protéger d'un quelconque impact. Un nuage de fumée enveloppa alors toute la partie du couloir dans laquelle se trouvaient les deux rebelles.

Terra ouvrit lentement les yeux, mais ceux-ci se mirent immédiatement à le brûler intensément. Il n'y voyait plus rien. Le jeune homme sentit soudainement qu'un coup de poing dans l'estomac l'envoya valser contra la grille derrière lui. Semi-inconscient à cause du choc, le brun eut tout juste le temps d'entendre un « Désolé, mais je dois suivre les ordres » avant de sombrer dans l'inconscience.

Ventus tenta à son tour d'ouvrir les paupières, et tout comme Terra avant lui, ses yeux furent immédiatement touchés par l'écran de fumée. Instinctivement, il les referma aussitôt, dans l'espoir d'atténuer la douleur, mais cela ne sembla pas fonctionner pour autant.

Un bruit sourd et métallique pas très loin de lui le fit sursauter. Qu'est-ce qui pouvait bien se passer tout autour de lui ? Le jeune garçon mourait d'envie d'ouvrir les yeux pour examiner la situation, mais cette brume épaisse l'en empêchait.

Cependant, un calme inquiétant s'installa après cela. Plus aucun bruit ne lui parvenait. L'espace d'un instant, Ventus cru que son ouïe venait de disparaître pour une raison obscure.

Le blond se risqua alors à ouvrir les paupières. La fumée venait de se dissiper. Surpris, il jeta un rapide coup d'œil autour de lui. Ses yeux s'agrandirent en remarquant le corps inanimé de Terra au sol. Était-il… mort ?

Ven n'eut pas le temps de s'approcher assez de son ami pour vérifier son état de santé, quelque chose, ou plutôt quelqu'un, venait de fondre sur lui, le plaquant immédiatement au sol. Une épée posée dangereusement contre sa gorge et une autre juste au dessus de sa tête lui firent immédiatement comprendre qu'il se trouvait manifestement en très mauvaise posture. Xaldin avait le contrôle sur lui, et jouait désormais avec sa vie.

‑ Tiens, c'est étrange, releva le noiraud. Cette expression me dit quelque chose…

Un sourire sadique naquit sur ses lèvres gercées. Ventus fronça les sourcils, se débattant par la même occasion pour se défaire de l'emprise de Xaldin. Mais rien ne semblait y faire.

‑ Ta mère avait exactement le même regard, lorsque je l'ai assassinée, avoua-t-il froidement.

Ven se stoppa net. Les yeux écarquillés, il se mit à regarder dans le vide, comme hypnotisé par quelque chose. En l'occurrence un souvenir qu'il essayait d'enfouir au plus profond de son âme pour qu'il ne refasse plus jamais surface.

Le blond revoyait la scène distinctement, ressentait la lourde chaleur des flammes qui grignotaient peu à peu les murs de sa petite maisonnette. Recroquevillé sous le lit de ses parents, le petit Ventus tenait fermement ses mains plaquées contre sa bouche, ne laissant échapper aucun bruit. « Ne t'inquiètes pas mon ange, tu vas t'en sortir, lui assurait sa mère. Suis juste cette unique consigne : ne fais aucun bruit. Ne pleure pas, soit fort. Je t'aime, et papa aussi. Ne l'oublie jamais. » Ven revoyait sa mère lui lancer le plus beau sourire au monde : le sourire chaleureux d'une maman aimante pour son enfant adoré. La frêle silhouette de la seule femme qu'il a réellement aimé dans sa vie s'éloigna de sa cachette. Le blondinet ne vit pas toute la scène, mais les rares choses dont il se souvenait suffisait à l'emplir d'une douleur immense. Il revoyait clairement le sang gicler sur le sol, puis se répandre dans une large partie de la pièce. Un cri à glacer le sang retentit au même moment qu'un corps tomba au sol, inerte. Puis les yeux de Ventus firent connaissance avec les iris océan vides de sa mère. La bouche entrouverte de la femme indiquait qu'elle avait rendu son tout dernier cri avant de mourir, de la même manière qu'un enfant donnait son premier cri en venant au monde.

‑ Ma… Maman…, soupira Ventus, toujours plongé dans ses souvenirs.

Des larmes timides se formèrent aux coins de ses yeux. Elles tombèrent silencieusement au sol.

Sans le remarquer, Xaldin s'apprêtait à lui asséner le coup fatal.

‑ Ven, secoue toi ! cria la voix de Kairi au loin.

Sortant quelques temps de ses pensées, le blond remarqua avec étonnement que le temps venait de se figer. Décalant à peine la tête sur le côté, il remarqua la présence de sa cheffe derrière les soldats noirs, eux aussi figés par la magie du temps.

‑ Je ne suis pas vraiment doué pour les sorts aussi puissants, pressa Roxas aux côtés de l'auburn, alors vite, sors-toi de là !

Toujours à moitié dans ses souvenirs, Ventus obéit et dégagea l'épée qui se tenait sous sa gorge.

Une fois debout, il remarqua Riku administrant un sort de Soin à Terra dans l'espoir de le faire sortir plus rapidement de son coma. Seulement, l'opération ne sembla pas réellement marcher. L'argenté dû se résoudre à prendre le brun sous son bras pour le porter le plus loin possible des soldats.

‑ Ven, dépêche-toi ! ordonna Kairi, s'impatientant de plus en plus.

Le blond se contenta de la regarder droit dans les yeux, d'une façon déroutante. On aurait dit que toute volonté de vivre avait quitté son corps.

‑ Dis, tu veux toujours invoquer le Kingdom Hearts ? demanda-t-il d'une voix monocorde.

Il s'agissait plus d'une question rhétorique que d'une simple demande. L'auburn fronça les sourcils, étonnée par cette question soudaine.

‑ Pour faire revenir Sora, oui.

‑ Faire revenir… un être cher…, marmonna Ventus dans sa barbe.

Contre toute attente, le jeune rebelle fit apparaître entre ses doigts Brise Légère, sa Keyblade. Déterminé, il planta la pointe de son arme mystique au niveau de la poitrine de Xaldin. Le corps du soldat noir se mit à briller, avant de se dissoudre complètement, ne restant rien de lui, si ce n'était un cœur qui s'envola dans les cieux.

‑ Alors je vais t'y aider. J'ai moi-même quelqu'un à faire revenir.


Aqua tournait en rond autour d'une fontaine, la place centrale de la cité au vu des nombreuses indications marquées sur les panneaux qui l'avait menée jusqu'ici. La jeune femme s'inquiétait. Cela devait faire plus d'une heure qu'elle attendait ici la venue de ses camarades. Par chance, elle n'avait pas croisé de soldats noirs, mais plus les secondes passaient, plus les risques d'en voir ne serait-ce qu'un seul devenait imminent. De plus, le soleil commençait déjà à se coucher, peignant le ciel d'une magnifique lueur orangée.

La bleue s'assit sur le bord de la fontaine, les bras croisées sur sa poitrine. Fermant les yeux, elle se demanda comment elle allait retrouver ses autres camarades. Et si c'était elle tout simplement qui s'était trompée ? Et si elle ne se trouvait pas sur le bon lieu de rendez-vous ?

Attendant quelques secondes supplémentaires, une minute peut-être, Aqua se leva de nouveau, déterminée à faire le tour de la cité s'il le fallait pour retrouver ses autres amis. Être seule dans cette ville fantôme commençait à lui faire sérieusement un tout petit peu peur, bien qu'elle ait surmonté des dangers plus grands.

Tout-à-coup, un bruit métallique derrière elle la fit faire volte-face. Là, dans la fontaine, quelqu'un venait de déplacer la bouche d'égout. Celle-ci vola à l'autre bout de la place, éjectée par une puissante force. Puis une tête argentée dépassa de l'eau. Un large sourire éclaira la visage de la magicienne en reconnaissant Riku. Elle se précipita dans sa direction pour l'aider à sortir du trou dans lequel il se trouvait, se demandant au passage ce qu'il faisait ici. De plus en plus de questions se formaient dans son esprit tandis qu'elle constata avec étonnement que tous les autres rebelles sortirent tour à tour de la bouche d'égout.

‑ C'est une longue histoire, expliqua seulement Riku, qui avait remarqué les yeux exorbités de la bleue.

Aqua fut plus que soulagée de voir que Roxas n'avait rien pour l'instant, et que la reine n'avait manifestement pas encore mis la main sur le garçon.

‑ Aqua ! s'écria d'ailleurs celui-ci. On a des infos sur la reine !

‑ Tu risques d'être surprise, releva l'argenté.

‑ Justement, il y a quelque chose qu'il faut que vous sachiez vous aussi à son sujet, dit gravement la Maître de la Keyblade. Surtout toi, Roxas. Je pense que ça concerne ta plume.

Riku et Roxas se lancèrent un regard complice. Le Maître de la Keyblade avait peut-être raison tout à l'heure : d'autres personnes que Kairi courraient après son pouvoir.