Disclamer : Aucun personnage, lieux, ou autre petite merveille tirée des sept tomes de Harry Potter ne m'appartient. Mais ça, tout le monde le sait !


Je suis toute désolée de vous avoir abandonnés pendant des mois. Il faut dire -pour ma défense- que je me suis laissée tentée par deux traductions. L'une est assez longue et terminée, l'autre plus courte et en cours de « peaufinage ». Le problème, c'est qu'il faudrait peut-être que je finisse de publier « ce fils que je n'ai jamais eu » avant de vous proposer autre chose, non ? Comment ça, si. Bah, non, vous aurez celle-ci avant la longue traduction que je publierai le… oups, préfère pas donner de date ! (se sauve en courant).

En attendant, voici le chapitre 4 que vous avez attendu, attendu, attendu… oui bon -_-

Bonne lecture !


Chapitre 4 - Le rat à la patte d'argent

(- Queudver, le nommais-je. Ne vous ai-je pas demandé maintes fois de ne pas utiliser votre forme d'Animagus lorsque vous vous déplacez dans cette maison ?)

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Contrairement à l'aller, je décidais de rejoindre l'Albanie en marchant un peu au lieu d'utiliser un vol rapide que je privilégiais d'ordinaire pour gagner du temps.

Je m'enfonçais dans les bois sombres qui cernaient mon repaire. J'aimais cette forêt, vivante. Changeante. Elle n'était jamais la même. Les arbres semblaient n'en faire qu'à leur tête et se déplaçaient au gré de leurs humeurs. J'entendais leurs paroles, percevais des bribes de leurs conversations là où les moldus n'y auraient perçu que le murmure du vent dans leurs branches. Certains s'écartaient sur mon passage. D'autres semblaient prendre plaisir à frôler le tissu de ma robe avant de me céder le passage.

L'esprit libre d'avoir pu profiter de cet instant, je transplanais sans attendre lorsque j'atteignis les limites du domaine.

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A mon arrivée, j'aperçus Jeffrey installé sur le perron, un livre ouvert sur les genoux. Le regard perdu sur le jardin défraîchi, il semblait rêvasser mais je vis en m'approchant qu'il était plutôt concentré.

- Quelque chose te préoccupe ? M'informais-je en prenant place à ses côtés.

- Non. Enfin si. J'observais les Gardiens et je me demandais de quoi ils étaient composés. Je remarque que l'herbe se dessèche sur leur passage, ce qui explique l'état de friche de la quasi totalité du parc. Je ressens comme une vague de froid quand ils s'approchent. Et si je suis presque certain qu'il s'agit d'un croisement avec des Détraqueurs, je me demande d'où leur vient leur drôle de langage. Il est assez similaire à celui que vous utilisez lorsque vous parlez à Nagini. Serait-il possible que leur nature ait quelque chose à voir avec des serpents ?

- Je vois que tu pensais trouver la réponse dans un livre, remarquais-je en désignant le grimoire du doigt après en avoir aperçu les illustrations. Aucun ouvrage ne te permettra d'en avoir la réponse, Jeffrey. Il s'agit d'hybrides de ma création et tu penses bien que, même dans le monde magique, il n'est pas question d'évoquer ce genre de manipulations.

Il m'observa un instant, me sondant de ses yeux sombres.

Alors je dirais que pour les Détraqueurs, c'est sûr. Pour les serpents aussi, mais j'ajouterai... peut-être des géants ? Ils ont une certaine similitude dans leur façon de se mouvoir et je les ai vus, l'autre jour, déplacer des troncs d'arbres arrachés par la dernière tempête avec une facilité déconcertante.

Je m'amusais de voir tant de perspicacité chez un être aussi jeune et ne pus retenir un sourire.

- Je ne crois pas que ce soit un sujet sur lequel devrait s'attarder un enfant de ton âge, esquivais-je.

Il tourna vers moi un regard espiègle.

- Et si je trouve, vous accepterez de confirmer mes suppositions ?

Je n'en revenais pas et l'imaginais déjà passer des heures à la bibliothèque pour parvenir à ses fins.

- Peut-être..., répondis-je évasivement.

Je le vis reporter son attention sur le parc sans me douter qu'il songeait déjà à autre chose.

- Apprenez-moi le Fourchelang, me demanda t'il soudain.

- On ne peut pas l'apprendre. La faculté à le parler se transmet de génération en génération et je n'ai jamais entendu dire qu'il était possible de l'étudier.

- Si vous n'en êtes pas sûr on peut quand même essayer. Juste quelques mots, insista t'il. Juste pour pouvoir parler avec Nagini. Il m'arrive parfois de me trouver face à elle, vous savez. Ca pourrait m'être utile en cas de danger, tenta t'il de m'amadouer.

- Quand bien même tu parviendrais à prononcer quelques mots, tu as conscience qu'elle n'obéira qu'à moi, n'est-ce pas ?

Je me délectais un instant de son air malicieux et nous passions ainsi les heures qui nous séparaient du dîner à échanger des mots simples que Jeffrey s'appliquait à prononcer de son mieux. Resterait ensuite à les tester sur l'intéressée...

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Lorsque je regagnais ma chambre, ce soir-là, je croisais un rat à la patte d'argent et je reconnus aussitôt mon bien piètre serviteur.

- Queudver, le nommais-je. Ne vous ai-je pas demandé maintes fois de ne pas utiliser votre forme d'Animagus lorsque vous vous déplacez dans cette maison ? Imaginez un instant vous trouver devant Nagini. Auriez-vous par hasard envie de lui servir de repas ? Je vous rappelle également que je vous ai interdit de vous montrer sous cette forme en présence de Jeffrey.

Je vis aussitôt le rongeur grossir et se déformer jusqu'à reprendre forme humaine.

- C... c'est que je voulais me faire di... discret, Maître, se justifia t'il. J'ai obtenu les in... informations que vous m'avez demandées.

- Très bien. Dans ce cas, venez dans mon bureau.

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Ainsi passèrent les quelques mois qui marquaient le début de notre étrange cohabitation. Jeffrey évoquait très peu le souvenir de sa mère mais je repérais bien vite les instants où il semblait ailleurs ; ses pensées se perdant sûrement sur les anecdotes, les moments de complicité, les rires qu'ils avaient partagés.

Puis, par un jour froid de la fin novembre, il me remémora les paroles que j'avais prononcées lors d'un repas auquel Miss Mandelsen avait assisté du temps où elle vivait à nos côtés.

J'épluchais la presse dans la bibliothèque et Jeffrey leva le nez d'un grimoire sur les sortilèges. Il était songeur.

- Comment est-il possible d'avoir recours à des incantations informulées si on n'a même pas de baguette ? me demanda t'il. Il est écrit ici qu'il suffit de prononcer les formules sans faire l'usage d'un artefact. Mais sont-elles réellement efficaces ?

- Bien sûr, répondis-je. Les baguettes ne sont que les catalyseurs du pouvoir que possède un sorcier. Il enrichit ses aptitudes au fil de son expérience, de son âge et de sa progression dans l'art de pratiquer la sorcellerie, mais elle est en chacun de nous. Cela dit, la magie informulée a ses limites, c'est pourquoi il est plus simple et naturel d'utiliser une baguette.

- Alors si vous jetez un sort sur..., -il chercha un objet en parcourant la pièce d'un regard circulaire-. Ce chandelier, par exemple, je devrais être capable de l'annuler ?

- Non, Jeffrey. Tu es trop jeune. A Poudlard, cette discipline n'est enseignée qu'à partir de la septième année. Il faudra d'abord que tu saches maîtriser les sorts les plus simples et que tu acquières un niveau suffisant pour y parvenir. D'ailleurs il me semble que je t'ai dit un jour que je t'apprendrais à faire léviter une plume.

Il ouvrit de grands yeux ébahis, aussitôt rehaussé d'un sourire resplendissant.

- C'est vrai, je m'en souviens ! Vous m'avez dit que ce serait le premier sortilège qu'on m'enseignerait à Poudlard. On peut essayer maintenant ?

- Si tu veux, me laissais-je attendrir. Attends-moi ici, je vais chercher ce qu'il faut.

Je me rendis dans mon bureau où je conservais quelques baguettes, qui ne m'étaient plus d'aucune utilité, dans un tiroir verrouillé. Se servir de la mienne aurait été une bien mauvaise idée ; il y avait longtemps qu'elle avait fait bien plus que pratiquer la lévitation sur quoi que ce soit et était devenue d'une telle puissance qu'elle aurait pu représenter un danger pour l'enfant.

- J'ai trouvé la formule, m'accueillit-il à mon retour en n'ayant rien perdu de son enthousiasme.

- C'est bien, mais saches que l'intonation a une grande importance dans l'efficacité d'une incantation. Tu dois respecter l'appui de certaines syllabes, la lenteur d'une autre, et parler d'une voix claire.

Je déchirais une des pages de mon journal et la transformais en plume. Puis, je prononçais la formule en lui tendant la baguette.

- Tiens, lui dis-je. Bois de prunellier et crin de licorne. Plutôt basique mais ça devrait faire l'affaire.

Il prit la fine tige de bois comme s'il s'agissait d'un objet précieux. Je réalisais que, pour quelqu'un qui mettait une telle ardeur à s'intéresser à la magie, et se réjouir à l'avance de tout ce que pourrait lui apporter l'enseignement qu'il recevrait à Poudlard, c'était sûrement le cas.

- Wingardium leviosa, énonça t'il consciencieusement.

La plume se mit à bouger, comme sous l'emprise d'une brise légère, mais n'alla pas plus loin.

- N'oublie pas le mouvement du poignet, conseillais-je. Bref mais déterminé, c'est important.

Et je le vis répéter la formule avec application tout en renforçant sa concentration. Cette fois, la plume s'éleva de quelques centimètres, ce qui lui fut largement suffisant pour redoubler son ardeur à recommencer encore et encore, jusqu'à ce qu'il parvienne à la maintenir dans les airs.

Je ne doutais plus qu'à compter de ce jour, il passerait de longues heures à parfaire sa technique avec assiduité et insisterait pour apprendre d'autres sorts et enchantements, ne résistant pas à sa soif d'apprendre qu'il pratiquait déjà depuis plusieurs années à travers ses lectures.


Bon, oserais-je vous demander un p'tit commentaire sur cette relation incongrue ? Bah, on peu toujours rêver vu ma lenteur à publier la suite, mais ça fait toujours plaisir… !

Bises à tou(te)s !

Volderine