Bouh ! Joyeux Noël et bonne année à tous !
Revoilà Dean, Sam, Sherlock et John (pour le Docteur, faudra être patients), toujours coincés en Ecosse avec un cadavre ! J'espère que vous aimerez ^^
Merci à Destrange et Sarboobs pour leurs reviews et bonne lecture !
Chapitre 1 : The man with the twisted corpse
Le taxi que Sherlock avait accroché à la gare la plus proche les avait amenés au Norseman Hotel, un très bel établissement situé dans le cœur de Wick, le centre névralgique de la région. John avait trouvé sur Internet une maison d'hôte moins chère, l'Impala Guest House, mais quelqu'un avait déjà pris la chambre qui les intéressait. Au moins, depuis leur hôtel hors de prix, ils pouvaient rejoindre le bureau de police à pieds, ce qui restait tout de même avantageux.
John n'était pas très à l'aise aussi loin de Londres, surtout que Sherlock n'avait pour ainsi dire aucun contact dans le coin et exhibait un badge volé à Lestrade devant tous les malheureux qui lui demandaient qui ils étaient. Il en avait même refilé un à John, et maintenant tout le monde pensait qu'ils étaient soit frères, soit mariés. Bon sang, son colocataire aurait au moins pu changer le nom d'une des plaques !
Sa réputation en avait pris un coup, mais au moins, ils avaient maintenant accès à la salle d'autopsie. Enfin, dès que Sherlock aurait fini d'humilier la pauvre fille de l'accueil en lui parlant de tous ses ex. Soucieux de ne rien avoir à faire avec l'odieuse litanie du détective, John jeta un coup d'œil à la fenêtre et remarqua qu'un banc de brouillard épais recouvrait la lande. Glauque.
- Bon, on pourrait peut-être aller examiner le corps, non ? finit-il par dire, gêné.
Sherlock marqua une pause dans son laïus et finit par se diriger d'un pas conquérant vers la salle d'examens tandis que la fille de l'accueil ouvrait une boîte de mouchoirs en papier. John lui adressa un sourire contrit et suivit le détective en trench-coat jusqu'à la petite pièce blanche et froide garnie de frigos où reposait le cadavre de ce pauvre Michael McDonald. Ce dernier se trouvait sous un drap blanc sur une table métallique, mais une employée était présente et remplissait un formulaire. Quant à l'armure, elle avait été entreposée dans un coin de la pièce sous une bâche en plastique transparent.
- Bonjour ! lança John avec chaleur en tapotant la porte vitrée grande ouverte.
La femme sursauta dans sa blouse blanche et leur fit signe d'entrer. Aussitôt, Sherlock alla inspecter le corps sans même saluer la légiste et laissa à John le soin de s'occuper des mondanités.
- Agents Lestrade et Lestrade, de Scotland Yard. Nous sommes cousins, précisa Watson en voyant le sourcil gauche de la femme remonter vers son front. Nous avons été envoyés pour…
- Ça, c'est intéressant, l'interrompit Sherlock en tâtant le ventre de la victime.
John soupira, posa sa veste sur le dos d'une chaise et se tourna vers son ami, qui s'amusait à appuyer son index sur l'abdomen du pauvre bougre pour observer un genre de liquide bizarre suinter de la découpe en Y pratiquée par la légiste. Intrigué, le médecin s'approcha et examina le liquide, qui sentait… he bien, la mort.
- Ses organes se sont liquéfiés, leur apprit l'employée. J'ai dû pomper cette saleté pendant une éternité avant d'y voir quelque chose, hier soir.
- Qu'est-ce qui lui est arrivé ? demanda Watson.
- Nous l'ignorons encore. J'ai demandé une analyse toxicologique, mais il faudra du temps pour avoir des résultats. En tout cas, je ne connais aucun poison qui a ce genre d'effets. Je n'ai pas trouvé de trace d'acide, si ce n'est le suc digestif mélangé à cette mélasse. En plus, je n'ai trouvé aucune trace de piqûre et l'intérieur de sa bouche est intact, à part sa langue.
- Donc il n'a pas bu d'acide, murmura John en examinant les doigts de Michael. Il a les ongles en piteux état et les jointures ensanglantées, fit-il remarquer.
- Oui, il s'est sûrement battu quand on l'a enlevé. Il a également des ecchymoses sur les genoux et le dos. Son ravisseur n'a pas été particulièrement délicat avec lui.
- Ce n'est pas étonnant, vu qu'il comptait le tuer deux jours plus tard, marmonna Sherlock, qui avait sorti sa loupe pour observer une égratignure sur le genou droit de la victime. Qu'est-ce que tu en penses, John ?
- Bon, je vous laisse, je vais prendre un café, rouspéta l'employée - Dorothy Finch, d'après son badge.
Watson feuilleta le rapport d'autopsie et fronça les sourcils, perdu.
- Bon, on l'a enlevé chez lui alors qu'il rentrait à son domicile à Canisbay, il a essayé de se défendre, mais on l'a frappé à l'arrière de la tête pour l'assommer, vu la bosse qu'il a sur le crâne. Je dirais qu'on l'a… traîné sur le dos et on l'a tué bien après, mais pourquoi ? Et pour ses organes… ils pourraient avoir fondu à cause d'une trop forte chaleur ? Peut-être une électrocution ? Mais sa peau n'est pas brûlée…
- Bien, admit Sherlock du bout des lèvres. Mais regarde : il s'est visiblement servi de ses poings pour se défendre face à ses kidnappeurs, oui, mais ses ongles ? Il ne s'en est pas servi pour se battre, ce serait plutôt un réflexe de femme. Non, regarde plutôt ce qu'ils y ont retrouvé.
John tourna deux pages, puis tomba sur la description des mains du cadavre.
- Du ciment, des végétaux, et son propre sang. Il a gratté le sol à s'en faire saigner les mains, on dirait.
- Pas le sol, un mur, corrigea Sherlock. Et il ne grattait pas, il essayait d'escalader ce mur en s'aidant des plantes grimpantes qui y poussaient. On le voit à ses ongles, ils sont presque arrachés. On l'a enfermé dans un lieu abandonné et la seule issue… (Sherlock inspecta les épaules de McDonald) se trouvait en hauteur. Si Michael avait trouvé une porte, il aurait essayé de l'enfoncer, or, ses bras et ses épaules sont intacts.
- D'accord, on l'a enfermé dans un genre de puits. Et pour ses organes fondus ?
Sherlock se tapota le menton, indécis.
- Avant de le voir, j'aurais pensé à un éclair qui lui serait tombé dessus, d'autant qu'il portait une armure en métal et que le sol était mouillé. Mais il n'y a pas eu d'orage hier matin, et son corps et ses muscles ne portent aucune trace de brûlure. Qu'est-ce qui a bien pu le faire surchauffer de l'intérieur ? Et pourquoi l'armure ? La seule raison plausible qui me vienne, c'est qu'un scientifique fou mène des expériences dans les Highlands, mais pour quoi faire ?
- Qu'est-ce que j'en sais ? C'est toi le scientifique fou ici, grommela Watson en réfléchissant déjà à son prochain article.
- Prends l'analyse des vêtements et de l'armure en photo, on a des recherches à faire, décréta Sherlock.
Watson roula les yeux et entreprit de scanner l'intégralité du rapport d'autopsie. Quand ce fut fait, les deux hommes sortirent de la pièce en discutant. Dans le couloir, ils croisèrent deux gars en costume, dont un genre de géant avec des cheveux bruns mi-longs et des épaules de nageur olympique. Trop occupé à observer le géant tout en répondant à Sherlock, John bouscula l'autre agent en costume, qui se fendit d'un grognement outré.
- Désolé, fit John, qui voulait tout, sauf des ennuis avec des Écossais gigantesques.
Dean Winchester commençait juste à apprécier la Grande-Bretagne quand un petit Anglais lui donna un coup d'épaule dans un couloir du bureau de police de la région. Dean se retourna pour le regarder s'éloigner tout en se disputant avec un grand dadais bouclé à propos de la fille de l'accueil et se retint de lancer une remarque acide uniquement parce que son frère l'attendait déjà à la morgue.
- Je déteste ce pays, ronchonna-t-il en rejoignant Sam.
- C'est pas ce que tu disais ce matin en te bâfrant avec ton petit-déjeuner, ironisa son frère cadet en jetant un œil au rapport d'autopsie oublié là par le médecin légiste. Ils n'ont pas trouvé la cause de la mort, mais en tout cas, ses organes sont réduits en bouillie.
- J'vais gerber, lâcha Dean en soulevant le draps qui recouvrait la victime avec hésitation. Bordel, y a du jus d'organes partout, c'est dégueulasse !
L'aîné des Winchester s'écarta vivement, tout pâle et alla examiner l'armure de plus près, histoire de cacher son envie de vomir son repas précédent.
- Quel genre de créature liquéfie les organes de ses victimes ? demanda Sam à voix haute.
- C'est les coccinelles qui font ça, dit Dean juste pour étaler sa science. On a peut-être affaire à un homme-coccinelle tueur ?
Son frère lui renvoya une œillade blasée et alla inspecter le corps pour trouver des morsures, piqûres ou lésions causées par une créatures surnaturelle.
- Ou des extraterrestres, plaisanta Dean en enroulant la botte de l'armure dans le plastique pour la regarder sans laisser ses empreintes dessus. Tiens, tiens…
Sous l'œil interloqué de son frère, Dean souleva la botte pour en voir l'intérieur. Elle était remplie de glyphes bizarres, comme des caractères d'une langue ancienne.
- D'accord, c'est définitivement surnaturel, accorda Sam. Peut-être une sorcière, ou un truc celtique, vu qu'on est en Grande-Bretagne.
- Ou des fées, fit très sérieusement son frangin. En tout cas, si c'est de la magie, ça explique la mort non-expliquée. Je vais interroger la famille de notre gars, pour savoir s'il s'est assis dans un cercle de champignons ou un truc du genre.
- Tu es ridicule, fit vaguement Sam alors que son frère s'en allait.
- Je suis adorable, rectifia Dean. Et ce cadavre me donne la nausée, raison de plus de me barrer. On se retrouve à l'Impala Guest Truc.
Resté seul dans la salle, Sam fronça le nez en regardant le macchabée, puis consulta à nouveau le rapport du légiste. Interpelé par un détail, il crocheta le tiroir contenant les effets personnels de la victime et en retira, dans une housse de plastique, un petit sac rond fermé par un lien en cuir. Le tissu était rouge foncé et était orné d'un petit symbole plus clair que Sam avait déjà vu auparavant.
- Une sorcière, donc, dit-il à voix haute en replaçant le sac de sort à sa place.
Satisfait, le géant se redressa et se tourna vers la porte pour rejoindre son frère et le tenir au courant de sa découverte, mais un petit gars en pull gris se trouvait là et l'observait avec des yeux ronds.
- Vous… vous venez de parler de sorcière ou j'ai rêvé ? demanda curieusement le nouveau venu.
Sam plissa les yeux et reconnut l'Anglais qui avait heurté Dean dans le couloir.
- Ah, ouais, j'ai perdu un pari avec mon collègue, du coup je dois acheter un déguisement de sorcière à sa fille pour Halloween, mentit-il avec la force de l'habitude. Vous avez besoin de quelque chose ?
- Ho, heu… j'ai juste oublié ma veste et je dois rendre son rapport à la légiste, répondit John.
Le géant d'un peu plus tôt jeta un œil vide au manteau resté sur le dos de la chaise et adressa un sourire à son interlocuteur.
- Bien sûr. Je vous laisse, fit l'inconnu avec un accent américain.
John se poussa pour le laisser passer et le regarda partir. Ce type était bizarre.
Le Londonien finit par hausser les épaules. Après tout, ce n'étaient pas ses oignons. Il alla récupérer sa veste et le rapport d'autopsie et s'apprêta à sortir quand un bruit lui glaça le sang. Tendu comme une corde de violon, Watson se retourna lentement et parcourut la pièce des yeux. Rien n'avait bougé, mais quelqu'un avait oublié de remettre le draps sur le pauvre McDonald. Toujours serviable, le blogueur alla replacer le linge, mais un nouveau bruit le figea sur place.
Aucun doute, ça venait du coin de la pièce. John se tourna vers l'armure et frissonna en croisant son regard noir et vide. Décidément, cette armure ne ressemblait à rien. On aurait dit un déguisement de robot martien, mais le soin apporté à chaque pièce était dérangeant. Si John croisait quelqu'un portant cette horreur dans la rue, il se mettrait sûrement à hurler.
Le médecin acheva de remettre le draps à sa place et entendit de nouveau un bruit, plus long cette fois. Il ferma les yeux pour juguler sa peur naissante et voulut sortir de la pièce, mais une main brutale se posa sur son épaule. Choqué, Watson se retourna brusquement et se retrouva nez à nez avec l'armure flippante, qui l'observait maintenant de son regard neutre.
Mais… cette armure était censée être vide !
Watson respecta fidèlement sa promesse et ouvrit la bouche pour hurler quand un lourd gantelet métallique s'abattit sur le côté de sa tête.
Sherlock était à la bibliothèque de Wick et compulsait une dizaine de livres sur les plantes, les métaux et les poisons connus tout en pianotant sur l'ordinateur qu'il avait piqué à John le matin-même.
- C'est bien ce que je pensais, dit-il tout haut en refermant un bouquin. Ce n'est pas du poison, et il n'y a aucun métal au monde capable de faire fondre les entrailles d'un homme sans endommager sa peau. Quant aux plantes, n'en parlons pas. Donc c'était bien une surchauffe, mais qu'est-ce qui a pu la provoquer ? La radioactivité ? Je ne sais pas et je n'aime pas ne pas savoir, John. Ils ne l'ont quand même pas fourré dans un micro-ondes géant, sinon il aurait explosé ! Tu peux me montrer les photos du rapport ?
Sans lever les yeux de l'ordinateur volé, Sherlock tendit une main impatiente devant lui et la remua, mais il ne se passa rien.
- John ?
Enfin, Sherlock regarda au-delà de son écran et s'aperçut de l'absence de son ami. Interloqué, il essaya de se rappeler à quel moment ils avaient été séparés. Voyons voir… John n'avait pas dit un mot sur le chemin, mais c'était sûrement pour laisser Sherlock réfléchir, car il savait bien qu'il avait besoin de calme pour trouver des réponses logiques au problème illogique que posait ce cadavre. Mais après tout, il était sûrement silencieux pour la simple et bonne raison qu'il n'était pas avec lui.
Il lui semblait que John avait parlé de sa veste, au bureau de police, mais Sherlock, perdu dans ses pensées, y avait à peine fait attention et avait pressé le pas jusqu'à la bibliothèque. Il retrouverait donc sûrement John au dernier endroit où il l'avait vu, et il pourrait en profiter pour examiner cette armure bizarre de plus près. Obnubilé par le mystère des organes liquéfiés, il y avait à peine réfléchi. Il pouvait peut-être la passer au compteur Geiger !
Revigoré par cette idée, Sherlock rendit ses livres, rangea l'ordinateur et se rua vers la sortie. Il courut jusqu'au poste de police, qu'il trouva en émoi. Les policiers présents avaient l'air nerveux, et la fille de l'accueil fila vers les toilettes en le voyant arriver. Perplexe, Sherlock se rendit à la morgue, qui était pleine d'agents.
- Quelqu'un m'explique ce qui se passe ? demanda-t-il d'une voix forte.
- Le corps de McDonald a disparu, voilà ce qui se passe, répondit la légiste d'un ton irrité et nerveux.
- L'armure aussi, ajouta un agent en costume.
Ce dernier était gigantesque et pianotait sur un ordinateur, sûrement pour passer les bandes des caméras de sécurité. Son collègue, que Sherlock avait surnommé Petit Hargneux à l'instant où il l'avait vu, tapait du pied d'un air impatient.
- Vous n'êtes pas d'ici, vous, lâcha Sherlock.
Les deux agents en costume se tournèrent vers lui et Sherlock crut bon de développer sa pensée :
- Vous avez l'accent américain, vos coupes de cheveux ne correspondent absolument pas à la mode anglaise malgré votre jeune âge et vous marchez comme un cow-boy, ajouta-t-il à l'attention du plus petit, qui le fusillait du regard.
- FBI, fit sèchement ce dernier en brandissant son badge. Agents McCartney et Jackson, et vous êtes ?
Sherlock ouvrait la bouche pour lui signaler que son badge était un faux quand le géant émit une exclamation de surprise.
- La caméra a été brouillée, leur dit-il sans lever les yeux.
Il pointa le doigt sur l'écran, désignant le cadavre et l'armure, puis appuya sur Play. Sherlock se pencha et vit John, qui récupérait sa veste et le rapport. Ils le virent se tourner vers l'armure à plusieurs reprises, puis remettre le draps sur le corps. Puis l'image tremblota, et tout devint grisâtre. Quand elle redevint nette, sept minutes plus tard, l'armure, le cadavre et John avaient disparu.
- Ce gars, commença l'agent Johnson ou qu'importe. C'est celui qu'on a croisé dans le couloir après avoir examiné le corps. Il était avec vous, non ? ajouta-t-il, soupçonneux, en se tournant vers Sherlock.
- Effectivement, répondit Sherlock en levant les yeux au ciel, habitué qu'on le prenne pour un criminel. Inspecteur Lestrade, de Scotland Yard.
Le Hargneux plissa les yeux pour lire son badge, puis ricana.
- Lestrade, c'est quoi ce nom ?
Sherlock haussa les épaules, entièrement d'accord avec cet emmerdeur d'Américain. Garfield avait vraiment un nom de famille bizarre.
- Bref, ce n'est pas mon collègue qui a volé le corps et l'armure. A ce propos, je vous conseille de vérifier si le reste des preuves est encore là, même si j'en doute.
La légiste fila vers le tiroir et l'ouvrit sans difficulté, à son grand étonnement. Elle hoqueta en voyant l'intérieur du meuble, puis secoua la tête en direction des trois hommes.
- Les effets personnels de McDonald ont disparu !
- Tiens donc, sifflota Sherlock.
- Et vous pensez qu'on ne va pas vous soupçonner après ça ? cracha le Hargneux.
- Ce n'était pas difficile à deviner. Réfléchissez. Vous êtes un meurtrier, et vous réalisez que vous avez laissé un indice majeur pouvant mener à vous sur le cadavre que vous avez laissé à la vue de tous. La seule solution, c'est de le récupérer ainsi que toutes ses affaires pour détruire le tout discrètement.
- Donc ça pourrait très bien être votre ami, conclut le géant en pianotant toujours sur son clavier.
- Impossible, car nous étions en train de résoudre une affaire à Londres quand McDonald a été tué. Il vous suffit de téléphoner à Scotland Yard pour le vérifier. Nous sommes arrivés en train au petit matin - je peux vous montrer nos tickets - et un taxi nous a conduits au Norseman Hotel à Wick depuis la gare. Plusieurs personnes sont donc en mesure de nous innocenter, mon collègue et moi, nous n'avions donc aucune raison de voler le cadavre. Au lieu de nous accuser, vous devriez peut-être commencer à vous poser les bonnes questions, comme par exemple : de quelle façon le criminel est-il entré ici ? Comment a-t-il pu enlever John et récupérer le cadavre, les preuves et l'armure sans se faire remarquer ?
Le Hargneux fronça les sourcils encore plus qu'avant et ouvrit la bouche pour répliquer, mais il laissa tomber devant l'air goguenard de Sherlock et sortit d'un pas vif.
- Je vais interroger le personnel, ils ont peut-être vu quelque chose, décréta-t-il.
Sherlock le suivit sans grande motivation, et uniquement car il avait besoin de témoignages pour retrouver ses preuves et son blogueur. Quant au géant, il resta à la morgue pour passer toutes les caméras du bâtiment en revue.
John reprit ses esprits grâce au sol gelé sur lequel il était couché. Son bras était glacé et raide, et le médecin eut un genre de spasme nerveux qui lui fit ouvrir les yeux. Alarmé, il se redressa immédiatement sur son séant et le regretta aussitôt, car une migraine abominable se déclencha au même moment et martela son cerveau avec la puissance d'une météorite.
Le docteur se leva avec précautions et sentit une douleur dans son dos, comme si on l'avait balancé contre un mur avant de le poser là. A part ça, il était plus ou moins indemne.
Le petit blond jeta un œil aux alentours et découvrit une salle assez large et rectangulaire qui ressemblait fichtrement à un sous-sol. Il n'y avait aucune porte en vue, et la seule source de lumière provenait du plafond, où un cercle d'un mètre de diamètre trouait le béton. L'ouverture était couronnée d'une grille en métal apparemment lourde et laissait passer un peu du brouillard qui régnait à l'extérieur. De l'humidité suintait du plafond et tombait en gouttes sur le sol.
John estima la hauteur de l'ouverture à environ trois mètres et comprit qu'il ne pourrait jamais l'atteindre. Pas sans échelle du moins. Le médecin s'assit sur le sol humide et sortit son téléphone pour appeler les secours, mais il n'y avait évidemment pas de réseau, sinon son ravisseur lui aurait confisqué son appareil. John se mit en position fœtale pour se tenir chaud et remarqua des plantes grimpantes sur l'un des murs. Elles pendaient dans le vide, visiblement arrachées de la paroi, et d'étrange stries couvraient le béton à cet endroit. Elles ressemblaient à… des marques d'ongles.
Voilà donc où ce pauvre McDonald avait été enfermé pendant environ 48 heures avant d'être tué et fourré dans cette armure. John ouvrit de grands yeux et son self control l'abandonna.
- AU SECOURS ! VENEZ M'AIDER ! hurla-t-il de toutes ses forces, priant pour qu'on l'entende.
Une voix lointaine lui répondit, et John s'égosilla de plus belle, aidé par l'énergie du désespoir. La voix, bizarrement monocorde, s'approcha de plus en plus, et John se prit à sourire, étonné de s'en sortir aussi facilement. Il déchanta soudain en voyant à travers la grille un casque au regard vide, le même que celui de la morgue. Le casque le dévisagea sans rien dire et finit par s'éloigner quand John s'évanouit, terrassé par cette vision glaçante.
À suivre…
Bouh, que c'est flippant :D
Un petit commentaire pour m'aider à écrire ? ^^
Glossaire :
Garfield Lestrade : En fait, il s'appelle Greg, mais Sherlock ne se souvient jamais de son prénom. Il bosse pour Scotland Yard et appelle Sherlock à la rescousse quand ses enquêtes pataugent. Sherlock a pris l'habitude de lui voler son badge quand il l'ennuie et a du coup rassemblé une petite collection de plaques de police.
Sac de sort : Ce sont de petits sacs en tissu, souvent sombre, qui renferment les ingrédients d'un sort lancé par une sorcière. Le sort peut être de n'importe quelle nature (mort, immobilisation…) et il est placé tout près de sa victime lorsque la sorcière l'active à distance. On ne peut contrer le sort qu'en brûlant le sac et ce qu'il contient.
