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Chapitre 8 : Malleus Maleficarum
Convaincre Dean de remonter à bord du Tardis fut le plus compliqué. Le pauvre homme détestait déjà l'avion, alors une machine à voyager dans le temps et qui vole, non merci. Malheureusement, la voiture de location était trop petite pour pouvoir accueillir huit personnes, aussi dut-il se résoudre à embarquer avec le reste du groupe. S'imaginer coincé dans la voiture avec le Docteur sur les genoux pendant les trente minutes de trajet contribua aussi largement à le détacher de sa voiture.
Une fois Dean roulé dans un coin de la salle des commandes avec une couverture et un flingue, Sam indiqua les coordonnées exactes de la sorcière au Docteur, qui lança les moteurs du Tardis. River abaissa le levier principal et aussitôt, la boîte bleue disparut de la chambre d'hôtel.
Ils réapparurent sur une lande herbeuse et relativement déserte, si on oubliait l'ancienne usine de briques qui trônait sur un petit promontoire, à quelques mètres de là. Le groupe sortit silencieusement du Tardis (à l'exception de Dean, qui expulsa ses tripes un peu à l'écart de la machine) et se dirigea avec précaution vers l'antre de la sorcière. Le chasseur les rejoignit en titubant alors qu'ils se plaquaient contre un mur pour jauger les potentielles défenses mises en place et sortit son arme de son étui.
- Ok, je propose qu'on entre et qu'on zigouille cette connasse, fit-il à voix basse.
- Personne ne zigouille personne, compris ? siffla le Docteur avec indignation. Non mais qu'est-ce que vous avez tous avec vos flingues, sérieusement ?
- Vous étiez bien content quand les armes en question vous sauvaient les miches pas plus tard qu'il y a quelques heures, grinça Sherlock, accroupi à côté d'une fenêtre.
- Je ne vois personne, souffla John, concentré sur la mission.
- Moi non plus, fit Rory, mais il y a plein de cachettes potentielles dans cette ruine…
- On ne saura pas ce qui se passe si on n'entre pas, donc, conclut Sam en sortant un drôle de couteau dentelé de sa ceinture.
Le géant se posta juste devant la grande porte en bois moisi et fit signe aux autres de se préparer à entrer. Les autres se postèrent de part et d'autre de l'ouverture, prêts à faire irruption.
- Et donc on chasse des sorcières ? fit Amy. C'est génial !
- Oui ma chérie, acquiesça Rory en dégainant son épée. Reste bien derrière moi, d'accord ?
Sam donna un grand coup de pied dans le panneau de bois, qui explosa littéralement. Le commando hasardeux se rua à l'intérieur, scannant les lieux à la recherche de la sorcière, mais ils ne trouvèrent que de vieilles machines rouillées et des murs qui tenaient à peine debout.
- Il n'y a personne, mima Rory en articulant exagérément pour qu'on lise sur ses lèvres.
- Il y a un étage, indiqua John sur le même mode en montrant un escalier en fer forgé dans un coin de la salle.
Il prit la direction de l'escalier, rapidement suivi par River et les autres, et l'escalada avec prudence, s'attendant à une attaque surprise. Ils se retrouvèrent dans une copie du rez-de-chaussée, tout aussi vide que la salle précédente.
- Il n'y a absolument rien ici, gronda Sam. Vous vous êtes gouré, ajouta-t-il à l'adresse de Sherlock.
- Je ne me trompe jamais, répondit le détective d'un ton sec.
John gesticula dans sa direction pour exprimer un doute à ce sujet et reçut un regard noir de son colocataire en retour. Le Docteur, qui arborait une drôle d'expression, sortit son tournevis sonique et scanna tout l'espace devant lui.
- Ça c'est très étrange… murmura-t-il en regardant les résultats.
- Quoi, Doc ? demanda Dean en se tournant vers lui.
Le Docteur ouvrit la bouche pour répondre, mais il fut coupé dans son élan par River, qui leva son blaster au même moment.
- ATTEN… !
- ABI ! hurla une autre femme au même moment.
Les huit enquêteurs se retrouvèrent immédiatement collés au mur, les bras le long du corps, incapables de bouger. Ils étaient à présent face à une vingtaine d'hommes et de femmes alignés autour d'une grande table et occupés à remplir des sacs de sort en psalmodiant des incantations. Une sorcière brune leur faisait face et pointait un index dans leur direction, les maintenant en place par la simple force de son esprit.
- Je trouve ça vraiment injuste, quand ils font ça, ronchonna Dean en essayant de récupérer l'usage de la main qui tenait son revolver.
- Comment est-ce possible ? s'exclama John au même moment. Il n'y avait personne !
- Et pourtant si, articula le Docteur. Le tournevis a détecté leur présence, donc j'imagine qu'il y avait un genre de filtre de perception, je me trompe ?
La sorcière esquissa un sourire mauvais et acquiesça :
- Une illusion, à vrai dire, mais vous y étiez presque. Vous nous avez causé bien du souci, bande de fouines.
- Espèce de sale… commença Dean.
- Des fouines, ahaha, c'est assez fidèle, je dois dire, s'esclaffa le Docteur.
Il ignora les coups d'œil étonnés des autres et poursuivit :
- Donc, vous, remarquables créatures douées de… magie, vous vous mettez au service d'une bande de robots tueurs de l'espace. Vous comprendrez notre intérêt pour vos activités.
La sorcière s'humecta les lèvres, hésitant à leur révéler quoi que ce soit. Elle finit par hausser les épaules avec fatalisme.
- Cet endroit, l'Ecosse… non, la Grande-Bretagne, c'est notre terre natale, figurez-vous, commença-t-elle.
- Je suis ravi de l'apprendre, ironisa Sherlock en roulant les yeux.
- Certains d'entre nous étaient là quand les colons ont réclamé leur indépendance et créé les Etats-Unis d'Amérique, rétorqua la sorcière avec verve. Ce pays est notre fief depuis des centaines d'années, et nous y vivions heureux.
- Vous ne zigouilliez pas les habitants du coin pour le fun ? répliqua Sam avec sarcasme.
- Nous avions nos moments de faiblesse, concéda la jeune femme. Et nous avons eu quelques rencontres fortuites avec des chasseurs, évidemment.
Rory choisit ce moment pour scruter les environs et jauger les autres sorciers, quand il s'aperçut que ces derniers avaient quitté leur poste pour s'approcher d'eux avec des expressions belliqueuses sur le visage. Il se doutait que ses alliés l'avaient vu également, mais que pouvaient-ils y faire, collés au mur comme des mouches sur du miel ?
- Qu'est-ce qui a changé ? interrogea le Docteur, essayant réellement de comprendre.
- Ce qui a changé, cracha la sorcière, c'est que les îles britanniques ont été truffées de détecteurs de créatures surnaturelles ! Dès que l'un de nous pose le pied sur ce sol, il est aussitôt traqué et abattu par ces gens, les Hommes de Lettres !
- Qui ça ? lâcha John.
- C'est une organisation secrète, ou une secte, appelez ça comme vous voulez. Imaginez une armée de chasseurs avec des armes sophistiquées qui vous permettraient de détruire tout un coven de sorcières ou un nid de vampires juste en appuyant sur un bouton !
- Je signe où ? plaisanta Dean.
La jeune femme lui renvoya un regard noir.
- Donc… reprit doucement le Docteur, ces gens vous abattent à vue simplement parce que vous n'êtes pas humains.
- Exactement. Notre Grand Conseil des Sorcières a été quasiment annihilé par ces monstres, et les survivants ont opté pour la fuite. Nous avons émigré aux Etats-Unis et en Europe pour échapper aux Hommes de Lettres, et ça a suffi pour nous protéger. Mais nous savons tous qu'un jour, ces assassins étendront leur surveillance au reste du monde, et ce jour-là, nous disparaîtrons.
- Est-ce vraiment une mauvaise chose ? grogna Dean.
La chef de coven s'apprêta à répondre, mais le Docteur la prit de vitesse :
- Dean, vous ne chassez que les créatures qui représentent un danger pour l'humanité, n'est-ce pas ? Celles qui tuent ! Vous ne pouvez pas juger des dizaines d'espèces juste parce que vous n'en avez vu que les pires aspects, si ? Ce serait comme juger l'humanité en se basant sur les faits et gestes d'un serial killer !
Dean ouvrit la bouche, puis la referma, douché.
- C'est vrai… qu'on a rencontré des créatures pacifiques.
- Et vous les avez tuées ?
- … Non. On les a aidées à échapper à un autre chasseur.
Le Docteur eut l'air agréablement surpris, puis se recentra sur les motivations de la sorcière.
- Donc, si je comprends bien, vous voulez vous servir des Cybermen pour lutter contre ces Hommes de Lettres.
- Non, nous allons utiliser les Cybermen pour les mettre hors d'état de nuire, et ce pour toujours. Nous avons pu revenir ici parce que les Cybermen ont converti tous les Hommes de Lettres qui tentaient de nous tuer, et nous allons faire subir la même chose au reste de ces meurtriers. Quand tout sera fini, les créatures surnaturelles seront libres d'aller où elles le souhaitent quand elles le souhaitent.
- Et vous nous révélez tous vos plans parce que vous savez très bien que nous allons finir dans des armures avant la fin de cette discussion, fit placidement Sherlock. Vous allez changer l'humanité toute entière en robots et vous serez au sommet de la nouvelle chaîne alimentaire, très bien. C'est ce que les Cybermen vous ont promis ?
- Oui, admit la brune avec satisfaction. De cette façon, nous aurons le monde entier à nos pieds et les Cybermen nous protégeront contre d'éventuelles tentatives d'invasion extraterrestres. Les créatures n'auront plus jamais peur des chasseurs !
- C'est vrai que ça a l'air génial, fit Dean avec un sourire en coin, sauf que ça ne va pas se passer comme vous le pensez.
- Vous allez vous aussi être convertis en Cybermen, renchérit Sherlock avec un sourire mauvais.
Il y eut un mouvement de foule parmi les sorciers, mais leur chef ne se démonta pas.
- Et vous pensez que vous allez nous faire changer d'avis avec vos affirmations ridicules ? Nous avons un accord avec…
- Avec cette Missy, n'est-ce pas ? l'interrompit le Docteur. C'est bien elle, le chef des Cybermen ? …Votre silence est une réponse suffisante, merci de confirmer ma théorie.
- Sauf que Missy a prévu depuis le début de vous entuber, poursuivit Sherlock. Voyez-vous, le Docteur ici présent possède une machine à voyager dans le temps, et il nous a emmenés voir le futur pas plus tard que tout à l'heure.
Il examina les réactions des sorciers, puis continua, un mince sourire aux lèvres :
- Nous avons bien trouvé le monde peuplé de Cybermen, c'est vrai, mais ce qui nous a le plus surpris, c'est qu'un des Cybermen que nous avons croisés était capable de magie.
- Ce… c'est impossible ! s'écria un sorcier.
- Hé non, intervint Dean, c'était le même sort que celui que votre chef nous a lancé, d'ailleurs. C'était peut-être même vous, tiens.
La chef de coven pâlit dangereusement et recula d'un pas.
- Vous mentez !
- Ce n'est pas si stupide, fit River. Pourquoi Missy partagerait-elle son pouvoir avec vous, après tout ? Vous ne ferez pas le poids face à sept milliards de Cybermen, même si votre magie est puissante.
- En plus, vous êtes en train de préparer bien gentiment tout l'armement qu'elle vous a demandé, ajouta Sam en pointant du menton les sacs de sort sur la table. Qu'est-ce qui l'empêche de vous éliminer une fois que vous aurez terminé ?
- Et puis, dit Rory, vous comptiez faire quoi, une fois qu'il ne restera plus que des créatures sur Terre ? Les vampires, les loups-garous et toutes les créatures qui ont besoin de se nourrir d'humains pour vivre vont s'attaquer à vous !
- Comment il sait ça, lui ?! demanda Dean, surpris.
- Je m'ennuyais et j'ai lu certains de vos bouquins, répondit l'infirmier, les pommettes rouges.
- Ce qu'on essaie de vous dire, c'est que Missy vous mène en bateau depuis le départ ! s'exclama John.
- Je ne sais pas qui est cette Missy, mais elle a l'air pas cool, commenta Amy avec une grimace.
- Autrement dit, conclut Sherlock sans prêter attention à la rouquine, votre utopie est une vaste blague et vous allez vous faire pigeonner.
La sorcière blêmit davantage et baissa la main, envoyant les huit sur le sol poussiéreux. Dean et Sam se relevèrent d'un bond pour braquer leurs armes sur le coven, mais le Docteur les retint.
- Ne tirez pas, on commence juste à s'entendre !
Après une longue hésitation, les deux chasseurs finirent par ranger leur flingue, tout en restant prêts à dégainer à nouveau.
- Elle nous a menti, soupira la sorcière.
- J'ai bien peur que oui, confirma l'extraterrestre. Si vous condamnez l'humanité, vous disparaîtrez avec elle.
Les sorciers s'éparpillèrent dans la pièce pour discuter à voix basse, et leur chef prit place sur une chaise, effondrée.
- Qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ça ? se lamenta-t-elle en se prenant la tête entre les mains.
- Vous pouvez nous aider à mettre Missy et ses Cybermen hors d'état de nuire avant qu'elle ne lance la conversion à grande échelle, souffla John. Vous pouvez nous dire exactement ce qu'elle compte faire, et on trouvera une solution.
- Et si vous pouviez conjurer le sort d'oubli que vous avez lancé à ma femme, ça aiderait aussi, ajouta Rory avec une pointe d'opportunisme.
- Et qui me dit que vous n'allez pas tous nous tuer quand on vous aura tout dit ? ricana amèrement la brune. Ces deux-là sont des chasseurs, non ?
- Oui, mais vous les avez entendus. Ils ne s'en prennent pas aux créatures innocentes, et vous avez agi en état de légitime défense, assura le Docteur. Missy s'est servie de votre peur pour vous tromper et vous utiliser. Mais si vous acceptez de nous aider à la vaincre et à l'empêcher de nuire, je suis sûr que nos chasseurs fermeront les yeux sur vos agissements. Et quand tout sera fini, je vous conseille tout de même de retourner aux Etats-Unis, c'est plus sûr pour vous.
- Sauf si vous merdez et qu'on vous attrape, assura Dean.
La sorcière lui envoya un regard torve et décida de l'ignorer. Elle fixa le vide pendant quelques secondes, réfléchissant à la proposition du Docteur, puis se décida à agir.
- Très bien. Nous allons faire tomber cette garce ! tonna-t-elle à l'attention de son coven, qui hésita un peu avant de pousser des exclamations mitigées.
Puis elle se tourna vers le Docteur et ses amis pour les regarder droit dans les yeux, l'un après l'autre.
- Le plan de Missy est simple ; elle va modifier les antennes-relais pour leur faire dégager une onde qui assommera toutes les personnes se trouvant à des kilomètres à la ronde. Ensuite, grâce à nos glyphes, elle va pouvoir téléguider les Cybermen vides pour qu'ils s'emparent de tout le monde sans devoir les enlever au préalable. Les gens seront incapables de se défendre, dans cet état.
- Et quand son test en Ecosse aura fonctionné, elle le répétera partout dans le monde, termina le Docteur.
- Voilà. Elle a dit qu'elle allait déclencher la première onde avant midi, aujourd'hui. Elle a déjà suffisamment de sacs de sort pour toute l'Ecosse, nous étions occupés à préparer les suivants.
La sorcière consulta sa montre et grimaça.
- Elle doit déjà y être à l'heure qu'il est. C'est l'antenne-relais à côté du Loch Calder, mais vous n'arriverez jamais à temps en voiture…
Le Seigneur du temps lui adressa un sourire étincelant et lui tapota gentiment l'épaule :
- Ne vous en faites pas, mon Tardis est beaucoup plus rapide qu'une voiture. Allez, en route tout le monde ! On a des Cybermen à arrêter !
- Génial, soupira Dean, toujours nauséeux. Ma voiture me manque…
Pendant ce temps, Rory discutait avec River tout en essayant d'empêcher Amy de jouer avec les sacs de sort. River fronça les sourcils mais finit par acquiescer, tendue. Elle embrassa ses parents et fila rejoindre le reste de la bande, qui s'éloignait déjà.
Rory la regarda s'en aller, puis se tourna vers la chef du coven, qui se grattait toujours la tête pour comprendre ce qu'était un "Tardis".
- Pardon, Madame… Est-ce que vous pouvez soigner ma femme s'il vous plaît ? demanda-t-il poliment.
La sorcière le dévisagea, puis se concentra sur Amy, qui lui souriait avec enthousiasme. Elle passa une main devant le visage de la rousse et soupira.
- Un sort d'oubli druidique, hein… LOUGHLIN ! Venez réparer vos conneries !
Deux hommes bruns et une petite blonde - la sorcière qui avait ensorcelé Amy - sortirent du rang et emmenèrent la jeune femme à l'écart en ronchonnant. Rory les suivit après une seconde d'hésitation, mal à l'aise à l'idée de laisser sa femme avec trois sorciers irlandais.
Ben oui, l'Écossaise risquait fort de les insulter par habitude une fois redevenue elle-même…
À suivre…
Bon, je pourrais parler des Hommes de Lettres, mais l'essentiel est dans le chapitre, je vous assure.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! :D Il ne s'y passe pas grand' chose, mais nos héros ont gagné des alliés de poids, c'est pas rien !
N'oubliez pas de reviewer ^^ A la prochaine !
