Bonsoir tout le monde ! Comment ça va-t-y bien ? Moi bof, j'ai pas bien dormi cette nuit ._.

Elle a mis du temps à venir (j'ai un retard de plusieurs heures, ô mon dieu, comment vais-je me repentir de cette faute atroce ?!), mais voilà la suite et fin de cette histoire ! J'espère que vous avez aimé ce que vous avez lu ^^ Si oui, n'hésitez pas à le dire en commentaire. Si non, commentez quand même :p

Merci aux revieweurs et bonne lecture à vous~


Epilogue : Carry on my Wayward Son

John Watson se réveilla à cause d'un brin d'herbe qui lui chatouillait la narine gauche. Il souffla par le nez pour écarter le malheureux végétal et ouvrit les yeux, interloqué. Pourquoi y avait-il de l'herbe dans son lit ?

Lorsque ses yeux réussirent enfin à s'ajuster sur le paysage qui l'entourait, il comprit. De toute évidence, il n'était pas dans son lit douillet du 221b Baker Street. Manifestement, il avait dormi dans un genre de prairie plutôt glaciale, et pentue en plus.

Le blogueur se redressa d'un coup, paniqué. L'avait-on enlevé et abandonné là ? Quelle idée farfelue, tout de même. Le Londonien entendit un grognement et tourna la tête, découvrant à ses côtés la forme avachie d'un certain détective en trench coat. Bon, au moins il n'était pas seul dans cette galère. Avec un plaisir malsain, l'homme secoua son colocataire, qui se souleva d'un coup comme un possédé, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte.

- Mais qu'est-ce que… John ?

John lui retourna un air blasé, heureux d'avoir surmonté une partie du choc avant de ramener Sherlock parmi les vivants. Le détective, contrairement à son habitude, resta silencieux pendant plusieurs secondes avant de reprendre, incertain :

- Est-ce que… est-ce que nous avons pris de la drogue ?

- Toi, peut-être, mais moi non, soupira John. Enfin, je ne pense pas. C'est assez flou je dois dire.

Sherlock se leva d'un bond et plaça ses mains sur ses tempes, concentré à l'extrême. John le laissa faire son truc de détective et se redressa à son tour pour constater que l'humidité du sol avait imprégné son pantalon. Il poussa un long soupir et se rendit compte qu'il portait quelque chose sur les épaules. C'était un sac à dos, ou plus précisément son sac à dos, celui qu'il utilisait pour ranger son ordinateur pendant ses rares déplacements hors de Londres.

- Très bien, fit finalement Sherlock, triomphant, en sortant une clé de sa poche.

- Quoi, "très bien" ? répéta John, déjà fatigué de tout ce mystère.

- Nous sommes en Ecosse, plus précisément dans les Highlands, et nous avons une chambre d'hôtel à Wick. J'en conclus que nous sommes venus de notre propre chef jusqu'ici pour une certaine raison - sûrement une enquête à résoudre, vu que je t'ai accompagné et que tu as pris ton ordinateur. Il s'est produit un imprévu et nous avons été conduits ici, sûrement en moto, vu les traces de pneus sur l'herbe. Ensuite, nous avons été drogués, d'une façon ou d'une autre, et nous avons perdu nos souvenirs les plus récents. J'en conclus que nous devrions retourner en ville et questionner les policiers afin de savoir sur quoi nous enquêtions. A partir de là, je pourrai reconstituer nos faits et gestes et trouver le responsable de tout ceci.

John fixa la colline d'un œil critique avant de lâcher :

- Ça fait beaucoup de motos, tout de même.

- Nous avons peut-être été enlevés par un club de motards, qui sait, supposa Sherlock, évasif et ironique, tout en s'avançant vers le bas de la colline pour trouver la route la plus proche.

Une heure plus tard, après avoir été pris en stop par une vieille Ecossaise bavarde (Sherlock avait bien failli l'étrangler), les deux hommes arrivèrent à Wick et retrouvèrent facilement leur chambre d'hôtel grâce à l'adresse inscrite sur le porte-clés du détective. John en profita pour poser son sac à dos, qui pesait son poids et était garni d'un trou brûlé, et se gratta la tête d'incompréhension en y trouvant un ordinateur quasiment méconnaissable tant il était fondu. Sherlock en resta muet de stupeur et, à défaut de trouver une explication logique, tira son ami par la manche jusqu'au poste de police.

Il apparut rapidement que les policiers n'avaient aucune idée de qui ils étaient et du mystère qu'ils étaient censés résoudre. Face à cette déconvenue, Sherlock partit dans une diatribe enflammée qui fit grimacer toutes les personnes présentes et ne consentit à la fermer que quand John l'entraîna manu militari vers la porte de sortie. A la demande expresse du médecin, qui en avait marre de patauger dans l'incompréhensible, les deux hommes reprirent le train le lendemain matin pour rentrer chez eux.

Mrs Hudson s'étonna de les voir de retour après un séjour si long et sans aucun souvenir des jours précédents.


Dean Winchester se réveilla au pied d'un mur avec la sale impression de s'être pris ladite paroi de plein fouet. Il avait une migraine abominable et n'avait aucune idée de ce qu'il faisait là, dans ce bâtiment évoquant plus la centrale électrique que l'habitation de base. Il y avait des morceaux de métal carbonisé sur le sol, et Sam était couché un peu plus loin. Vu la bosse qui poussait sur son crâne, le cadet des Winchester s'était lui aussi mangé une surface plane en béton.

- Sam, fit Dean. Sammy ! Réveille-toi !

Le géant resta inerte un moment, puis finit par bouger, étonné d'être couché par terre.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il en massant la zone endolorie de son cuir chevelu.

- Tu ne te souviens pas non plus ? s'inquiéta Dean. On a dû se cogner la tête vraiment très fort, ajouta-t-il quand son frère secoua la tête de gauche à droite.

- Tout ce dont je me souviens, c'est qu'on était au cimetière pour menacer Crowley avec ses ossements, fit lentement Sam en se relevant avec précautions.

- Ouais, idem pour moi. Je n'ai aucune idée de ce qui s'est passé ensuite…

Dean retrouva son revolver entre deux débris et inspecta son chargeur.

- Tu vas trouver ça dingue, mais il y a des balles en or dans mon flingue. Et on dirait que je m'en suis servi !

- Même chose pour moi, signala Sam en inspectant son propre matériel. Okay, on a définitivement oublié un truc important.

Dean allait répondre, quand un éternuement monta dans son nez et sortit aussi sec, désarçonnant son frère. Le chasseur sortit un mouchoir de sa poche et y trouva trois jeux de clés.

Il y avait bien entendu les clés de Baby, sa chère voiture de collection. Un second jeu portait deux clés, sûrement celles d'un bâtiment quelconque. Le troisième, enfin, comportait une seule clé, celle d'une voiture inconnue au bataillon.

- Pourquoi aurais-je les clés d'une autre bagnole que Baby ? demanda Dean à voix haute, ulcéré à l'idée de remplacer son véhicule fétiche par une pâle copie.

- Et pourquoi des clés de maison ? renchérit Sam en inspectant ces dernières.

Le silence tomba sur les deux frères, puis le cadet reprit la parole :

- Et si… et si nous étions toujours en Ecosse ?

Dean le fixa un instant, écarquilla les yeux, puis fixa les clés de voiture avec répugnance.

- Misère, j'ai une bagnole de location anglaise, grommela-t-il.

- On dirait qu'on loge à "Wick", découvrit Sam en secouant un flyer pour une soirée "années 80" qu'il venait d'exhumer de sa propre poche. On peut peut-être aller là-bas, trouver notre location et reprendre la voiture pour rentrer chez nous ? Enfin, ça ne nous dit pas ce qu'on fait là, mais…

- Je vais téléphoner à Bobby, il saura peut-être quelque chose, décréta Dean en sortant son portable.

Il s'avéra rapidement que leur ami le plus proche ignorait ce qui leur était arrivé, si ce n'est qu'ils étaient restés dans les Highlands pour résoudre une affaire de meurtre bizarre et l'enlèvement hypothétique de Sam. D'après lui, cela faisait plusieurs jours qu'ils y étaient.

- C'est complètement dingue, s'exclama Dean après avoir raccroché. On s'en souviendrait, si on avait passé quasiment une semaine au pays des panses de brebis farcies ! Et si tu avais été kidnappé par un débile, ça se saurait, non ?

- Ça expliquerait ton rhume, contra Sam. On a passé le temps d'incubation de ta maladie en Ecosse, c'est aussi simple que ça. Le plus simple, c'est de retourner à Wick et de demander ce qui se passe aux flics du coin, puisqu'il semblerait qu'on a enquêté sur un meurtre.

C'est ce qu'ils firent, après plusieurs kilomètres de marche et grâce à un fermier qui accepta de les déposer en ville. Ils ressortirent des locaux de la police dix minutes plus tard, refroidi par l'accueil excédé des représentants de la loi, qui avaient l'air à bout de nerfs. Manifestement, la perte de mémoire sélective avait touché l'entièreté des Highlands et personne ne savait ce qui l'avait déclenchée.

Considérant qu'aucune sorcière, même puissante, n'aurait pu provoquer un tel cataclysme, les frères Winchester envisagèrent la théorie des produits bizarres déversés dans l'eau courante et estimèrent que ce n'était pas de leur ressort. En plus, ils avaient encore des affaires à régler aux Etats-Unis. Sam retrouva donc facilement leur maison d'hôte en feuilletant un bottin - le nom de leur logement lui avait mis la puce à l'oreille - et les deux frères purent y retrouver toutes leurs affaires ainsi que l'abominable voiture de location.

Ils y entassèrent rapidement leurs bagages et taillèrent la route vers l'aéroport d'Heathrow. Dean passa le trajet à râler sur les "stations de musique nazes" et "cette saleté de voiture avec le volant à droite", mais parvint tout de même à les conduire à bon port. Il passa ensuite environ deux heures dans les toilettes de l'aéroport, stressé à l'idée de reprendre l'avion. Sam dut le traîner jusqu'à leur terminal et l'asseoir de force dans la cabine. Le pauvre homme passa tout le trajet jusqu'en Amérique avec la tête dans un sac en papier.


Les passagers du Tardis, couchés sur le sol de la boîte bleue, se redressèrent lentement sur leur séant, perplexes.

- Que s'est-il passé ? s'enquit Rory en aidant sa femme à se relever.

River acheva de remettre le Docteur sur ses pieds et fila inspecter les voyants du Tardis avant de froncer les sourcils, pensive.

- Le Tardis a enregistré une importante quantité d'énergie qui nous a frappés de plein fouet il y a environ dix minutes, lut-elle à voix haute.

- Quel genre d'énergie ? fit le Docteur. Une éruption solaire ? Une attaque d'un vaisseau ennemi ?

- Je l'ignore, admit la blonde en se tournant vers son mari, préoccupée. Docteur, je ne sais pas comment j'ai atterri dans le Tardis… !

- Je me souviens qu'on devait aller à Hawaii, lâcha Amy en frottant la bosse qu'elle avait sur la tête.

- Je me souviens juste de ton texto concernant Hawaii, renchérit Rory. J'étais au boulot, puis je me suis réveillé ici avec mon épée et mon flingue…

Le Docteur pianota sur une rambarde, visiblement inquiet. Il ignorait ce qui venait de leur arriver, et ça l'embêtait de ne pas savoir.

- Bon. Personne n'est blessé ?

Comme tout le monde secouait la tête, il continua son check-up :

- Rien n'a été volé ?

Ils s'examinèrent tous rapidement tandis que le Docteur vérifiait ses poches et les signaux transmis par le Tardis.

- J'ai trouvé ce paquet bizarre dans ma poche, et je crois qu'il y a des os dedans, répondit Amy en plissant le nez. Je vais le mettre dans l'incinérateur, je pense, ajouta-t-elle en s'éloignant avec une grimace.

- Heu, il y avait ça sur un siège, fit Rory en brandissant une chemise en flanelle rouge foncé. Je ne pense pas que ce soit à l'un d'entre nous.

Le Docteur esquissa son habituel sourire à l'envers et l'envoya ranger la chemise dans le coffre à vêtements du Tardis. La machine à voyager dans le temps et l'espace choisit ce moment pour lui procurer un ordinateur portable tout neuf. Bien sûr, le Seigneur du Temps connaissait le pouvoir de création de son véhicule, mais il ne se souvenait pas avoir commandé un appareil aussi rudimentaire… Il le posa dans un coin et, après avoir demandé leur opinion aux autres passagers, décida de les emmener à Hawaii, puisque apparemment ils n'y avaient jamais mis les pieds.

Ils y passèrent une semaine à l'écart du monde, puis le Docteur raccompagna les Pond chez eux et River dans sa prison de haute-sécurité. Une fois seul, il considéra l'ordinateur en silence, les sourcils froncés. Les voyants du Tardis clignotèrent doucement et la machine versa sur le côté, envoyant le Docteur contre un garde-fou et un livre de la bibliothèque dans la salle des commandes. Une fois qu'il eut récupéré son équilibre, le Docteur ramassa le vieux bouquin et le dépoussiéra pour tomber sur une vieille édition d'Une Etude en Rouge, le premier tome des aventures de Sherlock Holmes.

Le Docteur esquissa un sourire nostalgique en parcourant rapidement les pages jaunies, puis, pris d'une brusque inspiration, lança un nouveau voyage vers le Londres de 2010.

Le Tardis se posa près du 221b Baker Street et le Docteur se dirigea d'un bond vers la sonnette, excité à l'idée de parler avec un de ses héros de livre préférés. Il appuya sur le bouton avec un peu trop d'enthousiasme et fut reçu par une vieille dame, sûrement la fameuse Mrs Hudson. L'alien lui adressa son plus joli sourire et lui remit l'ordinateur flambant neuf sans un mot d'explication. Il ignora les questions de la logeuse, qui finit par retourner dans son appartement, et regagna quant à lui son Tardis.


Le Tardis disparut avec son habituel ronflement et Missy sortit de sa cachette pour déambuler dans les rues de Londres, ravie d'avoir vu son meilleur ennemi.

Ah… ! Quelle bonne idée elle avait eue de prévoir un dispositif de secours pour effacer son opération Cybermen de la mémoire de tous les êtres vivants présents dans la région ! La manipulation de la mémoire était après tout une capacité naturelle des Seigneurs du Temps, mais elle doutait que ses confrères aient un jour tenté la chose à une aussi grande échelle et de cette manière ! Bidouiller son dispositif de conversion rapide pour installer cette seconde option avait été long et compliqué, mais le résultat avait valu le coup. Même Sherlock Holmes, l'homme à la mémoire quasi-parfaite, avait été incapable d'y résister.

Le Docteur, bien sûr, avait résisté un peu plus que les autres à la vague "d'effacement", mais Missy doutait qu'il se souvienne clairement des événements principaux des derniers jours. Il éprouverait peut-être une sensation de déjà-vu s'il venait à recroiser les détectives et les chasseurs, mais rien de plus.

- Bien, bien, bien, chantonna-t-elle en sautant dans une flaque d'eau. Qu'allons-nous faire ensuite ? Et si je transformais tous les cadavres sur Terre en Cybermen ? Oui, j'aime bien, mais ça va me demander énoooooormément de boulot ! Tsss, heureusement que je suis la meilleure !

La Dame du Temps régla son manipulateur de vortex pour changer d'air, et alors qu'elle disparaissait de la métropole britannique, on put entendre une drôle de chanson dans les rues de Londres :

- Hey Missy, you so fine ! You so fine, you blow my mind ! Hey Missy ! Hey Missy…!

FIN


Fi-ni ! Je vous écris ce message avec un oeil qui part en couille, je l'avoue.

J'espère que vous avez aimé cette histoire ! :D Moi en tout cas, ça m'a bien plu de faire se rencontrer tous ces dingues dans la même histoire !

Allez, à la prochaine !