Note d'Auteur: Je me sens mieux et j'arrive à nouveau à écrire, je ne publie pas tout de suite la suite d'Autour d'un Secret, j'attendrai le week-end pour le faire, pour mon calendrier des publications. C'est quand même pour une commande, donc, je le fais.
Disclaimer: Les personnages et les univers utilisés ici appartiennent respectivement à Tite Kubo et à Eiichiro Oda.
Appel
Sengoku exigea qu'on lui apporte un Escargophone un peu particulier, il s'agissait d'une petite créature noire portant un crâne blanc entouré de flammes bleues sur le côté, il était d'après l'Amiral en Chef d'une importance capitale concernant certains évadés. Il lui permettrait de communiquer avec certains personnes connues de lui seul, et Garp sut tout de suite de qui parlait Sengoku, en effet, il avait déjà rencontré à tout hasard un de ces êtres aux pouvoirs divins, pouvant agir sur les vivants comme sur les morts.
Il les avait trouvés effrayants cependant respectueux envers ceux qui n'étaient pas destinés à être exécutés - il avait ainsi fait la connaissance d'un homme du nom de Kyôraku Shunsui au cours d'une soirée qui s'était achevée dans un bar au milieu de charmantes demoiselles. Il en avait ri sur le coup mais Sengoku le lui avait sévèrement reproché sa conduite mais il n'en avait fait qu'à sa tête comme d'habitude, n'écoutant que son coeur et ses envies. Sengoku avait soupiré une fois de plus mais s'était tu face à tant d'indiscipline. Cependant il comprenait parfaitement qu'on puisse s'amuser de temps en temps, il n'était pas comme Aka Inu qui rêvait de discipline.
On le lui apporta dans un coffret noir clouté d'argent aux allures terrifiantes, il ressemblait d'une certaine manière à un cercueil comme celui sur lequel Mihawk aimait naviguer. Sengoku prit le petit boitier avec beaucoup de réticence mais il savait que cet Escargophone lui avait permis beaucoup de choses par le passé et Garp avait eu vent des circonstances dans lesquelles son vieux rival et ami avait du l'utiliser. Il savait qu'il ne l'utilisait qu'en dernier recours cependant ces appels lui permettaient de se tirer de mauvais pas.
Ces alliés étaient d'une nature particulière, ils ne se pressaient jamais pour accomplir certaines choses cependant quand ils accéléraient le cours de leurs propres opérations, il était parfois difficile de les rattraper et d'avancer au même rythme qu'eux. Garp sourit au souvenir d'une épreuve de force avec un certain Zaraki Kenpachi qui lui avait valu une côté cassé et la perte de l'usage d'une jambe pendant un mois – Sengoku avait été secrètement ravi de ne pas l'avoir eu en face mais plaignait tout aussi discrètement les blessures de Garp...
Sengoku prit le petit animal dans sa main délicatement et composa un numéro, personne ne vit la combinaison de chiffres qu'il utilisa mais on se douta que c'était confidentiel et de l'ordre du secret d'état.
-Allô?
Yamamoto regarda l'homme qui lui faisait face une nouvelle fois tout en buvant son thé vert et se dit une nouvelle fois que c'était un drôle de bonhomme. En effet, il avait refusé de se séparer de son manteau rouge et de son sabre aux quels il tenait particulièrement. L'homme lança à nouveau une plaisanterie et Yamamoto sourit malgré lui et son sérieux plus que légendaire, il appréciait les mimiques de cet homme et ses phrases emplies de sagesse qui sortaient de temps-en-temps de ses lèvres.
L'homme buvait du sake dans une grande tasse blanche et reposa brutalement celle-ci, vide, sur la table devant lui. Il soupira de plaisir, décidément, cet alcool était bien meilleur ici que dans son ancien univers où il avait laissé son fils unique. A ces pensées, son sourire éternel s'effaça pour laisser place à un regard empli d'amertume qui trahissait ses profonds regrets face à cette décision lourde de conséquences pour son enfant, sachant qu'il l'avait abandonné à son sort avant même de le connaître . Même si le fait d'avoir demandé à Garp de l'élever à sa place avait été audacieux - et il savait qu'il le ferait correctement – et rusé – qui penserait chercher son fils du côté de son ancien rival – il s'inquiétait pour lui et regrettait de ne pouvoir le voir de ses propres yeux pour voir l'homme fort qu'il était surement devenu.
Yamamoto voulait en savoir plus sur le territoire que dirigeait cet homme loufoque mais ledit homme le regarda d'un air on ne pouvait plus sérieux:
-Qui a parlé de territoire? Je n'ai jamais dirigé quoique ce soit. J'ai toujours agi comme mon coeur le voulait et seul mes désirs ont gouverné mes souhaits, je n'ai jamais rien désiré d'autre que le bonheur de mes hommes, de mon fils et de tous!
Yamamoto ouvrit les yeux sous l'effet de la surprise, ainsi cet homme s'était auto-proclame Seigneur? Quelle drôle d'idée, mais elle correspondait parfaitement à son attitude désinvolte et joyeuse. Yamamoto aurait du le savoir mais il respectait trop cet homme pour oser lui reprocher son comportement plus qu'insultant d'après les dires de la Chambre des 46. Il aurait du le rappeler à l'ordre mais on n'arrêtait pas Gol D. Roger, il s'arrêtait tout seul, étant libre comme l'air et aussi farouche que la mer qu'il avait navigué et domptée au fil des années.
-Une simple boutade, répondit doucement Yamamoto.
Gol D. Roger scruta les traits de son interlocuteur et y décela une pointe d'humour quel coquin ! Et il sourit, il aimait ce genre de coquin, il était très amusant et aimait la provocation lorsqu'elle venait d'un homme digne de ce nom, fier et fort.
-Vraiment, ami?
Yamamoto sourit à nouveau face à cette provocation, cet homme ne voulait donc pas démordre? Très bien, il en subirait les conséquences, il aimait les provocations il en aurait.
-J'aurai pu vous envoyer en Enfer...
Roger sourit comme un chacal prêt à bondir sur sa proie seule et éloignée de son troupeau, le vieil homme n'était donc pas du genre à vouloir laisser tomber un défi? Soit.
-Il ne m'aurait pas voulu, je suis libre comme l'air et aucun mur ne saurait arrêter l'homme libre que je suis...
Yamamoto n'en attendait pas moins de cet homme fier et libre, il savait qu'il avait désobéi à toutes les lois imposées à la Seireitei par la Chambre des 46 et aurait du le dénoncer mais ça aurait été une trop grande perte par rapport à ce qu'il représentait: la volonté de réussir et l'amour de ce qu'il faisait. Il aurait certainement réagi comme Kurosaki Ichigo en se rebellant contre les lois et aurait certainement réussi à anéantir les Capitaines les plus forts dans sa rage de vouloir être maîtrisé et manipulé.
Il savait qu'il devait jouer finement avec lui et il réussissait à chaque fois à renforcer leur amitié jusqu'à ce que la Chambre des 46 découvre ses agissements des plus déplaisants à ses yeux et Yamamoto ne donnait pas cher aux sages et juges s'ils venaient pour emmener de force Roger. Il devait donc rester discret par rapport aux actes de Roger et tout serait pour lui et il s'était surpris à éprouver de l'amitié pour cet homme qui éclairait le quotidien des Shinigami par son rire et ses pitreries.
Il se souviendrait d'ailleurs pour toujours de la façon dont Roger avait réussi à se faire accepter parmi les gens du Gotei 13, il avait parcouru l'ensemble du Rukongai à pied, son sabre sur l'épaule, effrayant ainsi au passage plusieurs villageois paisibles. Il s'était présenté à un des portes et avait demandé au gardien de le laisser entrer – chose que le gardien avait vertement refusé par ailleurs et l'avait payé cher. Roger avait pointé son sabre sur l'homme qui avait disparu dans les airs sous l'effet de la puissance du coup envoyé par l'ancien Seigneur des Pirates.
Puis Roger s'était littéralement taillé une porte d'entrée dans la porte d'accès à la Seireitei justement et des Shinigami l'attendaient à l'arrière. Il avait réussi à passer toutes les barrières imposées par les Shinigami et même les plus puissants n'avaient su résister à sa force immense et avaient été écrasés par son pouvoir spirituel immense. Puis Zaraki Kenpachi, attiré comme une mouche par ce nouvel adversaire plus que potentiel s'était présenté à lui, l'attendant au détour d'une ruelle comme un renard, attendant sagement sa proie.
Le combat avait été épique et duré plusieurs heures, de nombreux Shinigami attirés par le duel titanesque avaient élevé une sorte d'arène autour des deux hommes et avaient regardé avec inquiétude l'issue de ce duel épique. Puis Kenpachi avait montré des signes de faiblesse et éclaté d'un rire dément à faire frissonner le plus froid des hommes – il rencontrait enfin un adversaire qui en valait la peine. Mais Gol D. Roger avait été plus malin, il ne fallait jamais se déconcentrer au cours d'un duel sinon on risquait de perdre et c'est ce qui était arrivé à Kenpachi justement. Roger l'avait envoyé en l'air comme le gardien des Portes et Kenpachi avait atterri juste à côté du pauvre gardien qui dut subir la colère de Kenpachi, déçu d'avoir perdu.
Yamamoto reprit ses esprits et se rappela que ces événements s'étaient déroulés vingt ans auparavant et il se souvenait du jour où Roger avait du vêtir un Shihakushô, il l'avait accepté mais avait rejeté les règles qui gouvernaient la Seireitei, refusant de se soumettre à un quelconque ordre. Yamamoto avait accepté cet accord mais n'en avait soufflé mot à la Chambre des 46 qui n'aurait sans doute pas manqué de l'exécuter – une seconde fois sans le savoir bien entendu.
Un homme toqua à la porte du bureau de Yamamoto et le Capitaine de la Première Division lui demanda d'entrer.
-Monsieur, on a reçu un appel de Sengoku, il dit que le prisonnier Aizen Sôsuke s'est échappé de sa cellule à Impel Down en compagnie de dissidents.
Le Shinigami avait l'air essoufflé et avait certainement courir le plus vite de sa vie pour rapporter cette nouvelle. Yamamoto reçut avec une surprise visible la nouvelle, croyant qu' Impel Down saurait résister à Aizen Sôsuke, le Traître qui avait failli détruire le Monde tel qu'il le connaissait et le Roi pour une raison obscure.
-Vraiment, osa-t-il répondre au bout d'un moment de silence.
Le Shinigami hocha de la tête pour approuver ses dires et il ajouta:
-Ils ont déjà appelé Urahara Kisuke pour qu'il se charge lui-même de l'affaire.
Yamamoto se sentit soudainement soulagé d'entendre une telle nouvelle, connaissant les exploits et l'intelligence de l'homme en la matière. Il savait qu'il serait le seul à pouvoir stopper Aizen une seconde fois si l'occasion se représentait, sa colère à l'égard de cet homme n'avait pas d'égale. Il savait qu'il ferait ce qu'il serait en son pouvoir pour arrêter le Traître – tel qu'il le connaissait, il était déjà à l'oeuvre pour trouver une solution pour l'arrêter une seconde fois et l'enfermer une bonne fois pour toutes. De plus, le Roi avait décidé de s'intéresser en personne à l'affaire pour une raison assez évidente, Aizen ayant tenté tout de même de le renverser mais Yamamoto savait que les raisons de cet acharnement contre Aizen cachait une vérité encore plus grande mais il préférait se taire lorsque le Roi abordait ce sujet en privé avec lui.
-Très bien, transmettez également les nouvelles aux Humains qui côtoient Kurosaki Ichigo, qu'il retrouve ses pouvoirs le plus rapidement possible.
-Monsieur, le jeune a déjà récupéré la majeure partie de ses pouvoirs, il faut cependant qu'il récupère la totalité de son reiatsu pour pouvoir pleinement réaliser cette mission.
Yamamoto reposa la tasse de thé qu'il tenait entre ses mains pour apprécier pleinement ce fait, il connaissait la bravoure du jeune et il saurait sans aucun doute s'en servir prochainement mais il ressentit tout de même un pincement au coeur, il avait à peine récupérer ses pouvoirs et il devrait à nouveau s'en séparer. Cependant, il lui semblait que si Aizen venait de sortir de prison, il serait lui aussi grandement affaibli et certainement vieilli de son séjour forcé en Enfer.
-Très bien, envoyez aussi d'autres hommes avec lui, une aide sera plus que nécessaire.
Roger eut la sensation désagréable qu'il serait désigné volontaire pour pouvoir l'accompagner, mais il se tut, la décision ne lui appartenant pas le moins du monde. Cependant, il aurait tellement voulu pouvoir rester ici et papoter encore avec le vieux comme il l'appelait, il se leva pour quitter les lieux mais Yamamoto le retint presque par la manche pour qu'il reste avec lui le temps de la fin de l'entretien.
-Vous l'accompagnerez bien sur? Vous connaissez ce monde comme votre poche, vous l'avez parcouru pendant des années.
Roger avait su que c'était trop beau pour être vrai, il avait toujours su au fond de lui, qu'il serait à nouveau appeler à rejoindre ce monde pour une raison ou pour une autre et espérait secrètement qu'il ne ne rencontrerait pas on fils, ce dernier devant lui en vouloir à mort concernant son abandon si prématuré. Mais il voulait quand même le voir, même si son honneur de père devrait sérieusement prendre un coup. Il se résigna donc à devoir quitter les lits confortables de la Seireitei et son ami Kyôraku Shunsui avec qui il buvait beaucoup de sake, se livrant même à des concours de beuverie afin de savoir qui tiendrait le plus longtemps des deux.
-Très bien... Ami.
Il sur alors que Yamamoto avait finement travaillé avec lui pour le garder auprès de lui et se retint de le frapper en pleine figure pour qu'il réalise la véritable valeur de l'amitié même si il avait ressenti de l'affection de la part du vieil homme le concernant, elle sonnait faux maintenant qu'il entendait cet ordre prononcé de cette voix si froide et ferme. Cette situation avait semblait-il fait perdre tout sentiment au vieux et n'avait plus qu'un seul objectif en tête, tuer Aizen Sôsuke coûte que coûte peu lui important de perdre un être cher. Quand il réaliserait enfin la valeur d'un ami, il serait sans doute beaucoup trop tard pour lui même si son coeur pouvait s'échauffer sous l'effet de la colère cependant.
Urahara Kisuke posa le combiné de son téléphone spécial et se tut un instant, grave, Aizen avait réussi à s'échapper de sa prison et il ressentit un goût amer tout au fond de sa gorge, il avait travaillé et oeuvré pendant des années pour pouvoir abattre cet homme et voilà qu'il était libre comme l'air. N'avait-il donc pas compris que son heure avait sonné lorsqu'Ichigo l'avait tranché en deux et que son propre sceau s'était activé autour de lui sans qu'il ait rien pu faire mis-à-part sortir sa propre morgue contre le Roi? Sa main se crispa autour de la chaise de son bureau et le dossier faillit être détruit au contact de cette force inhumaine.
Il sourit prendre un peu d'air frais pour calmer sa colère et se mit en route pour aller chez les Kurosaki et chercher Ichigo au passage, il aurait encore une fois à faire. Il accepterait encore une fois bien sur, étant trop gentil pour refuser quoique ce soit, de plus, il possédait des instincts de protection hors-normes qui s'étaient accrus depuis que Tsukishima avait pris le contrôle de sa famille et n'accepterait pas une nouvelle fois que sa famille soit directement touchée par le danger.
Sengoku, de son côté, posa à nouveau ne combiné de l'Escargophone, rassuré que l'affaire prise en main avec sérieux et se rassit sous l'oeil désapprobateur de Garp. Sengoku connaissait l'opinion de Garp à propos de l'utilisation de cet Escargophone-ci, sachant pertinemment, que l'équilibre des vivants et des morts en serait perturbé. Mais Garp ferma les yeux et se tut une fois de plus, préférant soupirer face à tant de négligence de la part de son ami.
Il se leva et quitta la pièce pour respirer l'air du large qui lui ferait le plus grand bien et il en avait besoin. Il avait déjà regretté de voir Ace mourir sous ses yeux sans qu'il n'ait rien pu faire alors voir son ami utiliser un Escargophone qui n'était même pas supposé exister utilisé à des fins peu légitimes le désespérait au plus haut point. Il se dit qu'il devrait un jour prendre sa retraite et passer voir son fils Dragon... Il passa la main devant les yeux en voyant la mer s'étendre à perte de vue sous ses pieds, craignant déjà le futur.
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A la semaine prochaine...
