Tite-sensei et Oda-sama sont les propriétaires des personnages et des univers que j'utilise ici, je ne gagne pas d'argent sur cette histoire.
Une pluie dans mon coeur
Ichigo regardait avec horreur le cadavre qui s'étendait à ses pieds : elle était à genoux, à même le sol, les larmes coulant sur ses joues, pleurant sa famille perdue. Sôsuke avait posé un bras protecteur autour des épaules de sa belle, mais sa présence n'arrivait pas à apaiser le tourment des émotions dans le cœur de la jeune femme. Cet homme avait tué sa famille sous l'ordre de la Soul Society et les amis de la jeune femme l'avaient protégée à leur tour, ne désirant pas la voir subir le même sort du tout. L'ordre d'exécution était fermement serré dans la main ensanglantée de la jeune fille, qui ne désirait qu'une seule chose : torturer toujours et encore cet homme infâme. Sa colère avait éveillé son Hollow intérieur et ses instincts avaient pris le dessus, depuis, elle ne souvenait pas exactement ce qu'il s'était passé. Tout était si confus dans sa tête. Elle n'arrivait pas à croire que cet événement ait pu se produire, la journée avait pourtant si bien commencé.
Sôsuke avait pris la main de la jeune femme et la prit dans ses bras, la portant comme une demoiselle, sous les yeux affligés d'Ace et de Roger. Crocodile et Luffy étaient debout non loin, main dans la main, se dévisageant avec beaucoup de pitié, et qui regardaient de temps à autre, leur amie complètement atterrée par sa perte. Ils balayaient du regard la plage couverte de sang et trouvaient que cette mare rouge formait un très beau tableau de maître, tandis que la robe blanche couverte de pourpre d'Ichigo complétait avec brio ce triste portrait. Les gouttelettes de liquide rougeâtre s'écoulaient doucement le long de la jambe de la belle jeune fille, comme pour illustrer le saignement profond de son cœur.
Roger eut un pincement au cœur assez similaire que lorsqu'il avait été sur le point de mourir : il avait pensé à son fils qui avait dû naître et qui ne le connaîtrait sans doute jamais, ne croyant pas à une vie après la mort. Qu'il avait été dupe. Il aurait dû porter davantage attention aux légendes sur une existence après la mort, mais Ichigo ne pourrait plus jamais revoir son père, faisait partie intégrante du royaume des mort. Il serait réincarné plus tard, pour le moment ce n'était qu'une particule spirituelle. Il aurait voulu sa jeune amie dans ses bras, mais quelque chose le retenait, il sentait qu'il serait de trop, qu'il serait même un intrus, quelqu'un voulant absolument se rendre indispensable pour Ichigo. Ace posa une main sur l'épaule de son père, compréhensive. Ils boiraient un verre plus tard à la santé de la famille défunte de leur amie.
Ace comprenait enfin la tristesse de sa mère, que Garp n'arrêtait pas de conter et raconter, comme cela avait dû être difficile pour elle, de devoir prendre soin d'elle, de se cacher, de la couver dans son ventre, sachant que le père ne pourrait plus jamais revenir. Et il sentit lui-même que son cœur s'allégeait, malgré cette heure sombre pour Ichigo. De plus, il put aussi comprendre les motivations de son père : rien n'était plus important que sa famille, rien. Il remercia Garp d'avoir été le seul à avoir jamais découvert Rouge sur le point d'accoucher, le seul à qui Roger ait jamais confié son propre enfant, la chair de sa chair, le sang de son sang, son trésor le plus précieux. Mais il se maudissait aussi pour son égoïsme, il ne pensait qu'à lui alors que son amie venait de perdre sa famille. Il ferma des yeux qui se remplissaient de larmes de honte et de chagrin mêlés. Son père, en un geste aimant, passa un bras autour des épaules de son fils qui pleura toute son amertume, dans son étreinte.
Roger prit son fils avec lui jusqu'à leur maison et servit un petit verre de sake à Ace qui en avait bien besoin. Ce dernier but cul-sec le petit bol en porcelaine. Il se resservit encore un verre, puis un autre, et encore un autre, jusqu'à ce qu'il sorte ces images terrifiantes de sa tête. Il n'aurait jamais cru que son amie si douce puisse se transformer en un monstre si puissant qu'il détruisait tout sur son passage, si on venait à l'énerver suffisamment. Mais son père n'avait pas paru outre mesure étonné par cette transformation. Ichigo avait perdu son visage doux et agréable pour un masque qui évoquait les squelettes des animaux à corne morts. Son corps s'était recouvert d'un exosquelette qui paraissait conçu dans l'ivoire de grands mammifères tandis que ses bras n'étaient plus que des os ou quelque chose d'approchant. La bête avait chargé le ninja et la scène qui en avait suivi aurait remporté des records de bestialité.
L'homme avait été savamment déchiqueté de la tête aux pieds, sans qu'il puisse même se défendre. Estimant que c'était le combat d'Ichigo, Ace n'avait pas tenté de s'interposer entre elle et sa pauvre victime, mais il l'empêchait, il avait ressenti beaucoup d'horreur et de dégoût quant à la façon d'agir de son amie. Puis un espèce de boule rouge et noire d'énergie s'était formé entre les cornes d'Ichigo ou de la bête et avait transpercé le corps de l'homme ou de ce qu'il en restait de part et d'autre du cœur. Enfin, l'exosquelette d'Ichigo s'était morcelé et la jeune avait pleuré toutes les larmes de son corps, ne semblant pas croire à son propre acte.
Ace avait juste entendu « Oh non ! Encore ? Pourquoi ? Pourquoi ? » Et Aizen s'était agenouillé près de sa dulcinée, semblant comprendre exactement où voulait en venir sa belle. Visiblement c'était quelque chose à laquelle il s'attendait, quelque chose qu'il connaissait profondément et qu'il savait maîtriser, qu'il acceptait parfaitement d'elle. Mais Ace ne s'était pas attendu à ce qu'elle devienne aussi monstrueuse, mais il ne la rejetterait pas, ce serait vraiment lâche de sa part. Si c'était une part d'elle, alors il fallait la maîtriser complètement, jusqu'à ce qu'elle se transforme totalement en arme. Tout doucement, il monta dans sa chambre, sous le regard toujours inquiet de son père, mais ne dit plus mot, et s'endormit sur le champ.
Roger posa sa tasse de thé sur le bar de sa petite cuisine, songeant lui aussi à ce qu'il venait de voir en tant que spectateur. Il avait entendu parler du Hollow intérieur d'Ichigo, mais il ne pensait pas que cette créature avait tellement de pouvoir. C'était perturbant, pour ne pas dire terrible. Urahara Kisuke avait eu tort de provoquer la transformation en Vizard d'Ichigo et il en voyait le résultat ici-même. Kisuke aurait dû confier l'entrainement de base de son protégé à Yoruichi Shihôin, la dame au joli corps et qui avait du mordant. Quelle enflure ! Il avait contaminé chaque cellule du corps de cette jeune femme pour ne plus devenir quelque chose d'humain quand elle était sous l'emprise de la rage.
Il comprenait également comment Byakuya avait pu revenir avec de telles blessures lors de son combat avec Ichigo. C'était cette chose qui avait pris le dessus sur la raison de la jeune femme, désirant plus que tout sauver son amie. Si Ichigo n'avait pas repris le dessus sur cette créature, nul doute que Byakuya serait mort à l'heure qu'il était. Et Rukia serait privée de frère pour le restant de ses jours. En plus, Roger croyait qu'Ichigo s'en serait voulue pour des jours et des jours pour ne pas dire sa vie entière pour avoir osé tuer quelqu'un de la sorte. Bref, cette pauvre petite avait décidément une vie bien triste. Il se coucha à son tour tentant de chasser les images de cette journée, sans grand espoir.
La nuit, il rêva de créatures qui prenaient possession du corps de jeunes femmes…
XOXOXOXOX
Complètement abattue, Ichigo était allongée dans l'immense baignoire de marbre de son amant, Sôsuke faisait couler un bain d'eau brûlante pour chasser toute trace du sang du tueur de la Soul Society du corps de sa belle. Il songeait avec un pincement au cœur au Hollow qu'il avait tenté de convertir en Shinigami voilà presque vingt ans, qui ressemblait à s'y méprendre à la forme hollowmorphe d'Ichigo. Il avait lancé cette créature dans le monde des humains et on avait envoyé Isshin Shiba combattre la créature. Il avait assisté au combat, voyant une jeune femme prendre son arc et sceller cette chose en elle. Et cet Arrancar raté avait élu domicile dans le corps de sa belle, le couvrant de honte. En un sens, le meurtre de ce jour était aussi sa responsabilité.
Amusant, non ? Il avait détruit des tas de vies au cours de sa carrière, que ce soit à la Soul Society ou dans le Hueco Mundo, mais le fait de savoir que sa belle était sa victime mettait sa conscience à mal. Il voudrait se mettre à genoux devant Ichigo et lui demander pardon mais sa fierté arrêtait directement ses actions. Alors il prenait l'éponge et purgeait du corps d'Ichigo toute trace de ce sang impur à ses yeux.
—Si seulement je pouvais effacer tout ça de toi, mon amour, murmura-t-il entre ses dents.
Mais il frotta la peau avec encore plus de vigueur jusqu'à ce qu'elle ne soit plus rouge en raison du sang, mais à cause de ce décapage virulent et agressif qui servait aussi de guérison à Sôsuke. Alors il prit le corps de sa belle et le posa sur son lit, mais sa belle ne répondait pas du tout au toucher de son bel amant, au contraire, elle se rétractait sur elle-même.
—Mon amour, regarde-moi, je t'en prie, regarde-moi.
Mais Ichigo ne faisait pas mine de vouloir le regarda ne serait-ce qu'une seule seconde, bien au contraire. Elle se renfermait dans un mutisme solitaire qui le privait lui de son contact. Il sentait que son amante n'accepterait pas qu'elle s'introduise dans son cœur à présent, et puis, il avait l'impression qu'elle s'était enfermée dans son monde intérieur.
XOXOXOXOX
—Zangetsu ! Ossan !
Mais son monde était complètement effondré : les immeubles étaient recouverts de peinture noire tandis que le ciel était d'un rouge sang. Partout, elle sentait les effluves du sang autour d'elle et il lui était impossible de se sortir de cet enfer, elle devait l'affronter. Elle avançait prudemment, mais il arrivait qu'une fenêtre ou un balcon se brise sous ses pieds, elle se souvint alors des leçons sur la confiance : une arme se brisait si on perdait confiance en soi.
—Ossan !
Mais aucune réponse ne se faisait entendre alors qu'elle avait vraiment besoin de la présence de son Zanpakutô, de ses conseils, de son soutien, de son appui… Elle tremblait de peur à l'idée que même sa propre armé l'ait abandonnée, comme sa propre famille. Elle ne voulait pas y croire, mais alors surtout pas.
—Ossan… Pitié…
La jeune femme tomba à genoux sur une place publique couverte des noms des gens de sa famille, comme une espèce de mausolée. Elle toucha du doigt les noms de ses sœurs, effleura celui de sa mère et s'agenouilla devant celui de son père, ayant voulu connaître ses dernières pensées. Qu'aurait-il donc pensé de sa relation avec Sôsuke, de sa transformation en femme ? Ichigo ne s'était pas confié à lui à cette époque-là et le regrettait amèrement. Il lui sembla que l'heure suivante, elle vida toutes les larmes de son corps sur ses noms qui signifiaient tant pour elle.
—Tu comprends pourquoi je t'ai amenée ici, Ichigo, demanda une voix caverneuse, désincarnée qui remplissait l'espace de son monde intérieur.
La jeune femme leva précipitamment la tête : le vieil homme la regarda avec gravité, et posait une main sur son épaule.
—Oui…
Le vieil homme aida sa propriétaire à se relever :
—Parfait. Tu avais besoin de voir de voir ces noms, une dernière fois.
—Pourquoi as-tu laissé mon Hollow prendre le contrôle de mon corps ?
Le vieil homme eut un sourire contrit :
—Tu as désiré détruire cet homme et inconsciemment tu as lâché la bête sur lui…
La jeune femme crut qu'on l'avait giflée au visage, énonçant la pire des insultes. Mais elle reprit contenance.
—Ramène-moi, c'est un ordre…
La jeune femme fut tirée de sa torpeur, vers minuit, et elle prit un bol d'air frais, refusant toujours de croire que c'était elle qui avait donné l'ordre à ses propres instincts de la domine, elle.
Ce chapitre est horrible, je sais. Mais j'ai quand même droit à une review ?
