Démenti: Bleach et One Piece ne m'appartiennent pas sinon, ce serait une véritable orgie.
Tension et détente
La salle d'autopsie de Mayuri Kurotsuchi était d'ordinaire macabre, l'ambiance n'était pas à la plaisanterie, un silence d'enterrement y régnait, si ce n'étaient les coups d'instruments de dissection. Cependant, là, on avait atteint un sommet dans le lugubre, le capitaine de la Douzième Division était lui-même sous pression, il sentait le regard pesant de Yamamoto Genryûsai dans son dos. C'était une sensation franchement désagréable.
Et pour cause, le corps de sa dulcinée reposait sur son brancard. Il était déjà salement déchiqueté avant d'être apporté à la morgue, alors, à présent, Soi Fon était méconnaissable sous ce magma rougeâtre. Le chirurgien avait confirmé qu'il s'agissait bien d'elle, grâce à son ADN et à son reiatsu latent, signe qu'elle avait rencontré la mort quelques heures plus tôt à peine.
Les Shinigami qui avaient eu le malheur de la trouver dans ce sinistre état avaient trouvé la Faucheuse sous la forme de Yamamoto, qui avait piqué une crise de colère insensée pour un homme de cet âge. Depuis, les bruits avaient couru, la capitaine de la Deuxième Division était trépassée, et il valait mieux ne pas titiller les nerfs du Chef du Gotei 13.
Même Kenpachi n'osait pas l'affronter, c'était dire ! Il était calmement resté dans son coin, et avait cherché la compagnie de Kuchiki Byakuya, qui avait répondu immédiatement. L'espion de Genryûsai avait été formel, ils forniquaient sagement dans les appartements privés du Capitaine de la Sixième. A croire qu'ils voulaient un bébé ensemble. Il apparaissait que Kuchiki criait comme une femme et Kenpachi rugissait comme une bête au moment de l'orgasme.
Or, tout ceci ne lui rendrait pas son plus précieux élément. Elle gisait là, détruite. Mayuri distillait des informations ici et là. Des copeaux de glace avaient poussé dans son organisme et coupé plusieurs vaisseaux sanguins majeurs, comme les artères. Des traces de barrières noires avaient été trouvés ici et là, encore plus infimes, sectionnant les entrées et sorties de reiatsu.
Le plus intéressant dans tout ça, était un élément diffus, peu présent, juste des infimes indices, des restes d'étincelles de très haut voltage, à un niveau inégalé avaient été décelées. Quand il l'avait compris Yamamoto avait failli brûler l'intégralité du laboratoire souterrain de Kurotsuchi. Fort heureusement, l'homme avait eu la jugeote de ne choisir que ses instruments les plus ignifugés.
-Ainsi la chatte est responsable de cela.
Mayuri afficha sa plus belle mine sinistre d'acteur avéré, et avait confirmé la nouvelle, ce qui avait calmé sérieusement les nerfs du vieil homme. Il y aurait intérêt à organiser des funérailles dignes d'une reine dans les jours prochains ou sa tête plongerait la première.
-Je le pense.
A partir de cet instant, Yamamoto imagina tous les scénarios où il pourrait se retrouver face à cette bonne femme impie. Elle méritait une mort des plus atroces. Le feu n'était pas assez puissant pour elle, il lui faudrait une torture encore plus horrible.
-Cette rouquine…
Oh oui, elle l'avait privé de son amante, il lui enlèverait sa propre source de bonheur et de joie. Cette Inoue servirait à nouveau ses desseins ! Elle avait beau être un vulgaire utérus pour l'arme anti-Aizen, elle serait utile, en temps voulu.
-Elle n'est qu'une fille constamment en chaleur, rien de plus.
Il y avait longtemps qu'il avait quitté les quartiers de Mayuri pour se retrouver dans son propre repaire, à l'endroit où il fomentait tous les plans les plus machiavéliques les uns des autres. Il tapotait bruyamment son bureau en bois massif à la recherche d'une distraction, qui ne venait pas.
D'habitude, Soi Fon se présentait à lui, toujours plus séduisante, plus désirable, elle comprenait chacun de ses vœux les plus chers de vieil homme. Elle savait le soigner, le caresser dans le bon sens du poil, elle était douce et déchirante. Il écopait des dizaines de petites cicatrices sur le corps.
Dorénavant, il était réduit à patienter, à attendre qu'on vienne le voir, il avait eu l'idée un jour de prendre le jeune Byakuya Kuchiki comme amant, tellement il ressemblait à une fille enfant. Ginrei aurait accepté et fermé les yeux. Il aurait fait trouver une méthode pour le mettre enceint par les bons soins de Kurotsuchi.
Ce n'était rien d'autre qu'une femelle de plus. Malheureusement, il était déjà souillé par Kenpachi, et Kuchiki avait un coup de mou, il faisait moins d'exercices de combat. Ses muscles s'affinaient, ressemblaient à ceux d'une femme. A croire qu'il rencontrait sa vraie nature. Et dire qu'il avait épousé Hisana pour ajouter de la beauté à la famille !
-Apportez-moi Kenpachi.
Un Shinigami se lança à la recherche de l'homme le plus redouté de la Seireitei après le Capitaine-Commandant. Personne n'osait vraiment se trouver dans un rayon de moins de dix mètres du monstre de puissance. Cela dit, cette fois, on serait forcé de le contacter.
-Très bien.
Le Shinigami le plus farouche de tous pénétra dans les lieux, l'air pas heureux du tout, on l'avait arraché de force des bras de son cher Byakuya, il avait tué le messager du Capitaine-Commandant sur-le-champ. Il détestait déjà qu'on le sépare de ses joujoux de combat, alors de son amant, c'était une toute autre histoire !
-Oui ?
Yamamoto ouvrit ses yeux, dans ses iris des flammes dansaient littéralement, leu le consumait, celui de la haine, de la vengeance, du besoin d'assouvir ses pulsions meurtrières. Nul doute que ses ennemis souffriraient énormément quand ils le verraient en chair et en os sur leur chemin ! Et il valait mieux pour eux qu'ils le fuient immédiatement !
-Vous allez trouver Inoue Orihime, Shihoin Yoruichi, Grimmjow Jeagerjacques, Kuchiki Rukia, et ces deux Arrancars femelles à Las Noches.
Il marqua une pause théâtrale pendant laquelle Kenpachi fut forcé de l'écouter. Il était quand même son chef, la personne qui l'avait démoli à plate couture en plein duel à maintes reprises ! Si quelqu'un était capable de se faire obéir de Kenpachi, c'était bien Yamamoto ! La bête de la Soul Society le respectait rien que pour sa force.
-Vous les détruirez aussitôt que vous les verrez.
Au moins, il était certain des résultats, Kenpachi ne faisait en général pas de quartier. Au contraire, les cadavres étaient semés sur son passage. On ne lui résistait pas. Et Yamamoto savait qu'une bande de greluches sans cervelle représentaient un bien piètre obstacle pour cet animal. Enfin, ce n'était pas une menace, rien qu'une formalité.
-Très bien.
Yamamoto se pencha vers Kenpachi, tout en se levant de son siège, il posa une mais presque paternelle sur un de ses chiens les plus fidèles. La puissance se sentait dans chacune des fibres de son corps, nul doute que la Shihoin, cette chatte en chaleur constante, ne ferait pas le poids !
-J'ose espérer que vous rapportez leurs têtes.
A ceci, Kenpachi éclata de rire, d'un rire sardonique, sans joie, cruel, abominable. Tous les oiseaux quittèrent leurs nids, les animaux se cachèrent bien profondément dans leurs nids, et les insectes se terrèrent bien dans le terreau.
-Je vois que nous sommes d'accord.
L'assassin de la Onzième se dirigea vers les quartiers de la Douzième, il n'était pas capable d'ouvrir un garganta par ses propres moyens. Au contraire, il devait faire appel à des gens plus compétents que lui pour se faire.
XOXOXOXOXOX
Dragon ne s'inquiétait pas vraiment, il avait envoyé son second contre Ao Kiji et ses sbires. Même s'il était quand même angoissé par la façon dont Sabo reviendrait. Serait-il en forme ? Serait-il blessé ? Garderait-il des séquelles toute sa vie de son combat ? Il avait certainement le niveau d'un amiral, il était capable d'en défaire un sans aide externe. Il le savait, il l'avait formé lui-même et Sabo s'était entraîné sur le tas également.
Il avisait le ciel, en quête de réponse, il espérait que celui qu'il considérait comme son fils adoptif ne lui en voudrait pas outre mesure de l'avoir envoyé lui, et pas un autre. Certes, Sabo voulait répéter l'exploit d'Ace, son frère aîné, cependant, il était autrement plus prudent que Poings Ardents. Il ne commettrait pas les mêmes erreurs, les mêmes fautes. Il ne répondrait pas face à une provocation, même minime de la part de ses ennemis.
Poings Ardent avait perdu la vie pour sauver Luffy, son fils biologique, et il avait obtenu une seconde chance en devenant un Shinigami de premier ordre, selon les critères de Gol D. Roger. Il était fort comme l'acier et plus dur que le diamant. Et encore, Dragon était persuadé que Roger fanfaronnait rien que parce qu'il était ravi d'avoir son fils avec lui. Dragon levait les yeux vers les nuages quand c'était le cas !
Il avait eu un récit de première main de la part d'Ivankov, et ensuite de Luffy, cela dit, Dragon n'aurait sans doute jamais approuvé un tel débordement de témérité de la part de ses hommes. Il en attendait de la prudence, de la patience, et surtout un grand esprit stratège. Il avait trouvé la personne idéale en Sabo, il l'avait vu grandir sous ses yeux, malgré des propres manquements aux règles, il n'en demeurait pas moins très capable.
-Tu t'inquiètes pour lui ?
Le meneur de la révolution n'avait pas besoin de se retourner pour voir qu'il s'agissait de son autre lieutenant, Ivankov. Le travesti s'avança à sa droite, posa les coudes sur les remparts de la forteresse où ils avaient élu domicile.
-Pourquoi poses-tu une question dont tu connais la réponse ?
Ivankov soupira, c'était à chaque fois la même rengaine avec Dragon, l'homme refusait catégoriquement de se confier à qui que ce soit. C'était lassant, et pourtant, Ivankov l'admirait pour cette droiture et ligne de conduite qu'il s'était imposé pendant des années.
-Peut-être parce que tu as besoin de t'ouvrir un peu, non ? Tu es resté là, pendant des heures à contempler l'horizon. On est en droit de s'inquiéter.
Dragon foudroya du regard l'homme qui était son meilleur ami depuis des années, la personne avec qui il avait fondé ce mouvement. Parfois, il se montrait un peu trop inquisiteur, mais il avait compris qu'Ivankov ne pensait qu'à son bien personnel.
-Je te remercie.
Ivankov soupira presque. Presque. Au moins son meneur admettait avoir besoin de soutien humain, c'était déjà ça. Et pourtant, voilà deux décennies, il cherchait hâtivement du soutien, là où il pouvait le trouvait. Il avait éprouvé la nécessité d'avoir un peu de chaleur humaine, pas que de la solitude, ou de la haine.
-Allez, repose-toi, demain sera un autre jour, et pour rappel, le soleil ne t'offrira pas de réponse quant à son avenir.
Dragon baissa les yeux vers le bas de la forteresse, où son armée s'exerçait d'arrache-pied. Il avait le souvenir d'un garçon blond, amnésique, qui faisait des cabrioles un peu partout, cherchait à se surpasser. Il sourit à l'évocation d'une image en particulier. Il l'avait défié lui, en combat singulier alors qu'il n'avait encore que quatorze ans !
-Tu as raison, il vaut mieux se reposer.
Et boire une bière ou deux. Il y avait longtemps qu'il ne s'était pas laisser aller de la sorte, à être un humain, pas un meneur, un homme traqué, recherché. Il s'était oublié au profit de sa cause, de la multitude qui souffrait chaque jour un peu plus des affres des Dragons Célestes !
-Viens prendre un thé, ça t'aidera.
Ivankov et sa manie de s'abreuver d'eau agrémentée de feuilles parfumées, Dragon secoua la tête. Décidément, le travesti trouvait souvent de quoi méditer avec une tasse à la main, en ne pensant à rien d'autre que de se remplir le gosier.
-S'il le faut.
Le travesti esquissa un sourire, pour une fois que Dragon comprenait ! C'était une petite victoire en soi, certes, cependant un véritable pas pour l'accomplissement d'autres devoirs. Genre, prendre soin de lui, se dérider, se calmer.
-Et tu seras beaucoup plus efficace après ! Crois-moi !
Le chef de l'armée révolutionnaire pénétra dans les murs du château qu'il avait mis beaucoup de temps à restaurer, poursuivant un de ses gens les plus fidèles dans les couloirs les plus sombres pour arriver à un petit salon, décoré de plusieurs tapis duveteux et de fauteuils confortables.
-Tu ne te prives de rien !
Ivankov lui adressa un clin d'œil assez complice, assez fier de son petit effet, il se cala à son aise dans un canapé de cuir blanc, où reposaient des coussins multicolores. L'homme faisait tout à sa fantaisie, recherchait le bien-être pour soi, et cette salle en faisait partie.
-Comme toujours !
Le travesti servit de l'eau brûlante dans les récipients avant de s'emparer de divers pots où étaient disposés des dizaines de feuilles issues du monde entier. Dragon s'interrogea une nouvelle fois sur la capacité d'Ivankov à tout obtenir, il espérait que ce n'était rien d'illégal.
-Je les ai achetées à South Blue.
Il lui narra une anecdote assez amusante sur un producteur de thé, qui s'évertuait à collectionner les mets les plus rares et raffinés. Nul doute que ces plantes faisaient partie de sa collection, pour ne pas dire étaient le clou de ses trouvailles.
-Il est ton premier fournisseur ?
Ivankov partit d'un grand rire :
-Ca, c'est mon secret !
Bonne Année à tous et à toutes !
Bonne résolution 2020 : tenter de finir cette histoire.
Oui je sais, j'ai déjà prononcé ce voeu l'an dernier et je ne l'ai pas fait.
