Résumé : Remus est père depuis 8 ans déjà. Comment peut-il annoncer à sa fille comment elle est née, sans qu'elle ne le déteste ? Harry se retrouve célibataire avec un fils de 4 ans, détesté par sa mère. Peut-il sauver son fils de la noirceur qui semble l'avaler ? L'amour peut-il sauver ces deux enfants ?

Rating : T pour certains passages difficiles

Disclaimer : Les personnages sont de JKR, sauf Rose, l'histoire est à moi

Note : C'est ma première fanfiction, alors n'hésitez pas pour les critiques constructives, je suis preneuse! J'espère que vous apprécierez :) Enjoy!


- Rose Harmonie Lupin !

- Oui papa-chou ?

- Pas de papa-chou qui tienne, je t'ai demandé de ranger ta chambre, pas de la transformer en hall de gare ! Et je peux savoir ce que tu as fait à ces couvertures ? Pourquoi y-a-t-il des trous dans tes draps, jeune fille ?

- Lunard, déstresse ! C'est Harry et Ginny qui viennent manger, pas le ministre. Ils ont vécu au Square Grimmaud, c'est pas une chambre d'enfant qui va leur faire peur.

- Je sais Patmol, je sais, c'est juste... J'ai peur de gaffer.

Remus et Sirius se tenait dans l'encadrement d'une porte, devant une chambre d'enfant, face à une petite fille aux cheveux bruns nattés jusqu'à ses hanches, et de grands yeux chocolat humides. Ses lèvres pleines tremblotaient, et sa tête était baissée, le regard sur ses mains jointes devant elle, consciente d'avoir désobéi à son père. Elle triturait ses doigts en froissant sa robe jaune pâle, essayant de ne pas regarder le château de couvertures qu'elle avait construit, dont elle avait troué le plafond pour représenter la voûte céleste. Elle avait pourtant suivi les cartes du livre d'astronomie qu'elle avait trouvé dans la bibliothèque, elle pensait le résultat très approchant.

Sirius s'accroupit devant la petite fille de 8 ans, et passa son index sous son menton pour le relever. Il lui sourit, de ce sourire qui montre toutes ses dents et qui la réconforte à chaque fois. Elle aimait son père du fond du cœur, mais son parrain était le seul qui pouvait gérer les crises de stress du loup-garou. Enfin, ça et le chocolat, mais elle n'avait pas le droit d'en garder dans sa chambre.

- Désolé Rosie, ça fait longtemps qu'on n'a pas vu Harry, et ça nous inquiète un peu. Je sais que tu ne le connais pas vraiment, mais c'est mon filleul également, et Lunard a été son professeur, alors il veut se montrer sous son meilleur jour.

- Excuse-moi... je ne voulais pas désobéir, mais je vous ai entendu dire qu'ils venaient avec leur fils, et je pensais que d'avoir une cabane l'amuserait. J'ai travaillé dur pour faire la carte du ciel dans les couvertures, mais je ne voulais pas vous embêter avec ça... pardon !

Elle se jeta dans les bras de Sirius, les larmes dévalant ses joues, et ce dernier perdit son équilibre et finit les fesses par terre, la serrant contre lui. Remus, déstabilisé face à l'attention de sa fille pour un autre enfant, se mit à leur hauteur pour caresser les cheveux de sa fille, en soupirant. Être père n'était déjà pas facile, mais les secrets autour de sa fille rendaient la tâche plus dure chaque jour. Heureusement, Sirius vivait avec eux et l'aidait du mieux qu'il pouvait, apaisant les tensions de son rire tonitruant et de ses paroles rassurantes. À eux deux, ils prenaient soin de cette enfant, sa fille. L'aide inestimable de Severus avait même fini par rapprocher maraudeurs et maître des potions, et une franche amitié teintée de sarcasme les liait désormais. Avoir une enfant née de la magie noire n'est pas de tout repos !

- Excuse-moi puce, je suis un peu à cran. C'est gentil d'avoir voulu mettre James à l'aise, même s'il n'a que 4 ans, je ne sais pas si Ginny le laissera monter dans ta chambre sans surveillance. J'ai cru comprendre que c'est une vraie terreur... Mais pourquoi ne pas plutôt aller faire une cabane à l'extérieur ? Il fait beau, et on vous aura sous les yeux.

- C'est vrai ? Je peux ?

- Oui, tu me laisses le temps de finir la cuisine et je viens t'aider à fabriquer une cabane dehors.

- Laisse Lunard, je vais y aller, comme ça tu peux rester au calme avant que la troupe n'arrive.

Sirius se releva et entraîna la fillette vers le petit jardin, en riant, déjà lancé dans le projet de construction. Remus soupira de soulagement et descendit à son tour l'escalier, rejoignant la cuisine où les ustensiles s'agitaient, finissant la préparation d'un gâteau au chocolat, et découpant des pommes de terre tout en assaisonnant un rôti. Depuis les fenêtres de la cuisine, il regarda La cabane prendre forme à l'extérieur, ressemblant à s'y méprendre à une petite tour de siège en bois, et Rose sautait autour de Sirius. Remus sourit, l'entendant supplier qu'il la peigne en jaune. Sa fille était une inconditionnelle du jaune, du citron, et des rubans en satin autant que lui l'était du chocolat. Secouant la tête, il se dirigea vers la salle à manger, dressant la table avec des assiettes en verre poli s'accordant aux tons taupe et crème de la pièce. La vaisselle bleu-vert sur la table en bois clair donnait une touche de fraîcheur, et rendait l'atmosphère apaisante. Les baies vitrées éclairaient le rez-de-chaussé d'une douce lumière, et il profita du calme de leur petite maison de campagne. Cela faisait 8 ans maintenant qu'il avait Rose dans sa vie, et 6 ans qu'il avait acheté ce petit endroit grâce à la récompense de guerre que le ministère avait accordé à chaque membre de l'ordre. Combattre en craignant pour sa fille avait été la chose la plus dure qu'il ait eu à vivre, elle n'avait que quelques mois et ses éclats de magie étaient encore violents. Andromeda avait pris soin de chaque enfant de ceux qui se battaient, les protégeant au Square Grimmaud en attendant la fin des combats, et angoissant à l'idée d'une défaite. La destruction du salon par sa fille l'avait cependant vite tenue occupée, même si aucun enfant n'avait été blessé. La potion inventée par Severus après son rétablissement faisait des miracles, et la magie noire ne suintait plus par vague du corps de son enfant, même si elle était encore présente. Il leur rendait d'ailleurs régulièrement visite avec des potions toutes plus novatrices les unes que les autres, pour tenter de réduire petit à petit cette affliction.

Perdu dans ses sombres souvenirs, il sursauta en entendant sa fille crier à l'extérieur. Un œil par les fenêtres le rassura, la tour était finie, et le cri de joie soulignait la touche finale de la construction jaune poussin : Sirius avait peint une tablette de chocolat géante sur l'une des façade, et l'échelle menant à la pièce en haut de la tour en rouge et blanc, donnant l'impression d'une échelle en sucre d'orge, avec d'énormes rubans bleus sous chaque fenêtre. Le goût était douteux, et c'est bien pour ça que Remus s'était chargé de la décoration intérieure ! Mais Rose était ravie, et c'était ce qui importait le plus. Sirius lança des sortilèges de protections pour empêcher quiconque de tomber, puis le rejoignit à l'intérieur, son t-shirt blanc faisant ressortir ses muscles, et son jean bleu tombant sur ses hanches s'accordant à sa merveille avec sa démarche nonchalante.

- Tu admires la vue ? Rigola Sirius

- Désolé Patmol, t'es chasse gardée ! Rose m'a encore dit hier soir qu'elle se marierait avec toi plus tard.

- Je pourrais continuer de t'appeler Lunard, ou je dois passer au beau-papa dès maintenant ?

- J'ai bon espoir qu'elle se rende compte que tu es vieux et que tu laisses des poils partout sur le canapé !

Les deux hommes se regardèrent avant d'éclater de rire, et c'est le souffle court et les joues rougies d'amusement qu'ils accueillirent Harry, Ginny et James Potter dans le cottage. Ils s'étaient mariés 5 ans auparavant, et James était né un an plus tard, héritant des cheveux en bataille des Potter, mais roux, et des yeux verts de Lily. C'était un petit garçon au visage angélique, rond et un peu joufflu, mais ayant avec une bonne dose du caractère Weasley pour les bêtises. Heureusement, Ginny connaissait la chanson, d'autant plus qu'elle gérait les bons de commandes, les pubs et promotions diverses pour la boutique de ses frères depuis la maison, lui permettant de surveiller son fils tout en s'occupant. Harry était auror, et peu présent en semaine, la laissant seule toute la journée. Ce travail proposé par Fred et George avait été une bénédiction pour elle, et un soulagement pour eux, leur succès les ayant légèrement débordé depuis la fin de la guerre. Ils avaient dû embaucher 3 personnes pour gérer la clientèle du Chemin de Traverse, ouvrir une boutique à Pré-au-Lard qu'ils géraient eux-même, et réfléchissaient à étendre leur firme dans d'autres pays, recevant de plus en plus de bons de commande pour la France et l'Italie.

Rose arriva avec calme, et entraîna James à l'extérieur après que Remus ait rassuré Ginny sur la sécurité du jardin. Ils s'installèrent autour de la table, Sirius servant un verre à chacun pour dissiper l'inconfort de la situation. C'est Harry qui brisa la glace en parlant des enfants, sujet universel entre parents.

- Rose a grandi... Dire que dans 3 ans elle va à Poudlard. Tu penses qu'elle ira dans quelle maison ?

- Sirius et moi avons lancé des paris entre Gryffondor et Serdaigle... même si je n'ai pas vraiment hâte qu'elle se retrouve entourée de garçons, soupira Remus

- James ira à Gryffondor tu penses ? demanda Sirius. J'ai cru comprendre qu'il était très aventureux dans ta dernière lettre.

Ginny fit la moue alors qu'Harry rigolait, décrivant les dernières inventions de son fils avec fierté, là où Ginny était plus circonspecte.

Le repas se passa dans la bonne humeur, les enfants faisant des allées et venues entre chaque plat, du séjour au jardin et inversement. La tourelle remportait son succès, permettant à Sirius de pavaner un peu. Après le dessert, Ginny finit par mettre les pieds dans le plat, une fois les enfants retournés à l'extérieur.

- Comment se porte Rose ?

- Comment ça ? Réagit Remus, sur la défensive.

- Tu sais qu'elle a besoin d'une présence maternelle Remus... C'est une enfant, et vous l'élevez tous les deux sans femmes autour d'elle.

Sirius l'interrompit, et posa la main sur le bras de Remus pour le calmer.

- Ecoute Ginny, on en a déjà parlé plusieurs fois, et ça devient lassant. Tu ne sauras pas qui est la mère de Rose, et nous avons des présences féminines dans notre entourage. Narcissa Malefoy est toujours ravie de nous secourir quand on est perdu, et Andromeda vient nous voir régulièrement pour s'assurer qu'on ne la transforme pas en mini maraudeur.

- C'est juste que je ne comprends toujours pas comment tu as pu te retrouver père du jour au lendemain... et les Malefoy quoi !

- Gin', arrête, intervint Harry, je t'avais dit de ne pas aller sur ce terrain là. Remus est un bon père, Rose a l'air plus qu'épanouie, et s'ils estiment que ça ne nous regarde pas, c'est que c'est probablement le cas. Désolé Remus, Sirius... Je crois qu'on ferait mieux de rentrer.

Les hommes soupirèrent pendant que la jeune femme se renfrognait.

- On a conscience que ce secret est pesant. Il l'est pour vous, il l'est pour nous. Mais il s'agit de Rose, et elle passe avant tout. On comprendrait si vous ne pouviez plus faire avec.

- Remus ! se fâcha Ginny. On a combattu ensemble, ne nous fais-tu pas confiance ?

La cheminée s'alluma, les flammes vertes faisant sursauter la tablée, et Severus sortit de l'âtre en haussant un sourcil.

- Eh bien ! J'ignorais qu'il y avait une réunion de Gryffondor aujourd'hui. Vous avez décidé de vous entre-tuer entre lions en laissant les enfants profiter du spectacle ?

- Ah ! Sévi-chou ! Sirius se leva pour le prendre dans ses bras, soulagé qu'une distraction vienne mettre fin au massacre. Tu tombes à pic, j'allais sortir une bouteille de whisky pur feu de 20 ans d'âge, que j'ai retrouvé dans la cave du Square la semaine dernière. Je pense que j'en ai pour au moins encore dix ou quinze ans à rendre la maison inoffensive... !

- Black ! Combien de fois t'ai-je dit de ne pas m'appeler comme ça ? Gronda Severus, en donnant une poignée de main à Remus, devant Harry et Ginny, ahuris.

- Au moins autant que je te l'ai dit, sévi-chou, minauda Sirius avant d'éclater de rire et de sortir des verres et la bouteille.

- Severus ! S'écria Rose en courant jusque dans ses bras.

Rogue eu juste le temps de l'attraper pour la porter avant qu'elle ne le percute, et il la fit tourner dans les airs un instant avant de la reposer à terre, souriant et abandonnant le masque du sarcastique maître de potion.

- Enfin une personne pour relever le niveau !

James arriva lui aussi dans la salle et se jeta sur sa mère, puis commença à raconter toute son aventure dans le jardin en bégaillant. Harry et Ginny l'écoutait d'une oreille, toujours stupéfait de la situation s'étant déroulée sous leurs yeux. Ils se regardèrent, partageant cette impression d'avoir changé de dimension, avant de finalement prendre congés de leurs hôtes en les remerciant. Leur départ mit fin à ce repas ubuesque, Sirius et Remus se rappelant soudainement pourquoi ils n'invitaient plus les membres du trio d'or dans leur maison, malgré leur envie de les revoir. Ils remercièrent chaleureusement Severus pour son arrivée impromptue, les ayant sauvé d'un conflit qui serait sûrement devenu chaotique.

- Papa-chou ? Est-ce que c'est à cause de ma maman que vous vous êtes disputés avec Harry et Ginny ?

- C'est plus compliqué que ça ma puce, mais oui, en partie. Ne crois pas que je ne veuille pas te dire ce qu'il en est, c'est seulement que... Je n'assume pas ce qu'il s'est passé ce jour là.

- On t'a promis qu'on te raconterait avant ton entrée à Poudlard, Rosie. On tiendra parole, dit doucement Sirius en la prenant dans ses bras.

- Peut-être est-il temps de lui en dire une partie ? Souleva Rogue en faisant tourner le liquide ambré dans son verre.

Remus soupira, s'enfonça dans sa chaise et ferma les yeux. Son visage reflétait le désespoir et la douleur de repenser à cette journée infernale. Sa gorge se noua et il sentit son estomac se retourner sur lui-même. Deux petites bras encerclèrent son cou et une tête se posa contre sa joue, apportant une senteur lavande à sa tristresse. Rose chuchota :

- Ce n'est pas grave Papa-chou, je n'ai pas besoin de savoir. Je suis heureuse comme ça, je suis juste triste que vous ne puissiez pas voir vos amis à cause de moi.

- Tu n'y es pour rien puce. Mais Severus a raison, je peux t'en dire une petite partie, même si je ne suis pas prêt à tout te révéler.

Remus ouvrit les yeux et plongea dans ceux de sa fille, leur couleur chocolat l'hypnotisant et lui rappelant ceux de sa mère, le suppliant de prendre soin de leur fille. Il prit sa fille sur ses genoux et attrapa une des nattes de la jeune fille, jouant distraitement avec en se replongeant dans son passé, cherchant comment lui raconter sa naissance sans la traumatiser, atténuer la vérité sans mentir pour autant. Sirius et Severus restaient silencieux, à ses côtés pourtant, comme depuis le début, infaillibles malgré toutes leurs divergences passées.

- Te souviens-tu de ce que Severus t'a raconté sur la guerre quand tu lui as demandé de t'expliquer ? - La petite hocha la tête, n'osant plus parler – Les Sorciers sont peu nombreux en Angleterre, et ceux issus de familles sorcières se connaissent tous plus ou moins. Certains se détestent à cause de préjugés sur le sang, ou de leur appartenance à un camp ou à l'autre pendant les deux dernières guerres. Sirius avait une cousine, Bellatrix Lestrange, elle soutenait Voldemort plus que n'importe qui, et elle détestait Sirius vraiment très fort. Autant que toi tu détestes les carottes, essaya-t-il de plaisanter. Elle a essayé de lui faire du mal et j'ai empêché Sirius de passer à travers une arche... de mourir en fait. Et elle a décidé qu'elle me détestait à cause de ça, et parce que je suis un loup garou aussi. Quand la guerre est devenue plus violente, j'ai été capturé et retenu prisonnier chez elle. Elle voulait me faire du mal. Peu de temps après, ils ont ramené d'autres personnes, elles aussi capturées. Bellatrix ne les aimait pas non plus.

- Elle n'aimait pas grand monde en fait ?

Les adultes sourirent tristement devant la candeur de l'enfant.

- Effectivement, elle n'aimait pas grand monde. Et elle voulait obtenir des informations que personne ne voulait lui donner, alors elle leur a fait du mal aussi, notamment à une jeune fille, ta maman. C'était une élève très impressionnante, d'une intelligence remarquable, et très loyale. Elle refusait de parler à Bellatrix, qui devenait folle de rage. Greyback était avec elle, et lui aussi il aimait faire du mal aux gens. C'est lui qui m'a transformé en loup garou quand j'étais enfant.

Rose écoutait, sérieuse mais choquée, les larmes perlant au bord de ses yeux. Elle serra plus fort son père dans ses bras, pour lui donner le courage de continuer.

- Il m'a traîné jusqu'à la jeune fille, et il voulait que je fasse du mal à ta maman. Greyback était un alpha, il pouvait ordonner à mon loup de faire quelque chose, et j'étais obligé de le faire. Mais j'ai lutté, de toutes mes forces, et j'ai réussi à refuser d'obéir. Ca n'a servi à rien pourtant... Bellatrix m'a jeté un imperium, un sortilège qui t'oblige à faire ce qu'on te demande. C'est un sortilège impardonnable, il est vraiment malsain. Elle voulait créer un enfant né dans la haine, pour qu'il devienne un puissant sorcier baigné dans la magie noire, et elle pensait que si je faisais du mal à ta maman, cet enfant naîtrait. Mais ta maman m'aimait, et je l'aimais aussi, même si je ne me l'étais jamais avouée parce qu'elle était très jeune. Et elle a le cœur sur la main, et une volonté féroce de protéger les autres. Elle ne m'a pas haï, même si moi je me détestais de lui faire du mal.

Remus pleurait librement, se rappelant la reddition de la jeune femme, ses larmes, son amour transmis par ses yeux chocolat alors qu'il essayait de lutter contre le sort. Il se souvint du bruit du tissu déchiré, de l'odeur du sang, des ricanements de Greyback et de Bellatrix. De sa reprise de contrôle, après coup, ligoté à genoux au sol alors que Bellatrix déchaînait sa fureur d'avoir été dupée.

- Quand elle a compris que son plan ne pouvait pas fonctionner, que la haine n'était pas là, elle est devenue hystérique. Elle a jeté des sorts puissants sur ta mère, l'obligeant à vivre ses 9 mois de grossesse en quelques minutes, l'affaiblissant et la faisant souffrir. Je ne pouvais pas bouger, pas même crier, et elle a accouché sans avoir le temps de s'habituer à l'idée. Et tout à sa folie, Bellatrix a jeté un dernier sort à ta mère, que l'on n'a pas réussi à défaire : elle lui a fait oublier ce qu'il s'était passé, ta naissance, ma violence, les sortilèges.

- Alors c'est pour ça que j'ai autant de magie noire en moi ?

Remus ne parvint plus à parler, sanglotant pour de bon dans le cou de sa fille, la serrant contre lui sans oser lever les yeux vers elle, se détestant un peu plus chaque seconde pour ce qu'il s'était passé, pour n'avoir pas réussi à lutter contre l'imperium. Ce fut Severus qui prit la relève de l'histoire.

- Oui, tu as absorbé tous les sorts que Bellatrix lançait pour accélérer la grossesse. C'est Narcissa et Drago qui vous ont permis de vous enfuir, Remus et toi, ta mère n'était pas transportable dans l'immédiat mais a été libérée plus tard. Ils vous ont envoyé chez moi, dans un premier temps, où j'ai pu limiter les effet de la magie sur ton corps, sans quoi tu serais... Puis j'ai contacté Sirius, et je vous ai transporté jusqu'au Square Grimmaud, où il a pris la relève. Personne d'autre n'a su, et Bellatrix et Greyback sont morts en pensant que la magie noire t'avait tué après que vous vous soyez échappés.

- Et ma maman ?

- Elle est vivante, mais elle ne sait pas que tu existes. Le sort l'empêche de croire quiconque lui annonçant ton existence.

- Est-ce qu'elle est heureuse ?

- Je... je crois, répondit difficilement Severus, en baissant son regard sur son verre.

- D'accord. Tant mieux. Je suis heureuse moi, alors j'aurai été triste qu'elle ne le soit pas, surtout si je ne peux pas la connaître. Je comprends pourquoi vous n'en parlez pas aux autres, je suis désolée que vous deviez faire autant de sacrifices pour moi. Finit-elle d'une petite voix.

- On t'aime, c'est tout ce qui compte, affirma Sirius en entourant Remus et la fillette de ses bras.


C'était ma première fanfiction, j'espère qu'elle vous plait. Je lui donnerai peut-être une suite, j'ai quelques idées, alors si vous appréciez, dites-le moi que j'écrive la suite rapidement :D