Résumé : Remus est père depuis 8 ans déjà. Comment peut-il annoncer à sa fille comment elle est née, sans qu'elle ne le déteste ? Harry se retrouve célibataire avec un fils de 4 ans, détesté par sa mère. Peut-il sauver son fils de la noirceur qui semble l'avaler ? L'amour peut-il sauver ces deux enfants ?

Rating : T pour certains passages difficiles

Disclaimer : Les personnages sont de JKR, sauf Rose, l'histoire est à moi

RAR : Merci pour vos reviews, ça me fait chaud au coeur de voir que ma façon d'écrire plaît. AsukaTirento Je suis revenue sur ce que tu m'as signalé, et ce deuxième chapitre devrait éclairer les points que tu as souligné, et, j'espère, éloigner un peu le cliché.

Note : Je pense alterner un chapitre autour de Rose, un autour de James, mais j'hésite à intégrer les POV d'autres personnages, de peur de trop me disperser. Faites moi savoir si vous voulez que je m'attarde un peu plus sur un personnage que je ne cite qu'en passant ;)


POV – Harry

Il claqua la porte en rentrant, en colère, déçu, résigné, se demandant une fois de plus pourquoi il restait à subir cette atmosphère toxique. Il ne supportait plus de ne plus voir personne à cause de sa femme. Il n'en pouvait plus de son ressentiment vis à vis du monde entier. Son parrain lui manquait, son frère et sa sœur de cœur lui manquaient, Molly et les Weasley lui manquaient. Il se languissait même de Luna, partie faire le tour du monde. Il savait quand tout avait dérapé, il en avait conscience, et rien ne pourrait réparer ça. Mais il avait assez souffert dans sa vie, isolé, pour ne plus vouloir subir ça une fois de plus. Il ne voulait pas que son fils traverse la même solitude que celle qui l'avait bercé lui, enfant, dans son placard.
Il retira ses chaussures en les jetant contre le mur, en vrac, renonçant à les ranger et sachant qu'il les remettrait bien vite. Cette maison n'était plus son foyer, même si elle avait été un cocon réconfortant et protecteur après la guerre, et avant la naissance de James.

Sa femme était dans la cuisine, au bout du couloir, face à lui, un verre à la main et une bouteille de vin dans l'autre, adossée au plan de travail. Elle ne brillait plus, s'écroulait petit à petit, s'enfonçant de plus en plus loin dans sa dépression depuis son accouchement. Depuis le moment où on leur avait annoncé qu'elle ne pourrait plus avoir d'enfant, après avoir perdu la jumelle de James. Oh, lui aussi avait été anéanti par ces deux nouvelles. Il était terrifié à l'idée de perdre son fils maintenant, et angoissé à l'idée de lui faire subir la séparation de ses parents. Mais ce repas, le premier depuis des semaines – des mois ! - chez d'autres, des gens qu'il considère comme sa famille, la seule restante, avait été une catastrophe. Une hécatombe. La peste noire et la tuberculose se déchaînant en même temps sur un peuple affamé et désemparé. Voir Sirius aussi sérieux, élever la voix face à lui, était plus qu'il ne pouvait en supporter. Et cette haine contre les Malefoy, il ne la comprenait pas. Drago était devenu auror, difficilement, et c'était un collègue sur qui il pouvait compter pour assurer ses arrières aujourd'hui. Ils formaient un bon duo, même si l'amitié n'était, et ne serait sans doute jamais là. Il restait un petit con prétentieux, mais il était déterminé à redorer le blason de sa famille, et pour ça, il luttait chaque jour pour rendre le monde sorcier plus sûr. Il ne comprenait pas pourquoi sa femme les détestait. Ni Drago, ni Narcissa n'avaient refait leur vie depuis, ils n'avaient même pas d'enfants ! Lucius était à Azkaban et n'en sortirait probablement jamais. Harry en était arrivé à la conclusion qu'elle jalousait ce célibat. Et il s'apprêtait à le lui rendre ce soir. A les délivrer tous les deux, et à espérer que ce ne serait que temporaire.

- Ginny, je vais aller déposer James chez ta mère, ensuite on parlera. Tu sais déjà ce que je vais dire, mais je te laisse le temps que je l'emmene ailleurs pour te faire à l'idée.

Il n'attendit pas sa réponse, sachant qu'il n'en aurait pas de toute façon, et partit préparer un sac avec des affaires pour James et lui. Il le rejoignit ensuite dans sa chambre, et le regarda démembrer un petit soldat en plastic. L'attitude de James lui faisait de plus en plus peur, et il avait pris rendez-vous chez un psychomage pour lui, la semaine prochaine. Ca avait commencé par des bégaiements, puis des bêtises de plus en plus importantes, allant des jouets lancés contre les murs pendants des colères aux chaises jetées par terre par mesquinerie. Et depuis deux semaines, il découpait et démembrait chaque peluche, chaque jouet,et y prenait plaisir. L'air extatique de son fils, à cet instant même, alors qu'il arrachait la jambe du soldat, le confortait dans sa décision. Il ne savait que trop bien que c'était les premiers signes des sociopathes, et Hermione lui avait donné le nom d'un collègue qui était spécialisé dans le suivi des enfants, un psychomage formé à Berlin. D'après elle, les sorciers formés en Allemagne étaient les plus réputés pour traiter les traumas, ayant développé cette branche suite à la Deuxième Guerre mondiale moldue, et l'ayant renforcé depuis avec les deux dernières guerres du monde sorcier. Alors il avait fait confiance à Hermione, et avait pris rendez-vous pour son petit garçon, terrorisé à l'idée d'avoir un futur mage noir entre les mains. Parce qu'il était bien placé pour le savoir, Jedusor avait commencé pareil.

Après avoir déposé son fils chez Molly - pâle à l'idée qu'il revienne dans quelques heures, seul - il était retourné auprès de sa femme. Elle n'avait pas bougé, seule la bouteille s'était vidée, à moitié vide maintenant.

- Tu m'expliques ce qu'il s'est passé chez Remus ? Commença-t-il en s'adossant au mur face à elle, les bras croisés sur son torse, les sourcils froncés.

Il était toujours partagé entre la colère et l'incompréhension. Il n'obtint pas de réponse. Comme d'habitude. Aussi il reprit :

- Je ne sais pas ce qui t'a fait vomir autant de méchanceté... Ca n'est pas le flirt entre Sirius et Severus, tu avais commencé avant, et ça ne te gênait pas à notre mariage que Sirius drague à peu près tout le monde. Il a même dansé un slow avec Charlie, et tu en rigolais ! Je ne pense pas non plus que c'était leur maison que tu jalousais, parce que tu ne supporterais pas un environnement aussi propre et rangé. James ne t'a sûrement pas énervé, comme tu me le dis habituellement, puisqu'il était dehors les trois quarts du temps avec Rose.

-...

- Est-ce que c'était à cause de Rose ? Ou bien c'est parce que Remus a une fille ? Est-ce que tu lui reproches d'avoir une fille sans mère, alors que tu es une mère sans fille ? Est-ce que c'est ça le problème ? Est-ce que c'est pour ça que tu t'es énervée quand Sirius a parlé de Narcissa et d'Andromeda ?

Il n'obtint aucune réponse, aucune réaction, rien. La colère monta progressivement en lui, il sentit son sang bouillir de plus en plus, s'obligea à respirer profondément. Mais son attitude ne l'aider pas à se calmer. Il explosa, tapa des poings sur l'îlot central les séparant, fendant le plan de travail en bois.

- REPONDS-MOI BON SANG !

- Lâche-moi.

Il crût rêver ses mots, tant elle les avait murmuré bas, mais il avait vu ses lèvres bouger.

- Tu leur en veux d'être célibataire ? C'est pour ça que t'es aussi désagréable avec eux, avec Ron, avec Neuville et j'en passe ?

- J'en sais rien ok ? Fous-moi la paix ! Si tu veux partir, pars ! Si tu veux prendre James, prends-le ! Mais fous-moi la paix !

Harry se sentit défaillir.

- Tu ne veux pas de notre fils, n'est-ce pas ? Tu n'en as jamais voulu, en fait. Toi qui me disais vouloir une famille nombreuse, alors que je te demandais d'attendre que mes missions se calment... Et tu rejettes ton propre fils ?

- Ce n'est pas MON fils ! Ce monstre m'a pris tout ce que j'avais, mais ce n'est certainement pas mon fils. Mon fils est mort en même temps que sa sœur ! Ce gamin colérique et malsain me fait flipper ! Alors oui j'envie les autres ! Oui je suis en colère contre Remus parce qu'il ne cherche pas la mère de sa fille ! Oui ça me bouffe de voir Hermione et les autres libres alors que moi je garde cet espèce de... Je sais même pas comment le décrire !

- Sans l'amour d'une mère, il ne peut que devenir comme ça...

- Tu n'en as pas eu et t'es pourtant pas malade à ce point !

- MA MERE EST MORTE POUR MOI ! Bien sûr que j'ai eu de l'amour ! J'en ai reçu plus que tu n'en as jamais donné à James, et Merlin sait que j'ai essayé de compenser. J'en ai assez Ginny. J'en ai assez de ne plus voir personne à cause de toi. J'en ai assez que ton mépris transforme notre fils, oui le NÔTRE ! Quand je vois Rose, je me dis que vivre sans mère est peut-être mieux que de vivre avec si elle te hait... Je te laisse la semaine pour déménager. Je dors chez ta mère ce soir, demain j'irai chez Ron avec James, et quand on rentrera vendredi soir, je veux que tu sois partie. Je vais essayer de sauver notre enfant, à défaut de sauver notre mariage.

Il sortit de la pièce, remit ses chaussures, et claqua à nouveau la porte, sans se retourner. Il laissa une partie de son cœur sur le paillasson, en miettes, à côté des souliers noirs de Ginny. Des chaussures de deuil, pour un cœur en deuil.