Résumé : Remus est père depuis 8 ans déjà. Comment peut-il annoncer à sa fille comment elle est née, sans qu'elle ne le déteste ? Harry se retrouve célibataire avec un fils de 4 ans, détesté par sa mère. Peut-il sauver son fils de la noirceur qui semble l'avaler ? L'amour peut-il sauver ces deux enfants ?
Rating : T pour certains passages difficiles.
Disclaimer : Les personnages sont de JKR, sauf Rose, l'histoire est à moi
RAR : Saeh, Hermione ne rencontrera jamais Rose en tant que mère, effectivement, mais elles seront amenées à se croiser... Et ça devrait être assez passionnant à écrire en détail:D J'aime beaucoup tes réactions sur Harry, Ginny et James, et j'ai hâte de te voir réagir au fil de l'histoire ! Harry et Ginny sont un couple emblématique, ils sont ensemble depuis un peu moins de 10 ans (malgré la séparation de la 7e année, on sait tous qu'ils étaient ensemble sans l'être xD), et ils ont vécu un événement tragique après une guerre tout aussi perturbante. Doit-il sauter aux conclusions et prévenir les aurors, ou lui accorder la possibilité de s'expliquer (ce que Sirius n'a pas pu faire, lui, avant d'être emprisonné 12 ans) ? D'autant que Ginny était son ancre pendant la chasse aux Horcruxes, son point de repère. James est coincé au milieu de tout ça, symbole de la perte d'une fille pour Ginny, et de toute possibilité de tomber enceinte à nouveau, et l'empêchant de travailler en dehors de chez elle pour se changer les idées Harry était peu présent, et son absence est l'une des causes du comportement de James et de Ginny. Effectivement, James va avoir du mal à se fier aux adultes après ça !
Note : Un chapitre un peu plus léger après le passage de la cave, dans lequel il ne se passe, je reconnais, pas grand chose. J'avais besoin d'un peu de légèreté après m'être fait peur toute seule en écrivant le passage de la cave... Le prochain chapitre sera avec Narcissa et Rose, et ça devrait bouger davantage ! Je n'oublie pas James et Harry, vous découvrirez bien assez tôt ce qu'il se passe chez les Potter ;) J'espère que la suite vous plaira ! Have fun :)
Remus comatait devant un bol rouge, du thé noir fortement dosé infusant dans l'eau chaude. Il fixait sans le voir un petit lion doré se pavaner autour du bol, image enchantée par les bons soins de Sirius. Le jour n'était pas même levé, il était tout juste 3h30, et les potions de sommeil sans rêve étaient inefficaces sur le loup depuis longtemps maintenant. Les cauchemars le hantaient, et il avait préféré se lever plutôt que de revivre une énième fois la journée d'hier. Il se concentra sur ce qu'il voyait du rez-de-chaussée, s'accordant la satisfaction de posséder cette maison qui lui plaisait tant. Depuis la cuisine, il voyait le salon, à côté de la porte d'entrée, puis le séjour, derrière l'escalier en bois. A côté de la cuisine, il avait agrandi magiquement une pièce pour en faire une grande bibliothèque.
Il but son bol, se brûlant la langue et grimaçant au goût âpre du thé noir trop concentré. Au moins serait-il réveillé pour reprendre sa traduction là où il l'avait laissé samedi soir. Il travaillait pour des maisons d'éditions depuis 5 ans maintenant. Il recevait des manuscrits ou des livres anciens chez lui, qu'on lui demandait de traduire en anglais, parfois en français également, et il retournait le tout par hibou. Quand il trouvait le livre intéressant, il gardait une copie de sa traduction, qui rejoignait les autres dans les étagères. Sa bibliothèque s'était vite remplie. Il nettoya sa vaisselle, et se tourna vers le mur à sa droite, dans lequel se découpait une porte beige. Il poussa la porte et inspira, l'odeur des livres anciens se mêlant à celle de l'encre, l'accueillant dans son paradis personnel. Ses sens développés lui permettaient même de distinguer l'odeur discrète de la cire du parquet clair et froid, sur lequel il marchait pieds nus. De grandes étagères en acajou recouvraient les murs tapissés de pourpre, et face à lui, un grand bureau s'accordait aux étagères, large et profond, semblant avoir traversé les âges tant il semblait robuste. Des tiroirs encadraient chaque côté du meuble, dans lesquels il entreposait son travail en cours, ses réserves d'encre, de plumes et de parchemins. À sa droite, il prit un instant pour regarder la cheminée en briques, à deux mètres de la porte, et les fauteuils rouges et or qui lui faisaient face, identiques à ceux de la salle commune des Gryffondor, imposants et tellement confortables. Sur un des accoudoirs, il distingua le dernier livre ouvert par sa fille, son vieux manuel d'astronomie, à la couverture bleue abîmée par le temps, et la tranche froissée par tant d'ouvertures et de maniements peu délicats. Il soupira, elle allait vraiment s'ennuyer à Poudlard à ce rythme là. D'autant que Severus lui avait rapporté leur discussion d'hier sur l'amortentia, dès que sa fille fut couchée. Une potion de 6e année... ! Et elle ne semblait pas avoir hérité du respect des règlements de sa mère, son ennui risquait d'être aux frais de ses camarades.
Il haussa les épaules, résigné à l'idée de dédier un tiroir aux courriers de la directrice de Poudlard. Elle était élevée par deux maraudeurs, après tout, et ce tiroir était prévu depuis longtemps, Sirius s'en était assuré. Il avait collé une petite étiquette à l'intérieur de l'un d'eux, celui en bas à droite, indiquant « Attribution de 10 Galions par centimètre de parchemins de McGonagall », et une règle était figurée sur la hauteur du tiroir. Le jour où il l'avait vu, il se souvenait avoir pleuré dans les bras d'un Patmol ravi. Elle n'avait que 3 ans, et avait mis de la potion décolorante dans le shampoing de Sirius, potion aimablement préparée par Severus. Il avait eu les cheveux blancs pendant un mois entier, et s'était vengé en créant ce tiroir. Remus élevait deux enfants chez lui.
Il s'assit dans son fauteuil gryffondorien, derrière son bureau, et se mit à la traduction des runes en anglais. Il savait que dans quelques heures, il entendrait crier et hurler, et comme tous les lundis, il comptait bien assister au spectacle.
7h58. Il posa sa plume, fier de son travail accompli, rangea son bureau d'un coup de baguette, et sortit de la pièce. Il s'adossa aux plans de travail pour être face à l'ensemble du rez-de chaussée, fit venir à lui du thé à l'orange, avec une touche de lait, et un carré de chocolat fondant dans l'eau chaude. Du chocolat noir de Madagascar, son préféré, importé spécialement pour lui par Honey&Dukes.
8h00, un cri strident à décaper les murs traversa la maison. Remus sourit, il adorait les lundis. Commencer la semaine par des cris, des pleurs, une course poursuite jusque dans le salon avec des menaces de stupéfixion, de petrificus et autres sorts incapacitants, c'était son Walhalla personnel. Quand bien même ses tympans sensibles sifflaient encore plusieurs heures après, c'était une dose de chocolat dont il ne pouvait se passer.
Un deuxième cri retentit, des pleurs, des jérémiades, et le pas presque léger d'une petite fille courant dans l'escalier pour se réfugier dans la salle, de l'autre côté de la table, pieds nus, un pantalon de pyjama et un tshirt en coton léger, jaune vif tous les deux, avec une licorne rose sur le devant du t-shirt. Rose avait les joues rouges, le souffle court, mais surtout, l'une de ses deux tresses était à moitié défaite, laissant apparaître des cheveux frisés et partant dans tous les sens. Sirius descendit lui aussi l'escalier, habillé de son traditionnel t-shirt moulant (bleu marine aujourd'hui) et son jean noir tombant sur ses hanches, déchiré sur un genou. Il était armé, prêt à combattre, et faisait face à la petite avec un sourire sadique. Elle posa les mains sur la chaise devant elle, cherchant un rempart, et son parrain replia ses bras, les mains à hauteur d'épaules, avec dans sa main droite, une brosse en bois, et dans l'autre, un flacon de démêlant. Et comme tous les lundis, Remus gloussa en les regardant. C'était le petit rituel de son meilleur ami et de sa fille, qu'il n'interromprait pour rien au monde, même si les autres jours de la semaine, elle se coiffait toute seule maintenant. Mais le lundi, était sacré : Narcissa venait la chercher à 10h, pour lui donner quelques leçons le matin, et participer à la tea party l'après-midi. Elle devait donc être présentable, avec une coiffure soignée ne laissant pas deviner la longueur de ses cheveux. Et chaque semaine, Sirius voulait s'essayer à lui faire un chignon, même si tout le monde savait que Remus serait, au final, celui qui coifferait sa fille. Après tout, était-ce de la faute du père, si le parrain refusait d'appliquer le baume démêlant sur les tresses avant de les défaire ? Au bout de huit années de vie commune avec des cheveux pareil, le loup-garou était convaincu qu'ils le faisaient tous les deux exprès pour s'amuser.
-Bon Médusa, laisse-moi finir de vérifier si t'as des puces !
-C'est toi qui as des puces Patty ! Moi aussi je vais te brosser sans te mettre de produit, tu vas voir si c'est aussi agréable !
-Mes poils sont doux et soyeux, ils n'ont jamais cassé trois brosses et deux peignes pour l'être !
-Sac à puces !
-Nom d'un gnome en poivre, tu vas me laisser te coiffer fichue gosse ?! Ne m'oblige pas à te pétrifier pour le faire !
Remus assista en spectateur à cet échange de noms d'oiseaux, avant que Rose ne se jette dans ses bras pour le laisser faire. Il ne remercierait jamais assez Andromeda pour la liste de sorts et de recettes de potions qu'elle lui avait faite pour dompter la crinière de sa fille. Bon, la liste était surtout un petit carnet rempli de sorts et de potions pour tout ce dont elle aurait besoin un jour, depuis le sortilège de déodorant au sort de contraception, mais il y avait notamment ceux pour maîtriser les cheveux... juste avant la page pour les règles douloureuses, mais ça, il refusait d'y penser.
8h35, une petite fille au port altier, visage en cœur, pommettes hautes mises en valeurs par un chignon-banane, la gorge dégagée soulignée par la forme de sa robe en satin écru. Le haut était ajusté, deux bretelles épaisses formaient un col bateau. Une large ceinture parme de la même matière passait sous sa poitrine d'enfant, nouée dans son dos. La jupe était évasée, s'élargissait jusqu'à ses chevilles qu'elle laissait apparentes. Un collant de coton blanc et des petites ballerines assorties complétaient la tenue. Les deux hommes avaient l'habitude de la voir descendre l'escalier en glissant, comme une dame, mais restaient chaque fois sidérés de la voir aussi maniérée, les mains jointes devant elle, semblant flotter au-dessus des marches. Elle leur sourit et les rejoignit autour de la petite table, dans la cuisine, pour prendre son petit-déjeuner. Les maraudeurs se regardèrent, affligés, parce qu'à 5 adultes, ils avaient créé la future terreur des couloirs du château.
