Résumé : Remus est père depuis 8 ans déjà. Comment peut-il annoncer à sa fille comment elle est née, sans qu'elle ne le déteste ? Harry se retrouve célibataire avec un fils de 4 ans, détesté par sa mère. Peut-il sauver son fils de la noirceur qui semble l'avaler ? L'amour peut-il sauver ces deux enfants ?
Rating : T pour certains passages difficiles.
Disclaimer : Les personnages sont de JKR, sauf Rose, l'histoire est à moi
Note : Comme promis, de l'action en perspective !
Narcissa n'avait jamais aimé le manoir Malefoy, et d'y avoir vécu avec des gens bestiaux l'en avait complètement dégoûté. Désormais, elle appréciait le calme du petit village sorcier où elle habitait. Elle occupait une maison aux dimensions raisonnables, à Schoorl dans le nord des Pays-Bas. Son logis était sur deux niveaux. Les murs extérieurs du rez-de-chaussée étaient parés de briquettes grises et régulières, et des jardinières de fleurs colorées étaient accrochées sous chaque fenêtre blanche à arc surbaissé. Le deuxième niveau était sous la chaume du toit pentu, et les fenêtres en chien assis apportaient un relief appréciable à l'angle aigu de la toiture. Derrière la maison, un ruisseau courrait dans un petit parc ombragé par de grands charmes et quelques pins. A côté du cours d'eau avait été construit un kiosque, en fer forgé noir, les arabesques du métal servant d'appui à des plants de lierre grimpant, aux feuilles rouges et vertes : c'était l'endroit idéal pour prendre le thé. La verrière formant le chapiteau du kiosque laissait passer une lumière douce et claire qui se reflétait sur une grande table en verre, autour de laquelle des chaises matelassées bleu pâle étaient disposées. Remontant l'allée pavée de marbre rose menant jusqu'à chez elle, elle contourna le bâtiment, passa le portail de fer noir menant dans la rue où elle habitait, chaumière parmi d'autres chaumières, et transplana. Elle avait hâte de voir Rose.
D'un pop, elle arriva devant la porte rouge des Lupin et frappa trois coups contre le bois chauffé par le soleil d'été. Ce fut Rose qui lui ouvrit, apprêtée comme une vraie demoiselle de bonne famille. Elle s'abaissa d'une révérence pour lui souhaiter la bienvenue, pliant les jambes et baissant le menton, à laquelle Narcissa répondit d'un hochement de tête révérencieux. Cette enfant était admirable ! Avec quelques années de plus, elle aurait fait une épouse parfaite pour son fils. Saluant le père et son cousin, elle prit la main de la plus jeune et l'emporta d'un autre pop. La matinée était chargée, elles ne devaient pas traîner : elle avait prévu d'initier l'enfant à la danse, après sa leçon de piano. Elles arrivèrent dans l'entrée de la chaumière, un hall blanc au sol en marbre clair, face auquel se trouvait un escalier. À droite, une porte en chêne donnant sur une cuisine, et à gauche, une large arcade ouverte sur le salon. Celui-ci était composé de deux canapés en cuir vert bouteille, aux boiseries en hêtre apparentes, et de deux fauteuils assortis, occupant le centre de la pièce. Un piano à queue blanc brillant occupait l'angle de la pièce, sous la fenêtre donnant sur la rue, et à côté, une harpe argentée attendait sa propriétaire. Les murs étaient parés de panneaux de bois blanc patiné à mi-hauteur, le reste du mur était peint en vert olive. Un lustre en cristal pendait au dessus d'une petite table basse du même bois que les fauteuils, se reflétant sur le marbre du sol. Une seconde arcade, sur la droite, donnait sur une salle à manger aux murs bleu sarcelle, les boiseries blanches continuant dans cette pièce également. Une cheminée de marbre blanc trônait dans le mur face à elles, et une table en frêne pouvant accueillir au moins douze personnes traversait la pièce. Des chaises assorties, aux dossiers délicatement ouvragés, l'entouraient, et un lustre identique à celui du salon éclairait la pièce par temps sombre.
Rose s'installa derrière le piano, et la journée débuta alors que Narcissa l'accompagnait à la harpe. Les progrès que faisait la jeune fille en musique l'étonnait constamment, et s'apercevant de l'absence de concentration de la fillette sans qu'une seule fausse note ne résonne, elle constata la simplicité de l'exercice pour elle, d'un niveau pourtant avancé. Peut-être était-il temps de lui acheter un instrument bien à elle, qui lui offrirait de nouveaux défis. Souriant à cette idée, elle nota mentalement une visite sur le chemin de traverse avant de ramener la jeune fille à son père. Un violon était trop petit, l'enfant avait l'habitude de manier plus imposant avec le piano. La contrebasse était trop barbare. Le violoncelle lui plairait sûrement, même si Narcissa l'imaginait tout aussi facilement avec une flûte traversière. Elle la laisserait choisir.
Le cours de danse fut un succès, et la grâce et la culture de Rose furent appréciées une fois de plus par les femmes de la haute société sorcière. Certaines jeunes filles faisaient bien pâle figure à côté de sa délicatesse, notamment Agnesa Fawley, d'une maladresse inconcevable pour ses 19 ans, et qui, aujourd'hui, avait trouvé le moyen de renverser son thé sur sa robe corail... deux fois ! Aussi Narcissa décida de récompenser sa pupille en lui achetant deux instruments de musique. Après tout, un tel talent se doit d'être cultivé. Un sourire radieux et des yeux chocolat pétillants avaient récompensé cette décision. Son cœur se serra en pensant que sans la folie de sa sœur, elle n'aurait jamais eu cette impression d'élever une petite fille. Prenant la main de la brunette, elles disparurent et se matérialisèrent dans la zone de transplanage du Chemin de Traverse.
Il était 17h30, les rues étaient fréquentées par des travailleurs sortant du bureau et s'attardant pour faire quelques achats. Quelques familles se promenaient, sûrement pour anticiper les achats de la rentrée, qui avait lieu dans une quinzaine de jours. Les deux femmes avancèrent sur les pavés irréguliers de la rue, gagnées peu à peu par la frénésie des lieux, et s'arrêtèrent finalement devant une petite boutique, à droite de celle d'Ollivander. Sur la devanture de briques rouges et noires, une partition en bronze sinuait entre les fenêtres, et en guise de notes, le nom de magasin « Wood Stuck Music »* était écrit, dont les lettres dansaient d'une ligne à l'autre, suivant les méandres de la partition. Une grande baie vitrée donnait vue sur une pièce spacieuse mais encombrée, aux murs champagne brillants, et au sol recouvert d'une moquette indigo mouchetée de pois dorés. Le plafond était éclairé de dizaine de petites orbes de lumière jaunie, se reflétant sur les instruments et donnant une ambiance chaleureuse à la pièce. Des centaines d'instruments se disputaient l'espace, entre instruments à vent, à corde, percussions. Différents pianos étaient exposés sur la gauche, certains à queue, d'autres droit, en bois noir ou en bois blanc, naturel ou vernis. Un orgue finissait la rangée, les tubes de cuivres étincelants les surplombant, attirant le regard par sa haute stature. Des étagères divisaient une partie de la pièce, accueillant une multitude de trompette, saxophone, clarinette, flûte en tout genre. Derrière, des instruments à cordes frottées ou pincées étaient disposés, et on pouvait distinguer quelques peaux de tambours dans le fond du magasin, probablement le coin des percussions. Cet endroit recueillait, fabriquait et exposait quantité d'instruments de musique de formes, tailles et genres variés, brillants, mats, dorés, argentés, avec des cordes ou avec des touches, sur des présentoirs ou se suffisant à eux seuls. La plupart étaient enchantés pour mémoriser un large répertoire de partitions, qu'il suffisait d'actionner d'un sort, mais demeuraient des instruments remarquables si l'on souhaitait en jouer.
La petite sautilla sur place et frappa dans ses mains, pressée d'entrer, et Lady Malefoy lui sourit, elle aussi très enthousiaste. Rose ne savait pas quel instrument choisir, et les suggestions de Narcissa la ravirent. Le violoncelle lui prendrait du temps pour le maîtriser aussi parfaitement que le piano, et la flûte traversière accompagnerait la harpe de sa professeur avec beaucoup d'harmonie. C'était une femme de goût, et la jeune Lupin mettait beaucoup de cœur à l'ouvrage pour reproduire la finesse et l'élégance de son égérie. Son charme sembla d'ailleurs attirer le commerçant, qui, les apercevant discuter devant son enseigne, traversa la salle pour les rejoindre et les inviter à entrer. Des femmes aussi bien habillées, avec une telle prestance, même chez la plus jeune, signifiait de l'argent à gagner ! Il était plutôt petit, d'une soixantaine d'années, aux cheveux courts et grisonnants, mais son visage était doux et ses yeux bleus rieurs. Il dégageait de l'assurance malgré son mètre soixante-dix, et une aura de gentillesse et de charisme poussaient les gens à acheter ses œuvres. La musique est faite pour les âmes sensibles, n'est-ce pas ? Habillé d'une robe noire brodée de notes au fil doré, il traversa vivement la salle, se déplaçant avec aisance entre les rayonnages, alors que Narcissa posait la main sur la poignée de la porte vitrée, la jeune fille sur ses talons.
Rose arrêta de bouger brutalement. Quelque chose dans l'air la fit frissonner. Le vent s'était tu, et l'atmosphère s'était alourdie subitement, devenant moite, presque collante, étouffante. De la sueur perla sur son front, serpenta dans sa nuque, le long de son dos, augmentant son malaise à mesure que les gouttes roulaient sur sa peau. Elle chercha son souffle, se sentant suffoquer. Ses yeux s'écarquillèrent, elle observait ce qui avait changé autour d'elle, mais les passants circulaient toujours en discutant joyeusement, insouciants de ce qu'elle percevait. Au fond de son ventre, quelque chose bouillait, courait sous sa peau, dans ses veines, tentait de sortir. Elle gémit faiblement, ses jambes tremblèrent en comprenant que c'était sa magie. Quelque chose de plus gros l'appelait, de plus puissant, l'attirant inexorablement. Rose regarda derrière elle. Elle attrapa le poignet de Narcissa, le visage pâle et effrayé, et la femme se tourna vers elle, inquiète. Rose ne l'attrapait jamais comme ça, et elle ne se souvenait pas de l'avoir déjà vu paniquer pour quelque chose, pas même en sachant qu'elle allait se faire disputer. Elle sortit sa baguette, se tourna vers la rue, cherchant l'origine de cette terreur. Et l'instant d'après, elles furent soufflées par une explosion. Leurs pieds quittèrent le sol, leurs corps perdus sans endroit ni envers. Puis l'impact résonna dans leurs membres. Un protego fut crié, mais Narcissa ne sut pas d'où il venait. Ses oreilles sifflaient, la poussière volait tout autour de son corps, formant un épais nuage opaque et pesant, s'infiltrant dans ses poumons, la faisant tousser. Un goût métallique monta dans sa bouche. Elle avait à peine conscience d'être allongée sur le sol, entourée de débris, sa tête tournant, proche de l'inconscience. Elle lutta pour rester éveillée : il fallait qu'elle trouve Rose, mais elle ne voyait rien, elle voyait flou, elle voyait double et les objets dansaient devant ses yeux. Difficilement, elle se redressa sur ses coudes, ne sentant pas son corps, retombant sur le dos avec l'impression d'être dans du coton, recommença la manœuvre. Elle plissa les yeux, et distingua deux petits pieds dans des ballerines blanches dans la poussière. Elle tira sur ses bras, se déplaça en rampant vers ces minuscules chaussures qui ne bougeaient pas. Narcissa cria son nom, mais ne s'entendit même pas le faire, le bruit résonnant dans sa tête sans former aucun mot. Elle rampa, son buste frottant contre le sol, ses bras rappant contre des gravas, ses mains se coupant sur des éclats de verre. L'odeur de cendre et le goût du plâtre emplissaient sa bouche. La douleur était sourde, diffuse, paraissant venir de partout et de nul part à la fois. Rose. Elle devait trouver Rose. Elle se le répétait pour rester consciente, s'accrochait à ces deux souliers blancs. Elle les atteignit au bout d'une minute, d'une heure, elle n'en savait rien. La petite était couverte de débris de verre et de poussière, allongée sur le ventre. Les paumes de ses mains saignaient abondamment, formant une flaque de sang de chaque côté de sa tête. Ses yeux fermés, son corps immobile. Narcissa attrapa l'une des chevilles, voulant la secouer, mais n'y arriva pas. Sa tête heurta le sol, une fois de plus, et elle sombra dans l'inconscience.
*tiré d'un vrai magasin
Note : Suspens Suspens ! Oui, j'aime être diabolique et vous laisser sur votre faim, Mwahahaha !
