Résumé : Remus est père depuis 8 ans déjà. Comment peut-il annoncer à sa fille comment elle est née, sans qu'elle ne le déteste ? Harry se retrouve célibataire avec un fils de 4 ans, détesté par sa mère. Peut-il sauver son fils de la noirceur qui semble l'avaler ? L'amour peut-il sauver ces deux enfants ?

Rating : T pour certains passages difficiles.

Disclaimer : Les personnages sont de JKR, sauf Rose, l'histoire est à moi

RAR : Saeh : Ta question sur la malice de Rose est intéressante, et j'avoue ne pas y avoir pensé, mais ça peut être une hypothèse. Dans ma tête, je l'imagine juste avoir développé ça parce qu'elle est au contact de 3 hommes qui se tirent dans les pattes plus ou moins amicalement... Mais chacun est libre d'y croire ou pas =P Pour Hermione... tu le sauras au prochain chapitre ! J'aime tes questions et tes hypothèses, elles me poussent à peaufiner mes personnages et parfois à changer de direction, ça rend l'écriture encore plus intéressante et, j'espère, la lecture plus vivante. Je te laisse à tes hypothèses sur Harry, James et Ginny... et j'espère que ce chapitre fera trembler tes certitudes et que j'aurais le droit à d'autres questions tant ton imagination aura été stimulée !

Note : Pour toute crise de nerfs suite à ce chapitre, merci de prendre rendez-vous avec ma secrétaire ! rire diabolique


La maison des Potter était silencieuse. Aucun son ne résonnait, bien que ses deux habitants soient dans le salon. Elle semblait déserte, inhabitée. Était-ce à cause de l'empilement sans nom de boites et d'objets sur les meubles, des lourds tapis brunâtres au sol absorbant les vibrations, des plaids écossais tirés sur le canapé abîmé et sur les fauteuils en mauvais état ? Ou bien cela venait-il des cadres de photos vides sur les murs de la pièce, laissant des marques sur les murs beiges et des espaces plus clairs un peu partout ? La petite étagère de livres, au dessus du canapé, était désormais presque vide, et l'âme de la maisonnée semblait avoir disparu, envolée en même temps que sa petite furie aux cheveux flamboyants. Personne ne criait, de la cuisine n'émanaient plus les fumets de petits plats mijotés, et plus que tout, le cœur d'Harry lui semblait creux. Il n'osait pas monter, de peur de découvrir la penderie à moitié débarrassée, et la salle de bain nue de tout cosmétique. Merlin que c'était douloureux. Il s'affala sur le canapé, grimaça en se relevant, retira une boîte de cartes et se rassit en soupirant. Il avait l'impression d'avoir dépensé toute l'énergie qu'il avait pendant la guerre, en une seule journée, et il était convaincu que quelqu'un lui en voulait, probablement Merlin ou Serpentard. Qui d'autre pour le maudire à ce point et faire de sa vie un enfer ? Sa femme était partie, aussi subitement qu'elle était entrée dans sa vie, et il n'avait aucune idée de comment continuer d'avancer sans elle.

Il baissa la tête sur son petit garçon, occupé à faire rouler des petites voitures sur le tapis, reproduisant un carambolage digne des meilleurs films d'action. Peut-être qu'il l'emmènerait au cinéma le lendemain, voir un des derniers Marvel ou un disney. Il n'avait aucune idée de ce qui passait sur la toile en ce moment, ça faisait des années qu'il n'était plus entré dans les salles obscures. Il enverrait un hibou à Sirius, pour savoir s'ils voulaient se joindre à eux. Après tout, il avait mis sa femme dehors pour sauver son fils, il faudrait bien faire des efforts pour le sociabiliser, lui qui n'avait jamais fréquenté d'autres enfants. Il irait également l'inscrire dans une école primaire moldue, ça ne pourrait qu'être bénéfique, et la rentrée dans deux semaines lui laissait le temps de s'organiser. Il pourrait commencer par des demi-journées, ça permettrait à son fils introverti de s'habituer à la foule, au bruit de la récréation, à la contrariété aussi, bénéfique à tout enfant. Il se doutait que Ginny le laissait dans son coin sans se préoccuper vraiment de lui, sans élever la voix ni l'empêcher de faire ce dont il avait envie. Par Godric, elle était censée venir de Gryffondor, vivre de courage et d'action, rester droite contre vents et marées !

Il se renfonça dans le sofa, et passa sa main dans ses cheveux. Il le faisait toujours quand il était angoissé ou qu'il réfléchissait. Son épuisement général n'arrangeait rien. De plus, il avait les oreilles qui bourdonnaient, comme après une nuit entière en boîte de nuit. Il avait traîné Ron dans un club après la guerre, une soirée à danser, boire et se vider la tête, et ça avait largement valu la gueule de bois du lendemain matin. Il se sentait exactement comme ça dans son canapé : apathique, l'impression d'avoir bouger toute la nuit et d'avoir chanté à tue-tête, d'avoir subi le bruit et le battement des basses pendant 6 ou 7 heures d'affilées. Pourtant, il n'était pas si tard ! Un coup d'oeil à sa montre noire lui apprit qu'il était 18h43. Déjà ? Il venait juste de rentrer du Ministère... Ministère qu'il avait quitté sur les coups de 17h ! Il s'était bien arrêté chez Molly récupérer son fils, mais tout au plus cinq ou six minutes. Il vérifia à nouveau le cadrant, mais ne regarda pas les aiguilles. Il regardait ses doigts, couverts d'une étrange poudre blanche. Il porta sa main à son visage, renifla la matière et fut pris d'une quinte de toux. Ça sentait le sale, le vieux, comme s'il avait dû récurer une des salles de classe désaffectées de Poudlard, punition qu'appréciait particulièrement Rusard quand il le coinçait à errer das les couloirs, après le couvre-feu... Ce qui arrivait souvent. Il était sûr qu'une bonne moitié des pièces inutilisées du château l'avait vu passer un seau à la main, pour leur redonner une seconde jeunesse. C'était il y a si longtemps. Il se sentit vieux, épuisé par la vie, défait par tant de drames vécus et surmontés. Peut-être était-ce celui de trop, qui pouvait le dire ?

Harry se leva, difficilement, courbaturé, nauséeux. Une douche lui ferait le plus grand bien. Il sursauta en voyant une louve bleuté apparaître devant lui. Le patronus d'Hermione avait changé depuis la chasse aux Horcruxes, mais elle ne savait pas d'où il venait. Seul un bouleversement émotionnel changeait la forme des esprits, et elle ne voyait pas ce qui avait pu lui donner l'apparence d'un loup. Ils en avaient conclu que la brunette avait dû s'endurcir violemment pendant que Bellatrix lui taillait le bras, et que la loutre n'était pas aussi résistante qu'un loup, infatigable par temps difficile, apte à chasser plutôt qu'à s'amuser. L'innocence s'en était allée, là aussi. Ils avaient été obligés de grandir vite, de mûrir rapidement pour faire face à l'horreur. A-t-on idée de mener un combat à cet âge ?

Se concentrant sur l'animal, il reçut le message d'Hermione avec déception, ce n'était vraiment pas sa journée.

-Urgence à Ste Mangouste, carnage au Chemin de Traverse, ne m'attendez pas, transmit le patronus.

Pile le jour où il démissionnait ! Génial ! Il se renfrogna, se rappelant que c'était sa décision, et que le monde pouvait tourner sans lui. Il se rappela qu'il avait invité Ron et Hermione pour 19h, aussi le rouquin ne tarderait-il pas. Il abandonna la douche et se récurvita, cherchant ce qu'il avait bien pu faire pendant les presque 2 heures qu'il avait oublié. Définitivement trop vieux pour tout ça. Il y réfléchirait tout à l'heure, avec Ron. Au moins n'avait-il pas à préparer le repas, bien que Molly lui en ait préparé des dizaines ! Le jeune Weasley était devenu un grand fan des pizzeria moldues, depuis qu'Harry les lui avait fait découvrir après la victoire. Il avait développé une véritable passion pour la pizza Hawaïenne, mêlant poulet, ananas, maïs et tomate en même temps, et le Survivant n'avait pas éprouvé la même témérité que face à Voldemort : il lui laissait son assemblage douteux d'ingrédients, et préférait de loin la sécurité d'une 4 fromages, Hermione celle d'une Margherita. Au moins, cela ferait plus de pizza pour eux, puisque la jeune femme ne venait pas !

Allant dans la cuisine, il dressa 3 assiettes autour de l'îlot en bois, et sa gorge se noua à nouveau. Il chassa ses pensées, préférant chercher s'il s'était endormi sur le canapé, ou s'il vivait le contre-coup d'un sort, qu'il aurait pu recevoir la semaine passée sans s'en apercevoir. Faisant défiler le cours de sa semaine, sans trous ni interrogations, il sortit des couverts et des verres et les disposa à côté des assiettes blanches. Il ouvrit le placard à côté de la porte bleue, attrapa une bouteille de vin rouge, referma le placard. Il récupéra un tire-bouchon dans le meuble de l'autre côté de la porte, ouvrit la bouteille. Non vraiment, il ne pensait pas s'être endormi dans le salon. Et cette poudre blanche arrivée dans ses cheveux... La maison était un peu vieille, le plafond s'effritait probablement. Sûrement Ginny le saurait-elle, elle qui nettoyait la maison la semaine, alors qu'il ne faisait qu'y passer. Il surveillerait ce phénomène de plus près, il ne pouvait décemment pas lui demander, elle qui avait été si empressée de vider les lieux et de retrouver sa liberté.

Dans le salon, James jouait avec ses voitures, gardant un œil sur son père. Il repensa à sa journée, ça avait été si amusant. Il était loin d'être stupide, il savait en allant chez Molly que sa mère avait fini par craquer. C'était ce qu'on pourrait qualifier d'enfant très éveillé. Le garçon s'était beaucoup amusé à faire tourner sa mère en bourrique, jouant avec ses nerfs à force de crier, de hurler, de jeter des objets. Il avait attendu avec impatience le moment de rupture! Au début, il l'avait fait pour attirer son attention, et voyant que ça ne fonctionnait pas, il avait continué pour voir combien de temps elle résisterait. Elle était loin d'être facile à briser, sa mère, il devait bien le reconnaître. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, il avait été infâme avec elle, dès que son père partait travailler. Il sourit : tout le temps, en fait. Depuis une bonne année, il arrivait à entendre ses parents penser, il percevait ce qu'ils ressentaient aussi clairement que si c'était en lui. Il avait compris combien sa mère était détruite de ne plus pouvoir avoir d'enfant, et la douleur qu'elle ressentait quand elle regardait le sien. Il avait réalisé que c'est pour ça qu'elle ne le regardait jamais. Et il avait trouvé ça très divertissant de la voir se déliter un peu plus à chaque fois que son seul enfant se comportait comme un gosse infect, criard et omniprésent, ne lui laissant pas une seconde de répit. Et puis un jour, il avait réussi à lui parler dans sa tête, à lui murmurer des choses, lui expliquer tout ce qu'il pourrait lui faire pour la blesser autant qu'elle l'avait blessé en l'ignorant. Il manipulait son esprit un peu plus chaque jour, la torturant, jouant avec ses sens et sa réalité. Il était devenu plus fort, sa magie était puissante !

Il pensait que sa prochaine cible serait Molly, que son père le laisserait à ses bons soins, comme il le faisait avec Ginny. Il avait été surpris de le voir en cette fin d'après-midi, alors qu'il observait sa grand-mère pour l'évaluer. Et quand il lui avait posé toutes ces questions sur sa génitrice, il avait eu beaucoup de mal à ne pas rire, se délectant de monter ses parents l'un contre l'autre. Il l'avait mené à la cave, une cave classique, grise et froide et humide. Et il s'était glissé dans son esprit comme il le faisait avec sa mère. Pendant quelques secondes, il avait cru que son père l'avait senti quand il s'était arrêté en bas des marches. Mais en mettant toute sa puissance dans son ordre, il avait réussi à le maîtriser. Oui, son père avait obéi. Et à en croire le patronus d'Hermione, il avait même dépassé ses attentes. C'était vraiment une bonne journée ! James décréta qu'il adorait les lundis, alors que son père l'appelait pour rejoindre la cuisine, où Ron déposait des cartons de pizzas sur le bar. Laissant son père le porter sur un tabouret, il regarda son oncle en souriant. Ce serait amusant que lui aussi, il se laisse faire.