Résumé : Remus est père depuis 8 ans déjà. Comment peut-il annoncer à sa fille comment elle est née, sans qu'elle ne le déteste ? Harry se retrouve célibataire avec un fils de 4 ans, détesté par sa mère. Peut-il sauver son fils de la noirceur qui semble l'avaler ? L'amour peut-il sauver ces deux enfants ?

Rating : T pour certains passages difficiles.

Disclaimer : Les personnages sont de JKR, sauf Rose, l'histoire est à moi

Note : J'espère ne pas avoir laissé trop de fautes, il se fait tard, mais je peaufinerai la correction de mes fautes d'inattention demain. Je ne pense pas avoir le temps de publier à nouveau avant mardi, alors je vous dis à la semaine prochaine! Je tenais à vous poster ce chapitre pour ne pas vous laisser sur un suspens intenable tout le weekend =D

Faites moi part de vos impressions, de vos remarques, vos questions ou vos suggestions! je serai ravie de vous lire, de vous répondre et de tenir compte de vos avis pour mes prochains chapitres =)

Enjoy!


Sirius était devant la maison, assis sur une petite caisse en métal, torse nu et transpirant. Le soleil tapait dans son dos, faisant ressortir les muscles qui roulaient sous sa peau, donnant un mouvement au tatouage tribal qui couvrait son omoplate droite, l'épaule, le pectoral et le haut de son bras, habituellement cachés par ses t-shirt. Il jouait de la clé à molette sur sa moto, démontant et nettoyant les pièces pour les faire briller, avant de les remettre en place. Être à l'extérieur lui faisait le plus grand bien, ça lui avait manqué en prison. Il vit approcher une petite chouette grise, et s'essuya les mains sur un chiffon déjà taché de noir et d'huile, avant de le glisser dans la poche arrière de son jean. Le volatile se posa sur le guidon de sa moto, lui tendit une lettre verte qu'il saisit, avant de repartir. Le cachet était de Sainte Mangouste, et le courrier adressé à Remus. Il ne lui semblait pas qu'il attendait des résultats, et il savait la petite avec Narcissa, elle les avait prévenu de son retard pour cause d'achat musical sur le Chemin de Traverse. Il rentra dans la maison, jeta un oeil à l'horloge dans la cuisine : 18h. Aucune idée du contenu de la lettre. Lunard lui dirait. Il tourna à gauche, traversa la cuisine et frappa à la porte de la bibliothèque avant d'entrer.

-T'attendais du courrier Lunard ? Lui demanda Sirius en lui tendant l'enveloppe.

Remus se saisit de la lettre, brisa le sceau et la lut en travers. Sirius le vit pâlir, et eut peur un instant qu'il ne s'évanouisse, aussi lut-il par dessus son épaule.

« Monsieur Remus John Lupin,

Votre fille Rose Harmonie Lupin vient d'être admise au service de pédomagie.

Veuillez-vous présenter à l'accueil avec ce courrier dans les plus brefs délais afin de nous fournir les autorisations nécessaires pour sa guérison.

Vous souhaitant un prompt rétablissement,

Hanna Abbot,

Service communication et information

Sainte Mangouste - Londres »

Les deux hommes transplanèrent sans tarder, et arrivèrent devant le bâtiment désaffecté. Le mannequin les laissa passer, et ils s'immobilisèrent une fois dans le hall. Il y avait plusieurs dizaines de personnes, attendant sur des chaises, l'air anxieux. Le hall n'était jamais aussi plein. Qu'est-ce qui s'était passé ? Rose n'avait quand même pas eu une crise sur le Chemin de Traverse, si ? Ils s'approchèrent de l'accueil, où deux jeunes sorcières semblaient débordées à écrire des courriers tout en consultant des dossiers. Les lettres étaient envoyées magiquement vers une volière, où elles étaient ensuite distribuées aux hiboux pour envoi express. Et il y avait beaucoup de lettres qui volaient. Remus reconnût Hanna Abbot, il l'avait eu en classe quand il avait enseigné à Poudlard. Son visage avait perdu ses rondeurs infantiles, s'était affiné, et ses longs cheveux châtain clair renforçait la longueur du visage. Ses sourcils donnaient toujours l'impression qu'elle était étonnée, mais la gentillesse était peinte sur ses traits.

-Professeur ! Bonsoir, Vous avez reçu une lettre je crois ?

Remus la lui tendit, hagard, ne comprenant pas comment sa fille, son cœur, son âme s'était retrouvée ici. Son cerveau était en pilote automatique, il refusait de croire qu'elle puisse être à l'origine de ce qui semblait être une catastrophe. Ça ne pouvait pas être elle, elle était si petite... Sirius voulut prendre le relais, tout aussi terrorisé, cependant beaucoup moins apathique, bien plus nerveux, mais Hanna l'en empêcha en lui fournissant les explications dont ils avaient cruellement besoin.

-Il y a eu une attaque dans l'allée centrale, sur la boutique d'Ollivander. Votre fille et Mme Malefoy se trouvait juste à côté lors de l'explosion. Les aurors essaient de comprendre ce qu'il s'est passé, ils devraient interroger votre fille une fois qu'elle sera réveillée. Pour l'instant, elle a été isolée comme le protocole l'exige, à cause de sa magie. Un pédomage est avec elle pour lui appliquer les soins dont elle a besoin dans l'immédiat. Selon son dossier, elle avait une légère commotion et des brûlures importantes à l'intérieur de ses mains. Sa charge magique est toujours instable cependant, mais ses jours ne sont pas en danger

-Et Narcissa ? Demanda Sirius.

-Je vous réponds parce que vous êtes apparentés, sinon je ne le ferais pas. Elle a été sonnée par l'explosion, elle est un peu désorientée, mais elle n'a rien. Elles étaient toutes les deux au plus proche de l'attaque, et c'est un miracle qu'elles n'aient rien.

-Donc si je comprends bien, ma fille est en ce moment dans une chambre d'isolement magique, avec un médicomage qu'elle ne connait pas, dans un endroit où elle n'a jamais été, après un grave traumatisme, en sachant que sa magie fluctue... ?

-C'est bien ça professeur, hésita Hanna.

-Sirius, dis moi qu'ils n'ont pas fait ça, supplia le loup.

-Oh par Merlin, faites sortir votre médicomage de là ! VITE ! Paniqua Sirius, comprenant le problème.

La jeune fille envoya un patronus, un petit flamant rose, faire sortir le médicomage de la salle d'isolement. Les autres patients ne craignaient rien, la salle étant prévue pour retenir les explosions de magie incontrôlables, mais le médicomage était à l'intérieur, et lui, risquait sa vie. Les deux hommes, déjà pâles, perdirent encore leurs couleurs en imaginant l'avenir de leur fille, si elle tuait une personne dans une de ses crises. Elle ne voudrait probablement plus sortir de leur maison, voire demanderait à ce que des runes du privation magique lui soient apposées, afin de l'empêcher de s'en servir à nouveau.

Contre toute attente, une jeune femme aux cheveux bruns un peu fou arriva dans sa tenue jaune de pédomage. Les joues rouges, essoufflées, elle était visiblement furieuse d'avoir abandonné sa patiente. Elle fonça vers Hanna et déchargea sa colère sur elle. Après tout, elle aurait dû finir son service il y a une demi-heure, alors qu'Harry reprenait enfin du poil de la bête... Elle avait bien le droit d'être en colère !

-Hanna ! C'était quoi ce patronus alarmant ? Tu crois que je n'ai que ça à faire de suivre tes ordres alors qu'on n'est même pas dans le même service ? J'étais avec une patiente ! Une jeune fille qui a besoin de soins, et qui va avoir besoin d'un visage réconfortant quand elle se réveillera ! C'est la seule enfant qui a survécu à ça, et elle est en vie, laisse moi prendre soin d'elle et faire mon métier ! Si tu t'ennuies, tu n'as qu'à faire le tien !

-Hermione, je te présente le père de la fillette, vous vous connaissez déjà. Ravie de vous avoir revu, professeur, j'espère que votre fille se remettra rapidement, salua Hanna en retournant à ses papiers.

Remus geint et s'assit sur une chaise, ses jambes tremblotantes ne le soutenant plus. Sirius se plaça entre Remus et Hermione et fit barrage, alors que la jeune fille rougissait de gêne de s'être emportée devant eux. Elle avait toujours beaucoup apprécié les deux hommes, depuis qu'elle savait Sirius innocent, et respectait profondément le professeur Lupin pour sa sagesse et son grand cœur. Elle se reprit, et chercha ses mots pour leur expliquer la situation.

Soudain, les murs tremblèrent, le sol vibra, et les plafonniers magiques clignotèrent avant d'éclairer à nouveau normalement. Les deux hommes soufflèrent, soulagés que la mère de la petite n'ait pas été dans la pièce, dont aucune vibration n'aurait dû sortir. Mais qu'est-ce que la brunette fichait là, au juste ?

-Bon, maintenant qu'elle a eu une crise, on peut y aller. Elle doit être réveillée et paniquée. Miss Abbot nous a dit qu'elle n'était pas en danger, alors je propose que Lunard, tu ailles la calmer, pendant que je fais le point avec Hermione. Quelle chambre ?

Sirius avait pris les commandes des opérations, Hermione ne l'avait jamais vu aussi... sérieux. Pour une fois qu'il portait bien son prénom*, elle en restait pantoise. Elle bafouilla en répondant, et ils s'y dirigèrent, précédé d'un Remus ravi de trouver une échappatoire à ce cirque. Elle ricana en accompagnant le brun jusqu'à la porte de la chambre, derrière laquelle le premier maraudeur venait de disparaître.

-C'est idiot, je savais qu'elle s'appelait Lupin, mais je n'avais pas réalisé... Désolée, si j'avais su, je vous aurais prévenu moi-même...

-Qu'est-ce qu'elle a ? Ne me ménage pas, je ne suis pas Lunard, je peux encaisser, mais l'un de nous doit savoir à quoi s'attendre.

-Ses paumes de mains sont brûlées au 3e degré, j'y reviendrai après, et elle a une légère commotion, mais c'est tout. Ça aurait dû être dramatique, la boutique d'Ollivander a été complètement soufflée, j'ai entendu des aurors dire que les murs des magasins autour n'avaient pas résisté, et il y a pas mal de disparus encore. Je ne dirai rien aux aurors, je suis tenue par le secret médical, mais j'ai besoin de savoir... A-t-elle déjà pratiqué la magie sans baguette de façon contrôlée ?

-Comment ça ? Tu penses que c'est elle qui a fait ça ? D'accord elle a des crises, mais elle n'a jamais détruit la maison, alors toute une avenue renforcée magiquement... Sois sérieuse Hermione !

-Non, ce n'est pas ce que je veux dire. La puissance magique pour balayer des bâtiments comme ça est très rare, à part Dumbledore de son vivant, Grindelwald, Voldemort et peut-être quelques autres comme Harry ou Abelforth, je ne pense pas qu'un seul homme ait pu suffire. Ce que je te demande, c'est si elle a déjà lancé un sort de protection sans baguette. Ses brûlures... on dirait qu'elle a expulsé toute sa magie dans ses mains pour créer un bouclier, ce qui expliquerait que ni elle, ni Mme Malefoy ne soient blessées gravement.

-Je ne pense pas, je ne l'ai jamais vu faire ça, mais je sais qu'elle réagit à la magie, elle y est très sensible, c'est pour ça qu'on n'est pas au Square Grimmaud d'ailleurs. Sa magie répondait constamment à la magie noire dans la maison, et c'était un enfer. Si elle l'a senti, peut-être qu'elle a essayé de se protéger... Je ne sais pas Hermione. Mais je te connais, si tu m'en parles, c'est que tu es quasiment sûre de toi... J'espère que tu te trompes, elle porte déjà les stigmates de ses crises, si en plus elle n'a pas besoin de baguette... Le Ministère va faire de sa vie un enfer.

-Laissons ça pour l'instant, je vais aller finir de lui appliquer un baume cicatrisant. Oh et... merci... De m'avoir fait sortir de la pièce avant... avant sa crise, murmura la jeune femme, en rougissant légèrement, toujours honteuse d'avoir crié comme une poissonnière dans le hall.

Ils entrèrent dans une chambre blanche, les murs étaient recouverts de runes qui scintillaient, protégeant la pièce et retenant la magie à l'intérieur, la rediffusant lentement à travers les murs, sans déflagration sauf surcharge, dans un long flux faible et continu. Rose était assise sur un lit, et trois chaises renversées étaient autour d'elle. Remus, assis à ses côtés sur le matelas, la serrait dans ses bras en murmurant des paroles rassurantes. La tête de la petite était posée contre son torse, le menton de Remus posé sur ses cheveux, un bras l'entourant et l'autre caressant ses cheveux, maintenant détachés et qui recommençaient à friser. Sirius les prit tous les deux dans ses bras, rassuré de la savoir saine et sauve.

Hermione contempla le tableau. Ils étaient beaux tous les trois, cette dévotion les uns pour les autres la fascinait. C'était pour ça qu'elle avait choisi la médicomagie, pour aider des familles à rester entières. Elle n'en avait que trop vu déchirées pendant la guerre, elle voulait participer au bonheur des gens en les aidant à guérir. Ses stages pendant ses 3 années d'études lui avaient fait découvrir toutes les facettes du métier, et si elle avait excellé dans chacun, elle avait été remarquable en pédomagie, le service de soin pour les enfants. Son directeur de stage lui avait assuré qu'il ne voyait que rarement des médicomages avec un instinct aussi développé pour rassurer les petits. Il lui avait même demandé si elle n'avait pas elle-même déjà des enfants, pour que de si jeunes patients se sentent en sécurité à son contact. Mais non, elle n'en avait pas, elle était juste fidèle à ses émotions, pragmatique et rationnelle, et les petits devaient le ressentir, la savoir sûre d'elle au point qu'ils n'aient rien à craindre et qu'ils puissent lui faire confiance aveuglément. Son supérieur avait admis à demi-mots que c'était peut-être le cas, vexé d'avoir eu tord alors qu'il la sentait très maternelle avec les jeunes, mais l'avait chaudement encouragé à continuer dans cette voie, puisque son instinct lui serait un allié fidèle en pédomagie.

Voir la petite Lupin aussi fragile l'avait profondément perturbé. Elle, qui était si professionnelle, avait senti son cœur s'affoler en la voyant. Comme elle l'avait dit dans le hall, 4 autres enfants étaient arrivés plus tôt, des frères et sœurs, et aucun n'avait survécu. Ses collègues n'avaient pas réussi à les stabiliser assez longtemps pour les soigner. Les parents des enfants étaient tous deux dans le coma, et le père avait perdu une jambe, sectionnée par les éclats de pierre. La magie noire emplissant les lieux avait empêché de ressouder les deux parties du membre, et la pose d'une prothèse était compromise tant que la blessure n'était pas drainée de ses mauvaises ondes. Comme pour Rose, personne ne savait le faire actuellement. Aussi, voir l'enfant allongée sur le lit, vivante, l'avait poussée à être très minutieuse dans son examen, pour ne rater aucune blessure. Elle s'était sentie proche d'elle, et voir des cheveux presque aussi rebelles que les siens l'avait fait sourire. La pauvre en baverait une fois à Poudlard.

-Je suis désolée Patty, je te jure que j'y suis pour rien, c'est pas moi, j'ai pas fait ça... La petite craquait, elle se mit à pleurer et à trembler, serrant les bras des deux hommes contre elle malgré ses blessures.

-Je sais Rosie, je sais. Tu n'es pas responsable. Ça va aller. Il faudra juste que tu racontes ce qu'il s'est passé aux aurors quand ils viendront, pour qu'ils trouvent les responsables. On restera avec toi tout le temps. Je suis même sûr que Severus viendra te voir dès qu'il sera au courant, et qu'il vérifiera chaque potion et chaque baume que miss Granger t'aura donné, en pestant contre ces fichus gryffondor qu'il faut sans cesse surveiller.

-Sirius, j'étais sa meilleure élève, il peut pester tant qu'il veut, mes potions sont parfaites ! Asséna Hermione en posant ses mains sur celles de Rose, pour les détacher doucement et continuer d'appliquer les baumes réparateurs.

-Il dira surtout que je ne suis peut-être pas si serpentard que ça pour avoir attiré les ennuis et m'être retrouvée exposée, soupira la petite en se ressaisissant.

-Ce serait le meilleur compliment qu'il pourrait te faire Rosie, sourit Sirius en la regardant.

Remus gloussa, puis partit dans un grand fou rire, suivi par les deux autres, qui imaginaient véritablement la scène. Hermione se fit discrète, mais tendait l'oreille, curieuse de les voir interagir.

-Patmol, attends juste qu'il soit rassuré avant de flirter avec lui, je n'ai pas envie de l'entendre te hurler dessus pendant deux heures, il serait infecte tout le reste de la journée après ça.

Un jeune homme blond en robe noire entra dans la pièce, un insigne d'auror épinglé sur sa poitrine. Il regarda la petite, et parut rassuré de la voir saine et sauve, ce qui surpris Hermione un peu plus. Ils se connaissaient ?

-Bonsoir Drago, je suppose que tu es là pour la déposition ? Demanda Remus en lui serrant la main.

-Oui, je préférerai faire ça vite à vrai dire, qu'on retrouve ces enfoirés. J'ai croisé Severus dans le hall, il est parti chercher des potions pour Rose, il devrait arriver d'ici quelques minutes. Ne fais pas la tête Grangie, c'est Severus, tu le connais, lui et ses potions... Rose, tu peux me raconter ce dont tu te souviens ?

Il sortit une plume auto-encreur (invention Weasley!) et du parchemin de sa poche, et prit en note tout ce que la petite avait perçu. Les aurors avaient déjà déterminé qu'il s'agissait de magie noire, et que la boutique d'Ollivander était la cible de l'attaque. Cependant, Rose lui apprit qu'il n'y avait qu'une seule source de magie à l'origine de l'explosion, et que l'épicentre se trouvait dans la rue avant que ça ne se produise, elle avait senti sa magie être de plus en plus attirée, comme si la personne ou la chose cherchait à réunir ses forces pour les avoir au maximum avant de déclencher ça. Drago arriva aux mêmes conclusions qu'Hermione : peu de sorciers avaient assez de puissance pour faire autant de dégâts, les attaques des mangemorts pendant la guerre n'arrivaient même pas à la cheville de ce qu'il s'était produit. La moitié du chemin de traverse était en ruine, le nombre de mort élevés, de disparus plus encore. Peu avaient survécu. Il rangea sa plume, sécha l'encre d'un sort et plia le parchemin avant de reprendre, tout à fait informel.

-Rose, ma mère et toi allez bien, et j'ai l'impression que tu es la responsable de ce miracle... Je me trompe ?

Elle hésita et regarda son père, qui hocha la tête pour l'inciter à répondre. Sirius regarda Hermione, puis Severus, qui s'était glissé dans la pièce quelques instants plus tôt, et avait entendu Rose parler de son analyse magique.

-Il est possible que j'ai lancé un sort de bouclier sans savoir si ça marcherait... Il y avait de la magie partout, j'avais juste à lui dire quoi faire ! Se défendit Rose, prête à attaquer. Mais Drago sourit, loin de vouloir la sanctionner pour ça.

-Granger, pas un mot de ça à qui que ce soit. Rose, les Malefoy ont une dette de vie envers toi, même si elle n'était pas nécessaire pour que l'on te vienne en aide le jour où tu en aurais besoin, lui dit-il avec un clin d'œil. Sur ce, je vous laisse, je vais aller rejoindre ma mère, qui est toujours en vie grâce à toi ! Merci, miss Lupin.

Il fit une révérence à la petite, exagérant ses mouvements pour la faire rire, et s'esquiva, laissant sa place au maître des potions, qui sortit des fioles de sa poche pour les tendre à Rose. Hermione s'interposa vivement.

-Vous pensez faire quoi, au juste ? S'exclama-t-elle. Et les interactions avec ce que je lui ai déjà donné ? Vous ne m'avez même pas demandé ce qu'elle avait !

-Ne me sous-estimez pas miss Granger, je ne suis certes plus votre professeur, mais je vous connais assez pour savoir que vous avez administré une potion calmante et appliqué un baume régénérant à base de sang de dragon sur les mains de cette jeune fille, au moins deux fois si j'en juge les tâches sur les bras de Remus et de Black. D'autre part, ce sont des potions pour stabiliser sa magie, parce que je me doute que vous n'avez rien fait pour ça. Comme la stupide gryffondor que vous êtes, vous avez agi sans voir la situation dans son ensemble, en vous basant sur les protocoles stipulant que les flux se rétablissent d'eux-même. Je me trompe ? Demanda Rogue d'une voix mielleuse, le sarcasme dégoulinant de chaque mot.

Hermione serra les dents avec la furieuse impression d'être revenue à l'école, dans sa salle de potion. Elle hocha la tête pour confirmer ce qu'il avait dit, et le laissa procéder, alors que Sirius se retenait difficilement de rire, que Remus souriait de toutes ses dents, et que Rose le serrait dans ses bras en lui disant qu'elle allait bien. Hermione ne comprit pas plus que pour Drago ce qui liait ces gens, qui se détestaient autrefois. Elle eut l'impression d'avoir loupé plusieurs wagons et de s'être isolée ces dernières années, pour n'avoir pas vu une telle chose se produire sous ses yeux avant. Elle aurait forcément entendu parler d'un rapprochement pareil tant il était invraisemblable. Cette jeune fille qu'elle appréciait de plus en plus semblait avoir la capacité de mettre tout le monde d'accord. Une capacité qui lui serait utile à Poufsouffle comme à Serdaigle, même si Sirius semblait la voir à Gryffondor, et Rogue à Serpentard, d'après les dires du premier... Une jeune fille pleine de surprise.


* Sirius/serious : jeu de mot traditionnel de Sirius sur son prénom en anglais, qui est très proche du mot « serious » (sérieux). Je ne sais pas si c'est dans les livres de JKR, la blague du « why so sirius ? », mais je suppose qu'elle est communément admise x'D