Je continue dans ma foulée et publie donc ce chapitre, la première confrontation avec nos petits Avengers, et pus particulièrement Steve, so.. Enjoy !


Il arriva dans la rue, une casquette vissée sur le crâne et une large capuche dissimulant les côtés de son visage.

Il se glissa à travers la cohue de journaliste semblant décidés de camper là et la traversa sans même se faire remarquer, il avait appris à se faire discret, depuis le temps.

La discrétion.. Il y a quelque années de ça le concept même lui semblait incroyablement abstrait.

Il serait plutôt descendu du ciel avec son armure rutilante et une bonne vieille musique d'AC/DC à fond, ça c'était indubitablement d'avantage son genre.

Un petit sourire vint orner ses lèvres.

Il parvint jusqu'aux portes sans se faire remarquer et se glissa à l'intérieur de la tour, il pouvait être une véritable ombre quand il le souhaitait.

Il soupira de soulagement quand les portes se refermèrent, étouffant les bruits incessants de la foule dans son dos.

-JARV', où sont-ils ?

-Dans le salon Monsieur.

-Parfait !

Il se para d'un faux sourire assuré et avança vers l'accueil (pour commencer, pourquoi est-ce qu'il y avait un accueil ?).

Là-bas il remarqua une femme brune d'une petite trentaine d'années qui semblait s'acharner sur le pauvre clavier de son ordinateur, ses lunettes négligemment baissées sur son nez.

Il aurait pu la trouver jolie, avant, peut être même aurait-il tenté de la séduire.

Voilà une de ces phrases ou le "avant" prenait toute son importance.

Il toussota pour tenter d'attirer son attention.

Elle sursauta puis, sans lui accorder un regard, lui lança.

-Une minute je vous prie.

Elle sembla finir de copier une phrase à toute vitesse avant de relever des yeux noisette vers lui.

-Oui ? Que puis-je pour vous ?

Il s'amusa du fait qu'elle ne l'ait pas reconnu.

-On m'a donné rendez-vous ici, hier.

Elle haussa un sourcil, sceptique, avant de fouiller dans quelques dossiers à côté d'elle.

-Pourtant je ne vois pas de rendez-vous prévus pour auj..

Elle s'interrompit, releva la tête, le dévisagea, baissa la tête, fixa l'écran, releva la tête, et fit une imitation d'un poisson hors de l'eau vraiment très réaliste.

Il en viendrait presque à l'applaudir.

-Oh.

Alléluia, elle a remarqué qui il est.

-Comme vous dites, "Oh."

Je passe juste pour faire acte de ma présence auprès de vous, maintenant que c'est fait au revoir et bonne journée Madame, je pense que je me débrouillerais seul, après tout je connais l'endroit.

Un dernier petit sourire malicieux vers la secrétaire et il partit en direction de l'ascenseur.

La pauvre resta sur un rond de flanc, incapable de comprendre ce qui venait de se passer.

Il rit, ça avait été incroyablement amusant de voir à nouveau l'effet qu'il déclenchait quand on découvrait qui il était.

-J', tu peux veiller à ce qu'elle ne prévienne aucun journaliste ? Et surtout pas les Avengers, bien sur.

-Très bien, rien ne fuitera Monsieur.

En passant il frôla un des murs du bout des doigts, comme cette tour lui avait manquée..

Il observa un court instant le hall de la tour, quartier général des Avengers, qui était le parfait reflet de de ce qu'était l'édifice en lui même: une merveille de technologie.

Alimentée par un réacteur Ark de dernière génération (du moins la dernière sortie par Stark industries car pour lui, elle était déjà obsolète) qui fournissait à lui seul l'énergie entière nécessaire à toutes les dépenses de la tour elle était un véritable bijou en termes de modernité.

Et dire qu'il n'y était pas entré depuis si longtemps..

En sortant de l'ascenseur il resta figé, il avait l'impression de rêver, ça ne pouvait de toute manière pas être réel, non ? Il s'était depuis longtemps fait à l'idée qu'il ne les reverrait pas.. du moins pas ainsi, bavardants avec animation entre eux, détendus et surtout souriants.

Ils ne semblaient pas encore l'avoir remarqués, il en profita donc pour reprendre ses esprits.

Il sentit sur lui le poids d'un regard et tourna la tête pour croiser celui du stéréotype de la perfection américaine, celui qui en portait même le nom, Captain America.

Ses yeux s'étaient pendant quelques secondes teinté d'une franche surprise puis d'une étincelle indéfinissable qu'il crut avoir imaginé avant d'afficher une colère froide, glaciale, qui semblait comme gronder sous sa peau, elle était à ne pas en douter une des plus dangereuse de toutes, ce n'était qu'une supposition mais à son avis il allait sûrement bientôt pouvoir la vérifier.

N'étant plus habitué (Dieu merci!) à cet air là, il frissonna, pas de peur, simplement de désillusion, mêlée de tristesse, il ne savait pourquoi mais il avait espéré que ça avait changé, que le fait de le voir en vie supplanterait la colère dirigée vers lui, il s'était trompé, en même temps il savait ne mériter que ce genre de regards de sa part.

Il aurait sans doutes fait de même s'ils avaient inversés les rôles.

Du moins il aurait sûrement réagi comme ça, avant, encore une fois.

Rogers ne murmura qu'un mot, un seul et unique mot qui lui semblait avoir été crié à travers la salle tant il lui fut intelligible:

Stark.

Les yeux dans les yeux ils s'affrontèrent du regard.

Il fut le premier à le baisser, ce qui eut le mérite d'étonner l'autre.

Le reste de l'équipe semblait enfin l'avoir remarqué puisqu'ils s'étaient tournés vers lui.

Aucune parole ne fut prononcée, comme si l'on attendait quelque chose, quelque chose qui ne tarderait pas à arriver.

L'œil de la tempête.

Le blond fit un pas.

Un deuxième.

Puis un troisième.

Et un quatrième, avant de s'arrêter.

Sa voix tonna, grondante, détachant chaque syllabe presque avec méticulosité.

-Comment oses-tu.

Comment oses-tu revenir, après tout ce temps ?!

De quel droit est-ce que tu reviens maintenant ?!

Il comprenait, lui aussi se posait la question.

-Rogers (il eut du mal à dire son nom, ça lui semblait tellement peu naturel), tu m'as prié de me ramener ici, il me semble.

Le blond sembla se méprendre sur la raison de cette hésitation puisque ses muscles se bandèrent d'autant plus tandis que ses yeux ne se réduisirent qu'à deux fentes.

Le soldat s'avança encore, comblant le maigre espace les séparants.

Le coup partit, un magistral crochet du droit qui lui fit voir milles et une étoiles.

Il tomba sans avoir eu ni le temps, ni le réflexe de réagir, un très mince filet de liquide carmin s'écoulant d'ors et déjà de sa lèvre fendue d'une fine déchirure.

Il se frotta la mâchoire, pour sur il aurait un bleu -si sa mâchoire n'était même carrément pas délogée-.

Natasha et Clint intervinrent enfin pour l'empêcher de le frapper à nouveau, le retenant difficilement malgré leurs deux forces d'espions combinés.

Oh que c'est adorable de le défendre, pensa-t-il avec une douce ironie teinté de moquerie.

Le rousse souffla quelques mots à l'oreille du blond d'un ton autoritaire.

-Calme-toi Steve.

Rien que cette phrase chuchotée attisa d'autant plus le sentiment de colère qu'il ressentait.

La Russe avait dès leur première rencontre -celle officielle, du moins-. eu le droit de le tutoyer, ce droit que lui n'avait jamais eu.

La jalousie qu'il ressentit a cette pensée le fit froncer les sourcils.

C'était ridiculement puéril.

Quoi qu'il en soit, le blond s'exécuta de mauvaise grâce.

-Rogers je.. Je suis désolé ok ? Je sais que j'ai merdé, j'en suis foutrement conscient.

Je vous ai tous abandonnés, vous ai fait croire à ma mort et..

Il passa une main dans ses cheveux, plus que las de la tournure que ça prenait.

Mais je n'en pouvais juste plus, je devais m'éloigner.

Il voyait dans les yeux de son vis-a-vis que ses excuses bancales avaient produites l'effet inverse, soit augmenter sa colère.

-Parce que comme toujours le grand Tony Stark ne pense qu'à sa petite personne hein ? C'est vrai ça, pourquoi songer un seul instant à ce que pourraient ressentir les autres, ses amis ? Mais, après tout, je ne devrais pas en être étonné, il n'y a personne d'autre de plus égocentrique que toi sur cette terre.

Cette dernière phrase avait été crachée, comme si elle lui avait brûlé la langue.

Quant à lui, son sang commençait à bouillir dans ses veines, comment osait-il l'accuser lui (italique) ? Lui qui n'avait fait que subir, presque désespéré, des mois entiers et attendant vainement une quelconque marque d'affection ?! Ce n'était pas lui qui l'ignorait ou le provoquait à chaque fois qu'il le voyait !

Et si c'était vrai qu'à l'origine c'était de sa faute, que c'était lui qui lui lançait des piques chaque fois qu'il lui était donné de le faire c'était également lui qui avait le premier cessé ce petit combat de coqs, c'était le passé !

Dès qu'il avait commencé à avoir ces.. foutus sentiments pour l'autre il avait cessé.

Et pour quoi, au final ? Pour que le Capsicle reprenne le flambeau et inverse les rôles !

-Figure toi que j'ai réfléchi à ce que vous pourriez ressentir, tous, et devinez la conclusion à laquelle je suis parvenu ?

Que vous vous en foutiez totalement !

Ouaouh ! Elle est belle l'amitié dans l'équipe !

Il laissa échapper un petit rire sarcastique qui résonna étrangement dans la pièce exempte de tout bruit.

Ce n'est pas moi qui à chaque fois que je te voyais lançais un "Stark" tout ce qu'il y a de plus froid alors ne t'avise pas de faire comme si tu étais peiné que je sois parti, c'est en grande partie de ta (gras) faute.

Pour appuyer ses paroles il s'était relevé jusqu'à venir poser un doigt accusateur sur la poitrine du blond.

-Et oui ! De TA faute, tu entends Captain, enfant chéri de l'Amérique ?

Sa rage devait se lire dans ses yeux puisque tous avaient reculés d'au moins un pas, le blond, en face de lui, avait même mis d'autant plus de distance, comme s'il venait d'être frappé par la foudre.

-Alors même si tu t'en fous très certainement sache que la "cohésion" que tu cherchais tant tu l'as toi même foutue en l'air. Donc maintenant tu arrêtes de faire comme si tu étais blessé par ce fait et tu assumes le rôle que tu y as joué.

Il parcourut la salle des yeux, fixant tour à tour ses billes chocolats dans celles de ceux qui composaient autrefois son équipe, sa famille.

-Vous pouvez m'en vouloir, me détester ou même me haïr (en prononçant ces paroles il défia du regard le blondinet) je n'en aurais que faire.

Sachez que si je suis parti c'est non seulement de sa faute mais aussi de la vôtre.

Son regard s'adoucit tout de même un peu en regardant Bruce.

-Hormis certains, qui ont été de vrais amis, j'étais seul, et ça je crois que vous le pouvez le comprendre, même si je n'espère pas être pardonné je pense que nous pourrions essayer de repartir sur de bonnes base et tenter de reconstruire quelque chose sur les ruines qu'il nous reste.

Il ferma les yeux, fébrile en attendant la réponse.

Un court silence suivit sa déclaration, qui lui parut durer des heures mais fut au contraire vite rompu.

-Toujours le même, Stark, à croire que de beaux discours suffiront à se faire régler tous tes problèmes, je suis sur que tu ne pense pas un traître mot de ce que tu dis.

Qu'espérais-tu en revenant ici ? Que nous t'accueillerions les bras ouvert en pleurant d'émotion, en pleurant de te savoir en vie ?

Et bien tu t'es trompé, ici, on accueille pas les traîtres en héros.

-Steve ! Cette exclamation provenait de Natasha, ce qui le surpris, bien qu'il ne le montra pas. Tu exagères. gronda-t-elle.

Le Captain tourna un regard outré vers elle, comme halluciné de son interruption.

-Il mérite chacune de ses paroles, tu le sais 'Tasha.

Il se tourna une dernière fois vers lui pour le fusiller du regard et sortit de la pièce d'un pas colérique, talonné de près par l'espionne russe qui lui envoya un regard ou il discernait -avec un étonnement non-feint- de la compassion.

Dès qu'il fut partit l'atmosphère lourde et tendue de la pièce sembla s'alléger.

Clint se tourna vers lui, fit un petit sourire hésitant et partit à la suite des deux autres.

Bruce quant à lui s'approcha, tout aussi hésitant que l'archer quelques secondes plus tôt.

-Alors t'.. T'es vraiment vivant ? Je.. n'arrivais pas à y croire, ça me paraît tellement inimaginable.

-Eh oui Bruce, tu devrais le savoir pourtant, je ne me laisse pas avoir ni n'abandonne si facilement.

Un petit silence gêné précéda l'embryon de conversation.

Décidant de prendre les chose en mains au sens propre comme figuré il s'approcha pour prendre le scientifique dans ses bras, l'étreignant avec une émotion aisément discernable.

-Je te croyais mort. Chuchota le brun d'une voix blanche.

Sans un mot, il renforça encore l'étreinte.

Parfois il n'y avait pas besoin de mots, donnée superflue lorsque les sentiments y étaient mêlés.

Tony finit par briser l'étreinte, heureux qu'au moins son science-bro soit heureux de son retour.

Bien l'un des seul pensa-il amèrement, Steve en tête.

Il se redressa, tâchant de reprendre contenance et faisant mine d'ignorer les larmes lui venant aux yeux.

Bruce reprit.

-Où étais-tu ?

-Dans différents pays. Mais en Amérique, jamais trop loin.

Un sourire triste effleura les lèvres du scientifique, il remonta d'un geste machinal ses lunettes qui étaient légèrement descendues de son nez.

-On t'a cherché tu sais.

Silence.

-Je sais.

-On te croyait mort.

Nouveau silence.

-Je sais.

Bruce ferma très fort ses yeux, pinçant l'arrête de son nez alors que les veines de son cou passaient lentement mais sûrement au vert.

-Merde Tony, cesse de répondre par des évidences ou d'éviter de répondre ! Tu nous as abandonnés tu comprends ?! Abandonnés ! Tu étais un membre des Avengers, tu étais Iron Man, mon science-bro.

Tu étais mon ami, notre ami, à tous.

Tu nous as fais croire à ta mort ! Tu comprends ce que je te dis ? On te croyait tous mort dans cette explosion, est-ce que tu comprends seulement le mal que ça nous a fait à tous ? Est-ce que tu comprends seulement un instant ce que l'on a pu ressentir ?!

-Je sais.

-Tu sais, tu sais ! Tu n'as que ces deux mots à la bouche ! Mais non, tu ne sais pas ! Tu ne sais pas ce que c'est de croire que son ami est mort dans une explosion qui aurait pu être évitée, une simple erreur d'inattention, tu ne sais pas ce que c'est de te demander tous les soirs avant de te coucher si tu aurais pu changer tout ça, rien qu'un moment, un retour dans le passé, de te torturer l'esprit pour toujours arriver à cette même conclusion qui te brise le cœur: tu aurais pu faire quelque chose, tu aurais pu le sauver. Un simple passage dans l'atelier, une "erreur" évitée, et tu serai avec nous.

Et pourtant aujourd'hui tu viens, tu te présente devant nous, comme pour nous montrer, nous prouver, que toutes ces réflexions étaient vaines, que tu étais vivant et en parfaite santé quelque part sur cette foutue terre ! Alors non tu ne sais pas. Tu ne peux pas comprendre le remord qui nous à bouffé chaque jour.

À la fin de sa tirade, son souffle était saccadé, son regard humide de larmes contenues et quelques mèches chocolat éparses flottaient sur son front.

-Je..

Que pouvait-il répondre ? Il avait raison.

Il les avait tous abandonnés, pour eux il était mort et ils n'avaient rien fait pour l'empêcher. Pour eux.. il était mort.

Peut-être qu'il avait souffert, jour après jour loin d'eux, de lui.

Peut être qu'il avait souffert.

Mais ce n'était pas le même genre de souffrance, il le savait.

Il n'avait aucun droit de revenir ainsi, comme une fleur, le sourire aux lèvres et les mains dans les poches. Aucun. Droit.

Cette révélation le frappa avec tant de force qu'il faillit reculer, comme sous l'emprise d'un véritable coup physique.

-Je suis désolé.

Ces mots s'étaient échappés de ses lèvres avant même qu'il ne songe à les retenir.

Il était tellement désolé.

-Je suis désolé, répéta-il.

Par ce qu'il aurait fallu le dire un millier de fois, parce qu'il n'avait même pas le droit de se tenir devant lui en cet instant.

Par ce qu'il s'en voulait terriblement.

Par ce qu'il était sincère.

Bruce fit un pas, un autre, et le serra fort dans ses bras, si fort qu'il jura avoir entendu ses os craquer. Et si il remarqua les ombres vertes qui régressaient jusqu'à disparaître de la peau du spécialiste des rayons Gamma il n'en fit jamais la remarque, trop occupé à retenir ses larmes dans cette étreinte qui comptait tellement.

-Tu es en vie.

Et ce fut suffisant.

Il lui avait pardonné.


Bon, première chose, ne me jetez pas de tomates, d'accord ? Je ne me voyais pas faire ce chapitre pus long ni couper à un autre moment alors.. Voilà, j'espère que ça vous plaira et à nouveau, n'hésitez pas à laisser une petite review!