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Disclaimer de l'auteur : Une fille de douze ans devrait-elle recevoir une aide psychologique, après avoir été possédée par un Journal ensorcelé ? Vous pensez que "oui" ? Dans ce cas, je ne suis pas J.K. Rowling, et je ne possède pas Harry Potter.

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CHAPITRE 3

Daniel et Emma Granger se détendaient un dimanche après-midi, sans méfiance, lorsqu'un sorcier arriva à leur porte. L'homme qui fit sonner la cloche était lourd, avec des bajoues proéminentes, une frange de cheveux blond sale, et un uniforme à l'allure officielle, surmonté d'un imperméable marron. Il avait l'air suffisamment étrange pour qu'on puisse deviner qu'il était un sorcier, en un seul coup d'œil.

« Êtes-vous les parents d'Hermione Granger ? » demanda-t-il.

Cela semblait une question étrange dès le départ, mais Dan répondit consciencieusement : « Oui, c'est nous. Qui êtes-vous ? »

« Auror Odo Proudfoot, du Département de la Justice Magique. » Il fit apparaître un badge.

« Justice Magique ? Quel est le problème ? »

« J'ai bien peur que votre fille ait été attaquée par un animal dangereux à l'école... »

« Oh mon Dieu ! » haleta Emma. « Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Est-ce que c'est pour cela qu'elle n'a pas écrit depuis trois semaines ? Est-ce qu'elle va bien ? »

« On m'a dit qu'elle a maintenant complètement récupéré, donc il n'y a pas besoin de s'inquiéter. Cependant, vous êtes tous les trois recherchés pour un interrogatoire concernant un incident connexe, dont vous avez été témoins l'automne dernier. »

« Maintenant, attendez une minute. » l'interrompit Dan. « Vous nous dites que notre Hermione a été suffisamment blessée pour qu'elle n'ait pas pu écrire pendant trois semaines, et nous ne le découvrons pas avant qu'elle ne soit complètement rétablie ? »

« Je n'ai pas tous les détails, M. Granger. » déclara Proudfoot. « Mes instructions disent seulement qu'elle est prête à sortir de l'hôpital, dès que vous la récupérerez. Les Guérisseurs pourront mieux vous expliquer, là-bas. »

Les Granger se calmèrent un peu, mais ils commençaient à se mettre en colère. « Elle est à l'hôpital ? » demanda Dan. « Pourquoi n'avons-nous pas été informés quand c'est arrivé ? »

« Honnêtement, je ne sais pas, M. Granger. » déclara Proudfoot d'un ton menaçant. « Mais je sais que 90% des forces de l'ordre magiques de ce pays sont actuellement occupées à chercher à Poudlard des créatures très dangereuses, donc je n'ai vraiment pas le temps pour ces questions. Votre fille et les Guérisseurs pourront tout vous expliquer à votre arrivée. Maintenant, s'il vous plaît, accrochez-vous à ceci. » Il sortit un cintre plié de ses robes.

Les deux Grangers le regardèrent fixement.

« S'il vous plaît, accrochez-vous à ceci. » répéta-t-il. « Et ne le lâchez pas. »

Ils tendirent la main avec hésitation, et saisirent le cintre. Avant qu'ils ne puissent poser d'autres questions, Proudfoot déclara : « Scots, wha hae wi Wallace bled(*). » Et leur monde tourna sur lui-même.

[(*) Note de la traductrice : "Scots Wha Hae" est une chanson patriotique de l'Écosse, qui a servi pendant des siècles d'hymne national non-officiel du pays. Elle a récemment été largement supplantée par "Scotland the Brave" et "Flower of Scotland".]

Les Granger atterrirent en tas dans une rue sale, à l'extérieur de ce qui ressemblait à un magasin de vêtements condamné.

« Que diable ?! » hurla Dan en se levant. Il semblait être sur le point de frapper Proudfoot, mais le sorcier l'ignora superbement.

« Voici l'hôpital. » déclara l'Auror. « C'est déguisé, bien sûr. Vous trouverez votre fille à l'intérieur. Maintenant, je dois vraiment y aller. » Et avec un "pop", il disparut dans l'air.

Dan et Emma se regardèrent et, faute d'alternative, entrèrent dans le bâtiment. L'intérieur ne ressemblait en rien à l'extérieur. Cela semblait être une salle d'attente d'hôpital parfaitement normale, bien que dépassée de quelques décennies - tous ces murs d'un blanc sec, et ce très laid vert "écume de mer" - avec un soupçon d'odeur de lavande, pour une raison quelconque. Leur fille était assise dans la salle d'attente, avec cette famille de roux rencontrée l'été dernier.

« Oh, Hermione ! Dieu merci ! Tu vas bien ? » Emma courut vers elle, et la serra fort dans ses bras.

« Bonjour, maman. Bonjour, papa. Je vais bien. » répondit Hermione, comme s'il n'y avait rien de mauvais du tout.

« Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Cela fait trois semaines que tu n'as pas écrit. »

« Je suis désolée. J'ai été attaquée par un serpent géant, qui m'a transformée en statue. Ils n'ont obtenu l'antidote que ce matin. »

Dan et Emma se regardèrent avec inquiétude. Malgré le fait que cette histoire semblait horrible, ce n'était pas du tout l'attitude normale de leur fille.

« Hum, tu es sûre que tu vas bien, Hermione ? » demanda Dan.

« Oui. Pourquoi ? »

« Eh bien, tu sembles terriblement calme à propos de tout ça. »

« C'est parce qu'ils m'ont donné une potion calmante après que je me sois évanouie, quand Harry m'a dit que l'école était fermée pour le reste de l'année scolaire. »

Les parents d'Hermione éclatèrent de rire malgré eux. « D'accord, maintenant c'est notre Hermione. » déclara sa mère. « Alors, comment avez-vous été attaqué par un... un serpent géant ? »

« C'est une très longue histoire, maman. » répondit Hermione.

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Dans une petite pièce latérale privée, Dan et Emma avaient écouté avec la plus grande attention, tandis qu'Hermione expliquait les événements de l'année écoulée, avec toute la diligence et la régularité d'une documentariste. Bien entendu, ils avaient exigé de savoir pourquoi elle ne leur avait pas parlé des attaques dès le début. Ce à quoi elle avait répondu, avec seulement une petite hésitation, qu'elle avait peur qu'ils la retirent de l'école. Ce fut alors qu'ils comprirent que réprimander une fille qui était sous l'influence d'une potion calmante n'était... pas inefficace en soi, mais définitivement bizarre. Avec ses émotions en sourdine, Hermione acceptait simplement le châtiment, s'excusait, et passait à autre chose, de sorte qu'ils n'étaient pas tout à fait sûrs qu'elle ait compris.

Puis, comme si le serpent géant ne suffisait pas, elle expliqua qu'il était également classé comme une arme de destruction massive, ce qui avait déclenché la fouille massive de l'école, qui se poursuivait encore pendant qu'ils parlaient. C'était la plus grande consolation de toute cette affaire : que Poudlard soit complètement sécurisé pour les élèves d'ici la prochaine rentrée scolaire.

« C'est bon à entendre. » déclara Dan. « Nous ne voudrions vraiment pas t'y renvoyer l'automne prochain, si la sécurité n'est pas certifiée. C'est bien, qu'au moins les forces de l'ordre soient compétentes, ici. Je n'en suis pas si sûr pour le Directeur. »

« Oui, nous ne savons toujours pas comment il a raté ça. » répondit Hermione. « Bien sûr, le Conseil des Gouverneurs l'avait limogé après que j'ai été attaquée. Mais il est revenu aujourd'hui, et Harry a dit qu'il agissait parfaitement, de façon responsable et selon les règles, quand il l'a découvert. Je suis d'accord avec vous au sujet de la sécurité. Honnêtement, Je pense que je serais rentrée à la maison à Noël, et que j'aurais essayé de changer d'école, si ce n'était pas pour mes amis. J'avais vraiment peur, depuis que les Nés-de-Moldus ont été pris pour cibles. »

« Oh, Hermione. » Sa mère la serra de nouveau dans ses bras, et elle trouva le manque de réaction d'Hermione toujours aussi troublant. « Eh bien, les... les Guérisseurs disent que tu vas bien. Es-tu prête à rentrer à la maison ? »

« J'aimerais d'abord dire au revoir à mes amis, s'il vous plaît. Avec l'école et la vie familiale d'Harry en pleines mutations, je ne sais pas quand je pourrai les revoir. »

« Hum, d'accord, ça va. Voyons s'ils sont de retour dans la salle d'attente. »

Ils ne trouvèrent pas Harry dans la salle d'attente, et la sorcière d'accueil leur dit qu'il était toujours sous examen médical. Cependant, ils virent une épave d'homme trébucher dans la porte, soutenue par un Auror. L'homme avait une longue barbe noire non-taillée, et portait des guenilles à rayures noires et blanches. Tout le monde le regardait, tandis qu'il était traîné à la réception.

Sirius Black n'arrivait toujours pas à en croire ses yeux, alors qu'il était conduit, trébuchant et plissant les yeux dans la lumière, à l'intérieur de Sainte-Mangouste. « À la lumière de nouvelles preuves, toutes les charges retenues contre vous ont été abandonnées. » avaient déclaré les Aurors.
Il était sûr qu'il était finalement devenu fou. Même pas de procès ? Juste le laisser sortir ? Certes, ils avaient depuis longtemps oublié qu'il n'avait jamais été jugé en premier lieu, et le Ministère était sûrement trop têtu pour admettre son erreur, et appeler un nouveau procès. Et pourtant, il était là.

« Par la Barbe de Merlin, que lui est-il arrivé ? » demanda la sorcière d'accueil.

« Onze ans d'exposition aux Détraqueurs. » répondit l'Auror d'un ton bourru.

« Quoi ? Comment... ? »

« Peu importe. Quatrième étage, je suppose ? »

« Euh, oui, je suppose aussi. Pas techniquement un dégât de sorts, mais c'est là que se trouvent les Guérisseurs d'Esprit. »

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Harry n'était pas dans la salle d'attente. Il était toujours en train de rebondir entre différents départements. Il avait été examiné par un Guérisseur dans le service des Blessures par créatures vivantes, et il avait dû attendre pour quelques ecchymoses, et une entaille récemment guérie sur son bras.

« D'où ça vient ? » demanda le Guérisseur.

« Oh, c'est là que le Basilic m'a mordu. » répondit Harry.

« QUOI ?! »

« Je vais bien, cependant. »

« Vous allez bien ? Vous devriez être... Nous devons vous emmener au troisième étage. »

Avant qu'Harry ne puisse protester, il fut emmené au Service des empoisonnements par potions et plantes, où il fut de nouveau examiné.

« Je vais bien, vraiment. » dit-il. « Fumseck a guéri ça. Je me sens plutôt bien, maintenant. »

Les Guérisseurs ne furent pas impressionnés. À cause de son insistance persistante sur le fait qu'il n'était pas blessé et qu'il voulait juste revoir ses amis, il fut transféré dans le service psychiatrique du quatrième étage (Pathologie des sortilèges), où il se retrouva dans un lit à côté de Ginny. Mme Weasley était assise à côté du lit de sa fille. Lockhart était là aussi, dans le coin arrière, mais il n'était étonnamment pas en train de parler pour le moment.

« Oh, s-s-salut, Harry. » dit timidement Ginny.

« Salut, Ginny. »

« Que fais-tu ici ? »

« Ils pensent que je délire, parce que je n'arrête pas de dire que je ne suis pas blessé. Et toi ? »

La bouche de Ginny resta ouverte pendant une minute, alors qu'elle essayait de traiter cela. Harry la regarda simplement, attentif. « Je, euh, ils disent que j'ai besoin d'un Guérisseur d'Esprit, parce que j'étais possédée. » répondit-elle doucement.

« Oh. Je suppose que cela a du sens. »

« Mmm... »

« Alors... Nous n'avons jamais eu l'occasion de parler avant... eh bien, avant que tout le monde ne devienne fou. »

Ginny gémit de peur, et redevint pâle. « Oh, Harry, je suis désolée, je ne voulais le faire ! » babilla-t-elle. « Je n'ai jamais voulu que quelqu'un soit blessé... »

« Oulah, oulah, Ginny ! Tout va bien. » Harry l'arrêta. « Ce n'était pas de ta faute. Tom m'a tout dit dans la Chambre. »

« Il t'a tout dit ? » Ginny haleta d'horreur.

« Ouais. Il se réjouissait de la façon dont il t'a manipulée, et des trucs pour qu'il puisse te contrôler. C'était entièrement de sa faute. Il a même essayé de me faire la même chose, comme pour toi. J'ai eu le Journal pendant un moment aussi, tu te souviens ? Je l'ai vraiment cru au début, quand il m'a dit qu'Hagrid avait ouvert la Chambre des secrets. »

Mme Weasley tapota l'épaule de sa fille. « Là, tu vois, Ginny ? » lui dit-elle doucement. « Personne ne te blâme. »

« Attendez une minute, M. Potter. » interrompit le Guérisseur qui s'occupait d'eux. « Vous aussi, vous avez écrit dans le Journal ? »

« Euh, ouais. Mais une seule fois, cependant. »

« Et qu'est-ce qui est arrivé ? » Le Guérisseur agita sa baguette au-dessus de la tête d'Harry.

« Je lui ai posé des questions sur la Chambre des Secrets, et il m'a montré un... un souvenir, qui donnait l'impression qu'Hagrid était derrière tout ça, mais en réalité c'était lui. Je ne lui ai rien dit sur moi, à part mon nom, mais je pense qu'il avait entendu parler de moi par Ginny. »

Le Guérisseur fronça les sourcils. « Êtes-vous sûr que c'était tout ? » demanda-t-il.

« Ouais. »

« Hmm... Quelque chose ne va pas du tout. » Le Guérisseur continua de vérifier les effets d'une possession, et sembla confus par ce qu'il voyait. Il se retourna, et agita sa baguette sur Ginny. « Non, rien ici. » Il se retourna vers Harry. « Alors, qu'est-ce que c'est... ? »

Il fut interrompu, cependant, lorsqu'un autre homme fut amené dans la salle. Il était grand et émacié, avec un désordre de cheveux noirs pire que ceux d'Harry, et des yeux gris perçants, qui semblaient être la seule partie vivante de lui.

« Mon Dieu ! » dit Mme Weasley. « Est-ce qui je pense que c'est ? »

« Très bien, M. Black, vous devez rester ici, jusqu'à ce que les Guérisseurs vous observent. » déclara un homme, dans une robe qui ressemblait plutôt à un imperméable marron.

Mais l'homme maigre s'était figé dans l'embrasure de la porte, et ne semblait pas entendre, alors que ses yeux rencontraient ceux d'Harry. « James ? » croassa-t-il.

« Hum... non, je suis Harry. »

« Harry ? » haleta-t-il, et il trébucha sur lui-même pour atteindre son chevet. « Qu'est-ce que tu fais ici, au nom de Merlin ? »

« Je ne suis pas sûr, en fait. » plaisanta Harry. « Une minute, je combattais un serpent géant, et la suivante, le monde entier est devenu fou. »

« Quoi ? »

« M. Black, n'est-ce pas ? » demanda Harry. « Êtes-vous Sirius Black ? »

« Je... oui, c'est moi. Je... euh, je suppose que tu sais... ce qui s'est vraiment passé, alors ? »

« Vous voulez dire : comment vous avez été piégé par Peter Pettigrow ? Ouais, Mme Bones me l'a expliqué, après qu'elle ait découvert qu'il se cachait comme le rat de compagnie de mon ami, Ron. »

« Attends, attends, attends. C'était l'animal de compagnie de ton ami ? »

« Ouais ? »

« Cela ne voudrait pas dire qu'il a été dans ton dortoir pendant, quoi : deux ans ? »

Harry pâlit à la réalisation. « Berk ! Il a dormi dans le lit de Ron la moitié du temps, aussi. »

« Mais il n'a jamais... rien essayé ? »

« QUOI ?! » hurla Mme Weasley.

« Pas comme ça ! » cria Harry.

« Quoi ? Non ! Je ne voulais pas dire ça ! » rugit Sirius, quand il réalisa ce qu'il avait dit.

« D'accord, je veux que vous vous calmiez tous. » exigea le Guérisseur. « Je refuse que mes patients se fâchent mutuellement. »

« Désolé. » marmonna Sirius. « Je voulais dire : qu'il ait essayé de te tuer, Harry. »

« Oh... Non, je ne pense pas. » répondit Harry avec un calme inquiétant. « Il était surtout allongé toute la journée. Il n'a été découvert que parce que les Aurors fouillent le château. »

« Pourquoi fouillent-ils le château ? »

« Juste pour être sûrs qu'il n'y a pas d'autre Basilic... »

« QUOI ?! »

« M. Black ! » avertit le Guérisseur.

« Désolé. Ça va. Je suis calme. Je suis calme. » Il n'en avait pas vraiment l'air.

« Buvez juste ça. » Le Guérisseur lui remit une potion calmante.

Sirius avala la potion en une gorgée rapide. Il prit une profonde inspiration et réussit à garder une voix ferme : « Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il y avait un Basilic à Poudlard ? »

Harry expliqua comment il y avait eu des attaques contre des Nés-de-Moldus au cours de la dernière année par l'Héritier de Serpentard, comment son amie, Hermione, avait compris qu'elles étaient causées par un Basilic, comment l'Héritier était Voldemort possédant Ginny, et comment lui-même l'avait sauvée et avait arrêté Voldemort en tuant le serpent géant, avec l'épée de Gryffondor. La mention du nom de Voldemort fit que le Guérisseur lui-même avala une potion calmante, tandis que, même avec la sienne, Sirius avait l'air prêt à s'évanouir à la fin.

« Bordel de merde. » marmonna-t-il. « Tu disparais pendant une décennie, et soudainement le monde entier va à... »

« Ahem. » l'interrompit le Guérisseur, après qu'il ait terminé ses analyses sur eux trois. « M. Black, je suis franchement étonné que vous soyez en aussi bonne forme après onze ans à Azkaban. Vous ressemblez à un homme qui a subi la moitié de ce temps. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a encore beaucoup de dégâts à gérer. La bonne nouvelle, c'est que nous savons très bien comment y remédier. »

Il écrivit quelques ordonnances et les expliqua : « Je vous mets un régime spécial et une potion de nutrition pour vous aider à reprendre du poids, une thérapie physique pour retrouver votre force musculaire, et en diminuant progressivement l'élixir d'euphorie et la potion de paix, pour réinitialiser votre régulation émotionnelle. Vous reviendrez ici au moins le mois prochain pour continuer tout cela, je le crains. De surcroît, nous vous enverrons un Guérisseur d'Esprit deux fois par semaine, en plus d'être sur appel pour vous parler durant cette période. »

« Bon sang... Je ne savais pas qu'il fallait des soins aussi profonds. » grogna Sirius.

« Les Détraqueurs ont cet effet sur les gens. » répondit le Guérisseur.

Celui-ci se tourna ensuite vers Ginny et sa mère : « Maintenant, Mlle Weasley, vous montrez des séquelles plutôt normales de possession - si la possession était assez courante pour être qualifiée de normale, bien sûr. Ces séquelles devraient disparaître d'elles-mêmes avec le temps, bien que nous voulons garder un œil sur elles. Je veux que vous reveniez une fois par semaine pendant au moins un mois pour faire vérifier votre magie, et parler à un Guérisseur d'Esprit de la façon dont vous vous remettez, et de tout ce qui vous dérange. »

Ginny grimaça et Mme Weasley se mordit la lèvre, visiblement nerveuses à propos de quelque chose. Harry le remarqua rapidement. « Quelque chose ne va pas, Ginny ? » demanda-t-il doucement. « Je pense que ce serait utile si tu obtenais de l'aide psychologique. »

Ginny baissa les yeux, ses oreilles sortant en rouge de ses cheveux. Elle jeta un coup d'œil à sa mère, ne sachant pas si elle devait le révéler. Enfin, elle marmonna : « Les Guérisseurs d'Esprit ne sont pas bon marché, Harry. »

« Quoi, vous n'avez pas le NHS(*) ? » lâcha Harry.

[(*) Note de la traductrice : Le NHS, ou National Health Service, est le système de la santé publique du Royaume-Uni (moldu). Cette organisation fournit l'essentiel des soins, de la médecine générale aux salles d'urgence des hôpitaux, des soins de longue durée aux soins dentaires. Il a été fondé en 1948, et est devenu une partie intégrante de la société et de la culture britannique, au point d'être décrit par l'ancien ministre de l'économie Nigel Lawson comme : "la chose la plus proche d'une religion qu'aient les Anglais". (Wikipedia)]

« NHS ? Qu'est-ce que c'est ? » demanda Mme Weasley.

« Service national de santé ? Quelque chose où le Ministère paie les frais de base du Guérisseur ? »

Le Guérisseur soupira bruyamment. « M. Potter, ce n'est pas le monde moldu. » répondit-il. « Nous sommes loin derrière, à cet égard. Les contribuables qui financent le Ministère ne l'accepteront jamais. »

Harry y réfléchit, et il réalisa que les plus gros contribuables finançant le Ministère étaient probablement des gens comme les Malefoy : il pensa que c'était probablement vrai.

« Oh. » dit-il encore. « Eh bien, je vais payer pour ça, alors. »

« Harry, nous ne pouvons pas te demander de faire ça après tout ce que tu as déjà fait. » répondit Mme Weasley.

« Je le veux, cependant, Mme Weasley. J'ai de l'or, qui ne fait que dormir. En plus, Ginny est mon amie. C'est important pour moi qu'elle ne soit pas encore blessée. »

L'œil de Ginny s'agrandit très largement. « Je suis t-ton a-mi-mie ? » haleta-t-elle.

« Tu es la sœur de mon meilleur ami. Cela fait de toi mon amie aussi, si tu veux l'être. »

Ginny ne pouvait que couiner en réponse à cela.

« C'est très gentil de ta part, Harry. » répondit Mme Weasley, « Mais tu ne nous dois toujours rien. Nous te devons déjà plus que nous ne pourrions jamais rembourser. »

« Eh bien... » Harry chercha un moyen de leur faire sentir que ce n'étais pas de la charité. « Appelons ça le loyer pour l'été, alors. Si M. Black doit rester ici pendant plus d'un mois, j'aurai toujours besoin d'un endroit où habiter. »

« Appelle-moi Sirius, s'il te plaît. » dit une voix fatiguée du lit voisin.

« Tu sais que nous t'accueillerons gratuitement. » lui répondit Mme Weasley. « Nous n'avons rien voulu non plus pour ton temps avec nous, l'été dernier. »

« Je sais, Mme Weasley. Mais de cette façon, Ginny peut obtenir l'aide dont elle a besoin, et tout ira bien. »

Mme Weasley pressa ses lèvres avec incertitude, puis elle décida finalement : « Eh bien, je suppose que je peux en parler avec Arthur. S'il est d'accord, nous pourrons le faire. »

« Est-ce que j'en ai vraiment besoin, maman ? » demanda Ginny timidement.

Le Guérisseur s'avança à nouveau pour la convaincre : « Mlle Weasley, je pense vraiment que vous devriez voir un Guérisseur d'Esprit. Cela vous aiderait à comprendre ce qui s'est passé. Par exemple, si cela ne vous dérange pas que je le demande, le... l'esprit qui vous possédait... Comment vous a-t-il traité ? A-t-il interagi avec vous ? »

Ginny déglutit et hocha la tête, mal à l'aise. « Il a toujours été très gentil avec moi. » murmura-t-elle. « Je n'ai jamais su. »

« Alors, j'imagine que vous vous sentez vraiment trahie, en ce moment ? » Elle acquiesça de nouveau. « Et confuse ? Et vous avez déjà mentionné le fait de vous sentir coupable. Un Guérisseur d'Esprit vous aiderait à surmonter ces sentiments, afin qu'ils ne nuisent pas à vos bonnes relations, plus tard. »

« Il a raison, Ginny. » acquiesça Mme Weasley. « Tu viens de vivre une expérience terrible, et ce genre de choses peut vraiment vous blesser si vous n'avez pas de bonnes personnes pour vous soutenir. Un Guérisseur d'Esprit est une très bonne idée. Et si Harry va payer pour cela, Je veux que tu essayes, au moins. »

« Très bien, maman. »

« Bien, maintenant que c'est réglé... » continua le Guérisseur. « M. Potter, vous avez un résidu de magie noire, d'aspect désagréable, sur vous. Au début, je pensais que c'était dû au Journal ou au Basilic, mais on dirait que c'est en fait lié à votre cicatrice. »

« Est-ce que c'est mauvais ? » demandèrent Harry et Sirius à l'unisson, avant de se regarder.

« Ce n'est pas bon. Mais honnêtement, je ne sais pas quoi en penser. C'est vieux... Ça date probablement du moment où vous avez eu la cicatrice. Cela ne semble pas vous avoir affecté depuis que vous étiez un bébé, alors peut-être que ce n'est pas un problème. Mais je pense qu'un Langue-de-Plomb devrait la regarder, juste pour être sûrs. »

« Un quoi ? » demanda Harry.

« Un Langue-de-Plomb. Du Département des Mystères. »

Harry lança un regard vide au Guérisseur.

« La division de recherche du Ministère. » expliqua Sirius.

« Oh. »

En vérifiant à nouveau le rapport, le Guérisseur continua : « À part cela, je pense que vous êtes libre de partir, M. Potter. Physiquement, vous allez bien. Les larmes de phénix ont complètement guéri la morsure, aussi incroyable que cela puisse paraître, et il semble que vous n'avez pas eu le Journal assez longtemps pour qu'il fasse des dégâts. Vous êtes un peu maigre, mais les analyses indiquent que cela provient de votre métabolisme. Cependant, si votre enfance a été aussi mauvaise que le rapport des Aurors le disait, je recommanderais de l'aide psychologique pour vous aussi. »

« Attendez, son enfance ? » Sirius, auparavant somnolent, se réveilla à nouveau. « Où habites-tu, Harry ? J'imagine que la prochaine dans la liste de tes tuteurs aurait été ma cousine, Andromeda Tonks. »

« Euh... en fait, je vivais avec ma tante Pétunia. »

« QUOI ?! » Sirius aboya, et se réprima à nouveau. « Guérisseur, je pense que je vais avoir besoin d'une autre potion calmante. » grogna-t-il. « Alors, comment pouvons-nous définir "mauvaise enfance", Harry ? Je sais que Pétunia ne pouvait pas supporter ta maman... ou la magie en général. »

« Euh... En me faisant faire toutes les corvées, principalement. » mentit Harry. Il n'était pas encore à l'aise, à l'idée de dire toute la vérité devant Mme Weasley et Ginny, sans parler d'un homme qu'il venait à peine de rencontrer. « Et à peu près en m'ignorant le reste du temps... »

Sirius grogna de nouveau, mais son grognement s'apaisa quand il eut bu la potion calmante.

Harry était un peu nerveux. Son parrain ne semblait pas particulièrement stable, dans ses émotions. Cela devait provenir de ces Détraqueurs-machins-choses dont il avait entendu le Guérisseur parler. « Amélia Bones vient juste de les faire arrêter pour négligence envers enfant, donc je n'ai pas à y retourner. » essaya-t-il de le rassurer.

« Arrêtés ? » haleta Mme Weasley. « Oh, mon pauvre chéri. Je n'avais pas cru Ron, quand il avait dit que c'était si mauvais. Eh bien, tu serais le bienvenu pour rester avec nous de toute façon, mais je suis contente que tu t'éloignes d'eux. »

« Merci, Mme Weasley. »

« Si tu veux trouver Arthur et les garçons, ils doivent être dans le salon de thé au cinquième étage. »

Harry était juste sur le point de les rejoindre, quand il y eut une agitation à la porte.

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Remus Lupin ne passait pas une bonne journée. Cela avait commencé lorsque des Aurors étaient apparus à sa porte, lui avaient demandé son nom, et lui avaient dit : « Vous êtes recherché pour un interrogatoire au Ministère. » Sans même attendre sa réponse - et en portant des gants en peau de dragon, rien de moins - ils l'avaient ensuite attrapé, et traîné sur place à Londres.
Ce n'était pas la première fois que cela se produisait, mais il pouvait dire qu'ils étaient particulièrement de très mauvaise humeur. Et, plus important encore : cela n'avait absolument aucun sens pour ce jour-là, puisque cela faisait plus de trois semaines depuis la dernière pleine lune.

Ensuite, les choses commencèrent à devenir carrément surréalistes, quand il fut amené devant Amélia Bones elle-même, et qu'elle commença à lui poser beaucoup de questions sur Sirius et Peter. Certaines de ces questions remontaient à la fin de la guerre, et jusqu'à leurs jours d'école.
Et même alors, les questions n'avaient aucun sens, comme : « Pettigrow avait-il un comportement suspect, dans les semaines avant Halloween de 1981 ? » et cela juste pour le début.
Remus avait en fait essayé de corriger Mme Bones, et de dire qu'elle devait parler de Sirius. Mais elle l'informa que "non" : elle voulait vraiment dire Peter Pettigrow.

Finalement, Mme Bones lui expliqua ce qui se passait : Peter était non seulement vivant, mais sous la garde du DJM, et il était un Mangemort marqué. Il était même maintenant soupçonné d'être le véritable traître, au lieu de Sirius.
Lorsqu'elle lui posa la question, Remus l'informa qu'il ne savait absolument rien à ce sujet. Elle avait dû probablement le deviner, parce qu'il s'était presque évanoui quand il l'avait entendu. Et à partir de là, il avait appris toute l'histoire sordide.

Avec ces informations, il était un peu compréhensible que les Aurors soient durs avec lui. Amélia était restée plutôt civile, mais tous les autres craquaient déjà sous le stress, et ne voulaient pas faire face à un loup-garou.
Tout le Département se démenait pour fouiller Poudlard, ramener les élèves à la maison en toute sécurité, s'occuper du cas de Sirius, et essayer de maintenir la paix, donc ils n'avaient pas beaucoup d'énergie à revendre.

Cela ne voulait pas dire qu'il était heureux d'être malmené.

Remus réprima l'envie de grogner, comme il l'avait fait toute sa vie (cela serait trop désastreux), alors que l'Auror le précipitait vers le service psychiatrique au quatrième étage de Sainte-Mangouste, après que Mme Bones eut déterminé qu'il n'avait rien fait de suspect.

« Excusez-moi, Guérisseur. » dit sèchement l'Auror quand ils atteignirent la porte. « J'ai ici un ami de M. Black, pour le voir - un certain Remus Lupin - qui vient juste d'être autorisé par le Ministère. Puis-je le faire entrer ? »

« M. Black... ? »

« Remus ? Bien sûr ! » appela Sirius.

Remus fut poussé à l'intérieur, où il vit ce qui ressemblait à un homme sauvage allongé sur l'un des lits - émacié, avec des yeux enfoncés, des cheveux emmêlés, et une barbe noire négligée. « Sirius... » murmura-t-il, toujours sous le choc du bouleversement de son monde.

« Très bien, Lupin, vous y êtes. » dit l'Auror. « Nous vous contacterons, si nous avons besoin de plus amples informations. Et soyez prudent avec lui, Guérisseur. C'est un loup-garou enregistré. »

Lupin resta bouche bée, tandis que la femme aux cheveux roux près du premier lit gémissait de peur, et tirait sa fille tout aussi effrayée près d'elle. Le Guérisseur le regarda avec méfiance. Un garçon d'âge scolaire regarda autour de lui, confus.

« C'était supposé être confidentiel. » cria Remus après l'Auror.

Il se retourna quand il entendit le garçon demander : « C'est quand, la prochaine pleine lune ? »

Remus fit face au garçon, qui semblait incertain après avoir posé sa question, comme s'il n'était pas sûr qu'il ait le droit de demander. Mais ensuite, Remus comprit que le garçon était - incroyablement - Harry Potter, et il baissa tristement les yeux. Cet Auror venait de s'assurer qu'il avait fait la pire première impression possible. « Le 4 juin. » répondit-il avec résignation.

« Alors, pourquoi tout le monde a si peur ? » demanda Harry sans hésitation.

Le Guérisseur et les deux femmes Weasley le regardèrent, ahuris, mais Sirius éclata de rire. C'était un rire éphémère à cause des potions calmantes, mais néanmoins sincère. « Oh, Harry, c'était génial. » dit-il. « Voici Remus Lupin. Il était mon meilleur ami et celui de tes parents, à l'époque. »

« Oh. Ravi de vous rencontrer, M. Lupin. » Harry lui serra la main sans réserve, et ce seul geste fut suffisant pour obliger Remus à repousser ses larmes.

« Hum... ravi de te rencontrer, Harry. » balbutia-t-il. Quelque chose lui disait que le garçon n'avait pas voulu dire ça comme une farce. « Et... juste Remus, c'est bon... » ajouta-t-il. « Et sinon, quelqu'un veut-il m'expliquer ce qui se passe, ici ? »

Harry soupira de façon dramatique : « Une minute, je combattais un serpent géant, et ensuite... »

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