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Disclaimer de l'auteur : Est-ce que parler uniquement à votre agent double de votre plan secret pour tuer le méchant est une bonne idée ? Non ? Alors je ne suis pas J.K. Rowling, et je ne possède pas Harry Potter.

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CHAPITRE 4

La plupart du temps, les bureaux du Président-Sorcier du Ministère de la Magie n'étaient pas utilisés. Ce jour-là, pourtant, ils étaient pleins d'activité. Au milieu de l'après-midi, Albus Dumbledore avait mis en place un centre de commandement à distance, pour la recherche dans Poudlard et l'enquête sur le Basilic.

En plus de la recherche pour le DJM, Dumbledore et McGonagall avaient également commencé leur propre enquête interne, pour reconstruire les mouvements du Basilic et de Ginny, et comprendre comment aucun d'eux n'avait été détecté. Ils se tenaient autour d'un grand plan du château sur une table, que Dumbledore avait dessiné, avec des X et des lignes tracées au travers.

« Mlle Granger a été attaquée ici, à l'extérieur de la bibliothèque. » déclara Minerva, pointant le plan. « Cependant, M. Potter a indiqué qu'il avait entendu le Basilic avant qu'elle ait couru vers la bibliothèque : ici, au pied du Grand Escalier - clairement de l'autre côté du château. »

« Oui. » acquiesça Dumbledore. « Maintenant, c'était juste après le petit-déjeuner, ce qui indique que "Tom", possédant Mlle Weasley, a quitté ce petit-déjeuner tôt pour convoquer le Basilic, et attaquer sa prochaine cible pendant que les élèves étaient sur le chemin des cours. » Il traça une ligne des toilettes de Mimi Geignarde vers le Grand Escalier, en faisant une ligne pointillée vers la fin, car ils ne savaient pas exactement où Ginny était partie.

« Mais M. Potter a rapporté que "Tom" était déjà après Mlle Granger, avant même qu'elle ne devine que le monstre était un Basilic. » ajouta McGonagall.

« Et il l'était effectivement. Je soupçonne que Tom s'est déplacé vers l'endroit où Mlle Weasley savait que Mlle Granger se trouverait après le petit-déjeuner, et il a ensuite été témoin de tout l'échange. Ou du moins, il a vu Mlle Granger se précipiter vers la bibliothèque, il en a déduit qu'elle avait découvert la nature du monstre, et il l'a poursuivie plus intensément. » Il traça les chemins probables d'Hermione et de Ginny de différentes couleurs, puis commença à tracer le système de plomberie du château le long du parcours, partout où les tuyaux étaient assez larges pour qu'un Basilic, aussi grand qu'Harry l'avait décrit, puisse s'y glisser.

« Excusez-moi, Monsieur le Président-Sorcier. » l'interrompit l'un des stagiaires du DJM, depuis la porte. « Il y a un certain Remus Lupin ici, pour vous voir. Il prétend avoir des informations pour l'enquête. »

« D'accord, faites-le entrer. » dit Dumbledore, et un homme à l'air débraillé fut introduit dans la pièce. « Ah, Remus, c'est bon de vous revoir. » le salua-t-il chaleureusement.

« Vous aussi, Albus, Minerva. » répondit-il avec lassitude. « Je suppose que vous ne connaissez pas de meilleurs jours que moi. »

« Les pires journées d'enseignement de ma carrière. » déclara McGonagall amèrement. « Et pourtant, j'ai été votre enseignante. »

Remus eut un faible sourire. « Je viens juste de voir Sirius et Harry. » dit-il.

« Excellent. Et comment vont-ils ? » demanda Dumbledore.

« Sirius est encore loin de la guérison, honnêtement. Harry va bien. On dirait qu'il sera chez les Weasley le reste de l'été.
Quoi qu'il en soit, je voulais vous voir parce que j'ai quelques informations. J'en ai parlé avec Sirius, et nous n'étions pas sûrs de vouloir vous révéler notre secret, mais comme c'est pour une bonne cause...
Vous voyez, quand nous étions élèves, nous avions créé une carte de Poudlard, qui montre où tout le monde se trouve dans le château, en temps réel. »

« Vous avez fait quoi ? » s'exclama McGonagall. « Pas étonnant que vous ne vous soyez jamais fait prendre pour quoi que ce soit, après votre troisième année ! Vous pouviez toujours nous voir arriver ! »

« Ah, l'ingéniosité d'enfants déterminés. » dit Dumbledore avec un sourire. « Et vous pensez que cette carte nous aidera ? »

« Pas comme ça, maintenant. » répondit Remus. « Je pensais que peut-être, entre nous deux, nous pourrions trouver comment lui faire montrer des créatures magiques. Elle est liée aux protections, donc elle ne peut pas mentir, mais elle aura besoin de travail pour nous montrer ce dont nous avons besoin. »

Dumbledore caressa pensivement sa barbe. « Oui... oui... » dit-il. « Je pense que je vois les principes sur lesquels vous avez travaillés. Je pense que cela pourrait être utile. Voyons cette carte, Remus. »

« Eh bien, c'est l'autre problème, Albus. Je ne l'ai pas actuellement. Rusard nous l'a confisquée durant notre septième année. »

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Maugrey Fol'Oeil, Gawain Robards, et l'Auror Stagiaire Ne-M'Appelez-Pas-Nymphadora Tonks sortirent des cachots, en lançant des sorts de détection au fur et à mesure. Le château de Poudlard était encore rempli de brouillard, et la recherche prendrait facilement plusieurs jours encore. Les dortoirs étaient la partie la plus simple pour faire les recherches : pas de portes cachées, d'escaliers mobiles ou de pièces déplacées. Le corps principal du château avait beaucoup plus de coins et recoins à fouiller.

« Très bien, les dortoirs de Serpentard sont clairs. Maintenant vient la partie difficile. » dit Maugrey. Ils avaient un sac plein de contrebandes, et quelques autres chats à emporter, mais ils avaient terminé le travail. Ils y avaient passé un bon moment, étant donné que Maugrey avait été retiré pour s'occuper de Pettigrow, ce matin-là.

« Ouais, parce que les dortoirs des Serpentards étaient faciles. » dit Tonks en roulant des yeux. « Je n'ai jamais vu de chats d'attaque entraînés, auparavant. »

« Risques professionnels, gamine. » déclara Maugrey. « Allons-y. »

Ils traversaient le Hall d'Entrée pour retourner à la Cheminette, afin de s'enregistrer, quand ils virent des formes sombres se déplacer dans le brouillard.

« Qui va là ? » ordonna Maugrey, en levant sa baguette.

« Équipe Badger, au rapport. » répondit une voix lasse. Williamson, Dawlish et Crickerly les rencontrèrent en entrant dans la Grande Salle. « Les dortoirs de Poufsouffle sont clairs. »

« Et vous êtes sûrs de les avoir vérifiés à fond ? » grogna Maugrey.

« Nous ne pouvons pas vérifier tout l'endroit nous-mêmes, Fol'Oeil. » lui rappela Robards.

« Très bien. Nous venons d'en finir avec Serpentard. »

« Bon. Nous avons reçu une demande prioritaire de Dumbledore. » déclara Williamson. « Quelqu'un doit fouiller le bureau de Rusard. Apparemment, il y a une carte confisquée de l'école là-bas, qui montre où se trouve tout le monde. »

« Nous allons prendre ça. » déclara Maugrey. « Pinkie(*), ici présente, connaît ce bureau mieux que quiconque. »

[(*) Note de la traductrice : J'ai préféré garder le mot anglais, qui indique qu'il s'agit d'un surnom basé sur l'adjectif "rose", afin d'éviter toute ambiguïté avec le prénom "Rose" et avec le nom de la fleur. En effet, je ne pense pas que Tonks aurait apprécié ce prénom, même si c'est la couleur habituelle de ses cheveux...]

« Et fière de ça. » plaisanta Tonks.

« Nous devons juste déposer ces trucs en premier. » leur dit Robards. « Commencez à balayer le reste du rez-de-chaussée. Nous gardons le reste des cachots pour la fin. »

« Compris. Voici les informations sur la carte. »

L'équipe Serpent prit les informations, communiqua avec Mme Bones, déposa son butin confisqué, et ensuite se rendit au bureau de Rusard.

« C'est une bonne chose que ce cinglé garde tout organisé. » déclara Tonks. « On dirait qu'il a un tiroir entier pour ces quatre-là. » Elle commença à parcourir les classeurs, vérifiant chaque dossier par enchantements.

« Tu es sûre que ce sera là-dedans ? » demanda Maugrey.

« Non, mais ça devrait être dans leurs dossiers... » Elle regarda à nouveau autour du bureau. « Mais peut-être dans ce tiroir qui indique "Confisqué et Extrêmement Dangereux". »

« Ouais. Bien pensé, gamine. Vide, pourtant. » Bien sûr, il l'avait déjà vérifié.

« Sérieusement ? J'aurais cru que le vieux Ruru aurait effectivement quelque chose de confisqué et d'extrêmement dangereux, . »

« Pas aujourd'hui, on dirait. À moins qu'il ne l'ait déjà prise avec lui. Ou alors, c'est un piège intelligent. »

« Nan, Rusard n'est pas si intelligent. » répondit Tonks, fouillant toujours dans les dossiers. « S'il étiquette quelque chose comme ça, c'est qu'il le pense. »

« Mieux vaut être minutieux, au cas où. » insista Maugrey.

Ils furent très minutieux. Ils bouleversèrent tout le bureau de Rusard, donnant sans aucun doute à un malheureux élève en retenue beaucoup de choses à faire, l'automne prochain. Mais même avec l'œil de Maugrey, ils ne purent trouver la Carte du Maraudeur nulle part.

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« Vous pensez que je me souviens de tout ce que je vous ai confisqués, espèces de délinquants ? » dit Rusard à Remus, après avoir été interrogé par Dumbledore et lui. « Tout ce que je sais, c'est que si je vous l'avais prise, je l'aurais déposée dans le tiroir "Confisqués et Extrêmement Dangereux". Je n'aurais pas pris le moindre risque avec vous. »

« Alors pourquoi ça n'y est pas, Argus ? » demanda Dumbledore. « Les Aurors ont fouillé tout votre bureau. »

« Qu'est-ce que vous croyez, Albus ? Les jumeaux Weasley ont fait une descente dans ce tiroir, il y a trois ans. »

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« Qui êtes-vous, déjà ? » demanda Fred Weasley.

« Et comment connaissez-vous la prétendue Carte des Maraudeurs ? » s'enquit George. Ils ne voulaient vraiment pas en parler devant McGonagall.

« Parce que je suis Lunard, et que j'ai aidé à faire cette carte. » grogna Remus.

Fred et George se regardèrent avec de grands yeux, et George retira un morceau de parchemin vierge de ses robes. « Si vous pouvez l'ouvrir, vous pouvez l'avoir. » déclara-t-il.

Remus tapa sa baguette sur le parchemin et déclara : « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. » La carte de Poudlard apparut aussitôt.

« Wahou... » dirent les jumeaux à l'unisson.

« Merci, les garçons. Ce sera très utile. »

« Vous savez que ça ne montre pas la Chambre des Secrets, n'est-ce pas ? » vérifia Fred.

« Ouais. » acquiesça George. « Nous n'avons pas pu trouver Ginny dessus, quand elle a disparu. »

« Je sais, mais j'espère que le professeur Dumbledore et moi serons en mesure de rectifier cela. » leur répondit-il.

Remus partit voir Dumbledore, mais le professeur McGonagall arrêta les jumeaux avant qu'ils ne puissent s'enfuir.

« Maintenant, M. Weasley et M. Weasley, » dit-elle sévèrement, « l'Auror Shacklebolt m'a informée qu'il avait trouvé une quantité plutôt importante de contrebandes, dans votre dortoir. »

Fred et George sourirent nerveusement.

« Il n'y avait rien d'illégal là-dedans, n'est-ce pas, Professeur ? » demanda George.

« Non, heureusement pour vous. » répondit-elle. « Ce qui est plus que ce que je peux dire pour certains Serpentards. » ajouta-t-elle en elle-même. « Cependant, il y avait pas mal d'articles qui ne sont pas autorisés dans l'école, donc... »

« Ah, ah, ah, Professeur, » l'interrompit Fred, « l'année scolaire a pris fin plus tôt. Vous ne pouvez pas nous mettre en retenue maintenant. »

« Non, mais je peux dire à votre mère tout ce qui a été trouvé. »

Les visages de Fred et George s'effondrèrent. « Pouvons-nous prendre la retenue, à la place ? » demandèrent-ils à l'unisson.

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« J'arrête la fouille du château pour la nuit. » annonça Amélia Bones à Dumbledore, alors que la lumière du jour diminuait. « Ce serait beaucoup trop difficile de gérer ce brouillard magique pendant la nuit. »

« Tout à fait compréhensible. » acquiesça Dumbledore. Il n'y avait vraiment pas matière à se précipiter, depuis la fermeture officielle de l'école pour l'été.

« Puisque les dortoirs sont dégagés, vous pouvez envoyer des elfes de maison pour récupérer les biens des élèves. Nous allons mettre en place une zone de réclamation demain, pour qu'ils les récupèrent. Assurez-vous juste d'ordonner très clairement aux elfes de ne pas sortir des dortoirs. »

« Je vais m'en occuper tout de suite, Amélia. »

« Bien. Maintenant, la date du procès de Pettigrow sera fixée dès que nous pourrons épargner les Aurors. Il ne s'en ira plus. Nous avons trouvé suffisamment de preuves pour arrêter les tuteurs d'Harry, aussi. Ils sont en détention maintenant, et nous avons envoyé le cousin pour rester avec sa tante. Je devrai parler de nouveau à M. Potter demain, pour obtenir le reste de son histoire. »

« C'est regrettable, mais il n'y a plus rien que nous puissions faire à ce sujet, maintenant. » déclara Dumbledore. Il était encore sous le choc de cette révélation. Il savait que les Dursley n'aimaient pas Harry, mais il n'avait jamais imaginé qu'ils seraient carrément abusifs. Malheureusement, les protections sanguines étaient une cause perdue, mais au moins Harry serait heureux. Et, on pouvait l'espérer, bien en sécurité avec les Weasley.

« À part ça, les Guérisseurs d'Esprit disent qu'ils ne pensent pas que Lockhart quittera Sainte-Mangouste de sitôt, ce qui laisse juste l'enquête sur Lucius Malefoy. » conclut Amélia. « J'ai interrogé les Granger cet après-midi, et j'ai demandé aux Weasley de revenir demain. »

« Très bien, Amélia. Je ne pensais pas que nous aurions suffisamment de preuves pour prendre des mesures contre lui, mais c'est pour cela que vous êtes la Directrice de la Justice Magique, et moi un simple instituteur. »

« Vous me flattez, Albus. Vous êtes bien plus qu'un simple instituteur. Cependant, il y a toujours la question de ce Journal ensorcelé. Qu'est-ce que vous savez sur tout ça ? »

« Je soupçonne que vous savez déjà le plus important. » lui répondit Dumbledore. « C'était le journal intime de Voldemort, quand il était élève. Lorsque ses efforts pour ouvrir la Chambre des Secrets sont devenus intenables en 1943, il l'a ensorcelé pour posséder quiconque écrirait dedans, afin que ce quiconque termine son travail. Quand Harry l'a poignardé avec le croc du Basilic, il a détruit les enchantements. »

« Et c'est tout ? » demanda Amélia astucieusement.

« Devrait-il y avoir quelque chose de plus ? » dit Albus d'un ton prudent. Il avait un mauvais pressentiment qu'elle en avait après lui.

« Albus, la prolifération d'armes de destruction massive est quelque chose que l'ICW et nous prenons très au sérieux. Vous le savez. » lui rappela-t-elle. « Un artefact noir qui déchaîne un Basilic doit faire l'objet d'une enquête très approfondie. J'ai parlé avec Croaker, du Département des Mystères, et il craint qu'il ne s'agisse d'un Horcruxe. »

Albus se figea, devenant soudain plus sérieux qu'il ne l'avait été depuis le début de la matinée. D'un geste de la main, il ferma la porte, et installa de puissantes protections dans tout le bureau. Amélia regarda les alentours avec suspicion, et leva un sourcil vers lui. « Vous connaissez les Horcruxes ? » demanda-t-il.

La mâchoire d'Amélia se décrocha. « Albus, je suis la Directrice de la Justice Magique ! Vous venez de le dire vous-même. C'est mon travail de connaître les Horcruxes.
C'est pour cela vous n'arrêtiez pas de dire que Voldemort n'est pas mort, n'est-ce pas ? Vous le saviez depuis tout ce temps ! Pensiez-vous que vous alliez faire tout cela vous-même ? »

Albus leva une main pour la calmer. « Je n'avais que des soupçons, rien de plus. » déclara-t-il. « Je savais qu'il était vivant, mais il y avait plusieurs possibilités sur le moyen utilisé. Je n'avais aucune preuve, avant de voir le Journal. »

« Hum. Vous auriez quand même dû me le dire. Alors, Voldemort est-il parti pour de bon maintenant, ou quoi ? »

« Malheureusement, je ne le pense pas. Un Horcruxe est censé tromper la mort. Voldemort n'aurait jamais été assez effronté pour transformer son seul moyen d'être immortel en une arme, et donc potentiellement le mettre en danger. »

« Donc, s'il a fait ça au Journal... » Amélia pâlit.

« Il doit en avoir fait plus d'un. »

« Merlin nous aide. Combien ? Combien d'Horcruxes est-il même possible de créer ? »

« Je ne sais pas. Je soupçonne que ce n'est pas beaucoup, cependant. Et j'ai quelques pistes sur le sujet, qui méritent d'être approfondies. »

« Bien. Allez-y dès que vous en aurez le temps... Nous devrons garder ça secret pour le moment. Fudge a été furieux toute la journée. Il n'ouvrira pas d'enquête sur Voldemort. »

« Et il y a encore des Mangemorts libres, ici. » ajouta Albus.

« Oui, il y en a. Nous allons le garder entre nous deux, Croaker... et Maugrey, pour commencer. Je sais qu'il a travaillé avec vous pendant la guerre. Notez tout ce que vous savez ou pensez savoir, et apportez-le moi dans la matinée. Je le déposerai dans un endroit sûr. »

« Très bien, Amélia. Peut-être qu'avec un peu de chance, nous pourrons mettre fin à la menace de Voldemort pour de bon. »

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Malheureusement, même après cette révélation, les enquêtes du lendemain ne donnèrent pas moins de migraines à Amélia Bones.

« Alors, l'école est sérieusement fermée pour l'été, Madame ? » demanda un Ronald Weasley un peu trop excité.

« Oui, M. Weasley. » dit-elle. « Nous devons nous assurer qu'il n'y a plus de créatures dangereuses à craindre dans l'école. »

Le garçon eut un regard étrange sur son visage, et réfléchit pendant une minute. Puis, il demanda : « Le nid d'araignées géantes qui parlent, dans la Forêt Interdite, est-ce que ça compte ? »

« QUOI ?! »

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L'histoire d'Harry Potter était la plus longue, même après l'interrogatoire de la veille, car il se concentrait nominalement sur ses tuteurs moldus. Rétrospectivement, Amélia pensa qu'elle aurait peut-être dû l'interroger en premier. Ou peut-être plus tard. Ou peut-être déménager en Australie, où les choses avaient plus de sens.

Cela avait commencé par un commentaire innocent de sa part : « Vous devez être très courageux, M. Potter. Et très chanceux. Peu de gens ont déjà affronté Voldemort deux fois, et survécu. »

Harry pencha la tête et demanda : « Vous comptez quand j'étais bébé, Madame ? Parce que dans ce cas, ça fait trois. »

« Trois ? Que voulez-vous dire par "trois" ? »

« Je lui ai aussi fait face à la fin de ma première année. Il possédait le Professeur Quirrell. »

Amélia soupira lourdement : « Scrimgeour, nous avons besoin d'ouvrir un autre dossier d'enquête. Et que quelqu'un me fasse une faveur, et lance un sort sur Dumbledore pour moi. »

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Les Aurors qui fouillaient le château s'amusaient un peu mieux, mais même eux se heurtaient à quelques surprises.

« Bien, bien, bien, qu'avons-nous ici ? »dit Maugrey, en s'arrêtant devant une grande armoire ornée de panneaux, manifestement cassée.

« Quoi ? C'est une vieille garde-robe éclatée. » répondit Tonks. « En tout cas, ça y ressemble. » ajouta-t-elle rapidement, sachant que Fol'Oeil avait probablement repéré quelque chose de plus que cela.

« Garde-robe, mon cul(*). » grogna-t-il. « Ceci, devant nous, est une Armoire à Disparaître, Pinkie. »

[(*) Note de la traductrice : Non-non, je ne me suis pas trompée dans la traduction. Je laisse à Maugrey toute la responsabilité de son vocabulaire...]

« Une Armoire à quoi ? »

« Armoire à Disparaître. Elles sont fabriquées par paires. Tu mets quelque chose dans l'une, et c'est instantanément transporté dans l'autre. Ce pourrait être une entrée non-autorisée dans l'école. »

« Ohhh... Mais toujours éclatée, quand même. »

« Aucune importance. Quelqu'un pourrait la réparer et l'utiliser. Nous devrons retrouver l'autre, et voir où ça sort. »

« Très bien, mais comment pouvons-nous faire ça, si c'est cassé ? »

« Eh bien, si nous avons de la chance, ce n'est pas assez "cassé"... » Maugrey invoqua le gant d'une armure proche et lui mit un sort de pistage, avant de l'enfermer à l'intérieur de l'Armoire. Il y eut un pop bruyant, accompagné d'un bruit de bois qui craquait. « Voilà. Maintenant, nous avons juste besoin de demander à la Patronne si elle peut le retrouver. »

« Oh. Tout simple. »

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Le DJM n'était pas seul à enquêter non plus, ce jour-là. Minerva McGonagall travaillait toujours sur l'enquête interne de Poudlard.
Il y avait beaucoup de questions auxquelles il fallait répondre. Par exemple : comment une fille de onze ans, avec quatre frères aînés à l'école, pouvait se déplacer partiellement possédée pendant des mois, sans qu'ils s'en rendent compte ?

« Je me rends compte que ce n'est pas très orthodoxe, Guérisseuse Nimue, mais avec une arme de destruction massive impliquée, nous devons aller au fond des choses aussi rapidement que possible. J'espère que vous comprenez. » déclara McGonagall.

Psyche Nimue, Guérisseuse d'Esprit hautement recommandée par Sainte-Mangouste, avait rejoint McGonagall, les parents Weasley et Ginny, pour discuter des événements de l'année dernière. Elle gratta une petite note sur son carnet, et hocha la tête.

« Je préférerais faire ce genre d'évaluation avec juste la famille, bien sûr, Professeur, mais l'aide psychologique avec l'école n'est pas sans précédent.
Maintenant, M. et Mme Weasley, j'aimerais aujourd'hui écouter et comprendre pourquoi Ginny a fait ce qu'elle a fait - sans juger. Une fois que nous connaîtrons toute l'histoire, nous pourrons décider ce qui, le cas échéant, doit être fait à ce sujet. »

« Très bien, alors. » dit Mme Weasley. Elle avait toujours l'air anéantie après les événements de la veille, et elle pleurait encore un peu, mais elle allait quand même beaucoup mieux.

« Professeur, est-ce acceptable pour vous ? » demanda Nimue à McGonagall.

« Oui. Ce sera probablement tout ce dont j'ai besoin. »

« Bien. Ginny, j'aimerais que tu me racontes l'histoire depuis le début, d'abord quand tu as trouvé le Journal. Mais s'il y a quelque chose dont tu ne veux pas parler maintenant, tu peux le sauter, et nous pourrons en parler plus tard, d'accord ? »

« D'a-d'accord. » dit Ginny avec un reniflement, et elle commença à raconter, en hésitant, ce qui s'était passé l'automne dernier.
Elle avait trouvé le Journal avec ses manuels scolaires, alors elle avait supposé qu'il s'agissait d'un cadeau-surprise de ses parents, ou même de Fred et George, car un Journal parlant ressemblait à quelque chose qu'ils auraient trouvé. En conséquence, elle ne s'était pas méfiée quand il avait commencé à lui écrire en réponse.
Tom avait suivi sa théorie et avait agi gentiment, et en se souciant d'elle assez longtemps pour qu'elle lui fasse confiance, avant d'essayer quoi que ce soit de malveillant. Et ensuite, quand elle avait réalisé ce qui lui arrivait, il était trop profondément en elle pour qu'elle puisse s'en sortir.

« Je... je croyais l'avoir fait... » dit-elle doucement, quand elle arriva à l'attaque contre Miss Teigne. « On-on aurait dit que je l'avais fait. J'avais vu les plumes, et la peinture, et tout. M-mais je ne pouvais pas me souvenir l'avoir fait. Et je n'arrivais pas à comprendre comment j'aurais pu le faire, ou pourquoi. Parce que même Dumbledore ne savait pas ce qui était arrivé à Miss Teigne. Mais j'avais peur d'être expulsée, si quelqu'un découvrait... »

McGonagall commença à dire quelque chose, mais la Guérisseuse Nimue l'interrompit. « Pourquoi avais-tu peur d'être expulsée, Ginny ? » demanda-t-elle.

« Eh bien, Percy parlait de personnes expulsées. Et Rogue voulait que Ron et Harry soient expulsés quand ils ont écrasé la voiture, et il voulait qu'Harry quitte l'équipe de Quidditch. Et plus tard, Hagrid a été arrêté, juste parce que Fudge pensait qu'il devait faire quelque chose... »

« Si vous aviez peur d'être expulsée, » demanda prudemment McGonagall, « avez-vous envisagé de demander de l'aide à Fred et George ? Ils ont un certain... mépris des règles. »

« J'y ai pensé, mais T-Tom a dit que ce serait plus sûr, si personne ne le savait. En plus, j'avais peur que Percy le découvre et me dénonce. Il était toujours en train de fouiner et de crier sur Ron, Fred et George, quand ils étaient assez mauvais pour le faire mal paraître, alors qu'il veut être Préfet-en-Chef. »

« Ginny... » commença Mme Weasley.

« Mlle Weasley... » dit McGonagall.

« S'il vous plaît. » les coupa la Guérisseuse Nimue. « Qu'est-ce qui te fait dire ça à propos de Percy, Ginny ? Est-ce que Percy a dit ça ? »

« Non... C'était Ron, Fred et George, la plupart du temps. Mais Percy parlait de Ron qui se ferait expulser, après que Miss Teigne... »

« Il a dit ça ? » demanda McGonagall d'un ton surpris. « Ronald n'a jamais été menacé d'expulsion, à l'exception de l'incident de la voiture. »

« Hum... » songea la Guérisseuse. « On dirait qu'il y a pas mal de malentendus concernant Percy, ici. Cela pourrait être utile de le faire participer à cette session, si vous êtes tous d'accord. »

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« Moi, j'aurais dit que Ron serait expulsé ? » demanda Percy d'un ton surpris. « Non ! Je pensais que tu croyais qu'il serait expulsé, parce qu'il avait été trouvé avec Miss Teigne. Tu semblais si sensible toute cette année, je pensais juste que tu réagissais de manière excessive, et je voulais que Ron épargne tes sentiments. En plus, je pensais qu'il aurait vraiment des ennuis, s'il continuait à fouiner là où il y a eu les attaques. »

« Vos frères semblaient avoir l'impression que vous leur en vouliez de vous faire mal paraître, car cela nuirait à vos chances de devenir Préfet-en-Chef. » déclara la Guérisseuse Nimue.

Percy bafouilla un peu. « Eh bien... Je ne le dirais pas comme ça, Madame. » commença-t-il, mal à l'aise.

McGonagall haussa un sourcil : « Oh ? Et comment diriez-vous cela, M. Weasley ? »

« Eh bien, Professeur, c'est juste que... Qu'est-ce que ça dirait sur la façon dont je gère ma Maison, si je ne peux même pas contrôler mes propres frères ? »

« Ah ! M. Weasley, quiconque peut contrôler Fred et George mérite une médaille, pas un badge. » dit-elle. « Et avec tous les ennuis que Ronald rencontre avec M. Potter, je suis encline à penser autant de lui. Malheureusement, je devrai en tenir compte, pour déterminer si vous êtes apte à occuper le poste de Préfet-en-Chef, ou celui de Préfet, l'année prochaine. »

La mâchoire de Percy tomba d'horreur, mais il ne semblait pas pouvoir articuler une protestation cohérente.

« C'est de ta faute, Percy. » dit Mme Weasley, avant qu'il ne puisse faire une scène. « Même si la majeure partie de ce que tu as fait était innocent, si Ginny avait l'air mal au point pendant si longtemps, tu aurais dû retourner voir Mme Pomfresh. Et tu aurais dû être plus attentif à elle, au lieu de simplement supposer ce qu'elle pensait. »

Percy baissa la tête. « Je comprends, maman. » répondit-il.

« Il n'y a qu'une seule autre chose, M. Weasley. » déclara McGonagall. « Avez-vous soupçonné, à un moment donné, que Ginny était derrière les attaques ? »

La tête de Percy se releva. « Bien sûr que non, Professeur. » dit-il. « Si je l'avais soupçonné, je serais venu vous voir tout de suite.
Et je ne les aurais pas laissé t'expulser, si tu ne savais pas ce que tu faisais, Ginny. » ajouta-t-il à sa sœur.

Ginny le regarda, les yeux écarquillés. « M-mais... » balbutia-t-elle. « Je pensais que tu en avais après moi. Tu me suivais tout le temps. Je-j'ai presque dit à Harry et Ron ce qui se passait, ce jour-là, avant que tu... »

La couleur disparut du visage de Percy. « Moi ? Attends, c'est ça que tu essayais de leur dire ? » demanda-t-il. « Oh, par le pantalon de Merlin ! Je n'en avais aucune idée, Ginny. Je pensais que tu allais parler de moi quand j'ai... » Il ferma brusquement la bouche, et passa du blanc au rouge si vite, que ça ne pouvait pas être sain.

« Oh, ça ? » dit Ginny nonchalamment. « J'avais à peine remarqué ça. »

« De quoi s'agit-il ? » demanda Mme Weasley.

« Euh... J'étais gêné, maman, et... » marmonna Percy.

« J'ai vu Percy embrasser Penny, alors qu'elle était pétrifiée. » déclara Ginny.

« Ginny ! »

« Percy ! »

Minerva McGonagall grogna, secouant la tête. Elle se frotta les tempes et pensa : « Seigneur, épargnez-moi les adolescents amoureux. »

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L'Auror Kingsley Shacklebolt revint de son appel de Cheminette vers le couloir suspect, au septième étage.

Après avoir sécurisé les dortoirs, l'équipe Lion et l'équipe Aigle étaient parties de leurs Salles Communes respectives, pour commencer à fouiller le reste du château de haut en bas, tandis que les autres équipes partaient de bas en haut. Quelques équipes supplémentaires avaient été recrutées ce jour-là, pour sécuriser le bureau du Professeur McGonagall, la Grande Salle, le bureau du Directeur, etc.
Cependant, l'équipe Lion était bloquée dans ce couloir depuis un certain temps.

« Nous devons voir ce qu'il y a ici. » pensa Shaklebolt en rejoignant son équipe.

Ça ressemblait à un mur blanc. Les plans indiquaient qu'il s'agissait d'un mur vierge. Mais la magie disait clairement qu'il y avait quelque chose derrière.

« Dumbledore dit qu'il n'y a rien ici sur sa carte. » rapporta-t-il. « Mais il dit aussi que Poudlard a des secrets qu'il ne connaît pas. »

« Eh bien, nous savions déjà que la Chambre des Secrets n'était pas sur la carte. » observa l'Auror Savage. « Il y a probablement une sorte de code d'accès pour entrer. Nous devons juste comprendre de quoi il s'agit. »

Elle fit un autre passage dans le couloir, lançant des sorts de détection. « Nous devons voir ce qu'il y a derrière. » pensa-t-elle.

« Pas de serpents que je puisse voir ici, donc ce n'est probablement pas du Fourchelangue. » déclara l'Auror Li. Il essaya quelques techniques de base de briseurs de sorts qu'il connaissait, en vain.

« Je suppose que ça ne s'ouvrira qu'à "Sésame, ouvre-toi" ? »

« J'en doute. » déclara Shaklebolt. « Il y a tellement de sortes de portes-pièges, ici, ça pourrait être n'importe quoi. »

« Hum... » Li termina son passage du bout de mur vierge, et repartit dans l'autre sens. « Nous devons voir ce qui est caché ici. » pensa-t-il.

Soudain, une grande porte ornée apparut de nulle part dans le mur blanc.

« Tu l'as fait ! » s'exclama Savage. « Enfin ! Qu'est-ce que tu as fait ? »

« Je n'en ai aucune idée. »

« Eh bien, voyons ce qui se trouve à l'intérieur. » déclara Shaklebolt. « Baguettes prêtes... » Il ouvrit la porte.

« Wahou... » s'exclamèrent-ils tous les trois.

« On va avoir besoin de renforts. » déclara l'Auror Li.

« Beaucoup de renforts. » acquiesça l'Auror Shacklebolt.

« Comme le Département des Mystères tout entier en renforts. » conclut l'Auror Savage.

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Note de l'auteur, pour clarifier : L'Armoire à Disparaître était toujours au premier étage, dans le canon de JKR, lorsque Fred et George ont poussé Montague dedans, dans "Harry Potter et l'Ordre du Phénix". Ce n'est qu'ensuite qu'elle a été déplacée dans la Salle-sur-Demande.

Note de la traductrice, pour en rajouter : De toute façon, elle aurait été découverte pendant la fouille de la Salle-sur-Demande...

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