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Disclaimer de l'auteur : Une école de magie qui fonctionnerait correctement pourrait-elle avoir une Salle secrète des Objets Cachés, que même le Directeur ne connaissait pas ? Vous pensez que "non" ? Alors je ne suis pas J.K. Rowling, et je ne possède pas Harry Potter.
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CHAPITRE 5
Amélia était déconcertée par cette dernière demande de ses Aurors. « Autant de Langues-de-Plomb que nous pouvons en demander ? Pourquoi ? » demanda-t-elle.
« Nous avons trouvé la Salle des Objets Cachés. » déclara l'Auror Shacklebolt. « Et il semble que ça n'ait pas été visité depuis mille ans. »
« Poudlard a une Salle des Objets Cachés ? » s'étonna Amélia, en se tournant vers Dumbledore.
« Je suis aussi surpris que vous. » répondit Dumbledore. « Normalement, les elfes de maison rendent tout ce qu'ils trouvent, s'ils le peuvent. »
« À quoi ressemble cette Salle des Objets Cachés, Shacklebolt ? » demanda-t-elle.
« C'est aussi grand que la Grande Salle. Peut-être plus grand. Nous avons eu peur d'aller trop loin, mais d'après ce que nous pouvons voir depuis la porte, il semble que la plus grande partie de l'espace est occupé par des accumulations de meubles jetés. On peut également voir des piles de livres moisis, des tas de chaudrons usagés, des armoires d'ingrédients de potions expirés, beaucoup de contrebande d'élèves, et des lutins de Cornouailles se reproduisant dans les chevrons - et ce ne sont que les éléments que je peux identifier. »
Naturellement, c'était les trucs qu'il ne pouvait pas identifier qui étaient les plus inquiétants. Et si certains de ces trucs étaient vraiment vieux de plusieurs siècles, on ne savait pas ce qui pouvait s'y trouver.
« D'accord, je vois le tableau. » déclara Amélia en soupirant. « Je vais retrouver Croaker, et lui dire que nous devons appeler des équipes pour la recherche. Nous les enverrons demain, avec le premier quart de travail. »
« OK, Patronne. Nous allons marquer l'endroit, et les rencontrer ici. » La tête de Shacklebolt disparut de la cheminée.
« D'abord les Horcruxes, et maintenant ça. » marmonna-t-elle. « Sans parler de perturber les affaires du Ministère, pour une troisième journée consécutive. Si nous n'avons pas de bouleversements au sein du Gouvernement après tout ça, nous aurons de la chance. »
« Nous devons tous faire de notre mieux, Amélia. » dit Dumbledore.
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Amélia entra dans son bureau le lendemain matin, pour trouver des tas de documents sur son bureau. Elle soupira en les voyant. Elle avait repoussé la plupart de ces paperasses ces deux derniers jours, et elles étaient maintenant prêtes à l'ensevelir. « Très bien, Scrimgeour, quelle est la situation ? » demanda-t-elle.
Rufus Scrimgeour entra pour lui donner son briefing quotidien. « Croaker rassemble son équipe maintenant, pour vérifier la Salle des Objets Cachés. » déclara-t-il. « Nous avons apporté un tas de trucs du bureau de Lockhart pour son dossier. Pouvez-vous croire qu'il portait une perruque tout le temps ? »
« Je m'en fiche. Quoi d'autre ? »
« Le professeur McGonagall a demandé que quelques Langues-de-Plomb enquêtent, sur la malédiction présumée contre le poste de Professeur de Défense contre les Forces du Mal. »
« Cela me semble une bonne idée. Envoyez-la à Croaker. Autre chose ? »
« Nous sommes toujours en train de monter notre dossier contre Malefoy, donc juste de la paperasse pour le moment. »
« Charmant. Et rafraîchissez ma mémoire : qu'est-ce que c'est que tout ça ? »
« Cette pile, ici, est la paperasse pour le détournement de ressources pour la recherche. » déclara Scrimgeour, pointant l'une des piles sur le bureau. « Cette pile-là est la paperasse pour fouiller le château et les chambres des élèves. Celle-ci concerne les élèves dont les biens ne leur ont pas été restitués. Vous avez une liste d'objets illégaux confisqués au château, ici. Et ceci est la liste des plaintes que vous avez reçues de Fudge, ce matin. »
« Bien. Continuez la recherche, alors. Informez-moi de tout ce qui est important. »
« Oui, Madame. »
Scrimgeour sortit, et Amélia commença à passer au crible ses documents. Les plus grandes piles avaient juste besoin du même tampon en caoutchouc : il y avait un foutu Basilic repéré à Poudlard, donc oui, ils devaient foutrement tout laisser tomber, et chercher dans les affaires de tout le monde. C'était fastidieux, mais pas difficile.
Elle mit de côté les notes de service de Fudge : ça pouvait attendre. Et elle mit de côté la liste des articles illégaux. La plupart des articles illégaux que les élèves pourraient avoir étaient du menu fretin, et elle n'avait de personnel que pour les gros poissons, en ce moment.
Par curiosité, elle prit la liste des objets perdus réclamés par les élèves. Ce genre de chose n'aurait jamais atteint son bureau, si Scrimgeour et tous les autres Aurors n'avaient pas été occupés avec le reste de ce gâchis.
Il y avait certainement quelques réclamations frauduleuses, mais les adolescents n'étaient généralement pas très futés sur ce genre de sujet, et ils pourraient les démasquer facilement. Cependant, la liste pourrait encore être d'une lecture intéressante - peut-être un peu trop intéressante, car elle y trouva plusieurs informations inquiétantes. Elle les apporta à Dumbledore, pour une enquête plus approfondie.
Albus Dumbledore était toujours dans ses bureaux de Président-Sorcier, survolant son plan de Poudlard, qui montrait maintenant les zones du château qui avaient été fouillées. Amélia nota que les tuyaux de plomberie avaient été encrés, avec des valves notées là où ils avaient été coupés, de sorte qu'aucun Basilic ne pourrait contourner le château par cet itinéraire habituel.
« Bonjour, Amélia. » dit le Président-Sorcier quand il la repéra. « On dirait que notre recherche est de retour dans les délais. Puis-je vous aider ? »
« J'ai juste besoin d'éclaircissements sur quelques points, Albus. » répondit-elle, en montrant la liste. « J'ai une demande d'Harry Potter, disant que sa cape d'invisibilité ne lui a pas été rendue. »
« Elle ne lui a pas été rendue ? Oh, le pauvre. J'espère qu'elle ne sera pas trop difficile à retrouver. »
« Probablement pas, mais pourquoi Potter a-t-il une cape d'invisibilité ? »
« Il l'a héritée de son père. » répondit Dumbledore, comme si cela expliquait tout.
Amélia lui lança un regard sévère : « Ai-je vraiment besoin de poser la question suivante ? »
« La cape est un héritage de la famille Potter, que je lui ai permis de garder à l'école pour sa sécurité. » précisa-t-il.
« Tu parles d'un travail bien fait. » marmonna-t-elle. « Mais si c'est légalement la sienne, je ne peux pas l'empêcher de la récupérer.
Très bien, connaissez-vous aussi Vincent Crabbe et Gregory Goyle ? »
« Oui, deux Serpentards de seconde année. Pourquoi ? »
« Ces deux-là ont été les seuls assez stupides pour demander que nous leur rendions leurs artefacts restreints de magie noire. Je devrai au moins leur infliger une amende pour leur possession - si jamais j'en ai le temps. »
Dumbledore semblait divisé entre se montrer légèrement amusé et inquiet pour ses élèves. « Je transmettrai ça à Severus. » dit-il. « Il vaudrait probablement mieux approcher leurs familles. »
« Très bien. Assurez-vous juste que quelqu'un les surveille. Et enfin, connaissez-vous une Luna Lovegood ? »
« Luna Lovegood... Première année à Serdaigle, je crois. Son père est le rédacteur en chef du Chicaneur. »
« Elle nous a donné une longue liste d'articles manquants - beaucoup plus que tous les autres élèves - et pas beaucoup d'articles coûteux, non plus. À première vue, je dirais qu'elle est soit une menteuse compulsive, soit que quelqu'un a volé beaucoup de ses affaires. »
Dumbledore fronça les sourcils avec inquiétude : « Je n'ai connaissance d'aucune plainte concernant le comportement propre de Mlle Lovegood, donc je pense que cette dernière hypothèse est la plus probable. Je demanderai à Filius d'examiner ce cas, de toute façon. »
« Bien. Je vais demander à quelqu'un de vérifier si certaines de ses affaires ont été apportées ici, mais je ne peux faire aucune promesse. »
Avec les élèves pris en charge, et son interrogatoire des témoins de l'incident de Fleury et Bott terminé, il y eut heureusement peu de surprises ce jour-là. Elle put enfin en terminer avec sa paperasse, et trouver du temps pour travailler sur sa priorité suivante la plus urgente, en plus de la recherche de Poudlard : l'affaire Malefoy.
C'était encore très délicat. Elle avait beaucoup de preuves indirectes, mais rien de solide - pas tout à fait. Elle avait besoin d'une excuse pour interroger les Malefoy sur l'incident du Basilic directement, afin de pouvoir agir sans être crucifiée par le bureau du Ministre.
Heureusement, elle avait encore un atout dans sa manche pour ça : ce fut pourquoi Amélia fut heureuse, lorsque l'Auror Proudfoot fit irruption dans son bureau l'après-midi même.
« Jackpot, Madame. » s'exclama-t-il. « J'ai obtenu ce mandat pour vérifier au bureau d'enregistrement des elfes de maison s'il existe un elfe nommé Dobby, comme vous le vouliez. Et devinez qui le possède. »
« Qui ? »
« Lucius Malefoy. »
« Excellent. » dit Amélia avec un méchant sourire. « Réunissez une équipe, Proudfoot. On peut y aller. »
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Il fut décidé d'attraper Lucius Malefoy au Ministère. Même dans la crise actuelle, il y était en déplacement, faisant ses affaires habituelles, et comme il était un Mangemort présumé, Amélia s'attendait à ce qu'il soit un duelliste puissant et mortel.
Ainsi, un endroit semi-public, où il pourrait être facilement entouré d'Aurors, semblait être la voie à suivre, plutôt que d'essayer de le capturer sur son propre terrain.
Elle n'aurait pas osé, bien sûr, sans preuves solides. Mais de toute façon elle n'aurait pas du tout osé le poursuivre sans preuves solides, donc cela ne faisait pas beaucoup de différence.
Narcissa, Drago et Dobby étaient tous au manoir de famille dans le Wiltshire, et Amélia était assez à l'aise pour y envoyer Scrimgeour les chercher. Une mère intelligente, qui était connue pour ne pas porter la Marque des Ténèbres, un garçon de treize ans, et un elfe de maison qui, selon Potter, ne voulait pas être là, ne ressemblait pas vraiment à une menace.
Non qu'elle manquait de prudence. Elle avait envoyé Scrimgeour, Proudfoot et Gore pour les récupérer.
Ce fut vraiment un spectacle troublant pour Narcissa Malefoy, quand elle vint à la porte à la demande de Dobby. Elle regarda les trois Aurors, analysant rapidement la situation. Elle pouvait penser à un certain nombre de raisons pour lesquelles ils étaient là, aucune n'était bonne. Lucius n'était pas à la maison, et si elle ne pouvait pas en sortir, il y aurait des ennuis de toutes parts.
« Puis-je vous aider, Auror en chef Scrimgeour ? » dit-elle prudemment.
« Narcissa Malefoy. » répondit-il. « On m'a demandé de vous amener, votre fils et vous, pour des questions concernant les récents événements de Poudlard. »
Elle leva un seul sourcil vers eux. Ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait, mais cela l'inquiétait définitivement. Bien sûr, ce pourrait être juste une recherche d'information de leur part. « Sommes-nous en état d'arrestation ? » demanda-t-elle en guise de test.
« Non, Madame, mais vous êtes recherché pour un interrogatoire concernant l'implication possible de votre mari dans les événements récents. »
D'accord, vraiment mauvais. Amélia Bones devait savoir qu'il était impliqué d'une manière ou d'une autre, et malgré les assurances répétées de Lucius, elle devait avoir des preuves solides pour le rattacher à tout ça, sinon cela n'aurait jamais été aussi loin.
Elle considéra ses options. Elle n'avait jamais complètement compris ce qui se passait, mais elle avait des réserves, depuis le début, à propos de ce plan "Héritier de Serpentard" de Lucius. Et elle était presque sûre qu'elle ne voulait pas qu'elle-même, ou pire, Drago, soient liés à ça.
« Et si nous refusons ? » demanda-t-elle.
« Alors, nous vous demanderons de ne pas quitter le pays, et nous reviendrons avec une citation à comparaître une fois l'affaire en cours. » déclara Scrimgeour.
« Merde. » Ils l'avaient complètement manœuvrée. Au rythme où ils allaient, ils allaient probablement envoyer Lucius à Azkaban. À ce stade, la meilleure chose qu'elle pourrait faire pour lui était probablement de coopérer - surtout pour la sauvegarde de Drago, même si elle n'était pas aussi inquiète pour lui. Elle avait insisté pour que Lucius l'éloigne de cela autant que possible.
« Eh bien, dans ce cas, je suppose que je devrais vous faire une faveur, et vous sauver de cette peine. » dit-elle sans humour. « Drago. » appela-t-elle. « Viens ici, s'il te plait. »
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« Saviez-vous qui était l'Héritier de Serpentard ? » demanda Amélia à un très maussade Drago Malefoy. Le garçon avait protesté d'être amené par les Aurors, mais il avait été assez sage pour ne pas en faire une scène.
« Non, je ne le savais pas. » répondit le garçon avec un agacement non-masqué.
« Saviez-vous ce qu'il y avait dans la Chambre, ou comment les victimes avaient été pétrifiées ? »
« Non. »
« Saviez-vous où était la Chambre ? »
« Non. »
« Reconnaissez-vous ce livre ? » demanda-t-elle, tenant soigneusement le Journal hors de sa portée. « Vous l'auriez vu lorsqu'il était intact. »
Drago regarda le Journal avec confusion. « Non, je ne l'ai jamais vu auparavant. »
« Hmm... Est-ce que l'un de vos parents vous a dit quelque chose sur ce qui s'est passé l'année dernière ? »
« Non. Père m'a dit de garder la tête baissée, et de laisser l'Héritier continuer. Et il ne m'a rien dit de ce qui s'est passé la dernière fois, si vous vous posez la question. »
« Alors, vous savez qu'il était en contact avec l'Héritier ? » essaya-t-elle de le diriger.
Mais Drago était plus intelligent que ça. Il n'allait probablement pas mentir (même si Amélia n'avait pas de raison probable de lui administrer du Veritaserum - pas encore), mais il ne dirait pas directement quoi que ce soit qui incriminerait son père.
« Père m'a dit de garder la tête baissée, et de laisser l'Héritier continuer. » répéta-t-il. « Après que le premier message ait été écrit sur le mur. Je ne sais rien d'autre avec certitude. »
« A-t-il jamais laissé entendre qu'il savait que quelque chose allait se passer cette année ? » réessaya-t-elle.
« Bien sûr qu'il l'a fait. » répondit Drago, et l'attention d'Amélia fut momentanément en alerte. Mais il poursuivit : « Père sait toujours tout ce qui se passe à Poudlard. Il est le président du Conseil d'Administration, vous savez. »
« Était, vous voulez dire. »
Drago essaya de s'y opposer, mais elle n'insista pas. Elle était occupée, et il était clair qu'il ne savait absolument rien de valable. Elle n'aurait qu'à tenter sa chance avec sa mère.
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Narcissa Malefoy était aussi parfaitement prête qu'une femme dans sa situation pouvait l'être. Elle agissait agréablement et un peu à l'écart, même dans la salle d'interrogatoire, et traitait Amélia comme si elles se rencontraient pour le thé.
Elle fut visiblement secouée par la nouvelle que son mari avait été arrêté en plein milieu du Ministère, mais elle réprima son inconfort en parlant : « Bonjour, Mme Bones. Pourriez-vous me dire de quoi il s'agit ? »
« J'aurais pensé que ce serait évident, Mme Malefoy. » répondit Amélia. « Qu'est-ce que le Ministère fait d'autre depuis que nous avons été pratiquement réquisitionnés, ces trois derniers jours ? Nous étudions comment une des bêtes les plus meurtrières au monde a été lâchée dans une école. Je suis sûre que vous comprenez. Nous avons toutes les deux des enfants là-bas, n'est-ce pas ? »
Narcissa perdit un peu de son ton sympathique en répondant : « Oui, j'aimerais savoir aussi pourquoi il y avait un Basilic en liberté à Poudlard, Mme Bones. Mais je ne comprends pas pourquoi vous pensez que Lucius est impliqué. » En fait, c'était un mensonge. Elle ne pouvait pas nier qu'elle avait des soupçons sur la participation de Lucius, même si elle ne voulait pas l'admettre. « S'il s'agit du fait d'avoir renvoyé Dumbledore... »
« Non, cela n'a rien à voir avec les actions de votre mari en tant que président du Conseil d'Administration de Poudlard - bien que nous les examinions dans le cadre de notre enquête. Nous l'avons arrêté parce que nous pensons qu'il est impliqué dans l'incident lui-même. »
Narcissa devint très raide, et ses narines s'évasèrent : « Et comment en êtes-vous arrivé à une conclusion aussi diffamatoire ? Vous devez savoir que Lucius était loin de Poudlard pendant les attaques. »
« Je ne dirais pas le contraire. Reconnaissez-vous ce livre ? Il ne devait pas être endommagé la dernière fois que vous l'avez vu. » Amélia tint le Journal pour qu'elle le voit.
« Merde. » pensa Narcissa.
« Nous avons découvert qu'il y avait un ensorcellement sur ce livre, qui l'a fait posséder l'une des élèves. C'est elle qui a relâché le Basilic de la Chambre des Secrets, sous le contrôle de ce livre. »
« Putain d'enfer, ils ont le livre ! Et ils savent ce que ça a fait ! » Narcissa ne pouvait qu'à moitié écouter l'explication de Bones. Le plan de Lucius était exposé en pleine lumière, mais ce n'était même pas la principale préoccupation dans son esprit.
« J'ai entendu des témoins oculaires me certifier que votre mari avait placé ce livre dans le chaudron de cette élève, avant le début de l'année scolaire. »
« Et cela signifie que le plan de Lucius était vraiment derrière tout ce gâchis du Basilic ! »
« Donc, naturellement, nous devons découvrir ce qu'il savait précisément, et quand il le savait. »
« Alors, laissez-moi comprendre. Vous dites que Lucius était derrière le complot pour libérer un Basilic, dans l'école où vivait notre fils ? » demanda Narcissa d'un ton glacial.
« C'est là que les preuves pointent, Mme Malefoy, et j'ai bien peur que ça ait l'air plutôt solide. »
Narcissa prit une profonde inspiration, gardant son apparence calme, mais à l'intérieur, elle était en ébullition. Avec cette seule réponse, des années de déni et d'auto-illusion s'étaient effondrées.
Bones ne serait pas après Lucius si elle n'avait pas des preuves vraiment solides. C'était mauvais. Lucius et elle avaient déjà eu des désaccords sur des choses comme ça dans le passé, mais ils n'avaient jamais été sérieux.
Ce que fit Narcissa, cependant, était tout sauf une décision instantanée. Depuis le jour où elle avait appris qu'elle était enceinte, elle craignait qu'avoir un mari qui suivait le Seigneur des Ténèbres ne soit pas la meilleure chose pour son fils.
Le Seigneur des Ténèbres disparu, elle avait renvoyé ces pensées, mais elles étaient toujours restées sous la surface. Maintenant, le plus influent des Mangemorts restants partait à Azkaban, et cela changeait tout.
Pire, Lucius avait mis Drago en danger : non seulement en lâchant un Basilic à Poudlard, mais aussi en perdant un objet précieux, que le Seigneur des Ténèbres lui avait confié. Même s'il ne savait pas ce qu'il faisait, c'était déraisonnable.
Donc, la décision de Narcissa fut vraiment une décision mûrement réfléchie, dont elle n'avait tout simplement pas réalisé qu'elle l'avait prise depuis longtemps.
« Soutenez-moi dans une affaire de divorce, et je vous dirai tout ce que je sais. » déclara-t-elle.
Amélia était stupéfaite. C'était la dernière chose qu'elle s'attendait à entendre. Mais il ne fut pas difficile pour elle de reconstruire le mode de pensée de l'autre femme, à la fois en tant qu'enquêtrice, et en tant que mère en tout, sauf de nom.
Narcissa Malefoy était naturellement furieuse que son fils ait été placé dans un tel danger, mais encore plus furieuse que son mari soit derrière cela. Depuis qu'elle avait commencé de le couvrir, cela signifiait qu'elle savait en termes généraux ce qu'il prévoyait.
Mais le fait qu'elle soit si en colère disait à Amélia que l'autre femme ne connaissait pas les détails, et qu'elle ne les aurait jamais approuvés si elle avait tout su. Il semblait donc probable qu'elle avait des réserves à ce sujet depuis le début.
Et puis, il y avait le fait que son mari allait à Azkaban pour au moins cinq ans, et probablement plus. S'il savait réellement que c'était un Basilic qu'il mettait en liberté (même si ça ne lui ressemblait pas), il risquait l'emprisonnement à vie.
Cela blesserait profondément cette femme, économiquement, politiquement, et en tant que mère, sans parler de sa position d'épouse. Il n'était pas exagéré de penser qu'elle voudrait sortir de ce mariage qu'il avait foutu en l'air.
Amélia sourit une fois qu'elle eut récupéré du choc. « Croyez-moi, Mme Malefoy, après la semaine que j'ai eue, une affaire de divorce sera un changement rafraîchissant. »
Ce fut encore meilleur qu'Amélia l'avait espéré. Il y avait eu autrefois un poète moldu qui avait dit quelque chose à propos d'une femme méprisée(*) : il parlait de Narcissa Malefoy à la louche.
[(*) Note de la traductrice : Mes remerciements les plus sincères à Itack23, qui pense que ça peut faire référence à la pièce de théâtre "The Mourning Bride" de William Congreve, très connue pour cette citation :
"Heav'n has no rage, like love to hatred turn'd,
Nor hell a fury, like a woman scorn'd."
Ma traduction personnelle serait (avec l'aide de Google Traduction) :
"Le ciel ne connaît pas de rage, comme l'amour en haine transformé,
Ni l'enfer de fureur, comme une femme méprisée."]
Artefacts de magie noire cachés dans la pièce souterraine (bien sûr, ils avaient une pièce souterraine). Se vanter de son plan pour libérer l'Héritier de Serpentard. De sales relations avec Fudge ? Oh, oui, c'était énorme - et si cela incitait le public à virer Fudge... peut-être que cela aiderait sa propre sécurité d'emploi dans ce gâchis.
La seule déception était que Lucius, apparemment, ne savait pas qu'il y avait un Basilic d'impliqué. Il était peut-être un être humain méprisable, mais il n'était pas stupide. Cependant, malgré tout, elle en avait bien assez pour le charger.
Elle renvoya Narcissa et Drago chez eux dès qu'ils eurent fini de parler, même si elle les informa qu'elle pourrait les faire revenir témoigner. Cependant, Lucius n'irait nulle part de sitôt.
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Narcissa rentra chez elle dans un état second. Elle envoya Drago dans sa chambre, malgré ses protestations et ses questions. « Nous en discuterons plus tard, Drago. » lui dit-elle. « Je dois faire le point et établir des plans, pour le moment. Assure-toi d'être prêt à temps pour le dîner. »
Drago se rendit à contrecœur dans sa chambre, et elle se laissa tomber sur le canapé avec des larmes dans les yeux. Comment tout avait pu si mal se passer ? La veille, elle était une dame de la haute société, riche et prospère. D'ici le lendemain, elle allait devenir une divorcée en attente, déshonorée. C'était une situation qu'elle n'aurait jamais imaginé pour elle, et elle ne savait pas quoi faire à ce sujet.
Elle regarda autour d'elle. Avec l'aide d'Amélia, elle pourrait probablement obtenir le manoir dans ce divorce, en échange d'une plus petite part de l'argent. Eh bien, techniquement, Drago obtiendrait le manoir, car il était prêt à en hériter de toute façon, mais elle n'aurait pas à s'inquiéter d'être expulsée de sa propre maison.
Et dans le pire des cas, elle aurait toujours assez d'argent pour que Drago et elle puissent vivre jusqu'à ce qu'il ait fini l'école. Mais cela ne l'aiderait pas à sortir de la mort sociale dans laquelle elle allait sûrement sombrer.
L'horloge sonna cinq fois, la sortant de ses pensées. Ils étaient sortis la plus grande partie de l'après-midi, et la maison n'était pas en ordre. Le dîner n'était probablement même pas prêt. « Dobby. » appela-t-elle.
Leur elfe de maison débraillé apparut devant elle. « Oui, Maîtresse ? » demanda-t-il.
Narcissa pensa qu'elle devrait peut-être aussi revoir la façon dont Lucius traitait Dobby. La créature avait-elle un problème de discipline ? Sûrement, mais cela ne justifiait pas de le voir toujours terrifié, et toujours habillé dans une taie d'oreiller sale.
Elle se souvenait avoir traité avec les elfes de Poudlard une ou deux fois, quand elle était à l'école. Bien sûr, ils étaient des elfes de maison. Ils étaient au garde-à-vous quand vous leur parliez, ils travaillaient toujours efficacement, et ils avaient des uniformes appropriés, faits de serviettes à thés monogrammées. Ils n'avaient jamais l'air d'avoir été frappés (probablement parce qu'ils n'avaient jamais été frappés).
Eh bien, elle s'en inquiéterait plus tard. « Dobby, prépare le dîner pour deux ce soir. » ordonna-t-elle. « Le Maître ne reviendra pas... et pour une période prolongée. »
« Oui, Maîtresse. »
Une fois Dobby disparu, Narcissa prit une profonde inspiration, et commença à analyser sa situation de façon rationnelle. Lucius allait à Azkaban, et cette affaire serait terminée rapidement. Des centaines d'enfants avaient été mis en grand danger, Poudlard avait été fermé, et le Ministère était à peine fonctionnel. Les gens réclameraient du sang.
Mais pour Narcissa, sa lutte ne faisait que commencer. Sa vie, telle qu'elle savait qu'elle venait de la détruire ; la coalition politique de son mari, discréditée ou pire ; et avec ça, les idéaux Sang-Purs auxquels elle avait cru toute sa vie.
Son propre nom était même traîné dans la boue, maintenant. Et elle avait un fils qui avait grandi en idolâtrant son père, et qu'elle devait maintenant détourner de commettre les mêmes erreurs.
Et enfin, il y avait la question du retour de son cousin.
Bref, elle devait trouver un moyen de se repositionner, pour conserver un certain degré de contrôle. Ça ne serait pas avec les amis Mangemorts de Lucius - pas si elle voulait que le nom Malefoy (et Black, si c'était possible) signifie ce qu'il devait être. Il faudrait qu'elle trouve un autre moyen.
Elle pensa à ses alliés potentiels, anciens et nouveaux. Elle pensa à sa famille, telle qu'elle était. Ses options étaient limitées et, finalement, elle dut admettre qu'il n'y avait qu'une seule façon acceptable de reconstruire sa vie rapidement : la voie du milieu.
Et Merlin, ça faisait mal. Elle était une fille de la Maison Black ! Elle n'aurait jamais dû avoir à se pencher sur ça - elle n'aurait jamais dû avoir à compromettre les croyances de sa famille : Toujours Pur.
Mais regardez-les maintenant. Les seuls Black restants qui n'étaient pas à Azkaban étaient elle-même, et deux traîtres à leur sang.
Pourrait-elle leur tendre la main sans passer entièrement à leur politique ? Les Black avaient argent et pouvoir, et ils pouvaient être de précieux alliés, mais Sirius et Andromeda étaient des amoureux de Moldus de tout premier ordre.
Non, il valait probablement mieux clarifier d'abord sa nouvelle position politique, pour que tout le monde sache où en était l'autre.
Oui, elle devrait le faire tôt ou tard. Ils étaient de la famille, après tout. Et elle devait penser à Drago.
Drago était un autre problème. Il était un Serpentard naturel - le Choixpeau l'avait confirmé en le triant en un temps record - mais il ne le montrait pas.
Il manquait de subtilité, même pour son âge. Il était arrogant, impétueux et combatif - les traits les plus embarrassants des Gryffondors.
Il avait de la ruse, mais plutôt que de l'utiliser, il préférait se faire mousser sur son nom de famille. Et il ne se souciait même pas de se forger une image publique plus respectable.
Cela ne lui avait pas bien servi au départ. Et, avec ces nouveaux développements, il avait définitivement besoin de revoir son attitude.
Elle décida de lui donner la leçon directement. Il était un Malefoy, après tout. Il pouvait se relever après un terrible revers et se reconstruire, tout comme sa famille l'avait fait pendant neuf cents ans.
Ce fut pourquoi, quand il demanda ce qui se passait avec son père absent du dîner, elle lui répondit juste : « Ton père va à Azkaban, Drago. »
Drago laissa immédiatement tomber sa fourchette. Pas un bon début. « Quoi ? P-p-pourquoi ? » demanda-t-il.
« Parce que ton père était à l'origine de tout ce fiasco de la Chambre des Secrets. » déclara-t-elle. « Il a utilisé un artefact de magie noire, pour inciter Ginevra Weasley à ouvrir la Chambre, et à libérer le Basilic. Pense-tu que le Ministère le laisserait partir, après qu'il ait fait quelque chose comme ça ? Après tout ce qui s'est passé ? »
« Mais... mais... mais Père ne savait pas que c'était un Basilic, n'est-ce pas ? »
« Non, mais il a attaqué une fille innocente avec de la magie noire. »
« Ouais, une traîtresse à son sang... »
« D'autres personnes ne le verront pas de cette façon. » s'exclama-t-elle sèchement. « Combien de fois t'avons-nous dit que l'image est importante, Drago ? »
Narcissa prit une profonde inspiration, et continua. « Ton père a attaqué la fille avec de la magie noire. Le Magenmagot peut le condamner pour cela : mise en danger imprudente, et peut-être tentative de meurtre.
Au cours de ce processus, il a fait libérer une arme de destruction massive, et il a mis en danger tout le monde à l'école - pas seulement les Nés-de-Moldus. Il se dirige vers un emprisonnement d'au moins cinq ans, et peut-être jusqu'à vingt ans. »
« Vingt ?! Ils ne peuvent pas ! Ils ne peuvent pas condamner Père. » insista Drago. « Il a Fudge dans sa poche. »
« Il n'a pas Amélia Bones dans sa poche. Et ce couard de Fudge tentera de sauver la face, après que cela se soit produit sous ses yeux. »
« Mais, Fudge n'avait rien à voir avec ça ! »
« Fudge a arrêté Hagrid sans motif. Et il a été impliqué dans l'incarcération de Sirius Black il y a douze ans - je suis sûre que tu en as entendu parler. Les gens ne l'oublieront pas.
Sans oublier que certains dessous-de-table de ton père, pour ses bonnes relations avec Fudge, ont été révélés. » Peu importait qu'elle ait été celle qui les avait dénoncés.
Drago devint plus pâle que d'habitude, alors qu'elle démontait ses idées fausses. Mais bien sûr, le plus gros était encore à venir.
« Mais, vous devez pouvoir faire quelque chose. » insista-t-il. « Nous sommes des Malefoy ! Nous avons de l'argent. Nous avons des votes. Vous devez pouvoir le faire sortir de là. »
« Au contraire. » répondit-elle. « J'ai aidé à le placer là-bas. »
« QUOI ?! » Drago se leva si vite que sa chaise bascula. « VOUS ÊTES FOLLE ?! »
« Je ne le suis certainement pas. »
« COMMENT POUVEZ-VOUS ?! C'EST FOU ! IL EST VOTRE MARI ! » Il piétinait et lui criait presque en plein visage. « À QUOI PENSEZ-VOUS ?! »
« Assieds. toi. Drago. » dit-elle, sans se lever de son siège.
« COMMENT AVEZ-VOUS PU VENDRE PÈRE COMME ÇA ?! AU NOM DE MERLIN, IL FAISAIT SON DEVOIR ENVERS LES SANG-PURS ! »
« Écoute quand ta mère te parle, Drago ! » cria-t-elle.
Et tout à coup, Drago vit sa mère pour la première fois, non seulement comme Narcissa Malefoy, qui accompagnait toujours son mari, mais aussi comme Narcissa Black, qui était bien plus formidable que n'importe quelle sorcière du pays. « J'ai dit assieds-toi. »
Il obéit.
« N'as-tu aucune idée de la position dans laquelle ton père nous a placés ? » dit-elle sévèrement. « Il a mis en danger ta vie, et la vie de tout le monde à Poudlard. Il a discrédité le nom des Malefoy, d'une manière dont nous ne pourrons jamais nous remettre.
Nous ne pouvons pas être sûrs de nos votes au Magenmagot, pour le moment. Personne ne voudra être associé avec nous. Pas quand il a mis en danger le fils de Charles Nott, le fils de Josefina Zabini, et les filles d'Adrian Greengrass, sans parler de la nièce de Mme Bones.
Le Ministère entier est en état d'alerte grâce à son coup, et Fudge ne peut pas arrêter ça. Les pots-de-vin ne fonctionneront pas avec Mme Bones, et elle les reniflera au-delà de son Département.
Et après tout cela, tout ce que ton père a vraiment accompli a été de nous mettre en danger, toi et moi, bien plus que quiconque. »
« Quoi ? Que voulez vous dire ? »
« Cet artefact de magie noire, que ton père a utilisé sur Ginevra Weasley. » expliqua Narcissa. « Il lui a été donné par le Seigneur des Ténèbres lui-même, avec des instructions explicites pour le garder en sécurité et caché, et pour l'utiliser seulement sur l'ordre du Seigneur des Ténèbres. Si j'avais su à quel point c'était sensible, je ne l'aurais jamais autorisé.
Tu sais que le Seigneur des Ténèbres est toujours là, Drago. Qu'il pourrait revenir un jour, pour trouver son précieux artefact détruit. Te souviens-tu des histoires que ton Père racontait, sur ce que le Seigneur des Ténèbres faisait aux traîtres ? Comprends-tu à quel point ton père a peint une large cible sur notre dos, à toi et moi ? »
Cette dernière suggestion vit Drago devenir blanc comme un fantôme.
« Lucius a prouvé tout seul, de façon plutôt spectaculaire, qu'il est un mari et un père indigne. J'ai donc fait ce que toute bonne mère ferait. J'ai rompu tous les liens avec lui, Drago. Pour ton bien. »
Drago avait trop peur maintenant pour la contester. Tout ce qu'il put répondre fut : « Mais que faisons-nous, maintenant ? »
« Aucun de nous n'a la Marque des Ténèbres, Drago. » continua-t-elle. « Nous n'avons pas à nous lier politiquement à lui, ou à mentir pour éviter de nous exposer. Nous pouvons nous en échapper, si nous nous éloignons de ton père, et que nous forgeons notre propre chemin politique. »
« Vous entendez-vous, Mère ? » dit Drago, sa voix emplie d'un mélange douloureux de colère, de peur et de confusion. « Vous êtes une Black ! Où donc pouvons-nous aller, qui maintiendra les normes appropriées de pureté du sang ? »
« Tu peux mieux faire que ça, Drago. Réfléchis. Sans la Maison Malefoy, qui est la principale force traditionaliste au Magenmagot ? »
« La Maison Greengrass, je suppose. » répondit-il, après un moment de réflexion.
« Précisément. Les Greengrass sont une famille dominée par les Serpentards, ils appartiennent aux Vingt-Huit Sacrées, et ils défendent la culture sorcière traditionnelle.
Certes, ils ne se mêlent pas de la politique Sang-Pur, mais comme nous nous trouvons maintenant du côté perdant de ce problème, cela pourrait être considéré comme un avantage.
J'ai l'intention de désavouer publiquement les actions de ton père - ce qui est plutôt proche de la vérité -, et de commencer à nous repositionner en tant qu'alliés de la Maison Greengrass. »
Drago hocha la tête à contrecœur. Il pouvait commencer à voir la logique derrière les actions de sa mère. « Et... le Seigneur des Ténèbres ? »
« Avec lui, ce ne serait guère mieux pour nous si nous nous tenions à côté de ton père, ou de l'un de ses alliés. Nous ne nous marquerons pas comme des traîtres à notre sang en nous alliant à la Maison Greengrass, et plus nous resterons longtemps à cette position, plus nous serons en sécurité. Et... » se dit-elle plus qu'à lui, « Andromeda et Sirius pourraient être prêts à nous parler à nouveau. »
« Andromeda et Sirius ? Vous ne pouvez pas penser à les rejoindre ! » s'exclama Drago d'un ton horrifié. « Ils sont des traîtres à leur sang ! »
« Ils sont de la famille, Drago, et je m'attends à ce que tu les traites avec respect. » l'avertit Narcissa. « Je n'ai certainement pas l'intention de rejoindre leur politique, et je le leur dirai. Néanmoins, j'ai l'intention de me mettre du bon côté de Sirius Black, autant que je le peux depuis notre nouvelle position.
J'ai déjà perdu mon statut d'Héritière Présomptive de la Maison Black. Sirius a réintégré Andromeda ce matin - et je suis sûre qu'il s'occupera de son problème de stérilité assez tôt, de toute façon. Nous devons garder un certain contact avec lui... et, à vrai dire, j'aimerais récupérer une de mes sœurs. »
Drago devint modéré. Il ne l'avait jamais vraiment entendue parler de sa famille auparavant, au-delà des questions politiques. « Mes excuses, Mère. » dit-il.
Elle lui fit un signe de tête. Cela semblait être un bon moment pour aborder les autres problèmes de son fils.
« En parlant de respect, je voudrais te parler de ton comportement à l'école. » poursuivit-elle. « Les professeurs Dumbledore et McGonagall m'ont informée que tu utilises des insultes contre d'autres camarades, en les traitant de... »
« Ce n'étaient que des Sang-de-Bourbe, Mère. »
« C'est exactement ce que je veux dire. Ton père a peut-être toléré l'utilisation de ce mot en public, mais je ne le ferai pas. »
« Que voulez-vous dire ? Je les appelle seulement comme ils sont. »
« Tout le monde ne pense pas comme nous, Drago. En fait, la majorité des gens ne le font pas. Te rends-tu compte que plus de 80% des sorcières et des sorciers de Grande-Bretagne ont un grand-parent, ou un arrière-grand-parent, qui est Né-de-Moldus, et dont ils se souviennent avec tendresse, quand ils pensent à leur enfance ?
Il est imprudent d'insulter les familles des gens comme ça - du moins, quand tu n'as pas de pouvoir politique pour te soutenir. »
« Que vous-arrive-t-il, Mère ? Vous n'avez jamais eu de problème avec tout ça, avant. »
« Ne prends pas ce ton avec moi, jeune homme. J'ai été trop laxiste sur de telles choses quand j'étais avec ton père, et il est plus que temps que nous révisions tous les deux nos actes.
Nous ne sommes pas en guerre, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Nous avons un programme politique - qui vient de subir un grand revers.
Nous ne gagnerons aucun allié en utilisant un langage grossier, qui offense profondément une grande partie de la population. Un Serpentard approprié sait être plus subtil que cela. »
« Et pour en revenir à l'affaire en question. » continua-t-elle. « Les professeurs Dumbledore et McGonagall m'ont également dit que tu essayais de donner aux gens l'impression que tu étais l'Héritier de Serpentard. Dois-je te rappeler de qui il s'agit ? Quelqu'un qui a attaqué des élèves, et qui aurait été envoyé à Azkaban pour cela, s'il avait été attrapé.
Les professeurs m'ont appris aussi que tu étais en possession de plusieurs articles de contrebande, que tu n'étais certainement pas censé avoir, même selon les normes de ton père. Ton attitude, jusqu'à présent, ne m'a pas impressionnée. »
« J'aurais pu facilement prouver que je ne l'avais pas fait, si quelqu'un m'avait réellement interrogé, Mère... »
« Ce n'était toujours pas une bonne idée. » insista Narcissa. « Sais-tu à quoi cela aurait ressemblé pour toi, d'être interrogé ? » Elle s'arrêta et soupira.
« Je t'ai vu à ton meilleur niveau, Drago. » continua-t-elle plus calmement. « Tu as en toi la capacité d'être un grand Serpentard, mais tu ne t'y appliques pas. Maintenant que nous sommes seulement nous deux, j'ai besoin que tu te lèves pour être meilleur, pour le bien de la famille. »
Les yeux de Drago s'agrandirent alors que tout le poids de l'affaire le frappait finalement. Bon sang, il était l'homme de la famille maintenant, n'est-ce pas ? Il n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il devait faire.
Ce n'était pas quelque chose dont il s'attendait à s'inquiéter avant des années. Il n'avait même pas treize ans jusqu'à samedi, au nom de Merlin !
Il essaya de réfléchir à ce qui devait être fait, et il commença à réaliser à quel point il avait besoin des conseils de sa mère.
Très bien, alors. Si c'était juste tous les deux contre le monde, maintenant, il ferait ce qu'il fallait pour le bien de sa famille.
« Je comprends, Mère. » dit-il. « Je m'excuse pour mes actions imprudentes, et je serai plus prudent sur la façon dont je me comporterai à l'avenir. »
« Merci, Drago. » répondit-elle. « Je sais que nous réussirons ensemble. Nous commencerons notre travail demain matin. »
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