Bonjour à tous, j'espère que vous allez tous bien !
Tout d'abord merci pour les reviews, vos favoris et alertes. Je suis également très honorée de voir que les lectures sont diverses et variées : la fic est lue sur les cinq continents !
Je tiens également à m'excuser du retard qui n'était absolument pas prévu. Des soucis informatiques m'ont fait réécrire une bonne partie du chapitre – c'est là qu'on se remercie soi-même d'avoir écrit un plan solide. J'espère que cette suite vous plaira et vous amusera autant que je me suis amusée à l'écrire.
Pour commencer, ce chapitre est le plus long de la fiction : 22 pages Word ! Impossible de le couper, car il ne se passe que sur quelques heures. Me pardonnerez-vous… ? :p
J'en profite pour faire passer une annonce : je recherche un/e beta reader pour cette fiction ! Je suis tellement concentrée dans l'histoire que je pense que beaucoup de choses peuvent m'échapper, outre l'orthographe et la grammaire. Me faire relire et également conseiller sur la cohérence et relever certaines erreurs m'intéresseraient fortement et vous pouvez me contacter par reviews ou MP si cela vous intéresse ? J'espère trouver quelqu'un ^^
Sur ce, nous nous retrouvons en bas de page )
Bonne lecture à toutes et à tous !
Hermione était complètement déboussolée. Malefoy semblait souffler le chaud et le froid.
A peine s'était-elle remise du fait de le revoir ici, à Riga, à la même fête qu'elle – les probabilités étaient de 1 contre 184756 - le voilà à l'appeler par son prénom, sans la regarder et en l'ignorant à nouveau.
Elle le chercha du regard et il semblait toujours autant absorbé dans sa conversation avec deux personnes, inconnus au bataillon. Elle resta durant trois longues minutes à le fixer et il ne semblait pas du tout à sa recherche. Pourquoi l'avait-il appelé ?
Hermione décida d'aller dans le salon, à la recherche de Doroteja.
La blonde était en train de chanter au fond de la pièce, entourée d'un guitariste et d'un violoniste. Elle resta debout un instant avec d'autres invités à les regarder, puis attendit patiemment la fin de concert improvisé pour la prendre en aparté.
- Teja, il y a quelque chose de prévu après cette fête ?
- Je pense qu'avec le guitariste et sa copine, nous irons dans une boite de nuit brésilienne. Ça te tente ?
- Ok, d'accord, dit-elle sans réfléchir. Tu penses qu'on s'en ira dans combien de temps ?
- Je ne sais pas… tu as l'air pressée de partir, dit-elle en riant, à voix basse.
Hermione se sentit coupable et préféra ne rien dire.
- Entre nous, poursuivi Doroteja, cette fête est à chier - Hermione fit les yeux ronds devant tant de franchise. Je pense qu'on va bientôt s'en aller, dans une demi-heure a priori.
- D'accord… Bon, je vais aller m'assoir dans ce coin en attendant.
Doroteja acquiesça et se fit happer par une autre invitée.
Elle prit place sur un fauteuil et observa ce qui se passa autour d'elle. Elle avait une vue directe sur Malefoy qui ne discutait plus. Il semblait regarder dans le vide, comme perdu dans ses pensées, entre plusieurs hommes d'âges murs qui conversaient entre eux.
Elle le détailla du regard. Malefoy avait bel et bien grandi, mûri. Les épaules larges, il semblait avoir pris du poids depuis Poudlard – ou des muscles, Hermione ne saurait le dire. Il avait un air sérieux sur le visage et sa tenue lui donnait un air très franchement différent de celui qu'il arborait durant son adolescence. Sa façon de s'habiller avait l'air de montrer qu'il souhaitait se fondre dans la masse : cela le rendait à la fois moins prétentieux, plus accessible. Mais sa façon d'agir avec elle l'intriguait. Pourquoi avait-il fait cela ? Pourquoi l'ignorait-il comme si elle n'avait jamais existé ?
Son téléphone vibra deux fois. Elle en oubliait Ginny.
Elle prit son portable et remarqua que Ginny lui avait laissé trois messages.
[Ginny Weasley-Potter dit :]
C'est horrible ce que tu fais, dis-moi bon sang !
[Ginny Weasley-Potter dit :]
C'est le fantôme de Rogue ?
[Ginny Weasley-Potter dit :]
C'est Frankenstein ?!
[Hermione Granger dit :]
C'est Drago Malefoy.
Hermione vit que Ginny reçu le message et le lu instantanément. Elle se mit à écrire et se ravisa. Puis l'écriture reprit.
[Ginny Weasley-Potter dit :]
Tu plaisantes ? Malefoy ?!
[Hermione Granger dit :]
Je te le jure ! Je suis choquée !
[Ginny Weasley-Potter dit :]
OH MY GOD, par tous les trous de Merlin ! Mais qu'est-ce qu'il fiche là-bas ? A la même fête que toi ? Tu crois que c'est un signe qu'on envoie ? Que tu as été mise sur son chemin pour le rechanger en fouine ?
[Hermione Granger dit :]
HAHAHAHAHAHAHAHA ! J'aimerais trop ! En toute mini, toute petite fouine hahahaha !
[Ginny Weasley-Potter dit :]
Je MEURS. Oh mon Dieu, j'en peux plus… Drago Malefoy !
[Hermione Granger dit :]
Ce n'est pas ça le pire ! Ce serpentard de mes deux m'ignore complètement. J'étais près du buffet en train de t'écrire et il se ramène derrière moi, puis prend un verre du vin que J'AI amené et il dit comme ça, tranquillement « Hermione, Hermione, Hermione » et il se barre. Non mais t'y crois à ça ?
[Ginny Weasley-Potter dit :]
IL T'A APPELÉ PAR TON PRÉNOM ?! Genre il s'est vraiment adressÉ À toi comme Ça ? Mais LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL
Il est fou ou quoi ?
[Hermione Granger dit :]
Je suis tout aussi choquée que toi !
[Ginny Weasley-Potter dit :]
Pourquoi je ne suis pas là T.T !
Hermione essayait tant bien que mal de s'empêcher d'hurler de rire et continua à écrire : c'est alors qu'elle senti la présence de quelqu'un près d'elle, s'asseyant sur une chaise. Elle releva la tête et remarqua qu'Aivars lui adressait un grand sourire.
- Re-bonjour, dit-elle timidement.
- Re-bonjour Hermione. Alors, comment se passe la soirée ?
- Bien, bien…
Aivars jeta un coup d'œil circulaire autour de la pièce, un petit sourire énigmatique, puis se retourna vers Hermione après avoir détaillé sa jupe du regard et insisté plus que de raisons sur ses jambes.
« C'était donc cela… » Pensa-t-elle. La situation éclaircie, elle venait de comprendre son manège et les intentions moins amicales de son hôte envers elle-même. Toute timidité disparue, Hermione plaqua un air froid sur son visage.
- Que penses-tu de l'appartement ? demanda-t-il pour faire la conversation.
- C'est joli.
- Tu fais quelque chose après la fête ?
- Peut-être.
- Sinon, tu vis seule ici à Riga ?
- Non.
Aivars ne sembla pas s'offusquer des réponses tranchantes d'Hermione, qui ne le regardait déjà plus. Elle évitait soigneusement son regard tout en tirant sur sa jupe, très incommodée par ses coups d'œil furtifs mais remarqués. Elle détestait se faire considérer comme une biche à chasser.
Après quelques autres banalités échangées, Aivars quitta sa chaise et alla à la rencontre d'autres de ses invités, plantant là Hermione qui se retrouva à nouveau seule.
Elle jeta un énième regard à Malefoy, qui n'en avait toujours aucun pour elle.
- Hermione, tu es prête à partir ?
- Oui, dit-elle un peu trop rapidement.
- Ok, et bien on va mettre nos manteaux et on ira à l'Ocidental. C'est top, tu verras.
Hermione acquiesça d'un sourire timide Doroteja s'éclipsa pour chercher ses autres amis et alla dans l'entrée prendre son manteau. Le départ de quelques invités avait fait tourner plusieurs têtes et Hermione profita de cet instant pour aller chercher sa propre veste. Elle se rendit compte rapidement que le vestibule était devenu impraticable : elle dû rester en arrière car trop de monde envahissait le vestibule. Doroteja et le couple d'amis riaient ensemble, décidés à terminer leur conversation.
Par le plus grand des malheurs, elle était restée debout sans bouger, tout près du canapé où était censé se trouver Malefoy, confortablement assis.
Gênée et ne sachant pas quoi faire si ce n'est les presser pour quitter les lieux, elle regarda autour d'elle et croisa les yeux azurs de Drago Malefoy qui la regardait intensément, sans cligner des yeux, faisant se ratatiner sur place Hermione qui venait d'être prise au dépourvue.
Elle sentait son visage devenir non pas rouge, mais violet de gêne.
Elle tenta de se donner contenance en cherchant où regarder ailleurs, pour l'ignorer comme il l'avait fait à son égard plus tôt dans la soirée. C'était visiblement peine perdue.
- Et bien ? Tu as perdu ta langue Granger ?
Malefoy semblait ne plus vouloir l'ignorer à présent. Hermione lui jeta un regard en biais, n'arrivant pas à le regarder dans les yeux.
- Je t'ai regardé toute la soirée dans l'espoir que tu me regardes, mais tu as visiblement décidé de m'ignorer totalement, dit-il.
Il fit un sourire en coin et bu une gorgée de ce maudit vin tout en la regardant. Hermione n'en croyait pas ses oreilles. Elle avait les yeux rivés sur lui toute la soirée et elle savait qu'il l'avait complètement ignoré, non pas délibérément, mais comme si elle n'avait jamais existée. Que racontait-il ? Quand avait-il eût un regard pour elle ?
- Qu'est-ce que tu me veux ? cracha Hermione en croisant les bras, plus pour se protéger qu'autre chose.
- Je suis déçu. Moi qui te pensait un tantinet évoluée… visiblement, ce n'est pas le cas, répondit Drago sur une note un peu trop dramatique.
Il fit une fausse moue triste tout en se rasseyant et Hermione se pinça le nez en inspirant bien fort.
- Désolée, je n'avais pas compris que tu t'essayais à la communication civilisée.
Il lâcha un rire et haussa les sourcils.
- Et bien, nous en passons une bonne soirée… viens t'assoir ici – il tapota de la main le canapé à sa droite. Ce n'est pas agréable d'élever la voix pour converser, tu es trop loin.
Elle lui jeta un regard scrutateur, en plissant les yeux.
- Je suis très bien ici, dit-elle, je ne vais pas tarder à m'en aller.
- J'ai plutôt l'impression que tes amis ne sont pas très pressés, dit-il en jetant un regard en direction de Doroteja.
Celle-ci était toujours plongée dans une conversation qui la rendait hilare, ayant oublié Hermione et son invitation à sortir.
Hermione constata qu'il avait raison. Mais devait-elle s'assoir près de Malefoy ? Ne voulant pas paraître davantage gauche qu'elle ne l'était déjà à attendre debout sans rien faire, elle consenti à s'assoir sur le bord du canapé dans un geste maladroit. La grâce de Merlin ne l'ayant pas frappée, elle manqua de tomber du canapé et évita soigneusement le regard de Malefoy, qui pouffait de rire, visiblement moqueur. Cet instant embarrassant rendit Hermione encore plus raidie.
- Bien, dit-il dans un sourire encore moqueur, alors que fais-tu à Riga ?
- On va vraiment s'échanger des banalités, Malefoy ? dit-elle sur une note agressive pour masquer sa gêne.
- Je te sens tendue, tu devrais prendre des infusions avant de dormir, je suis sûr que ça te ferait le plus grands des biens.
- Merci, docteur, répondit-elle avec sarcasme.
- Mais je t'en prie, c'est un conseil d'amis.
Elle se tourna vers lui pour le regarder, le sourcil en l'air. Il observa sa montre et remis sa manche en place.
- Et toi, que fais-tu à Riga ? Demanda Hermione, prise de curiosité.
Il la regarda et sourit.
- Je veux bien te répondre, mais je ne trouve pas cela très fair-play de ta part d'exiger des réponses que tu ne donnes pas toi-même.
- Je travaille ici, dit-elle pour couper court. Et toi donc ?
- Je travaille également ici.
Hermione tourna la tête pour laisser échapper un soupir d'agacement. Sa gêne était si grande qu'elle n'arrivait pas à se radoucir. Elle était prise d'une agressivité et d'une impolitesse qu'elle ne maîtrisait pas.
- Hermione, appela Doroteja, c'est bon on y va. Tu nous suis ?
- Oui, dit-elle en plaquant un sourire sur son visage, dénotant foncièrement avec l'air qu'elle arborait une seconde plus tôt. Cela amusa Malefoy, que remarqua Doroteja.
- Et toi Drago, que fais-tu ? demanda-t-elle.
- Je pense rentrer, vu l'heure.
Il regarda à nouveau sa montre et semblait réfléchir.
- C'est toi qui vois, répondit-elle dans un sourire. Mince, j'ai encore oublié… Hermione j'arrive, je prends mon écharpe et promis, on y va !
Elle planta Hermione en accourant vers la chambre d'Aivars, la laissant aux griffes de Malefoy.
- Alors comme ça, on se couche à l'heure des poules ? demanda Hermione.
- Excuse-moi ?
- Laisse tomber, dit Hermione en balayant l'air d'une main.
- Ah, je viens de comprendre… tu t'essayais à l'humour.
Hermione lui jeta un regard noir.
- Ai-je besoin de souligner que c'était lamentable ? ajouta-t-il.
Elle lui répondit d'un second regard noir.
Doroteja revint et Hermione se leva. Elle se demanda si elle devait saluer Malefoy et si elle allait le revoir. Après tout, ils avaient échangé des banalités plutôt cordiales –lorsque l'on prenait en compte leur passif - et avait envie d'en savoir plus sur ce que faisait Malefoy ici. Ayant une amie en commun, ils seraient susceptibles de se revoir…
- Tu as raison Teja, dit-il, je vais sortir, ça me fera du bien. Vous allez où ?
- À l'Ocidental, tu connais ?
- Oui, je connais bien. Pas mal pour débuter la soirée.
Hermione le regarda, le sourcil levé et il passa devant elle pour sortir, sans même la regarder. Il laissa sur son passage cette odeur de musc et de bois qu'elle sentit pour la seconde fois de la soirée. Elle expira un peu trop fort à son goût, l'odeur s'installant subrepticement dans son esprit.
A la sortie de l'Ocidental, Hermione laissa l'air frais lui caresser le visage. Les joues rouges, elle avait bu beaucoup de trop de bière et de rhum pour un début de soirée, mais pas encore assez pour finir la tête dans la cuvette. Elle cherche un endroit où s'assoir et se remettre de ses émotions.
Sur la gauche, elle trouva un petit banc en pierre.
Elle avait tellement ri…
Elle passa une main sur son visage et sentit son cœur battre moins rapidement. Dehors, plusieurs groupes se formaient pour fumer et la majorité des adeptes de l'Ocidental étaient des brésiliens. Comment une si grande communauté sud-américaine pouvait se trouver ici à Riga ? Pourquoi faire ? Le Brésil était si attirant… ne mesuraient-ils pas la chance qu'ils avaient de venir d'un pays aussi captivant ?
Puis elle se fit la réflexion qu'il s'agissait de la même problématique que ce qu'elle vivait à son tour : combien de personnes sur cette planète rêveraient d'avoir sa place de citoyenne anglaise avec un pays aussi attirant alors qu'elle le fuyait à son tour… ?
Certainement pas pour les mêmes raisons…, marmonna-t-elle, quasi inconsciente de penser à voix haute.
Elle leva les yeux, voulant s'assurer d'avoir été discrète, mais personne ne fit attention à elle. Elle remarqua Malefoy, sortant de l'Ocidental qui porta une cigarette à sa bouche. Il l'alluma d'un briquet, se confondant totalement à la masse de moldus et cracmols qui l'entouraient. Lorsqu'il leva les yeux de sa cigarette - après s'être assuré de l'avoir bien allumée - son regard se porta directement sur Hermione, qui ne l'avait pas lâché du regard. Insondable, Hermione rougit et détourna le regard, tout en se passant une main dans le cou.
Cette soirée était totalement surréaliste. Rencontrer Malefoy à une fête improbable, aller faire la fête en sa compagnie, rien n'avait de sens.
Elle remarqua Doroteja avec un énième homme au bras : ce dernier était clairement intéressé par elle. Son amie riait à gorge déployée – était-ce là une façon de flirter ? – et avait bien envie de rire comme elle. Elle trouvait Doroteja tellement sûre d'elle-même, pleine de vie et prenant tout ce qui se passe à la légère. Totalement le contraire d'Hermione. Et c'était bien là le nœud du problème.
Hermione n'était pas pleine de vie.
Cette soirée avant mis en lumières tellement de choses en elle. Elle se sentait beaucoup trop coincée, inintéressante et tellement peu courageuse. Elle avait pourtant ri toute la soirée avec Teja qui, elle, n'avait pas peur du ridicule. Elle lançait de nombreux coups d'œil vers Malefoy qui buvait tantôt seul au bar ou faisant connaissance avec divers jeunes femmes. Mac, le guitariste de la fête d'Aivars, dansait avec sa compagne et ne la quittait pas des yeux.
Elle les enviait beaucoup. D'autant plus que ce qui la frappa était le déclaage complet entre ce qu'ils semblaient vivre et ce qu'elle avait vécu avec Ron.
Parfois, Mac partageait une danse avec Doroteja sous les regards amusés d'Hermione et de sa copine, notamment lorsqu'ils s'essayaient à la capoeira. Hermione leur souligna qu'ils ressemblaient bien plus à des sumos qu'à des danseurs et ils repartaient pour un nouveau fou rire.
Elle continuait de chercher Malefoy du regard qui semblait papillonner partout dans la boite de nuit, bien loin d'eux. Puis elle le remarqua, partageant une danse avec une belle femme noire, grande, avec un beau sourire remarquable à des dizaines de mètres. Elle avait clairement l'air bien plus âgée qu'eux et elle fût fascinée par tant de grâce. Lorsqu'il fit tourner sa partenaire sur elle-même, il remarqua le regard d'Hermione et lui fit un discret clin d'œil qu'elle perçut. L'alcool dans le sang et l'allégresse du moment aidant, elle lui répondit d'un sourire franc.
Se remémorer la soirée la fit sourire et elle tendit les jambes pour les étirer. Le banc en pierre se lequel elle s'était assise n'était pas confortable et bascula la tête en arrière pour faire craquer son dos endolori.
- Petite nature, entendit Hermione derrière elle.
Elle sursauta. Malefoy expira une bouffée de sa cigarette et en se retournant, Hermione pris la fumée sur le visage et toussa fortement. Il ria doucement et elle fit un geste de la main pour dissiper le nuage qui s'était formé autour d'elle.
- Tu imites les moldus maintenant, dit Hermione.
- Pourquoi, ça te gêne ? Ou les méprises-tu ?
Hermione eût un rire qui se voulait sarcastique.
- Non mais c'est le cracmol qui se fout du moldu !
Malefoy pinça les lèvres pour se retenir de rire tandis qu'Hermione lâcha un « Oh ! » en portant une main à sa bouche. Plusieurs têtes se retournèrent vers elle et quelques regards réprobateurs la fusillaient. Bien que beaucoup de cracmols peuplaient Riga, il était un fait notoire de ne jamais faire référence à la sorcellerie ou au monde magique en public. L'utilisation même de la magie était prohibée et ce, dans tout le pays.
- Dans le genre lourdaude…, commença Malefoy dans un sourire.
- Par pitié, ne termine pas cette phrase, répondit Hermione le regard fuyant et gênée au plus haut point.
Malefoy termina sa cigarette et l'écrasa par terre avant de s'assoir sur le banc sur lequel se trouvait Hermione, une jambe de chaque côté.
Hermione se crispa davantage, clairement intimidée par cette proximité.
- Quelle classe, dit-elle en se concentrant sur le mégot de cigarette à terre. La planète te remercie.
- Je connais bien cet endroit, dans moins d'une heure ils fermeront boutique et ils balayeront tous les mégots et autres déchets comme chaque soir. Ils recyclent également leurs déchets.
- Tu connais le recyclage ?!
- Je suis un sorcier, pas un troll des montagnes.
Hermione ne put s'empêcher de rire, trouvant la réplique étrangement très drôle.
- C'est vraiment très bizarre de te voir ici, dit Hermione.
- Je pourrais te retourner le compliment – c'est un compliment à ta façon, n'est-ce pas ? dit-il en riant, arrachant un second sourire de la part d'Hermione.
Elle détourna la tête pour ne pas lui montrer à quel point elle avait envie de rire. La nervosité la faisait sourire comme une abrutie et il était hors de question pour elle d'autant perdre le contrôle face à Malefoy.
- Bon, je suppose qu'on ne va pas coucher là. Je vais voir Teja, dit Hermione en se levant.
Elle s'approcha de son amie qui la remarqua et la présenta à son – très supposé – futur amant d'une nuit.
- Je pense que Mac et sa copine vont rentrer. Tu veux faire quelque chose d'autre ? demanda la blonde.
- Je ne sais pas trop où nous pourrions aller, l'Ocidental va bientôt fermer, répondit Hermione en jetant un œil à l'entrée.
- Je connais un endroit… Drago nous suit ?
Hermione chercha Malefoy du regard : il semblait avoir un téléphone portable qu'il regardait et cela l'étonna profondément. Comment avait-il pu se fondre autant dans la masse et s'accommoder d'une vie sans magie ? A qui parlait-il ? Quelle vie Malefoy menait-il ici ?
- Aucune idée…
- Je vais le lui demander.
..0x0x0x0x0x0x..
- Peux-tu m'expliquer pourquoi tu râles, demanda Harry en mangeant une pomme, adossé au mur de la cuisine.
Ginny s'excitait sur son téléphone portable et releva la tête, surprise de voir son mari.
- Quoi.. ? Non, je ne râle pas… enfin, si. Hermione ne me réponds pas !
Elle fit une moue qui arracha un sourire niais à Harry.
- Et alors ?
- Mais je ne comprends pas pourquoi elle ne me répond pas ! Nous étions en train de parler et d'un coup, elle n'est plus connectée et ne lis plus mes messages depuis au moins deux heures…
- Il est près de minuit, chérie. Elle s'est peut-être endormie ?
- Non, je ne crois pas, répondit-elle sûre d'elle.
- Je vais te confisquer ton téléphone si tu continues comme ça ! gronda Harry avec un sourire.
Elle le regarda et consentit à poser son téléphone sur la table.
- Elle me manque beaucoup, soupira-t-elle. Je m'ennuie sans elle, ici…
- Merci pour moi…, répondit Harry, légèrement vexé.
- Arrête. J'ai l'impression de la perdre un peu plus chaque jour.
Harry la prit dans ses bras pour la consoler.
- Mais non, tu es trop dramatique….
Ginny lui répondit d'un haussement d'épaules.
- Tu penses qu'elle rentrera à Londres ? l'interrogea-t-elle.
- Je l'espère…, souffla-t-il.
Ils se détachèrent l'un de l'autre et Harry prit un tabouret pour s'y assoir.
- On n'échange presque plus que des banalités. Je l'ai appelé plus tôt dans la soirée, elle était clairement déçue de m'avoir. Elle s'attendait à recevoir un appel d'Alexander.
- Qui est Alexander ?
- Un énième mouchoir en papier pour Hermione.
- Je vois…
- Je m'inquiète pour elle. Depuis sa rupture, elle nous file entre les doigts.
Elle préféra ne pas lui parler de l'épisode Malefoy : Harry se faisait déjà assez de mouron pour elle.
- Ginny… Je sais ce que tu ressens. Ma meilleure amie est au bout de l'Europe, mon meilleur ami au bout du monde. Il faut qu'on s'y fasse. C'est terminé entre eux et tout ce que l'on peut espérer est de garder nos amitiés avec chacun d'entre eux intactes. Et Ron n'est pas n'importe qui pour Hermione. Ils se connaissaient depuis près de 10 ans… ce n'est pas facile pour elle. Elle a abandonné beaucoup de choses pour lui. Elle a besoin de retrouver, ou plutôt se trouver je dirais…
- Tu as raison, mon cœur. Je ne veux pas la perdre.
- Moi non plus. Propose-lui de venir nous voir ?
Ginny soupira.
- Je lui ai déjà proposé cela la semaine dernière, elle a refusé. Elle se sent encore mal à l'aise ici.
- Elle a encore du mal à tourner la page, Gin'.
- Mais ça fait près d'un an maintenant ! Et elle a rencontré un autre mec !
- Ça se passe bien avec lui… ?
- Non… pas du tout même.
Harry baissa la tête : cela lui faisait mal au cœur d'apprendre ce genre de nouvelles. Hermione ne méritait pas cela.
- Je ne sais pas quoi te dire… Ron la quitte le jour de notre mariage et tout ce qui a un rapport avec notre couple doit lui faire du mal.
- Mais quel imbécile aussi, dit Ginny à propos de Ron, en tapant du poing sur la table. Maintenant, il se pavane en slip de bain accompagné de sa plante blonde aux quatre coins du Commonwealth.
Elle se saisit de la Gazette un instant, le temps de voir la photo de couverture qui en mouvement : Ron et sa nouvelle copine souriaient à pleines dents, bras dessus, bras dessous. Ginny jeta le journal au milieu du plan de travail.
- Dire que je travaille pour ce torchon !
- Gin', n'en veut pas à ton frère. Leur couple allait mal et…
- Mais la quitter comme ça ?!
Elle soupira à nouveau et tenta de se calmer.
- Tu as raison. Mais je ne veux pas perdre ma meilleure amie à cause de mon frère.
Ils baissèrent la tête en silence, chacun se laissant aller à ses propres pensées.
- Tu crois qu'ils se remettront ensemble ? demanda Ginny.
Harry leva la tête pour la regarder droit dans les yeux.
- Pour être honnête, c'est ce que j'espère au plus profond de moi-même. Mais en toute objectivité, je ne pense pas que cela soit possible. Ni même souhaitable pour chacun d'entre eux, répondit-il.
- Tu crois ?
- Ron a besoin de légèreté pour se sentir exister. Hermione, quant à elle, a besoin d'un défi à relever.
..0x0x0x0x0x0x..
La musique électronique plaisait à Hermione. Abandonnée par Malefoy et Doroteja, elle était seule au milieu de la piste, se mouvant légèrement pour ne pas paraître coincée. Elle ferma les yeux, se laissant aller au rythme du morceau mixé par le DJ résident. Un grand écran diffusait des images saccadées, en boucle, comme pour hypnotiser la foule.
Elle se détendit de plus en plus, moins intimidée qu'au début de la soirée et c'était pour elle la première fois qu'elle dansait seule. Personne aux alentours ne semblait vouloir se moquer d'elle ou même faire attention à elle. Elle se mit à danser avec plus d'entrain, s'amusant franchement en tête à tête avec elle-même.
Sans se rendre compte, elle bouscula quelqu'un et se retourna pour s'excuser.
- Pardon, je ne vous avais pas… Malefoy ?
- Continue, je ne veux pas te déranger en pleine extase, dit-il en souriant en coin.
Hermione se retourna et raidit comme un piquet. Hors de questions pour elle de danser sous le regard moqueur de Malefoy… sous son regard tout court. Mais s'arrêter ainsi lui donnerait la puce à l'oreille. Elle ne voulait qu'il pense qu'il l'intimidait.
- Tu t'amuses bien ? demanda Teja qui croisa Hermione.
- Oui…
Elle jeta un regard à Drago et ses yeux allèrent de l'un à l'autre avant que son sourire ne se fige.
- Bon, dit-elle mal à l'aise, je vais aller dans la salle latino et je vous laisse…ici.
Hermione jeta un coup d'œil à Malefoy qui noyait son sourire dans un énième verre, la tête tournée.
Etait-ce si évident que quelque chose d'indéfinissable se passait entre eux ?
..0x0x0x0x0x0x..
- Ginny, va te coucher maintenant.
- Je l'appelle une dernière fois !
Harry s'approcha de Ginny, lui arracha le portable des mains et l'éteignit.
- Elle ne te répondra plus à cette heure-ci enfin !
Ginny capitula et laissa tomber.
- C'est ridicule, Gin'. Il faut que tu apprennes à prendre les choses comme elles sont. Et comme elles le deviennent.
- Je n'aime pas le changement.
- Merci, je l'ai remarqué depuis des mois…
Il lui prit la main et l'emmena dans leur chambre à coucher.
- Tu as cette obsession de vouloir que les choses redeviennent comme avant, mais ça ne sera plus le cas. Vis avec.
- D'accord, papa, dit-elle en marmonnant.
Harry lui fit les gros yeux et elle arrêta.
- Et surtout, ne cherche pas à rabibocher ton frère et Hermione.
- Comment veux-tu que je le fasse, chacun à des milliers de kilomètres ?
- Ron vient d'envoyer un hibou – il est d'ailleurs encore dans la chambre, attendant ma réponse.
Ginny lui lâcha la main et le regarda très étonnée.
- Il rentre en Angleterre le mois prochain. Définitivement.
..0x0x0x0x0x0x..
Hermione finissait son verre de rhum et soda. Elle jeta le gobelet et se mouvait sur la piste, avec un déhanché plus enflammé. Se sentant plus intrépide – l'orgueil aidant – elle tenta d'ignorer la présence de Drago probablement deux mètres derrière elle.
Un discret regard derrière elle lui indiqua qu'il était finalement à 40 centimètres de son dos.
Elle déglutit, ne sachant pas si elle devait prendre de la distance ou au contraire, pousser le bouchon plus loin.
Sans qu'il ne la touche, Hermione sentait sa chaleur dans son dos. Elle n'était pas sûre, mais il lui semblait que Malefoy tentait une approche, discrète.
Un mouvement plus tard, elle frôla son corps et sa hanche buta contre sa ceinture. La main de Malefoy balaya le dos d'Hermione, avant qu'il ne la lâche, la sentant se crisper tellement fort qu'elle s'arrêta de bouger.
Hermione se racla la gorge – inutilement vu le bruit – et se donna contenance en dépoussiérant son épaule pour se dégager de lui.
- Il commence à se faire tard, je pense que je vais commencer à partir, dit-elle en criant à Drago pour qu'il l'entende.
Celui-ci lui fit un signe de la main en la rapprochant de son oreille, lui signifiant qu'il ne l'entendait pas.
Elle se rapprocha de lui, pour lui parler à l'oreille. Il eût un mouvement vers elle et la tint par la taille, pile à sa chute de reins, comme pour l'approcher davantage et ainsi mieux l'entendre.
- Je vais y aller, répéta-t-elle, surprise de cette étrange proximité.
Il acquiesça en guise de réponse et se débarrassa de son verre à son tour. Hermione jugea qu'il allait certainement la raccompagner.
Son jugement était bon.
« Cher jeune couple marié,
J'espère que vous allez bien. Ici, tout se passe à merveilles. J'ai fait le tour du pays et j'ai vécu de beaux moments.
Je suppose que vous avez vu la Gazette du Sorcier. Je ne pensais pas y faire la Une ! Carla a été ravie d'y être…
J'aurais aimé vous dire qu'elle vous salue chaleureusement, mais elle et moi c'est terminé. Je pensais avoir rencontré une belle âme, mais elle n'était pas vraiment celle que je croyais être.
J'ai préféré me séparer d'elle plutôt que de continuer à vivre quelque chose de trop superficiel… »
- Il lui a fallu autant de temps pour se rendre compte qu'elle n'était qu'une bécasse ?
- Ginny !
- Quoi ? C'est mon frère, je peux critiquer sa copine et tu ne peux pas me traiter de jalouse.
Harry secoua la tête, excédé par les réactions de sa femme.
« … J'ai voulu vous écrire pour vous annoncer mon retour en Angleterre. Vous me manquez tous et j'estime avoir été au bout de mon voyage.
Je me suis posé beaucoup de questions vis-à-vis de ma carrière d'Auror et, même si j'ai adoré ce que je faisais, je pense me concentrer davantage sur quelque chose qui m'anime et qui est beaucoup moins dangereux.
J'ai déjà écrit à Georges pour lui proposer de l'assister à la boutique. Il a dit qu'il serait ravi de partager cela avec moi mais que je pouvais prendre le temps qu'il faudra pour peser le pour et le contre… »
- Après tant d'années d'études, il veut jeter tout cela à la poubelle ? demanda Ginny, plus étonnée que réprobatrice.
- J'ai été franchement surpris de cette décision également.
« …quoi qu'il en soit, j'aimerais en discuter avec vous et avoir vos avis sur la question, notamment à mon retour mi-février prochain. Ne prévenez pas maman et papa, je ne suis pas prêt à leur dire ce que je compte faire… »
- Maman va le trucider, dit Ginny.
- J'en ai bien peur…
« Serait-il possible que vous m'accueilliez quelques temps à mon arrivée ? Je ne veux pas me faire trucider par maman après ce long périple… »
- Bah voyons ! lâcha Ginny.
« J'attends votre retour et saluez tout le monde de ma part (sans dire que je rentre !). Ron W. »
..0x0x0x0x0x0x..
Sur le quai, Hermione son tramway pour rentrer chez elle, Drago ne la lâchant pas du regard.
- Tu veux venir boire un verre chez moi ?
« Euh… what ?! » Hermione se concentrait pour ne pas perdre la face.
- Il est déjà tard, je commence à fatiguer et je n'habite pas à côté.
« Mais dis-lui d'aller se faire voir, pourquoi est-ce qu'il me demande de venir chez lui ?! Pour me tuer ? » pensa Hermione avec ses derniers neurones en état de marche.
Si tu fatigues, tu pourras toujours dormir chez moi, proposa Drago.
- Ah oui ? Et je dormirais où, exactement ?
- Dans le salon : j'ai un canapé-lit.
Un bus passa, éclairant momentanément leurs visages. Il était insondable. Et Hermione avait du mal à soutenir le regard.
Que pouvait-elle répondre ? Elle ne savait pas ce qu'il mijotait et elle avait clairement du mal à se dire qu'il l'invitait – très sournoisement – à s'envoyer en l'air avec lui.
Hors de question pour elle de perdre la face : il fallait qu'elle y mette du doigté pour s'extirper de là.
- Je n'ai pas mon pyjama Hello Kitty. Et je ne dors jamais sans mon pyjama Hello Kitty, dit-elle moqueuse, sans sourire.
Elle ne détourna le regard, les litres d'alcool dans le sang lui donnant une audace sans nom.
Drago ne sembla pas se démonter, la fixant toujours droit dans les yeux. Hermione quant à elle, sentait lourdement la fatigue et l'alcool annihiler toute pensée cohérente.
- Je suis certain d'avoir un pyjama ressemblant comme deux gouttes d'eau à Bobo Cathy…
- Hello Kitty, corrigea-t-elle.
- …Hello Kitty, répéta-t-il.
- J'en doute. C'est mon pyjama fétiche.
- Et que se passe-t-il si tu ne dors pas avec ?
- Merlin viendra hanter mes nuits pendant 100 ans.
- Merlin est gentil, ce serait un honneur pour toi.
- Merlin a genre 1000 ans ou plus, il doit être en état de décomposition…
- J'ai froid et j'ai envie d'un autre verre. Offert par la maison, coupa Malefoy.
- Ah oui, d'accord…, dit Hermione en lâchant son sac devant l'entrée de l'appartement de Malefoy, mi-amusée, mi-dégoûtée de s'être fait prendre pour la dernière des imbéciles.
Sans savoir comment, Hermione s'était retrouvée en route vers chez Drago, sillonnant la ville en transports en communs. Un véritable trou spatio-temporel semblait s'être formé dans son esprit. A quel moment avait-elle accepté ? Quel chemin avaient-ils pris ? Qu'a-t-il pu dire pour la convaincre de le suivre ?
Drago lui tourna le dos et il semblait clairement amusé par la situation. Hermione le toisa, l'alcool faisait de moins en moins d'effet et la gêne reprenant le dessus sur la maitrise de son corps.
L'appartement de Drago ne comportait qu'une pièce et était en fait un studio : un salon composé d'un canapé-lit et rien d'autre.
L'issue de la soirée semblait être plus que claire.
- Plutôt spartiate pour un Malefoy… dit-elle en entrant dans le studio, balayant d'un regard la pièce.
- Quitte à vivre une nouvelle vie, autant la vivre le plus simplement possible.
Hermione ne crut pas seul instant à son baratin.
- Mais bien sûr…
- Tu as faim ? J'ai une salade dans la cuisine, si tu veux.
- Pourquoi pas, cela accompagnera le verre promis. Je crois que j'en ai besoin.., ajouta-t-elle plus pour elle-même.
Drago s'absenta un instant puis revint avec deux assiettes qu'il déposa sur la petite table à manger qu'il avait.
- Merci, c'est charmant, dit Hermione sarcastique. Où est l'alcool promis, « offert par la maison » ?
- Ah... je ne t'ai pas dit, dit Malefoy faussement gêné. Je n'ai plus de boisson… J'ai de l'eau…
- Je te demande pardon, coupa Hermione légèrement agacée.
- …du robinet. Ça fera l'affaire ? demanda-t-il, ignorant son regard assassin.
Malefoy semblait se délecter de la situation et Hermione n'appréciait pas d'être prise pour la reine des goules.
- Tu te moques de moi ? dit-elle en restant debout, pendant que Drago prenait place à table.
- Ce n'est pas très poli, cette attitude Granger. Faisons honneur à ma salade, je te prie.
« Tu sais où tu peux te la mettre, ta salade… ? » pensa-t-elle très fort.
Il commença à manger son plat, alors qu'Hermione était toujours debout près de la table, estomaquée de s'être fait prendre aussi facilement pour une idiote. Alors qu'il dégustait sa salade, Hermione consentit, non sans mauvaise humeur, à prendre place face à Drago et se rendit compte qu'elle partageait un repas en tête pour la première fois de sa vie avec son plus grand ennemi de toujours.
Il leva les yeux vers elle, le visage dénué de toute expression et se sentit cramoisie au fur et à mesure qu'il détaillait du regard son visage. Son cœur battait à tout rompre lorsqu'elle se souvint que Malefoy était un excellent legilimens. Se rappelant que la magie était interdite d'usage, elle se calma peu à peu et décida d'entamer ce qu'il avait cuisiné, lui donnant quelque chose à faire de ses mains.
- Que penses-tu des nouvelles directives de Shacklebolt ? demanda Malefoy.
- Que veux-tu que j'en pense ?
- Je te demande ton avis. A moins que tu n'aies aucun avis, ce qui serait d'ailleurs très étonnant de ta part.
Hermione s'était éloignée de la vie politique du Ministère de la Magie et ne suivait plus trop ce qui s'y passait. Ses connaissances lui avaient fait défaut depuis qu'elle avait quitté l'Angleterre.
- Je trouve que c'est un excellent Ministre de la Magie. Un bien fou pour la communauté sorcière, surtout grâce à ses idées progressistes.
Drago eut un petit rire avant de termina son plat.
- Vraiment, demanda-t-il moqueur.
- Oui, vraiment, dit Hermione sans se démonter, vexée de le voir se moquer d'elle.
- Tu ne serais pas un peu naïve ?
Hermione fonça les sourcils et eût un mouvement de recul, ne comprenant pas où Malefoy voulait en venir.
- Que veux-tu dire par là ? demanda Hermione sur la défensive.
- Tu trouves vraiment Shacklebolt « progressiste » ? C'est de l'humour ?
- Mais pas du tout !
- Je trouve ta façon de penser totalement illogique…, dit Drago en posant ses couverts au milieu de son assiette avant de se prendre les mains tout en posant les coudes sur la table.
- Ah oui, et pourquoi donc ?
- Il n'y a rien de plus conservateur que Shacklebolt, déclara-t-il, très sérieux.
Hermione eût un rire sans joie et croisa les bras.
- Tu dis n'importe quoi.
- Ah oui ? Pour quelqu'un de progressiste, je trouve cela très curieux que plus de 90% des directeurs de département soient des hommes d'âges mûrs et tous d'ascendance sang-pur. Le reste est d'ascendance sang-mêlé, aucun d'ascendance moldue. Et il n'y a qu'une femme parmi eux tous.
- Je suis certaine qu'il s'agit d'un malheureux concours de circonstance… dit Hermione, franchement étonnée et peu sûre d'elle-même.
Hermione avait une grande estime de Shacklebolt et elle n'était pas prête à le voir autrement qu'en homme simple, loyal et juste. La déclaration de Drago l'avait quelque peu ébranlée.
- Et que penses-tu de la loi de Quarters ?
- Je… je ne la connais pas, dit Hermione du bout des lèvres, déstabilisée par les connaissances de Malefoy qu'elle n'avait clairement pas.
Etonnant… Il me semblait pourtant que tu t'étais orientée vers le département de la justice magique, dit-il moqueur. N'est-ce pas là ton domaine ?
Elle le dévisagea et resta silencieuse. Qu'en savait-il ?
- Et bien notre bon vieux Newton Quarters nous a pondu une loi encore plus restrictive pour les elfes de maison. Jusqu'à nouvel ordre, les elfes de maison ne seront pas libérables par leurs familles. Ils seront associés à la famille servie jusqu'à la fin de leur existence. Shacklebolt a validé cette loi lui-même.
- Tu plaisantes ?
- Absolument pas. Tu m'as l'air complètement dépassée par ce qui se passe dans le monde, dit Drago, totalement condescendant.
Hermione eût l'impression de recevoir une gifle. Comment avait-elle pu passer à côté de toutes ces informations ? Elle ne s'était que peu intéressée par la politique depuis sa rupture avec Ron et il semblait que le monde plongeait dans un véritable chaos qu'elle n'avait pas vu venir. Plongée dans ses pensées, elle ne remarqua pas que Malefoy avait débarrassé la table et s'était assis sur le canapé-lit déjà ouvert, prêt à se jeter sous les couvertures.
Elle le regarda avec de gros yeux qu'il ne remarqua pas et il éteignit la lumière, plongeant ainsi la pièce dans le noir alors qu'elle était toujours à table. Elle distinguait son ombre et le bruit de couverture lui signifia qu'il s'était couché.
Sans aucune cérémonie, Malefoy était allongé dans son lit, à deux mètres d'elle. Hermione était paralysée. Que devait-elle donc faire ? Comment agir ?
- Merci de nous avoir plongés dans le noir, dit Hermione en essayant d'avoir une voix assurée, comme si la situation était normale.
- De rien. C'est mieux pour dormir.
- Ah oui ? Et je suis censée faire quoi ?
- Dormir.
« Quelle réponse cinglante… mais what the fuck », pensa Hermione.
Elle se demanda si elle devait également dormir dans le lit ou partir en courant. Il s'agissait pour elle d'une situation plus qu'inédite. Quelle aventure, pensa-t-elle. Et un déclic se fit.
N'était-ce pas le but de tout son voyage ? Doroteja le lui avait conseillé, dans le club brésilien. « Lâche toi Hermione et vis ta vie, ne réfléchis pas ! » lui avait-elle dit entre deux rires. Ces mots l'avaient profondément marqué. Depuis son entrée à Poudlard, Hermione s'était imposé un rythme de vie soutenu, basé sur le travail et ne laissant place à aucun hasard. Jamais elle n'avait agi stupidement tous ses choix avaient été maîtrisés, choisis. Elle ne s'était lâchée qu'auprès de Ron. Mais ses sentiments et son attachement malsain avaient eu raison d'elle. Jamais elle ne s'était sentie réellement libre de ses choix. Jusqu'à aujourd'hui.
Elle décida de faire fi de sa pudeur, en n'ayant pas froid aux yeux.
Du moins, elle essaya.
Elle prit son courage à deux mains et se leva de sa chaise.
Ses jambes n'arrivaient pas à la soutenir, quand bien même elle n'avait que deux mètres à faire à pied.
Elle inspira profondément et s'assit sur le bord de son lit.
Elle humecta ses lèvres et inspira à nouveau.
Elle se débarrassa de ses chaussures, puis s'allongea, plus crispée que jamais.
Elle était maintenant allongée dans le même lit que Drago Malefoy et elle n'arrivait pas à y croire. Elle sentait son parfum, tellement fort, tellement attirant. Ses organes dansaient la conga et elle était à deux doigts de vomir son cœur, tant l'anxiété lui chatouillait les entrailles. Le silence était presque pesant. Elle respira si fort du nez qu'elle eût l'impression que sa narine gauche jouait un solo de trompette. Elle ferma les yeux, gênée d'être l'autrice d'un bruit trop peu reluisant.
Drago, lui, ne bougeait pas. Etait-il endormi ? Etait-t-il éveillé ? Elle n'osait plus bouger. Gauche ? Droite ? Où devait-elle poser ses mains ?
Elle décida de les croiser et de les poser sur son ventre, ne sachant pas quoi en faire et ayant totalement oublié leur utilité.
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Ginny passa de la crème dans ses mains puis se saisit de sa baguette et éteignit la lumière.
- Harry, tu dors ? chuchota-t-elle.
- Oui.
- Si tu dormais tu ne m'aurais pas répondu.
Harry grogna en guise de réponse et se retourna à contre cœur vers sa femme.
- Quoi, encore ?
- Rien, je voulais un câlin, dit-elle mutine.
- Allez, viens là…
Une fois lovée dans les bras de son mari, Ginny ne put s'empêcher de gigoter.
- Rappelle moi pourquoi je t'ai demandé de m'épouser ? demanda Harry. Ça ne me revient franchement pas.
Ginny lui donna une tape sur l'épaule en guise de réponse.
- Le retour soudain de Ron est trop bizarre. Tu ne trouves pas ?
- Gin'…, dit-il dans un énième soupir.
- Ça me chiffonne un peu… dit-elle, pensive.
- Pour l'amour du ciel, Ginny, DORS !
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Hermione décida de tourner le dos à Drago pour s'endormir, mais celui-ci lui attrapa le bras.
- Tu ne pensais tout de même pas que j'allais te laisser dormir ? lui dit-il au creux de l'oreille.
Elle n'eût pas le temps le temps de réfléchir qu'ils échangèrent un bref regard, avant qu'il ne plonge ses lèvres sur celles d'Hermione.
Ce fut le baiser le plus cosmique qu'Hermione ait pu échanger de sa courte vie. Et elle était sûre qu'en vivant encore 120 ans, elle n'en échangerait pas un autre comme celui-ci. Elle avait toujours imaginé Drago Malefoy, tombeur de ces dames, seigneur Casanova et virtuose de la langue.
Mais il n'en était rien.
Hermione répondit à son baiser mais elle ne savait pas ce qu'elle devait faire. Il lui embrassait la lèvre supérieure, puis la lèvre inférieure et elle n'arrivait pas à le suivre. Aucun des deux ne semblait vouloir se régler sur le tempo de l'autre.
Drago lui prit la taille et ne s'embarrassa de presque aucun préliminaire. Il attaqua tout de suite le bouton du jean d'Hermione et elle dû l'aider à enlever son propre pantalon. Ils se levèrent à demi et s'arrachèrent leurs pull et chemise, puis Drago enleva le soutien-gorge qu'Hermione portait. Elle se recoucha à nouveau, lentement, pensant avoir le droit à un traitement de faveur en lui embrassant la poitrine, mais il n'en fit rien.
Il retira ses derniers vêtements avant de se retrouver nu comme un ver, visiblement très excité par la situation.
Hermione détailla son anatomie et elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait une vue directe en loge VIP sur les bijoux de famille de la dynastie Malefoy.
- Retira ta culotte, lui dit-il, l'air visiblement très pressé.
Cette requête gêna profondément Hermione et lui fit l'effet d'une douche froide. Cela retirait totalement le romantisme et l'effervescence du moment. L'acte semblait dénué d'humanité.
Malgré tout, elle s'exécuta, très embarrassée et se cacha sous les couvertures. Drago se plaqua à elle tout en l'embrassant dans le cou.
- Détends-toi, lui dit-il percevant son trouble.
- Tu ne fais rien pour me détendre, lui dit-elle en toute franchise.
Il étouffa un rire dans ses cheveux et continua à l'embrasser, sans rien faire pour mettre à l'aise sa partenaire.
Drago semblait prêt à s'introduire en elle, lorsqu'elle le repoussa par l'épaule, le stoppant dans son élan.
- Tu n'as pas mis de protection, lui rappela-t-elle.
- Tu m'arrêtes pour ça ?
Hermione ouvrit grand les yeux, lui jetant un regard d'incompréhension.
- Si tu n'as rien pour te protéger, poursuivit-elle sans se démonter, on n'ira pas plus loin.
- Je n'aime pas les protections moldues et je ne peux pas utiliser ma baguette, dit-il agacé.
Elle haussa le sourcil, déroutée face à la réaction de Malefoy et la tournure que prenait le moment.
- Ça ne change rien à ce que je viens de dire, dit-elle tranchante.
- Ok, ok…, capitula Malefoy.
Il se leva et alla chercher une boite dans son placard, pour prendre un préservatif. Hermione se laissa retomber sur l'oreiller, ne sachant pas où se mettre. Elle remonta la couverture jusqu'à sa bouche et fixa le plafond en grimaçant.
« Mais qu'est-ce que je fiche ici ?! » se dit-elle.
Le trouvant anormalement long et l'excitation redescendant, Hermione releva la tête pour le regarder. Complètement nu, elle avait une vue improbable sur ses fesses qui la fit sourire puis rire de nervosité.
« Si je lui claque les fesses, est-ce qu'il se dépêchera ? » se demanda-t-elle.
Drago avait enfin trouvé une protection, déchira l'emballage et s'habilla pour l'occasion.
Il revint vers le lit, tira sur la couverture sans aucune cérémonie, s'accrocha aux jambes d'Hermione pour la rapprocher de lui et se placer devant son intimité pour la pénétrer.
Ils échangèrent un regard puis il la pénétra doucement, lui faisant soupirer grossièrement et la faisant se crisper davantage.
- Détends-toi, Granger…, dit-il péniblement.
Elle serra les dents, ne supportant pas ses directives et son ton condescendant. Elle avait l'impression d'être un jouet ou un objet lui devant obéissance et servitude. Mais d'autre part, elle avait envie de lui de manière très pressante.
Il s'enfonça doucement, mais sûrement en elle, sans se reculer. Puis lorsqu'Hermione commençait à ressentir plus de plaisir que de douleur, ses gémissements se faisaient de plus en plus fort, indiquant à Drago le bien-être qu'elle prenait grâce à ses va-et-vients.
Elle s'agrippa à lui et souleva ses cuisses pour l'enrouler de ses jambes et lui permettre d'avoir de meilleures sensations. Elle lui embrassa l'épaule et au fur à mesure du plaisir pris elle lui mordilla puis mordu franchement l'épaule, arrachant un grognement de la part Drago. Il lui empoigna les lèvres et accéléra le rythme, faisant grincer le canapé-lit.
Alors que son plaisir montait crescendo et qu'Hermione perdait toute notion de pudeur, Drago se retira si sèchement qu'elle sentit une brûlure vive au niveau de son anatomie.
- Je n'y arrive pas avec la capote, désolé.
Drago se laissa tomber platement sur le dos, parallèlement à Hermione, sans aucune autre forme de cérémonie. Hermione ouvrit les yeux et fixa le plafond, complètement sonnée par la tournure des évènements.
« Quoi ?! C'est tout… ? Mais c'est une blague ? » Se demanda Hermione.
Drago arracha le préservatif, se leva et le jeta à la poubelle. Il revint dans le lit, ouvrit les couvertures et sembla s'endormir en fermant les yeux.
Ne l'ayant pas lâché du regard, Hermione en n'arrivait pas à croire qu'il existait de pareil goujat. En plus d'être un mauvais coup, Malefoy allait donc s'endormir comme cela ?!
Hermione retourna sa tête. Elle passa une main sur son visage et un nouveau rire nerveux la prit.
« Incroyable, mais vrai… bon sang ! » en pouffant sous la couverture.
Pourtant elle n'avait que très peu envie de rire : Drago l'avait laissé sur sa faim et il n'y avait rien de plus frustrant que de vivre pareille situation.
- Ma mère me manque souvent, dit Drago la voix fatiguée.
Hermione sursauta.
« Non seulement, il ne dort pas, mais en plus il me parle de sa mère alors qu'on est à poil dans son lit. Mais il timbré ou quoi ? »
Hermione préféra rester silencieuse, ne sachant pas du tout pour quelle raison Malefoy se mettait à parler de sa mère… et de ses sentiments ?
- Au fond, je crois bien être très amoureux de ce qu'elle représente.
Hermione ne pu s'empêcher de rire au point qu'un filet de bave s'échappa de sa bouche.
- Je crois que tu devrais sérieusement penser à consulter, dit-elle s'essuyant discrètement la bouche.
- Tu crois ?
Hermione n'avait aucune idée de si ce qu'il disait était vrai ou s'il se fichait complètement d'elle, tentant de lui faire oublier le plus misérable des fiascos de l'année.
- Tu crois que c'est le moment de parler de ta mère ?!
- Tu as sans doute raison.
Hermione tourna la tête vers l'horloge, qui indiquait trois heures et sept minutes. La fatigue commença à la gagner pour de bon et ses paupières étaient de plus en plus lourdes.
Hermione se sentait happée par le sommeil, lorsque Drago bougea, la réveillant.
- Alors ?
Le silence était si lourd et pesant qu'Hermione entendait son propre cœur battre dans sa poitrine et résonner dans tout son corps.
- Alors quoi, répondit-elle les yeux résolument clos.
« Mais putain il va la fermer… ? » se demanda-t-elle, épuisée par cette soirée forte en émotions contradictoires.
- Tu en as pensé quoi ? demanda Drago, dans le noir.
Hermione ouvrit les yeux et l'heure indiquait quatre heures et quinze minutes.
Le réverbère de la cour éclairait fortement l'horloge dont les « tic » et les « tac » l'empêchaient de dormir.
- De quoi tu parles ?
Les battements de son cœur lui brouillaient à la fois tant l'ouïe et son esprit qu'elle due attendre quelques secondes supplémentaires pour comprendre de quoi il parlait.
- De ce qu'on vient de faire, déclara-t-il, toujours immobile.
Dans l'obscurité, les yeux d'Hermione tombèrent de leurs orbites et elle tenta mentalement de les replacer au creux de son crâne.
Osait-il réellement lui demander ce qu'elle en avait pensé ?
« J'ai couché avec Drago Malefoy et c'était nul à chier » se répéta mentalement en boucle Hermione.
Elle se retourna d'un quart pour lui donner son dos et remonta ses couvertures avant de lui répondre dans le silence de la nuit.
- Je te mettrai un commentaire sur TripAdvisor.
Quel dur labeur !
Il m'a été difficile d'écrire ce chapitre (encore plus de réecrire certains passages perdus !).
Je trouve Drago Malefoy complètement à côté de la plaque, pas vous ? Mais l'est-il vraiment ? Ou s'agit-il du point de vue exacerbé d'Hermione... ?
A vos claviers et j'ai hâte de lire vos reviews !
Enissa
