DisclaimerAucun des persos de Tolkien n'est à moi ,(... reniflement tristounet, mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic
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LA COMMUNAUTÉ DES ELFES
Chapitre huit – réflexions et échos
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Ils avançaient tous en file indienne. La température avait fortement décru ces derniers jours, et la lune, ronde au dessus d'eux, leur donnait une lueur bleue et aussi froide que le vent. Aussi froide que leurs cœurs, également ; car chacun avançait silencieusement, perdus dans leurs pensées propres. Même les hobbits, qu'habituellement il était impossible de faire taire, demeuraient enfoncé dans leur mutisme.
Legolas marchait un peu à l'avant, écoutant et essayant de distinguer les dangers qui pourraient les attendre après ce tournant ou après cette montée. Il ne s'était pas rendormi depuis sa discussion avec Gandalf et Aragorn, mais curieusement, au lieu de se sentir soulagé de s'être confiés à eux, il se sentait encore plus abattu. Pas tant du fait d'avoir du montrer son côté faible à ses deux amis, que du fait qu'aucun des deux n'avaient pu le rassurer ou trouver une solution à ce phénomène. Gandalf avait eu un regard bizarre, comme s'il avait reconnu quelque chose, mais il n'avait proféré mot. Cela ennuyait particulièrement Legolas. Il aurait voulu savoir, être soulagé de son rêve, ne pas rester sur sa faim. Il aurait pu poser la question à Gandalf à ce moment-là, mais il était dans un tel état second, qu'il avait l'impression de regarder au travers d'un brouillard et de se mouvoir comme dans un rêve. Il n'avait eu ni la force, ni la volonté pour parler à Gandalf. Tout ce qu'il avait voulu, c'était oublier, partir, ne plus se souvenir, et laisser à d'autres le soin de s'occuper des flammes.
Depuis quand es-tu devenu un tel lâche ?
Il fronça les sourcils. Il n'aimait pas quand cette voix intérieure se mêlait à ses pensées, il n'en sortait jamais rien de bon. Il ferma les yeux et inspira profondément l'air glacé. En levant les yeux vers les étoiles et leur froide pureté, il se sentit mieux.
Mais quelques secondes après, le tourment interne le repris, tel une nausée, et il ferma les yeux avec force, secouant légèrement la tête pour chasser ces pensées. Mais il savait que c'était impossible. Une fois que la petite voix s'était fait entendre, c'était comme un écho, faible, lent et paresseux. Un simple murmure. Mais l'écho prendrait bientôt de la vitesse, s'amplifierait, et deviendrait un ricochet qui rebondirait sur les parois de son esprit ; le torturant jusqu'à devenir insupportable.
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Gandalf, une vingtaine de mètres derrière Legolas, observait l'elfe de temps à autre. Il remarqua son léger tressaillement d'épaules et la crispation de ses poings, et ses pensées revinrent au rêve du fils de Thranduil. A la vague de feu qui détruisait une ville faite de tours et qui brûlait des enfants. Un ennemi qui en voudrait particulièrement aux elfes et donc à Legolas… Il était quasi certain de connaître un ennemi capable de faire cela, en dehors de Sauron. Et il était très possible que le rêve de Legolas ne se soit accéléré que parce qu'ils s'approchaient de plus en plus de cet ennemi. Il n'avait pas voulu partager ses pensées avec l'elfe, de peur que celui-ci ne rentre dans une crise panique et ne perde contrôle. Quand ils seraient loin d'ici, il lui révélerait près de quel danger ils étaient passés.
Mais les détails du rêve de Legolas le troublaient. Au niveau symbolique, les éléments du rêve correspondaient à l'ennemi auquel il pensait. Un ennemi qui se ferait en effet une joie de torturer l'elfe dans ses flammes, pendant très longtemps avant de lui permettre de passer dans l'au-delà. Mais pourtant… la manière dont Legolas avait décrit les tours, les enfants, leurs parents, leurs jeux, les ponts, ces vêtements si étranges…
Le vieil ystari essayait de se rappeler. Il lui semblait qu'il y avait longtemps, quelqu'un avait mentionné quelque chose de semblable. A moins qu'il ne se fasse des idées… Il sentait désormais le poids des ans le frapper. Non pas tellement au niveau physique, mais au niveau de la réflexion. Il lui semblait avoir entendu une vieille histoire qui ressemblait un peu au rêve de Legolas. Quelque chose dont il aurait du se souvenir… Il se massa le front, comme pour en extraire les souvenirs, mais en vain. En relevant la tête et vit le dos et les épaules de l'elfe, si fragile d'apparence, mais si bouillonnant de vie à l'intérieur. On aurait dit un enfant, alors que cette apparence cachait un guerrier redoutable. Trop adulte déjà, et jamais réellement enfant.
Le fruit de l'éducation d'un père trop haineux. Une haine ridicule pour la mort de la reine…
Gandalf fronça les sourcils. Il n'était pas là quand ces choses étaient arrivées, quand Legolas était venu au monde et que la reine était morte. Mais il avait entendu de nombreuses histoires à ce sujet. Toutes convergeaient sur le fait que la reine était morte en donnant naissance à Legolas, et que Thranduil le haïssait pour cela. Mais que la haine de Thranduil se basait sur d'autres croyances. Comme si c'était le fait de mettre au monde Legolas et pas n'importe quel autre elfe, qui avait coûté la vie à la Reine. Certaine elfes avaient dit que Thranduil haïssait déjà Legolas avant même qu'il ne naisse. La haine que le Roi avait développée pour son fils s'était érigée en même temps que sa haine pour les humains. Quelques elfes avaient rapporté qu'une sorte de prophète humain se trouvait aux côtés de la Reine quand elle avait mis Legolas au monde, et que le Roi l'avait fait exécuter. Certains s'étaient demandés si Legolas était bien le fils de Thranduil, ou bien si à son sang noble ne se mêlait pas par hasard un sang moins noble. D'autres disaient que la reine était mourante bien avant de mettre Legolas au monde, et qu'elle avait réussit à donner naissance à son enfant avant de fermer les yeux à jamais.
Gandalf grogna. Tant de rumeurs. Il ne pouvait savoir lesquelles étaient vraies, lesquelles étaient totalement délires, et lesquelles étaient un savant mélange de réalité et de fantaisie. Un tel flou semblait flotter autour de ces événements, que Gandalf n'avait pas prit le peine de creuser plus profondément. Non pas qu'il ne s'y intéressât pas. Il avait un jour posé la question autour de lui, lors d'un de ses voyages à Mirkwood, en sentant bien la tension que Thranduil et ses fils aînés exerçaient sur le plus jeune. Mais les réponses qu'il avait reçues l'avaient dissuadé d'essayer de continuer. Les courtisans de la Cour du Roi se complaisaient dans les ragots. Quelle était la part de vérité dans ces dires ? Et en quoi le savoir pourrait-il améliorer la condition de vie de Legolas ? Il l'ignorait. Mais puisque la vie de Legolas ne semblait pas réellement en danger à Mirkwood, Gandalf avait décidé de ne pas s'en mêler plus avant.
Mais au fond de son esprit, une idée, un flash, avait laissé une petite empreinte…
Et cette empreinte grandirait petit à petit, jusqu'à devenir un souvenir, de plus en plus précis, jusqu'à ce qu'il ne fut plus possible à ignorer.
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Boromir avançait en silence, resserrant les lanières de son bouclier et plissant les yeux pour les protéger du vent et de la poussière. Il était la proie d'un sentiment de malaise, intense mais imprécis. L'origine de ce malaise n'était pas vraiment imprécise ; tôt ou tard, Legolas révélerait quelque chose le concernant, à moins que ce ne soit déjà fait (s'il en croyait le regard bizarre que Aragorn lui avait jeté à la grotte lors de leur dernier arrêt). Boromir ignorait ce que Legolas avait déjà révélé. Frodon et lui avaient trop peu entendu de la discussion entre le ranger, l'elfe et l'ystari pour pouvoir dresser une histoire. Mais si ça venait de l'elfe, ça ne pouvait pas être bon pour lui.
Il avait encore en lui le cuisant souvenir de son humiliation au Conseil d'Elrond. Humiliation à laquelle l'elfe avait grandement participé. Non, se corrigea-t-il mentalement. Il en avait été l'instigateur, en lui crachant à la face le rang d'Aragorn. Les gens au conseil avaient l'air d'apprécier l'elfe, mais Boromir avait toujours été convaincu qu'il existait quelque chose de fondamentalement sombre chez Legolas Greenleaf. En fin de compte, il n'était rien d'autre qu'un assassin archer à la solde de son père, et les assassins elfiques finissaient toujours par s'autodétruire, tôt ou tard. Boromir avait le sentiment que lorsque la fin de Greenleaf arriverait, ce serait dans un bang spectaculaire.
Que savait-il au juste qui pourrait lui nuire ? Pas beaucoup plus que ce que les autres ne savaient déjà, c'était probable… Mais le doute le tenaillait. Ce n'était pas la première fois ces derniers jours qu'il se demandait s'il ne serait pas sage prochainement d'organiser un accident pour cet elfe si énigmatique.
Ce n'était encore qu'une simple idée… Mais elle gagnerait peu à peu en assurance… Jusqu'à ce qu'il ne fut plus capable de penser à autre chose qu'à cela…
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Frodon avançait péniblement contre le vent, se raccrochant de temps en temps à un Sam aussi mal en point que lui ou à un Aragorn perdu dans ses pensées. Que les pensées du ranger soient dirigées vers l'éclaireur de la Communauté ne faisait aucun doute. Depuis que Legolas avait rejoint la Communauté, Frodon avait le sentiment d'avoir perdu l'exclusivité de l'amitié d'Aragorn. Auparavant il en était venu à accepter que le ranger soit toujours à ses côtés comme un fait établi. Il ne ressentait pas vraiment d'amitié venant de l'elfe, aussi le « partage » de l'amitié d'Aragorn était-il vu par le hobbit comme une perte pure.
Il sentait stupide d'être en sorte jaloux de l'elfe, mais il était de ceux qui mettaient l'amitié en plus haut point. Il avait d'abord craint Aragorn, puis s'en était méfié, pour finir par se rendre compte de l'immense loyauté du ranger vis-à-vis de lui. Avait-il pris ça pour de l'amitié, par erreur ? S'était-il fourvoyé à ce point ? Le ranger n'avait-il éprouvé pour lui que de la loyauté ? Et pas vraiment pour lui, mais pour le Porteur de l'Anneau ? Il aurait aimé croire que c'était de l'amitié qui liait le ranger à lui, mais, quand il regardait le comportement d'Aragorn vis-à-vis de Legolas, il savait reconnaître là une véritable amitié, sincère et profonde. Alors si Aragorn n'avait pas ce même comportement vis-à-vis de lui, cela voulait dire qu'ils n'étaient pas vraiment amis…
Frodon s'en voulait de se torturer mentalement de cette manière. Comme s'il n'avait pas d'autres problèmes avec de cercle de métal pendu à son cou ! Mais pourtant, ses pensées revenaient à leur éclaireur : si Legolas n'avait pas été là, il n'en serait jamais venu à se torturer de la sorte. Il avait même du mal à penser correctement et son caractère s'en était trouvé altéré.
Et comme si ce satané elfe était un porte poisse, les moments de repos qui auraient pu lui remettre les idées en place, étaient perturbés par les crises de ce dernier ; de plus maintenant, le temps se mettait à jouer contre eux ! Bien sur, il savait que le temps n'était pas du ressors de l'elfe, pas plus que de l'ystari, mais tout mit ensemble il avait l'impression que le fil de sa patience allait claquer sec comme une corde au bout de laquelle un poids trop lourd avait été accroché.
Cette impression n'était qu'une simple idée, mouvant sous la surface d'un lac, ne créant que de simples ondulations… Mais bientôt les ondulations feraient des vagues, et pourraient provoquer un raz-de-marée…
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Aragorn jetait de temps à autre un regard à la silhouette lointaine qu'était Legolas. Il avait toujours l'air fatigué du au manque de sommeil de ces derniers jours (semaines ? mois ?), mais il paraissait désormais soulagé qu'on lui ai retiré le poids du secret de son rêve. Seulement Aragorn savait que ce n'était qu'une façade. Il connaissait assez l'elfe pour savoir qu'il aurait toujours un sourire pour l'un, une parole amusante pour l'autre, aurait toujours l'air de déborder d'énergie, d'enthousiasme et de positivisme, mais qu'au fond de lui, c'était un enfant qui appelait à l'aide.
Il savait que l'elfe s'irritait quand on l'appelait, le jeune, ou « petit » car il était le plus vieux membre de la communauté, avec plus de trois fois l'âge de Gandalf… L'elfe avait conscience que son apparence juvénile lui donnait ce surnom… Mais ironie du sors, Aragorn pensait que la différence d'âge n'était pas là. On le jugeait plus vieux que ce qu'il n'était réellement, au fond de lui.
Apparence juvénile, ou jeune adulte selon son expression faciale du moment, il n'était qu'un enfant, enfermé trop tôt dans un corps d'adulte, obligé à jouer leur jeu, condamné à se taire à tout jamais, à ne pas laisser qui il était s'extérioriser.
Le ranger avait l'impression que derrière son côté de guerrier fort et résistant, Legolas ne recherchait qu'une chose : une épaule pour le soutenir et des bras réconfortants. Quelqu'un avec qui il n'aurait plus à jouer la comédie…
Mais Aragorn savait aussi que l'elfe était trop fier pour avouer cela… A la personne qui irait vers lui, il faudrait patience et persévérance… Aragorn savait qu'il était un des seuls que Legolas laissa approcher suffisamment pour deviner cet enfant qui criait au fond de lui. Il aurait souhaité pouvoir l'arracher à tout jamais de Mirkwood, lui donner une nouvelle vie, une nouvelle identité, une nouvelle chance… Mais il savait qu'il ne vivrait jamais assez vieux pour soutenir Legolas assez longtemps pour qu'il guérisse.
Mais quand il vit Legolas regarder vers le bas de la falaise qu'il longeait, un frisson glacé le parcourut. Et si l'elfe en avait assez ? Si désormais son esprit était envahi de pensées sombres… S'il cherchait un moyen de s'échapper de cette vie… Mais pas de la manière dont Aragorn le voulait… ?
« Legolas ! », appela-t-il impulsivement. Sa voix fit écho le long de la paroi du mur qu'ils longeaient. Il vit les épaules de Legolas tressaillir légèrement. Au début il pensa qu'il avait imaginé tout. Mais à la lueur un peu mal à l'aise et coupable dans les yeux que Legolas tourna vers lui, Aragorn su que le risque était réellement là. Il vit l'elfe cligner des yeux plusieurs fois et la lueur sombre disparut. Il attendit que Aragorn arrive à sa hauteur, sans bouger ni faire un pas vers lui. Aragorn avait déjà vu ce genre d'attitude chez les loups domestiqués. Ils n'accouraient pas vers leur maître comme les chiens faisaient, mais restaient là, à attendre, leur regard profond et brillant. Aragorn fut surpris d'avoir fait spontanément la comparaison, sachant que l'elfe l'aurait certainement mal pris… Mais cela lui était venu si naturellement… ! Quand il arriva près de Legolas, il lui saisit doucement le bras, attendit que tous l'aient dépassé, puis se rapprocha de lui. Les yeux de Legolas étaient fixés sur lui, et Aragorn n'était pas très sur que parmi les émotions qui y passaient, il n'y avait pas la peur. Il le fixa un instant de ses yeux gris, sans parler, puis se souvint de ce qu'il s'apprêtait à lui dire.
« A la prochaine halte », commença-t-il, « Nous laisserons les autres se reposer, et prendront la surveillance ensemble, on se relayera ». Il ne voulait pas lui révéler ses soupçons quant à son allure un peu suicidaire.
Legolas demeura un instant immobile, puis son regard se perdit et il abaissa la tête. « Oui », murmura-t-il, « je comprends, ils manquent de sommeil à cause de mes crises, je suis déso-»
« Tu n'as pas à être désolé, Legolas », l'interrompit Aragorn. « Bon sang, ce n'est pas de ta faute, tout ça ! ». Mais le regard de Legolas s'embua presque, reflétant l'horreur profonde dans laquelle il était.
« J'apporte le chaos avec moi », murmura Legolas, « C'est un fait et je l'accepte ».
Aragorn sentit son sang bouillir, mais nul besoin de gifler Legolas comme la dernière fois. Il se pencha encore plus vers Legolas, leurs fronts se touchant presque, et lui murmura doucement. « Ce n'est pas de ta faute. Si tu penses à quoi je pense, ce n'est de ta faute. Nous rediscuterons de tout cela si tu le souhaites tout à l'heure pendant notre nuit de garde. Nous n'avons plus eu l'occasion de parler de la sorte de puis longtemps». Son ton était chaleureux. « Mais rien de ce qui est arrivé n'est de ta faute, car tu ne le souhaitais pas, mon ami … »
Legolas eut une respiration courte à ce mot. « ami ». Aragorn, un humain, était la seule créature qui l'eu jamais appelé de cette manière. Legolas sentait quelque chose se produire au fond de lui. Comme un barrage dont les murs auraient été percés de fins trous, et d'où l'eau commençait à sortir à jets fins, mais persistants… Et qui bientôt s'amplifieraient en un ruisseau… Et le ruisseau deviendrait torrent…
L'elfe ferma les yeux, et appuya un peu plus son front contre celui d'Aragorn. Il sentait qu'il pouvait, peut-être pour la première fois, s'abandonner aux mains de quelqu'un, sans craindre que des coups, moqueries, railleries ne s'ensuivent de la part de cette personne. Le pourrait-il réellement ? Goûter à cet abandon ? N'était-ce pas une autre illusion ? Aragorn ferma aussi les yeux, comme si le contact de leurs fronts allait leur permettre d'échanger leurs pensées sans parler. Pensée futile, un peu amusante, mais qui lui montrait bien ce qu'il voulait : que Legolas se confie à lui, lui fasse assez confiance pour se reposer un sur lui et lui montrer son vrai visage. Il savait que cela ne se fera pas en un jour… Qu'il ne faudrait pas le brusquer… Et il maudit silencieusement Thranduil.
Legolas demeura encore quelques secondes comme cela, puis s'écarta comme à regret d'Aragorn, murmurant qu'ils fallaient qu'ils continuent sur le chemin. Mais Aragorn remarquait bien que Legolas ne le fixait pas dans les yeux, comme s'il avait soudain honte de s'être laissé aller, ou avait peur que rien n'eut été vrai. Aragorn lui serra brièvement le bras pour le réconforter et fut ravi de voir que le regard de l'elfe croisait enfin le sien, avant de rejoindre les autres.
Frodon se retourna pour faire face à la bise à nouveau. Il s'était retourné plus tôt pour voir où était Aragorn et avait assisté au spectacle. Il avait eu peur qu'Aragorn voient qu'il les avaient vu et s'était rapidement retournés lorsqu'Aragorn avait marché vers les hobbits à nouveau. Frodon se sentait stupidement honteux. Comme s'il avait été un voyeur. Il savait que c'était de l'amitié pure entre l'elfe et le ranger. Mais ce qui le gênait, était le sentiment d'en être exclu, et le sentiment de s'être fourvoyé sur l'amitié que le ranger pouvait lui porter. Il serra inconsciemment l'anneau au travers de sa chemise et poursuivit sa route en silence.
Legolas demeura un instant immobile, puis reprit la marche lui aussi, demeurant à une quinzaine de mètres en arrière du groupe, perdu dans ses pensées sur Aragorn, sa mère, et son rêve. L'amitié d'Aragorn d'un côté, lui permettait d'oublier l'apocalypse qu'il voyait dans ses rêves. Et la perspective de passer la prochaine garde, non plus seul, mais en compagnie de peut-être la seule personne qui l'acceptait tel qu'il était, lui allégeait un peu les pensées. Il pourrait difficilement faire face à un nouveau rêve de feu.
Et pourtant, il avait le sentiment qu'il ne faisait que fuir une réalité qui se rapprochait de lui à grand pas. Mais qu'à cela ne tienne, il voulait une pause, il voulait pouvoir respirer un instant et goûter à un bref moment de paix. Il remarquait à peine le vent et le froid autour de lui. Gandalf, désormais en tête de file, passa un tournant de la corniche et pu voir le chemin qu'il leur faudrait faire pour la prochaine journée, avant que le chemin ne disparût derrière un autre pan de mur. Et il vit également des nuages sombres qui s'amoncelaient sur le sommet de la montagne. Il se tourna vers les autres.
« Nous devons nous dépêcher de passer le col et arriver sur l'autre flanc sans plus attendre. La tempête de neige sera bientôt sur nous ! »
En queue de file, et perdu dans ses pensées de cataclysme, Legolas entendit la voix de Gandalf, mais ne parvint pas à comprendre ce qu'il venait de dire. Il accéléra le pas vers Boromir.
« Q'est-ce qu'il a dit ? », lui demanda-t-il dès qu'il fut à deux mètres du guerrier.
Boromir se tourna vers Legolas, le vent dans ses cheveux blond foncés le gênait et il plissait les yeux contre les petits tourbillons d'air et de poussières. « Il dit de se dépêcher ! Que la grande tempête, elle vient ! », cria-il presque pour couvrir les mugissement du vent qui se levait avec plus de force.
Face à lui, Legolas parut étrangement calme, ses cheveux également malmenés par le vent. Son regard se fit lointain, presque triste. Il murmura juste « Je sais… », avant de reprendre lentement sa marche. Boromir le regarda passer devant lui, fronçant les sourcils. Pas très sur de savoir comment interpréter cette phrase énigmatique, retrouvant doucement son vieux sentiment de malaise…
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à suivre ;)
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Voilà ;-)
Désolée, je vous ai fait attendre longtemps, mais y avait pleeeeeein d'examens ch(…) à faire en Mai et Juin bosser sur mon film de septembre(et pour une fois, ça sera pas un Heroic Fantasy :p ). Mais ça ne veut pas dire que je réfléchissais pas à la manière dont vous ramener cette fic ;) (en réalité, cette nuit, j'ai même rêvé de la fin :p Fo dire que j'avais la musique type de la fin de cette fic qui a tourné en boucle toute la nuit :P Comment ça, moi maso :p )
Sorry pour celles/ceux qui voulaient de l'action, ceci était encore un trip psychologique, mais… quoi de mieux que quelques bonnes tortures de temps en temps ? ;-) Et puis, j'y ai laissé des petits indices ci et là pour la suite de l'histoire alors j'espère que vous m'en voudrez pas trop ;-) (et si vous m'en voulez quand même, bah prenez un ticket, et allez dans la file :D )
Ladindequichante:
merci pour la subtilité (lol) dans ta review et pour tes gentils commentaires ;) contente de
cette suite :)
Quistis: commeeeeeent
? des menaces ? ;) lol, non, mais merci beaucoup pour tes encouragements
Green-and-silver: bah you do very well
with french in your review, from what
I can read :) Which is all to your honor: French is a damn difficult
language to learn when you were
not born with the option :p
Laurence: vi il est fatigue ;) Et ça ne fait
que commencer en plus :p
Alane Chantelune :
bien vu ! ;) (elle va être là « pour quel point encore
? » :p ) tu verras dans les prochains chapitres, mais je peux déjà dire « bien
vu » ;)
Karina : merci pour les longues reviews :) C
clair que C pas évident pour les noms entre la VO et la VF. Surtout que j'ai la
VO avec moi (le bouquin) aors quand j'entends des « saquet » ou des « fontcombes »,
j'ai envie de vômir :p Je
devrais peut-être faire un lexique des noms et lieux, non :)
Gwendolen, Pixel, Nefra
: lol, merci beaucoup en tout cas
Bon ben à bientôt dans vos commentaires ou dans le prochain chapitre ;)
(fin de semaine prochaine, notez une nouvelle fic LOTR : « Entraînement ». Elle est finie, mais je la paufine avant de la publier ;)
Bises ;
:Roselyne
