Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi :,(... *reniflement tristounet*, mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic ^___^

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LA COMMUNAUTÉ DES ELFES
Chapitre Quatorze - Que les ténèbres soient !


Au moment même où la main de Legolas toucha l'épaule de la petite fille, il eut l'impression qu'elle passait au travers. Cette impression ne dura qu'un instant. Mais sa main passa réellement au travers... Comme si l'épaule avait été faite de sable... de poussière... ou de cendre... L'épaule prit une teinte grisâtre et se désagrégea en s'éparpillant dans l'air glacé. Il avait d'abord cru à de la cendre... Mais c'était un peu trop sombre et brillant pour être de la cendre.

Sa respiration se figea quand il réalisa ce dont il s'agissait.


" Pourquoi ne le laissez-vous pas aller en paix là où son âme est censée trouver le repos, Aragorn ? ". Aragorn ouvrit les yeux et les leva vers Boromir qui s'était accroupi contre le mur, non loin d'eux. Le ranger tenait toujours Legolas inerte contre lui et jeta un coup d'il vers le feu qui s'était fortement amoindrit. Il regarda rapidement vers l'extérieur par la fine ouverture de leur abri de fortune. Le jour s'était levé à nouveau, mais le temps ne se relevait toujours pas. La tempête soufflait toujours lugubrement à l'extérieur et le froid se faufilait dans la crevasse qui était leur refuge depuis plus de vingt-quatre heures maintenant. Les quatre hobbits étaient blottis contre Bill le poney et ne disaient mot. Gimli faisait mine de surveiller l'extérieur et Gandalf semblait plongé en de sombres méditations.

" J'ignore pourquoi il a fait cela ", continua Boromir, " mais peut-être est-ce le moment de respecter son souhait et de le laisser s'en aller, plutôt que de le retenir à une vie dont il ne veut plus... "

Aragorn serra les dents. Le discours de Boromir semblait juste, mais ô combien injuste. Legolas s'accusait d'un crime qu'il n'avait pas vraiment commis, et fuyait une vie qui n'avait été que haine et tourment pour lui, ignorant qu'il existait également autre chose dans la vie... S'il ne pouvait ramener Legolas maintenant pour le lui prouver... s'il baissait les bras et faisait ce que Boromir lui disait... il s'en voudrait toute sa misérable vie.

Et de plus, il avait l'impression que la véritable raison du discours de Boromir n'était pas si charitable qu'il voulait le faire croire.

Il craint l'elfe, réalisa le ranger en écarquillant légèrement les yeux. Il croit que l'elfe lui causera des ennuis... Il veut le voir mort.

Boromir surprit l'étincelle dans les yeux d'Aragorn et reprit rapidement, soulevant un sourcil : " Je tiens juste à vous faire remarquer, que quelqu'un qui s'ouvre les veines pour en finir, n'hésitera pas à recommencer plus tard. Vous qui êtes son ami, êtes-vous prêt à le voir souffrir s'il revient de ce côté ci du grand fleuve ? A le voir souffrir, le temps qu'il rassemble à nouveau son courage pour recommencer ? "

Boromir ne laissa pas le temps à Aragorn de répondre ; il se leva et s'éloigna vers l'entrée de leur 'abri', s'asseyant face à Gimli et faisant attention de ne pas ramener son regard sur le ranger et l'elfe. Aragorn baissa les yeux vers Legolas et sentit son cur se serrer. Il se souvint de la première transe spectaculaire de Legolas. Il avait eu l'impression de tenir un cadavre entre ses bras... Mais ce n'était rien comparé à l'aspect que l'elfe avait maintenant : il était encore plus pâle qu'avant. Les cernes sombres se creusaient sous ses yeux et ses lèvres étaient bleuies par le froid et le manque de sang.

Et il était horriblement froid...

Mais quelque part au fond de lui, son cur battait encore... Plus lentement... de plus en plus lentement...

Une idée terrible lui vint à l'esprit. Elle traversa le ranger comme un météore qui allume brièvement un incendie dans le ciel nocturne. Boromir avait-il raison ? Devait-il le laisser partir ? Si Legolas voulait à ce point fuir ses souvenirs, il était possible qu'il ne revienne pas totalement. Même si son corps se remettait à fonctionner, il se pouvait que son esprit soit à tout jamais fermé... Et qu'il traverse les prochains siècles sans savoir qui il était, ni où il était - encore moins pourquoi il vivait - et à regarder aller et venir les gens, simples silhouettes comme des arbres dans la brume.

Etait-ce cela qu'il voulait pour son ami?

Legolas était tombé en arrière, son dos presque contre le sol, et rampait à reculons pour s'éloigner du spectacle face à lui : le corps de la petite fille se désagrégeait, libérant une horde d'insectes gris qui grouillaient et vrombissaient, se répandant dans la cendre qui recouvrait l'ancien terrain de jeu... s'y mêlant... Seule la tête qui roula sur le sol demeura intacte. Ses yeux morts fixaient le ciel comme dans son premier rêve. Mais aucune main ne le montrerait à nouveau.

'Et de toute façon', se dit Legolas, respirant avec difficulté alors qu'il était toujours au sol, 'le feu dans le ciel s'est déjà produit, il est trop tard... '

Sur le sol, autour de la tête de la petite fille, les bestioles grouillaient toujours, leurs yeux accusateurs semblaient ne pas quitter Legolas un instant. Tout cela est ta faute, paraissaient-elles dire. Tu aurais pu la sauver, Legolas... Et quelqu'un de mieux que toi y serait arrivé sans problème !

Legolas se sentait prit d'un dégoût si violent qu'il frisait l'hystérie. Il se serait bien enfuis au loin, mais semblait cloué sur place, trop terrifié pour bouger un seul doigt, encore plus pour se lever et courir.

Et pour aller où, de toute manière ?

L'un des yeux de la petite fille jaillit de son orbite et retomba dans les cendres, comme une cuillérée de gelée de framboises. L'orbite vite vomit d'autres insectes grisâtres. L'elfe voulut hurler, mais aucun son ne sortit de sa gorge... Car à ce moment, il eut l'impression que le vent s'était brusquement levé et ressentit une présence derrière lui. Une présence terrifiante...

Il se retourna.

Aragorn regardait l'elfe dans ses bras. Il avait renoncé à être allongé sur le sol, estimant que la fine couverture ne pouvait pas les isoler du froid mordant qui émanait de la pierre sous eux. Il s'était adossé contre la paroi de l'abri, face au feu, et tenait Legolas dans ses bras, contre lui. Le visage de l'elfe était comme un masque, et Aragorn avait l'impression d'y lire une immense tristesse.

Le ranger leva les yeux et parcourut rapidement du regard le reste de la communauté. Et ce qu'il vit ne lui plut pas. Tous demeuraient silencieux, comme à une veillée funèbre, réalisa l'humain, et cette pensée le fit frissonner. Mais il y avait autre chose dans ces regards brefs qu'ils jetaient à l'elfe, non ?

De la pitié, mais aussi un reproche déguisé...

Cela faisait près de deux jours qu'ils étaient bloqués dans cette crevasse, rongés par le froid. Deux jours de retard sur leur mission... Tout simplement parce que l'un d'eux avait décidé de s'arrêter... Et qu'un autre parmi eux ne semblait pas enclin à accepter ce choix!

Depuis ces deux jours, Gandalf et Aragorn avaient tour à tour préparé des tisanes fortifiantes ou régénérantes avec des herbes dont même Sam - qui se disait jardinier et expert herboriste à ses heures - ignorait l'origine. Aragorn tenait habituellement la tête de Legolas dans le creux de son coude, lui faisant ingurgiter le liquide chaud en prenant soin à ce qu'il ne s'étouffe pas avec. Avec tout le sang qu'il avait perdu, il était impératif que l'elfe ne se déshydrate pas plus... Tout ce qu'il pouvait espérer était que les herbes qu'il lui donnait allaient permettre à son corps de régénérer assez de sang, et assez rapidement.

Hormis Gandalf et Aragorn, et occasionnellement Pippin qui s'était proposé - plein de bonne volonté - pour aller chercher la neige à faire fondre pour obtenir l'eau de la tisane, les autres demeuraient immobiles tout ce temps, ne cherchant pas à communiquer les uns avec les autres. Discuter dans ce qui ressemblaient de plus en plus à une chambre mortuaire et de moins en moins en un hôpital de fortune, leur coupait tout élan de discussion.

Bientôt, à force d'entretenir continuellement le feu, ils n'auraient plus assez de bois... Et ils étaient à une étape de la montagne qui voulait que, qu'ils continuent plus avant, ou qu'ils fasse demi-tour, cela leur prendrait plusieurs longues journées... Et sans feu, si ce type de climat se maintenait...

Les autres voyaient-ils l'elfe comme un poids mort à transporter ? Lui reprochaient-ils le fait d'être coincé dans cet endroit qui ne pouvait que de très loin s'apparenter à un abri ? Dans leur yeux, on pouvait lire par moment que si l'elfe avait choisit de mourir, hé bien qu'il assume ! Les autres ne devaient pas être mis en danger pour cette raison !

Aragorn secoua la tête et préféra ignorer ces regards. Peut-être était-il en train de devenir aussi parano que son ami d'enfance... Il resserra son étreinte autour de l'elfe en un geste protecteur, se souvenant de la transe dont Gandalf vait parlé, plus tôt... A une époque qui semblait maintenant remonter à plusieurs siècles en arrière. 'S'il est à nouveau prit par son rêve étrange, il est coincé là-dedans', fut l'horrible pensée qui assaillit Aragorn. 'Il est à la merci de ce qui s'y déroule parce qu'il n'a pas assez de force pour en sortir et se réveiller...'. Il serra un peu plus Legolas contre lui, comme pour le réconforter, pour lui dire qu'il n'était pas seul.

'Bien sur, jeune idiot', la voix au fond de lui avait presque le timbre parfois gentiment moqueur d'Elrond. 'Une belle intention... Il ère peut-être dans un monde de rêve, mais ce rêve lui parait aussi réel que la réalité dans laquelle tu te trouves... Et tu n'as pas la possibilité de communiquer avec lui. Ce qui veut dire que dans sa réalité à lui, il est seul face à ses démons! '

Aragorn regarda l'expression triste qui persistait sur le visage de l'elfe, se sentant lui-même gagné par un chagrin sans bornes. Mais il se refusait à verser des larmes. Il ne voulait pas montrer un instant de faiblesse ni de doute. Legolas allait revenir. Il était toujours revenu de ces transes. Il reviendrait de celle-ci aussi! Et maintenant qu'Aragorn savait ce qu'il avait traversé, il était hors de question d'abandonner sans combattre.'Je lui parlerai', se dit Aragorn, les mâchoires crispées tout en passant une main contre la joue froide de Legolas. 'J'arriverai à le sortir de son état... D'une manière ou d'une autre...!'.

'Mais oui, bien sur héritier d'Isildur', fit une voix amer et ironique au fond de lui. Et cette fois, la voix ressemblait curieusement à celle de Boromir. 'Sauf que parti comme c'est, votre prochaine conversation se fera via l'intermédiaire d'une planche ouija'.

A ce moment, Aragorn remarqua que quelque chose avait changé à propos de Legolas. Il fronça les sourcils et se pencha en avant, sentant un grand froid l'envahir...


Legolas cette fois parvint à hurler, mais son cri fut noyé dans le vacarme provoqué par la chose face à lui.

C'était une immense créature qui planait dans le ciel sombre. De grandes ailes qui ne battaient pas, mais soulevaient quand même des tourbillons de poussière et de cendre. Ses yeux brillaient comme deux soleils froids et étaient posés sur lui. Il lui semblait qu'il était baigné dans leur lumière cruelle.

On aurait dit un dragon gris, ou une wyverne, recouvert d'une armure métallique. La créature émettait un rugissement continu. Pendant un moment, Legolas garda l'espoir que tout cela ne fut qu'un spectacle auquel il assistait. Qu'il n'était pas vraiment là... Et que l'étrange wyverne était là pour quelqu'un d'autre.

Puis soudain, l'elfe fit quelque chose briller dans ce qui devait être la gueule de l'animal, et une lumière rougeâtre, aussi vive que le soleil jaillit dans sa direction. Legolas eut assez de réflexe pour se jeter un arrière, et un éclair vint frapper l'endroit où il se trouvait jute avant.

Plus de doute possible, c'était lui, la cible !

Legolas se lança sur le côté dans l'espoir de regagner l'abri dans la roche, dont il venait de se souvenir de l'existence... Mais il s'arrêta rapidement net au bout de quelques pas. Il était sur le plateau, et devant ses pieds se trouvait un nouveau vide avec un grand fleuve gelé loin en dessous. Et il n'y avait plus d'abri...

Il fut distrait un instant par cette disparition, et ce fut tout ce dont la wyverne eut besoin. Elle réitéra une nouvelle attaque et avant que Legolas n'ait eu le temps de bouger, l'elfe sentit une brûlure et une douleur intense dans son dos. L'instant d'après, il voyait la lumière rouge sortir de son ventre. Il venait de se faire transpercer...

Rapidement, il n'y eut plus que la douleur dans son monde ; il perdit l'équilibre et tomba en avant, tête la première vers le fleuve de glace. Dans les bribes de conscience qui lui restait, il réalisa qu'un impact tête la première, le tuerait sûrement.

Mais il traversa la glace en ressentant à peine le choc - il entendit plutôt le bruit de quelque chose qui se brisait et ne su dire s'il s'agissait de la glace ou de son propre crâne - et sentit l'eau froide et sombre le saisir. Au moins, la sensation de brûlure disparut.

Il réalisa alors que le choc avait probablement été pire que ce qu'il avait pensé au début. Il avait l'impression que tous les os de son corps s'étaient brisés en traversant la couche de glace. Il voulut hurler de douleur, mais l'eau glacée s'engouffra dans ses poumons. Et essayer de tousser cette eau ne fit qu'en amener de plus en plus.

Legolas commençait à voir des points noirs devant ses yeux.

J'ai mal
Tu veux vraiment remonter ? C'est un monde mort là-haut... Et puis il y a la wyverne...
Vaut-il mieux que je meure ?
Oui, peut-être que c'est mieux... Il suffit juste que tu attendes ici... Juste un peu... Ce sera bientôt fini...

Et des points noirs commencèrent à s'assembler de plus en plus pour lui brouiller la vue...

Aragorn demeura un instant pétrifié. Il venait de remarquer un détail qui lui donnait l'impression que son propre corps était envahi par un grand froid et était paralysé. Depuis le début de sa surveillance sur l'elfe, le ranger avait remarqué la façon presque imperceptible qu'il avait de respirer. A plusieurs reprises, Aragorn avait sentit la panique le gagner devant l'apparente immobilité de l'elfe, le soulèvement de sa poitrine à peine perceptible à l'il nu.

Mais à chaque fois, il avait sentit entre ses bras l'elfe aspirer une nouvelle bouffée d'air, lentement, mais sûrement.

Seulement, il réalisa que depuis un moment, il n'avait plus ressentit ce mouvement. Il se frappa mentalement. Depuis combien de temps exactement ? Comment avait-il pu laisser passer un détail aussi important ? La fatigue ne pouvait pas tout excuser ! Il amena le dos de ses doigts près du nez de l'elfe, et attendit...

Il attendit tandis que défilaient les secondes - deux, cinq, puis dix - incapable d'admettre que les prévisions de Boromir pouvaient se révéler juste... Incapable d'admettre qu'il avait faillit à l'elfe... Qu'il n'avait pas réussit à le ramener cette fois...

Que l'elfe était finalement parti...


" Legolas ? "


[A suivre]


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Hé oui, je sais qu'il y a eu un certain laps de temps entre le chapitre 13 et 14, mais j'étais coincées entre des examens d'une part, et des tas d'emm(... )rdes d'autre part... ^^;

Mais voilà, le côté rassurant, c'est que le chapitre 15 est presque terminé, donc ne devrait pas prendre beaucoup de temps à être publié :) Ca c'est la bonne nouvelle...

La mauvaise nouvelle, c'est que je n'ai plus accès à internet depuis mon PC (je suis en pourparlers pour récupérer une connection à mon studio d'étudiant ;) ). Je vais devoir faire un passage-éclair à la fac pour poster ce chapitre sur ff.net, ce qui fait que ... Je ne sais pas regarder et répondre aux reviews que vous m'avez envoyées :'(... Avant je les recevais directement dans ma mailbox, mais pendant plus d'un mois, ce service de FF.net n'a pas fonctionné du tout... :( (d'autres auteurs/teuses ont vu le même phénomène ?).

Mais rassurez-vous, toutes les réponses aux questions et commentaires que vous m'avez envoyé pour le chapitre précédent, seront publiées à la fin du prochain chapitre :) Mirci tout plein en tout cas pour vos reviews ^___^ Elles m'ont fait chô au cur dans ce monde cruel... ;)

*reniflement bruyant*

A pluche, au prochain chapitre :,)

Bises... :*

::Roselyne::