Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi ,(... reniflement tristounet, mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic

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LA COMMUNAUTÉ DES ELFES
Chapitre Quinze - Dans la lumière


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Les autres furent sortis de leur torpeur par Aragorn en train de hurler le nom de Legolas. La plupart d'entre eux eurent alors une curieuse impression de déjà-vu. L'impression d'être projeté quelques jours en arrière, quand tous ces cauchemars et la tentative de suicide de l'elfe, n'avaient pas eu lieu.

Mais l'impression fut vite balayée. Les bandages qui enserraient les bras de Legolas étaient suffisants pour leur rappeler les derniers événements. Et devant l'attitude toujours aussi inerte de l'elfe, et celle frôlant l'hystérie du ranger, ils comprirent ce qui venait de se produire. Frodon, qui mit un peu plus de temps à comprendre, réalisa lorsqu'il vit l'expression peinée de Gandalf alors que le vieux magicien fermait les yeux et détournait le visage…

L'elfe venait de décider quelle voie suivre. Il avait franchi la porte…

'Enfin, on va pouvoir reprendre notre route', fut la pensée de Boromir avant qu'il ne se donne une claque mentalement. N'empêche que ça arrangeait bien ses affaires, cette mort. Il n'avait même pas eu à se salir les mains. Il se dit que toute choses considérées, il aimait bien cet elfe !

Outre Boromir, les autres à ce moment ne purent s'empêcher de ressentir comme une perte accompagnée d'un sentiment d'irréalité. Tous pouvaient ne pas nécessairement porter l'elfe haut dans leurs cœurs, c'était quand même l'un de leur compagnon ! Et le premier des neuf à tomber…

Mais c'était sans compter Aragorn.

Le ranger avait cessé de secouer Legolas en l'appelant pour tenter de le réveiller. Il tentait de lui insuffler de l'air dans ses poumons gelés, appuyant par moment de ses deux mains, tout son poids sur sa poitrine frêle. Une technique qu'il avait apprise durant ses longues années d'errance dans les terres du milieu. Une technique qui parfois marchait… mais souvent échouait.

Aucune des hobbits ne bougeaient. Ils étaient pétrifiés sur place. Comme s'ils avaient peur que le fait de bouger ne fasse exploser comme du cristal le fin pont de chance pour que l'elfe revienne.

Et surtout, aucun ne savait quoi faire à un moment pareil. Et comme Aragorn avait l'air de savoir ce qu'ils faisaient…

Ce qui leur sembla être une éternité passa. Aragorn s'acharnait toujours sur Legolas en hurlant son nom, et en appuyant par moment sur sa poitrine, ou lui insufflant de l'air par la bouche. Les sept autres membres de la Communauté de l'Anneau se sentaient un peu laissé sur le côté. Comme s'ils assistaient à une scène qui n'avait pas vraiment lieu, avec deux personnes qui ne pouvaient pas les voir.

Gandalf fut le premier à sortir de cette torpeur dans laquelle ils étaient tous plongés. Contrairement aux hobbits, il avait déjà vu de nombreux morts. Mais rares étaient ceux aussi proches que Legolas. Il posa une main sur l'épaule d'Aragorn.

" Aragorn, arrête… ".

Aragorn se retourna un moment vers Gandalf, mais refusa d'admettre ce que le vieux magicien essayait de lui dire. Il n'abandonnerait pas Legolas ! Pas maintenant ! Pas alors qu'il lui avait dit qu'il était son ami et qu'il serait là pour lui! Le ranger se dégagea violement de la main de Gandalf et appuya à nouveau sur la poitrine de Legolas, essayant de reproduire le mouvement de respiration qui ne se faisait plus depuis peut-être trop longtemps. Il sentait le poids du regard des autres sur lui, mais préféra les ignorer, s'acharnant sur l'elfe sans voir les minutes qui s'écoulaient inexorablement.

Après un moment, il fut prit d'un vertige et partit en arrière, essayant de reprendre sa respiration. Le poids du regard des autres pesait sur chacun de ses mouvements. Il aura voulu les éloigner tous… tous !

" Aragorn… ", commença alors Gimli d'une voix qui sembla étrange aux oreilles du ranger. Une voix différente de sa voix bourrue et rauque, toujours en colère. Ce fut suffisamment frappant pour que le ranger leva les yeux vers le nain. " Quoi ", hurla-t-il presque sur le ton tu-ne-vois-pas-que-je-suis-occupé-à-quelque-chose-d'important ?

Mais il croisa le regard fixe et…. triste… de Gimli.

" Laisse le partir… "

Malgré la haine qu'il disait manifester à l'égard des elfes, le nain semblait demander de la miséricorde pour un être pour qui la vie ne représentait qu'une suite de malheurs et de calamité. Le nain semblait ressentir de la pitié pour son ancien ennemi. Le ranger regarda alors autour de lui, et vit le même type de regard chez les autres membres de la Communauté. Cela fit l'effet d'un courant d'eau froide sur Aragorn. Il sentit la force et la volonté qui l'habitaient encore un moment plus tôt, l'abandonner. Il retomba lentement assis, fixant toujours le visage inerte de Legolas. Inerte et si triste. Le ranger sentit lui-même une grande tristesse l'envahir, comme si quelque chose se tordait et se déchirait en lui.

J'ai échoué…

" Non…. ". C'était plus un murmure rauque qu'un son réel, mais tous l'entendirent. Ils leur semblait que le vent au dehors ne leur parvenait plus que comme un son étouffé.

Pour les hobbits, c'était la première fois qu'ils faisaient directement face à la mort d'un proche, et même pour quelqu'un d'aussi hargneux que Sam, qui avait longtemps souhaité que Legolas quitte la communauté pour ne pas peser sur les problèmes déjà existant des autres… réaliser que la source des tracas récents de son maître et ami, était réellement parti… Et pour de bon… Beaucoup parmi la communauté, à ce moment là, ressentirent une certaine culpabilité, un regret.

Et Frodon, à nouveau, fut persuadé que d'une certaine manière, l'anneau qu'il portait avait contribué à la mort de Legolas… et que d'autres suivraient. Inconsciemment, il porta la main au métal froid qui pendant au bout d'une chaîne à son cou. Le hobbit tourna la tête un instant et vit Pippin pleurer sur l'épaule de son cousin. Merry lui essayait de demeurer impassible, était celui des deux toujours habitué à jouer les durs. Mais Frodon décelait de la souffrance dans son regard fixe.

Gandalf avait doucement mais fermement refermé la main autour du bras d'Aragorn essayant d'attirer et de maintenir son regard. " Tu n'as pas à te sentir coupable, dunedain… ", dit-il d'une voix dont le tremblement était mal caché. Voir la mort d'un premier né n'était pas courant, et rarement une source de joie. " Tu as fait tout ce qui était en ton pouvoir… Mais cette mort, c'est ce que Legolas avait lui-même choisit… "

Aragorn ferma les yeux et prit une profonde respiration saccadée, il sentait les larmes monter à ses yeux et tentait - idiotement - de lutter contre. A quoi bon avoir l'air fort maintenant? Il revit alors très rapidement en mémoire des souvenirs qu'il partageait avec l'elfe.

Legolas, assis près du feu et lui montrant les cicatrices sur ses bras…
Tu as échoué

Legolas, perché sur un rocher, observant un groupe d'oiseaux noirs foncer dans leur direction…
Tu lui avais dit que tu serais là pour lui... Mais tu as échoué...!

Legolas au conseil d'Elrond, faisant face à Boromir…
Ils veulent te voir devenir Roi des hommes... Ils pensent que tu seras capable de renverser Sauron... Ha!

Legolas se battant à ses côtés contre une bande d'orcs errants près de Rivendell et s'amusant à compter qui des deux en abattrait le plus…
Ils te voient comme celui qui sauvera les peuples des terres du milieu de la menace mortelle...

Legolas, lui apprenant à se servir de dagues et d'un arc…
Et je crois que tu t'es un peu trop pris au jeu... Tu as voulu vivre avec l'idée noble que tu pouvais protéger et sauver les autres...!

Legolas, allongé près de lui près du feu, soufflant de l'air chaud dans son cou afin qu'il ne se refroidisse pas...
Mais qui es-tu donc, si tu ne peux même pas sauver UNE personne ? Si tu ne peux même pas sauver quelqu'un qui t'avait appelé à l'aide?

Legolas, près de la rivière, et fredonnant cette étrange chanson qu'il disait avoir oubliée…

Et à ce moment-là, ce fut pour Aragorn comme si une pièce maîtresse d'un puzzle se mettait en place. Il ouvrit les yeux.

" Non… Il ne veut pas mourir ", commença-t-il en fixant droit devant lui, son regard traversant Gandalf sans réellement le voir. Le ranger se rendait compte qu'il restait peut-être quelque chose d'important que Legolas n'avait pas révélé, ou avait oublié, tout prit qu'il était par sa culpabilité concernant Alek. Et il avait l'impression que cette chanson apparemment anodine, renfermait un autre secret… Un secret peut-être aussi important que ce qui concernait Alek.

" Il ne veut pas mourir ", répéta Aragorn, plus fortement, en faisant demi-tour sur lui-même pour faire à nouveau face au corps sans vie de Legolas. Frodon étouffa un cri en voyant Aragorn bondir, les deux poings levés et rassemblés, avant de frapper de toutes ses forces le sternum de l'elfe. Il ne s'y serait pas pris différemment s'il avait voulu lui casser une côte post-hume.

" Réveille-toi, Legolas "

Puis Aragorn dit quelque chose qu'aucun d'entre eux n'aurait pu comprendre. Quelque chose qui lui était venu en tête subitement, alors qu'une fois de plus ses pensées tournaient autour du fait que Legolas s'accusait injustement du meurtre de l'enfant de la caravane.

" Ce n'est pas ce que Alek veut "

L'elfe ne pouvait plus vivre avec ce souvenir. Mais si tout s'était passé tel que Legolas lui avait raconté, l'autre enfant savait que l'elfe avait été obligé de faire ce qu'il avait fait…

N'est-ce pas ?

Un enfant était capable de comprendre ça, n'est-ce pas ?

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Legolas flottait dans l'eau sombre et froide. Il sentait un sentiment de détresse et de tristesse l'envahir. Tristesse - sentiment si bien connu - pour les personnes qu'il pensait laisser derrière lui, et détresse pour ce qu'il ne comprenait pas, qu'il abandonnait derrière lui sans trouver d'explication… Mais bientôt, tout cela n'aurait plus d'importance…

'Legolas !'

Il fronça les sourcils. Aragorn ? Avait-il réellement entendu cette voix ? Ou l'avait-il imaginé ? Et par ailleurs, en parlant d'imagination… Les événements liés aux enfants, qu'étaient-ils ? Ne voulait-il pas savoir ? Ou préférait-il manquer à la demande d'Alek ? Ne voulait-il pas au moins comprendre avant de mourir ?

'Legolas !'

La voix d'Aragorn encore… ou du moins une voix imaginaire criante de vérité…

Aidez-moi !

Soudain, dans ce qui lui restait de son champ de vision, il vit une main percer la couche de glace et saisir son bras. Mais la main ne le remonta pas tout de suite, attendant quelque chose de sa part; Il fallait qu'il montre qu'il était encore vivant. Sinon la main le relâcherait et le laisserait s'enfoncer dans les profondeurs de l'oubli. Il se concentra. C'était sa dernière chance… Voulait-il la prendre, ou préférait-il retomber dans les ténèbres, sachant qu'il s'était lui-même condamné à errer dans les remords et les regrets ? Il avait tellement l'habitude de s'apitoyer sur son triste sors qu'il fut tenté par la deuxième solution.

'LEGOLAS !'

L'elfe ouvrit les yeux sur les ténèbres liquides face à lui et au prix d'un effort douloureux, il parvint à refermer sa main autour de ce bras secourable.

Aussitôt il se sentit tiré hors de l'eau, avec force et douceur. Il ferma les yeux. Il ne sentait presque plus le bras qui l'avait saisit, mais sentait qu'il était toujours tiré plus haut. Il sentit la lumière l'envelopper. Pas une lumière aveuglante comme lors de son premier rêve, mais une lumière douce et bienveillante. Une voix s'imposa à son esprit.

Oui, ce n'est qu'un rêve… Mais si tu meurs dans ce rêve, tout s'arrête.

Tout quoi ?

Tout ce qui a de l'importance…

Legolas ouvrit les yeux et regarda autour de lui. Il flottait dans l'air au dessus de la glace. Sous lui, il pouvait voir une ouverture révélant de l'eau noire qui venait par petites vagues lécher le pourtour gelé. Il leva les yeux. Quelqu'un se tenait dans la neige, en hauteur par rapport à lui, mais à la fois très proche de lui.

Une silhouette familière…

Lentement, il flotta jusqu'à cette silhouette, ses pieds se posant doucement dans la neige. Il se rendit compte alors qu'il n'avait plus mal. Il plissa les yeux pour voir qui se tenait face à lui.

Une silhouette féminine, avec de longs cheveux rouges et ondulés, et vêtue d'une longue tunique bleu clair et mauve foncé. Mais il ne pouvait pas voir son visage, car le soleil brillait dans le dos de la femme.

" N'oublie pas ta promesse, Legolas. "

Cette voix, il la connaissait…

"Je ne peux pas voir votre visage… Le soleil", il s'interrompit. Sa voix n'était plus la voix grave et douce qu'il connaissait, mais elle était flûtée et légère. Une voix d'enfant. A dire vrai, la femme le regardait en penchant la tête et Legolas regarda son corps, constatant qu'il avait de nouveau 10 ans. Un tout jeune enfant elfe.

" Legolas, j'aurais tant voulu t'emmener avec moi, loin de cette enfer… "

La femme se pencha vers lui et le prit dans ses bras, le serrant doucement et tendrement contre elle.

" Promets-moi d'être heureux, Legolas… "

Legolas demeura un instant pétrifié. Ce sentiment de déjà-vu, il ne pouvait dire s'il venait d'un autre rêve, ou de la réalité. Il avait l'impression que s'il forçait un peu les barrières de son esprit, il aurait la réponse à sa question… Mais que ce serait comme ouvrir la boîte de Pandores. Les conséquences d'un tel savoir seraient douloureuses à assumer.

Il ferma les yeux et rendit à cette femme son étreinte. Il voulait pendant un moment savourer cette tendresse, dans l'oubli total de ses tourments.

Il aurait voulu que le temps s'arrête.

Legolas fut engouffré dans une lumière blanche où tout disparut. Et il flottait. Heureux de ne rien penser. Heureux de ne rien craindre.

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A suivre

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Je suis vraiment désolée... Mais ce n'est pas encore cette fois (ce chapitre) où je pourrai poster les réponses aux reviews ;; Je n'ai pas la possibilité d'acceder aux reviews pour le moment, alors c'est poster le chapitre maintenant sans réponses, ou vous faire patienter trois jours de plus avant de poster ce chapitre... ;

(le choix que j'ai fait était le bon-) )

Ce qui veut dire qu'au prochain chapitre, il y aura quasi autant d'histoire que de réponses à lire, mais bon ;-)

J'ai réécrit le chapitre à certains endroits par rapport à ce qui était prévu initialement. Principalement en ce qui concerne Aragorn. Je voulais à la base poster ce chapitre samedi soir... Mais en quittant mon studio d'étudiant pour me rendre chez mes parents (et amener le linge de la semaine ; ), j'ai fait face à un événement un peu similaire à la situation d'Aragorn. Je conduisais quand j'ai vu une voiture garée de travers sur le côté de la route. Au début j'étais en pétard contre le conducteur qui se garait comme un cochon, mais en dépassant la voiture, j'ai vu que la personne avait la tête penchée en avant. Alors ou cette personne était en train de lire un truc pile au moment où je regardais, ou elle dormait, ou bien... J'ai pris la sortie suivante et suis revenue sur mes pas. En me garant devant la voiture en question, j'ai vu que la personne (un vieux monsieur) n'avait pas bougé. Après avoir frappé à la porte de la voiture (et n'obtenant pas de réponse), j'ai ouvert la porte et je l'ai appelé, puis secoué légèrement. Sans réaction de sa part, j'ai prit le pouls à la gorge, puis au poignet, pour constater que le coeur de cet homme était arrêté. J'ai réussit à joindre le 100 pour faire venir une ambulance, mais l'infirmière m'a demandé si je pouvais faire un massage cardiaque, le temps que l'ambulance arrive... Et là, je m'en suis voulue de ne pas avoir suivit de cours plus tôt :'(... Et j'ai été très mal pendant plusieurs jours. Et si je m'étais arrêtée tout de suite dès que j'avais vu la voiture, au lieu de prendre la sortie suivante pour revenir (10 minutes au total)...? Et si j'avais eu en plus la connaissance pour ranimer son coeur? La police et les infirmiers ont beau dire que ça n'aurait probablement rien changé, parce qu'on ne savait pas depuis combien de temps le coeur s'était arrêté, le mot clé est probablement. :(

J'ai été très mal ensuite en pensant que j'aurais peut-être pu le sauver, et empêcher la famille de ressentir la tristesse... Une grande claque à ma croyance que je peux aider les autres! ;

Voilà :( Je m'en suis un peu inspiré (de l'état mental) pour Aragorn, mais je trouve que ça ramène pas toute la tristesse voulue (ou peut-être est-ce parce que je suis trop crevée ces jours-ci, à force de plus dormir assez... ; ). A vous de me dire :'(...

A la prochaine... ,...

:Roselyne