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LA
COMMUNAUTÉ DES ELFES
Chapitre Dix-huit – Une étrange brûlure
Ils finissaient tous de s'installer pour la nuit. La grotte où ils avaient trouvé refuge aurait pu passer inaperçue dans les tourbillons de neige, si Boromir n'avait pas glissé de ce côté-là et repéré quelque chose de plus sombre sur la paroi rocheuse. Assez large à la base (surtout comparé à la fissure où ils avaient du résider pendant les jours où Legolas luttait contre la mort), elle se rétrécissait ensuite vers le fond, le plafond semblant rejoindre le sol, si ce n'était pour un trou plus sombre. Aragorn était parti en exploration avec une torche en main et son épée dans l'autre, afin de voir quel ennemi potentiel pouvait se cacher en cet endroit, mais il s'était rapidement rendu compte que le sol disparaissait sous ses pieds et sombrait dans des profondeurs insondables.
A moins que quelque chose n'escalade la paroi de ce précipice, ils n'avaient probablement rien à craindre de ce côté-là.
Le mot clé était " probablement " et l'esprit sombre d'Aragorn ne pouvait totalement trouver le repos. Il revint sur ses pas vers le feu que Boromir avait réussit à allumer avec l'aide (ou l'entrave) de Merry. Non loin de là, Legolas gisait sur une couverture, dos à plat, et les yeux fixant le plafond de la grotte. Il avait l'air perdu dans ses pensées, mais son visage demeurait sans expression.
Aragorn n'aimait pas ça. Ces derniers temps, il n'était pas bon de laisser Legolas trop penser. Cela pouvait mener à des catastrophes.
Pippin s'approcha de l'elfe et s'accroupit près de lui. Il demeura silencieux jusqu'à ce que l'elfe ne puisse plus feindre d'ignorer le poids de son regard et tourna les yeux vers le jeune hobbit.
" Oui, Pippin ? "
La voix de l'elfe était rocailleuse et épuisée, elle semblait venir de très loin. Son visage était toujours très pâle et ses traits étaient tirés. Des cercles sombres soulignaient ses yeux et ses lèvres paraissaient aussi desséchées que du parchemin. Pippin pencha la tête sur le côté.
" Tout ce qui est arrivé ", commença-t-il en un murmure, comme si l'elfe et lui allaient partager un secret, " c'est à cause de tes cauchemars, c'est ça ? "
Legolas demeura silencieux un moment, puis acquiesça. Nul besoin d'inquiéter le jeune hobbit avec des détails sombres et lourds à porter. Si Pippin pouvait croire que son esprit suicidaire était du à des cauchemars qu'il ne pouvait supporter Tant mieux pour lui. Parfois l'ignorance était un don. Comment les hobbits le verraient-ils s'ils savaient qu'il avait assassiné un enfant - même sous la contrainte ?
Pippin le regarda encore un moment, une expression grave sur son visage, mais Legolas ne sut deviner où les pensées du hobbit le menaient, puis il hocha de la tête en signe entendu et s'éloigna de l'elfe, en direction des autres hobbits.
'Très bien, fais ton rapport', pensa Legolas. 'Tu as approché l'elfe maudit et est reparti sain et sauf Tout le monde n'est pas aussi chanceux'
Il reporta son
attention sur le plafond rocheux. O combien il pouvait détester le roc
! Il avait l'impression que s'il restait trop longtemps à le regarder,
il pourrait sentir de la sueur ruisseler dans son dos et que peu de temps après,
(Laissez-moi sortir ! Père, laissez-moi sortir d'ici !)
il se mettrait à hurler et effrayer la Communauté de l'anneau
à nouveau.
Aragorn s'asseyant à côté de lui le tira de ses pensées. Il tourna un faible sourire vers le ranger avant que la culpabilité ne le gagne à nouveau face au regard plein d'inquiétude de l'humain.
" Je vais changer tes pansements, Legolas ", fut tout ce que le ranger lui dit. Son ton était doux, mais semblait n'être qu'une façade cachant ce qu'il pensait réellement, comme si un millier de questions se pressaient dans son esprit. Le regard de Legolas s'assombrit un instant et il acquiesça de la tête, détournant le regard quand Aragorn commença à retirer avec précaution les bandages de son avant-bras gauche. Il dut réprimer un gémissement de douleur en sentant le tissu, qui avait accroché à sa plaie, être retiré. Il se sentait faible, à la fois physiquement et moralement.
Aragorn dut le percevoir, car il engagea la conversation, autant pour s'informer que pour éloigner l'attention de l'elfe des soins dont il était l'objet.
" De quoi parlais-tu tout à l'heure ? ", commença-t-il, " ou plutôt de qui ? "
Devant le regard étonné que lui jeta l'elfe, il précisa. " Tu as hurlé à propos de quelqu'un qui venait d'arriver, qui t'avais trouvé "
Le regard de Legolas ne perdit pas son étonnement, il cligna juste une seule fois des yeux, fronçant légèrement les sourcils. " J'ai hurlé ? Quand ? "
Aragorn se demanda si Legolas ne se souvenait effectivement pas de sa crise de quelques heures plus tôt, ou s'il voulait juste éviter le sujet. Devant le regard rempli d'innocence et d'honnêteté de l'elfe, il opta pour la première solution.
" Très bien ", murmura-t-il, résolu cependant à profiter de la moindre occasion pour questionner l'elfe autrement et pour l'aider à extraire ses étranges souvenirs. Le ranger demeura un instant silencieux tout en essayant - sans infliger de douleurs supplémentaires - de retirer le bandage mis de toute urgence quelques jours plus tôt. Legolas ferma les yeux sous la pointe de douleur qui le traversa. Aragorn leva les yeux vers son visage. " Désolé "
Legolas ouvrit à nouveau les yeux vers le plafond, et Aragorn y vit une souffrance qui n'était plus physique.
" Nay, Aragorn.
Im tanya hiraetha "
(Non, Aragorn, c'est moi qui suis désolé)
Aragorn suspendit son mouvement et regarda Legolas un moment. " Désolé pour quoi ? ".
Legolas demeura un instant silencieux puis prit une respiration qui lui parut douloureuse d'après l'expression qui traversa son regard. Il évitait soigneusement de fixer le ranger.
" Je suis désolé ", commença-t-il. " Je t'ai appelé à l'aide J'ai déversé en toi mes souvenirs et mes souffrances et j'ai tenté de mettre fin à mes jours sans te laisser l'occasion de m'en empêcher "
Aragorn voulut parler, le rassurer, mais Legolas l'en empêcha d'un bref mouvement de la main gauche. Il ne voulait pas perdre l'occasion et le courage de parler et de réparer sa faute. " Je n'ai pensé qu'à moi Je n'ai pas réfléchi que tu allais vivre avec le remords de n'avoir rien pu faire Avec la pensée que tu m'avais failli "
Il se tourna vers Aragorn.
" Tu ne m'as pas failli *Je* t'ai failli Et tu as tout à fait le droit de me haïr après ce que je t'ai fait"
Aragorn demeura un instant silencieux. Haïr Legolas ? Qui pourrait le haïr sachant ce qu'il avait enduré ? Il avait plutôt l'envie de le protéger contre le monde que de le haïr La manière dont Legolas présentait la chose actuellement l'aurait peut-être effleuré si l'elfe était réellement mort Mais pas avant de longues années Quand la douleur aurait été amoindrie par le temps et que serait arrivé le moment de se trouver des excuses pour continuer à vivre.
" Je n'ai aucune haine pour toi, mellonamin ", dit Aragorn après un moment. " J'ai une idée désormais de l'enfer que tu as traversé mais je ne peux totalement me mettre à ta place car ces horreurs, je ne les ai pas vécu. "
Legolas ferma les yeux douloureusement et Aragorn eut une fois de plus l'impression que Legolas lui cachait quelque chose Ou plutôt, qu'il lui avait caché quelque chose dans son récit au sujet de la caravane humaine et d'Alek.
Legolas ouvrit les yeux, fixant toujours le plafond. " Tu sais Aragorn, ce n'est pas tant de vivre dans l'enfer ", commença-t-il après un moment. " Car quand on est enfant, on s'habitue à tout sans se poser de questions C'est de se rendre compte un jour de ce qu'on a manqué et ton amitié pour moi est douloureuse, Aragorn Elle me fait voir tout ce que j'ai manqué "
Cette remarque, bien qu'un remerciement, fut douloureuse pour Aragorn et il serra brièvement la main de Legolas, ne sachant quels mots utiliser. Car aucun mot n'était nécessaire Il crispa les dents, car il lui restait un niveau de bandage à retirer et il n'était pas sur que l'opération ne serait pas sans douleur pour son ami. Il décida de changer pour un moment, de sujet de conversation.
" Qui est Kiryeh ? ", dit-il d'une voix qu'il essayait de garder neutre, bien qu'il sût qu'il touchait peut-être là un autre point sensible de l'elfe. Il en eut confirmation dans le regard que l'elfe jeta au plafond. Mentalement il égrenait les secondes qui s'écoulaient.
La question avait pris Legolas au dépourvu, et eût-il été en pleine possession de ses moyens qu'il se serait contenté de tourner vers Aragorn un regard innocent tout fabriqué, niant d'avoir la connaissance d'un tel nom.
Kyrieh Il y avait si longtemps qu'il n'avait pas entendu ce nom prononcé par quelqu'un d'autre que lui.
Llyrandael, ne peut-on pas galoper moins vite ? J'ai peur que Kyrieh ne puisse nous rattraper. J'ai oublié de lui dire que je l'aime beaucoup
Non, tout cela n'avait été qu'un rêve ! Llyrandael lui-même avait nié cette conversation.
Et puis, dis-toi
bien, Legolas. Toute cette histoire ne pouvait pas tenir debout.
Elle pouvait !
Que quelqu'un veuille te tuer, ça c'est plausible Mais que quelqu'un
soit amical avec toi
La ferme !!!!
Aragorn attendait la réponse de Legolas tout en essayant de retirer le
dernier niveau de bandage du bras de l'elfe. Il s'y prenait avec précautions
car la plaie et le tissu ne faisaient presque plus qu'un.
" Ce n'était qu'un rêve ".
La voix de Legolas était tellement faible qu'elle faillit passer inaperçue aux oreilles du ranger. Il souleva un sourcil dans sa direction. Le regard de l'elfe était à nouveau lointain, comme s'il se remémorait ce dit rêve. Aragorn sentit que c'était peut-être le bon moment pour le pousser un petit peu.
" Parle-moi de ce rêve, Legolas "
Aragorn crut voir Legolas grimacer légèrement à cette remarque, comme s'il se disait : Voilà qu'il recommenceC'était comme si l'elfe avait du essuyer plusieurs fois ce genre de questions.
Le silence se prolongeait alors qu'Aragorn avait finit de retirer les bandages du bras de Legolas et inspectait ses plaies. Comme il s'y était attendu, elles n'avaient pas régénéré. Elles avaient à peine cicatrisé. Il étouffa un soupire et tâta de la main vers une fiole contenant un onguent cicatrisant qu'il appliquerait - à nouveau - sur la plaie, doutant désormais de ses chances de réussite. Au dehors, le vent mugissait, transportant de lourds flocons de neige, taquinant de temps à autres les flammes, comme s'il pouvait à tout moment les éteindre à son bon vouloir.
Et Legolas demeurait silencieux. Aragorn détestait ça ! Comment pouvait-il l'aider, si l'elfe ne manifestait pas la moindre bonne volonté à cela ? On aurait dit que l'elfe se complaisait dans la tristesse et la culpabilité. Pourtant, il y avait des moments où il se montrait plus bavard qu'à d'autres. Aragorn essayait de penser à une stratégie qui lui permettrait de le faire sortir de son mutisme, quand ses yeux se posèrent à nouveau sur l'avant-bras gauche de l'elfe.
" Qu'est-ce que ", commença-t-il en un souffle.
Legolas cligna des yeux et fixa la neige entre eux pendant une seconde, se demandant ce qui avait éveillé la curiosité du ranger. Non, ce n'était pas de la simple curiosité. Il y avait dans sa voix cette pointe de suspicion, d'étonnement et d'inquiétude. Legolas regarda brièvement le bras que le ranger tenait dans ses mains. D'où il était, il ne voyait - à contre cur - que la plaie qu'il s'était infligée. Pourtant ce n'était pas cette blessure que Aragorn semblait fixer de son regard vif. Legolas fronça légèrement les sourcils, puis vit où les doigts du ranger se posaient.
Aragorn était surprit par une cicatrice qu'il n'avait pas encore aperçue jusqu'à présent, et qui se situait sur la partie extérieure de l'avant-bras de l'elfe. Sans la lueur des flammes de leur petit feu, il ne l'aurait pas vue. Il l'examina attentivement, faisant appel à toutes ses connaissances de guérisseur.
Il s'agissait d'une trace de brûlure. Mais à l'opposé des traces habituelles de brûlures, laissant généralement une forme chaotique, celle-ci était composée de fines striures parallèles. Trop nettes pour être une brûlure faite par un tison ou une arme enflammée. Aragorn n'avait jamais rien vu de tel. C'était comme si quelqu'un avait enflammé une lamelle de fer très fine et l'avait posé sur le bras de Legolas en la déplaçant de quelques millimètres entre chaque contact.
Comment l'elfe aurait pu endurer un tel traitement sans même bouger assez pour que les lignes ne puissent plus être d'un parallélisme si précis ?
Aragorn examina la cicatrice avec plus d'attention. C'était une ancienne plaie. Aussi étonnant que cela puisse lui sembler, on aurait dit que la cicatrisation avait suivit son cours normal pour un elfe, puis s'était à un certain moment arrêtée ou fortement ralentie.
A un certain moment, Legolas avait cessé de vouloir vivre
La clef de l'énigme était-elle dans cette brûlure ?
" Legolas ", commença-t-il, et il se rendit compte alors que sa voix était beaucoup plus tendue qu'il ne l'aurait voulu. " Cette blessure D'où vient-elle ".
Legolas portant alors son regard sur la brûlure, puis fronça les sourcils. Aragorn y lit de la souffrance, de la peur, de la tristesse. Oui, Legolas savait très bien d'où elle venait L'elfe serra les dents et renversa sa tête en arrière en fermant les yeux, comme s'il allait pleurer. Il lui semblait qu'une boule se trouvait dans sa gorge et l'empêchait d'avaler ou de respirer normalement. Aragorn tenait toujours le bras de l'elfe et le regardait intensément, comme s'il pouvait fouiller sa mémoire et en extraire l'information dont il avait besoin.
" Je ", l'elfe était hésitant, le regard toujours lointain avant de souffler en un murmure, " pourquoi tout revient en même temps ?!". Cette question était plus adressée au valar qu'au ranger, ou à lui-même. Mais Aragorn l'avait entendue. C'était comme un murmure de désespoir et de rage contenue. Puis l'elfe ouvrit des yeux clairs.
" Je ne me souviens pas "
Aragorn prit une profonde respiration et serra les dents. " Si tu ne m'aides pas, Legolas, je ne pourrais pas t'aider.. ". Legolas fronça les sourcils, comme si le ranger était un moustique ennuyant qui persistait à lui pourrir une nuit sereine.
Promets moi d'être heureux
Pourquoi tous les événements semblaient décider de se manifester le même jour ? Ses souvenirs étaient mis à rude épreuve. Qui aurait pensé qu'en étant loin de Mirkwood, son état empirerait ? Pourquoi tout semblait se rassembler ? Il sentait les prémices d'une migraine l'assaillir Car la réponse qu'il allait donner à Aragorn était on ne pouvait plus stupide
" Je ne sais plus Aragorn ", dit-il en portant sur le ranger un regard fatigué. " Je ne sais plus comment j'ai eu cette blessure ". Il fit une pause, ses yeux se perdant dans le lointain. " La seule explication que j'ai est tellement ridicule "
Il demeura silencieux un moment, et Aragorn fut à deux doigts de le relancer, mais s'abstint de justesse. Legolas revivait une situation. S'il avait envie de parler (et il l'aurait cette envie, de gré ou de force), il le ferait. En regardant le visage de l'elfe, l'humain y vit ce que Gandalf avait décrit plus tôt. De la mélancolie, de la profonde tristesse Non, une joie triste C'était les mots que Gandalf avait utilisés, et ils sonnaient on ne pouvait juste.
Legolas ouvrit les yeux vers le plafond de la grotte et fit un sourire triste d'excuse. " Mais tout cela n'était qu'un rêve Une histoire que je me suis inventée "
Promets moi d'être heureux
" Car personne n'aurait pu être gentil avec moi à ce point ". Sa voix se fit tremblante. Il serra les poings et ferma les yeux à nouveau. Aragorn enserra la main de l'elfe dans ses deux mains, ignorant le regard sombre que Frodon jetait dans leur direction par delà le feu.
Legolas sentait la tristesse en lui faire comme un nud. Un nud qui grossissait et grossissait menaçait de l'étouffer Et il n'osait pas parler, il n'osait pas extraire ce nud de lui.
" Ca va te tuer, tu le sais ? ", dit doucement Aragorn. Legolas plissa des yeux, le nud était devenu douloureux, très douloureux. Le ranger posa une main sur son épaule. Legolas tressaillit au contact.
" Que ce soit un rêve, une histoire que tu t'es inventée ou la réalité ", commença-t-il doucement, " veux-tu la partager avec moi, mon ami ? ".
Il sut que l'appellation " ami " avait frappé Legolas suffisamment pour l'extraire de son mal. L'elfe ouvrit des yeux clairs et fixa le plafond de la grotte pendant un silencieux instant, puis tourna légèrement la tête vers le ranger, un sourire fatigué sur ses lèvres et les yeux rougis.
" Une histoire ", commença-t-il, " une histoire que j'ai du m'inventer dans mon enfance, comme bon nombre d'enfants font Certains disent qu'ils ne sont pas qui ils sont, mais qu'ils sont les enfants cachés d'un grand roi et d'une grande reine, et qu'ils ont été enlevés à leur naissance, mais qu'un jour, leurs parents viendront frapper à leur porte en pleurant, et en s'excusant de ne pas les avoir trouvés plus tôt ", il eut un petit ricanement triste. " hé bien moi, fils de roi, je souhaitais plutôt l'inverse ".
Il regarda ses mains, " je souhaitais juste que quelqu'un m'aimât ". Et il dut fermer rapidement les yeux pour empêcher les larmes de couler. Il respira profondément plusieurs fois en une vaine tentative de se calmer. Puis il rouvrit les yeux et regarda la brûlure à son bras.
Il demeura silencieux pendant un long moment. Si long que Aragorn crut qu'il avait perdu le fil de leur discussion. Le ranger voulait en savoir plus sur ce rêve, même si cela pouvait paraître complètement fou. L'étrangeté de la blessure, et le fait que ce rêve semblait chargé de tellement d'émotion pour l'elfe, faisait comprendre au ranger que peut-être que c'était important pour Legolas. Et puis, il était curieux. Comment Legolas allait-il expliquer la netteté de cette brûlure ? Peut-être qu'au travers du 'rêve' de l'elfe, ce dernier allait donner des indications au ranger sur qui était le véritable coupable dans la Maison de Thranduil.
" As-tu déjà fait le genre de rêve, Aragorn ", la voix de l'elfe, si étrangement calme vu les circonstances, troua le silence. " où tu affrontes un ennemi, et quelque soit la manière dont tu le frappes, ou qu'importe le nombre de coups que tu lui donnes, il ne meurt pas ? Il encaisse les blessures, mais se relève toujours comme si de rien n'était ? "
Aragorn fut surpris par la question, se demandant si Legolas ne cherchait pas à éluder sa propre question. Puis il se rendit compte que l'elfe parlait d'un rêve, LE sujet favori ces derniers temps. Le ranger se tut donc et le laissa poursuivre après une approbation de la tête.
" C'est
apparemment typique chez les humains ", poursuivit l'elfe, fixant toujours
le plafond, avec une légère lueur d'ironie dans le regard. "
Les elfes font plutôt des songes éveillés, ou rêvent
de choses douces et poétiques... Mais pourtant j'ai fait un tel rêve
bizarre Peu de temps après ce qui s'est passé --"
(dans l'endroit sombre)
" --avec la caravane humaine "
Il tourna à nouveau la tête vers le plafond de la grotte, ses cheveux sous lui semblant faire une auréole dorée autour de sa tête. Aragorn lui tenait toujours la main. Il avait toujours le sentiment que Legolas lui cachait quelque chose Mais pour le moment, il se contenterait de ce que l'elfe lui dirait. Il sentait lui aussi les prémice d'une migraine venir en lui. Il se rendait compte que s'il n'écrivait pas à chaque fois qu'il avait l'impression que l'elfe lui dissimulait un événement, il finirait rapidement par oublier une bonne vingtaine de questions à lui reposer.
" Je voulais tellement partir de cet endroit ", commença Legolas. " Fuir, quitter cet enfer était la seule chose qui m'importait Cela hantait même mes rêves "
Il marqua une pause et prit une profonde respiration. Aragorn sut qu'il était sur le point d'entendre quelque chose qui l'aiderait à mieux comprendre son ami. Quelque chose de capital.
" Un jour,
j'ai rêvé que je m'enfuyait de Mirkwood. Quelques mois après
(l'endroit sombre)
l'incident de la caravane - ou du moins je crois. ". Sa voix tremblait
légèrement. Aragorn serra sa main doucement, comme pour lui communiquer
sa force et son calme.
Legolas continua après un moment. " J'avais pris une couverture de campement quelques lembas Deux dagues ". Il marqua une pause. " A l'époque, je n'avais pas encore appris à me servir d'un arc ", ajouta-t-il comme pour s'excuser d'un reproche qui n'avait pas été formulé. "Je n'étais qu'un enfant!"
" J'avais réussit à éviter les gardes du palais Mais il faut croire que dans un rêve, on ne réussit jamais à s'enfuir totalement ". Son ton s'était fait amer, mais Aragorn vit une lueur de terreur naître dans son regard.
" Je m'enfonçait
dans la forêt. Je préférais encore affronter des araignées
ou des orcs que de rencontrer un autre elfe de Mirkwood. L'un d'entre
eux, qui m'aurait tout de suite signifié que l'aventure était
terminée, et m'aurait ramené
(à l'endroit sombre)
au palais, où des choses horribles m'attendraient "
Il eut un rire amer qui ressemblait plus à un hoquet.
" J'étais assez loin dans la forêt, quand ma route a croisé celle de quelqu'un d'autre Quelqu'un qui m'attendait. "
Aragorn remarqua que la lueur de terreur s'était amplifiée dans le regard de Legolas. " Mais ce n'était pas un elfe c'était un humain ! "
Legolas se surprit lui-même à éclater de rire à cette évocation, un rire triste et sinistre teinté d'une pointe d'hystérie qu'il préféra ne pas laisser exploser - ça fichait trop la frousse à vrai dire - mais il mit quelques minutes pour se calmer.
" Mon père qui avait tant décrié les humains ", reprit-il après s'être calmé, " utilisait un humain pour accomplir la basse besogne de m'intercepter "
Aragorn frissonna involontairement à la haine et le dédain avec lequel Legolas avait prononcé le mot 'humain'. On aurait dit que l'enseignement de Thranduil, s'il n'était pas aussi performant que le roi l'eut espéré, avait quand même porté ses fruits, sans que le fils s'en soit consciemment rendu compte. Il prit la parole brièvement, plus pour interrompre le ton de voix de Legolas, qui le mettait mal à l'aise, que réellement pour avoir une réponse.
" A quoi ressemblait cet humain ? "
Legolas ne sembla pas être aussi prit au dépourvu que s'en serait attendu le ranger. Il plissa légèrement les yeux, comme s'il pouvait voir l'humain face à lui en cet instant même. Sauf que Legolas ne voyait pas son ancien rêve, en cet instant, mais plutôt celui qu'il avait fait quelques heures plus tôt, dans la passe enneigée alors qu'Aragorn le portait dans ses bras.
" Il avait des vêtements sombres Un peu comme un ranger ", ajouta-t-il après un moment, avant de reprendre, " des cheveux blond foncés, mi-longs, attachés en queue-de-cheval un assez beau visage - pour un humain. Et des yeux d'un bleu glacé... "
Aragorn était surprit de la précision que Legolas possédait de ce rêve Surtout si l'on considérait qu'il l'avait fait plus de deux milles ans auparavant ! Legolas déglutit, guère à l'aise, et sans que le ranger ait eu à réorienter la conversation, il reprit l'explication de cet ancien rêve.
" Il ne semblait pas hostile à première vue ", l'elfe serra alors les dents, " mais je l'ai haï. Oh oui, je l'ai haï ! Car il était l'ennemi à la solde de mon père qui allait me ramener au palais. Je ne le connaissais pas ! Je ne savais pas son nom Mais j'ai souhaité sa mort comme je n'avais jamais souhaité la mort de quelqu'un ! ".
Aragorn vit pour la première fois la haine brûler dans les yeux de l'elfe. C'était une expression nouvelle pour lui. Legolas parut se calmer alors. Ou plutôt, la haine fut à nouveau remplacée par de la peur.
" Il m'a demandé qui j'étais Mais à l'étrange manière des humains, à dire deux noms l'un à la suite de l'autre. Les elfes, les hobbits et les nains portent leur premier nom, et s'ils disent un deuxième nom, ce n'est que pour spécifier qui est leur père. Un non-humain m'aurait appelé Legolas Thranduillion. Mais lui a cité mon nom, et la traduction de mon nom en westron "
'Legolas Greenleaf ?'
" C'est là que j'ai su que c'était un humain ", murmura Legolas, " et c'est là aussi que j'ai su que j'avais perdu. "
Il prit une profonde respiration. " Sauf qu'au lieu de me ramener au palais, l'humain a levé quelque chose d'étrange dans ma direction. Quelque chose de métallique"
Legolas se souvenait encore de la cuisante révélation qui l'avait frappé à ce moment là.
'Je vais mourir. Je vais mourir. Je vais mourir.'
" Et un éclair de feu en a jaillit. "
[A suivre]
****************************
Il ne sert à rien de *évite un lancer rageur de couteaux de cuisine électriques* dire que je suis une sadique à finir sur ce ton. Normalement j'allais finir le récit du rêve de Legolas dans ce chapitre, mais là il est 2h48 du mat, et j'ai peur que si je poursuis, je n'écrirai plus de manière cohérente ^^;
Alors, je l'avoue J'ai cherché le meilleur endroit où couper :pppp
*évite un lancer de tronçonneuse volante*
(^O^)°°°
Bon, maintenant les réponses au reviews ;)
Eleclya111, Sorrynowm: merci beaucoup :)))))
April ninja
:
Mici beaucoup ^__^ C'est vrai que beaucoup de personnes voient Thranduil
dans ce type de rôle ;) ( outre le fait d'être un avare et un poivrot
notoire dans 'Bilbo le Hobbit' ).
Tari Miriel
:
Happy qu'il y ait une suite ? :) Honnêtement, pendant tous ces mois de
silence, mentalement j'ai travaillé à mort cette fic pour la rendre
crédible ;) La seule chose que j'aurai à corriger, ce sont les
âges de Legolas au moment de l'incident de la caravane ;)
Aurialie : contente du plus qu'il y avait à ce chapitre par rapport à ce que tu avais lu en avant-première? ;) La poupée vaudou, C une VRAIE ou une dessinée ? :)
Mylennia : Hee hee, le coup du bouche-à-bouche qu'Aragorn fait à Legolas n'est pas vraiment passé inaperçu chez beaucoup de vous ;-P Quant aux deux guerriers mentionnés dans le résumé, hé oui, c'est parti, ils commencent à arriver dans l'histoire ;)
Orianne:
Désolée de la frustration lors de la description du premier guerrier
^^; Mais il y a eu des petits changements dans le chapitrage: Ce n'est
pas 8 chapitres encore à attendre peut-être plus, peut-être
moins ;) Il y a des indices placés ci et là dans les chapitres
déjà publiés. Quand l'identité du guerrier
sera révélée, certain(e)s de vous s'écrieront "
bon sang, mais C bien sur ! " ;)
Sinon, lors de l'analyse en fin d'histoire (dans un an ou deux ;) ), tout sera
expliqué ;) Comme c'était le cas pour Entraînement ;pppp
*évite un lancer de moutons explosifs*
Nadia:
Tu aurais pu voir mon défi elfe? Rappelle moi, tu habites où
? ;)
Nefra
:
*rougis* merci beaucoup :))))) Pour les oreilles d'elfes. Attends
que je m'en souvienne J'étais probablement en train de parler des
oreilles en latex qu'on place sur ses propres oreilles pour avoir l'air
d'avoir des oreilles d'elfes ;) (voir les photos sur mon site en url, quand
on clique sur mon nom ;) )
Meraude:
Salut Roselyne! J'ai adoré les 6 ou 7 chapitres que j'ai lu.
Sauf qu'il y aurait eu un ou deux que j'aurais étempés dans
un mur.
J'ai hâte de voir la suite.
étempés. ? OO ;
Awawa-Kotori
:
Hé oui, ENFIN les deux guerriers commencent à poindre le bout
de leur nez ;). Une wyverne ? On trouve ça généralement
dans les jeux de rôle du style Donjons et Dragons, ou dans les jeux videos
du style " Baldure's Gates " ou " Warcraft3 ", etc
Sinon, ça ressemble assez aux bestioles ailées que les ringwraiths
chevauchent dans LOTR 2 & 3 ;)
Oui, je connais X1999 (mais j'ai arrêté au chapitre 16 ou
17 ^^ ; ). C'est vrai, maintenant que tu le dis, y a un peu de ressemblance
avec l'épisode de Kotori :) Bien vu :)
250 chapitres, oui, mais c'est une estimation Ca peut être tout
aussi bien 300 ;) Comme ça peut être 150 Tout dépend
de comment je verrai que je dois maintenir le rythme après un certain
événement particulier de l'histoire Ou si à ce moment
là, les gens aimeront encore " Communauté des elfes ",
ou s'ils s'en seront lassé comme ils se lasseront de LOTR (sauf si le
film " Le Silence des Anneaux " sur lequel je travaille, abouti ;)
)
Alana Chantelune
:
Merci pour les débats :) C clair que j'ai fait Aragorn un peu
satirique à certains moments ;) Mais il n'est pas que le ranger sans
peur et sans reproche. Outre son air (parfois) constipé, il peut avoir
envie de péter une bielle de temps à autre ;ppp
Voilà,
c'est tout pour ce (assez? long) chapitre :)
J'attends vos commentaires/ bouquets de fleurs / tomates pourries
avec impatience ;-)
Biiiz à tous/toutes :*
::Roselyne
::
