Disclaimer:
Aucun des persos de Tolkien n'est à moi :,(... *reniflement tristounet*,
mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic ^___^
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LA COMMUNAUTÉ
DES ELFES
Chapitre Dix-Neuf – Le passé se révèle
Le jeune Legolas était paralysé. L'humain levait vers lui un objet métallique qu'il ne connaissait pas, et pourtant, il savait qu'il allait mourrir. Mourrir alors qu'il avait enfin décidé de prendre son destin en main, et de vivre sa vie loin de l'enfer qu'était pour lui son domaine. Jamais il n'avait eu de sensation d'injustice plus grande qu'en cet instant. Les froides et sanglantes images de violence abstraites qui avaient envahis ses nuits par le passé étaient devenues réalités. Il eut envie de hurler, mais ses poumons aussi étaient paralysés. Il eut l'impression de voir la scène au ralentit, et de sentir du plomb dans ses jambes alors qu'il s'intimait l'ordre 'Bouge-toi. Bouge-toi! BOUGE-TOI !!!'
L'enfant elfe réussit à effectuer une amorce de bond sur la droite alors qu'un éclair jaillissait de l'arme. Au même moment, l'homme eut l'air de perdre l'équilibre. Comme si une force invisible l'avait poussé. Mais l'éclair était quand même parti, et Legolas ressentit une cuisante brûlure à son bras gauche avant de heurter lourdement la neige sur le sol. Mais jamais un instant il ne quitta l'humain des yeux.
L'enemi n'était pas tombé sur le sol, mais avec une grace presque irréelle pour un homme de cette taille, était parvenu à reprendre son équilibre et revoilà que l'objet de métal était à nouveau pointé vers lui.
Une fois de plus une force invisible le repoussa en arrière. Mais cette fois, Legolas avait nettement entendu un cri qui n'était ni le sien, ni celui de l'homme blond. L'humain ne manifesta aucune douleur, mais sembla juste chercher d'où venait cette attaque. A un certain moment, il leva son arme sur quelqu'un que Legolas ne pouvait voir, mais une fois encore, il fut repoussé en arrière. Le tout ressemblait maintenant à une danse plutôt étrange.
Il se bat contre un adversaire d'invisible. Souviens-toi des contes du passé. Une seule chose peut permettre cela à quelqu'un. Un seul objet...
Legolas était trop paralysé pour regarder aux alentours. Il avait l'impression que maintenant que son aggresseur avait trouvé un autre ennemi, s'il restait immobile, peut-être que l'humain oublierait sa présence. Une dernière secousse, plus violente que les autres, envoya l'homme blond une vingtaine de mètres en arrière, sa tête heurtant violemment un tronc d'arbre au passage, avant qu'il ne retombe dans les fourrés qui le masquèrent à la vue de l'elfe.
'Il a eu son compte', fut la première chose que Legolas fut capable de penser. Mais il n'eut pas le temps de pousser un soupire de soulagement qu'un mouvement se fit sur sa gauche. Il se retourna et vit quelqu'un d'autre près de lui. Trop près de lui. Une femme aux traits durs, aux cheveux rouges, attachés en une tresse et vêtue d'une tunique gris bleutée. Elle saisit le bras gauche au dessus de sa brûlure - avec le recul, Legolas s'était dit que c'était un pur hasard, ou une chance incroyable - et avait brièvement tourné des yeux gris clairs vers lui.
'Tula yassen amin,
manka lle merna cuina !"
(Viens avec moi si tu veux vivre!)
Aragorn souleva un sourcil intrigué. "Une femme?"
Legolas détourna le regard, l'air géné. Il devait lutter contre l'envie d'arrêter le récit là... Rechercher tous ces souvenirs le fatiguaient... Mais en même temps, il avait l'impression de sortir un grand poids de son coeur. D'exorciser un vieille peur. Il leva les yeux vers Aragorn dont l'attention était toujours centrée sur lui, en attente de la suite de son récit.
Aragorn, le rodeur, le descendant du fléau, l'humain futur roi des hommes... était devenu le confident d'un elfe maudit. Legolas en aurait presque sourit à l'ironie du sort. Presque.
Une ombre passa dans son esprit. Etait-ce juste de sa part d'imposer un tel rôle à Aragorn? Surtout à l'instant précis où il devait se concentrer sur la tâche la plus importante qui soit: escorter le porteur de l'anneau jusqu'au mont maudit pour détruire à tout jamais la menace qui pesait sur ce monde. Etait-ce juste? Legolas décida que non, mais comprit également qu'il en avait trop dit. Puis il eut une révélation: il devait continuer à parler. Il venait de se souvenir d'un détail qui était d'une certaine manière liée à leur mission actuelle. Un détail lié à l'anneau unique et à ce que Frodon devait accomplir. Il en frissonna en réalisant ce fait. Tous ces derniers événements qui semblaient se relier par des points divers, comme un gigantesque toile d'araignée, lui donnaient la migraine, et l'effrayaient. Et s'il n'arrivait pas à déchiffrer les signes avant qu'il ne soit trop tard?
"C'était une humaine", murmura l'elfe pour le ranger, mal à l'aise. "Une ranger, apparemment", mentionna-t-il avant de continuer le récit de son rêve. Il venait rapidement de faire une comparaison entre les méthodes de cette femme, et celles d'Aragorn. Oui, il y avait des choses en commun.
Legolas était demeuré pétrifié pour bien des choses. Cette femme était aussi une humaine. Il le sentait à son odeur. Mais elle parlait elfe! Et quoique son accent soit différent de celui de tous les elfes qu'il avait entendu depuis sa naissance, il y avait néanmoins une légère trace de Mirkwood dans son parlé. L'enfant elfe ressentit une pointe d'amertume dans son coeur.
Autant pour mon père qui soit disant refusait de s'allier aux humains pour quoi que ce soit! Voici un humain qu'il a propbablement envoyé pour me tuer, et un autre humain de Mirkwood qui cherche à m'aider.
'Humain de Mirkwood'. Le terme aurait pu prêter à sourir ironiquement en d'autres circonstances. Legolas demeurait toujours immobile, mais un bruit sur sa droite détourna son attention. Une branche venait de craquer, il tourna la tête dans sa direction et sentit son sang se glacer quand il vit l'homme - qui aurait du être mort après un tel choc sur sa tête - se relever lentement, ses yeux froids toujours fixés sur lui. Un filet de sang s'écoulait d'une plaie au sommet de son front, mais ne paraissait pas le gêner. La femme, elle, ne parut nullement surprise, comme si elle s'y attendait.
"Tyulta !
Horta! "
(Debout ! Dépêche-toi! )
Il fut soulevé sans ménagement et ne vit plus l'homme blond car la femme le lui masqua en le plaçant derrière elle. Il entendit juste une sorte de feulement rauque et bas de sa part, et un son aigu lui frappa les oreilles. Puis il sentit une vague d'énergie quitter l'endroit où ils se trouvaient et s'éloigner rapidement. Quand il risqua un oeil, il vit que l'ennemi avait à nouveau été propulsé en arrière.
"Comment pouvait-elle faire cela?", demanda Aragorn, intrigué.
Il avait voulu poser des questions sur l'arme utilisée par l'enemi blond,
mais en entendant le récit de Legolas, il s'était rendu compte
de l'existence d'une arme encore plus bizarre. "Une Ystari?"
Legolas secoua la tête en souriant tristement. "Il n'y avait aucune magie là-dedans, Aragorn", murmura-t-il en se souvenant de l'étrange arme attachée au poignet de la femme alors qu'elle lui avait à nouveau saisit le bras. A ce moment là, il n'en avait eu qu'un bref aperçut, au point qu'il avait eu du mal à réaliser que cet étrange mélange de bracelet et de protection avant-bras était réellement une arme. Par la suite, il avait eu mainte fois l'occasion de l'observer et d'en comprendre le fonctionnement de base.
"C'est une arme qui utilisait la voix", dit-il comme simple explication, avant de se replonger dans les souvenirs que ce rêve étrange et effrayant avait laissé en lui. Il ignora pour l'instant la question muette qu'Aragorn lui lançait.
"Elle m'a dit de fuir vers la rivière", continua l'elfe, "tout en utilisant son arme de temps à autre sur l'ennemi afin de le retarder". Il leva les yeux vers Aragorn. "Je t'ai dit plus tôt que dans les rêves, les enemis ne tombent ou ne meurent jamais... Cet homme ne faisait pas exception à la règle."
Legolas courait du plus vite qu'il pouvait dans la forêt qui lui semblait
désormais étrangère et menaçante. Il ne pouvait
effacer de son esprit la présence potentielle de loups et d'araignées,
dont le nombre avait augmenté ces dernières années, au
grand dam des gardes du palais. Mais après tout, il se situait déjà
hors de la zone de garde. Il avait peur de se tromper, tant la terreur l'aveuglait.
Qui étaient ces deux humains? Qu'est-ce qu'il avait encore bien pu faire
qui eut déplu à son père au point qu'il envoie un tueur
à ses trousses? Mais surtout, pourquoi l'homme ne mourrait pas? A moins
bien sur que les coups qu'il ait reçus n'était pas destiné
à le tuer, mais juste à le repousser...
Au bout d'un moment, il ralentit le pas, puis fit halte. Il n'était pas encore à la rivière, mais la forêt était silencieuse, et il n'entendait plus aucun bruit de la bataille ayant opposé les deux humains. Qui avait gagné? Etait-il en sécurité? Si l'ennemi ne connaissait pas la direction vers la rivière, ni ne pouvait relever sa piste sur les feuillages jonchant le sol, il aurait une chance de lui échapper. Seulement, revenir au palais était exclu. Et il avait perdu son 'équippement de survie', comme il s'était plu à le nommer plus tôt. Trouverait-il le moyen de survivre par lui-même, en admettant que cet homme ne le retrouve plus?
La brûlure de son bras se rappela à son bon souvenir, mais il retint un gémissement de douleur - retenant également sa respiration - et observa les alentours.
Aucune signe de poursuite.
Sauf...
'Oh non', murmura l'enfant elfe en voyant une ombre se déplacer rapidement parmi les autres ombres de la forêt, et dans sa direction. Il ne perdit pas de temps à chercher s'il s'agissait de l'homme ou de la femme... Ou d'un orc éventuel... Il fit demi-tour et se lança à corps perdu vers la rivière qu'il savait être non loin. Il taisait volontairement la petite voix dans son esprit lui demandant ce qu'il comptait faire une fois qu'il aurait atteint son but.
Il jeta un coup d'oeil en arrière, espérant sans trop de conviction que son poursuivant était la femme humaine, mais ce qu'il vit lui glaça le sang. L'homme courrait à vive allure derrière lui, ses pieds semblant à peine toucher le sol, et se rapprochant de sa cible à toute vitesse. La femme avait donc du périr en essayant de lui offrir une échappatoire. Legolas se retourna devant lui et hurla, essayant d'accélérer l'allure. Mais il ne pouvait pas courrir beaucoup plus vite que la vitesse qu'il avait déjà. Il hurla de terreur, et sauta par dessus une crevasse profonde, prenant appuis sur un des rochers se lancer. La crevasse était large et effrayante, et pendant un instant, l'enfant elfe parut courrir dans l'air. Puis la gravité le rappela et il retomba de justesse de l'autre côté, se réceptionnant sur le second rocher presque avec grâce - avec le recul, il se dit qu'il n'aurait jamais pu faire un tel bond, s'il n'avait pas eu cette 'motivation' derrière lui. Il ne s'arrêta pas pour contempler son exploit mais continua à courrir à toute allure vers la rivière dont il pouvait presque deviner le bruit maintenant. Derrière lui, il entendit que l'homme venait de se réceptionner sur le second rocher, et sut que la poursuite ne s'était pas interrompue.
Et l'homme continuait de se rapprocher.
Tout absorbé qu'il était à dévaler la pente forte vers la rivière dont il venait d'apervoir un bref scintillement, Legolas remarqua à peine que sur le côté, à quelques dizaines de mètres de lui, un cavalier fonçait à toute allure, et essayait de le doubler. Il ne perçut ce mouvement du coin de l'oeil qu'un peu plus tard, alors que le cavalier s'était déjà rapproché, et eut un mouvement de panique, ne sachant pas s'il s'agissait un allié ou d'un nouvel ennemi. Il glissa sur quelques feuilles humides, se prenant les pieds dans une racine, et culbutant dans la pente; tête la première. Quand il voulu se relever pour reprendre sa course, il vit que l'humain blond n'était plus qu'à quelques mètres derrière lui, et l'attrapperait dans au plus trois secondes. Mais au moment où il se relevait pour fuire néamoins, il vit que son ennemi était projeté sur le côté en une danse à laquelle l'elfe commençait à être familier. L'elfe ne perdit pas de temps et s'enfuit à toute allure, pensant seulement à sa survie; car l'humain s'était déjà relevé.
L'elfe, jetant un coup d'oeil sur sa gauche, vit que le cavalier était presque à sa hauteur, et avant qu'il ait pu corriger sa trajectoire, Legolas sentit une poigne de fer le saisir par le dos de ses vêtements et le soulever de terre. Il pendit pendant une seconde au bout du bras du cavalier, le sol défilant sous lui; derrière lui, l'humain blond avait reprit sa course en direction de sa cible. Puis le cavalier déposa Legolas sans ménagement sur la selle devant lui, et lança le cheval à toute allure.
Legolas risqua un regard en arrière et reconnu la femme qui l'avait aidé plus tôt.
Le cheval distançait petit à petit l'homme blond, mais pas de beaucoup; et ce dernier persistait à les poursuivre à pied. Il devait savoir que tout n'était pas encore perdu pour lui. En effet, la pente et les arbres relativement serrés de cette partie de la forêt faisaient que le cheval ne pouvait se lancer à grande vitesse. Legolas vit entre les troncs la rivière qui se rapprochait et sentit un peu d'espoir déserrer l'étau glacé dans lequel son coeur était emprisonné.
La cavalière aussi parut percevoir la rivière, car elle fit accélérer son cheval, oubliant les troncs et branches menaçantes. Legolas fut presque aveuglé lorsqu'ils quittèrent les ténèbres du bois pour le plein jour des rives. Mais la femme n'arrêta pas le cheval pour autant et le lança au travers des petits rapides de la rivière. Legolas remarqua que l'eau n'était pas très profonde en cet endroit, ce qui permettait au cheval de passer avec une certaine aise. Mais il réalisa rapidement qu'il en serait de même pour l'homme qui les poursuivait sans se fatiguer. Il comprit la raison du manque de profondeur de la rivière en voyant un barrage non loin sur sa gauche, constitué de branches et de rochers divers, probablement des restes chaotiques d'une ancienne crue.
Le cheval atteint l'autre rive, mais ne continua pas. La femme lui fit faire demi-tour, et pour la plus grande frayeur de Legolas, fit à nouveau face à la rivière que l'homme était en train de traverser rapidement. Elle leva son arme, mais ne la dirigea pas vers leur enemi commun. Legolas suivit son bras du regard et vit qu'il était pointé vers le barrage. Au moment où la femme émit à nouveau son cri long, grave et étrange, Legolas comprit ce qui allait suivre.
L'énergie invisible sembla quitter l'emplacement où ils se trouvaient et se déplaça rapidement vers le barrage sous forme d'une secousse relativement violente: une partie du barrage explosa. L'eau sembla hésiter dans son échappée, puis gagna en confiance, et le petit ruisseau qui s'était timidement tenté au travers des branches et des rochers, gagna en puissance en un puissant torrent. L'homme avait presque parcourrut les trois-quarts de la rivière quand son attention fut détournée sur sa gauche, une seconde avant que la crue ne l'atteigne...
Et ne l'emporte.
Legolas le suivit des yeux alors qu'il disparaissait dans le brouaha des flots contre lesquel il se débattait. Le cheval recula de quelque pas pour éviter la montée des eaux. Quand l'homme blond eut totalement disparut de sa vue, alors là seulement Legolas s'autorisa à laisser s'échapper l'air retenu dans ses poumons.
"Il est mort?". D'avance il devinait la réponse, mais il se disait qu'espérer ne pouvait pas le tuer.
"Non". La réponse de la femme ne le surprit guère. "Nous devons partir avant qu'il ne revienne".
Legolas demeurait immobile sur la selle, les battements de son coeur ne s'étaient toujours pas calmés. Il réagissait parfaitement comme l'enfant qu'il était. L'enfant, et non le guerrier froid et distant qu'il deviendrait plus tard. Il regardait toujours l'endroit où l'homme blond avait disparu. Derrière lui, la voix de la femme s'éleva, plus calme. "Mon nom est Kyrieh. Je suis chargée de ta protection."
Aragorn souleva un sourcil. "Alors, c'était elle, Kyrieh?" Bizarrement, il avait pensé que c'était le nom d'un homme. Se souvenant de la crise de Legolas en pleine tempête, il réalisa que ce récit allait lever plus d'un voile sur le mystère qui plânait sur son compagnon de route. Face à lui, Legolas acquiesça, et une étrange lueur passa dans son regard. Elle disparut avant qu'Aragorn ne puisse la déchiffrer totalement. Mais il avait retenu néanmoins une impression de tristesse.
"Pourquoi voulait-il te tuer, tu l'as appris?", demanda le ranger, agissant comme s'il croyait réellement que ce que Legolas racontait n'avait été qu'un rêve. Bien que dans la réalité, des armes fonctionnant à la voix, des hommes ne tombant pas après avoir été blessés, cela n'existait pas... Uniquement dans les rêves... Mais si c'était un réellement un rêve, qui avait pu faire cette brûlure à Legolas?
"Elle m'a dit...", Legolas regarda sur le côté, le front plissé en une marque de concentration. Aragorn le poussait à se souvenir d'un rêve si ancien que cet effort n'était pas étonnant. "Elle m'a dit qu'il avait été envoyé pour me tuer... Et que c'est pour ça qu'elle avait été envoyée. Pour l'en empêcher".
"Mais par qui?". Pendant un moment, Aragorn oublia tout des troubles amenés par l'anneau. Il semblait que quand Legolas se décidait de parler, chacun de ces récits était horriblement captivant. S'il n'avait pas été élevé en guerrier, il serait probablement devenu conteur, ou barde. Un elfe guerrier au coeur de poète, voilà comment Aragorn voyait Legolas en ce moment.
Ils chevauchaient à toute allure. De temps à autre, il sentait que Kyrieh se retournaient pour vérifier qu'ils n'étaient pas suivis. Ni par l'humain blond, ni par des elfes ou des orcs. Legolas était demeuré prostré pendant un moment, repassant la scène en tête et l'examinant sous toutes les possibilités. Puis, l'effervescence du combat disparaissant, la douleur de son bras se réveilla, et il ne put retenir un gémissement.
"Tu es blessé?". La voix de Kyrieh était posée, autoritaire, et seule une pointe d'inquiétude la rendait humaine. Mais Legolas était encore trop sous le choc pour répondre. Devant le silence de l'enfant devant elle, la femme fit brusquement ralentir le cheval. "Ho! tu es blessé, Legolas?"
Legolas n'était pas habitué à cela. Il connaissait la violence, qu'elle soit verbale ou physique. Mais rares étaient les personnes ayant montré de la compassion pour lui. Mais là, une autre chose hurlait en lui. Autant qu'il pu rechercher l'affection des siens, autant la réalité selon laquelle s'ils s'arrêtaient, l'ennemi pourrait les retrouver, s'imposait à son esprit. Il répondit d'un ton dégagé. "Mon bras... Mais c'est juste une égratignure", entamant en ce moment même sa longue série de mensonges futurs sur sa santé. Mais à cet âge là, il n'était encore qu'un bien piètre menteur. La femme fit obliquer le cheval vers une colline avoisinante, et en descendit dès qu'ils furent à l'abri du regard de quiconque empruntât le chemin qu'ils venaient de prendre. Le cheval laissait hélàs des marques trop visibles, mais ils en avaient besoin pour se déplacer rapidement.
Kyrieh sauta de cheval et fit face à Legolas. "Montre moi ton bras."
Legolas fut réticent de dévoiler une faiblesse à une inconnue, une humaine qui plus est. Mais quelque chose dans l'expression de visage de Kyrieh le persuada. Il n'y avait aucune malice dans son regard, juste une volonté d'aider. Legolas releva tendit son bras gauche, et avant même qu'il ne relève la manche, Kyrieh avait déjà pu deviner la blessure en voyant la tunique et la protection avant-bras brûlées et fondue par endroit. Elle se mordit inconsciemment la lèvre inférieure. Ce geste rassura Legolas. Elle montrait un côté un peu moins dur. Legolas devinaient qu'ils allaient quitter Mirkwood sous peu. Cette perspective l'effrayait un peu. Même si elle avait été le but de sa fugue, il n'aurait jamais pensé qu'il y parviendrait réellement! Et quite à voyager avec un compagnon de route, autant que cette personne puisse communiquer autrement que par des ordres aboyés tel 'un chef militaire.
Kyrieh releva la tête vers Legolas, et eut un sourire d'excuse avec quelque chose proche de la pitié dans son regard. Soudainement, elle lui rappela la mère d'Alek. Elle devait de toute manière avoir le même âge que cette femme. Cette comparaison le rassura un peu. "Je suis désolée, Legolas, mais il va falloir que je mette ta plaie à l'air, pour éviter qu'elle ne fasse qu'un avec tes vêtements par la suite. Ca risque de te faire... un peu mal...". Elle prit un fin couteau, et avec précaution, elle ouvrit la protection de cuir qui recouvrait l'avant bras de Legolas. Elle avait l'air de deviner le type de blessure qu'elle allait rencontrer, car le cuir était recouvert de fluide où le sang se mélait.
Legolas serra les dents et eut du mal à s'empêcher de hurler - il ne voulait pas donner une indication de leur position, au cas où l'ennemi serait non loin derrière eux. Mais il ne put empêcher quelques faibles gémissements quand sa peau - qui avait déjà accroché au cuir ou au tissu - fut lentement arrachée de son bras. Il détourna les yeux vers le sommet de la colline, autant pour surveiller si l'ennemi s'approchait - non qu'à cette distance, cela aurait servit à grand chose, il le savait - que pour éviter de regarder l'étendue et l'aspect de sa blessure. Quand Kyrieh eut fini, alors là seulement s'autorisa-t-il à y porter le regard.
La plaie ne saignait pas vraiment, mais elle était plutôt boursoufflée sur toute la surface extérieure de son avant-bras. Et elle suintait. Par endroit, il voyait sa chair à vif et il du se détourner pour ne pas que la panique le gagne.
"Dès qu'on sera en lieu sur, je soignerai ta plaie correctement", dit Kyrieh d'une voix un peu tendue. Apparemment ils s'étaient arrêtés trop longtemps à son goût et elle ne souhaitait qu'une seule chose: qu'ils repartent au plus vite. Legolas était toujours assis sur la selle du cheval qui n'avait heureusement pas bougé pendant toute l'opération.
"C'est mon père qui l'a envoyé, c'est ça?". Legolas venait de poser la question qui le hantait depuis les récents événements. Sa voix semblait plate et épuisée. Mais la phrase ressemblait plus à une constatation qu'à une question. La femme souleva les sourcils: "Oh non non, Legolas! Si tu penses que ton père te déteste, alors il haït encore plus les... hommes... tels que lui. Autant que je sache!"
"Alors c'est à cause de la caravane, hein ? Il veut me tuer à cause de ce qui est arrivé à Alek ?". Legolas avait bien préparé toutes les éventualités.
Kyrieh parut hésiter un moment, comme si elle devait réfléchir à l'événement auquel Legolas faisait allusion. Comme si elle ne l'avait pas constamment à l'esprit comme lui. Une petite voix lui murmura qu'il n'y avait que lui de toute manière pour en faire une obsession. Kyrieh finit par répondre calmement. "Non, Legolas. Cela n'a strictement rien à voir avec ce qui s'est passé pour la caravane...". A nouveau cette lueur de pitié dans le regard.
Legolas était désorienté. Si ce n'était ni son père, ni des gens ayant eu vent des événements survenus à la caravane humaine qui avait essayé de trouver refuge à Mirkwood, alors pour quelle raison? Puis il se calma. C'était stupide. Il n'y avait pas besoin d'une raison... Comme si les elfes qui l'avaient toujours maltraité avaient eu besoin d'une raison.
"Bon, j'ai compris...", soupira-t-il avec un rire ironique sur la fin. "Je suis un elfe maudit. C'est normal que quelqu'un veuille me tuer."
Kyrieh eut alors un geste qui le surprit et l'effraya presque. Elle leva les mains et les posa doucement sur ses épaules. Son regard comportait toujours de la pitié, mais aussi de la tristesse et une douceur qu'il n'avait que trop rarement vu dans les yeux de quelqu'un.
"Ecoute-moi, Legoolas", commença-t-elle d'une voix douce mais ferme, sur le ton d'un professeur patient essayant d'expliquer pour la ènième fois une léçon facile à un élève distrait, plongeant son regard gris dans le sien. Jamais personne ne s'était adressé à lui d'une manière si douce et si sérieuse à la fois. Il sentait un noeud se bloquer dans sa gorge. "Tu n'es pas maudit! Tu as un grand destin devant toi. Ton père le sait, et s'il ne veut pas y croire, il a peur que ce soit quand même vrai. Il doute. Et ce doute, crois-moi, c'est bien la seule chose qui le retient de te tuer..."
Legolas ouvrait de grands yeux. Il avait apparemment du mal à comprendre totalement ce que cette humaine lui disait. Un autre ennemi que son père? Quelqu'un qui n'était pas lié à la caravane? Legolas avait tout d'abord pensé à un allié d'un des humains tués, qui aurait eu vent de ce que Legolas avait fait (avait été forcé, lui hurlait son esprit). Mais si ce n'était pas du à celà...
"Alors pourquoi cet homme veut me tuer? Je ne lui ai rien fait !"
"Non, mais tu vas faire". Dans les yeux de Kyrieh, il y avait cette étrange lueur de pitié et de tristesse qui mettait Legolas mal à l'aise." Et de ta vie dépend notre avenir à tous...".
[A suivre]
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Bon... J'espère que c'est pas trop bourré de fautes d'orthographe,
parce que j'ai du formatter mon PC (hé oui, autant pour le retard dans
les autres fics ^^; ) et je n'ai pas encore réinstallé word pour
les corrections ^^;
Je suis encore sceptique quant à ce chapitre. Ai-je cassé le rythme
donné par les chapitres précédents? J'ai l'impression d'avoir
donné tellement d'information à la fois sur le rêve de Legolas
que ça fait surcharge ^^;
Mais tout d'abord, pour rassurer tout le monde: NON, CE N'EST PAS UN MARY-SUE!!!
(celles qui m'ont vu savent que j'ai pas DU TOUT le look de Kyrieh ;-) puis
vous découvrirez plus sur elle (et pourquoi elle peut PAS être
une mary-sue) plus loin dans l'histoire ;) ). Elle ne va pas rester longtemps
non plus, et voyez là plutôt comme une femme de +- 30 ans, alors
que Legolas à ce moment, est encore un enfant. C'est plutôt une
mère pour lui ;)
Un dessin LOTR de son choix à celle/celui qui reconnait l'arme utilisée
par Kyrieh !!! ^_______________^
(je crois d'ailleurs que je dois un autre dessin LOTR à quelqu'un...
Fodra que je relise les reviews de toutes les fics, pour savoir ;-) )
Et maintenant, ce que vous attendez toutes/tous..... LES REVIEEEEEWS !!!! :-)
Yotma:
Merci pour ton appréciation de la fic :)
Quant à la manière dont je finis mes chapitres, il est TRES rare
que ce ne soit pas une fin ouverte ;-)
*voix sinistre* Dès lors, tremblez, O pauvre lectrice/teur qui ouvrez
l'un de ces sombres chapitres! ;-)
~~~
Nefra:
Salut Christine :-)
Je ne sais pas quoi dire au sujet de ton père. C'est chouette que tu
ais pu créer une distance, de telle manière qu'il ne puisse plus
te blesser comme avant. Mais quand tu dis 'malade', c'est physiquement ou psychlogiquement?
OO;
Quant aux films sur le site "mortal fight circus", en discutant
avec l'une de vous sur MSN, je me suis rendue compte qu'un des films complets
(l'hérédité d'Aragorn) qui se trouve physiquement sur le
site n'est pas accessible via les liens... Ca va être corrigé bientôt
;-)
Pour les infos distillée au compte goutte, j'espère ne pas avoir
choqué avec ce chapitre, où l'on apprends beaucoup de choses en
même temps. Bien sur, tout n'est pas dévoilé, il reste encore
beaucoup de choses à découvrir, mais je suis un peu mal à
l'aise... J'ai l'impression d'en avoir trop dit d'un coup et d'avoir cassé
le rythme. :-(
~~~
Kotori:
Je sais pas si je dois t'acclamer pour avoir mis la suite ou t'assassiner
pour avoir coupé le chapitre comme ca ;-)
Allons donc, tu n'as pas l'habitude depuis tout ce temps? ;-)
Cette
fic est toujours ma préférée
rrrrrooooooonnnnnn =^___^=
mais j'ai
bien hate de voir comment sera aussi la suite de ta nouvelle 'Almost unreal'
début de semaine prochaine au plus tard ;-)
et...t'as
rencontrer le cast en costume de Legolas(oh,ca rime)??!Je suis jalouse.Et moi
qui me vantais d'avoir vu ROTK quatre fois la semaine de sa sortie ...O_o
Bah oui, j'avais été invitée à la premiere de
ROTK paske certains des producteurs m'avaient vu à la cérémonie
d'ouverture de ROTK le premier décembre (C fou comme les photos circulent
vite parmi eux ^^;). L'un des producteurs m'a même remis une boite noire,
contenant une des répliques de l'anneau unique utilisée
dans le film :)))))))))
Puis Peter Jackson et les autres se sont pointés. On a un peu papoté,
c'était cool :)))))
(et Billy Boyd qui m'a confondue avec Orlando, j'étais pliée :D
)
~~~
Aurialie:
pour les poupées vaudoo, j'en ai fait 2 sur paint (maudissez
la tite fille qui a pas le paint shop pro sur son ordi :S)
Tu le veux?
Contacte moi sur MSN (trunks777@hotmail.com) et je t'enverrai le programme (si
je remets la main dessus ;-) )
aurialie
la maniaque qui va tout de suite se chercher de quoi coudre un jouli tranduil
moaurf!!! :D
~~~
Elysabeth:
Je viens de découvrir ton site et les photos de toi
en costume de Legolas m'ont impressionnés!
*rougis* #^__^#
C'est
vrai que tu lui ressembles; surtout celle où tu pointes l'objectif avec
ton arc...
*re-rougis* ##^__^##
Mais les
pics étaient trop petites! T'aurais pas des versions plus larges parce
que moi je te trouve trop cool!
Ok, je vais faire en sorte, au prochain update, qu'on puisse cliquer sur les
pics pour en voir la version plus grande ;-)
~~~
Anne-Laure:
j'ai adoré ce chapitre , ton histoire est trés bien même
si il manque un peu de combat dans les derniers chapitre
Contente avec celui-ci alors? ;-)
l'atmosphére
que tu crée me plonge complétement dans l'histoire, c'est comme
si j'était avec eux et que je les voyais c'est super
*rougiiiiiiiiiiiis* ###^________^###
~~~
Sheikana:
ENFIN LA SUITEU! ça fait un mois que j'atend, ou peut être
même plus, de savoir ce que tu vas faire de sadique à mon
pauvrre Leggy d'amoureu!
Ah, un mail ou je me fais pas insulter, C cool ! :D (cf ta review sur Only One
Light ;-) Tu sais, si je pouvais passer 100% de mon temps à écrire,
ce serait le bonheur total. Malheureusement, il y a des cours, des travaux pratiques
(tournages, et ça, C long à préparer), il faut bosser pour
payer sa bouffe, etc.... Triste, triste monde que ceci T___T )
M'enfin, heureuse de ce chapitre? ;-)
~~~
Biscuit:
*sourire timide* je sais pas par ou commencer... bon, tout simplement :
TA FIC EST VRAIMENT GENIALE !
rrrrrooooonnnnnnnnn =^_____^=
Je viens
de la découvrir (j'ai lu les 18 chapitres en 2 fois),
Houlà! OO; Comment va la santé mentale? :D
et je trouve
que tu a vraiment un bon style d'écriture. On se prend vraiment dans
l'histoire ! Continue !
*rougis comme une tomate trop mure* ######^________________^#####
J'ai lu
tes réponses aux reviews et j'ai cru comprendre que tu avais été
à la Japan Expo de cet été. La fille en cosplay
de Legolas, C'ETAIT TOI ?
J'y suis allée moi aussi et j'ai trouvé ton cosplay
super. Je t'ai prise en photo devant le stand de Green Elven.
:-))))))
Green elven était le stand juste à gauche du mien (enfin, le 'mien',
celui où mes coupines du net et moi exposions un fanzine zarbi (au nom
imprononçable) sur lequel on bosse, avec pleins de fics yaoi et de dessins
funs ou yaoi :p )
Ca me ferait marrer de voir la photo, tiens... Si un jour tu passes sur MSN....
:-)
Au prochain japan expo, je viendrai en Seshumaru (Inu Yasha) pour le solo, et
en Legolas avec d'autres de mon équipe du tournage de la parodie pour
le cosplay en groupe (avec peut-être roulage de pelle entre Legolas et
Aragorn en fin de show ;-) )
~~~
Steph':
j'adore vite vite vite vite la suite
Contenteuh? :)
~~~
Sckouatteuze :
y a pas grand chose a dire a part que c'est vraiment vraiment génial
j'adore trop
Miciiii Fanny ^_____^
au faite
j'ai lu quelque une de tes autres fics et je peut te dire que tu as un putain
de dont pour l'écriture
je suis sur qu'avec un peu d'imagination et d'huile de coude comme on dit
tu pourrait faire une histoire
aussi bien que celle de tolskien
Heu... je prendrais peut-être moins de pages pour décrire comment
un rayon du soleil tombe sur un grain de mais dans un champ hors de la comté...
;-) (rires)
Je travaille actuellement sur une histoire originale: "Avatar",
un thriller psychologique qui se passe à la fois à notre époque
et à une époque Heroic Fantasy... La première version de
la nouvelle faisait 25 pages... Mais maintenant, la longe version... bah on
verra ;-)
~~~
Matteic:
"Le livre est le meilleur ami de l'homme". Ça je retiens
! Surtout que les chiens, moi... non, j'ai rien contre, mais j'y suis
assez indifférente.
Je suis un chat, c'est peut-être pour ça (lol) ! Bon,
je traîne moi, je lis la suite.
On dit que les elfes préfèrent les chats aux chiens ;-)
Et connais-tu un de leur dicton à ce sujet?
"Pourquoi le chien existe-t-il?"
réponse: Pour que le chat se rende compte de la chance qu'il a.
Tu veux
dire que les chasseurs, c'est dans ces rêves-transes-enfin
je me comprends ?
Legolas s'en souvient (dans le cas du tueur blond) via ses rêves d'enfance.
Quant aux autres rêves, si je les explique, je pète le suspens,
alors... peut poooooo ;-)
Ben moi,
je pense que c'est Boromir...
Je savais qu'il y en aurait qui penseraient ça ;-)
Il est vrai que la couleur de cheveux est assez similaire, mais non, ce n'est
pas lui ;-)
(puis si c'était lui, Legolas l'aurait reconnu illico dès le moment
où il l'av rencontré au conseil d'Elrond ;-) )
~~~
Alana Chantelune:
Donc on a l'arrivée de Terminator ?
Heu.... ^^;
Pour X,
c'est vrai que ça fait un peu pensé à Kotori...
Mais Kotori est trop cruche, pas comme Legolas qui est vraiment poignant
!
;-)
Si Legolas était comme Kotori, alors il aurait la réputation de
sa couleur de cheveux ;-)
~~~
Eleclya:
intriguant, tres intriguant! cest triste la réaction du reste
de la compagnie envers leggy! Je les trouve plutot méchants. .
.
Bah ici Pippin n'était pas vraiment méchant. Il se renseignait
sur l'état de Legolas. C'est Legolas, notre cher elfe paranoïaque,
qui a mal interprêté son action ;-)
et je voulais
savoir: où est le rapport avec le titre?
Comme répondu par email: y a un rapport, mais si je dis lequel maintenant,
bah adieu le suspens que j'ai entretenu avec tant d'amour ;-)
