Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi ,(... reniflement tristounet, mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic

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LA COMMUNAUTÉ DES ELFES


Chapitre Vingt Quatre – La Wyverne

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'Il a été enseveli par l'avalanche', pensa Aragorn en regardant autour de lui, évitant le regard de Gandalf. 'Je dois me calmer et réfléchir posément. S'il est sous la glace et inconscient, il ne va pas mourir tout de suite. Je dispose peut-être de trois minutes, voir quatre, avant que cela ne devienne sérieux. Je peux perdre trente secondes de réflexion, si ça peut me faire gagner plusieurs minutes de recherches'

'Et s'il a été tué par un des blocs de glace, ou qu'il est tombé de la corniche', dit une voix âpre au fond de lui, 'tu ne pourras de toute façon rien changer'

Avec l'enseignement qu'Elrond lui avait autrefois donné, il prit une profonde respiration, calma les battements frénétiques de son cœur, et tenta de faire le vide dans son esprit alors qu'il expirait lentement l'air de ses poumons. Son esprit devint comme un parchemin vide sur lequel les derniers moments du passé pouvaient s'inscrire d'eux-mêmes. Oh, ce n'était pas comme s'il avait une véritable vision du passé, mais il pouvait essayer de le deviner, étape par étape, en regardant les objets et corps autour de lui. Bien sur, il y avait des facteurs d'erreur, qui se multipliaient plus on s'éloignait du moment présent, mais cela pouvait lui donner une bonne indication où commencer ses recherches.

Chaque parcelle de neige et de glace commença à bouger lentement, se rassemblant en morceaux plus compacts.

La poussière de glace se rassembla en fragments plus imposants, la neige et la glace roulant lentement vers le haut, puis s'envolant.

Gandalf apparaissant contre le mur de la falaise alors que l'avalanche le quittait lentement.

Gandalf bondissant en arrière depuis le mur de la falaise pour rejoindre Legolas qui venait de l'agripper d'une étrange manière.

'Voilà', se dit Aragorn, 'ceci est le point d'axe '. Il relança lentement sa vision dans le sens chronologique. Il vit Legolas tirer Gandalf vers le mur, mais déséquilibré par le mouvement et demeurer sur la trajectoire de l'avalanche.

Avec horreur, il vit le plus gros des blocs de glace s'abattre et écraser l'elfe, avant de commencer la glissante vers le bord de la corniche. Une grande partie de l'avalanche passa par-dessus bord, mais il avait plus ou moins repéré le point d'impact et pouvait estimer une zone dans laquelle Legolas se trouvait.

'A moins qu'il n'ait basculé lui aussi', dit la voix âpre. Aragorn la chassa d'un grognement rageur.

'Et puis, s'il est toujours là', continua la voix dans son esprit, 'dans quel était comptes-tu le retrouver après un tel impact ?'

Aragorn fit semblant de l'ignorer. Pour une fois que Legolas ne tentait pas de mettre fin à ses jours, mais sauvait quelqu'un, ce serait une triste ironie s'il devait y trouver la mort. Le ranger s'avança vers le poney, prit une corde qu'il attacha à sa taille, et demanda à Boromir d'attacher solidement l'autre bout à l'animal, puis il rampa vers le rebord de la corniche, faisant attention à ne pas déséquilibrer la glace en équilibre, et commença à creuser avec précaution, déplaçant la neige et la glace avec prudence.

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Un bruit sourd. Comme quelque chose qu'on frappe, quelque chose qui se brise…

Legolas ouvrit les yeux sur l'obscurité froide devant lui. A nouveau, la sensation de se réveiller en un endroit inconnu et de ne rien voir lui sembla vaguement familière, comme si cela avait été son du à de nombreuses reprises. Il tourna la tête sur la gauche pour essayer de distinguer les alentours, mais là encore il n'y avait que les ténèbres. Ou plutôt, des ténèbres plus sombres que ce qu'il avait eu face à ses yeux juste auparavant. Il regarda de nouveau face à lui.

Il y avait bien une surface plane, légèrement plus claire – ou plutôt, moins sombre – que tout ce qui l'entourait. Il fallait se concentrer pour voir cette espèce de couleur vaguement laiteuse… Comme lorsqu'on regarde le ciel de nuit après avoir été aveuglé par des flammes et qu'on essaye de deviner la position de la ceinture de soie (1) parmi les étoiles. Il fallait tellement se concentrer, qu'on pouvait parfois se demander si ce qu'on voyait n'était pas une illusion d'optique ou une suggestion du cerveau.

Puis un détail le frappa ; non pas dans ce que ses yeux discernaient, mais une image qui lui était venue à l'esprit…

« … après avoir été aveuglé par des flammes… »

Un autre coup sourd. Proche…

Et là, les portes de sa mémoire s'ouvrirent : il se souvint de la vague de feu, de la petite fille qui l'avait entraîné avec elle dans sa course vers les flammes, puis de leur chute dans la rivière ; des flammes qui les avaient touchés avant qu'ils ne tombent dans la froideur de l'eau.

La froideur qui était tout autour de lui…

Legolas eut peur, et sans y réfléchir – ou peut-être y réfléchît-il, mais trop tard – il prit une respiration rapide… Qu'il regretta aussitôt amèrement, quand il sentit un liquide froid et âpre envahir sa gorge et se ruer dans ses poumons. Par réflexe, il toussa pour recracher l'eau, mais ce ne fut que pour en absorber à nouveau l'instant d'après.

Un autre coup sourd et un bruit de craquement sinistre.

Legolas toussa ce qu'il pu de l'eau qui était entrée en lui, puis porta les mains à sa bouche pour entraver le réflexe qui allait le pousser à respirer cette eau sombre à nouveau.

Une faible pensée traversa son esprit : 'Pendant un an avant que tu ne naisses, tes poumons ont eu l'habitude d'avoir de l'eau en eux… Mais on dirait que trois milles ans, c'est assez pour perdre de vieilles habitudes…'

Un autre coup sourd, un bruit de craquement qui se répercute…

Legolas avait l'impression que les yeux lui sortaient de la tête. Une odeur de sang lui emplissait les narines, sa gorge le brûlait et une alternance de points lumineux et de taches sombres se formaient devant ses yeux, masquant petit à petit la surface qu'il avait eu tant de mal à discerner dans l'obscurité.

Des pensées paniquées se bousculèrent en lui. 'Est-ce que je suis en train de mourir ? Est-ce que ça va me tuer ?'

Une voix intérieur lui répondit : 'Oui, très probablement'.

Encore un autre coup sourd, plus fort que les autres, et alors que le noir avait presque complètement obscurci sa vue, il eut l'impression d'être tiré vers l'avant. Sauf que comme il était en apesanteur sous l'eau, face à lui, cela pouvait vouloir dire aussi bien vers le haut, que vers le bas.

Il prit peur et voulu se débattre, mais la chose qui l'avait saisit le tira plus fort. Inconsciemment il se demanda ce qu'il pourrait bien faire s'il arrivait à se dégager.

Et puis il creva la surface de l'eau.

Il ne s'en rendit pas compte au tout début. Il réalisa juste que le froid mordait plus cruellement sa peau et que sa tête lui paraissait lourde. Et la chose continuait à tirer…

Et à le hisser sur quelque chose de glacé.

Par réflexe, Legolas toussa à nouveau, et l'eau fut éjectée de sa trachée et de ses poumons. La bouffée d'air qu'il aspira ensuite lui sembla la sensation la plus délicieuse de toute sa vie.

Tout de suite après, il regretta cette pensée, car ses poumons se révoltèrent férocement. Il toussa à nouveau plusieurs fois, et eut un âpre arrière goût métallique dans la bouche. Sa respiration était laborieuse et douloureuse à la fois. Le monde tanguait autour de lui. Il retomba face contre sol pour essayer de reprendre son souffle, et à ce moment là, il réalisa qu'il était couché sur quelque chose qui devait être de la neige.

Sauf que ça semblait un peu trop léger pour être simplement de la neige…

« Dépêche-toi !», dit une petite voix qu'il crut d'abord être sortie de son inconscient. Il tourna la tête d'un côté, et tenta d'ouvrir les yeux ; ses jambes étaient toujours dans l'eau glacée. Quelque chose le saisit par ses épaules et le tira complètement hors de l'eau. Par panique, il se débattit, et recula loin du contact physique.

Il ouvrit les yeux complètement et vit à la fois où il était, et qui était face à lui.

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Il descendit les marches rocheuses qui menaient dans les caves sous Isengard. La lueur des flammes rougeâtres sur les pierres et les poutres, et l'odeur pestilentielle de souffre et de métal, le tout saupoudré des grognements et des cris des créatures diverses et repoussantes qui avaient participé à la transformation de décors des lieux, pouvaient symboliser pour quiconque un aperçut de l'enfer.

Mais Saruman n'était pas quiconque. Il était le maiar qui avait autorisé ces créatures à investir ce lieu de paix et de recueillement. Il les avait accueillit à bras ouverts, non pas par excès de bonté devant une race autrefois manipulée, mutilée et transformée par Melkor, mais afin d'avoir une arme puissante sous la main.

Et alors qu'il approchait un groupe d'orc affairés à dégager quelque chose de la roche – quelque chose qui remuait – il ne put empêcher un sourire de se former sur ses lèvres.

Melkor avait transformé des elfes en ces créatures hideuses et repoussantes, mais qui craignaient la lumière du soleil. Lui, Saruman, sage parmi les sages, venaient de leur faire faire un bond en avant dans l'évolution.

Un des orcs saisit une dague et s'approcha. La chose devant lui semblait être dans une membrane souple, translucide, et parcourues de vaisseaux sanguins, sous laquelle la créature remuait et se tordait. La pointe de la dague de l'orc fendit la membrane d'un geste précis, et les autres orcs s'affairèrent à agrandir l'ouverture pour permettre à la créature à l'intérieur de cette sorte de chrysalide répugnante, de sortir à l'air libre.

Au milieu de la commotion, un bras puissant et griffus jaillit et saisit la gorge de l'orc à la dague. Ce dernier tenta de se débattre, mais s'immobilisa rapidement lorsqu'un 'croc' assez sonore pour couvrir un instant le tumulte environnant, se fit entendre. L'orc retomba sans vie sur le côté. Les autres orcs se reculèrent avec haine et prudence alors que la créature sortait de la membrane, et jetait des regards inquisiteurs autour d'elle en reprenant son souffle.

Saruman sourit à nouveau. La créature n'était pas encore de taille à lutter contre toute une troupe d'orc, et avait agit plus par réflexe, mais dans un premier temps, elle pourrait être maîtrisée, le temps qu'elle réalise à quelle famille elle appartenait, et où sa loyauté devait tenir… Le magicien blanc l'observa de côté : mieux bâti que la précédente « fournée », ce nouveau « prototype » pouvait rapidement supplanter les orcs actuels, qui deviendraient bientôt obsolète. Oui, dans deux semaines, cette nouvelle fournée serait la plus puissante, le meilleur résultat de croisements qu'il eut obtenu. Non que le dernier test ait été un échec, mais Saruman avait sentit alors qu'il aurait pu faire mieux. La précédente « fournée » résistait effectivement au soleil, mais Saruman ne retrouvait pas la force brute qu'il recherchait.

Oh, ils étaient résistants, oui, forts aussi… Mais ils n'étaient pas son but ultime.

Laissant les orcs se charger de maîtriser la nouvelle créature, Saruman fit demi-tour et remonta un escalier qui devait le mener à une salle circulaire où la précédente série d'expérience se préparait à sortir. Il regarda, depuis son balcon de pierre, un groupe d'une vingtaine de grands orcs sombres, qui se tenaient droits, et non courbés et tordus comme les orcs classiques. Leurs muscles n'étaient pas secs et nerveux, mais dessinés à une manière presque humaine. Leurs visages semblaient un peu plus humains que les orcs dont ils étaient originaires…

Le magicien blanc sourit à nouveau. Ils n'étaient peut-être pas aussi puissant que la dernière génération qui venait de jaillir des cuves dans la roche, mais suffisamment pour partir dans une montagne enneigée pour déterrer quelques cadavres à la recherche d'un anneau, ou pour décimer les quelques survivants qui devaient déjà être probablement blessés, et à bout de force.

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L'air était froid, piquant, et légèrement acide. Pendant un instant, il songea à Boromir, et à ce qu'il avait décrit du Mordor, puis il ralentit légèrement le pas. Boromir ? Qui était-ce encore ? Il reporta à nouveau son attention devant lui. Il faisait sombre, et comme si cette terre était vouée au crépuscule constant, il n'y avait ici aucune plante.

Legolas courait sur la surface gelée de la rivière, essayant de garder le rythme, de ne pas trébucher. La petite fille aux cheveux rouges lui tenait fermement par le poignet ; elle courrait devant lui et jetait des regards inquiets à gauche et droite, et vers le ciel, comme si elle craignait une attaque imminente.

Dans l'esprit de Legolas, l'image d'une wyverne recouverte d'une armure de métal se forma, et il porta un nouveau regard au paysage autour de lui. Il était déjà venu dans un monde similaire. C'était son monde des cendres. Il ralentit le pas. Puis s'arrêta complètement. Face à lui, se dressait depuis la rivière gelée, une colline à la pente assez abrupte, au-delà de laquelle il pouvait distinguer des ruines de constructions étranges. Il mit du temps avant de se rendre compte que ça avait pu être des tours. Il distingua alors l'amas de métal rouillé vers lequel l'entraînait l'enfant, au même moment où son ouïe distingua un son lointain dans l'air mort. Il ralentit le pas pour prêter oreille et identifier la source du bruit, mais la petite fille lui saisit le poignet assez brutalement et recommença à le tirer vers l'avant. « Il ne faut pas traîner ici. Ils vont arriver rapidement ! »

'Ils ?', l'elfe se demanda à qui l'enfant faisait allusion. Il distingua alors l'amas de métal rouillé vers lequel l'entraînait l'enfant, au même moment où son ouïe distingua un son lointain dans l'air mort. Il ralentit le pas pour prêter oreille et identifier la source du bruit, mais l'enfant le tira à sa suite une fois de plus. « Ils ne sont pas loin ! Bouge ! »

L'ouïe de Legolas perçut encore de grondement lointain ; il ne pouvait pas encore l'identifier, mais on eut dit que la panique de la petite fille se transmettait à lui.

« Dépêche toi, Soldat ! », la voix de la petite fille devenait plus basse, plus autoritaire… plus désespérée, aussi. « Je ne t'ai pas amené ici, pour te laisser mourir ensuite ! »

'M'amener ici ?', l'esprit de Legolas était confus et ne trouvait rien de connu auquel se raccrocher. Il manqua de trébucher mais se rattrapa de justesse grâce à l'aide de l'enfant. Le son devenait de plus en plus fort, et l'elfe sentait la panique lui agripper le cœur. Quoique fut ce que craignait l'enfant, ça ne devait pas être bon pour lui non plus ! Il avait l'impression désormais que ses jambes pesaient très lourds, et que ses pas faisaient un bruit de tonnerre sur la couche de glace… Et l' « abri » qui avait l'air de ne pas se rapprocher bien vite…

Le premier rocher, à peine un caillou crevant la glace grisâtre, était à dix mètres d'eux quand le son se fit soudainement plus clair. Legolas localisa que quelle que fut la créature qui émettait ce son, elle arriverait très prochainement, et par la gauche, probablement depuis l'arrière des squelettes de tours qui surplombaient la rivière.

Il sentit sous ses pas le crissement des cailloux et ce son sembla lui redonner des forces. Ils allaient atteindre l'abri, ils allaient y arriver…

C'est à ce moment là qu'une créature volante surgit effectivement de là où Legolas l'avait prédit. L'elfe se retourna et se figea, alors que l'abri n'était qu'à quatre mètres d'eux. La créature avait des yeux luisants dont la lueur blanchâtre semblait trouer l'air. L'archer sembla paralysé, comme certains animaux face à leur prédateur, qui cessent tout mouvement et présentent un comportement anormalement calme pour quiconque ne connaîtrait pas le contexte des événements en train de se dérouler.

La créature volante, la wyverne de ses souvenirs, semblait planer au-dessus de la ville détruite, comme cherchant la moindre proie qui s'y trouverait, puis elle pencha légèrement de côté, et l'elfe vit qu'elle amorçait un mouvement dans leur direction. Déjà, les yeux lumineux de la wyverne trouaient l'obscurité et les nuages de poussières au dessus d'eux.

Elle ne les avait pas encore vu, mais cela ne saurait tarder… Et Legolas se sentait toujours paralysé ; ce fut l'enfant qui le tira de sa torpeur, la panique étranglait sa voix : « Si tu veux vivre, tu viens avec moi, MAINTENANT ! ».

Ces paroles frappèrent l'elfe de par leur familiarité. Quelqu'un avait déjà prononcé de semblables paroles, autrefois, en un autre temps, un autre lieu, dont il ne pouvait se souvenir. Mais cette phrase lui fit l'effet d'un coup de fouet, redonnant de la mobilité à ses jambes, lui permettant de reprendre le rythme de la fuite. Car ce n'était plus une course désormais, mais une fuite face à un danger qu'il ne connaissait, ni ne comprenait…

Le bruit de la wyverne s'accentuait constamment. L'abri était à deux mètres d'eux quand ils furent balayés par l'aveuglante blancheur des yeux de la créature volante. La lumière les quitta un instant, puis revint rapidement se poser à l'endroit où ils étaient avant, comme si la sentinelle volante avait réfléchit un moment à ce qu'elle venait de voir, puis décidé que c'était des proies bonnes pour elle. Legolas entendit une sorte de sifflement strident, puis un éclair rouge frappa le sol derrière eux comme ils se jetaient derrière les rochers et poutres. Ils furent un instant soulevés dans l'air avant de retomber et de rouler parmi les débris de cette étrange civilisation qui avait été détruite par la vague de feu. Legolas roula sur le sol, le souffle coupé, et avec l'impression qu'une centaine de petites aiguilles lui piquaient le corps. Il serait bien resté immobile, mais l'enfant s'était déjà redressée et le tirait sous un pan de mur à demi écroulé. Les jambes de l'elfe furent tirées à l'ombre un instant avant que la lumière de la wyverne ne tombent sur eux. Des tourbillons de poussières volaient dans l'air, le saturant, et diffusant la lumière aveuglante un peu partout. L'enfant fit signe à l'archer de s'aplatir sur le sol et de ne pas bouger. Tous deux observaient le déplacement des ronds de lumière sur le sol, sachant que si la lumière les touchait, l'éclair rouge suivrait peu après. Et ensuite…

'Ensuite quoi ?' , reprit une voix qui était demeurée bien silencieuse ces dernières minutes. Elle n'avait pas vraiment manqué à Legolas, mais il y avait toujours ce vieux dicton selon lequel on finissait par aimer son bourreau.

'Je….', hésita Legolas tout en se retenant de tousser, une main plaquée sur sa bouche. La wyverne faisait un vacarme immense, mais il était persuader qu'elle percevrait sans problème une toux venant de sous un rocher. 'Je me réveillerai ?'

'Tu penses toujours que c'est un rêve ?', le railla la voix. 'Qu'est-ce que tu attends pour en sortir alors ?'

'Et la laisser toute seule ici ?'

'T'entends-tu penser parfois ?', la voix avait un timbre amusé. 'Si tu es dans un rêve, rien de tout ceci n'est réel, la wyverne ne l'est pas, pas plus que l'enfant !'

Legolas tourna la tête vers la petite fille qui surveillait l'extérieur. Il n'y avait plus la même peur qu'avant dans ses yeux. On aurait plutôt dit un animal qui suppute ses chances de survie, et même de contre-attaque. De temps en temps il la voyait reculer un peu, de crainte que la lumière ne la touche. Il l'imitait souvent dans son geste. 'Elle connaît cet endroit bien mieux que moi', se dit-il, 'je dois me fier à son jugement, le temps d'apprendre'

'Apprendre quoi ?', recommença la voix, 'si tout ceci n'est qu'un rêve !'

'Tu dois lui parler, Legolas', une autre voix dans son esprit, une voix enfantine, 'il le faut… Avant qu'il ne soit trop tard'.

L'elfe détourna un instant le regard, les yeux écarquillés. 'Alek…'. Il ramena ses yeux sur l'enfant aux cheveux rouges à son côté. Il réalisa alors que parmi les décombres calcinés et recouverts de cendre et de neige autour d'eux, pouvaient se compter nombre d'os noircis. La lumière blanche continuait de balayer les alentours de l'endroit où ils étaient caché, et révéla à son regard la présence d'autres morceaux de squelettes. Cela lui apprit beaucoup sur le concept d'éventuelle pitié du prédateur qui planait au-dessus d'eux. Soudainement, son arc et ses flèches lui manquèrent cruellement. Il distingua, très près d'eux, le crâne d'un jeune enfant qui semblait poser sur lui un regard accusateur.

'Tu ne dois pas nous abandonner, Legolas', la voix d'Alek à nouveau résonna dans son esprit. 'Tu ne dois plus traîner Legolas. Le temps presse. Bientôt il sera trop tard…'

'Il EST déjà trop tard', se dit Legolas, 'je suis arrivé trop tard…'

« Que dis-tu ? », souffla l'enfant à côté de lui. L'elfe tourna son visage vers elle, avec la peur au ventre que ses yeux se posent sur le visage blafard et couvert de sang d'Alek. Mais ce n'était que la petite fille aux cheveux rouge. Avait-il pensé trop fort ? S'était-il exprimé à haute voix ? La lumière s'éloignait d'eux, le bruit diminuant aussi légèrement. Bon signe.

« Où sommes nous ? », souffla l'elfe. Il venait de réaliser que ces moments d'intimité forcée allaient peut-être lui permettre de comprendre un peu l'énigme dans laquelle il était enfermé depuis longtemps. Ce monde-ci avait-il vraiment à voir avec ce que Alek lui annonçait dans son rêve ? Et si c'était le cas, y avait-il un moyen de changer quelque chose ?

La petite fille eut un faible sourire avant de reporter son attention sur les ronds de lumière qui fouillaient le sol en cercles concentriques. « Pas où, mais quand. »

Seul le silence suivit ces paroles. Elle tourna le regard un instant vers l'elfe, et du lire beaucoup de points d'interrogation dans son regard, car elle reprit d'une voix basse et légèrement amère.

« Je nous ai amené. On est quelque chose comme deux ans après la vague de feu.»

Legolas sentit les prémices d'une migraine l'assaillir alors que son esprit tournait follement. La vague de feu, c'était il y a deux ans ? Pourtant, on aurait dit que c'était il y avait un instant.

'Un rêve, Legolas', reprit la petite voix sarcastique au fond de son esprit. 'Cela a l'air peut-être très réel, mais souviens-toi, ceci n'est qu'un rêve…'

« Tu m'a amené ici ? Pourquoi moi ? »

La petite fille eut un faible sourire à nouveau, une étrange lueur nostalgique dans le regard. « Tu es le premier qui me voit… Le premier qui m'entend… »

Legolas fronça les sourcils, puis se souvint des enfants qui jouaient dans la plaine de jeu, autour d'elle, et qui ne la voyait pas, le bras tendu vers les tours.

Les tours qui allaient exploser dans le deuxième soleil…

« Les autres ne t'ont jamais vu ? », demanda l'elfe, même s'il devinait déjà la réponse. L'enfant secoua la tête, son attention toujours vers les ronds lumineux qui continuaient leur ronde en s'éloignant sensiblement de leur cachette.

« Non », dit-elle après un moment. « J'essaye de leur parler, de les avertir, mais ils ne m'entendent pas. Et à chaque fois, c'est pareil». Sa voix semblait se charger d'un mélange de tristesse et de rage. « J'ai bien essayé de les amener ici pour les sauver, mais ils… ils ne demeurent pas vivants. Tu es le premier, c'est pour ça que je veux te protéger. »

'ne demeurent pas vivants ? Qu'est-ce que--'

« Ce monde », reprit l'elfe, ne s'attardant pas sur cette pensée, « c'est ce qui résulte de la vague de feu ? »

« Oui »

Legolas sentit son cœur accélérer. Jusqu'à présent, la conversation actuelle avec la petite fille n'était pas très différente des conversations qu'il entretenait parfois avec les voix dans sa tête. Ici commençait l'inconnu.

« Qui a provoqué la vague de feu ? »

L'enfant prit une respiration pour lui répondre, puis son regard s'arrêta sur Legolas comme si elle le voyait pour la première fois. Ou plutôt, se rendit compte l'archer, elle fixait ses oreilles.

« Tu es un elfe ? ». Confirmation pour Legolas.

L'archer acquiesça. Il n'avait pas vu d'autres elfes dans sa vision de feu, mais cela ne voulait pas dire que des représentants de son peuple ne vivaient pas dans d'autres endroits.

'A moins que ce soient les elfes qui aient provoqué ça', dit la petite voix, sinistre, au fond de son esprit. Legolas retint sa respiration, tentant de demeurer sans expression, mais l'estomac soudainement noué.

La petite fille le fixait avec incrédulité (et peut-être du dégoût ? il ne fut pas sur).

« Tu es un elfe, et tu ne sais pas ? »

Un silence, puis l'archer reprit d'une petite voix mal à l'aise : « Je devrais ? »

Nouveau vrombissement au-dessus d'eux, la sentinelle volante venait de refaire un passage. Les deux seuls êtres vivants dans les environs reculèrent encore plus dans l'ombre. Quand Legolas demanda ce qu'était cette créature, il apprit que ce qu'il appelait 'Wyverne' portait un nom qui sonnait comme 'Péhemm', et qu'elle était là pour traquer et détruire tout être vivant.

Un véritable cauchemar.

La 'Péhemm' s'éloigna, et les deux purent se relâcher un peu. L'enfant posa les yeux sur l'elfe un moment. Il n'y avait plus qu'un mélange de curiosité et de tristesse (ou de pitié ?) dans son regard.

« Tu ne sais donc rien de ce qui est advenu ici ? ». C'était plus un murmure pour elle-même qu'une véritable question.

Legolas vit alors quelque chose d'étonnant. Le visage de l'enfant fut soudainement éclairé par une lumière vive. Mais pas blanche et aveuglante comme celle de la 'Péhemm'. Non, une lumière chaude et douce. L'enfant elle-même fixait cette lumière, un air triste sur ses traits. Legolas se retourna et vit un spectacle étonnant.

Le sol jonché de débris, de poussière, d'os et de métal tordu, se fondait au loin en de l'herbe verte et tendre. Les nuages noirs du ciel se fondaient en un beau bleu matinal. Il lui semblait même entendre des rires d'enfants…

Toute inquiétude semblait l'avoir quitté en regardant ce spectacle. Là, il faisait beau et paisible. Pas de 'Péhemm' qui rôdait pour vous prendre votre vie. Involontairement, il se mit à ramper vers l'extérieur. La main de la petite fille se posa sur son bras.

« Attends… »

Legolas se tourna un instant vers elle, avant de regarder à nouveau la plaine de jeu. L'ouverture sur ce monde ressemblait à un disque vertical dont les bords, assombris, représentaient un chaotique monde de cendres. L'elfe se sentait attiré par le monde dans le disque comme un papillon de nuit par la lumière des flammes. Avec le risque qui s'y rapportait de se brûler les ailes.

L'elfe ignora l'enfant qui essayait de le retenir doucement, et sortit de la protection du pan de mur à demi écroulé. Il se redressa, conscient qu'il n'entendait plus rien de la Péhemm. Les rires des enfants semblaient couvrir tout autre bruit, et le monde de cendre semblait désormais mort et calme. Legolas avança jusqu'au bord du disque, se demandant s'il pourrait le traverser et rejoindre ce monde. Il tendit une main tâtonnante, s'attendant tôt ou tard à sentir une surface dure, ou même à ressentir de la douleur, mais il ne rencontra que de l'air. Il vit la peau de ses mains désormais éclairée par ce chaleureux soleil, et sourit sans s'en rendre compte.

Il fit un pas, puis un autre, et sentit sous ses pieds la douceur de l'herbe, tandis que le soleil lui caressait doucement le visage. Il sourit comme un enfant, puis réalisa que ce soleil lui avait cruellement manqué dans le monde des cendres. Il se retourna vers l'enfant, et ce qu'il vit derrière lui, lui fit perdre son sourire.

L'enfant se tenait de l'autre côté du disque, et derrière elle, il pouvait voir l'endroit sombre et poussiéreux où ils s'étaient terrés face à la Péhemm. Elle n'avait pas traversé le disque et semblait regarder ce monde si chaleureux d'un œil triste.

Devant le regard de Legolas, elle eut un faible sourire.

« Je ne peux pas… », sa voix était faible et basse. « J'ai beau essayer, je n'y arrive pas… »

L'elfe crut au début qu'elle n'arrivait pas à passer le cercle. Il tendit la main vers elle pour l'aider, mais elle secoua la tête d'un air triste. « A quoi bon ? Ce monde va être détruit, quoi qu'on fasse… »

Legolas se retourna et vit alors la plaine de jeu telle qu'elle avait hanté ses rêves auparavant. Son estomac commença à se nouer. Puis la voix de la petite fille reprit. « Je reviens tout le temps en cet endroit, mais je n'arrive pas à changer quoi que ce soit… »

L'elfe se souvint alors de son impression première quand elle lui avait parlé. « C'est un rêve ? ». La petite fille parut songeuse, hésitante, puis répondit évasivement.

« Oui et non ». Legolas fronça les sourcils mais elle ne parut pas s'en rendre compte. Son sourire amer revint. « Cela s'est produit il y a longtemps… Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'espérer… Espérer que je pourrais changer tout ça… »

Elle regarda Legolas de côté, le sourire ne quittant pas ses lèvres. « Etrange que je discute de ça avec un elfe, alors que vous avez été dans les premières lignes de tout ceci… ».

Legolas la fixa sans comprendre. Il la vit alors lever les yeux vers le ciel. « Ca commence », dit-elle simplement. Legolas se retourna vers la ville mais ne vit rien d'anormal.

Seulement, si l'enfant disait que ça allait arriver, c'était comme avant, quand elle levait le bras vers le ciel… « Montre moi », lui dit-il simplement en se retournant vers elle.

La petite fille le regarda un moment, pesant peut-être le pour et le contre, puis sourit faiblement, et leva le bras vers le ciel. Un oiseau qui passait par là ralentit son vol, puis s'immobilisa complètement. Legolas l'observa, abasourdi, se demandant comment se faisait-il que l'oiseau ne tombât pas sur le sol herbeux. Puis son regard revint vers la petite fille, qui avait franchis d'un pas le cercle séparant les deux mondes (ou les deux époques, s'il se référait à ce qu'elle avait dit plus tôt). Elle gardait un pied dans le monde de cendre, pourtant, comme si elle voulait se garder une sortie de secours.

Legolas verrait dans quelques moments, que c'était effectivement le cas.

« Ceci est un rêve », dit-elle d'une voix presque plate, comme pour répondre à sa question muette concernant l'oiseau. « Si je me concentre assez, je peux ralentir les événements, les arrêter… et quelques fois, mais rarement, revenir en arrière».

L'elfe se retourna vers la plaine de jeu et vit que les enfants étaient immobilisés. Non pas naturellement, s'il en jugeait celui qui se balançait au bout de deux cordes, à un angle pas naturel. Le temps semblait effectivement s'être arrêté.

'Ce n'est donc pas mon rêve', se dit-il avec un certain soulagement. 'Depuis le début, ce n'était pas mon rêve… Pas étonnant que je ne comprenne rien…'

'Solution de facilité, l'ami', reprit la voix sarcastique. 'Comment peux-tu te retrouver dans le rêve de quelqu'un d'autres ? Voyons… Tu n'es pas un liseur de rêve, seule Galadrielle l'est et il n'y en a pas plus d'un à la fois. Si tu acceptes si facilement que ce n'est pas ton rêve, peut-être que tu n'es rien d'autre que le rêve de quelqu'un d'autre… peut-être que ta vie n'est qu'un rêve'

'Silence'

'Ou peut-être que oui, ta vie n'est qu'un rêve. TOUTE ta vie.'

'Assez'

'Car tu serais toujours dans le cachot de ton père, après toute ces années, à t'inventer une vie qui n'existe pas'

'SILENCE !', hurla Legolas mentalement, serrant les poings et espérant n'avoir fait que penser ce mot et non pas l'avoir prononcé tout haut comme tout à l'heure sous le pan de mur.

La voix dans sa tête obéit à l'ordre.

Pour un moment du moins.

Il se rendit compte alors que la petite fille lui parlait. « -- dans le ciel. »

« Pardon ? », Legolas tourna vers elle un regard étonné et un peu coupable de ne pas avoir écouté le début alors que c'était une des réponses qu'il cherchait depuis si longtemps. La petite fille prit une respiration et reprit. « Regarde, là haut dans le ciel… Au dessus des tours »

Legolas reporta son attention vers les tours. Il ne vit rien juste au dessus des tours, que des oiseaux immobiles suspendus en l'air, comme figés en plein vol. Puis il leva lentement les yeux pour regarder de plus en plus haut.

Et finalement, il vit bel et bien quelque chose.

Quelque chose de petit, de brillant, et qui laissait une fine traînée blanchâtre derrière lui.

« C'est ce qui a provoqué la vague de feu », dit simplement la petite fille. Quand il tombera dans la ville, tout explosera ».

Legolas se retourna pour observer ce petit point métallique dans le ciel. Même avec sa vue perçante, il ne pouvait pas distinguer ce que c'était. Il avait hélas le soleil dans la même perspective et en était aveuglé. « Qui a envoyé ça ? », demanda-t-il doucement, rassuré qu'il était par l'immobilité de toute chose. Il remarqua alors que l'enfant qui se balançait au bout des deux cordes, s'il était encore immobilisé dans un angle non naturel, était dans un angle moins surnaturel qu'avant. Il reporta son attention sur l'oiseau immobilisé dans le ciel près de lui et vit que ses ailes avaient une autre position. Il avait d'ailleurs bougé depuis la fois passée. Il y avait aussi un son, grave, presque imperceptible, mais effrayant car il semblait signifier quelque chose. Tout autour de lui le lui confirmait : le temps se remettait lentement en place.

La petite fille parut s'en rendre compte, car l'elfe entendit un gémissement de désespoir venir de là où elle était. Mais pour l'instant, seul lui importait la réponse à sa question.

« Qui a provoqué ça ? », répéta-t-il alors qu'elle regardait le spectacle avec des larmes apparaissant dans ses yeux gris. « Je ne peux pas… », commença-t-elle, « je ne peux pas retenir le temps. Il faut que tu reviennes », ajouta-t-elle en tendant le bras vers lui, main ouverte.

« Réponds-moi », hurla l'elfe pour couvrir le son qui s'amplifiait. Il réalisa alors qu'il pouvait distinguer de lourds et lents éclats de rire et comprit. Le son aussi avait été stoppé, et retrouvait lentement sa vitesse normale.

Dans peu de temps, il y aurait beaucoup de lumière, et les rires feraient place à des cris et des hurlements. « VITE, REPOND MOI ! », hurla l'elfe. « QUI A PROVOQUE CA ! »

« Les humains leur ont donné trop de contrôle, ils ont tout décidés eux-mêmes! », répondit l'enfant, de la panique dans le regard, la main toujours tendue. « Reviens avant qu'il ne soit trop tard ». Legolas était à cent lieues de deviner de qui l'enfant parlait, et se retourna, cherchant du regard le point métallique dans le ciel, espérant trouver une réponse. Il avait bougé, s'était sensiblement rapproché de la ville, et son mouvement s'accélérait. Il eut alors une étrange pensée paniquée. Pas pour lui, ni pour les enfants. Mais pour les oiseaux, qui seraient les premiers touchés par l'explosion.

Il suivit du regard le point métallique alors qu'il tombait dans la ville. Comme l'avait prophétisé la petite fille, l'instant qui suivit l'impact du point métallique fut le témoin de la naissance d'un second soleil dans la ville. Au ralenti, l'elfe vit ce soleil avant d'entendre le bruit assourdissant qui suivit. Il entendit ensuite les cris de surprise et de terreur des enfants et parents près de lui. La ville disparut dans les flammes qui se déversaient en vague dans toutes les directions. Puis ce fut un tremblement qui sembla secouer les tréfonds mêmes de la Terre.

Legolas se sentit en terrain terriblement connu à présent. La vague de feu roulait vers lui, les enfants et les parents se tordaient sur le sol, se consumaient, les arbres commençaient à brûler.

Et toujours ce grondement sourd.

Non, pas le même grondement.

On aurait dit un feulement.

Un feulement de wyverne… de Péhemm.

Legolas se retourna vers la petite fille, qui se tenait toujours dans le cercle, un pied dans chaque époque, la main tendue vers lui. « Viens avec moi! ». Son visage n'était plus implorant, mais ferme. Une expression familière sur un visage plus vieux.

Il pesa rapidement le pour et le contre. S'il restait ici, il serait brûlé sans aucun doute… S'il partait dans le monde des cendres, ils auraient à affronter la wyverne, et tous les autres dangers dont l'enfant ne lui avait pas encore parlé, mais dont il soupçonnait l'existence.

Il se retourna, et vit les flammes qui étaient sur le point de l'atteindre, en ouvrant une gueule béante comme pour le dévorer. Il fit demi-tour sur lui-même pour faire face à la petite fille. Il avait l'impression que de la lumière blanchâtre se faisait de plus en plus intense derrière elle. La Péhemm n'était pas loin. S'il traversait le cercle, il risquait de mourir rapidement.

« Viens avec moi si tu veux vivre ! ». La voix, plus adulte avec toujours ce timbre enfantin, sembla le rappeler à l'ordre. Il lui sembla avec le recul que c'était comme des mots magiques qu'il avait été conditionné à obéir sans hésitation.

Il bondit, la main tendue vers l'enfant.

Si jeune, si fragile d'apparence… Mais qui connaissait ce monde, ces deux époques… Il pouvait lui faire confiance…

Car rester ici, cela voudrait dire mourir sans issue, dans les flammes.

Leurs mains allaient se toucher.

Dans le monde des cendres, peut-être auraient-ils une petite chance de survivre.

Il avait déjà été protégé et guidé par quelqu'un qui avait cette couleur de cheveux. Ce même éclat dans le regard. Cette même voix autoritaire…

Kyrieh…

Sa main se referma sur la main de la petite fille, et tout devint noir.

Et froid.

Il ouvrit les yeux et distingua une lumière blanchâtre autour de lui. Il eut un sursaut en pensant à la lumière de la Péhemm, puis réalisa que la lumière n'était pas aveuglante, mais semblait même scintiller en autant de petits cristaux froids…

Et que la main qu'il tenait dans la sienne n'était pas fine, mais gantée, et forte.

Et le tirait vers le haut.

Legolas creva la couche de glace, respirant bruyamment pour reprendre son souffle. Il faisait vraiment très froid, et le vent soufflait autour de lui.

« Il est là ! Il est vivant ! ». Une voix d'homme, non loin. Il ouvrit les yeux, et vit de la neige partout autour de lui. Et près de lui, lui tenant toujours la main et l'aidant à se hisser du trou dans la neige, Aragorn.

Legolas le fixa avec incrédulité, se demandant où il se trouvait, et même quand il se trouvait.

Puis des souvenirs affluèrent dans son esprit. La quête de l'anneau, l'avalanche…

Les rêves…

'Un jour, tu rencontrera un homme… Un roi des hommes…'

Il posa le regard sur le ranger à côté de lui, alors que la voix de Kyrieh poursuivait dans son esprit, tel l'écho d'un souvenir au travers d'une brume.

'Il sera ton ami… Et il te protégera…'

Et pour la première fois depuis longtemps, Legolas se sentit en paix et soulagé.

Même si le pire restait à venir…

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A suivre...

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(1) ceinture de soie, également connue chez nous sous le terme de « voie lactée » ;-)

Alors voilà :)

La suite de la fanfic, enfin publiée. FF point net a fait le difficile ces derniers temps pour ce qui est des uploads :(

Je n'ai pas le temps de laisser une réponses aux reviews cette fois-ci. Je suis à la bourre ( en retard, pour les non habitués au belgiscisme ;) ) et je dois partir vite.

Mais je reviendraaaaaaai (insérer musique à la terminator :D ) et le prochain chapitre aura aussi les réponses qui manquent ici ;)

Je voulais relire la fic avant de la poster (comme discuté avec Niph sur MSN ;) ), mais finalement, de la page 5 à 14, tout a été écrit en un jet. Donc, il y aura peut-être des fautes d'orthographes, de tournures… Des illogismes… Je relirai et je corrigerai semaine prochaine s'il faut ;)

En attendant, bonne lecture, et merci pour vos reviews, elles m'ont vraiment fait plaisir :) mirciiiiiiiiiiiiiiiiii :)

Bizz :x

:Roselyne: