Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi ,(... reniflement tristounet, mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic

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LA COMMUNAUTÉ DES ELFES


Chapitre Vingt six – Vision et tensions

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Trois jours…

Trois jours de descente ; trois jours où peu avaient desserré les dents, surtout quand le temps avait commencé à se relever. Ils avaient un arrière goût dans la bouche qui leur donnait l'impression d'avoir le brûlant à l'estomac. Seul le nain semblait ne pas se rendre compte du temps qu'ils avaient gaspillé ainsi, tout à la joie qu'il était de pouvoir se rouler dans la fange et la bière.

Trois jours où l'elfe ne dormait plus…

L'elfe parlait peu, le stricte minimum, enfermé dans sa hargne, sa résolution, son ressentiment, sa peur et sa haine. Car pour le ranger, c'était les émotions qui se succédaient sur le visage de l'archer quand il arrivait à le regarder sans que ce dernier ne s'en rende compte. Aragorn se souvenait que seulement quelques jours plus tôt, l'elfe était abattu moralement, sujet à de fréquentes peurs ou déprimes. Son humeur s'était modifiée, mais le ranger n'était pas sur de beaucoup aimer le changement.

Ils étaient toujours dans la partie enneigée de la montagne. Il n'y avait toujours pas de trace de verdure pour Bill le poney. Juste de temps à autre, de la mousse de lichen sur une des faces d'un rocher, exposée au soleil ; lichen dont l'animal se délectait, affamé. Bien sur, ils se déplaçaient de nuit, sensibles au fait que plus le temps se dégageait, plus les oiseaux espions de Saruman seraient susceptibles de les repérer. Ils faisaient moins de pauses qu'à l'aller, parcourant de plus longues distances, comme s'il leur tardait de se retrouver dans cette grotte humide, sombre et froide. Legolas serra encore plus les dents. Pour le moment, les rêves de feu et de cendre étaient le cadet de ses soucis. Il ne voulait pas dormir, car il savait que cette fois, ce ne serait pas la petite fille sur la plaine de jeu qui l'accueillerait. Non, ce serait Alek, le visage blafard et ensanglanté, qui viendrait le chercher dans le cachot de son père, pour l'effrayer jusqu'à ce qu'il hurle pitié. Qu'importe qu'il ait prétendu venir en ami. Qui pourrait appeler 'ami' son meurtrier ?

Il marchait droit, le regard fixé devant lui, la colère semblant suinter de tous les pores de sa peau, faisant semblant d'ignorer le regard inquiet que les hobbits lui lançaient, tout comme le regard moqueur du nain et du fils du Gondor. Il évitait soigneusement le regard du ranger et celui de Gandalf. Il n'aurait pas voulu voir le sentiment de trahison chez le premier, et l'incompréhension blessée chez le second.

L'aube commençait à poindre quand il repéra un abri dans la roche. Legolas le reconnut. Ironiquement, c'était l'endroit même où il s'était confié à Aragorn, où il avait parlé de la caravane humaine, et d'Alek. L'endroit où il avait essayé d'en finir…

Certainement pas un endroit où il pourrait s'endormir ! Alek viendrait à coup sur le chercher, il pouvait y parier sa main droite !

Il fut tenté de ne pas s'arrêter là, afin de ne pas laisser de mauvais souvenirs entacher l'armure qu'il s'était construite autour de lui, puis il se dit que personne ne comprendrait pourquoi il mettrait l'équipe délibérément en danger de s'exposer à la lumière du soleil, alors qu'un abri leur était littéralement offert. Il serait jugé faible, s'il ne pouvait pas surmonter la mémoire des événements s'étant déroulés en cet endroit.

« Nous pouvons nous reposer en cet endroit, en attendant que la lumière du jour ne passe », dit il d'une voix plus calme qu'il ne l'était en se retournant vers le reste de la troupe. Son regard paraissait détaché et il ne les voyait pas vraiment comme ce qu'ils étaient, chacun individuel, avec ses propres buts, sensibilité et pensées. Non, il les voyait comme des soldats dont les ombres s'allongeaient derrière eux alors que le soleil commençait à poindre.

'Dépêche toi, Soldat ! Ils vont arriver !'

La voix de la petite fille traversa son esprit avec une telle violence qu'il faillit sursauter. Il se retourna brusquement vers le soleil qui dardait de ses premiers rayons la surface cristalline de la montagne. Seulement, ce ne fut pas le gentil soleil matinal qu'il vit. Ce fut une boule de feu qui venait d'exploser à l'horizon. La lumière tout autour de lui devint aveuglante et douloureuse. Il leva un bras vers son visage et ferma à moitié les yeux pour se protéger. Derrière lui, il entendit des voix d'enfants, - les hobbits probablement - hurler de surprise et de douleur. Le poney se cabra, et des voix plus adultes se mêlèrent aux cris des plus jeunes. Legolas vit la vague de feu se déverser depuis le lointain, et s'élancer vers la montagne en un roulement assourdissant, affamée, engloutissant le paysage qui se noircissait avant même son arrivée. Legolas se retourna vers le reste de la communauté, pour leur dire de courir. Peut-être que s'ils pouvaient atteindre l'abri qu'il redoutait tant quelques secondes auparavant, ils pourraient échapper à la vague de feu. Mais il doutait de l'efficacité d'une grotte face à la fournaise qui se ruait sur eux. Auraient-ils déjà seulement le temps de l'atteindre, cet abri ?

Mais s'ils restaient là, ils mourraient tous.

Sa respiration s'arrêta. Les autres membres de la communauté étaient debout, ne manifestaient pas de peur… Mais étaient changés en statue de charbon !

Legolas s'arrêta sur le visage d'Aragorn, qui conservait encore une certaine noblesse malgré son état, puis il sentit une onde de choc le traverser, et vit les premières flammes, annonciatrice de la lame de fond, l'entourer, lécher ses vêtements, atteindre ses amis, et les faire exploser comme des feuilles noires emportés par le vent. Il tendit la main vers Aragorn, pour le retenir, mais il ne resta du ranger que quelques morceaux sombres dans sa main. Il se retourna vers la vague de feu, les larmes aux yeux, et hurla.

'TULA ! Faites moi sortir d'ici ! Que quelqu'un nous aide ! '

La vague de feu l'atteignit et il se protégea le visage de ses bras, fermant les yeux, souhaitant être très loin. Il sentit que quelque chose le tirait en arrière. Ou plutôt, le secouait légèrement par l'épaule.

Il se retourna, et vit le visage d'Aragorn, de chair et de sang, et non de poussière et de charbon, très proche de lui, une expression sur le visage qui passa de l'interrogation simple à la peur.

« Legolas ? Qu'est-ce que… »

Aragorn avait vu le masque de détachement complet sur le visage de l'archer quand il avait annoncé qu'ils se reposeraient dans l'abri. Il avait deviné son malaise quand il s'était remémoré les événements qui s'étaient produits en cet endroit. C'était ici que Legolas lui avait confié les horreurs de son passé. C'était ici qu'il avait tenté de mettre fin à ses jours avec une de ses dagues. C'était ici que Aragorn s'était juré d'envoyer Thranduil dans les caves de Mandos s'il lui arrivait de croiser son chemin, qu'importent les conflits qui en résulteraient. Depuis, il s'était un peu calmé, mais à voir l'air de faux détachement que Legolas semblait arborer, sa rancœur remontait à la surface. L'elfe s'était un peu trop épanché au goût de certains de la communauté, mais ici, on assistait à l'effet inverse. Legolas se retranchait en lui-même. Il allait essayer de ne plus éprouver d'émotions, et allait à la longue devenir ce que son père avait essayé de faire de lui : un tueur sans sentiment, un guerrier rapide, efficace, précis, mais sans vie réelle. Quelqu'un qui traverserait les âges sans la crainte d'être blessé au cœur. Quelqu'un qui ne craindrait que les épées et les flèches de ses ennemis, mais qui ne vivrait pas réellement. Quelqu'un qui un jour se lancerait sur ses lances de ses adversaires, sans crainte de la mort, car il aurait réalisé qu'il n'avait pas vécu…

Aragorn ne voulait pas cela pour Legolas. Il se souvint de la promesse qu'il s'était faite en ces lieux : de guider, entourer, protéger Legolas dans cette vie. Et de faire en sorte qu'à sa mort, ses descendants fassent de même, afin que jamais il ne demeure seul.

Mais toute crainte de voir Legolas basculer dans un monde sans émotion venait de fondre comme neige au soleil en voyant l'air terrorisé et les larmes aux yeux de l'elfe. Avait-il bien entendu 'Tula' ? L'appel à l'aide en langue elfique ? Qu'avait vu l'archer qui le mit dans cet état. Aragorn risqua un coup d'œil par-dessus l'épaule de son frère d'armes et ne vit que le soleil poindre à l'horizon, et la chaîne de montagne qui commençait à étinceler.

Legolas regarda tour à tour Aragorn, puis les hobbits et le reste de la communauté, voulant s'assurer qu'ils étaient bien réels. Puis il prit deux profondes respirations, et chassa rapidement les larmes de ses yeux du revers de sa manche, et se retourna vers le soleil. Un soleil qui n'était plus aveuglant et menaçant, mais doux et matinal.

'Il faut que je me débarrasse de ce truc', se dit l'elfe, 'de préférence avant qu'on arrive à la Lothlórien, sinon quelqu'un finira par appeler soit les gardes, soit les types armés de filets à papillons, pour m'emmener dans un endroit reclus, tout blanc, en paix et harmonie…'

Il se recomposa un visage calme avant de se retourner vers les autres. Bien sur, Aragorn avait vu que cela n'allait pas. Et peut-être même Gandalf, à juger le regard inquiet et inquisiteur qu'il lui lança par delà ses sourcils broussailleux. Mais les autres semblaient tout affairés à rejoindre enfin l'abri contre le vent qui s'insinuait entre les couches de leurs vêtements. Bizarrement, cette vision parut rassurante aux yeux de l'elfe.

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Ils étaient tous rassemblés autour du petit feu, à l'abri du vent dans la grotte qui était encore chargée de souvenirs poignants pour tous. Ils demeuraient d'ailleurs tous silencieux, chacun plongé dans ses propres tourments et souvenirs, l'air concentré sur le repas frugal que Sam avait pu leur concocter en rationnant leur réserves. Le silence était presque palpable. Chacun se disait bien qu'il faudrait que quelqu'un démarre la conversation, mais aucun ne se sentait d'aplomb pour en prendre la responsabilité.

Legolas finit d'engouffrer rapidement sa maigre ripaille, et laissa échapper un rot sonore.

"Legolas, quelle délicatesse!", Aragorn souleva un sourcil amusé vers l'elfe.

"Dans les contrées loin dans le sud, c'est censé être un compliment après un bon repas", dit l'elfe sans se démonter.

"Et qu'est-ce qu'ils font après une bonne baise? Il pètent?".

L'intervention de Boromir fit éclater de rire les hobbits et soulever un sourcil perplexe à l'elfe. Rapidement, Gimli, et Gandalf joignirent l'hilarité générale, tandis qu'Aragorn tentait de garder composition sur lui-même. Décidément, ce voyage allait en apprendre plus qu'il ne voulait sur la personnalité profonde de ses compagnons de route. Mais au moins, les conversations démarrèrent de bon train, et se maintinrent durant tout le reste du repas.

« Je montrerai la garde complète », dit simplement l'elfe, quand ils eurent tous finis leur pitance, et que le sujet des tours de garde arriva dans la conversation. Tous tournèrent un regard étonné vers l'archer qui se tenait désormais à l'écart de tous, un peu comme au tout début de leur expédition. Ils savaient tous que l'elfe avait déjà fait des gardes complètes les deux jours qui avaient précédés, et bien que son offre fut salutaire pour beaucoup, tous commençaient à douter des réserves qui lui restaient. Que se passerait-il s'il s'endormait pendant qu'eux tous reposaient confiants, et qu'ils étaient attaqués ?

Merry, qui était demeuré silencieux et calme depuis quelques jours, ce qui était contraire à sa nature, prit alors la parole. « C'est parce que tu ne peux pas dormir ? »

L'elfe tourna un regard vaguement surpris vers le hobbit, et ce dernier frémit intérieurement, tellement l'elfe paraissait détaché de tout ; pas encore indifférent, mais il avait le sentiment que ça ne saurait tarder… Que l'elfe commençait à se retrancher en lui-même… Il décida de continuer sur sa lancée, même si le malaise en lui grandissait.

« J'ai encore certaines herbes du vieux Brandyboucq», commença-t-il, avec une involontaire pointe de regret dans la voix qui faillit faire fondre Legolas. « Elles sont réputées être les meilleurs de toute la Comté. Fumer un peu avant de dormir permet de se relaxer, et cela garantit une bonne nuit de sommeil ». L'air qu'il arborait pouvait faire comprendre à quiconque que les hobbits avaient déjà fait usage de ces herbes plus d'une fois, pour surmonter le stress de ce voyage. Legolas sourit doucement, amusé, et cette marque de réel sentiment sembla soulager plus Merry que s'il lui avait dit clairement qu'il le ferait.

Il avait déjà fumé variété d'herbes chez les elfes. Il ignorait la puissance des herbes du vieux Brandyboucq, et si leur prétendue efficacité n'était pas un chauvinisme hobbit, mais il n'avait aucune intention de se retrouver en train de planer dans un monde merveilleux si une attaque devait survenir.

Il se rendit compte qu'il souriait à l'idée, et se renfrogna, tentant de garder le masque sérieux qu'il s'était forcé à porter depuis que Frodon avait fait son choix sur la marche à suivre. « Je monte la garde tant que je suis là. Profitez en pour vous reposer et faire vos réserves, parce qu'à partie de la Moria », il posa sur Frodon un bref coup d'œil qui n'échappa pas à certains, « vous devrez vous débrouiller tout seuls. »

Sa déclaration, froide et mesurée, fit retomber l'ambiance que Merry avait presque réussit à relever. Legolas souriait toujours, mais son sourire était presque comme une excuse de devoir en arriver à ces méthodes. Il y eut un silence mal à l'aise que seul les crépitements du feu de bois au milieu d'eux brisèrent par instant, avant que Boromir ne prenne la parole. « Allons Legolas », dit-il d'une voix qui portait quelques traces de condescendance. « Cesse donc ces caprices et ces futilités. Nous sommes tous embarqués dans une aventure qui ne nous plait guère, et je suis persuadé que chacun d'entre nous a déjà eu mille raisons de tourner les talons et de rentrer chez lui. Mais cette quête est plus importante que nos propres vies. Si nous échouons, ce sont toutes les terres du milieu qui en pâtiront. Nous devons rester tous ensemble… quoique nos instincts nous disent ! »

Presque tous restèrent bouche bée devant la déclaration de Boromir, si censée pour une fois. Avec le recul, Aragorn se dit que ça n'avait ressemblé à rien sauf à un discours tout préparé à l'avance, histoire de remonter dans l'estime de tous, quitte à faire chuter l'elfe pour ce faire. Savait-il à ce moment là qu'attaquer l'elfe sur ses responsabilités n'était pas la bonne chose à faire ? Avait-il fait cela pour provoquer Legolas ? Pour qu'il explose devant tous ?

« Tu as peut-être près de trois mille ans », continua le fils du Gondor, « mais je vais devoir te dire de cesser tes enfantillages qui nous exaspèrent tous. Nous devons être tous unis face à l'adversaire, tenir dans un but commun et unique, et oublier nos tourments. Te torturer de cette manière, non seulement te met en danger, mais également le reste de la Communauté ! »

Un instant – un instant très bref – le pétillement de perplexité qui luisait dans les yeux de Legolas fut remplacé par une expression beaucoup plus dure et plus froide, bien qu'il ne se départît jamais de son léger sourire. Aragorn retrouva pendant une seconde, le Legolas de naguère, prêt à casser la figure à un soldat pesant cinquante kilos de plus que lui. Il en oublia ses griefs contre le fils du Gondor et se prit à avoir peur pour Boromir. 'Sois prudent, mon jeune ami. Sois prudent et sur tes gardes. L'individu qui est en face de toi peut avoir l'air frêle… mais il est très dangereux.'

Tous les regards se portèrent lentement sur Legolas, qui du se sentir alors agressé. La colère qui tournoyait en lui se mit à bouillonner. « Aucun de vous ne me connaît, ni ne connaît ce que j'ai traversé avant de vous rencontrer », siffla-t-il avec le même sourire figé. Etait-ce une tentative de s'ouvrir aux autres ? Aragorn ne le sut jamais, car Boromir répliqua du même ton, « Mais on ne veut pas le savoir ! On n'est pas dans un groupe de résolution de problèmes psychologiques où tout le monde se met en cercle et parle chacun à son tour! On est ici pour accomplir notre mission ! On doit y mettre tous du sien, oublier nos préoccupations personnelles et mordre sur sa langue, si on veut avoir une chance de réussir ! ».

Aragorn sentit le changement qui arrivait en Legolas. Il vit les muscles de ce dernier se tendre, prêt à bondir. Lui-même se prépara à l'intercepter au passage. Dans l'état dans lequel Boromir l'avait mis, il aurait été capable d'arracher la gorge du fils du Gondor à mains nues avant que celui-ci ne s'en rendît compte. Boromir réalisait-il bien le risque qu'il courait à ainsi provoquer l'archer ? N'avait-il pas compris ce qu'il était, en dehors de ses passages à vide ? Un assassin efficace, précis, et sans remord, formé toute sa vie durant dans ce seul but.

Legolas ne bondit pas. Il parut se contenir au dernier moment et adressa un sourire glacial au guerrier blond, un détail du discours de Boromir lui était revenu.

« Tous dans un but unique pour vaincre l'adversaire hein ? ».

Boromir acquiesça, prudent. Legolas reprit : « Alors, tu devrais peut-être commencer par essayer de ne plus convoiter l'anneau de Frodon ». La tension monta brusquement, Aragorn se demandant qui des deux bondirait le premier, vers lequel des deux se préparer à intervenir ?

Boromir eut un tic nerveux et répondit calmement à l'elfe que cela ne lui avait pas traversé l'esprit.

« Oh… Vraiment ? », répliqua l'elfe d'un ton enjoué. « Alors moi à ta place, je poursuivrais ma figure en justice pour diffamation. »

Aragorn vit que Legolas souriait de manière féroce, ses yeux étincelaient et semblaient plus en vie à l'instant qu'ils ne l'avaient été ces dernières semaines. Il se préparait au combat. A un combat plutôt sanglant. Peut-être même qu'il le recherchait avidement… Frodon dut sentir également le danger imminent, car il tenta une diversion.

« Heu… Que quelqu'un fasse un truc, là, vite ! Histoire de relever un peu l'ambiance, s'il vous plait ? Avant la prochaine crasse qui nous tombe dessus…». La panique commençait à poindre dans sa voix.

Boromir regarda quelques secondes le hobbit, puis prit une profonde respiration, comme pour se calmer, et sourit doucement, en regardant dans le vide. Il laissa l'air s'échapper lentement de ses poumons, demeurant silencieux un moment, pensif, puis :

« A poil tout le monde ».

Un y eut un long silence. Puis un bruit, imperceptible, comme un bâillement de moucheron.

Aragorn se racla la gorge. « Heu…. »

Presque tous alors éclatèrent de rire, laissant la tension accumulée ces dernières minutes, journées, semaines, s'évanouir dans l'air. Même Legolas se prit à sourire alors que les rires retombaient un peu. Tous crurent alors que la crise était passée.

« De la passion combinée avec l'action, c'est-à-dire de la vie dans le présent et de l'histoire dans le passé, naît le drame », commença l'elfe, sur le ton d'un conteur d'histoire. « De la passion mêlée à la rêverie naît la poésie proprement dite. »

Il sourit vers Boromir, mais son regard fut glacial et ironique. « Maintenant, on sait pourquoi t'as pas d'ami. »

Le silence retomba sur eux comme une lourde chappe. Gimli eut encore un petit rire avant de se rendre compte que ce que l'elfe venait de dire n'était en rien amusant ou amical. Il se racla la gorge, se tut et regarda tous les autres membres de la Communauté pour voir si eux aussi avaient perçut la même chose, ou s'il était le seul paranoïaque dans la bande. L'expression sur le visage des autres lui apprit qu'ils avaient tout ressenti la tension devenir presque comme un mur aussi solide que les parois de leur abri. Aragorn lui-même se tendit, surveillant Legolas du coin de l'œil, prêt à bondir s'il faisait un seul geste envers Boromir.

Mais ce fut Boromir qui ramassa sa longue épée et s'élança avec un juron à travers le feu. Legolas se rejeta en arrière pour éviter un coup qui aurait pu le décapiter, s'il ne se fut attendu à ce genre de réaction de la part de l'humain. Réaction qu'il avait un peu provoquée. Il souriait. L'humain venait une fois de plus de montrer sa faiblesse. Il roula sur le côté pour bondir sur ses pieds, les mains déjà sur ses dagues. Boromir arma à nouveau son épée, mais Aragorn le saisit sous les bras et le poussa contre une paroi rocheuse de la grotte, tandis que Gandalf se saisissait de Legolas avec une force surprenante pour quelqu'un de son gabarit et de sa condition. L'épée de l'humain blond heurta le sol avec un bruit métallique qui rebondit sur les parois de l'abri. Tout en affermissant sa prise sur Boromir, Aragorn se plaça de manière à le protéger de toute attaque de l'elfe.

"Vous allez rester tranquille tous les deux", hurla Aragorn, parlant directement dans la touffe de cheveux que Boromir avait devant l'oreille gauche, "sinon, on va vous renvoyer tous deux à Rivendell pour vous faire soigner d'une crise cardiaque!"

Legolas parut se détendre dans l'emprise de Gandalf et sourit largement à Boromir, tout en s'adressant à lui calmement et froidement: "C'est vrai, Boromir, tu devrais faire attention. Tu as déjà eu des alertes à la poitrine, ces derniers temps. Tu n'as pas besoin de nous en faire une de plus. Tu en es à ta quantième. La deuxième? La troisième?"

Boromir se figea, ses yeux lui mangeant le visage. Le regard qu'il porta à l'elfe était à la fois mélange d'incrédulité et de colère. Oui, il avait eu des douleurs à la poitrine ces derniers temps. Il était même désormais persuadé qu'elles étaient liées à la présence de l'anneau. Il ressentait ça comme un appel, insidieux et insistant, mais il aurait préféré mourir sur place plutôt que de signaler ça aux autres.

Oui, l'elfe en savait probablement trop. Trop pour qu'il le laisse continuer comme cela encore longtemps. Et dire que l'intervention de Saruman trois jours plus tôt, aurait pu régler ses problèmes, une fois pour toute…

Déjà, des murmures se faisaient entendre parmi la communauté. Ils se demandaient de quoi l'elfe parlait. Gandalf regardait Boromir avec un mélange de curiosité et de méfiance.

« Tu veux qu'on reparle de certains malaises ? », commença l'humain à l'intention de l'elfe pour faire diversion.

« Chut ! », fit Pippin d'un ton péremptoire qui ne lui était pas habituel – lui qui s'exprimait habituellement par une petite voix timide. Sam lui adressa un coup d'œil surpris mais se tut. « Ca suffit », continua-t-il. « On est quoi nous tous ? Une bande de chiens enragés ? Ou un groupe destiné à sauver les terres du milieu ? Ne voyez vous pas ? Quelque chose essaye de semer la zizanie entre nous ! Si nous obéissons à cette chose, et nous nous divisons, nous n'y arriverons pas ! »

Tous restèrent bouche bée devant le discours de Pippin. Surtout Merry, guère habitué à ce genre d'attitude de la part de son cousin. Seul Frodon parut deviner de quoi le plus jeune hobbit parlait, et il serra instinctivement l'anneau dans son poing, par delà les couches de vêtements qu'il portait, espérant que personne n'en vint à la même conclusion que lui.

« Je ne veux pas savoir qui a commencé », continua Pippin sur le même ton, intimant le silence d'un signe de la main à Boromir qui avait pris une inspiration comme pour parler. « Vous mettez fin à cela, MAINTENANT ! Comme tu l'as dis, Boromir, nous devons faire fit de nos différents et de nos tourments pour aller de l'avant. C'est ce que je demande ici et maintenant ! »

Tous demeurèrent silencieux, abasourdis. La tension semblait se déchirer, s'évaporer comme la brume matinale. La chose, la force ou le sortilège qui avait agit en ce lieu quelques secondes auparavant, semblait réduite au silence par l'intervention du plus jeune, du plus discret d'entre eux. Et une fois de plus, Aragorn en son fort intérieur, alors qu'il maintenait toujours Boromir immobile contre la paroi du mur, se dit que oui, ce voyage allait permettre à tous d'en apprendre plus sur eux même.

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A suivre...

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Hé oui, ne l'avais-je point promis ? un update par semaine pendant le mois d'octobre ;D

Comme annoncé dans le chapitre précédent, la tension monte de plus belle, de vieux conflits remontent à la surface… Je dois dire que je me suis énormément amusée à écrire ce chapitre-ci ;-) Retour de Pippin et de Merry dans le casting, alors qu'on n'en avait plus trop entendu parler ces derniers temps ;)

Merci à vous tous qui suivez l'histoire depuis le début sans avoir abandonné, et un plus grand merci à ceux/celles qui prennent la peine de laisser un tit mot ;-) ça m'encourage à continuer ;D

(sauf quelques fois où je lis, perplexe un "la suiiiiiiiiiiiiiiteuh !" (nombre de voyelles variable), qui me fait me demander : "est-ce que le chapitre était vraiment mauvais, qu'ils attendent de lire la suite avant de se prononcer ? . ; )

A propos, si certains d'entre vous vont ce week-end à FACTS (à Gand, Belgique), j'y serai avec l'équipe de Silence of the Rings le samedi, et avec l'équipe du Donjon de Naheulbeuk (la série TV) le dimanche )

(également, dans les vraies stars présentes p : Willow, et Parker Lewis ;) )

Et maintenant, les habituelles Réponses au Reviews ;)

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ADMONESTIA LUNE-ARGENT :

Meuh non, veut po votre mort ;'(

Après, qui c'est qui va me laisser des gentilles et/ou marrantes reviews ? ;p

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ANGEL OF SE7EN DREAMS :

Bah, pour ta fic, même si c'est une mary-sue, elle rend bien ) (certain(e)s seront surpris de me voir écrire ces mots ensemble, mais vi ) allez lire sa fic « prophétie des mondes » et vous comprendrez ;)

Oui, Frodon est plus noir que dans le bouquin. Mais il faut dire que le style de Tolkien est fort « extérieur au perso », et pas tellement « prise de tête psychologique » comme ici. Si j'avais écrit à la Tolkien, ça aurait donné quelque chose comme:

Gandalf se tourna vers Frodon. Ce dernier jeta quelques coups d'œil autour de lui, puis répondit d'une voix plate « nous passerons par les mines ».

Ce qui rejoint l'histoire originale de Tolkien.

Dès le moment où l'on bascule dans le côté « tourments internes », le moindre regard, le moindre geste, peut prendre 2 pages de justifications de pensées, réflexions, non-dits, etc… ;)

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DARK BUTTERFLY 376 :

Bah oui, ne t'inquiète pas, tout vient à point à qui sait attendre ;)

(même si la version de ce proverbe, pour Legolas, serait plutôt « tout vient à mal pour qui sait attendre » (« patience… every bad things come for he who waits », extrait (en anglais) d'un des prochains chapitres de Communauté des elfes ;) ).

Au prochain chapitre : Gandalf apporte une solution à Legolas (et à tous les lecteurs) pour y voir (un peu) plus clair ;)

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FANDERPG :

(je viens soudainement de comprendre ton nickname… « Roselyne gagne un niveau » ;p )

Je continue à siffloter un thème de suspens (X-Files ? Mission Impossible ? Jaws ? ;) )

Hee hee heee ;p

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FUSHICHO :

Merciiiii :-) j'espère que je ne te décevrai pas ;-)

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KAIN :

Merciiiii ;,-)

Ça me fait plaisir de savoir qu'on peut être plongé dans Communauté des Elfes, et oublier tout pendant un moment ;,)… C'est super gentil ;,) Chuis contente d'avoir fait une histoire crédible et prenante ;,-)…

(s'en va chialer dans un coin, émue)

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LILYNETTE :

Raleuse ! ;p jamais contente ;-)

(pour rire ;p )

Ce chapitre-ci était quand même un peu plus long hein ? ;)
(ou p'tête pas, mais il y a plus d'action que dans le précédent… non ? ;) )

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SIMBERMUDE :

Mici ;)

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VYRSES :

Les atrocités de Thandruil ? Je n'ai pas encore parlé de tout ;)
(enfin, c'est Legolas qui l'expliquera en temps voulu… pas moi ;) ça sert à rien d'essayer de me torturer… Même par les chatouilles… Je résisterai… L'esprit et le corps sont séparés… There is no spoon…)

(regarde le paquet d'algues séchées au teriyaki)

oO ; Qu'est-ce qui disait, l'autre ? Une bouchée suffit à rendre un humain high pendant 24H ? Combien de paquet j'ai bouffé? 5 ? oO ;

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Et voilà ;) C'est tout pour cette semaine pour la Communauté des Elfes.

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite )

Bizz à toutes et tous :xxxxx

:Roselyne: