Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi ;,(... (reniflement tristounet), mais je les emprunte joyeusement pour cette fiction ;)
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LA COMMUNAUTÉ DES ELFES
Chapitre Trente-deux – La peur aime la compagnie.
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L'enfant elfe se débattait dans les couloirs de pierres, traîné par deux gardes et précédé de son grand frère Odúrin. Ce dernier jetait de temps à autre un regard par-dessus son épaule, comme pour s'assurer que son turbulent petit frère était toujours là – turbulent petit frère qui avait osé défendre des humains face au roi des elfes sylvains. Le sourire suffisant qui s'affichait sur ses lèvres en ces moments laissait une impression glacée en Legolas. Il connaissait suffisamment son frère pour savoir que ce genre de sourire ne présageait jamais rien de bon. Plus tard, avec le recul, il se rendrait compte qu'il redoutait son ainé autant qu'il le haïssait.
Un troisième garde fermait la marche, peut-être pour rattraper l'enfant elfe s'il parvenait à s'échapper, ou pour surveiller qu'aucun assaillant ne surgisse dans leur dos. Legolas ne savait pas où il était emmené, ses vêtements toujours tâchés du sang de l'enfant humain Alek, mais de ce qu'il avait compris des regards et demi-paroles des adultes, il associait sa destination à la mort. Et il faisait tout pour retarder l'inéluctable.
« Laissez-moi regarder la lumière des étoiles avant, je vous en supplie ! », criait-il d'une voix plaintive vers les gardes, essayant de trouver tout prétexte pour retarder l'échéance. « Allons, ne fait pas l'enfant ! », rétorqua Odúrin, avant qu'un des gardes n'ait pu éventuellement fléchir face à cette requête typiquement elfique d'un condamné. On accordait toujours la dernière vision des étoiles.
Mais pas ici apparemment. « On est bientôt arrivé et tu vas pouvoir découvrir … », il laissa sa phrase en suspens, un léger sourire énigmatique sur les lèvres, ne sachant pas si révéler trop à l'enfant pouvait accentuer sa peur, ou le préparer à l'affronter avec bravoure et donc diminuer la frayeur qu'il pourrait ressentir.
Parfois l'ignorance n'était pas un bienfait.
Odúrin s'arrêta après avoir dépassé une lourde porte de pierre que Legolas avait d'abord pris pour une prolongation un peu lisse du mur. Si ce n'avait été pour la lourde barre de métal, horizontale, il ne se serait même pas aperçu de sa présence. A la lueur vacillante des torches, Legolas détailla rapidement la porte. Pesante, résistante, d'un aspect vieux et peu utilisée. Les gonds et la barre de métal étaient d'ailleurs piqués de rouille par endroit. A gauche de la porte, au ras du sol, se trouvait une grosse pierre, plus grosse que les pierres du mur, qui semblait pouvoir être délogée, non sans peine. Si cette pierre était plus grosse que les moellons du mur, elle ne semblait pas assez grosse pour qu'un elfe puisse s'y glisser. Même pas un enfant.
Par contre, un animal pas trop gros, pourrait, lui…
Le fil de ses pensées fut interrompu par le sinistre cliquetis métallique. Legolas se tourna vers la source du bruit et vit que le premier garde venait de faire tourner la lourde barre sur son centre, l'amenant en position verticale. Il tira sur une poignée en métal torsadé sur le côté, et du s'y reprendre à plusieurs reprises - démontrant bien le côté lourd et peu utilisé de la porte – avant que cette dernière ne daigne s'ouvrir en un sinistre bruit de lourde pierre raclée. L'estomac de l'enfant elfe voulu se retourner. Il allait entrer en sa dernière demeure, et il redoutait ce qu'il allait découvrir à l'intérieur. Et après combien de temps il souhaiterait que la mort l'emporte.
Et pendant tout ce temps, un peu à l'écart et les bras croisés sur sa poitrine, Odúrin observait son jeune frère, le regard amusé et un mauvais sourire sur les lèvres, comme s'il se délectait à l'avance du spectacle qui allait s'en suivre. A ce moment, Legolas comprit que son frère ainé le haïssait. Probablement pour lui avoir pris sa mère lors de sa naissance, se dit le jeune elfe.
Les paroles de l'elfe plus vieux lui revinrent en mémoire
('Petit frère, tu verras, il y a des choses dans le noir, insoupçonnables...')
et il frissonna, reculant d'un pas. Son dos entra vite en contact avec le garde posté derrière lui, et une main – ferme mais pourtant sans brutalité excessive – lui saisit l'épaule, comme pour prévenir toute idée de s'éloigner.
A ce moment, l'instinct de conservation prit le dessus en Legolas, et il se débattit, tentant de se soustraire à cette main qui le retenait. Il se tordit comme une anguille pour essayer de s'extraire rapidement de sa tunique par laquelle le garde le retenait, mais il ne fut pas assez rapide. D'autres gardes vinrent prêter main forte au premier, et saisirent ses bras et ses jambes. L'enfant se débattit de plus belle en hurlant alors qu'on le trainait vers la porte ouverte, rectangle sombre et béant tel une gueule gigantesque prête à avaler son âme. Du coin de l'œil, il vit Odúrin s'approcher et sans le regarder, il devina son regard et son sourire mauvais. Et alors que les gardes le soulevaient de terre pour pouvoir le porter plus facilement à l'intérieur de la pièce sombre, Legolas se contorsionna plus violemment, parvint à dégager une jambe, et envoya son pied dans la direction de son frère ainé. Ce dernier ne s'était pas attendu à une telle vivacité, et n'essaya même pas d'esquiver.
Quand la pointe du pied de Legolas impacta avec l'aine de son frère, deux choses se produisirent en même : le masque de joie mauvaise d'Odúrin s'altéra considérablement alors qu'il laissait s'échapper un hoquet de surprise, et les trois paires d'yeux des gardes s'embuèrent par sympathie.
Legolas eut l'impression que sa haine, sa colère, sa tristesse et toute l'horreur de cette journée devenaient une sorte de fluide brûlant qui venait de jaillir de sa botte vers son frère. En le voyant se plier en deux avec un juron de douleur, l'enfant elfe ressentit une sorte de joie sauvage. Il avait le regard un peu fou des animaux acculés qui sentent qu'ils vont mourir et tentent le tout pour le tout en se retournant contre leurs assaillants. Certains cerfs étaient bien venus à bout d'une meute de loups en de similaires circonstances.
Mais il n'était qu'un enfant, et face à des guerriers ayant l'habitude de combats plus rudes. Ils arrivèrent rapidement à le maitriser à nouveau et le jetèrent manu militari dans la pièce sombre. Legolas atterrit lourdement sur son flan droit et roula sur lui-même, toussant et à moitié sonné. Il se redressa rapidement et jeta un coup d'œil circulaire à la pièce pour se rendre compte qu'il ne voyait… rien du tout.
Dans la zone de lumière due à la porte encore ouverte (pour combien de temps ?), il pouvait distinguer que les murs autour de l'entrée étaient faits des mêmes grosses pierres que dans le couloir. Mais le reste de la pièce était plongée dans l'obscurité la plus parfaite, comme si les ténèbres étaient devenues palpables. Il plissa les yeux, mais ne parvint pas à distinguer le moindre mur, ou le moindre objet face à lui. La pièce pouvait être gigantesque ou minuscule… à moins que quelque chose fut tapis sur les murs et absorba toute la lumière. Quelque chose d'inerte, ou
('il y a des choses dans le noir, insoupçonnables.')
de vivant.
Legolas ramena son attention vers le rectangle de lumière qui se découpait à l'entrée pour constater avec une bulle d'acidité dans l'estomac que son frère s'y tenait désormais… sa fine épée dégainée et fermement tenue dans sa main gauche, le masque de mépris habituel remplacé par celui d'une colère mal contenue.
'Ca y est', se dit le jeune elfe, 'il va décider d'être mon bourreau ; et il va me tuer…'
Une petite voix à l'arrière de son esprit lui disait qu'Odúrin prendrait probablement son temps.
Il réalisa alors une chose étrange : il aurait du être terrorisé par cette pensée, mais l'obscurité derrière lui semblait bien plus effrayante. Son frère lui avait parlé de créatures vivant dans l'obscurité
(un jour tu finiras par voir dans les ténèbres. Mais alors, tu souhaiteras être aveugle.)
et dont il allait faire connaissance.
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Legolas interrompit son récit en voyant les poings serrés qu'Aragorn maintenait sur ses genoux. Il jeta un coup d'œil au ranger et vit le regard intense que ce dernier jetait devant lui. Il ne regardait par l'elfe, mais devait être en train de visualiser ce que son compagnon de route lui décrivait. Et sous son apparence de roc solide, Legolas devinait un sang qui bouillait. L'héritier d'Isildur sembla remarquer le silence de l'elfe, même s'il n'avait pas duré plus de 3 secondes, et ramena le regard vers l'archer. Legolas comprit la question muette qui flottait dans le regard de l'humain, même s'il avait déjà la réponse face à lui.
« Non », dit-il avec un sourire triste et une voix étrangement détachée. « Odúrin ne m'a évidemment pas tué…». Il marqua une pause et son regard s'assombrit. Quand il reprit parole, sa voix n'était presque plus qu'un murmure.
« Et pourtant… Par la suite, j'ai de nombreuses fois souhaité qu'il l'eut fait ».
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Odùrin dut sûrement hésiter un moment. Il fut certainement sur le point d'utiliser son épée contre son jeune frère. Legolas expliqua à Aragorn qu'il avait vécu les secondes qui avaient suivit avec un morbide détachement. Comme s'il était en plein rêve, en train d'observer la scène depuis l'extérieur de son corps. Au cours de l'heure qui avait précédé, il avait du sans s'en rendre compte épuiser toutes ses réserves de terreur. Son esprit avait sans doute franchi le mur de la panique pour émerger l'espace de quelques instants dans le calme plat qui se trouvait de l'autre côté.
Odùrin avait serré le point autour du manche de son épée, le masque de douleur sur son visage était devenu de la haine blanche et une lueur ressemblant à de la folie était fugitivement passé dans son regard. Mais pas assez fugitivement pour échapper au garde qui se tenait sur sa droite et hors de vue du jeune elfe dans la cellule. Le garde avança d'un pas vers Odùrin et plaqua une paume douce mais ferme sur le torse de se dernier, le poussant légèrement en arrière pour l'incliner à se calmer.
Tel un serpent, Odùrin tourna rapidement la tête vers l'intrus et Legolas vit une expression plus dure passer sur le visage de son frère. L'enfant elfe eut une étincelle de crainte pour le garde qui venait peut-être de lui sauver la vie.
Ou du moins de retarder sa mort de quelques précieuses secondes.
'Faites attention', eut-il envie de crier pour avertir le garde, 'l'elfe sur lequel vous venez de poser la main est quelqu'un de très dangereux !'
Mais aucun son ne parvint à sortir de sa gorge.
Le garde parla à voix basse à Odùrin, mais Legolas comprit la fin de la phrase : « … il a dit de ne pas le tuer, qu'il devait survivre de lui-même à ce qui l'attend.»
Legolas comprit que le 'il' devait être probablement son père, et il vit l'expression dure de son frère ainé, se radoucir après quelques horribles instants. Enfin, se radoucir n'était peut-être pas le terme correct, vu la lueur mauvaise qui se mit à luire dans ses yeux alors qu'il ramenait son regard vers son jeune frère. Legolas eut l'impression d'être aspiré vers son propre corps. Il jeta un œil derrière lui, espérant pouvoir distinguer quelque chose qu'il aurait omis lors de sa première (et rapide) inspection.
Mais une fois encore, l'obscurité était totale. Aucun moyen de savoir s'il y avait un mur à 10 pas, ou à 50 pas devant lui. Aucun moyen non plus de savoir s'il y avait quelque chose entre lui et le mur…
(il y a des choses dans le noir, insoupçonnables)
Odùrin parut comprendre la question muette de son jeune frère. Bien qu'il lui tournât le dos, Legolas devina son sourire au ton acide de sa voix et à son doux ricanement.
« Rien ne presse, petit frère. Tu vas avoir tout le temps que tu veux pour partir en exploration dans ta nouvelle demeure. Si du moins tu l'oses… », ajouta-t-il après une longue seconde. Legolas s'était retourné et vit alors que son frère avait reculé de deux pas. Si la menace de l'épée semblait être passée, la raison pour laquelle son aîné se retirait de l'ouverture de la porte pouvait signifier autre chose : que cette dernière allait être refermée. Et cette perspective lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac alors que de la glace semblait avoir été coulée dans ses veines. Il eut alors l'impression de sentir une présence dans son dos, mauvaise et calculatrice, ainsi qu'un léger souffle sur sa nuque. Ses yeux s'écarquillèrent et son cœur se mit à accélérer. Il ne se posa pas la question sur la réalité de cette sensation, mais se rua en avant, vers le carré de lumière salvateur.
« NE ME LAISSE PAS SEUL ICI ! ». Brusquement, la perspective de mort par l'épée que son frère paraissait tout enclin à lui offrir lui semblait bien douce. Il parvint à mettre un pied hors de la pièce, mais Odùrin s'était déjà élancé vers l'avant et d'une main violemment plaquée sur sa poitrine, il repoussa sans ménagement l'enfant elfe dans la pièce sombre. Le corps de Legolas sembla flotter dans les airs pendant un moment interminable avant que la gravité ne le rappelle vers le sol de pierres. Le jeune elfe roula sur lui-même, toussant pour récupérer une respiration douloureuse, avant de réaliser qu'il avait été projeté plus loin dans la pièce qu'il n'avait osé s'aventurer depuis son entrée forcée quelques minutes plus tôt. Il réalisa qu'il pouvait à peine distinguer ses mains, son tronc bloquant la lumière du couloir. Son cerveau lui hurla le danger et il recula frénétiquement vers la lumière, sans perdre les ténèbres des yeux.
Il considéra du coin de l'œil la porte ouverte. Il avait la sensation qu'elle ne resterait pas ouverte encore bien longtemps. Devait-il tenter une nouvelle sortie ? Ou mettre à profit ces précieuses secondes de clarté pour tenter de sonder les ténèbres face à lui et distinguer ce qui l'attendait.
'Es-tu vraiment certain de vouloir savoir ?', fit une petite voix à l'arrière de son esprit.
Il avait l'impression d'être sur une pente glissante. Et plus il se débattait, plus il prenait de la vitesse. Et en bas… en bas… le noir. Le petit rire de son frère ainé le tira momentanément de son imagination. Il tourna vivement sa tête vers Odùrin et vit que son expression était plutôt douce par rapport à la panoplie étalée ces dernières heures.
« Ne t'inquiète pas, petit frère. Tu ne seras pas seul. Un ami à toi va te tenir compagnie. »
Legolas fronça les sourcils d'incompréhension. Quel ami ? Qui allait venir partager sa misère ? Et dans quel but ? La nouvelle d'une compagnie amicale à ses côtés face à un danger inconnu aurait du le soulager. Mais prononcé par Odùrin, le plus doux des poèmes pouvait ressembler à un crachat sur le sol. Le regard de l'enfant fut attiré par un mouvement derrière Odùrin.
Un garde, qui ne faisait pas partie de son escorte initiale, s'approcha. Il portait sur son épaule quelque chose que Legolas ne pouvait identifier, enroulé dans une cape sombre. En un instant, l'enfant elfe reconnu le nouveau venu à ses cheveux presque roux. Lyrandael. Ce n'était pas un haut gradé dans l'armée de son père, mais c'était quelqu'un de valeur dont la présence à ses côtés pouvait rassurer plus d'un. Legolas n'était qu'un enfant, mais il savait déjà qu'il ne fallait pas se fier à l'apparence douce et paisible de cet adulte. Lyrandael était un habile combattant, quelqu'un de valeur. Legolas n'aurait jamais osé le considérer comme une 'ami', mais si c'était lui qui allait affronter à ses côtés les créatures tapies dans les ténèbres, alors il pouvait se rassurer un peu et commencer à considérer cette pièce comme un mélange entre une punition et l'épreuve de passage à l'âge de se battre.
Lyrandael le considéra un instant, l'air pensif, presque hésitant, puis tourna la tête vers Odùrin. L'aîné des fils de Thranduil acquiesça calmement. Lyrandael fit quelques pas vers la pièce, au grand soulagement de Legolas. Ainsi il ne serait pas seul. Il pourrait même espérer survivre…
Mais au moment de passer la limite de la porte, Lyrandael s'arrêta. Après un bref instant, il leva les mains vers son fardeau. L'enfant elfe sentit un malaise naitre en lui en remarquant que Lyrandael évitait de le regarder dans les yeux. D'une secousse, l'adulte projeta son fardeau à l'intérieur de la pièce sombre, tout en tenant la cape entre ses mains serrées.
Pour l'enfant elfe, le temps parut ralentir alors que la cape se déroulait, révélant la nature du fardeau. Il comprit rapidement ce que son frère avait voulu dire quand il avait parlé de compagnie...
L'esprit de Legolas devint blanc pendant un bref instant… avant que le corps d'Alek ne heurte le sol d'un bruit mou à côté de lui. Il recula précipitamment, s'éloignant de la lumière. Très vite, son odorat perçut l'odeur métallique du sang de l'enfant, mélangé à celui de la transpiration et les relents de peur qui flottaient encore autour de ce corps qui se refroidissait.
La peur qui allait être désormais la sienne. La peur aime la compagnie. Quand son porteur n'est plus capable de la cajoler – par exemple parce que son cœur a cessé de battre – elle cherche rapidement un nouvel hôte.
Legolas comprit alors que ce n'était pas un cauchemar dont il allait sortir – il aurait été incapable d'imaginer une situation pareille, même dans le pire de ses cauchemars. Il allait réellement se retrouver enfermé dans une pièce dont il ne pouvait pas distinguer les limites, mais dont les ténèbres n'enlevaient rien au danger de ce qui pouvait s'y cacher…
Mais en plus, la seule compagnie qu'il aurait face aux créatures de l'obscurité qui l'attendaient affamées, était le cadavre de l'enfant humain dont il avait ôté la vie ! Un mélange dense de culpabilité et de désespoir lui étreignit la gorge. Des points noirs apparurent devant ses yeux et il fut certain un moment qu'il allait tomber sur le sol, face contre les grosses pierres tachées du sang humain, qu'il le veuille ou non.
Une pensée morbide le traversa et il en éprouva une part de honte : si son frère fermait la porte, il pourrait toujours rester prostré dans un coin, en espérant que les créatures qui peuplaient l'obscurité ne le remarqueraient pas. Que si elles étaient affamées, elles s'attaqueraient peut-être d'abord au cadavre d'Alek, ce qui lui ferait gagner du temps en espérant la clémence rapide de son père. Bien qu'espérer une clémence rapide de sa part reviendrait à espérer que les araignées géantes et les wargs de la forêt de Mirkwood se décident à adopter un régime végétarien.
Le lourd raclement de la porte de pierre le tira de ses pensées et il leva un regard paniqué vers le rectangle de lumière dorée. Le dégoût de la situation et la peur de l'avenir auraient du lui donner les forces nécessaires pour lui faire faire une dernière tentative vers la liberté. Ne pas mourir ici sans s'être battu jusqu'au bout. Mais l'horreur de ces derniers instants semblait avoir épuisé ses ultimes réserves. Il ne put que regarder, impuissant, la zone lumineuse se réduire… Et tout ce temps qui lui parut une éternité, il réalisa une horreur plus grande et plus ironique : Le visage de son frère, le regardant fixement dans ce rectangle de lumière qui s'amincissait, serait la dernière chose qu'il verrait avant la mort. Le sourire de son aîné fit ressurgir en son esprit ce souvenir insistant :
'Petit frère, tu verras, il y a des choses dans le noir, insoupçonnables. Tu vas faire leur connaissance, et un jour tu finiras par voir dans les ténèbres. Mais alors, tu souhaiteras être aveugle.'
Le rectangle de lumière continua à se rétrécir. Bientôt, il ne vit plus que le visage de son frère. Bientôt ce ne fut plus que son œil droit, fixe et implacable. La porte claqua en un lourd bruit sinistre et les ténèbres totales tombèrent.
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A suivre...
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Et voilà ! Après ce long moment d'attente, le chapitre 32 est ENFIN online ! :D
Vous voyez que j'avais pas abandonné mes fics ? ;)
Avec moi, vous apprenez toute la finesse et la succulence du mot « patience », je sais ;-)
Vos reviews et votre soutien m'ont fait super plaisir [en particulier le soutien de bourrin que j'ai reçu sur facebook avec un certain groupe, hein ? ;) ] et m'ont motivé à grappiller une seconde par-ci, une minute par là, pour finaliser ce chapitre ;) Par contre, si je veux le sortir maintenant, je dois reporter mes réponses à vos questions dans le prochain chapitre… qui risque d'être passablement encore plus GLAUQUE que celui-ci ;-)
(et je parie que certain(e)s ici arriveront à l'exploit de mettre dans la même phrase et sans une once de remords : « pauvre petit Legolas qu'on aime » et « chouette un nouveau chapitre glauque » :-P )
Il reste encore plein de points sombres (sinon, une suite aux chapitres en cours perdrait rapidement de sa saveur ;) ), mais l'aversion de Legolas pour ce qui est des souterrains de la Moria commence à prendre de son sens… ;-)
Allez, 1h32 du mat, journée passablement trash en perspective. Je vais dormir un petit peu ;-)
Gros bisous et à bientôt :*
::Roselyne::
