Mot de l'auteur : Je sais que je n'ai pas updaté depuis un BON moment, mais vous me croyez maintenant quand je dis que cette histoire n'a JAMAIS ÉTÉ MORTE ? ;)
Musique : Hé oui, depuis quelques temps, pour ceux/celles qui voudraient se mettre dans l'ambiance, je mets les musiques qui tournaient (en boucle) lors de l'écriture du chapitre. Pour celui-ci, c'est «Leave out all the rest», de Linkin Park.
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LA COMMUNAUTÉ DES ELFES
Chapitre Trente-quatre – Nulle Fuite Possible.
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«SILENCE ! »
Tout cela n'avait été qu'un cauchemar. Le long couloir, le cachot sombre. Juste un affreux cauchemar. Ou plutôt une projection dans un futur possible, mais très sombre. L'enfant Legolas ouvrit les yeux, son regard balaya la pièce et il vit avec un certain vertige qu'il était à nouveau dans la salle nacrée du trône de son père Thranduil. Cependant, pas face à son père en train de lui donner sa sentence. Non, il était à l'écart avec les autres elfes, et regardait depuis le périmètre de la salle le face-à-face entre son père et la caravane humaine.
L'enfant elfe fronça les sourcils, tant la scène lui semblait familière. Avait-il rêvé auparavant, ou était-il dans un rêve actuellement ? ? Il porta rapidement les yeux autour de lui et effleura de la main la tunique de l'elfe à sa gauche. Tout cela semblait bien réel. Les ténèbres et l'angoisse n'avaient été qu'un cauchemar. Et désormais, l'obscurité était loin derrière lui. Il poussa un soupir de soulagement. Ce sentiment ne dura pas.
"Votre race a commis des monstruosités innommables par le passé. Votre faiblesse nous a plongés dans une ère de chaos…"
L'enfant elfe regarda son père descendre épée en main les marches depuis son trône, en direction du groupe d'humains, avec une impression de déjà-vu et une indicible angoisse. Il avait la sensation qu'une catastrophe allait se produire.
"Et ce n'est rien en comparaison avec les atrocités à venir", termina Thranduil en arrivant au pied du dais, à moins de deux mètres de celui qui devait être le chef de la troupe d'humains. Legolas déglutit avec difficulté quand il vit son père se passer une main sur le visage. L'enfant eut l'impression que l'adulte avait fait ce geste pour cacher une immense tristesse qui venait de le saisir. C'était une émotion qu'il ne connaissait pas chez son père. Sur un élan spontané de tendresse enfantine, il fut tenté d'aller vers lui, mais ses jambes refusèrent d'avancer. Le sentiment horrible de déjà-vu persistait. Ce sentiment se renforça encore quand il vit son père lever sa grande épée. Il voulu parler, mais les mots se recroquevillèrent au fond de sa gorge, peu enclins à sortir dans un monde qui sombrait dans la folie.
L'instant d'après, Thranduil découpait en deux parties bien distinctes l'humain qui était le plus proche de lui. Les autres humains poussèrent des hurlements de terreur. Du côté des elfes, ce furent plutôt quelques rares hoquets de surprises. Mais globalement, tous avaient l'air d'accepter bon gré mal gré cet acte d'ultime violence. Legolas recevrait plus tard un enseignement de la vie : les puissants ne peuvent jamais être fous. Ils sont juste un peu excentriques. De même, ils ne sont jamais grossiers, mais francs et directs.
Au centre de la salle du trône, les elfes formant la garde rapprochée du roi Thranduil eurent tôt fait de venir à bout des deux autres hommes tenant des armes dans le groupe face à eux. Restaient les femmes et les enfants qui continuaient à hurler. D'instinct, Legolas chercha une femme aux longs cheveux bruns, et la trouva rapidement, protégeant un enfant de son âge, aux cheveux bruns et dont les yeux bleu-perçant se fixèrent soudainement sur les siens, comme s'il s'était senti observé. L'espace d'un instant, les deux enfants se dévisagèrent par delà la distance et les cultures dans un monde qui n'était connu que d'eux seuls.
('Ne nous abandonne pas, Legolas !')
Alek.
Alek était vivant. Pour l'instant du moins. Tout ce qui venait de se passer n'avait été qu'un rêve éveillé. Il pouvait encore le sauver. Mais à nouveau, ses jambes refusèrent de lui obéir.
Thranduil s'avança parmi le groupe d'humains restants, flanqué de ses deux fils ainés Odùrin et Umaiá, épées dégainées, leurs intentions clairement affichées. Les femmes reculaient au fur et à mesure, tout en continuant à protéger leurs enfants. Et tout en se déplaçant avec les autres, entraîné par sa mère, Alek ne quittait pas Legolas des yeux.
('Ne nous abandonne pas, Legolas !')
L'enfant elfe sentit sa gorge devenir très sèche. Pourquoi cet enfant humain le regardait lui ? Était-ce parce qu'il était le seul enfant dans toute l'assemblée présente, et qu'Alek espérait qu'il puisse le comprendre et le protéger de la folie des adultes ?
Et tout d'abord, pourquoi pensait-il que cet enfant s'appelait 'Alek'?
Avec un horrible sentiment de déjà-vu, l'enfant Legolas vit son père lever son épée face au groupe d'humains restants. Il savait ce qui allait suivre. Il fit un effort considérable pour s'arracher au regard d'Alek, et s'enfuit de la salle, se bouchant les oreilles pour ne pas entendre les hurlements de douleur qui – il le savait - allaient survenir.
('Ne nous abandonne pas, Legolas !')
Il finit par atteindre un balcon donnant sur un des rares jardins de Mirkwood. L'air frais lui fit un peu de bien, mais pas autant qu'il ne l'aurait voulu. Il avait entraperçut dans – apparemment – un cauchemar éveillé, ce qui se serait produit s'il était intervenu en faveur des humains, et il avait fuit ce destin. Il aurait du se sentir soulagé d'avoir pu changer tout ça… Mais pourtant, un sentiment horrible de culpabilité semblait lui broyer le cœur. Même s'il n'aurait pas pu sauver Alek, il le savait, Legolas avait l'impression de l'avoir abandonné. Il sentait que des larmes avaient coulés sur ses joues au cours de sa fuite, et voulu les essuyer avec ses mains avant que son père ne les vit. Mais lorsqu'il leva les mains vers son visage, il vit alors qu'elles étaient tachées de sang.
'Quoi ? Mais… !'
Il n'avait rien fait dans la salle du trône, il n'avait ôté la vie de personne ! Alors d'où venait ce sang ?
Il sentit deux mains plus larges se poser fermement sur ses épaules, et faillit hurler. Il leva les yeux et vit son père qui le dominait de toute sa haute taille.
('Comment est-il arrivé si vite sur le balcon ?')
"Tu as le sang de l'enfant humain sur les mains. Un enfant innocent et sans défense…", la voix du roi semblait résonner dans l'air autour de lui. Legolas regarda à nouveau ses mains, horrifié. "Mais non, je n'ai pas-"
Le roi ignora l'interruption et se pencha vers son fils en crispant légèrement ses mains sur les épaules de l'enfant elfe. "Les humains ne te pardonneront jamais ce crime".
Legolas voulu protester, mais il sentit soudainement le sol se dérober sous lui. Thranduil relâcha sa prise sur les épaules de l'enfant avant que son fils ne puisse saisir ses mains par réflexe. L'enfant tomba dans un trou béant et aussi noir que la nuit alors que son père clamait : "N'espère jamais trouver de refuge chez eux !".
Alors qu'il pensait s'écraser au fond du trou, Legolas ouvrit les yeux en respirant brusquement. Il était dans l'obscurité totale, couché sur de la pierre froide. Il se redressa rapidement, tâtonnant dans le noir jusqu'à ce qu'il sente le métal de la lourde de porte d'entrée contre laquelle il s'adossa. Tout lui revint. Sa fuite de la salle du trône, c'était ça le rêve. La réalité était bien plus dramatique. Il demeura un moment assis par terre, les genoux ramenés sous son menton et entourés de ses bras. Il avait fourré son poing dans sa bouche pour ne pas hurler, et ouvrait de grands yeux pour tenter de distinguer quelque chose dans les ténèbres opaques autour de lui. Pour le moment, il y avait encore des taches et des éclairs faiblement lumineux devant ses yeux, vague souvenir de sa dernière exposition à la lumière. Mais il savait que d'ici une heure ou deux, il ne resterait absolument plus rien de cette "lueur" faussement rassurante.
Et il se retrouverait dans le noir complet.
'Petit frère, tu verras, il y a des choses dans le noir, insoupçonnables. Tu vas faire leur connaissance, et un jour tu finiras par voir dans les ténèbres. Mais alors, tu souhaiteras être aveugle.'
La voix de son frère résonnait encore dans son esprit. Il se maudit intérieurement pour avoir soutenu le regard d'Odùrin alors que la porte de sa prison se refermait. Quelle joie y avait-il à emporter comme dernier souvenir le visage tant détesté de celui qui était responsable de votre funeste sort ? Oh, peut-être parce que l'autre possibilité qui s'offrait à son regard à ce moment-là, était le visage mort d'Alek, dont les yeux vides semblaient le fixer de manière accusatrice.
Ses pensées revinrent vers l'enfant humain dont le cadavre gisait à ses côtés. Beaucoup trop proche de lui à son goût. Mais il n'osait pas s'éloigner d'Alek. Il ne voulait pas perdre le repère de la porte d'entrée, et il n'avait aucune idée si en s'éloignant ne fut-ce que de trois pas, il n'allait pas heurter un des autres locataires de cette prison. D'un autre côté
('Ne m'abandonne pas, Legolas')
il était responsable de la mort d'Alek. Qu'il ait été forcé par son père ou non, c'était quand même sa dague qui avait pris la vie de cet enfant. La moindre des choses qu'il put faire, était de rester à ses côtés jusqu'à la fin.
'…et un jour tu finiras par voir dans les ténèbres'
Legolas repassa la phrase de son frère en tête. A première vue, le "un jour" n'arriverait pas avant un bon moment mais si la condition pour voir dans les ténèbres était seulement de s'habituer à l'obscurité, alors il ferait face aux monstres de cette prison d'ici une heure ou deux, au grand maximum. Et dans le noir face à lui, il pouvait s'y tapir n'importe quoi.
N'importe quoi !
Et ces choses allaient finir par remarquer sa présence. Sentir l'odeur du sang d'Alek. Se rapprocher en salivant, vérifier peut-être la menace potentielle d'Alek. Si l'enfant elfe demeurait si près de lui, il se ferait vite repérer.
S'il s'éloignait d'Alek, il risquerait de se perdre et de tôt ou tard croiser quelque chose de moins inerte que les gros moellons de pierre qui entouraient la porte. Il pourrait même mourir bien avant que les créatures ne trouvent Alek.
Il réalisa avec une froideur qui le surprit, que le sang d'Alek était aussi sur ses vêtements. Ce contact poisseux avec sa peau le dégoûtait, mais pouvait également attirer les créatures de ce cachot vers lui aussi. Il fallait qu'il se débarrasse de ses vêtements. Mais l'idée de rester à moitié nu dans le froid de cette prison ne l'enchantait guère.
Qui savait combien de temps il allait rester dans cet endroit avant qu'on l'en délivre ?
Les paroles de son père lui revinrent en mémoire : « En ce qui me concerne, tu peux y pourrir toute ta misérable vie. »
L'attente avait commencé.
Et elle allait être longue.
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Aragorn regarda Legolas sans mot dire, posant juste une main rassurante sur son épaule, lui signifiant qu'il était prêt à affronter toutes les horreurs que Legolas voudrait extraire de son cœur. Il lui avait dit qu'il serait là pour lui, mais il voulait également se donner de quoi alimenter le feu de haine qu'il nourrissait désormais pour le père et le frère aîné de son compagnon d'arme.
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Les hobbits discutaient entre eux des souvenirs de préparations à base d'herbes, d'écorces, de fruits, ou – très souvent – de bières qui avaient le don de pouvoir faire dormir quelqu'un. Frodon était le moins loquasse de la bande, non pas qu'il n'ait aucune connaissance dans le domaine, mais plutôt que sa patience avait atteint ses limites, et qu'il eut préféré la solution proposée précédemment par Boromir. Il détourna légèrement la tête du groupe des hobbits et considéra le Gondorien. L'humain était assis contre une paroi de l'abri et fixait les flammes de leur petit feu d'un regard sombre. Il ne devait probablement pas trop y croire, à la solution proposée par Pippin. Frodon se demanda quelle était la véritable motivation derrière la proposition de Boromir, plus tôt, puis il secoua mentalement les épaules : quelle que soit la manière employée, tant que l'elfe cessait de faire sa diva et qu'Aragorn revenait à ses côtés, c'est tout ce qui lui importait.
"Boromir, peux-tu venir un moment, s'il te plait ?"
L'humain leva les yeux vers Gandalf à l'écart, et après deux clignements d'yeux, il se leva et rejoignit en quelques enjambées le magicien, curieux mais aussi – et Frodon pouvait voir cette lueur dans son regard – prudent. Le porteur de l'anneau regarda l'humain et l'Ystari discuter, mais il lui fut impossible d'entendre le sujet de leur conversation du à la discussion énergique des autres hobbits près de lui.
"… de l'eau chaude mentholée, je vous assure que ça calme !", rétorqua Sam. "En plus, ça dégage le nez et ça empêche les ronflements. C'est tout bon pour nous !"
"Un bon gros coup sur la tête", intervint Gimli qui venait de se joindre à eux, "et cauchemar ou pas, il dormira pendant un bon moment, je vous l'assure". Les hobbits ne savaient pas s'il plaisantait ou non.
"Quel dommage que Bilbon ne soit pas avec nous", dit pensivement Merry. Quand Frodon souleva un sourcil étonné vers lui, il continua : "Ses histoires ont aussi la capacité d'assommer son auditoire, et sans douleur au réveil", ajouta-t-il, prêt à déguerpir si le porteur de l'anneau se décidait à venir à sauver l'honneur de son oncle en lui lançant à la tête tout ce qui pouvait lui tomber sous la main.
Et Frodon y avait songé, il est vrai ! Mais à ce moment-là, il vit Boromir revenir blanc-comme-neige de sa discussion avec Gandalf. L'humain reprit sa place de tout à l'heure et demeura pensif, les lèvres serrées, pendant plusieurs minutes, avant de se lever et de rejoindre le petit groupe pour apporter ses connaissances en préparation de sommeil : "L'un de vous connaît une plante nommée la Valériane ?".
Il avait l'air désormais de sincèrement vouloir participer à la discussion Frodon se demanda ce qui avait pu provoquer un tel changement.
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Assis à l'écart, occupé à fumer de son antique pipe, Gandalf se remémora la discussion qu'il venait d'avoir avec le fils du Gondor. Ce dernier avait été silencieux au début, comme par peur de lâcher par inadvertance un indice sur ses véritables plans concernant Legolas. Mais Gandalf n'était pas né d'hier et savait reconnaître les intensions cachées parmi les belles paroles.
"Discours intéressant que le tiens, tout à l'heure".
Boromir s'était contenté de fixer le vieux magicien de manière neutre Gandalf avait repris : "Il y avait une certaine logique, et on voit que tu as l'habitude de commander des troupes. Tu sais quoi dire pour qu'ils t'écoutent et te suivent. Tu as ces qualités d'un grand meneur d'homme".
Boromir hocha légèrement la tête, prudent. Il devait avoir sentit que sous ces compliments, Gandalf lui avait fait l'équivalent d'un soufflet verbal.
"J'ai particulièrement apprécié ton exposé sur la sécurité dans la communauté. C'était très bien pensé, et tu as bien soulevé un problème crucial."
Boromir avait à nouveau hoché la tête, prudemment : "… Merci."
"Tu aurais effectivement plus de recul qu'Aragorn pour juger l'état de Legolas", avait admit Gandalf. Boromir avait semblé se relâcher un peu, son interlocuteur paraissant aller dans son sens. "Néanmoins", avait repris Gandalf, "il y a un détail dont je voudrais te parler."
La curiosité avait prit un peu le pas sur la méfiance et Boromir s'était penché en avant.
"Ce serait…", avait commencé le vieux magicien, "… une tragédie s'il arrivait quoi que ce soit d'étrange et de fâcheux à notre elfe. Disons que ce serait terrible s'il mourrait dans un accident qui ressemblerait à tout sauf à un accident, Boromir. Le roi Thranduil peut ne pas porter son fils dans son cœur, il pourrait très bien décider de nous éliminer sur un coup de tête. D'un SIMPLE signe de tête", avait-il précisé. "Et ce serait terrible pour nous, mais surtout pour la personne qui aurait provoqué cet 'indicent'. Car dans les jours qui nous resteraient avant l'arrivée des formidables guerriers mirkwoodiens, certains ici pourraient vouloir s'occuper du coupable dans l'espoir que les elfes ivres de vengeance à leur arrivée, se radoucissent à la vue de son corps toujours en vie. Il existe certains sortilèges qui empêchent la vie de quitter un corps, aux Valars ne plaise qu'on en arrive à de telles extrémités, et… Oh, j'ai l'impression que tu veux me dire quelque chose."
"Aaargl"
"Je te demande pardon ?"
"Oui, Gandalf, il n'arrivera rien à Legolas…"
Boromir s'était ensuite levé pour rejoindre sa place, avec l'air de quelqu'un sur le point de vomir.
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Gandalf tire une nouvelle grande bouffée de sa pipe, pouffant presque de rire à ce souvenir. Non, après 2000 ans passés sur les terres du milieu, ce n'était pas un jeune humain qui allait lui apprendre l'art de la manipulation !
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A SUIVRE
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Merci à Ninfea Di Luna, Cris, Pawliin3, Angeshekil, Altairra, Kikoo, Sirius08, et Nefra pour votre patience et votre soutien :-)
Le prochain chapitre mettra moins de temps pour être posté, je vous rassure. ;)
En attendant, je rappelle que Ninfea Di Luna a créé un groupe sur Facebook « Pour Que Roselyne Finisse Enfin Ses Fics ». Annonce d'updates et gros délires présents !
