NDA : Cette fanfic raconte que les spectres ne s'éveillent qu'après leur mort en tant qu'humain. Or, rien n'indique que c'est bien le cas en réalité. Ce n'est que purement imaginatif.


Aux yeux du monde

L'apparence a toujours eu une place importante chez l'être humain. Certaines choses ne changent jamais et ce, quelque soit l'époque. La société aime ce qui est conforme à ses idéaux et rejette tout ce qui s'en éloigne. L'homme se croit supérieur mais il est ignorant, intolérant à la différence et à l'individualité. Il est à l'image de la société qui l'a façonné.

Byaku n'a jamais été du genre superficiel. Il prenait soin de lui comme n'importe qui mais sans excès, juste ce qu'il faut pour être présentable aux yeux du monde. Ce monde qui l'avait rejeté parce qu'il n'était pas comme les autres. Malheureusement il ne pouvait rien y faire, ce n'était pas de sa faute s'il était différent. Byaku est né avec une certaine anomalie oculaire mais il n'était pas aveugle, cela n'affectait en rien sa vision. Ce n'était pas grand chose et pourtant ce fut suffisant pour le laisser à l'écart.

C'est durant son enfance que ce fut le plus difficile à gérer. Les autres enfants ne voulaient pas jouer avec lui ni même l'approcher. Quant aux adultes, ils ne faisaient que lui lancer des regards de dégoût. Il était exclu de tout sans vraiment savoir pourquoi. A cette époque il ne comprenait pas l'attitude et le rejet dont faisaient preuves les autres à son égard. Et Byaku comprit encore moins lorsque ses parents lui expliquèrent le pourquoi du comment.

Il s'était souvent demandé pourquoi les gens ne s'arrêtaient qu'à l'apparence et ne cherchaient pas à connaitre avant de juger. Mais il coupa vite cours à ses pensées. Après tout, les efforts doivent être fait des deux côtés. Pourquoi perdre du temps avec de telles futilités, ces gens n'en valaient pas la peine. Trouvant inutile de s'apitoyer sur son sort, Byaku décida de ne plus se préoccuper de ce que pensaient les autres. Il continua donc sa vie comme si de rien n'était. Son adolescence s'acheva de la même manière que son enfance, dans la solitude.

Quelques années plus tard, ses parents perdirent tous deux la vie lors d'un accident. Personne ne su d'où venait le problème mais l'incident provoqua pas mal de dégâts entraînant ainsi la mort de plusieurs personnes présentes sur les lieux. Passé le choc, Byaku essaya tant bien que mal de faire son deuil. Puis il décida de partir, ses parents étant la seule chose qui l'avait retenu ici. Il n'avait pas d'autres attache et sa présence n'était pas souhaité de toute façon. Il quitta donc son ancienne demeure pour aller s'installer dans l'une des villes voisines.

Sans surprise, il eu droit aux chuchotements dans son dos et aux regards dédaigneux. Mais il ne s'en formalisa pas, il avait l'habitude. En revanche le plus difficile fut de trouver du travail. Mais là encore, sa petite différence fut la cause de son échec. Il commençait sérieusement à désespérer jusqu'à ce qu'il rencontre une certaine personne. Le fleuriste de la ville était un homme d'âge moyen, un monsieur tout le monde sans histoire. A une différence près, il était aveugle. Byaku fut assez surpris que l'homme lui propose volontairement du travail mais ce qui l'étonna le plus fut sans doute le fait qu'il était au courant de sa différence. Il savait et pourtant ça n'avait pas l'air de le gêner. Son handicap lui avait appris à s'intéresser au fond plutôt qu'à la forme.

Byaku s'appliqua grandement dans son travail et il en était plus qu'heureux. Malheureusement cela ne dura qu'un temps. A peine quelques années plus tard son patron tomba gravement malade, victime de la récente épidémie d'empoisonnement. L'eau avait été contaminé par Dieu seul savait quoi et le fleuriste n'y avait pas échappé, comme beaucoup d'autres. Le vieil homme n'ayant pas eu d'enfants, léga sa boutique à Byaku puis avec un sourire adressé à son protégé, rendit son dernier souffle. Byaku se retrouva à nouveau seul mais pas pour longtemps. Il avait accepté le cadeau de son vieil ami afin qu'il puisse partir serein mais il savait qu'il ne tarderait pas à le rejoindre. L'eau utilisée pour leurs fleurs avait également été contaminé d'où la mort du fleuriste, il était donc inévitable qu'il soit lui-même infecté. Il en était conscient, il se sentait dépérir un peu plus chaque jour. Et après des semaines d'agonie, il finit par s'éteindre à son tour.

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Il ne ressentait rien. Lorsqu'il ouvrit enfin les yeux il ne reconnu pas du tout l'endroit. N'était-il pas censé être mort ? Perdu dans ses pensées, Byaku ne vit qu'au dernier moment la silhouette qui se posta devant lui. L'inconnu lui intima de se dépêcher d'embarquer car il n'avait pas que lui à faire traverser. Byaku fit comme demandé et prit place dans la barque sans comprendre ce qui ce passait.

« En temps normal je fais payer le trajet mais puisque tu es sur la liste, tu as le droit à un tour gratuit » expliqua l'étranger. Il se mit à siffloter, faisant traverser le fleuve au futur spectre du Nécromancien.