Moi aussi, j'existe

Les rues étaient bondées, comme tous les jours. Les passants étaient pressés, vacant à leurs petites affaires sans se soucier du reste. Sans se soucier de ceux qui les entourent.

Ils ne sont pas aveugles, juste égoïstes…

Voyant sans vraiment voir, comme tous les autres dans son cas d'ailleurs. Certains ne faisaient pas attention à lui, d'autres n'osaient même pas le regarder en face.

Trop égoïstes pour se préoccuper d'autre chose que de leur petite personne…

Il souffrait, le jeune garçon était à l'agonie. Recroquevillé dans un coin d'une petite ruelle, il n'avait plus la force de se lever. La faim, la fatigue, la peur, voilà ce qu'était sa vie. Il n'avait plus que la peau sur les os, cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas mangé qu'il n'arrivait même plus à tenir debout. Cette situation durait depuis combien de temps ? Des mois ? Des années ? Les jours se suivaient et se ressemblaient, il n'avait plus vraiment la notion du temps.

Regardez-moi, je suis juste là…

Après la mort de son père, sa mère et lui s'étaient retrouvés à la rue car ils n'avaient plus assez d'argent pour subvenir à leurs besoins. C'était difficile mais au moins ils étaient ensemble. Seulement maintenant, sa mère n'était plus là. Elle était morte, morte de faim, littéralement. Le peu de nourriture qu'ils arrivaient à obtenir n'était de toute façon pas suffisant pour deux. Sa mère lui donnait toujours sa part en souriant, s'affaiblissant de jour en jour. Son corps avait finit par lâcher et elle avait succombé, laissant son enfant seul au monde.

J'existe vous savez…

Maintenant s'était son tour. Souffrant en silence, il avait attendu que cesse enfin son calvaire. Doucement mais surement, il se sentit partir. La mort l'accueillait, c'était fini pour lui. Ou pas…

J'ai existé, autrefois…

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C'était agréable, cette sensation de chaleur. Un léger parfum flottait dans l'air puis il entendit une voix. Ouvrant difficilement les yeux, le jeune garçon aperçut vaguement un visage au dessus du sien. En se concentrant, il constata avec surprise qu'il était sur les genoux d'une femme. C'était incompréhensible pour lui, n'était-il pas mort ? Et qui était cette dame qui lui souriait ?

« N'aie pas peur, tu n'es plus seul » lui chuchota la demoiselle. Elle sortit de sa poche un collier orné d'un magnifique bijou et l'accrocha autour du cou du garçon. « Maintenant je suis là, mon petit Cheshire ».