Bonsoir à toutes et à tous.
Voici la seconde partie de cet écrit.
Je répète qu'il s'agit d'une vision personnelle, et je souhaite juste offrir toujours plus de CaMilo au fandom francophone. Je remercie celles qui m'ont fait part de leurs reviews enthousiastes et de leur soutien, cela fait chaud au coeur. J'espère que cette suite vous plaira tout autant.
Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada.
Pairing: CaMilo.
Rating: M. (Lemon)
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.
Ailleurs - II
Etalé dans les draps, un rire échappa au Chevalier du Scorpion. Au-dessus de lui, Camus souriait, plus tendrement qu'il ne le montrait jamais. Les mèches carmin glissaient sur la peau bronzée, la main droite du Grec trouvant place au creux de ses reins tandis que la gauche frôlait le visage si près du sien. Milo le tira à lui, lui demandant de nouveau de se placer entre ses jambes, ce que le Français lui accorda volontiers. Caressant l'épiderme pâle, le huitième gardien se colla au corps aimé, inspirant l'odeur qu'il adorait. Il porta à ses lèvres la paume abîmée, embrassant doucement les doigts calleux. Camus sourit, sa propre main trouvant place dans les boucles étalées en désordre sur son oreiller. Il souhaita, silencieusement, que l'odeur de son amant s'imprègne dans les draps. Qu'il puisse, pour quelques jours au moins, savourer encore les senteurs d'été qu'il emportait avec lui, inlassablement.
Un rire doux ramena son attention à l'être dans ses bras.
« Je devrais rester six mois loin de toi plus souvent.
— Idiot.
— Et pourquoi n'as-tu de cesse de t'améliorer ?
— Parce que le manque te rend subjectif. »
Un nouveau rire leur échappa. Sous les fourrures, la température était idéale. Collé au corps de Camus, Milo se sentit pris d'une immense fatigue, luttant pour ne pas céder au sommeil.
« Que leur as-tu dit… puisque je dors dans ton lit ?
— Nous avons un matelas en plus, je l'ai amené dans ma chambre. Officiellement, nous faisons lit à part.
— Quelle horreur.
— Je n'allais pas leur détailler notre nuit.
— Non, mais… je t'interdis de t'éloigner. »
Les mots s'échappaient plus lentement. L'épuisement lié au voyage commençait à le rattraper.
Ils roulèrent sur le côté. Milo posa sa joue au creux de l'épaule de Camus, son bras s'enroulant autour de son torse, avide de contact et de chaleur. Il ne voulait pas s'endormir : face à un tel bonheur, cela semblait pécher que de perdre plusieurs heures. Pourtant, la caresse des doigts pâles sur sa joue eut raison de sa volonté.
« Dors, Milo. »
Un baiser sur ses lèvres et un murmure à son oreille suffirent à venir à bout de sa résistance. Il ne se décolla néanmoins pas un instant du corps nu contre le sien, savourant la chaleur bienvenue. Il entendit Camus ouvrir son livre de sa main libre, et murmurer à voix haute les lignes sous ses yeux, dans une des dix langues qu'il maîtrisait le mieux. Une litanie hypnotique et rassurante, à laquelle Milo s'abandonna sans mal. Fermant les yeux, il se laissa porter par le timbre grave près de son oreille, lui contant une histoire dont il ne comprenait rien, mais adorait déjà tout.
Lorsqu'il se réveilla le lendemain, le lit était vide. Enfilant rapidement une tenue chaude, le Chevalier du Scorpion aperçut par la fenêtre Maître et disciples en plein entraînement. Camus faisait visiblement démonstration de son cosmos, et de ce que devrait devenir ceux de ses disciples. Ces derniers, fascinés, buvaient ses paroles, attentifs comme toujours aux enseignements de leur mentor.
Quittant la chambre après avoir refait le lit de la façon dont il se rappelait vaguement avoir préférence du Français, Milo se dirigea vers la cuisine. Il aperçut une part de petit déjeuner laissé à son attention, et sourit doucement puis se servit une tassé de café brûlant. Manger, d'abord. Faire honneur à la cuisine de son amant, et à la règle élémentaire qu'il avait apprise depuis que son propre maître l'avait laissé mourir de faim sur l'île de Milos : tout ce qui peut être consumé se doit de l'être. La teneur du goût n'était qu'un bonus supplémentaire, heureusement toujours présent dans ce que préparait Camus. Gardant sa tasse entre les mains, il céda à un accès de folie et ouvrit la porte pour observer l'entraînement se tenant à l'extérieur.
Appuyé contre le chambranle de la porte d'entrée, il détailla les gestes du maître face à ses élèves. La façon dont ses doigts abîmés se mouvaient de manière hypnotique, créant peu à peu au creux de sa main, une sphère de froid et de neige. Les deux enfants regardaient le tourbillon contenu dans la paume du Magicien de l'eau et de la glace. Souriant doucement, le Chevalier du Scorpion se souvint que c'était également la première chose que son ami lui avait montré lorsqu'il était enfin parvenu à contenir cette puissance gelée.
« Je ne m'attends pas à ce que vous parveniez à recréer ceci immédiatement. Contenez le froid dans votre paume, et créez la force centrifuge avec votre autre main.
— Quelle température, Maître ?
— Moins trente degrés Celsius. Vous devriez le savoir à présent.
— Bien, Maître. »
Un air concentré, et un autre paniqué. Milo haussa un sourcil : la dynamique semblait claire et très différente d'un apprenti à l'autre. Les deux garçons, face à face, entamèrent des gestes familiers, grimaçant sous l'effort demandé. Camus se tenait là, les bras croisés. Observant le froid que ses élèves devaient créer. En surveillant la force, l'intensité. S'assurant que jamais ils ne débordaient. Le Chevalier du Scorpion vit, à plusieurs occasions, les doigts d'enfants bleuir face à une température devenue trop basse. Immédiatement, son amant réagissait, interrompant l'effort, frictionnant les mains gelées, s'assurant de leur motricité…
Avant de les ramener inlassablement à l'exercice demandé.
« Tu ne les laisseras pas s'en sortir sans y parvenir, n'est-ce pas ? Demanda le Grec en s'approchant lentement.
— Je les prépare depuis une semaine. Ce sont les bases de mon attaque, il est nécessaire qu'ils les maîtrisent maintenant.
— Tous les deux ?
— J'ignore lequel reprendra mon armure, Milo.
— Vraiment ?
— Vraiment. »
Aucune ironie. Le regard de sang était inflexible, alors qu'il observait, enfin, les prémices de sphères de neige se former dans les doigts de ses disciples. Un sourire, ô si discret que n'importe qui d'autre l'aurait manqué, étira les lèvres du onzième gardien.
« Hyôga n'a pas encore fini de me surprendre. »
Milo fronça les sourcils, avant d'hausser les épaules.
« Tu les connais mieux que moi.
— Te joindras-tu à eux ?
— Moi ?
— Oui. J'aimerais qu'ils essaient de te lancer leurs prémices d'attaque. Pour moi, ce ne sont que des frimas, je ne suis pas certain de bien sentir la différence. Mais toi, sensible comme tu es au froid…
— Je rêve, ou tu me fais de la psychologie inversée en te fichant de moi au passage ?
— Je n'oserais jamais.
— Tous les jours plutôt. Et nous savons tous les deux que c'est un mensonge : tu es capable de me donner la température quelle qu'elle soit. Si tu veux mon aide, j'apprécierais que tu me la formules à haute voix.
— S'il te plaît.
— Je ne suis pas convaincu une seconde. »
Un rire discret. Envoûtant à en mourir.
« Je te promets que tu ne le regretteras pas.
— Je te ferais tenir parole.
— S'il te plaît. »
Milo frissonna, soupirant doucement. Il reporta son attention sur les enfants, dont les expressions de concentration sincère lui pincèrent le cœur. Ils essayaient de toutes leurs forces, cela ne faisait pas de doute. Il s'avança vers eux, frôlant de l'épaule son amant encore souriant.
« Alors, gamins. Montrez-moi un peu ce dont vous êtes capables.
— Comment cela ?
— Attaquez-moi.
— Mais… »
Le regard azur était de nouveau paniqué. Le Grec soupira, avant d'écarter les bras.
« Je suis là pour ça. Si vous y mettez du vôtre, je promets de vous dire lorsque vous serez meilleur que votre maître ne l'a été à votre âge.
— Je t'entends.
— Alors ? Vous voulez lui montrer ? »
Cette fois-ci, leur expression fût la même : un besoin évident de rendre le Onzième Chevalier fier d'eux. Et les sphères prirent en volume et en intensité par cette simple pensée. En silence, Camus observa pendant les heures qui suivirent les disciples s'acharner à donner vie à leurs pouvoirs, lançant les prémices d'une attaque que Milo connaissait bien. Leur froid variait en précision, et en degrés.
Frimas, neige, gel…
Le Chevalier du Verseau vit les étapes se raccourcir de plus en plus, alors que son amant gardait ses mains tendues, prêt à encaisser ce qu'ils auraient à lui offrir. Il n'avait pas dit mot depuis le début de cet entraînement, mais Camus avait conscience que son amant était présentement en train d'enregistrer des informations pour lui. Le regard allait et venait des sphères jetées à ses pieds aux visages concentrés face à lui. Ses yeux se plissèrent, cherchant à saisir la température exacte qu'il était en train de subir. Observant leur façon de se déplacer, de parler, de formuler, par leur gestuelle, une attaque qui avait pour but de devenir un jour mortelle.
Lorsque les enfant, haletants à genoux dans la neige, continuèrent de refuser à demander grâce, Camus sembla enfin satisfait, les invitant à venir déjeuner.
« Il était temps. Je te signale que je ne supporte pas le froid.
— Dit-il, après avoir traversé la moitié du continent pour venir ici. »
Le Grec grommela un peu pour la forme, pénétrant dans l'isba dans le but de se réchauffer aussi rapidement que possible. Malgré leur épuisement, les disciples mirent le couvert, et s'assurèrent immédiatement du bien être leur invité. L'éducation des Chevaliers du Verseaux ne cesserait jamais de l'épater. Camus se souciait réellement de ses élèves, tout comme son maître avant lui. Celui de Milo, pour sa part…
Caressant lentement les cicatrices béantes sur son torse déchiré, sa main vint tâter ses côtes, à présent bien enveloppées de peau et de muscles. Jamais aussi apparentes qu'elles ne l'avaient été. Inconsciemment, il se mordit la lèvre, mâchonnant légèrement sur la chair toujours abîmée par ses réflexes de survie désespérés. Apercevant son geste, Camus fronça les sourcils, se portant immédiatement à ses côtés. Laissant son bras frôler le sien, le ramenant immédiatement à cette réalité.
Tout va bien. Tu es rentré.
Milo hocha lentement, avant de rejoindre les disciples déjà attablés. S'étonnant de s'habituer déjà volontiers à un déjeuner dans une ambiance chaleureuse. Savourant l'heure qui s'écoula, dans un scénario similaire à la veille. Il imprima ce souvenir quelque part dans son cœur, se promettant de le chérir.
Camus y mit cependant un terme en regardant l'heure, débarrassant la table un peu plus brusquement que nécessaire.
« Vous avez jusqu'à quinze heures pour faire votre traduction.
— Bien, Maître. »
Les deux enfants se saisirent de leurs carnets et stylos, ainsi que de trois dictionnaires qui semblaient plus gros qu'eux. Intrigué, Milo s'approcha, voyant plusieurs langues s'étaler devant ses yeux, faisant sans doute parties des nombreuses parlées aisément par son amant polyglotte. Le Grec laissa les disciples à leurs exercices linguistiques, murmurant en s'approchant du Français :
« Impressionnant.
— Ils maîtrisent tous les deux quatre langues. Il était temps de passer aux suivantes.
— Evidemment. Quatre langues, c'est insuffisant.
— Dans notre fonction, ça l'est, en effet.
— Leur as-tu fait démonstration de ton superbe accent en Anglais ?
— Ma prononciation est excellente, et tu le sais parfaitement.
— Evidemment, Monsieur le diplomate. »
Milo prit place face à Camus près de la cheminée, poussant un soupir à fendre l'âme en voyant l'échiquier déployé devant lui.
« Je n'ai pas le choix, je suppose.
— Tu peux ressortir, si tu veux.
— Monstre. »
L'invité accepta se plier au jeu, après tout, cela faisait bien longtemps. Restait à voir si ses pauvres entraînements avec Aldébaran avaient porté leurs fruits. Et le Grec eut la forte impression que Camus avait lu dans ses pensées lorsqu'il demanda, nonchalamment :
« Comment se portent nos camarades ? »
Le Chevalier du Scorpion leva un sourcil en avançant son pion, levant les yeux vers son amant. Le regard carmin était insondable, et Milo dût avouer sa surprise.
« Cela t'intéresse vraiment ?
— Tout à fait.
— Pourquoi ?
— Je suis curieux.
— Non, tu ne l'es pas. Mais pour répondre à ta question, Aldébaran est reparti son Brésil, Aiolia rumine sur son honneur, Shaka est imperturbable à ce qui se passe autour de lui, et les trois autres… Je les comprends chaque jour un peu moins.
— Les lettres d'Aphrodite se sont espacées, en effet.
— Vous vous écrivez souvent ?
— Quelques fois par an. »
Milo fronça légèrement les sourcils, laissant sa tour se faire prendre.
« Ne me dis pas que tu es jaloux.
— Je ne le dirais pas, mais je te l'exprimerai parfaitement plus tard. »
Un soupir lui répondit.
« Maître, je suis désolé, je crois que nous avons besoin de votre aide.
— J'arrive, Isaak.»
Se renfonçant dans le vieux cuir confortable, Milo s'étira, savourant la chaleur de la pièce où brûlait de nouveau un feu imposant dans l'âtre. Il reporta son attention sur Camus, parti jeter un œil sur les travaux de ses élèves, écoutant leurs questions et relevant leurs erreurs.
Et entendit alors des critiques plus vives qu'il ne se le permettait habituellement. Le visage fermé, les bras croisés, le onzième Chevalier avait le regard insondable. Pointant de l'index les erreurs de ses élèves, le Français semblait particulièrement intraitable, ce qui sortait de ses habitudes s'il en jugeait par les expressions de surprise de ses disciples.
Ce fût à cet instant que Milo nota combien les épaules de Camus étaient raidies. Détaillant ses gestes, sa façon de se déplacer, sa manière de parler, presque agacée, il comprit que quelque chose n'allait pas. La fausse curiosité de son amant précédemment n'était qu'un indice de plus, si jamais il en avait besoin.
Et le Grec comprit enfin : son hôte était stressé.
Bien qu'il souhaitât sincèrement respecter les règles de leur univers, Milo se retrouvait malgré tout à empiéter sur les habitudes du Français, et il pouvait voir la tension qui habitait l'attitude de son camarade. Sûrement liée à la façon qu'avait eu les disciples de les regarder tous les deux jusqu'à présent. Camus avait beau de ne pas être démonstratif, ses élèves semblaient déjà avoir un instinct développé, leur indiquant que la façon de se comporter de leur maître était différente. Le simple fait que le Grec soit autorisé en ces lieux était, en soi, entièrement contre-nature.
Il se mordit la lèvre. A ce rythme, son amant finirait de se refermer, et risquait de devenir cruel, inconsciemment. Se relevant, il s'approcha de la table où les disciples observaient leur aîné, le regard incertain face à son attitude agressive.
« Camus ? Et si j'entraînais les gamins avant la tombée de la nuit ? «
Le regard de sang se posa sur lui. Milo frissonna : son amant était réellement nerveux.
« Dans quel domaine ?
— Course à pied. Je suis un expert. Et tu as sans doute des rapports à terminer pour le Sanctuaire. »
Repose-toi. Laisse-moi faire. Je m'occupe d'eux.
Lui offrir le silence et le calme dont il avait besoin. Lui donner l'occasion de remettre son masque, pour protéger tout ce qu'il avait construit, et qu'il devait apprendre à équilibrer, par amour pour lui.
Une telle agitation dans son quotidien n'était pas évidente à gérer, et Milo avait appris il y avait bien longtemps à déceler les prémices de remarques acérées par simple besoin de se protéger.
« Venez, vous deux. »
Les disciples le suivirent sans poser de question, intrigués par cet autre Chevalier d'Or si différent de leur maître. Il leur offrit une démonstration rapide, et sa vitesse, en particulier, sembla séduire Isaak qui passa un long moment à courir aussi rapidement que possible dans la plaine enneigée. Hyôga pour sa part, préférait visiblement suivre la précision de son attaque, dont les traces nettes parfaitement dessinées dans un bloc de glace à plusieurs dizaines de mètres forçaient l'admiration. Lentement, Milo sentit leur méfiance se dissiper, au profit d'une admiration certaine, et d'un respect toujours plus évident. Un sourire échappa au Scorpion : Camus avait extrêmement bien travaillé avec la prochaine génération.
Sentant son regard sur sa nuque, il se retourna pour lui rendre. A travers la fenêtre embuée de l'isba, le temps se suspendit un instant. Leurs yeux se croisèrent, juste pour quelques secondes de bonheur volé. Milo sourit tendrement, autant qu'il pouvait se l'autoriser, alors que déjà, Isaak revenait à toute vitesse face à lui, exalté par un nouveau record battu. Le huitième gardien lui accorda des félicitations méritées, se souvenant péniblement du manque d'encouragements qu'il avait eu à subir par le passé. Il savait pertinemment que ces deux enfants n'avaient pas été entraînés comme lui, et il était hors de question de quitter la ligne de conduite choisie par le Chevalier du Verseau pour ses précieux disciples.
Milo demeura avec ces derniers plusieurs heures, les laissant faire démonstration enthousiaste de leurs pouvoirs. Il espérait que son amant avait trouvé l'occasion de se reposer, de se ressourcer loin d'eux. Il supposa que c'était le cas lorsqu'il sentit de nouveau son regard sur lui. Il se retourna pour lui sourire, voyant dans son expression une émotion plus intense qu'il ne se l'autorisait habituellement, mais un apaisement intense également.
Camus avait développé un sens de la famille accru, et il débordait, à sa façon particulière, d'un bonheur évident sans pouvoir le montrer pour autant. Il sortit de l'isba pour les rejoindre, observant ses disciples se permettre de s'accrocher au bras du huitième Chevalier pour se faire soulever comme si de rien n'était. Le Grec poussa un rugissement, faisant tourner les enfants pendus à ses bras.
Le Français poussa un soupir de soulagement. Loin d'avoir perturbé ses disciples, la présence de son ami semblait avoir renforcé encore d'avantage leur disposition à remplir leur mission pour leur Déesse. Et en cette période de doutes qui l'assaillait personnellement, il voyait cela comme un soulagement.
Milo pouvait se faire présent dans une nouvelle intimité que Camus se plaisait à imaginer.
Rejoignant son amant et ses disciples, il annonça le dîner, puis le coucher. Une nouvelle fois, le Grec contempla l'obéissance et le respect sans failles des deux enfants envers leur maître. Admirant sans se cacher la superbe relation établie entre les habitants de l'isba.
Le soir venu, Milo sortit de la douche et trouva Camus en train de lire dans le lit. Il resta un instant à la porte, observant le halo de lune autour du onzième gardien. Vraiment, cet homme trouble qui avait volé son cœur restait un être hypnotique où qu'il fût.
Quittant son appui, le Grec prit place derrière son amant qui se déplaça pour lui faire place. Souriant derrière la nuque pâle, il se colla entièrement, ses jambes et ses bras entourant le Français qui se laissa aller contre le torse derrière lui. Enfin, il se détendait. Laissant tomber son expression dure, la nuque en appui sur l'épaule du Grec. Quittant son ouvrage des yeux, il leva les yeux vers son amant qui tentait de déchiffrer l'écriture du livre.
Tournant la tête, Camus posa un baiser au coin des lèvres pleines, avant de coller sa joue à la peau nue.
« Ravi de voir que tu ne t'es pas soucié d'un tee-shirt.
— Je me suis dit que tu aurais trop chaud si j'en mettais un.
— Bien évidemment. Aucune arrière-pensée.
— Je n'ai jamais dit ça. Tu sais mieux que personnes que j'ai beaucoup d'arrières pensées. Toutes t'impliquant dans un certain nombre de situations.
— Vil pervers.
— Mais voyez qui parle. »
Un sourire. Un silence. Milo pencha la tête, observant la ligne du visage anguleux qu'il aimait, et les cils si longs. Ses doigts caressèrent les bras nus, lentement.
« Comment te sens-tu ?
— Bien.
— Mieux ? »
Camus ne chercha pas à savoir comment Milo avait compris. Il savait, tout simplement.
« Oui. Merci. Je suis heureux que tu sois venu, mais… cela reste compliqué pour moi aussi. »
Il était rare d'entendre une telle franchise chez le Verseau d'habitude peu expansif sur son ressenti. Et le Scorpion choisit de l'en remercier, et de l'encourager.
« Je suis désolé de chambouler tes habitudes.
— Ne sois pas ridicule.
— Tu arrives trop tard.
— Je suis très sérieux. Je t'ai invité ici parce que tu es le bienvenu. Parce que… je te voulais. Ici. Avec moi. »
Un élan d'émotion submergea le concerné. Serrant l'homme qu'il aimait, il posa son front contre l'épaule opaline, avant de tourner le visage fin vers lui. Il inspira profondément, croisant son regard brûlant, et frôla ses lèvres pour murmurer :
« Merci de m'avoir permis de partager ta vie.
— Merci d'avoir voulu en faire partie »
L'étau serrant son cœur se fit encore plus intense, et il clama un baiser attendu depuis trop longtemps, l'embrassant férocement, tendrement, passionnément. Camus se retourna dans ses bras, reposant le livre sur la table de chevet sans jamais lâcher la bouche aimée. Immédiatement, les mains du Grec trouvèrent place autour des hanches étroites, derrière la nuque pâle. Il repoussa les mèches écarlates, sa bouche descendant pour mordre la peau devenue accessible. Sans perdre un instant, Camus grimpa sur ses hanches, se déhanchant inconsciemment contre ses reins. Milo gronda doucement, ses mains encourageant entièrement le rythme entre eux, son souffle se perdant à l'oreille de son amant.
« Ce soir ?
— Je t'en prie.
— Dieux merci, je mourrais d'envie de toi. »
Un rire à son oreille suivi d'un frôlement de dents sur le lobe. Un lourd frisson le secoua, ses mains prenant place sur les fesses de Camus, fermement. L'enjoignant à se mouvoir plus fort, plus intensément, partageant le même grondement de désir, et les mêmes soupirs haletés. Les doigts habiles retracèrent les cicatrices béantes parcourant son torse, et Milo frissonna, appréciant la caresse comme un baume salvateur et désirable. Camus poursuivit ses effleurements, jusqu'à tirer sur la cordelette de son pantalon, précipitamment. Le Grec souleva ses hanches, l'aidant à se débarrasser de l'inutile accessoire.
Le sourire appréciateur du Français lui indiqua parfaitement ce qu'il pensait de son manque de sous-vêtement, mais tout commentaire fut oublié lorsque les doigts abîmés se refermèrent sur son sexe. Milo ferma les yeux, se mordant la lèvre, étouffant un grognement de plaisir sourd. Ramenant sa bouche vers la sienne, ses mains massèrent avec une envie non dissimulée les corps de Camus. Ses reins, ses fesses, ses cuisses… L'enjoignant à continuer ses mouvements qui le rendaient fous. Le tissu du pantalon frottait sur son sexe nu, et jamais Milo n'avait été plus tenté de déchirer un vêtement qu'en cet instant.
D'un mouvement de reins plus maladroit qu'il ne l'aurait aimé, il inversa leurs positions, plantant une main près du visage superbe. Il savoura la vision des mèches étalées sur l'oreiller, et du regard hypnotisant du onzième Chevalier. Retirant le dernier vêtement honni entre eux, Milo colla leurs corps, reprenant le rythme de friction qu'ils adoraient. Il regarda les yeux se fermer de plaisir sous lui, et la façon dont Camus haletait, le visage légèrement tourné. Le Grec donna un mouvement de reins plus brusques, le désir prenant le contrôle de ses lèvres.
« Merde, Camus, tu es tellement-
— Embrasse-moi. »
Son amant devenait plus exigeant. Et Milo devait admettre adorer ça.
Il se hâta de répondre aux ordres désireux, sa main droite glissant entre eux, observant avec délice l'autre homme se cambrer entre ses bras. Ses lèvres coulèrent le long de son cou, mordillant légèrement la peau fine, avant de s'arrêter sur une clavicule. Il attaqua un peu plus fermement, marquant l'épiderme, poursuivant la friction entre leurs corps dénudés.
« Oui ! »
Un sourire étira ses lèvres. Ce n'était qu'un murmure, mais affolé comme rarement Camus se l'était autorisé jusqu'à présent. Il sentit dans ses cheveux les mains avides le coller plus fort contre lui, l'encourageant à poursuivre ses délicieux effleurements buccaux sur sa peau brûlante. Lentement, il poursuivit sa route le long du torse sensible, sa langue s'égarant d'un côté, puis de l'autre, ses dents jouant légèrement sur ce qu'elles trouvaient en passant. Ses doigts se refermèrent sur le sexe de son amant, et il savoura les vibrations du corps sous le sien, et les murmures incohérents. Il mordit la peau délicate autour du nombril, gagnant un mouvement de reins brusque, et des ongles parfaits sur ses épaules nues. Il retint un juron, l'envie lui sciant les reins, rendant difficile toute réflexion.
« Milo…
— J'ai envie de toi, Camus.
— Dépêche-toi… La table de chevet. »
Se redressant précipitamment, il ouvrit le troisième tiroir, farfouillant avant de trouver ce qu'il cherchait, Ramenant la bouteille, il la trouva plus vide que dans ses souvenirs. Un sourire torve se dessina sur ses lèvres, et ses yeux trouvèrent ceux de son amant échevelé. Le souffle court, Camus parvenait malgré tout à lui lancer un regard noir sous ses rougeurs évidentes.
« Eh bien…
— Tais-toi.
— Je te manque tant que ça.
— Tu ne peux pas imaginer. »
L'honnêteté de Camus le surprit. Souriant plus tendrement cette fois, il enduisit ses doigts du liquide nécessaire, reprenant place au-dessus de son amant, l'embrassant profondément. Le long de ses reins, il sentit les ongles longs griffer sa peau alors qu'il entamait, lentement, les premiers gestes devenus si agréables au fil du temps. Il observa la façon dont Camus tentait de garder les yeux ouverts, accrochant les siens, mais ne pouvant résister au plaisir, la tête se perdant en arrière au fil de ses mouvements. Ses lèvres descendirent encore d'avantage, ses doigts poursuivant leur ouvrage nécessaire. Le gémissement mordu dans la main de Camus fut sa récompense, et Milo savoura sur sa langue l'enthousiasme de son amant. Mouvant ses doigts lentement, offrant deux caresses enivrantes à la fois.
Les doigts calleux, alternant entre ses cheveux et les draps, n'avaient de cesse de se crisper. Donnant un léger coup de langue amusé sur le sexe tendu devant lui, Milo remonta pour embrasser le onzième gardien au souffle court. Au troisième doigt, il vit le regard carmin s'écarquiller, et la respiration de son amant se bloquer. Camus se jeta à ses lèvres, étouffant ce qu'il aurait voulu hurler, et Milo sourit. Répondant avec ferveur à la langue caressant la sienne, ses doigts s'activant toujours plus sur cette zone si sensible, savourant ce qu'il criait silencieusement.
« Mi…lo ! Viens ! Viens ! »
Douloureusement conscient de son envie, le Grec s'empressa d'utiliser le lubrifiant sur son sexe, relevant les jambes de Camus sur ses reins. Il savoura les griffures éparpillées dans son dos, autant que la sensation qui lui coupait présentement la respiration. Retenant difficilement un grognement de pure satisfaction, il caressa la joue du Français puis s'immobilisa, attentif à l'expression de son amant. Il observa le torse pâle se soulever précipitamment, les sourcils froncés, et les lèvres mordues inconsciemment. Le corps pâle se resserra autour de lui, et le huitième gardien manqua basculer. Jurant intérieurement, Milo crispa les doigts dans les draps et grogna, tentant par n'importe quel moyen de garder pied en cet instant.
« Ô, dieux… Merde…
— Qu'est-ce… que tu fais ?
— J'avais espéré que tu en aies une vague idée, à ce stade…
— Milo !
— J'essaye désespérément de ne pas te refaire le coup de nos quinze ans, Camus.»
Le concerné s'immobilisa, plongeant son regard dans le sien. Il croisa les yeux bleus débordant d'émotions et de plaisir ainsi que d'une réelle frustration. Il nota la tension de ses épaules, et toute la crispation de son corps hurlant de désir. D'envie de le prendre, brusquement, et de le faire crier sans discontinuer des heures durant.
Un petit rire lui échappa, si tendre que Milo sentit son cœur se serrer. Il apprécia la caresse sur sa joue, et le sourire aguicheur qui suivit après ça. Puis manqua de s'étouffer en sentant le bassin de Camus bouger lentement, son corps si délicieusement étroit autour du sien.
« Idiot. Nous avons toute la nuit, et j'ai vraiment envie de toi… Depuis six mois.»
Passant la langue sur ses lèvres, le Grec entama enfin un mouvement de reins lent, savourant contre ses lèvres les gémissements étouffés. Accroché à lui comme si sa vie en dépendait, le Français se cambra, ses jambes se relevant autour des hanches mates. Prenant appui sur l'oreiller, Milo saisit l'une de ses cuisses entre ses mains, relevant d'avantage le bassin de son amant, entamant enfin le rythme espéré.
Un cri, entre leurs lèvres. Retenant un sourire satisfait, le huitième gardien se pencha près du visage qu'il adorait, redonnant brutalement des reins entre les jambes interminables, buvant gémissements affamés et encouragements voilés. Réalisant alors, entre plusieurs mouvements de moins en moins contrôlés, que Camus criait. Prenait un plaisir fou, et le manifestait par tous les pores de sa peau. Tout son corps le lui hurlait. Ses jambes qui l'encourageaient, ses ongles plantés dans son dos, ses yeux fermés de plaisir, et ses soupirs voilés.
A sa façon, à sa manière masquée, le Français se laissait aller, et Milo en était fou. Incapable de se retenir à présent, il entama des va-et-vient plus brusques, plus profonds, les ongles plantés sur ses fesses l'encourageant à ne surtout pas s'arrêter. Tout comme les murmures à son oreille. Il se consumait De désir, d'envie. Eperdu sur l'oreiller, ses lèvres entrouvertes et ses yeux qui ne parvenaient pas à le rester… Il n'allait jamais tenir.
« Je t'aime ! Je… t'aime ! »
Il l'entendait comme s'il lui avait hurlé à l'oreille. Ses gestes empressés étaient autant de déclarations qu'il avait appris à lire. Sa main glissa entre eux, et Milo savoura un nouveau baiser volé. Caressant le sexe tendu de son amant, le huitième gardien entama un dernier rythme de reins, dans le seul but de le faire enfin décoller comme il en rêvait depuis des mois. Se jetant à son cou, les lèvres nichées sous son oreille, le Grec put savourer les petits murmures et cris qu'il laissait échapper pour lui.
« Milo… Milo… Milo, je- Haan ! »
Camus n'avait pas pu tenir.
La vision de son amant, habituellement plein de retenue, secoué par les vagues de plaisir eût raison de lui, et il ne lui fallait que quelques brusques mouvements de plus pour prendre son plaisir, mordant intensément l'épaule pâle face à lui. Il savoura le gémissement grondeur qu'il provoqua, ne pouvant s'en soucier à cet instant. Il s'effondra sur Camus, tentant de garder une partie de son poids sur son bras, cherchant une respiration impossible à récupérer.
Il avait enfin douloureusement conscience des marques laissées dans sa chair par les ongles longs, mais sourit à l'idée d'être clamé pour les prochains jours au moins. Camus ne manifestait pas la moindre envie de le voir s'éloigner, accroché comme il l'était. Le Grec embrassa la peau à sa portée, de l'épaule abîmée au cou quelque peu mordu, jusqu'aux lèvres ravagées.
Camus avait l'air encore perdu, et Milo songea qu'il n'avait jamais rien vu de plus séduisant. Son expression rêveuse, et ses yeux brillants du plaisir assouvi. Mordillant la lèvre inférieure de son amant, il se retira lentement, s'attirant un grognement. Il n'en tint pas compte, et ramena la couverture sur eux, sans jamais cesser de se tenir entièrement allongé au-dessus de Camus. Il voulait l'entourer, totalement. Le rassurer. Savourer cet instant qui n'appartenait qu'à eux. Les doigts pâles caressèrent ses lèvres et sa joue, le ramenant à lui pour un baiser, le plus tendre de tous ceux qu'ils avaient échangé jusqu'à présent.
« Tu avais raison… comment diable fais-tu pour toujours t'améliorer ?
— Tes standards ne sont pas très élevés.
— Je pense au contraire qu'ils sont… exactement comme il faut.
— Je suis flatté. »
L'expression de Camus au détour d'un rayon de lune avait quelque chose de fascinant. D'hypnotisant, vraiment. Et Milo, de nouveau, se sentit happé par ses lèvres, laissant leurs corps onduler inconsciemment au rythme de leurs envies pour les prochaines heures. Ils s'aimeraient encore, tant qu'ils en avaient la force.
Jusqu'à ce que l'aube ne les rattrape, les laissant enveloppés dans une lueur de soleil sans chaleur, mais dont Milo savoura la beauté sur la peau adorée. Face à lui, de profil, Camus souriait. Leurs doigts enlacés entre eux étaient autant de promesses d'éternité qu'ils ne pouvaient prononcer puisqu'ils n'en avaient pas le droit. Collant leur front, le Grec inspira profondément, savourant cet instant, pour le chérir pendant les mois qui ne manqueraient pas de suivre.
Embrassant de nouveau son amant, avant de fermer les yeux quelques instants. Ensuite, le temps reprendrait son cours : il lui faudrait se lever, et s'en aller. Au Sanctuaire, on attendait déjà son retour.
Milo observa la main tendue vers lui, dans toute son officialité. Il savait, bien évidemment, que Camus n'avait pas d'autre choix. Face à ses disciples, la distance envers un autre Chevalier était nécessaire. Il échangea donc la poignée de main attendue, laissant néanmoins le bout de ses doigts frôler l'intérieur du poignet de son amant, en souvenir et promesse tout à la fois. Et il vit, dans le regard du Français, une passion et une frustration faisant écho à celles qu'il ressentait.
Reportant son attention sur les enfants, Milo leur offrit le même salut officiel qu'à son arrivée. Poing au cœur et visage baissé. Dans les yeux brillait toute l'admiration pour un protocole qu'ils n'avaient appris que sur le papier. Ils imitèrent le geste immédiatement, dans toute leur maladroite dignité.
« Au revoir, Maître Milo.
— Vous reviendrez ? »
La question du semi-Russe interrogea le Grec, qui leva les yeux vers Camus. Ce dernier se contenta d'acquiescer silencieusement. Ce serait certainement le mieux qu'ils pouvaient espérer obtenir de lui en cet instant.
« Si Athéna le veut, ce sera avec plaisir. Je vous remercie de votre accueil, Isaak, Hyôga. »
Il frotta doucement leurs cheveux, souriant avec toute la conviction dont il était capable. Serrant son maigre bagage, Milo tourna les talons, s'enfonçant de nouveau dans la toundra profonde qui entourait l'isba. Tentant, vainement, de ne pas porter attention à ce pincement dans son cœur, à l'idée de quitter les deux enfants qu'il savait aimer déjà, et leur insaisissable maître dont il était fou depuis des années déjà.
Une heure plus tard, alors qu'il continuait de marcher dans ce paysage de silence, il sentit derrière lui une présence aimée et bien connue. N'osant y croire pour autant, il se retourna pour trouver son amant à quelques mètres de lui. En un instant, le Français se tint à ses côtés.
Tirant le Chevalier du Scorpion par le col, Camus lui offrit le baiser qu'il n'avait osé espérer obtenir. Ses lèvres étaient chaudes, et les siennes répondirent, s'entrouvrirent. Contre la sienne, la langue de son amant. Une caresse enivrante à laquelle il ne pouvait que répondre. Gémissant légèrement de plaisir, de soulagement, le Grec entoura son amant de ses bras, à l'en décoller légèrement du sol dans un baiser passionné empreint de désespoir.
Ayant conscience tous les deux qu'il était impossible de savoir lorsqu'ils se reverraient.
Camus se décolla, de quelques millimètres à peine, collant son front au sien. S'assurant que leurs regards s'épousaient, avant de murmurer :
« Reviens chez nous, Milo. Reviens chez toi, dès que tu le pourras.
— Camus…
— Tu fais partie de notre vie. Et je te demande de ne pas l'oublier. »
Où que tu sois, et quoi qu'il puisse arriver.
Milo ferma les yeux, un bref instant. Endiguant les larmes qu'il sentait prêtes à couler. Caressant de ses doigts le visage adoré, et frôlant de ses lèvres la bouche qu'il aimait. Il hocha, lentement, embrassant de nouveau son amant.
« Je te le promets. »
Revenir vers lui. Vers eux. Vers cette famille qu'ils s'étaient créée, loin du Sanctuaire et loin de la guerre vers laquelle ils étaient poussés chaque jour qui passait. Il serra les dents, le cœur déchiré de devoir quitter Camus en cet instant. De nouveau, ce fût le Français qui l'embrassa comme il le faisait rarement. Accroché à lui, les lèvres avides et le corps brûlant. Milo répondit avec autant de ferveur, jusqu'à l'instant où il trouva la force de s'éloigner pour de bon. Déposant sur la bouche de Camus la promesse qu'ils n'avaient jamais cessé de se renouveler.
Je reviendrai.
Je t'attendrai.
Toujours, dans cet ailleurs lointain n'existant que pour eux.
