Bonjour,
Titre : Once Upon A Time - tome 2...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic
Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.
Bêta correctrice : pommedapi
Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).
* Merci à CrazygirlAdventure, brinou et Chochocolat pour leurs commentaires ! Un autre merci à Maarine, asmyt, Ichinee-san et encore à brinou pour la mise en favori et / ou alerte de cette histoire. *
Réponses aux commentaire :
CrazygirlAdventure : Hey ! Moi aussi je suis contente, ça fait du bien de retrouver de fidèle lecteur ! Le pov de Zoro à été un tel challenge pour moi, j'ai adoré l'écrire mais en même temps à la fin j'arrêtais pas de me dire « ouais mais est-ce que ça ressemble vraiment à Zoro de faire ça ? ». Beaucoup n'aime pas Niji à cause du rôle que je lui ai donné mais franchement je l'adore, lui et sa relation compliqué avec Zoro. Shanks est ce qu'il et son pov parfois décalé par rapport aux autres fait souvent du bien. Tu pourras retrouver Ace et Sabo dans le chapitre 2 et ils sont loin d'avoir changé. Le temps n'a pas d'emprise pour eux on dirait. Merci pour ton commentaire !
Chochocolat : Hey ! Oui on peut dire que tu as été plus chanceux/ceuse que les autres car il me semble que j'ai terminer le tome 1 fin janvier donc ça en fait quand même du temps d'attente ! C'est assez étrange pour moi de t'accueillir, parce que je pensais un peu bêtement que plus personne ne lisait le tome 1 et que seul les lecteurs qui lisait le tome précédent « au temps où je l'écrivais encore » serait là pour la suite. Enfin ça c'est le raisonnement pourri de mon cerveau étrange. ^^ Comme tu l'as si bien deviné, les personnages secondaires auront une plus grande place dans ce tome-ci, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai commencé par deux pov de personnages secondaires. Petit à petit l'histoire va évoluer et se concentrer sur différent problèmes qui seront normalement différent du tome 1. Merci pour ton commentaire !
Bonne lecture ;)
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
.
Chapitre 2
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«Nous sommes ce que nous prétendons être, alors nous devons faire attention à ce que nous prétendons être. »
Kurt Vonnegut
Ace
Mercredi 20 Septembre 2017
-L'amour ?
-Sabo.
-Le noir ?
-C'est stupide, je râle.
Mon psy, contrairement à moi, semble trouver ça hyper drôle car il sourit de toutes ses dents et franchement, déjà qu'il fait peur en tant normal, quand il est content, c'est pire encore.
-Je t'ai déjà expliqué que c'était important, insiste-t-il.
-Ça, c'est vous qui le dites. Je suis sûr que c'est juste un moyen de vous amuser à mes dépens.
-C'est vrai, avoue-t-il, ce qui une fois de plus, m'agace. Mais ce n'est pas pour ça qu'on doit arrêter car cet exercice a également une réelle utilité et il est essentiel que tu joues le jeu. Associe au mot que je te donne une personne de ton entourage. Ne réfléchis pas, sois spontané. On reviendra sur tes réponses après.
J'acquiesce et, satisfait, le manège reprend.
Bientôt, ça fera un an que je vois le Dr César. Ça n'a pas toujours été facile avec mon caractère impulsif et la nature de voyeur sadique du spécialiste et aujourd'hui, je dirais qu'on en est toujours au même point. Il faut dire qu'il ne s'est pas passé grand-chose pendant les vacances d'été. César a prit des vacances en août et j'ai travaillé deux semaines en juillet pour me faire de l'argent de poche. Un truc chez un vétérinaire. Sans compter le fait que pendant les premières semaines de vacances, j'étais à Baterilla chez ma mère.
Ça m'a fait du bien de retourner dans ma ville natale, dans mon chez moi. Ce retour aux sources m'a permis de revoir mes amis et de les épauler dans les moments difficiles qu'ils vivaient. Surtout Zoro qui a dû se poser pas mal de questions sur son avenir puisque Koshiro avait vendu. Law quant à lui a dû se bouger pour renflouer ses poches. Du repos, je me demande s'il en a déjà eu dans sa vie. C'est un bosseur. Quand il ne travaille pas ses cours, il trime pour pouvoir payer son loyer et manger tous les jours.
Tous ensemble, on a pu se soutenir, s'aider, mais on s'est surtout amusé comme au bon vieux temps. J'ai tout de même fait attention de ne pas retomber dans mes travers et je suis heureux de pouvoir dire que je n'ai pas eu l'impression d'être malade une seule fois. Avec eux, j'arrive de mieux en mieux à me contrôler. Je n'ai pas eu de période sombre, seulement un gros coup de mou après le départ de X-Drake.
Dans tous les cas, je me sens bien. Je suis dans de bonnes conditions pour cette rentrée. C'est ma dernière année de lycée et dans quelques mois, je serai majeur. Ce qui veut dire tout un tas de choses comme prendre des décisions seul et ne plus me voir imposer certaines obligations.
-On reprend ou je te laisse encore un peu te disperser dans tes pensées ? rigole le docteur.
-C'est bon, je maugrée.
-Noir ?
-Law ?
-C'est une question ? plaisante-t-il.
Je n'ajoute rien et il écrit ma réponse sur son éternel calepin. Il continue de me dire des mots et j'essaie quant à moi de répondre.
-Affection.
-Peut-être... ma mère, dis-je, confus.
-Pourquoi? m'interroge-t-il, visiblement surpris. Pourquoi peut-être ?
-Je croyais qu'on approfondirait mes réponses à la fin ?
-C'est vrai mais celle-ci me laisse perplexe. Autant pour les autres, je les comprends plus ou moins sans trop de mal mais autant l'hésitation dans cette réponse me laisse dans un flou total.
Il ferme son carnet et le pose sur la petite table à côté de lui. Il croise ses longues jambes et je le regarde sans laisser filtrer une quelconque émotion.
-Depuis le début, tu as toujours montré un amour si fort et résolu pour ta mère! reprend-il. Même la colère que tu as un moment éprouvé contre elle, tu n'as pas réussi à l'assumer et tu as préféré la transférer sur Roger, lui que tu haïssais déjà. Alors pourquoi ce changement? Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ?
Parfois, le Dr César m'agace à être aussi perspicace. Ouais, ça m'énerve… Surtout que je n'ai pas forcément envie de me souvenir de ça. C'est juste compliqué. Et peut-être un peu triste aussi...
Flash-Back
C'était un lundi. Les vacances avaient commencé depuis plus de dix jours et j'avais retrouvé avec nostalgie ma chambre d'enfant à Baterilla. Le lit était encore plus petit qu'avant. Ma mère avait déclaré avec humour le premier soir que c'était simplement moi qui avait grandi. Et puis elle avait ri et je l'avais trouvé si belle…
Je n'avais pas fait grand-chose de mes journées au début à part trainer au lit jusqu'à 11h et sortir avec mes amis si j'en avais le courage. La plupart du temps, on restait simplement à la maison à jouer à des jeux débiles et à parler de trucs supposés être intéressants.
Ça c'était passé un midi. J'avais été réveillé deux heures plus tôt à cause des cris incessants des voisins du haut. Ils se disputaient souvent ces temps-ci et ma mère m'avait expliqué tristement qu'ils allaient divorcer. Sa précision n'avait déclenché aucune espèce d'empathie chez moi. Je voulais juste qu'ils se déchirent en silence. Ils n'étaient pas obligés de partager leur déception à tous les résidents de l'immeuble.
Ce jour-là, Satch devait manger à la maison et comme d'habitude, dès que ma mère devait voir son nouveau compagnon, elle était heureuse, presque rayonnante.
-Ace, est-ce que tu peux m'aider, s'il te plait ? m'avait-elle demandé en courant d'un bout à l'autre de la petite cuisine.
-Bien sûr. Si t'as pas peur que je crame tout...
Ma plaisanterie avait réussi à lui soutirer un petit sourire. J'avais alors baillé piteusement et m'étais étiré avant de m'approcher d'elle. J'avais lentement retroussé mes manches en regardant le plan de travail.
-Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
Ma mère m'avait expliqué d'un ton doux – quoi qu'un peu pressant – ce qu'elle attendait de moi et je m'étais mis au travail sans rechigner. Il n'y avait pas eu un bruit pendant un moment. Les voisins avaient depuis longtemps fini de se disputer et ma mère n'allumait que très rarement la radio quand elle cuisinait. Elle préférait parler. Et c'est ce qu'elle avait fait quelques minutes plus tard quand elle avait été plus calme et rassurée quant à l'avancement des plats.
-Hier, en rentrant des courses, j'ai croisé Mme Lemia.
J'avais acquiescé pour lui montrer que je l'écoutais même si de prime abord, les racontars ne m'intéressent pas vraiment.
-Elle m'a dit que si nos voisins se séparaient, c'était parce que la femme de M. Pitz avait avoué à son mari qu'elle était homosexuelle.
Cette information, je ne m'y étais pas attendu. J'en avais même été tellement surpris que j'avais brutalement relâché l'assiette que je tenais. Elle était tombée sur l'évier dans un petit bruit strident et ma mère, surprise, m'avait observé bizarrement. Je m'étais alors excusé et l'avais invité à continuer.
-C'est triste, non ? avait-elle ensuite soupiré.
-Qu'est-ce qui est triste ?
J'avais eu du mal à poser ma question. J'avais eu peur de sa réponse. Ma mère et moi n'avions jamais parlé de ces choses-là même si je savais que c'était une femme tolérante et gentille. Je me souvenais aussi avec précision de cette fois où elle s'était doucement indignée quand Hancock avait parlé de son frère, Mihawk, et de la soi-disant disgrâce qu'il infligeait à sa famille. Roger était quelqu'un d'ouvert et qui aimait découvrir de nouvelles choses. Il se refusait à juger autrui. Ma mère quant à elle était quelqu'un d'aimable et d'attentionné qui ne souhaitait de mal à personne, qui s'inquiétait simplement pour les gens. Mais être gentille ne fait pas tout. Elle avait certaines valeurs et aujourd'hui, j'allais savoir si sa gentillesse lui suffirait pour comprendre pour moi et Sabo. Elle m'aimait, je le savais, et je l'aimais aussi. Mais l'amour ne suffit pas toujours.
-Ils étaient ensemble depuis plus de 30 ans, c'est triste de se séparer maintenant.
-Elle n'allait pas rester avec lui si elle ne l'aimait pas, avais-je dit.
-Je sais bien. Mais justement, ce que je ne comprends pas, c'est qu'elle se soit rendue compte tout récemment qu'elle n'était pas attirée par les hommes. Elle a eu trois enfants avec son époux tout de même…
Je n'avais pas su quoi dire. Je m'étais senti étrangement nauséeux à ce moment-là à vrai dire.
-Je sais que ce n'est pas quelque chose qu'on choisit d'être mais ça fait tellement de mal à sa famille...
-Je suis sûr qu'elle souffre elle aussi.
Ma mère avait acquiescé, visiblement d'accord avec moi, et je m'étais dit que c'était un bon début.
-J'espère qu'ils réussiront à surmonter cette épreuve et que les enfants ne souffriront pas trop. C'est dur d'apprendre qu'un de ses proches est homosexuel...
Sa phrase était simplement maladroite. C'est ce que j'avais essayé de me dire alors que j'étais en train de nettoyer le lavabo.
-Comment tu réagirais, toi ?
Ma voix avait un peu tremblé. Un peu seulement. Je l'avais espéré du moins.
-Comment je réagirais si un de mes proc-
-Si moi… Si tu apprenais que j'étais gay?
J'avais arrêté ce que je faisais pour la regarder et elle avait fait de même. Elle m'avait observé longuement avant de s'appuyer contre le meuble derrière elle, comme si elle était en train de réfléchir. Puis, elle m'avait souri et j'avais senti toute la tension qui m'avait habité me quitter.
-Je t'aimerais toujours autant, Ace, si c'est ça qui t'inquiète.
J'avais souri, ému.
-Mais je pense que je serais tout de même un peu triste, avait-elle ensuite ajouté.
-Pourquoi ?
-Parce que j'aurais aimé autre chose pour toi. Une petite femme, un chat comme tu le dis si souvent à Zoro et puis, un travail. Tout un tas de choses qui te permettraient de t'épanouir pleinement. La stabilité et le calme que tu recherches tant pour ne plus souffrir...
Elle avait soupiré puis avait relevé des yeux brillants sur moi.
-Je voudrais juste que tu sois heureux, mon fils.
Malgré sa réponse plutôt positive, je n'avais pas réussi à me sentir mieux. La dernière phrase qu'avait prononcée ma mère m'avait tourmenté, perturbé. Etait-elle en train de dire que je ne pourrais pas être réellement heureux si j'étais en concubinage avec un homme ou me disait-elle tout simplement qu'elle me trouvait malheureux ? Je n'avais pas compris sur le moment.
Je me sentais pourtant si bien à cet instant – aussi bien que mes tocs me le permettaient – et je pouvais dire que j'étais heureux. J'allais mieux qu'avant en tout cas.
Je n'avais malheureusement pas eu le temps d'y penser davantage. Satch était arrivé et ces questionnements n'avaient alors plus eu leur place.
Fin flash-back
Le silence du docteur ne m'étonne pas. Je ne sais pas à quoi il pense, peut-être à tout ce que je viens de lui raconter, ce qui serait normal après tout. Assis bien confortablement dans mon fauteuil rouge, j'attends.
-Qu'est-ce que cette discussion a provoqué en toi ? As-tu renoncé à dire à ta mère que tu sortais avec le jeune Sabo ? demande-t-il, intéressé.
Il touche son menton et plisse les yeux.
-Je voulais lui dire mais maintenant... Je n'en suis plus si sûr. Ma mère m'a clairement dit qu'elle serait triste et donc que je lui ferais du mal.
Je me mords la lèvre inférieure et hésite.
-Et ça, je ne le veux pas, je finis par dire. Elle souhaite seulement me voir fonder une famille comme toutes les autres mères, je présume. C'est même normal, non ?
Je n'obtiens aucune réponse de la part de César, certainement parce qu'il sait que je cherche simplement à me rassurer.
-Je ne veux pas lui faire de mal.
Je soupire et ma main droite se perd négligemment dans mes mèches brunes alors que mon autre main est crispée dans la poche de mon pantalon.
-Je l'aime tellement…
Vendredi 21 Septembre 2017
Je ne suis pas quelqu'un qui porte beaucoup d'attention aux apparences, préférant juger et être jugé sur autre chose qu'une simple image. Cette manière de penser m'a toujours bien aidé et si je n'avais pas agi ainsi, je n'aurais jamais cherché à apprendre à connaitre Sabo. Je pense aussi que beaucoup de personnes ne montrent pas qui elles sont réellement et en général, elles extériorisent peu leurs émotions.
Voilà ce que je pense.
Mais là, alors que je suis dans le bassin d'1m50, de l'eau jusqu'en haut de la poitrine et mes lunettes sur le front, je me dis que je suis en train de me payer la honte de ma vie. Pour ce premier trimestre en sport, notre classe a le déplaisir de se voir obligée d'aller tous les vendredis matin à la piscine du nord de la ville pendant deux heures. Autant dire que le jeudi soir avant d'aller me coucher, je déprime un bon coup. Dès que j'ai appris l'enfer qui m'attendait, j'ai essayé de chercher des solutions pour l'éviter mais malheureusement, je n'ai trouvé aucune bonne excuse.
C'est pourquoi j'en suis là aujourd'hui.
Je peux dire sans mal que je ne me suis jamais senti aussi bête et seul. Alors que les autres élèves font les exercices demandés par le professeur de sport dans le grand bassin – allant de 1m80 à 2m20 – je suis simplement dans le bassin où j'ai pied à attendre que le cours se termine. Je sais que ça fait longtemps que j'aurais dû apprendre à nager dans des eaux plus profondes mais qu'est-ce que j'y peux, moi ? Ne pas voir le fond – et encore moins le toucher – m'angoisse. Le besoin de contrôle, de se rassurer sur le fait que rien de grave ne peut arriver, ne m'aide pas à lâcher prise et à m'aventurer dans ce genre d'endroit. Et puis, comment je pouvais savoir qu'on aurait natation au lycée? C'est complètement stupide…
L'esprit quelque peu morose, je décide de me déplacer. Je fais une ou deux longueurs sur le dos avant de me laisser porter et de ne plus bouger. J'observe calmement le grand plafond de la piscine et les éclairages qui ont plus l'air de gros spots qu'autre chose. Ce qu'il y a de bien ici, c'est qu'il fait relativement bon et bientôt, quand le temps ce sera considérablement rafraichi, je pense que j'apprécierais le confort et la chaleur qu'offre cet endroit.
Au loin, comme un bruit de fond, j'entends les autres élèves de ma classe parler et rigoler. Parfois, le sifflet du prof retentit mais ça n'arrive pas souvent. Je reste donc parfaitement concentré sur ma méditation et le bien-être que m'offre le clapotis de l'eau.
Malheureusement cette année, je ne suis pas dans la classe de Sabo ni de Margaret. D'aucun de mes amis en fait. J'ai été un peu déçu sur le coup mais maintenant, ça va. En presque un mois, j'ai eu le temps de m'habituer à cette classe et je peux à présent dire que celle que j'avais avant était nettement mieux. Je ne parlais pas beaucoup aux autres élèves mais au fur et à mesure du temps, j'ai appris à les apprécier ou plutôt à m'habituer à leur présence. Dans celle-ci, je n'en connais encore aucun réellement, je sais simplement que la plupart font partie du club de foot.
Mes yeux se perdent pendant quelques secondes sur l'horloge murale et sur les aiguilles. Dans moins de dix minutes, la séance sera terminée. Au final, même si je n'ai rien fait, les deux heures sont passées relativement vite. Je décide donc de sortir de l'eau avant que ma peau ne flétrisse. Je ramasse ma serviette sur le bord et vais voir le professeur de sport pour lui demander si je peux aller dans les vestiaires. Il m'écoute à peine et hoche sèchement la tête, occupé qu'il est à surveiller que les exercices sont bien exécutés. Je ne m'en formalise pas et lui tourne vite le dos. Bien entendu, j'entends aussitôt quelques gloussements mais je ne m'en préoccupe pas. Ce n'est pas la première fois que ça arrive après tout. Je pense que c'est mon tatouage qui doit provoquer cette réaction. Ou alors elles me trouvent simplement à leur goût. Pour ce que ça change... Si moi je n'accorde pas beaucoup d'importance aux filles de ma classe et de leur visible intérêt pour moi, ce n'est pas le cas de Sabo. J'ai compris depuis bien longtemps qu'il était du genre un peu jaloux même s'il ne le montre pas trop.
C'est avec un petit sourire satisfait aux lèvres que j'arrive dans les vestiaires. Comme je sais que les autres ne devraient pas tarder, je me dépêche de prendre ce qu'il me faut avant d'aller à la douche. L'hygiène, un autre problème qui s'est présenté à moi ici. J'ai eu du mal à rentrer dans l'eau la première fois. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser à tous les microbes qu'il pouvait y avoir. Et puis, me retrouver à proximité de personnes dont j'ignorais tout de leur état de propreté, c'était pratiquement au-dessus de mes forces. Mais au final, j'ai simplement pris ça comme un exercice à réaliser, un autre moyen de me prouver que je n'avais plus de problème dans ce domaine. Et même si je continue toujours de prendre des douches presque brûlantes, je suis fier de dire que je ne ressens plus aussi souvent le besoin de me laver les mains.
Quelques minutes plus tard, je sors de la cabine et j'entends des bruits de pas, signe que le cours est définitivement fini et que les autres élèves arrivent. J'ai tout juste le temps d'enfiler mon sous-vêtement et de me sécher les cheveux avant que la porte du vestiaire ne s'ouvre. C'est Rob Lucci qui entre en premier. Il me regarde quelques secondes avant de continuer son chemin et les autres élèves le suivent sans plus me porter d'intérêt.
Ce garçon ne m'inspire pas confiance. Il était en terminale l'année dernière dans la même classe que X-Drake et a obtenu son bac avec la mention très bien et une moyenne de 20,75 sur 20. Quel frimeur… Mais malgré tout, il a demandé à refaire son année pour une histoire de trophée et de coupe de foot inter-lycées… Je ne savais même pas que c'était possible mais après tout, on est dans un lycée de bourges et les considérations de certaines personnes m'échappent complètement.
Rob Lucci est grand, plus que moi il me semble. Plutôt mince malgré son corps musclé. Je n'aurais d'ailleurs pas parié là-dessus. Si je ne l'avais pas vu plusieurs fois peu vêtu lors des cours de sport, j'aurais plutôt pensé qu'il était du genre longiligne. C'est aussi la deuxième personne après Sanji que je vois avec des sourcils aussi bizarres. Les siens sont arqués et il a une petite barbe à la forme assez atypique. Il a aussi les cheveux longs et ondulés. Il s'est d'ailleurs fait reprendre à plusieurs reprises par le prof de sport à ce sujet. Celui-ci lui a demandé de les couper mais il a tout bonnement refusé, répliquant qu'il ne demandait pas ça aux filles alors qu'elles avaient pour la plupart les cheveux aussi longs que lui. Il a tellement bien soufflé le prof que celui-ci n'a rien trouvé à redire et il le laisse simplement faire maintenant. Comme il est dans l'équipe de foot, il est plutôt populaire et les filles n'arrêtent pas de baver sur lui. Néanmoins, de ce que j'ai entendu dire, il est célibataire et personne en trois ans ne l'a vu en couple. Tout comme moi, il est tatoué : deux dessins composés d'un carré croisé sur chaque bras. Ça a son style.
Pourtant, si je ne l'apprécie pas, ce n'est pas à cause de son allure de parfait imbécile hypocrite - pire que Sabo à ses débuts - mais bien à cause de ce que m'a dit X-Drake quand je l'ai appelé peu de temps avant la rentrée.
Méfie-toi de lui. Il n'est pas ce qu'il semble paraitre.
Dimanche 24 Septembre 2017
-Après, c'est à mon tour ! s'écrie Luffy.
Je fais semblant de ne pas l'entendre et rigole même quand il me saute dessus en protestant.
-Arrête, Luffy, tu vas me faire perdre ! je râle alors.
Il s'écarte et bougonne, sans doute dans le but de m'attendrir mais bien entendu, ça ne marche pas. Heureusement, il passe vite à autre chose et se concentre à son tour pleinement sur le jeu.
Depuis quelques semaines, je passe beaucoup de temps avec Sabo, particulièrement le week-end. Il me semble que ça remonte à mon retour à Dawn après mes vacances à Baterilla. Comme je n'avais pas beaucoup vu mon petit-ami pendant cette période, j'ai ressenti le besoin de le voir un peu plus. Et à présent que Zoro vit aussi à Dawn, je dois me débrouiller pour partager mon temps libre entre mon meilleur ami et mon copain sans oublier Luffy… A mon arrivée chez Roger, je me souviens avoir détesté ce sale gosse qui ne ressemblait pas à grand-chose avec son chapeau de paille trop grand. En vivant avec lui pendant presque une année entière cependant, je me suis en quelque sorte attaché à lui. Je compte aussi beaucoup pour lui et même si j'ai eu du mal à le comprendre et à l'accepter, j'en ai pris mon parti. Luffy me considère comme son grand frère, un vrai membre de sa famille et il me donne ainsi envie de me surpasser dans tout ce que je fais. Je n'ai surtout pas envie de le décevoir.
Il y a tout de même une personne ici dont je me fiche éperdument et cela depuis que j'ai emménagé dans cette grande demeure. Elle m'insupporte quand elle ne créée pas une totale absence de sentiments chez moi. Je vois également dans son regard qu'elle ne me considère que comme un vulgaire insecte qui ne mérite pas du tout son intérêt et encore moins son respect.
Entre Hancock et moi, ça ne s'améliore pas.
Autant avec Satch, le compagnon de ma mère, ça va à peu près car je le trouve sympa même si je me sens quelques fois encore légèrement mal à l'aise avec lui. Autant avec cette… femme, ce n'est pas possible.
Je n'apprécie pas du tout son attitude de diva et sa façon de prendre constamment les gens de haut. Elle est tout le temps derrière mon dos et n'essaye même pas d'apprendre à me connaitre. Même là, alors que Luffy et moi nous amusons calmement – autant que possible avec Luffy – sur un bon vieux jeu vidéo de course de voitures, elle est là. Ça m'énerve. Je sens de temps en temps son regard se poser sur moi sans raison particulière et ça me donne juste l'impression d'être surveillé.
Quand Roger est présent, cette atmosphère étouffante n'est pas aussi pesante.
-Double-le ! Vite !
-Arrête de me crier dans les oreilles ! je crie à mon tour en effectuant un dépassement risqué.
Suite à cette action, Luffy et moi hurlons de joie : la première place m'est enfin acquise. On rigole et je dois dire que je suis assez fier de moi. Je ne fais même pas attention au soupir de l'ancien top model. Quelques secondes plus tard, la course se termine et j'en suis le grand gagnant. Luffy n'oublie pas de me faire remarquer que c'est à son tour de jouer alors je lui passe la manette sans discuter et m'assois sur le canapé tandis qu'il prend place par terre à seulement un mètre de la télé.
-Luffy.
La voix d'Hancock retentit pour la première fois depuis cette après-midi : elle s'est faite assez silencieuse jusque-là, lisant simplement un livre, assise sur le fauteuil qu'elle s'est attribuée.
-Quoi ? répond le chapeau de paille, déjà plongé dans son jeu.
-Ne te mets pas aussi près de la télé, tu vas avoir mal aux yeux.
Je soupire et lève les yeux au ciel. Quand c'était moi, bien sûr, elle s'en foutait. Luffy, tout à son jeu, l'écoute à peine.
-Luffy ?
-Quoi ?
-Tu n'as pas entendu ce que je viens de dire ? s'agace-t-elle légèrement.
-Ah, attends… Wow, Ace t'as vu comment j'ai réussi à le dépasser ?!
Luffy se tourne légèrement pour me regarder et sa voiture quitte la route, ce qui le fait paniquer. Il se recentre alors sur l'écran.
-J'ai fait mieux que toi tout à l'heure! En plus, mon parcours était plus dur, dis-je exprès pour le narguer.
-Luffy ! reprend Hancock et ça m'insupporte juste un peu plus.
-Oh, c'est bon, fous lui la paix. Tu te prends pour qui à le sermonner comme ça ?
-Pardon ?
Elle tourne son visage vers moi et me dévisage comme elle regarde pratiquement tout le monde : avec dédain. Ses yeux bleus sont froids et sa petite bouche est pincée en une grimace de dégoût. Je sens qu'elle est en colère, presque tout son corps le crie, mais elle semble faire de son mieux pour ne pas exploser. Elle rejette ensuite ses longs cheveux bruns derrière ses épaules et se lève, faisant claquer ses talons sur le sol. Je reste assis et la fixe sans ciller, ce qui participe grandement à son exaspération.
-Je n'apprécie pas ton insolence, Ace. Tu n'es pas chez toi ici alors arrête de te conduire de manière aussi abrupte.
-Pas chez moi ? Quand même un peu, non ?
Je me lève et m'approche d'elle avant de la toiser.
-Ma présence t'embête peut-être mais tu vas devoir te forcer parce que je suis là pour un bon moment encore. C'est pas de chance pour toi.
J'adore la ride de contrariété qui se forme sur son visage à cet instant.
-Ce n'est pas ce qui était prévu au départ, lâche-t-elle, acide.
-Les choses ont changés.
-Roger ne décide pas de tout ici. C'est également chez moi et ne crois pas que je vais supporter encore longtemps ta présence répugnante ici!
-Comme si Roger allait te laisser faire, je grogne, énervé par ses menaces.
-Il y a une chose que tu oublies, Ace.
Je fronce les sourcils et la fixe avec une curiosité mélangée à une légère appréhension. A côté de nous, Luffy ne parait pas du tout affecté par notre dispute. Plongé dans son jeu, il s'attelle simplement à finir sa deuxième course.
-Je suis la plus belle et rien que pour ça, on me passera toujours tout et on se fera un plaisir de céder à toutes mes demandes !
Mon Dieu, ce que je déteste cette femme…
«Le bonheur est un papillon qui, lorsqu'il est poursuivi, est toujours juste au-dessus de votre portée, mais qui, si vous vous asseyez tranquillement, peut se poser sur vous. »
Nathaniel Hawthorne
Sabo
Lundi 25 Septembre 2017
Debout à côté du coach Ruyma, j'observe avec attention l'entrainement des premières et des secondes. Malgré la rentrée toute récente, le club de basket s'est déjà vu assaillir par les nouvelles recrues au vu de notre palmarès de l'année dernière : notre effectif a doublé et le coach a décidé de diviser les entrainements. Un le midi pour les nouveaux et moins expérimentés et un autre le soir après les cours pour les titulaires, les remplaçants et les autres terminales. Etant le capitaine de l'équipe, je me suis proposé pour aider lors de l'entrainement de la mi-journée car j'ai naturellement pensé que ce serait un bon moyen d'apprendre à connaitre les nouveaux. Bien entendu, venir me laisse beaucoup moins de temps à la pause déjeuner pour manger, à peine une petite demi-heure, mais je trouve que ça vaut le coup. C'est ma dernière année en tant que capitaine et j'aimerais apprendre le plus de choses possibles aux plus jeunes et leur montrer l'esprit qui anime ce club.
De l'équipe titulaire de l'année dernière, il ne reste que Gin, les autres ayant quitté le lycée pour les études supérieures. Peut-être qu'un des jeunes ici présent montrera assez de talent pour intégrer directement l'équipe principale. C'est ce que j'ai fait après tout ! Pour l'instant, le club de basket n'a pas encore eu de match amical avec une quelconque autre équipe. Nous nous contentons donc de simplement nous entrainer et de réveiller notre corps après plusieurs semaines de repos.
-Stop ! 2 minutes de pause et après on passe au panier, leur crie le coach et je grimace étant donné que je suis juste à quelques centimètres de lui.
-Sabo, va mettre les plots, fait-il à mon intention.
J'acquiesce et trottine jusqu'à la petite porte à côté de son bureau où tout le matériel nécessaire à la pratique du basket est rangé. Je sors plusieurs plots et les dispose à différentes distances du panier. Alors que je suis accroupi en train de vérifier que mon travail est bien fait, je sens un regard sur moi.
Le seconde qui ne m'aime pas…
Lark.
Malgré son jeune âge, Lark a l'air pourtant plus vieux que moi. Il a une apparence plutôt mature. Il a des cheveux mi-longs blonds et la peau très pâle. De grande stature, il a un corps parfait pour le basket. Lark est un noble originaire de Yo du Pays des Wa. C'est presque à l'autre bout du monde et je me demande bien pourquoi il a fait un tel chemin pour venir ici. Goa, ce n'est pas la porte à côté après tout.
C'est quelque chose que j'ai remarqué dès notre première rencontre mais le blond, contrairement à Sanji, Cavendish ou même moi qui sommes pourtant des nobles, se conduit très différemment. Il est dur, que ce soit envers lui-même ou envers les autres. Il a également peu de scrupules, adoptant un jeu parfois rugueux sur le terrain. Il pousse cependant les autres à donner le meilleur d'eux mêmes et il cible assez facilement les faiblesses de ses adversaires. Je ne sais pas comment il est hors du terrain car je n'ai pas encore eu l'occasion de vraiment le fréquenter. Et puis, je doute que c'est ce qu'il veuille.
Il est néanmoins doué et travailleur, ce qui explique pourquoi son comportement parfois limite ne dérange pas les autres joueurs. C'est quelqu'un d'ambitieux et j'ai déjà deviné depuis longtemps qu'il convoite ma place de capitaine.
-Tout le monde en place. Sabo, montre-leur ce que j'attends d'eux.
-Oui, coach.
Très heureux de pouvoir toucher le ballon pour la première fois de la journée, je montre aux plus jeunes un de mes plus grands talents : le dunk. J'allie aussi les tirs à trois points et leur fait également la démonstration pour rattraper un tir manqué. Le coach est satisfait de moi et m'envoie un hochement de tête qui me donne le sourire. Je laisse alors la place aux autres membres du club qui sont tous subjugués par mes prouesses. Tous sauf un qui me regarde comme si tout mon jeu n'était que de l'esbroufe.
Décidément, je vais avoir du mal avec lui… !
xXx
-Enfin ! J'ai failli attendre, se plaint Ace, assis par terre dans l'entrée du gymnase juste derrière les lourdes portes. J'ai cru que j'allais mourir de faim!
-T'exagères, l'entrainement n'a duré qu'une petite heure, dis-je en arrivant à sa hauteur tandis qu'il se relève.
-Tu ne sais pas combien une heure c'est long quand on a faim, toi ! Tu devrais te faire pardonner au lieu de dédramatiser!
Je rigole en passant mes bras autour de sa taille et dépose un léger baiser sur ses lèvres. Juste le temps de sentir mon cœur s'enflammer et de frustrer mon petit-ami. Je recule ensuite et observe avec un certain amusement la moue de contrariété qui s'est formée sur son si joli minois.
-C'est tout ? Depuis le temps, Sabo, je pensais que tu avais appris à embrasser correctement, me taquine-t-il.
Je souris et dépose un autre baiser sur ses lèvres, tout aussi chaste que le premier, avant de m'éloigner et de me mordre les lèvres. Et puis, sentant que je l'ai assez fait attendre comme ça, je l'embrasse de nouveau mais sans retenue cette fois. Je mordille ses lèvres et apprécie avec gourmandise le goût si particulier de sa bouche ainsi que les petits bruits d'appréciation qui s'en échappent et me font presque rougir. Sa main droite caresse mes cheveux avec douceur. Il joue même pendant quelques secondes avec cette mèche de cheveux qui me gêne si souvent et qui est malheureusement là pour cacher au mieux ma cicatrice.
-Ace…
-Quoi ? me demande-t-il alors que ses mains descendent doucement dans mon dos pour se perdre sur mes fesses.
-Arrête.
Je secoue la tête comme si j'étais agacé de son comportement et m'éloigne de lui. Je lui donne ensuite la main et le tire vers moi avant de marcher vers le réfectoire. Ace et moi reprenons bientôt les cours et si nous voulons manger, nous devons nous dépêcher.
-T'aimes trop mes fesses, je commence à trouver ça suspect, dis-je, l'air de rien.
-Je vois pas où est le problème. C'est une bonne chose que j'aime tes fesses, non ? T'es fou de mon corps et je ne dis rien, moi !
Je ne réplique pas et Ace semble se satisfaire de mon silence car un sourire tout à fait prétentieux prend place sur ses lèvres. Il sait qu'il me plait et il en joue énormément mais comme ça a l'air de le rendre heureux, je ne dis jamais rien. Et puis, il ne fait qu'énoncer une vérité...
Nous arrivons très vite au restaurant scolaire et à ma grande surprise, plusieurs élèves sont encore présents. Le service est tout de même plus calme et la plupart des élèves dégustent tranquillement leurs desserts. Ace et moi nous installons à une table de cinq libre et très vite, on s'occupe de nous. Au même moment, le reste de l'équipe de basket, ceux qui ont eu entrainement ce midi, arrivent à leur tour.
-C'est horrible, on a déjà un devoir en français. Mlle Nico Robin est vraiment horrible avec nous, grommelle Ace.
-Ah bon, vous le faites quand ?
-Vendredi, juste avant la piscine, soupire-t-il.
-Ah oui, la piscine! Ça se passe mieux pour toi ? Tu sais, je peux toujours te donner des cours si tu veux.
Je prends un bout de pain dans la corbeille sur la table et déguste avec appétit mon foie gras. Je n'en mange pas beaucoup habituellement mais je dois dire que celui-là est très bon. Je pourrais peut-être demander à Sanji de m'en faire à l'occasion… Ace quant à lui mange son plat sans même s'attarder sur ce qu'il contient.
-Je pense pas que ce soit une bonne idée... J'aime pas tellement l'eau, tu sais. Et puis, je passe assez de temps à la piscine pour ne pas avoir envie d'y aller plus que nécessaire.
-Tu auras de mauvaises notes lors des évaluations, je lui fais remarquer.
-Je me rattraperai dans d'autres sports, me répond-il.
-Tu ne manques pas de confiance en toi, on dirait !
Ace me sourit, assez charmeur, et je me mords la lèvre inférieure avant d'entamer avec délice mon plat principal.
Passer du temps avec Ace me permet toujours de me détendre, de me sentir bien. Quand je suis avec lui, je ne pense à rien d'autre qu'au moment présent et je dois dire que ce n'est pas plus mal car en ce moment, il y a beaucoup de choses que j'aimerais oublier...
Mardi 26 Septembre 2017
Le professeur de mathématique est un vieil homme débonnaire aux petites lunettes rondes sur le nez. M. Pi a été engagé cette année dans notre célèbre école pour remplacer la pauvre Mme Sura, morte d'une crise cardiaque pendant les vacances. C'est assez triste, d'autant que la pauvre femme n'avait même pas encore 60 ans. Je ne l'ai jamais eu comme professeure et à vrai dire, je ne la connaissais pas du tout, mais Nami qui l'a eu comme enseignante pendant deux ans a été très affectée par sa mort. C'était une bonne personne d'après elle et je la crois sans problème.
M. Pi, auquel le nom s'apprête tout à fait pour un professeur de mathématique, est quelqu'un de compétent et de pédagogue. Je n'aimais pas vraiment les mathématiques avant même si j'étais plutôt bon – moyennement bon en fait – mais je dois dire que depuis septembre, j'apprécie assez le mardi matin et le jeudi après-midi.
Je suis sûr qu'Ace apprécierait ces cours de math. De ce qu'il m'a dit, son professeur va trop vite et ne prend pas la peine de revenir sur les notions déjà vues les années passées. Peu importe le fait que personne ne les aient comprises. D'ailleurs, je ne pense pas me tromper en affirmant qu'Ace aurait tout simplement aimé être dans ma classe. Et comme je le comprends ! Je suis très chanceux car cette année, je suis dans la même classe que Sanji qui lui est séparé de sa belle. Margaret et Shirahoshi se trouvent également dans ma classe et je dois dire que je suis content de les retrouver. Quelques autres élèves qui étaient dans ma classe l'année précédente sont encore avec moi pour cette dernière année de lycée. Alvida est l'une de ces élèves et contrairement à ce que j'aurais pu penser, elle a été très agréable avec moi. Jusqu'à présent en tout cas.
-Mettez-vous par deux et essayer de résoudre les problèmes 4, 7,8 et 9 avant la fin de l'heure, nous annonce alors le professeur de mathématique.
Sans même avoir besoin de nous concerter, Sanji et moi décidons de nous mettre ensemble. Souriant, j'approche doucement ma table de la sienne et il met aussitôt la feuille que M. Pi a distribué plus tôt au centre.
-Je compte sur toi, Sabo ! chuchote-t-il en me faisant un clin d'œil.
-Ça tombe mal parce que moi aussi je comptais sur toi, Sanji, dis-je en passant ma main droite dans mes cheveux pour dégager quelques mèches de mes yeux.
-C'est toi l'intello, pas moi. Il parait même que tu vas devenir président des élèves cette année.
-Il parait, je continue, toujours d'aussi bonne humeur.
C'est vraiment un plaisir d'être dans la même classe que Sanji. Il me fait toujours rire et le temps passe plus vite en sa compagnie.
-Tu vas postuler pour le poste de délégué ? me demande-t-il en commençant l'exercice n°4.
-Je ne pense pas non… Je n'aurais pas le temps pour occuper pleinement cette fonction là en plus de celle de président des élèves.
-"Pour occuper pleinement cette fonction."
Je jette un coup d'œil à mon ami pour le voir sourire largement. Je secoue la tête et m'attelle également à résoudre les problèmes. Pendant plusieurs minutes, la classe est silencieuse. Les élèves studieux sont concentrés sur leur cours. Le professeur passe entre les rangs et surveille les autres. A un moment, il rappelle à l'ordre les deux filles du Glee Club qui, légèrement embarrassées, travaillent ensuite avec sérieux.
Le reste de l'heure se déroule tranquillement. Sanji et moi bavardons doucement de temps en temps, comme tous les autres élèves : tant que cela reste discret, ce n'est pas bien dérangeant. Nos problèmes sont résolus depuis longtemps quand la cloche sonne et nous nous empressons alors de ranger nos affaires. La salle se vide dans un joyeux brouhaha et je me fige malgré moi en passant le seuil de la porte. A côté de moi, Sanji me tire à sa suite et je ne résiste pas. Je le suis lentement en m'efforçant de ne pas regarder en arrière.
-N'y pense pas trop.
-Hum.
Les prochains élèves du professeur Pi entrent dans la classe et parmi eux, il y a Stelly. Il a intégré cette année le lycée Marie-Joa et même si je savais que ça allait arriver, je n'y pensais plus vraiment. Alors le jour de la rentrée, quand je l'ai croisé dans le couloir, j'ai eu exactement la même réaction que tout à l'heure. Ça fait plusieurs mois maintenant que je n'ai pas vu mon petit frère et j'affirme avec un petit pincement au cœur qu'il a changé. Il ressemble de plus en plus à notre père et ça me peine beaucoup de devoir l'admettre.
Stelly n'est plus le même.
Je suis parti après notre dispute parce que j'étais en colère contre lui et son manque de tolérance. Cette façon qu'il avait eu de me traiter, de me dénigrer alors que je m'étais toujours montré si bon envers lui. Il ne m'a montré que ses mauvais côtés ce jour-là, abandonnant sa propre identité pour n'être que la marionnette d'Outlook. Je ne pouvais pas y croire et c'est sans doute pour ça que j'ai été si déçu. Je n'ai pas cherché à le revoir mais j'aurais peut-être dû. Ou au moins essayer… Je savais où le trouver contrairement à lui qui a sans doute dû attendre un signe de ma part, que ce soit pour aider notre père ou simplement parce que mon absence commençait à lui peser.
J'ai l'impression que les choses ne seront plus jamais pareil entre lui et moi. Finalement, Outlook aura réussi à avoir le fils parfait qu'il désirait tant.
xXx
-A demain, Sabo ! me lance Gin avant d'ouvrir la porte du vestiaire.
Malgré le bruit du jet d'eau, sa voix me parvient plutôt distinctement.
-Salut ! lui dis-je juste avant d'entendre la porte claquer.
Gin parti, je suis à présent seul dans les vestiaires. Comme à chaque entrainement, j'ai aidé à ranger le matériel puis j'ai discuté avec le coach des objectifs du club. Juste avant de partir me changer, le coach Ruyma m'a également glissé un mot à propos de la Winter Cup et du match d'entrainement qu'il organise avec les Tequila Wolf pour la mi-octobre.
A présent, je savoure simplement les bienfaits d'une bonne douche. Quand je suis rentré dans les vestiaires, pratiquement tous les joueurs étaient déjà prêts à partir, ce qui explique ma présence dans les douches. Les choses ont beau s'être améliorées pour moi au sein de mon club, je n'arrive pas à m'enlever une certaine réserve que je m'étais imposé du temps de Vergo. Je n'ose toujours pas prendre de douche quand il y a beaucoup de monde dans le vestiaire et quand mes camarades se déshabillent, je fais toujours très attention à l'endroit où mes yeux se posent. Tout ça pour éviter d'éventuel malaise, du moins je veux le croire. En fait, j'espère surtout ne pas dévoiler une nouvelle fois la part sombre et intolérante de certains...
Je baisse la tête et augmente la température de l'eau. Un soupir d'aise m'échappe et mes yeux fixés sur le carrelage de la douche et sur l'eau qui s'écoule lentement dans la bonde, se ferment. Les bruits réguliers et rassurants m'offrent une certaine sérénité. Mes muscles fatigués et courbaturés par l'entrainement éreintant de basket se détendent petit à petit.
Malgré moi, mon esprit s'égare et je me mets à penser à tout un tas de choses. Notamment à Stelly que je vais devoir croiser encore et encore, sans jamais pouvoir lui parler parce qu'il me le refuse. Au fait que je n'ai plus de famille maintenant et que ma mère commence à me manquer. Elle m'a fait du mal et je le sais, mais ça fait si longtemps que je n'ai plus eu de ses nouvelles. Je me dis que peut-être, elle est guérie maintenant et qu'elle peut alors m'aimer comme une mère…
Je pense aussi à mes contacts récents avec l'Armée Révolutionnaire qui me font ouvrir les yeux sur le monde qui m'entoure. Je ne garde que des contacts restreints avec le groupe de révolutionnaires. Ils préfèrent me tenir à l'écart des grosses affaires pour diverses raisons, pour ma sécurité ou la dangerosité de celles-ci. Certaines de ses affaires doivent également rester connues du plus petit nombre possible, leur réussite dépendant de ce point. Il m'arrive pourtant pour ma plus grande joie de réaliser quelques missions pour eux. Rien d'extraordinaire : écrire des articles, surveiller les agissements de certaines personnes ou même essayer de faire réaliser – le plus discrètement possible – les méfaits des Dragons Célestes aux gens. A mon retour des inter-lycées, j'ai d'ailleurs pu parler d'Ohara avec Ivankov qui m'a alors confié qu'écrire la vérité sur le siècle manquant était l'un des buts de l'Armée Révolutionnaire. Faire éclater la vérité sur le monde et sur les tragédies qui l'ont frappé est aussi une tâche qui leur tient à cœur. J'ai essayé d'aborder au même moment le cas « Nico Robin » mais Ivankov m'a gentiment fait comprendre qu'il ne pouvait pas s'exprimer sur le sujet. Ça m'a un peu déçu mais pas démotivé pour autant. Je trouverai mes réponses moi-même, tout simplement.
Cette déclaration évasive concernant ma professeur de français et d'histoire m'a simplement conforté dans le fait qu'elle est importante d'une façon ou d'une autre, grâce à ces connaissances ou à autre chose. Je n'ai pas eu l'occasion d'en discuter avec la principale intéressée car Marie-Joa n'est pas le meilleur endroit pour se faire. Je n'oublie pas aussi les intentions du gouvernement en organisant les inter-lycées dans une ville comme Ohara. Une diversion. C'est ce que m'avait fait entendre mon enseignante. J'ignore si ça avait avoir avec Ohara même ou une mission d'un tout autre genre encore en préparation.
Soudain, j'entends un bruit, comme une porte qui se ferme. Je relève la tête et ouvre les yeux avant de diminuer l'intensité de l'eau et par la même occasion, du bruit. Je regarde derrière moi comme si je pouvais voir quelque chose alors que la seule vision que j'ai pour l'instant, c'est la porte close de ma cabine de douche.
-Il y a quelqu'un ? je lance, incertain.
Bien entendu, je n'ai pas de réponse et je me dis aussitôt que j'ai certainement mal entendu.
-Je devrais surtout me dépêcher de finir…
Je souffle et passe mes mains dans mes cheveux comme pour les désordonner encore plus.
-Je crois que j'aime ce que je vois.
Je sursaute violement et, surpris par la voix, manque de tomber. Je me retourne en essayant de cacher ma nudité et foudroie du regard mon petit-ami qui semble trouver très drôle le fait de me terrifier.
-Ace !
-Tu es mignon, tu réagis toujours de la même manière quand je te vois nu. Arrête donc de te cacher.
Agacé, je le repousse avant de refermer la porte et de fusiller celle-ci du regard. Je sais bien que mon geste est inutile étant donné qu'il n'y a pas de verrou et qu'à tout moment, Ace peut rouvrir la porte.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'as pas le droit d'entrer dans les vestiaires! Si le coach t-
-T'inquiète, c'est bon. Comme j'avais fini le club, je suis simplement venu te retrouver. J'ai croisé Gin qui sortait et il m'a dit qu'il ne restait que toi dans les vestiaires. Quand à ton coach, je ne pense pas qu'il m'ait vu, j'ai fait hyper gaffe en tout cas, me dit-il à travers le bois de la porte.
-Hum.
Je ferme le robinet de la douche, attrape ma serviette avant de m'enrouler dedans et sors de la cabine. Ace me regarde faire, un petit sourire aux lèvres. Je m'essuie consciencieusement tout en regardant mes cheveux goutter lentement sur le sol froid des vestiaires. C'est dans le silence que je me change, Ace ne faisant aucun commentaire tout du long. Quand je reporte enfin mon attention vers lui, je le vois tout simplement très occupé sur son portable. Je me demande alors à qui il envoie des messages.
-Tu parles à qui ? je lui lance, l'air de rien, en enfilant difficilement mon pantalon.
S'habiller après une douche avec des vêtements près du corps est vraiment très compliqué...
-A Zoro par rapport à l'anniversaire surprise de Law. On essaie encore de trouver une bonne excuse pour le faire venir à Dawn.
Je rougis un peu d'embarras par rapport à ma question : ce petit pic de jalousie n'avait aucunement lieu d'être. La question m'a même échappée sans que je m'en rende compte. Heureusement, Ace n'a rien réalisé et m'a répondu sans rechigner.
-Law est en plus très suspicieux, vous allez avoir du mal à le coincer, dis-je en rangeant mes affaires.
-Ouais...
Je fais signe à Ace que je suis prêt et on sort discrètement des vestiaires. Je laisse Ace avancer pendant que je vais saluer mon coach et lui signifier par la même occasion qu'il peut fermer les vestiaires. Occupé, il me demande de m'en charger, ce que je fais sans protester. Je rejoins Ace quelques minutes plus tard après avoir rapporté les clés au coach.
-Faut vraiment qu'on réussisse notre coup, il a l'air morose depuis la reprise des cours, reprend Ace alors que nous nous éloignons. Maintenant que Zoro vit à Dawn, je crois qu'il se sent un peu seul à Baterilla. Et puis, si Jewerly n'avait pas déconné, ça aurait fait quatre ans le 6 qu'ils auraient été ensemble...
-Je vois.
-Tu sais, Law, faut le surveiller. Il est du genre à ne pas savoir prendre soin de lui, me dit-il tristement.
Jeudi 28 Septembre 2017
Complètement essoufflé, j'arrive à temps devant le grand studio Prince. De l'extérieur, le bâtiment ressemble à s'y méprendre à un grand théâtre futuriste et il regorge déjà de fans et de badauds. Tout ce beau monde se presse devant les entrées dans l'unique but d'apercevoir les acteurs du film ou une quelconque célébrité qui en sortirait. C'est la première fois que je viens ici et c'est également la première fois que j'ai l'occasion de constater la popularité de mon colocataire : plusieurs fans brandissent des panneaux à l'effigie de Cavendish.
J'ai déjà vu mon ami dans des magazines ou même entendu donner des interviews à la radio mais là, c'est presque démesuré. Je ne m'attendais vraiment pas à ça mais en même temps, je suis content pour lui. Un peu déboussolé et tenant fermement dans ma main droite les papiers demandés par Cavendish, j'essaie de trouver un moyen d'entrer. La tâche va être compliquée. Je fais plusieurs fois le tour du bâtiment à la recherche d'une entrée dérobée et finis par tomber sur une fenêtre entrouverte. J'hésite. Il m'est impossible d'emprunter les entrées principales étant donné le monde qu'il y a. C'est à peine si je peux m'en approcher à plus de 4 mètres…
Les portes de derrière sont également bien gardées et malheureusement, aucun garde ne m'a permis d'entrer. L'heure tourne et si je ne veux pas être en retard à mon cours, je vais devoir me dépêcher. Alors, après avoir pris une bonne inspiration, je me lance et pénètre par effraction dans le bâtiment : je passe par la fenêtre du premier étage en m'aidant des poubelles en contre bas. Ça ne me plait pas vraiment mais de ce que j'ai compris, Cavendish a vraiment besoin de ses papiers et si je persiste à chercher une porte accessible, je vais finir par me mettre en retard et je devrais au final partir sans avoir pu les lui transmettre. J'atterris plus ou moins souplement par terre et m'empresse de m'éloigner de la fenêtre. Voilà une étape franchie ! Ensuite, il ne me reste plus qu'à transmettre les documents oubliés par le blond ce matin. Comme Cavendish m'a dit qu'il ne pouvait pas sortir au risque de créer une émeute – je ne le croyais pas encore à ce moment là – il m'a dit qu'il m'attendrait à un endroit facilement réparable. Encore faut-il que je trouve ce fameux endroit...
Ça fait bien un quart d'heure que je tourne en rond sans avoir croisé une seule personne et Cavendish ne répond pas non plus à mes messages.
-Qui êtes-vous ?
Je me tourne précipitamment et mon regard se plante dans celui de la jeune femme qui me fait face. C'est une belle femme qui doit avoir sensiblement le même âge que moi. Grande et mince, elle a des formes généreuses et un regard très doux. Ses lèvres pulpeuses s'étirent en un sourire quand elle remarque mon inspection. Elle s'avance ensuite lentement, faisant bouger ses longs cheveux châtains.
-Vous êtes Sabo, n'est-ce pas ?
Je fronce les sourcils, surpris qu'elle connaisse mon nom, mais je finis tout de même par hocher la tête.
-Je me présente, je suis Charlotte Puddings, je travaille avec Cavendish. Il est malheureusement en plein tournage d'une scène cruciale et il m'a missionnée pour que je lui rapporte les documents en question. Ainsi, vous n'avez pas à l'attendre.
Elle me sourit comme pour me rassurer et je me fais la réflexion qu'elle est vraiment très polie et aimable. C'est d'ailleurs presque naturellement que je lui tends les papiers.
-Merci, c'est très gentil à vous.
Un peu pressé, je ne m'attarde pas plus et la salue simplement avant de tourner les talons. Ce n'est qu'une fois dehors que je me dis que je viens sans doute de rencontrer une actrice, mannequin ou chanteuse très connue et que je n'en ai en aucune idée… Nami qui est si portée sur ce domaine serait très certainement jalouse à en mourir !
Voilà pour ce chapitre! On retrouve Ace et Sabo pour ce chapitre et j'espère que vous avez appréciez retourner dans leur quotidien. J'ai été très contente ( et rassurée )en lisant vos commentaire pour le chapitre 1 et espère que la suite recevra le même accueil.
Ou sinon je pense que personne n'est passé à côté de cette information mais on est champion du monde! C'est super, j'imagine pas la déprime qu'il y aurait eu si on avait perdu. Après je suis quand même contente que ce soit fini, parce que ces derniers temps à part le foot y'avait pas grand chose d'autre on dirait !
Pour en revenir à cette histoire, de nouveaux personnages ont fait leurs apparitions et d'autres sont un peu absents ( X-Drake où est-tu? ). C'est une nouvelle année qui commence et comme la précédente elle sera riche en évènement.
Le chapitre 3 sera posté normalement le mercredi 1er aout.
