Bonjour,

Titre : Once Upon A Time - tome 2...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic

Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.

Bêta correctrice : pommedapi

Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).

Réponse au commentaire :

Coucou Chochocolat !

C'est vrai que X-Drake est au abonné absent pour l'instant, c'était pourtant un personnage phare dans le tome 1. Rassure-toi on a enfin de ses nouvelle dans ce chapitre. Bon après dans quel état on va le retrouver le pauvre…

T'inquiète pas tu auras plein de bonne raison de le détester, mon imagine travail dur à ce sujet même si objectivement je n'en ai déjà trop fait et que bientôt les gens vont vouloir le clouer au pilori !

Pour le siècle manquant et l'AR, Sabo est ce qu'il est et dans le prochain chapitre lui aussi va bosser dur mais bon je ne suis pas sûr que malgré ses recherches il est beaucoup de réponse. Comme j'essaie malgré l'univers alternatif de respecté au minimum le manga et que dans celui-ci, on ne sait pas encore grand-chose sur ces sujet-là, je vais rester assez vague sur ça aussi. Déjà pour ne pas spoiler et parce que la trame principal de l'histoire est l'histoire d'amour de deux adolescents ainsi que leurs problèmes pour trouver le bonheur. J'essaierai quand même de ne pas frustrée les lecteurs en posant des questions auxquelles je ne répondrais pas. ^^

Je suis comme toi, je n'aime pas Stelly dans le mangas mais je pense que ce n'est pas forcément un mauvais personnage. Je pense que si on lui avait laissé une chance, qu'on avait essayé de l'aider il ne serait pas devenu ce qu'il est. C'est ce que j'essaie de faire dans mon histoire, après il reste un petit prétentieux arrogant et ça, je ne le changerais pas. Je mets juste en évidence sa souffrance.

Bon en tout cas merci pour la review tu m'as appris des choses sur la manière de lire des gens, comme quoi à tout moment on peu gagner des lecteurs. Trop contente. Encore merci.

* Merci à Chochocolat pour son commentaire ainsi qu'à Ilya668, pour son commentaire et l'ajout de l'histoire en favoris et en alerte! *

Bonne lecture à tous !


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 3

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«Toutes les familles heureuses se ressemblent. Chaque famille malheureuse est malheureuse à sa manière»

Léon Tolstoï

Ace


Vendredi 29 Septembre 2017

-X-Drake me manque, renifle Shirahoshi.

Je me crispe malgré moi aux mots de Shira. Assis au bord de la scène vide, j'observe mon amie. Debout et dos à moi, elle touche le trophée qu'a remporté le Glee Club aux Nationales. Ce n'est pas la première fois que nous avons ce genre de discussion et comme pour toutes les autres, je sais d'avance qu'elle finira mal. D'ailleurs, Perona qui est assise sur une des chaises devant la scène fusille du regard la nouvelle présidente.

Avec le temps et l'absence de X-Drake, les deux filles s'éloignent de plus en plus. A vrai dire, Perona n'a jamais réellement considéré Shirahoshi comme une amie même si elle a toujours eu pour la plus jeune de la sympathie. Malheureusement, en ce moment, elle semble décidée à ne plus faire d'efforts. Je crois surtout qu'en vérité, elle est, comme nous tous, triste de l'absence du roux. Elle se laisse donc plus facilement porter par sa colère ou son agacement.

Habillée d'un ensemble assez sexy composé d'une mini-jupe à volants rouges et de collants à résille ainsi que de grosses bottes à talons qui me donnent le vertige, la gothic lolita se plante devant la présidente du club.

Margaret, qui tout comme moi sent qu'une nouvelle fois la situation va dégénérer, se lève à son tour. Je soupire de lassitude. Les crises d'hystérie de Perona commencent sérieusement à m'énerver. Elle s'en prend toujours à Shira parce que celle-ci ne réagit jamais.

-Bon, ça suffit maintenant ! s'agace-t-elle.

-P-pardon ?

Shirahoshi, prise au dépourvu par l'éclat de voix de la gothic lolita, la fixe avec une lueur d'incompréhension au fond des yeux.

-Tu passes ton temps à te lamenter sur ton sort comme si X-Drake était le seul à te manquer ou pire, qu'il était mort!

Shirahoshi masque avec peine la tristesse que les propos de Perona lui causent.

-Perona, ne sois pas trop dure, intervient doucement Margaret.

-Non mais c'est vrai! Moi, j'en ai marre de l'entendre s'apitoyer ! D'accord, c'est triste, mais on a des choses plus importantes à faire! Je te rappelle que maintenant, on est plus que 4 et que pour participer à des concours, il faut au minimum être 5 ! Brook ne prend pas ses fonctions de gérant du Glee Club avant novembre, juste avant la date butoir pour les inscriptions. En attendant, on va devoir se débrouiller seuls pour attirer du monde et bosser même s'il n'y a aucun enjeu à l'heure actuelle. X-Drake était un président tyrannique légèrement misogyne sur les bords mais c'était un chouette type et un super président. Si le Glee Club a pu tant avancer l'année passée, c'est en partie grâce à lui !

Shirahoshi n'ose rien dire, comme prise en faute. Elle se prend les mots de Perona en pleine tronche et ça ne doit pas être facile. Margaret ne dit rien, sans doute un peu d'accord avec son amie. Quant à moi, je reste également silencieux et je les observe. Je ne prenais pas souvent part aux chicanes au sein du Glee Club avant et c'est encore plus vrai maintenant. La plupart du temps quand je dis quelque chose, ça aggrave la situation de toute façon.

Je ne sais pas comment faisait le roux pour préserver l'entente entre nous mais j'espère qu'on trouvera vite le secret parce que les choses partent à vau-l'eau…

-C'est toi la présidente, Shirahoshi maintenant, et c'est à toi de faire en sorte que ça s'arrange! Je ne sais vraiment pas pourquoi X-Drake t'a nommée présidente, pour moi tu n'es pas du tout à la hauteur! termine Perona, décidément remontée.

-Je suis désolée, s'excuse piteusement la concernée.

Malheureusement ça agace plus la gothic lolita qu'autre chose et elle ouvre la bouche pour en remettre une couche. C'en est trop.

-Shira.

Je me lève et descends lentement de la scène pour m'approcher des deux filles. Mon ancienne camarade de classe m'observe, s'attendant apparemment à ce que moi aussi, je la blâme.

-Tu n'as pas à t'excuser, je déclare fermement. C'est Perona qui devrait te demander pardon pour ce qu'elle vient de dire. Tu as encore le temps de t'améliorer et de faires tes preuves. Tu n'as pas non plus à tout faire seule, ça n'a jamais marché comme ça ici.

Je me tourne ensuite vers Perona qui croise les bras, visiblement ennuyée par ma prise de position.

-Ne la blâme pas juste parce que notre situation actuelle te frustre.

Les deux filles finissent par baisser la tête, reconnaissant ainsi leurs torts. Derrière moi, Margaret semble être satisfaite de mon intervention car pour une fois, j'ai réussi à tempérer les choses. Je suis d'ailleurs assez content de moi.

Shira n'est pas parfaite mais je sais qu'X-Drake a murement réfléchi son choix et qu'il a fait au mieux pour nous tous.

xXx

Hancock est assise à côté de moi et son regard ne quitte pas le mien. On mange dans une ambiance tendue. Aucun de nous deux n'a oublié les mots qu'on s'est échangés la dernière fois. Cette femme ne m'aime pas et fera tout pour me faire partir. A cette pensée, une colère sans nom m'envahit et instinctivement, je serre plus fort ma fourchette. Je ne la laisserai pas faire. Roger s'est certainement fait embobiner par ses gros seins et son corps parfait mais moi, je vois clair dans son jeu. Elle est mauvaise et si elle veut se mesurer à moi, je suis son homme. Elle a beau affirmé tout de go que Roger ira toujours dans son sens, je suis son fils et si ça veut encore dire quelque chose pour lui, j'ai encore une carte à jouer de ce côté-là.

Malheureusement, Roger et Luffy, occupés à manger comme si leurs vies en dépendaient, ne remarquent rien du tout. Comme d'habitude à vrai dire.

-Ne mange pas aussi vite, Luffy, tu risques de t'étouffer.

-Hancock a raison, l'appuie Roger, la bouche pleine.

Une grimace de dégoût m'échappe et je ne suis pas étonné de voir que l'ancien mannequin a la même. Franchement, Luffy et Roger font vraiment la paire...

-Ah, et j'espère que tu as fini de préparer tes affaires. Ton grand-père passera tôt demain matin, continue mon père à l'adresse de Luffy.

Je fronce les sourcils. Je n'étais pas au courant.

-Luffy va voir de la famille ?

-Oui, Garp est de passage dans la région. Du coup, il en profite pour voir son petit-fils adoré.

-Oh, j'ai pas envie… On fait toujours des trucs bizarres avec pépé! Des fois, c'est marrant et d'autres fois, ça fait juste mal!

Roger rigole comme s'il le comprenait alors que Hancock se contente simplement de lever les yeux au ciel.

-Je ne savais pas que Luffy avait un grand-père. Puisqu'il n'a pas de père.

Mon ton sonne un peu cassant et je ne cherche même pas à le cacher. Je ne connais pas du tout la situation familiale de Luffy mais à mon avis, elle ne doit pas être très bonne. Ça fait pratiquement un an que je suis ici et c'est bien la première fois que j'entends parler d'un des membres de sa famille. Le Chapeau de paille n'a jamais reçu de lettre et encore moins d'appel de l'un d'eux. Roger et Hancock, à leur manière, se sont toujours occupés exclusivement de lui. Shanks et Mihawk aussi d'une certaine façon…

En plus, Luffy n'a pas l'air plus emballé que ça par l'idée. En face de moi et en bout de table, Roger peine à trouver les mots pour s'expliquer.

Luffy lui sauve la mise.

-Mais si, j'ai un pépé, Ace ! rigole-t-il comme si ce que je venais de dire était juste une grosse blague.

Roger acquiesce à ces paroles.

-La situation de Luffy est compliquée... A vrai dire, je ne connais pas son père mais je connais très bien son grand-père. Il travaille dans la Marine et c'est un haut gradé. Malheureusement, ses fonctions l'empêchent de s'occuper correctement de Luffy. C'est pour ça qu'il me l'a confié et ce n'est pas plus mal, n'est-ce pas, Luffy ?

Bien entendu, celui-ci acquiesce énergiquement et ce sujet n'est plus abordé pendant tout le reste du repas. Et j'ai cette horrible impression qu'on ne me laisse pas vraiment le choix : on ne va pas de nouveau aborder ce sujet de sitôt !

Sitôt le repas fini, je fonce sous la douche et en sort plusieurs minutes plus tard avant de m'affaler sur mon lit, mon portable à la main. Je pense encore à cette histoire. Même les stupides VDM que je lis et qui habituellement me font sourire n'arrangent en rien mon humeur.

Luffy n'a pas de chance lui non plus : son père aussi est un connard qui n'assume pas sa paternité. Il est juste traité comme un fardeau qu'on se refile et qu'on vient voir quand notre conscience se rappelle à nous. Culpabilité, quand tu nous tiens ! Je me demande à quoi ça sert de faire des gosses si c'est pour ne pas s'en occuper après. En tout cas, si Sabo et moi avons des gosses plus tard, je ferais de mon mieux pour être un père à la hauteur. Aussi subitement que m'est venue cette pensée, je la chasse, les joues rouges. Je suis sans doute parti un peu vite en besogne.

Des enfants…

Oui, c'est définitivement trop tôt pour y penser, d'autant que ce n'est qu'un énorme "si". Je n'ai pas envie de transmettre ma tare à mes gamins. Je sais bien que les tocs ne sont pas héréditaires… mais bon.

Je ferme les yeux et soupire. Au même moment, on frappe à la porte et je me demande si la personne a attendu le bon moment pour se manifester et se doute donc de mes pensées un peu bizarres. Aucune chance. D'ailleurs techniquement, ma porte n'a pas de verrou – trop risqué, une autre fugue est si vite arrivée – donc tout le monde peut entrer sans problème mais j'apprécie tout de même ce semblant d'intimité qu'on m'offre.

-Ouais, je grogne en me redressant.

Mon père entre et si j'en crois son apparence, lui aussi revient de la salle de bain. Il a passé un pyjama horrible dont je sais déjà que c'est un cadeau de sa femme et il fait quelques pas dans la chambre avant de s'arrêter à côté de mon bureau. Je le regarde approcher, curieux. Je me demande ce qu'il a à me dire de si secret pour ne pas l'avoir fait lors du diner.

-Comme je n'ai pas de déplacement professionnel prévu pour ce week-end, je me demandais si tu accepterais de passer un peu de temps avec ton père ?

Je suis assez surpris par sa proposition. A vrai dire, je ne m'attendais même pas du tout à ça. Sur le coup, je ne sais pas trop comment réagir et encore moins quoi dire. Je suis affreusement gêné d'avoir cette conversation avec lui...

-Euh, je ne sais pas… C'est-à-dire que j'avais prévu de passer mon après-midi avec Zoro pour préparer la fête d'anniversaire surprise de Law...

-Oui, bien sûr ! Ne t'inquiète pas, je ne prendrai pas trop de ton temps. En fait, je m'étais dis qu'on pourrait passer la matinée à pêcher. Je me souviens que tu avais aimé ça la dernière fois.

Le sourire de Roger est bienveillant et je devine qu'il attend beaucoup de cette sortie. Une fois de plus, pris au dépourvu, je baisse la tête et me gratte le menton dans un signe de réflexion. Pour autant, le fait que je ne réponde pas tout de suite favorablement à mon géniteur ne semble ni le vexer ni le décevoir. Il attend juste patiemment que je lui donne une réponse.

C'est vrai que l'expérience de la pêche m'avait plus ou moins conquis et à cela s'ajoute le fait qu'à part dormir, je n'ai rien d'autre de prévu le matin. Mais je ne sais pas, je ne suis vraiment pas habitué à passer du temps seul avec mon père... Je suppose que mes nouvelles résolutions de faire des efforts et d'aller mieux m'obligent à dire oui.

Je ne peux pas continuer à lui en vouloir éternellement, surtout que je commence à être fatigué de le détester.

-Ouais, pourquoi pas… Je suppose.

Ce premier pas est loin de signifier que je lui pardonne. C'est simplement dans l'ordre des choses.

Samedi 30 Septembre 2017

-Attends ! Attends, je crois que ça mord !

Un fier sourire s'étale sur presque toute la largeur de mon visage et j'observe l'eau du lac frémir. Mes mains se resserrent sur ma canne à pêche et après avoir pris une grande inspiration, je commence à reculer de quelques pas.

-Merde, ça tire ! je jure alors que j'ai du mal à garder l'équilibre.

-Tu te débrouilles bien, continue comme ça. Ne sois pas trop brusque et n'effectue pas de geste sec ou la ligne risque de casser.

-OK…

J'essaie de rester concentré mais je dois dire que je n'en mène pas large. Ce poisson doit être énorme pour avoir autant de force. J'écoute presque religieusement les conseils de Roger qui m'épaule dans cette dure bataille et au bout de dix bonnes minutes, on arrive enfin à l'épilogue de cette histoire.

Dès que j'ai réussi à sortir le poisson de son habitat naturel, je l'attrape entre mes bras alors que Roger enlève le bout du crochet de sa gueule. Je me reçois des coups de queue en plus d'être au premier plan pour l'odeur et je dois dire que ce n'est franchement pas le moment que je préfère.

-Allez, mets-le dans le bac.

J'acquiesce et balance avec soulagement, et sans doute un peu brutalement, le poisson dans le bac et suis aussitôt éclaboussé. Je grimace de dégout et observe le poisson, rassuré, s'agiter légèrement dans le petit étendu d'eau qu'il dispose. Je soupire ensuite avant de me faire la réflexion que je suis bien parti pour être complètement mouillé maintenant.

-J'en ai eu un avant toi, dis-je, quand même assez fier de l'exploit que je viens de réaliser.

-Ça ne fait qu'une heure qu'on est là ! Attends de voir, moi aussi je vais en attraper un.

Il me sourit et d'un même mouvement, nous reprenons nos places.

Quand hier soir, Roger m'a proposé d'aller pêcher avec lui, je m'attendais à ce qu'on parte vers 9h, pas dès 5h du matin alors que le soleil se levait à peine. J'étais encore à moitié endormi quand je suis monté dans la voiture. Bien calé contre mon siège et ma veste, j'ai à peine vu le paysage si bien qu'au final, je serais bien incapable de dire où on est exactement. J'avais la flemme de prendre une douche et Roger était tellement pressé qu'il ne m'en aurait certainement pas laissé le temps. Vu comme je pue à présent, c'est sûrement mieux comme ça !

Hier, lorsque j'ai accepté la proposition de Roger, je l'ai fait sans grand enthousiasme non plus. A vrai dire, je n'attendais pas grand-chose de cette sortie mais contrairement à ce que j'ai pu imaginer, je passe plutôt un bon moment. Je me sens tout de même un peu gauche étant donné que je n'ai pas l'habitude de passer du temps avec mon père. Parfois, je suis tenté de lui parler, de lancer des sujets de conversation pour éviter les blancs maladroits et puis je me ravise en me disant que ce n'est pas à moi de le faire. C'est Roger qui veut renouer avec moi, qui m'a proposé de passer un moment avec lui. Ce n'est pas à moi de faire des efforts et de faire en sorte que cette sortie se passe bien. Enfin, je crois…

Je soupire, n'ayant en fait aucune idée sur la question. A côté de moi, Roger semble complètement serein. Le regard perdu sur l'horizon, il sifflote allègrement une musique que je ne connais pas. J'émets cependant l'hypothèse qu'étant donné la façon dont il massacre sa musique, personne ne serait susceptible de la reconnaitre.

-N'hésite pas à te servir dans la glacière si tu as faim. Je t'ai réveillé un peu brusquement ce matin et je t'ai à peine laissé le temps de manger, me dit-il.

-Non, ça va pour l'instant, c'est bon. Je n'arrive pas à manger avant 08h de toute façon…

Roger hoche la tête et se recentre sur sa tâche mais alors que je pense que la conversation est terminée, mon père reprend la parole. Rien de très intéressant, il me parle de tout et de rien mais avec un sourire perceptible dans la voix. Je n'ai pas vraiment prévu de lui parler et en réalité, je suis pas mal fatigué et plutôt plongé dans l'observation de l'étendue d'eau devant moi. Tellement que je me dis que je vais tout simplement le laisser parler seul. Mais avant que je n'y comprenne quoi que ce soit, mon regard se fixe sur mon père et je lui pose la question que je n'aurais jamais pensé pouvoir aborder un jour.

-Pourquoi tu as quitté maman ?

Roger, sans doute un peu choqué, se tourne lentement vers moi. Il me fixe longuement avec une expression douloureuse sur le visage mais je ne détourne pas les yeux.

-Si tu tiens tant à parler, autant parler de chose utile, dis-je comme pour me justifier alors que j'ignore moi-même encore ce qu'il m'a pris.

-Je ne vous ai pas abandonné, affirme-t-il finalement.

-Ce n'était pas ma question.

Il ne dit rien et je me demande s'il va tout simplement se dérober, ne pas me répondre et rester dans un silence buté. Compte-t-il s'en sortir aussi facilement que ça ?

-Qu'est-ce que Rouge t'a dit exactement ?

Il est hésitant et je me demande s'il prend des pincettes pour éviter de me blesser ou si c'est simplement parce qu'il compte me mentir.

-Elle ne m'a rien dit. Je n'ai pas eu besoin de ses explications, j'étais là le soir où tu es parti, je lui rappelle avec difficulté.

J'avale difficilement ma salive alors que mes mains se resserrent compulsivement sur ma pauvre canne à pêche. Cette évocation ne devrait plus être autant source de souffrance aujourd'hui, du moins c'est ce que je crois. Mais alors que j'en parle à Roger, les souvenirs douloureux de ce fameux soir me reviennent. Cette nuit-là, alors que j'avais été réveillé par des bruits au salon et que, heureux, j'avais été me jeter dans les bras de mon père, j'avais senti presque immédiatement que quelque chose n'allait pas. Mon héros n'existait déjà plus et c'était avec angoisse que ma mère m'avait renvoyé dans ma chambre. Et puis, j'avais tout entendu sans réellement comprendre quoi que ce soit.

J'avais paniqué si fort quand mon papa s'était levé pour partir. Mes suppliques étaient restées vaines et mes cris déchirants n'avaient fait que réveiller le chien d'en haut. Mon père lui n'était jamais revenu. Cet homme qui s'était présenté devant moi plus de 5 ans plus tard n'était déjà plus mon père.

-Est-ce que des pressions familiales sont vraiment suffisantes pour accepter d'oublier la femme qu'on aimait soi-disant par-dessous tout ? je grince pour l'aider.

-C'était bien plus compliqué que ça, Ace...

-Sans doute, dis-je, la voix sans émotion.

-Ma famille… Ce n'était pas…

Il cherche ses mots et pour une raison qui m'échappe, ça m'énerve.

-T'essaies pas de te trouver des excuses simplement pour justifier le fait que tu as été lâche ? je grogne, soudain agacé.

-Non. Je ne cherche pas d'excuse, Ace. Je t'expose simplement les faits, soupire-t-il. Je sais que tu as eu mal mais contrairement à ce que tu penses, moi aussi j'ai souffert de cet éloignement et c'était d'autant plus douloureux que c'était moi qui l'avait provoqué. Je ne pouvais rien faire d'autre que de me plier au choix que j'avais fait et j'ai haï ma famille pour m'avoir forcé la main. Il était évident que Rouge et toi comptiez énormément pour moi mais votre bonheur et votre sécurité m'importaient plus que tout. L'un et l'autre ne semblaient pas compatibles malheureusement et j'ai du me séparer de vous en me répétant chaque jour que c'était au mieux, tout en sachant que je faisais la pire bêtise de toute ma vie.

J'écoute attentivement Roger mais je ne le regarde pas. J'ai peur que son air abattu ne me fasse douter. Je voudrais le détester pendant quelques minutes encore. Il m'a fait si mal après tout ! Lui aussi peu bien souffrir un peu.

-La société Gol D. Corp m'a été léguée par ma famille et contrairement à ce que tu peux penser, je ne suis pas un agneau blanc et le sang qui coule dans mes veines n'est pas forcément une bénédiction. Ils avaient réellement de quoi me faire céder, murmure-t-il d'une voix basse.

Je frissonne en me demandant bien ce qu'il veut dire exactement par là. Soudain, j'ai l'impression que ce que me dit Roger me dépasse et va bien plus loin que ce que j'aurais pu penser.

-Moi aussi j'ai souffert, répète-t-il.

Je lève enfin les yeux vers lui. Un discret sourire prend place sur son visage et j'ignore ce qu'il essaie de me dire.

-C'est stupide, dis-je maladroitement.

-Je suis bien d'accord avec toi. Malheureusement, la vie est parfois cruelle et bien bête...

L'eau remue légèrement là où ma ligne disparait mais je n'y prête pratiquement aucune attention. Le poisson gagne la bataille et réussit à partir. La rivière redevient calme, seulement bercée par les remous du courant. Je ne sais pas comment je me sens. Je ne pense pas avoir attendu grand-chose de cette discussion pourtant. Comme dans un léger brouillard, je fixe l'étendue bleue devant moi. J'entends Roger bouger mais je n'y fais pas attention non plus. Sans doute se met-il plus à l'aise.

Et puis, ça me frappe comme une évidence.

Je ne hais plus Roger.

Je pensais que parler de ce douloureux souvenir qu'a été son départ aurait réveillé une colère sans nom en moi, un dégoût inimaginable pour ce qu'il nous a fait à ma mère et à moi mais je suis simplement calme, presque sans émotion. Je me rends simplement compte que je ne hais plus autant mon père qu'avant. Ça me perturbe et c'est sûrement pour ça que je suis si perdu, dans cette brume où lentement, le chemin que je devais suivre s'est effrité.

Qu'est-ce que je fais maintenant ?

-Est-ce que tu aimes toujours maman… ?

Ma voix a juste l'air pitoyable et je suis sûr que Roger, vu sa tête, s'imagine que je vais me mettre à chialer d'une minute à l'autre.

-C'est…

Il ne termine pas et soupire. Son regard se fait hésitant et je me demande bien pourquoi c'est si compliqué pour lui de me répondre. Il est incertain et je vois sans mal que lui aussi ne porte plus aucun intérêt à la pêche. Le silence devient pesant et entendre les battements de plus en plus assourdissants de mon cœur me fait étrangement mal.

-J'aime ta mère, Ace...

Inconsciemment, je serre encore plus le manche de ma canne à pêche et mes yeux fixent avec force le sol humide où je suis assis comme pour m'ancrer à quelque chose et ne pas fixer Roger ni voir sa tristesse et son désarroi. J'ai déjà assez à faire avec ma propre douleur.

-...Parce qu'elle a été la femme de ma vie, mon premier et dernier amour mais aussi parce qu'elle est la mère de mon fils.

Il fait une pause et je m'interdis toujours de détourner les yeux de cette fourmi qui vient juste d'apparaître dans mon champ de vision.

-Mais j'aime aussi Hancock. Pas de la même manière, mais je l'aime aussi.

Il y a des choses qu'on aimerait parfois ignorer et ainsi se dire qu'il y a encore un espoir quelque part. Mon cœur me fait mal et j'ignore laquelle de ces révélations m'a été la plus fatale…

xXx

-J'ai envoyé un message à Law, me dit Zoro en s'allongeant à côté de moi. Je lui ai dit que tu te sentais pas bien et que t'allais sûrement faire une connerie. Il doit venir vendredi, je pense pas qu'il se doute de quelque chose.

-Tant mieux même si au final, ton excuse s'avère plus être exacte qu'autre chose...

Je soupire quand je sens le regard de mon meilleur ami s'attarder sur moi. Je sais que ce que je viens de dire l'inquiète et ce n'était pas mon intention. Je ne voulais pas laisser échapper ces mots-là mais malheureusement, je suis encore sous le coup de ma sortie avec Roger et il faut croire que je n'ai pas encore réussi à encaisser tout ce qu'il m'a dit. Les yeux plongés dans le plafond blanc qui tire sur un gris assez cireux, je réfléchis.

Roger est amoureux de Hancock.

Jusqu'ici, j'avais toujours pensé que mon père avait fait un mariage de raison, d'intérêt et non d'amour. C'est d'ailleurs certainement ce qu'il s'est passé au départ mais avec le temps, je comprends qu'il a développé des sentiments pour elle.

-Qu'est-ce que t'as ? me demande Zoro en me fixant étrangement.

-Rien, j'ai juste parlé avec mon père ce matin.

-Ah…

Ce simple mot semble parfaitement bien résumer ma situation.

-Laisse tomber, c'est pas bien grave. Faut juste que je me fasse à la situation...

Je me relève et soupire.

-Bon ! je reprends un peu trop fort. Pour Law, t'es sûr que tu veux qu'on fasse ça chez toi ?

-Ouais, c'est un peu petit mais ça le fera quand même. Law n'a jamais vu mon appart' et à chaque fois qu'on s'appelle, il m'en parle.

Zoro ne me pose pas de question et je l'en remercie. Il me connait parfaitement et sait que tout ce qui concerne mon père est très sensible. Il se doute également que ce n'est pas trop grave non plus, sinon je serais déjà en train de péter un câble.

-C'est mignon qu'il veuille voir où tu habites, je lance, plutôt attendri.

-Il arrête pas de me dire de me méfier de mon proprio, il pense que la plupart sont des voleurs.

Je rigole, reconnaissant bien là la nature suspicieuse de mon ami.

C'est pourtant vrai que Zoro doit faire attention. Avant, Law était toujours là pour lui dire de se méfier. Zoro ne se prend pas la tête et il peut facilement se faire arnaquer étant donné qu'il n'a aucune connaissance des lois ni de tout ce qui touche à l'administration. Il maitrise encore moins son budget et finirait simplement ruiné si on ne le surveillait pas un peu...

Koshiro s'est porté garant pour lui étant donné que depuis son émancipation, le tuteur de Zoro a complètement coupé les ponts avec lui. Zoro m'a confié une fois qu'il était sûr que son parent éloigné devait en être soulagé. Libre de ses obligations, il pouvait enfin vivre sa vie comme il l'entendait. Ce qu'il ne faut pas entendre franchement... Heureusement, Koshiro a toujours été là pour lui. Pour mon meilleur ami, son maître n'est pas qu'un simple professeur de kendo mais bien plus un membre de sa famille. Grâce à lui, il a pu louer ce studio pas trop minable… J'ai cherché longtemps pour lui et malheureusement, au vu de ses moyens, celui qu'il a actuellement reste de loin le meilleur choix. Le problème, c'est que la totalité de son salaire de plongeur passe dans le loyer tandis que sa bourse lui sert essentiellement à payer l'essence de sa moto et subvenir à ses besoins au niveau de sa scolarité. Je me demande s'il se nourrit correctement. Zoro vit pour sa passion et son sport, il a un mode de vie très strict et je sais qu'il n'est pas du genre à se priver de nourriture. Il a trop besoin d'énergie et de calories pour ça. Mais des fois, on n'a pas le choix, la vie d'étudiant est tellement compliquée…

-Je m'occupe de tout le reste alors, dis-je en lui donnant une forte tape dans le dos comme il s'est assis.

Il me fusille du regard avant de se lever et d'aller chercher à boire dans sa minuscule cuisine.

-Pourquoi tu dis ça ?

-Bah... Euh…, je bégaie, surpris par sa question. Tu accueilles la fête d'anniversaire surprise chez toi, je peux bien m'occuper du reste, non?

-Tu fais ça pour pas que j'ai à dépenser un rond, c'est ça ?

-Non… Enfin, peut-être.

Je me sens soudain embarrassé. Je me lève pour rejoindre mon ami.

-T'inquiète, je suis pas dans la misère au point de pas pouvoir acheter quelques bouteilles et des chips, rétorque-t-il.

-Non, c'est juste que j'ai besoin de faire ça.

Je soupire quand je vois dans le regard de Zoro qu'il n'en croit pas un mot. Il est appuyé contre l'évier où quelques verres sales attendent d'être lavés. Je m'appuie à mon tour contre le comptoir en bois et le contemple en me mordant la lèvre inférieure.

-J'ai pas souvent été là pour lui et pour toi non plus... J'aimerais me rattraper et je pense que ça commence par faire en sorte que Law passe un joyeux anniversaire. Enfin, je suppose...

Zoro ne dit rien et boit plusieurs gorgées de sa canette grise que je suppose être une de ses nombreuses boissons énergisantes. Il s'approche ensuite de moi et me tend sa canette pour que je teste. Je la prends avec méfiance et goûte au breuvage qui s'avère être assez amer. Il se moque alors de ma grimace de dégoût qui se dessine sur mon visage et je lui pince le téton droit pour me venger. Bien sûr, ça le fait taire : je connais tous les points faibles de mon meilleur ami et je dois dire que ça me sert énormément. Une fois calmés, on retourne s'installer sur le canapé où on s'attèle plus sérieusement à préparer la fête de notre ami.

On s'arrête aux alentours de 16h, fatigués : nous ne sommes pas habitués à travailler autant.

-J'ai un entrainement avec Mihawk, tu veux m'accompagner ?

-Bien sûr ! Mais t'as intérêt à lui éclater la gueule cette fois!

Je lui souris et il fait de même. A cet instant, je ne pense plus à Roger et à sa femme. Ou peut-être que si mais au final, je me rends compte que ce n'est pas si important que ça. J'ai eu mes réponses en discutant avec mon père alors je ne vais pas me plaindre parce que celles-ci ne me plaisent pas.

J'ai travaillé dur pour réussir à accepter ces vérités qui me dérangent. Le docteur César est un sadique égocentrique mais il aura au moins fait du bon travail avec moi sur ce sujet-là.

-Si tu perds encore une fois, tu me paies à bouffer ce soir et malheureusement pour toi, j'ai une affreuse envie de sushi! Ceux du centre-ville qui coûtent hyper cher...

Zoro grimace et mon sourire s'agrandit.

Dimanche 01 Octobre 2017

-C'est bon… T'arrêtes surtout pas, mon cœur...

Sabo me mord le lobe de l'oreille droite et je gémis alors que ma tête part en arrière, dévoilant ainsi mon cou dans lequel il s'empresse de donner plusieurs coups de langue. Assis à califourchon sur ses cuisses, son érection qui frotte lascivement contre la mienne je me sens défaillir. Dommage que ma porte ne ferme plus à clé car je suis sûr que Sabo aurait accepté d'aller jusqu'au bout aujourd'hui. Mais ce n'est pas le cas. Il est 15h et la maison est pleine, sans oublier le fait que n'importe qui peut débarquer n'importe quand dans ma chambre. Heureusement quand Sabo est là, les autres évitent de trop nous déranger.

Cela dit, malgré mon envie de faire sauvagement et passionnément l'amour à mon petit-ami, je vais à regret devoir me contenter d'une bonne vieille branlette…

-Ace… Ace !

Quand Sabo prononce mon nom de cette manière, j'ai l'impression de chavirer. Sa voix est rauque d'excitation alors que ses yeux fiévreux me fixent avec intensité.

-Tout ce que tu veux.

Ma réponse un peu vague semble lui suffire car il m'étreint plus fortement encore. Ses doigts qui se faufilent sous mon haut griffent ma peau nue et la légère douleur ne fait qu'accroitre mon plaisir. Mes hanches, comme animées d'une énergie nouvelle, bougent avec plus de frénésie encore et bientôt, la barrière de nos vêtements devient insupportable et nous nous en dégageons tant bien que mal. N'y tenant plus, je dirige ensuite une de mes mains entre nos cuisses pour saisir nos verges déjà tendues douloureusement. J'effectue quelques mouvements de va et vient avant de me jeter sur sa bouche que je dévore avec appétit. Bientôt, sa langue rejoint la mienne et je retrouve avec gourmandise cette saveur que j'apprécie tant.

-Tu v-veux vraiment pas ? je lui demande, le souffle court alors que mon regard se perd sur nos deux sexes luisants de désir.

Il essaie de me répondre mais n'y parvient pas. Il avale difficilement sa salive puis secoue la tête. Je pousse alors un grognement de dépit.

Malgré ma déception, je finis tout de même par jouir plutôt violement quelques minutes plus tard. Lové contre mon copain, j'essaie de lentement récupérer de mon orgasme. Sabo, la respiration haletante, essaie aussi de reprendre pied avec la réalité.

-J'ai sommeil…, dis-je, la voix rauque.

-Dors. Je reste avec toi.

Il ne me faut pas deux minutes pour m'endormir.

xXx

-Ah, vous descendez enfin ! s'écrie Luffy en se précipitant sur nous alors qu'on entre tout juste dans le séjour.

-Quoi ? On t'a tant manqué que ça ? dis-je pour le taquiner.

-Bah ouais! En plus, vous avez été hyper long! Roger voulait même pas que je vienne vous voir! bougonne-t-il en tirant Sabo à sa suite.

Ils prennent place sur le canapé aux côtés d'Hancock et quant à moi, faute de place, je suis dans l'obligation de m'installer sur le fauteuil qui fait face à celui où est assis mon père. A la télé, un Transformers est en train de marcher mais comme je n'ai jamais réellement regardé les films, je serais incapable de dire duquel il s'agit.

-Vous avez fait quoi pour être si longs ?

Une lueur de malice éclaire les yeux sombres du chapeau de paille et je comprends qu'il ne lâchera pas l'affaire avant d'avoir obtenu une réponse.

-Rien que de répugnantes bêtises, marmonne Hancock.

Ça se voulait certainement discret mais Roger tout comme moi-même l'avons très bien entendus. Cela a néanmoins échappé à Sabo qui, toute son attention tournée vers le plus jeune, est passé à côté. Je ne dis rien, attendant de voir si mon père va réagir. Hancock n'a jamais caché son avis sur l'homosexualité et si elle apprécie Sabo, mon couple avec le blond la dégoûte quand même.

Mais il n'en fait rien et je me fiche des raisons de son mutisme. Je suis déçu parce qu'il est évident que j'aurais apprécié que sur ce coup-là, il soit de mon côté. Je repense alors à ces mots que Hancock m'a jetés à la figure il y a tout juste quelques jours et à la confession de Roger. Il l'aime. Alors il laisse passer ce genre de choses ? Sans doute. Dans tous les cas, je comprends mieux l'assurance de l'ancien top model : au final peut-être que si elle le demandait, mon père accepterait réellement de me virer d'ici...

-Ace était fatigué alors on a fait une sieste. Tu as bien fait de ne pas venir, tu te serais ennuyé et tu aurais certainement réveillé Ace, répond Sabo.

-Pfff ! C'est tout? se désole Luffy qui a soudainement l'air déçu.

Il retrouve cependant vite son sourire et explique à Sabo l'histoire du film.

Petit à petit, celui-ci va se plonger dans l'histoire, tout comme Roger qui de ce que j'ai compris adore ce genre de film. Hancock, comme on pouvait s'y attendre, ne fait même pas semblant de regarder et lit avec attention ses messages ou ses mails. Pour ma part, je ne porte au film qu'une attention polie : j'aime plutôt les choses terre à terre et pour moi, il n'y a aucune explication logique au fait que des voitures puissent se transformer en robot, ou inversement. C'est tellement peu crédible que ça m'empêche de me plonger totalement dans l'intrigue que je juge inexistante.

-Roger, finit par soupirer l'ancien mannequin en rangeant son portable.

Mon père, sentant que le sujet que veut aborder Hancock est assurément sérieux, se tourne vers elle.

-Je viens de recevoir un rappel pour l'invitation à l'anniversaire de Don Quichotte Doflamingo.

Roger soupire et je grimace. Je n'ai même pas besoin de regarder Sabo pour savoir qu'il écoute également l'échange, tendu.

-Je sais que tu ne l'apprécies pas mais nous n'avons pas vraiment le choix. Nous devons être présents à cette fête.

-Très bien, lâche-t-il brusquement.

Il n'en faut pas plus à Hancock pour répondre à l'invitation par l'affirmative alors que Roger se plonge de nouveau dans le film avec cependant bien moins d'entrain.

Sabo et moi nous fixons, interloqués par cet échange. Même Luffy, qui a habituellement un énorme sourire scotché au visage, a les sourcils froncés.

L'atmosphère a si subitement changé que c'en est troublant. Hancock, qui a pourtant l'air d'être tranquillement en train de lire ses mails ou d'autres potins sur son portable, n'a pas l'air si sereine que ça. A vrai dire, elle semble même plutôt agacée si j'en crois la ride de contrariété qui se forme juste sur le coin de sa bouche.

-Pourquoi vous êtes obligés de vous rendre à l'anniversaire de Doflamingo ? je questionne en regardant mon père.

Roger me fixe presque immédiatement, surprit. Peut-être s'attendait-il à ce que l'information glisse simplement sur nous et qu'on se plongerait de nouveau naturellement dans ce bon vieux blockbuster? Malheureusement pour lui, ce n'est pas le cas. Sabo est presque suspendu à ses lèvres et mon regard déterminé lui indique que je ne compte pas lâcher l'affaire. Luffy quant à lui s'est vu détourner de sa curiosité par une action particulièrement spectaculaire du héros du film. Je ne doute cependant pas qu'il entende parfaitement ce qu'on se dit, même si je dois avouer que l'information l'intéresse sûrement moins que Sabo et moi. Après tout, Doflamingo, il s'en fout certainement comme de sa première chemise.

-Pourquoi vous ne l'aimez pas ? j'insiste alors.

Roger échange un regard avec son épouse et je fais de même avec Sabo.

Si je peux parfaitement comprendre que le couple n'apprécie pas cet énergumène - après tout, il est fortement détestable - j'aimerais bien savoir pourquoi. De ce que j'ai compris, aussi surprenant que ça puisse paraitre, Doflamingo est apprécié de la majorité des gens. En tout cas, de ceux qui sont nés du bon côté avec des avantages considérables.

-Sommes-nous réellement obligés de nous justifier… ? s'agace doucement Hancock qui se masse les tempes.

-C'est quelqu'un d'assez cruel et rien que pour ça, je ne l'apprécie pas, répond mon père. Je n'ai aucune affaire avec lui et il semble se tenir assez loin de moi, à mon plus grand bonheur. Et quant à notre obligation d'aller à cette party, et bien… Doflamingo détient un statut assez particulier e-

-Son statut d'ancien Tenruybito ? le coupe Sabo qui a vraiment l'air avide de réponse.

Mon père le regarde plutôt étrangement alors que pour ma part, je me demande simplement comment il a bien pu apprendre ça.

-Exactement. A cause de ça, on ne peut pas refuser... Mais bon, on n'est pas non plus obligé de lui parler. Et puis à ce genre de fête, la nourriture est toujours excellente et je ne compte certainement pas m'éterniser là-bas ! termine-t-il dans un rire.

J'hausse les épaules, ne trouvant rien à dire de plus, et essaie une nouvelle fois de me plonger dans l'histoire abracadabrantesque des Transformers.

Je ne capte pas le regard de Sabo qui, inquiet, continue à fixer discrètement mon père.

Lundi 02 Octobre 2017

Ça fait quelques semaines seulement que je n'ai pas vu X-Drake et pourtant, quand je l'observe à travers l'écran d'ordinateur de Margaret, je me dis qu'il a bien changé. Je ne sais pas si c'est le changement de milieu, la légère transformation physique – il a prit un peu de muscle – ou l'absence de vivacité et d'espièglerie qu'il y avait dans ses yeux avant. Cette énergie et cet entrain qui lui donnaient la force de se battre pour ses rêves, de briller autant sur scène.

J'ai été étonné quand X-Drake m'avait annoncé vouloir passer les sélections pour entrer dans le conservatoire de Goa. Je n'avais pas pensé que c'était possible ni qu'il souhaiterait le faire vu le peu de pourcentage de réussite. Mais X-Drake est mon ami et tous comme les autres membres du Glee Club, je l'ai soutenu. Même Brook était à fond derrière lui. Ça a été une lourde déception de plus quand il a essuyé un refus de l'école. Il s'y était attendu et même préparé mais la douleur était tout de même bien présente et c'était tout à fait compréhensible.

Comme il l'avait décidé avant les Nationales, il s'est donc engagé dans la Marine. Je n'ai pas osé lui dire que je désapprouvais cette initiative mais j'aurais peut-être dû. Les choses se sont ensuite enchainées très vite et avant que je ne m'en rende compte, il n'était déjà plus là. J'ai essayé de profiter de mes vacances sans grand succès au début avant d'enfin me convaincre que si c'était son choix, il fallait que je le respecte. Que c'était sans doute mieux comme ça.

Mais alors que je le revois pour la première fois, je doute.

-T'as encore tes cheveux ? Mon Dieu, c'est un miracle ! Je suis sûre que t'aurais été trop moche avec les cheveux courts!

-Je te remercie pour ta sollicitude, Perona, grince X-Drake en levant les yeux au ciel.

-Mais de rien!

La gothic lolita esquisse un sourire et je me dis que peu importe la distance, ces deux là s'entendent toujours aussi bien !

-Comment ça va ? je demande.

-Bien, répond-il après un temps d'hésitation et je ne sais pas comme je dois prendre cette réponse.

X-Drake n'est pas quelqu'un qui aime s'épancher sur ses problèmes ni sur ce qu'il ressent alors comment être sûr qu'il va réellement bien… ?

-Tu n'as pas trop le mal de mer à être tout le temps sur un bateau ? s'inquiète Margaret.

-Je t'ai déjà dit que pour l'instant, je n'étais pas encore sur les navires de la Marine, réplique-t-il sèchement. J'en suis encore à ma formation militaire qui se termine juste avant janvier. Je pourrais commencer ma carrière de marine seulement si je décide de poursuivre dans ce domaine-là. Et c'est ce que je ferai, termine-t-il, jetant un froid parmi nous.

Je me gratte la nuque, mal à l'aise, et j'aperçois au même moment Shirahoshi baisser la tête et triturer ses doigts. Margaret quant à elle semble horriblement embarrassée d'avoir commis une telle faute et se tient pour responsable de la mauvaise humeur du roux. Perona pousse un soupir hautain et cela n'étonne personne. Contrairement à moi, elle ne cache absolument pas le fait qu'elle désapprouve complètement les choix d'avenir de l'ancien Président du Glee Club.

-Désolée… J'oublie tout le temps, s'excuse la blonde.

X-Drake hausse les épaules comme s'il s'en fichait.

-Et vous ? Le Glee Club est-il toujours debout ?

Sa plaisanterie réussit seulement à nous soutirer un rire jaune. Assis sur la scène et l'ordinateur au centre devant nous, on se regarde tous, hésitant à lui dire la vérité.

-Bien. En quelque sorte, balbutie finalement Margaret.

Une demi-vérité, ce n'est pas plus mal.

-Je vois, lâche le roux, pas dupe.

-Mais on fait de notre mieux ! s'enhardit Shirahoshi.

Surpris pas sa prise de parole, je regarde l'actuelle présidente du club qui est assise juste à côté de moi. Elle continue de jouer avec ses doigts et retient visiblement ses émotions. Elle se souvient encore des mots que lui a dits X-Drake avant de partir, de la confiance qu'il a placée en elle. Elle veut visiblement se montrer forte alors elle ravale ses larmes et sa tristesse. C'en est fini de l'époque où la petite Shirahoshi passait son temps à chouiner. C'est étrange de la voir ainsi mais ça fait du bien aussi. Shira n'a jamais aimé être le centre de l'attention : elle est affreusement timide et n'ose pas souvent affirmer son avis haut et fort. Pourtant à cet instant précis, son regard est fermement ancré dans celui du roux qui la fixe sans ciller avant de sourire.

-C'est bien alors. Je savais que je pouvais te faire confiance, Shira. Ce sera dur au début et vous allez en bavez, sans doute plus que l'année dernière, mais vous allez réussir. Ma formation militaire se termine dans environ trois mois. Ensuite, j'aurais un stage d'une semaine dans une association à effectuer et mon périple sera terminé. On sera alors au réveillon de Noël et je reviendrai à Dawn. J'aimerais bien venir voir tous les progrès que vous aurez faits ainsi que les nouveaux membres que vous aurez recrutés. On pourrait même passer le nouvel an ensemble si ça vous dit ?

-Et tu viendras aussi nous voir aux Régionales et aux Nationales ? je demande maladroitement, de peur de le blesser en lui rappelant le concours sur lequel il avait tout misé.

-Bien sûr ! Enfin, je m'avance peut-être un peu mais logiquement, ça devrait être faisable. On a des autorisations de sortie vers ces périodes là, je crois. C'est évident mais vous n'aurez pas le droit de perdre si je viens vous voir!

-Bien sûr, pour qui nous prends-tu ? rigole Perona.

Petit à petit, la conversation se détend, nous somme plus à l'aise. Au début, c'était comme si on marchait sur des œufs, on tâtonnait gauchement sans arriver à retrouver notre entente. X-Drake a vraiment sombré après son casting raté au conservatoire. On ne l'a plus vu pendant des jours avant qu'il ne nous annonce brutalement qu'il allait s'engager dans la Marine. Les filles sont tombées des nues. Quant à moi, j'avais beau déjà connaitre cette possibilité, j'ai tout de même eu beaucoup de mal à l'accepter. Tout le monde ici a conscience que ce n'était pas la chose à faire mais X-Drake s'est entêté. Il pourra toujours revenir sur sa décision en février... Enfin, c'est ce que je pensais hier encore mais vu comme il a l'air sûr de lui aujourd'hui, j'ai des doutes.

-Ce n'est pas trop dur pour toi, là-bas ?

X-Drake me regarde quelques secondes avant de se tourner. Il semblerait que quelqu'un vienne d'entrer dans son dortoir. Il échange quelques mots avec la personne qu'on ne voit pas puis se retourne vers l'écran de son ordinateur pour nous faire face. Il se positionne ensuite un peu mieux sur son bureau et sourit à quelque chose que son copain de chambrée lui glisse. Peu importe.

-Je me débrouille mais si c'était facile, ce serait pas l'armée. Trois personnes ont déjà abandonné depuis le début de la formation.

-En tout cas, tu as pris du muscle on dirait.

Margaret se penche comme pour mieux voir.

-A moins que ce ne soit du gras? le taquine Perona.

A ses paroles, on rigole tous, sauf le principal concerné bien entendu.

-Bon, c'est pas que je m'ennuie mais je vais bientôt devoir vous laisser. Notre chef de régiment va venir inspecter les dortoirs dans quelques minutes normalement alors…

-Ah oui, bien sûr.

Shirahoshi lui sourit pour le rassurer même si évidemment, on aurait tous voulu pouvoir discuter un peu plus longtemps avec lui.

-Avant de couper, j'aurais une faveur à vous demander.

-Quoi donc ? l'interroge la gothic lolita, suspicieuse.

-Vous pouvez me chanter la chanson que vous avez choisie pour la semaine de recrutement des nouveaux membres pour les clubs ?

Les filles acquiescent aussitôt et se lèvent, contentes de pouvoir faire une représentation pour l'ancien président du club. Je m'installe aux côtés d'X-Drake même s'il n'est pas réellement là et lance la musique sur mon portable. Le son ne sera pas de qualité mais le principal, c'est la voix des filles. C'est ce que X-Drake veut entendre et je le sais. Le reste n'est que du superflu.

La chanson commence très vite et les sourires sur les visages des filles font plaisir à voir.

Yes I'll be your woman
Oui je serai ta femme
Yes I'll be your baby
Oui je serai ta bébé
Yes I'll be what ever that you tell me when you're ready
Oui je serai tout ce que tu me dis quand tu es prêt

Yes I'll be your girl, forever your lady
Oui je serai ta fille, pour toujours ta dame
You ain't ever gotta worry, I'm down for you baby
Tu ne dois point avoir d'inquiétude, je suis là pour toi bébé

Best believe that, when you need that
Mieux vaut croire, quand tu en auras besoin

I'll provide that, you will always have it
Je vais t'en donner, Tu en auras toujours

I'll be on deck, keep it in check
Je serai sur la table, tenu en échec
When you need that, I'm a let you have it
Lorsque tu en auras besoin que je vais te le laisser

La voix pétillante et énergique de Perona résonne, nous donnant tout de suite envie de venir bouger avec elle sur scène. Les filles à ses côtés l'encouragent et dansent avec elle. La gothic lolita a toujours été étonnamment douée pour le rap et les chansons un peu plus percutantes. Elle a une aura, une prestance. Elle dégage vraiment un truc et on est très vite transporté par sa voix.

( x2 )
Beating the drum like dum di-di-day
Battre le tambour comme le jour du dumdi-di ( jour de fête)
I like the dirty rhythm you play
J'aime le rythme sale que tu joues

I wanna hear you callin' my name
Je veux t'entendre appelant mon nom '

Like, hey ma ma, mama, hey ma, mama
Comme, hey ma ma, mama, Hey Ma, mama

Margaret enchaine et joue parfaitement le jeu de Perona en montrant ce qu'elle sait faire. C'est comme si une mini battle de chant bon enfant venait de commencer. Je me souviens que lors de mon intégration au Glee Club, Perona m'avait dit que Margaret débutait, qu'elle avait une magnifique voix et qu'avec le temps, elle s'améliorerait certainement. Elle ne l'avait pas dit en ces termes là, mais c'est tout comme.

Et quand je l'entends chanter aujourd'hui, donner tout ce qu'elle a, chanter ce « mama » avec tout son cœur et le sourire aux lèvres, je me dis qu'elle a progressé si vite qu'on n'a même pas eu le temps de le voir.

C'est ensuite au tour de Shirahoshi qui rechante exactement le même couplet que Margaret. La petite est beaucoup moins assurés que les deux autres filles et ce n'est un secret pour personne que Shira est nulle pour utiliser la scène et montrer combien elle a confiance en elle et à quel point elle se sent belle. Mais sa voix fait tout le reste. Sa technique nous subjugue et, guidée par Perona et Margaret, ses maladresses sont reléguées au second plan. Au final, elle aussi s'amuse.

Be my woman girl, I'll be your man ( x2 )
Deviens ma femme fille, je serai ton homme

Yes I do the cooking
Oui, je fais la cuisine
Yes I do the cleaning
Oui je fais le nettoyage
Plus I keep the na-na real sweet for your eating
En plus, je garde le na-na réel doux pour ton mangé
Yes you be the boss and yes I be respecting
Oui, tu es le patron et oui je le respecterai
What ever that you tell me cause it's game you be spitting
Quel que soit ce que tu me dis parce que c'est un jeu tu vas cracher

Best believe that, when you need that
Mieux vaut croire, quand tu en auras besoin
I'll provide that, you will always have it
Je vais t'en donner, Tu en auras toujours
I'll be on deck, keep it in check
Je serai sur la table, tenu en échec
When you need that, I'm a let you have it
Lorsque tu en auras besoin que je vais te le laisser

La voix de Perona se fait de plus en plus trainante et elle est tellement dans son rôle qu'on pourrait sans mal croire qu'elle s'est entrainée sur cette chanson depuis des mois et des mois alors que ça ne fait pas encore 15 jours qu'on bosse dessus. A la fin d'une de ses phrases, elle lance même un clin d'œil aguicheur à son auditoire qui se compose seulement d'X-Drake et de moi. Si ce dernier pouffe de rire, moi je suis partagé entre l'embarras parce que Perona ne fait jamais ça et la gêne parce que c'était drôlement sexy !

( x 2 )
Beating the drum like dum di-di-day
Battre le tambour comme le jour du dumdi-di ( jour de fête)
I like the dirty rhythm you play
J'aime le rythme sale que tu joues
I wanna hear you callin' my name
Je veux t'entendre appelant mon nom '

Like, hey ma ma, mama, hey ma, mama
Comme, hey ma ma, mama, Hey Ma, mama

Be my woman girl, I'll be your man ( x 2 )
Deviens ma femme fille, je serai ton homme

Whole crew got the juice
Toute l'équipe a obtenu le jus

Your dick came the truth
Ta b**e est devenue la vérité

My scream sis the proof
Mes cris en sont la preuve

The mother dudes get the deuce
Les autres mecs ont vu leur égal

When I speed in the coupe
Quand je file dans la coupé

Leavin' this interview
Laissant cet interview

It ain't nothing new
Il n'y a rien de nouveau

I been fucking with you
J'étais à b**ser avec toi

None of them niggas taking you
Aucun d'entre ces mecs ne peuvent égaler

Just tell 'em to make a U
Dis leur juste de t'imiter

That's how itbe
Voilà comment c'est

-Elles sont vraiment douées.

Pris dans la chanson, je ne réagis pas tout de suite aux paroles de X-Drake. Je jette ensuite un petit regard vers l'ordinateur et vois dans les yeux de l'ancien président du Glee Club la fierté et l'admiration qu'il a pour tout ce que les filles font. J'y vois également du regret et de l'amertume. Beaucoup d'amertume.

I come first like debut
Je passe d'abord comme au début

So baby when you need that
Alors bébé quand tu as besoin de ça

Gimme the word, I'm no good
Donne-moi le mot, je ne suis pas bonne

I'll be bad for my baby
Je serai mauvaise pour mon bébé

Make sure that he's getting his share
S'assurer qu'il commence à faire sa part

Make sure that his baby take care
S'assurer que son bébé en prend soin

Make sure I'm on my toes, on my knees
S'assurer que je suis sur mes orteils, sur mes genoux

Keep him pleased, rubhim down
Le garder heureux, le frotter vers le bas

Be a lady and a freak
Etre une dame et une monstre

( x2 )

Beating the drum like dum di-di-day
Battre le tambour comme le jour du dumdi-di ( jour de fête)

I like the dirty rhythm you play
J'aime le rythme sale que tu joues

I wanna hear you callin' my name
Je veux t'entendre appelant mon nom '

Like, hey ma ma, mama, hey ma, mama

Comme, hey ma ma, mama, Hey Ma, mama

Be my woman girl, I'll be your man ( x2 )
Deviens ma femme fille, je serai ton homme

xXx

-Allez, c'est bon pour aujourd'hui! On range et on s'casse ! dis-je en m'étirant bruyamment.

-Oh… Y en a un qui est pressé d'aller voir son chéri! me taquine Perona.

Je l'ignore et aide les deux autres filles à ranger les chaises. La gothic lolita soudain toute guillerette s'active alors à passer le balai et j'espère du plus profond de mon cœur qu'elle ne prévoit pas de me suivre pour m'espionner alors que je serais avec Sabo. Cette fille me fait vraiment peur des fois...

-Je suis contente que Brook arrive bientôt, on aura drôlement besoin de lui pour préparer les régionales de cette année, soupire Margaret.

-Mais avant, il faut à tout prix trouver de nouveaux membres pour le club, rappelle Shira.

-C'est vrai qu'on doit au minimum être 5 pour pouvoir participer…

Je grimace aux mots de Margaret. Tout à l'heure, X-Drake nous disait qu'on allait galérer, eh bien je pense que ce sera bien pire que ça. Malgré son talent, le Glee Club n'a vraiment pas bonne réputation à Marie-Joa ou plutôt, il ne donne pas envie. Dans un endroit où l'apparence et le paraitre est le plus important, faire partie d'un club peu populaire n'est d'aucune aide pour faire grimper sa côte de popularité.

-Peut-être que je peux vous aider, moi !

Surpris, on se retourne tous vers là porte. Plongé dans nos réflexions, aucun de nous n'a entendu la porte s'ouvrir et c'est complètement sidéré qu'on fixe tous avec appréhension le nouveau venu. Dellinger. On s'attend à tout moment à voir débarquer cette enflure de Doflamingo derrière lui, ce qui explique qu'on est tous sur nos gardes. Mais personne ne vient, si bien qu'on a juste l'air ridicule.

-Bordel, qu'est-ce que tu fous là ?! je lui lance, tendu.

-L'ennemi nous espionne maintenant ? crache Perona en faisant quelques pas en direction du garçon.

-Mais qu'est-ce que vous racontez, enfin!

Il lève les yeux au ciel de manière très théâtrale.

-J'ai changé de lycée et je suis en première à Marie-Joa depuis septembre! Comment vous avez fait pour ne pas me voir? On mange dans le même restaurant scolaire tous les midis!

Personne ne répond, trop sonné par la nouvelle. Notre manque de réaction finit d'ailleurs par vexer le plus jeune qui, les sourcils froncés, croise les bras sur son torse en un signe d'agacement.

-Eh bien, merci pour moi!

Ça ressemble presque à un cauchemar même si ça n'en est pas vraiment un. Plus un mauvais rêve, je dirais. Dellinger faisait partie il y a encore quelques mois du Glee Club qui nous a battu lors des Nationales. Il en était le chanteur vedette et avait ébloui tous les spectateurs avec son grain de voix si particulier et sa manière unique de la moduler. Une vraie perle rare bourrée de talent. On a rien pu faire contre lui et déçus, on avait dû se contenter avec tristesse et déception de la seconde place.

Mais à l'époque déjà, il était sous la botte de Doflamingo qui sponsorisait son Glee Club alors c'est vraiment étonnant de le voir seul. Enfin, le voir à Marie-Joa est déjà quelque chose de tellement bizarre en soit…

-Bon, passons. Vous êtes plus vieux et n'étiez pas obligés de vous intéresser au pauvre première année que je suis. Mais ça va changer!

J'avale ma salive et, les muscles tendus, m'attends au pire.

Imperturbable, l'ancien gagnant des Nationales continue, visiblement heureux de nous donner le coup massue.

-Car à partir de maintenant, j'intègre le Glee Club de Marie-Joa !

C'est moi qui ai parlé de mauvais rêve tout à l'heure ? Eh bien en l'occurrence, je me suis trompé. C'est un cauchemar… Définitivement, un affreux cauchemar.


Et voilà un troisième chapitre où Ace est à l'honneur avec un pov exclusif. On a une discussion avec son père assez particulière qui même si elle est douloureuse est nécessaire et il en est conscient. Petit à petit les rapports avec sa belle-mère se dégradent, et il ne peut même pas se consoler avec le glee club qui malheureusement à du mal à tenir le cap.

Je ne pourrais pas poster le 15 parce que je serais dans l'avion pour le Japon donc je vais essayer de poster le 13 ou le 14. J'espère vraiment pouvoir et ne pas me retrouver un peu soudainement submergé par les préparatif de mon voyage. Si jamais ça arrive j'e m'arrangerais pour trouver un moyen et quand même vous poster la suite, je m'en voudrais de vous laisser un mois sans chapitre surtout que celui-ci est prêt - il passe une dernière fois entre les mains expertes de pommed'api -.

Merci d'avoir lu et à bientôt !