Bonjour,
Titre : Once Upon A Time...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic
Résumé : « Qu'est-ce que le bonheur ? » Je suis resté immobile devant ma copie sans savoir quoi répondre. Avant j'aurais répondu sans hésitation « t'avoir à mes côtés ». Maintenant je ne sais plus.
« Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. »
Bêta correctrice : pommedapi
Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé. ^^
Bonne lecture ;)
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
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Chapitre 9
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« Nos doutes sont des traîtres, et nous privent de ce que nous pourrions souvent gagner de bon, parce que nous avons peur d'essayer. »
William Shakespeare
Zoro
Samedi 11 Novembre 2017
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire.
J'ai 17 ans. Le désavantage d'être né en fin d'année. Dire que quand j'aurais fini le lycée, je ne serai toujours pas majeur. Enfin ça, c'est si j'arrive à finir le lycée…
Donc aujourd'hui, c'est mon anniversaire et je me retrouve à me faire rétamer par Mihawk. Dans d'autres circonstances, ça aurait certainement été l'un des plus beaux jours de ma vie mais je suis tellement couvert de bleus que si j'aimais réellement ça, je serais maso. Mihawk est froid et ses coups sont encore plus secs et douloureux que d'habitude.
Il cache bien ses émotions et à vrai dire, si Ace ne m'avait pas parlé de ce qu'il y avait entre lui et Shanks, je n'aurais jamais deviné que si Mihawk est tant sur les nerfs, c'est parce que le roux est à l'hôpital. Enfin, c'est ce que j'imagine. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe en réalité et ça m'a l'air suffisamment compliqué pour que je vienne en plus mettre mon nez dedans. Je suis venu ici pour m'entrainer et m'améliorer, rien d'autre. Et à l'issue de cet entrainement, je dois être en mesure de rivaliser avec le plus grand kendoka au monde.
Je dois rester fixé sur mon objectif, je ne veux pas me perdre.
Je devrais être en mesure de profiter de l'agitation de Mihawk, de tirer profit de ce manque de concentration mais j'en suis tout simplement incapable. L'homme que j'ai en face de moi est fort, et ce en toutes circonstances. Ça m'énerve de voir que je ne suis toujours pas en capacité d'avoir l'avantage sur lui et ce même pendant quelques minutes.
Je ne progresse pas aussi vite que je le voudrais.
-C'est bien, tu as de l'endurance et tu encaisses bien. Tu ne gaspilles pas ton énergie en mouvement inutile.
Ce qu'il vient de dire ressemble à un compliment mais vu le personnage, je ne voudrais pas trop m'avancer non plus.
-Malheureusement, aucune de tes attaques ne porte et pire, elles finissent par se retourner contre toi.
Il s'avance d'un pas et m'inflige un nouveau coup avec la manche de son épée. J'ai le souffle coupé et je m'écroule instantanément en me tenant le flanc gauche.
-Est-ce que tu connais l'aïkido ?
Je me relève difficilement et secoue la tête pour lui faire comprendre que non. Je ne sais pas où veut en venir Mihawk mais quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à le savoir.
Il soupire et fait quelques pas pour aller prendre ma bouteille d'eau laissée un peu plus loin dans la salle. Il me la lance et je comprends que je dois boire. A vrai dire, s'il ne m'y faisait pas penser, j'oublierais carrément de m'hydrater.
-C'est un art martial qui utilise la force de l'adversaire ou plutôt, son agressivité et sa volonté de nuire. Ces techniques visent non pas à vaincre l'adversaire mais à réduire sa tentative d'agression.
Il soupire devant ma totale incompréhension.
-Je ne pense pas me tromper en disant que tu es une personne qui utilise sa force brute pour vaincre son opposant. Après tout, tu as les capacités pour.
J'essaie de ne pas sourire face à sa dernière remarque.
-Malheureusement sur certains points, tu manques encore de recul et d'expérience. C'est pourquoi contre des adversaires plus forts que toi, tu perdras malgré ta volonté de fer. Dans un combat, tu ne dois pas forcément chercher à écraser à tout prix ton adversaire, tu dois comprendre que ce n'est pas le seul moyen de gagner. En tout cas, tu ne pourras pas me battre de cette façon.
J'acquiesce, comprenant enfin ce qu'il essaie de me dire et je me relève, plus déterminé encore que tout à l'heure. Je change de garde, mes deux bokken serrés dans mes mains et le dernier dans ma bouche.
Il faut que je me fasse à l'idée qu'il m'est impossible pour l'instant de battre cet homme. Vouloir aller trop vite me fera simplement trébucher plus souvent. Il faut que j'observe plus et que je comprenne comment fonctionne ses attaques, comment il réussit à esquiver si souvent les miennes. Il est temps d'apprendre. De le pousser dans ses retranchements et de réduire à néant toutes attaques contre moi.
-Je suis prêt, je dis peu distinctement à cause du bokken.
-Hé bien, approche alors.
Mihawk sourit et je pense que je souris un peu aussi.
xXx
J'ai reçu un message de Ace un peu plus tôt pour me souhaiter un joyeux anniversaire mais je suis tellement fatigué que j'ai la flemme d'y répondre. J'ai aussi discuté un peu avec Law avant de partir m'entrainer. Maintenant, je n'aspire qu'à une seule chose : dormir pendant au moins douze heures. Aujourd'hui, c'est férié alors rien n'est ouvert et demain comme c'est dimanche, ce sera à peu près la même chose. Ça veut dire que je vais pouvoir passer la journée au lit sans culpabiliser. Et comme je n'ai pas grand-chose d'autre à faire, ça m'arrange bien. Ce n'est pas comme si je m'étais fait un tas d'amis ici. J'ai toujours été plus ou moins seul et c'est certainement ce qui me réussit le mieux.
Ou quelque chose comme ça.
Je jette mon bol de nouilles dans l'évier et termine en une longue gorgée ma boisson en me disant que je rangerai le bordel qu'est mon appartement demain. J'éteins la lumière du salon, passe aux toilettes et vais tout aussi rapidement me coucher. Malheureusement, comme je le pensais, je n'arrive pas à trouver le sommeil malgré mon état de fatigue avancé. Mon corps est courbaturé et je pense qu'une douche chaude devrait détendre un minimum mes muscles.
Je me relève. C'est en soupirant que je me déshabille avant d'entrer à la hâte sous la douche. L'eau met quelques secondes avant de devenir chaude. Je frissonne et prends sur moi avant de me détendre sous la chaleur salvatrice. Je me savonne longuement, appréciant pour une fois ce moment relaxant. Au final, ce n'était pas une mauvaise chose. La douche rapide à la salle d'entrainement était loin d'être satisfaisante. C'est dur de totalement être apaisé avec Mihawk à côté. Je le côtoie depuis plus de trois mois maintenant mais je le connais toujours aussi peu. C'est assez complexe.
Je me sèche sommairement avant de finalement retourner me coucher. Je m'écroule sur mon lit. Il ne me faut pas plus de cinq minutes pour commencer à somnoler. Il est pratiquement 23h et je suis bien content de trouver enfin le sommeil...
Mes paupières sont lourdes et le froid qui s'installe lentement dans mon appartement ne me gêne pas encore tout à fait. Je ne pense à rien, je laisse juste mon esprit s'égarer, se libérer.
Un bruit me parvient soudain au loin mais je n'y prête attention que lorsque j'entends des bruits de pas assez légers derrière ma porte. Si tout à l'heure je pensais que ça venait de chez les voisins, maintenant il est impossible que ce soit le cas. J'hésite à me lever pour voir ce que c'est, j'ai vraiment envie de dormir après tout...
Et puis la porte s'ouvre et Niji entre. Malgré la pénombre, je distingue parfaitement ses traits et sa silhouette. Je ne bouge pas. Il enlève sa veste, ses chaussures et son pantalon avant de venir se glisser sous mes draps.
-Je savais que même si j'étais silencieux, tu te réveillerais, me dit-il en passant ses bras autour de ma taille.
-Qu'est-ce que tu fous là ?
-Quoi, tu n'es pas content de me voir ? Moi qui me disais que ce serait triste de te laisser seul le jour de ton anniversaire!
Il soupire et me lâche avant de me tourner le dos.
-Hé bien, bonne nuit alors.
Sa réaction m'étonne et je me demande s'il est vraiment vexé ou si c'est encore de la manipulation de sa part. Sincèrement, j'ai du mal à croire qu'il soit venu juste pour ça. Je soupire aussi et constate avec énervement que je n'ai plus sommeil pour le coup. Quand j'écoute la respiration de Niji, je la trouve basse et lente, comme s'il s'était déjà endormi. J'hésite et puis, un peu agacé, je me tourne vers lui. Ca me met sur les nerfs parce que c'est moi qui vais vers lui. Lui, il continue à me présenter son dos. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. N'est-ce pas l'occasion de lui faire comprendre que je ne supporte pas sa présence?
Pourtant, mes gestes me trahissent et je me dis alors que je n'ai pas de temps à perdre. Incertain, je pose simplement ma main droite autour de sa taille. Il ne me faut que quelques secondes de plus pour sentir sa main droite se resserrer sur la mienne. Ça a quelque chose de rassurant et d'effrayant à la fois. C'est comme si je n'étais pas sûr de pouvoir lui faire lâcher prise.
-Ah, au fait, je t'ai pas dit. On va détruite ton ancien dojo la semaine prochaine.
Je peux presque deviner son sourire derrière ses mots. S'il y a bien une personne que je comprends moins que Mihawk, c'est bien Niji. Je ne comprends même pas pourquoi je continue de lui ouvrir ma porte et de lui parler. Je ne pense pas qu'il soit sérieux avec moi et de mon côté, je n'en pense pas moins le concernant. Il joue simplement à un jeu dont il ignore lui-même les règles.
-Pourquoi est-ce que tu me dis ça ?
-Juste pour te tenir au courant.
-Hum.
Et je crois que j'y joue aussi.
Le silence s'étire puis je le sens se tourner vers moi. Je sais ce qui va suivre et si avant j'en avais honte et j'essayais de résister… J'y suis à présent moins réfractaire. Je prends ce qu'il me donne en me disant qu'il n'y a aucun mal à ça. J'ai beau dire que je suis très bien dans ma solitude, avoir quelqu'un de temps en temps à ses côtés aide à passer des caps qui sont parfois difficiles. Je n'ai pas envie de me justifier sur ce que je fais avec Niji. Quand ça commencera à devenir trop fort ou encombrant pour moi, je me pencherai là-dessus mais en attendant, je veux juste continuer à sentir ses mains sur moi. Savoir qu'il est là est devenu rassurant, ça me donne l'impression absurde de ne pas me battre seul.
On s'embrasse et je le serre si fort contre moi qu'il est impossible que sa peau n'ait pas de marques le lendemain. C'est une idée qui me plait. Je ne sais pas comment Niji occupe sa vie, s'il est franc sur son désir pour les hommes. Peut-être ment-il au monde entier sur sa vie, sur le fait qu'un ado de 17 ans le fait gémir. J'éprouve une grande fierté à cette pensée. Quand je le vois prendre du plaisir sous mon toucher, cet homme si narquois et si fort, c'est moi qui parviens à lui faire baisser les armes. C'est une victoire après avoir encaissé toutes les défaites que je subis contre Mihawk.
Je l'embrasse dans le cou avant de lécher le lobe de son oreille. Il apprécie et caresse mon flanc gauche. Il me donne chaud et je n'ai plus du tout sommeil. Je croise son regard et son sourire aguicheur fait monter en flèche mon excitation.
-Joyeux anniversaire...
Il m'embrasse et souris de plus belle.
-Comme tu as été gentil, je t'offrirai ce que tu veux pour cette occasion spéciale.
-Je vais y réfléchir...
Lundi 13 Novembre 2017
Je baille à m'en décrocher la mâchoire et lutte pour garder les yeux ouverts. Le prof de math parle un peu plus fort, espérant inutilement être entendu malgré le vacarme ambiant. Je pense qu'il se fatigue pour rien et qu'il devrait faire comme la plupart de ses collègues : écrire le cours au tableau et laisser ceux qui le désirent le recopier. Pour les autres, ce sera juste tant pis. Mais bon, il a l'air encore jeune et il a la volonté qui va avec. Les illusions aussi.
Il est impossible d'aider une personne qui ne souhaite pas s'en sortir et malheureusement, Impel Down est rempli de ces gens-là.
Dans un énième bâillement, je laisse ma tête retomber sur le bureau et ferme les yeux. J'apprendrai rien pendant cette heure de toute façon. Je verrai ça une autre fois. Le prof semble en être arrivé à la même conclusion que moi et prend place derrière son bureau en soupirant. Dans la classe, la plupart des autres élèves n'ont même pas remarqué qu'il avait arrêté de s'agiter. Un groupe de mecs derrière moi parle de trucs stupides comme de filles ou alors d'un jeu vidéo où la fille est simplement « trop bonne ». C'est marrant parce que les filles à côté de la porte parlent exactement de la même chose. Ou d'un truc qui y ressemble : le nouveau tatoueur pas loin du quartier. La même chose à quelques détails près.
J'ai remarqué depuis longtemps qu'il y avait beaucoup de groupes et qu'ils ne se mélangeaient pratiquement jamais. Par exemple, les filles et les garçons de ma classe s'adressent peu la parole mais passent leur temps à se jeter des coups d'œil. C'est plus qu'évident que certains se plaisent mais ils sont trop gamins pour se l'avouer.
Ouais, enfin moi je dis ça…
Je sens mon ventre grogner et je relève la tête pour regarder l'heure. Encore un quart d'heure à attendre avant de pouvoir aller bouffer. Je crois que tout le monde n'attend que ça ici, c'est presque désolant.
Je soupire et tourne la tête vers le tableau pour voir que le prof a commencé à noter des trucs. J'aperçois par la même occasion les cheveux rouges de Kid. Il est occupé sur son portable. Son visage est dur et ses sourcils inexistants sont froncés. Il envoie message sur message et le prof désabusé par la situation n'en a plus grand-chose à faire.
Je me motive et attrape un stylo. J'écris le cours en attendant patiemment la pause déjeuner.
xXx
Je mords avec appétit dans mon sandwich thon crudité en regardant l'eau s'écouler sous mes pieds. Assis sur un des petits murets du pont, j'observe avec une certaine tranquillité le courant et le magnifique bleu de la rivière. J'ai découvert cet endroit il y a un peu plus d'un mois. Pour éviter d'être dans le rouge à chaque fin de mois et voir débarquer l'agent qui gère l'appartement que je loue, il faut que je fasse des économies. Je grince des dents à cette pensée. Niji est censé servir à ça. Je pourrais le lui rappeler mais j'aime me débrouiller seul même si c'est galère. De toute façon, accepter son argent a quelque chose de sale et notre relation est déjà tellement compliquée...
Je suis sûr que si je le lui disais, il se foutrait de moi.
Je prends une gorgée de ma boisson avant de poser ma canette à mes côtés et d'ouvrir mon autre sandwich. Manger dehors me permet d'économiser presque 2€ par jour. La gérante du supermarché du coin m'a en quelque sorte à la bonne et me garde gentiment les sandwichs à moitié prix en raison de la date limite de consommation. Ça m'arrange, je ne crache pas sur les économies, petites ou pas.
Le problème, c'est qu'il fait de plus en plus froid et que je vais devoir arrêter de manger dehors. Quoi que ça pourrait me faire un bon entrainement pour améliorer ma résistance et ma concentration. Je dois continuer à m'entrainer mais Mihawk m'a dit qu'il ne pourrait pas assurer mon entrainement cette semaine et que du coup, je devais me débrouiller seul. Ce n'est pas trop dérangeant. En venant ici, j'avais simplement espoir qu'il me donne quelques conseils et assiste à mes répétitions de katas ou autre. Que Mihawk ait décidé de me faire devenir plus fort en me faisant pratiquer me gonfle de joie et me donne envie de le dépasser au plus vite.
Je pousse un soupir de bien-être. Même si mon repas n'était pas succulent, il m'a rempli l'estomac et c'est ce qui compte. Je me lève, ramasse mes emballages de sandwich et ma canette puis les jette dans une poubelle à proximité avant de continuer à marcher un peu. Comme il est encore tôt, je décide de faire un petit détour et finis par m'arrêter dix minutes plus tard sur un banc, je ne sais où. Mais il me semble que je connais cet arbre. A moins que ce soit un autre… Ils se ressemblent tous de toute façon. Je ne m'en fais pas plus que ça, je saurai me repérer au moment venu...
Je profite de ces quelques minutes de répit pour fermer les yeux.
-Zoro ?
J'ouvre immédiatement les yeux, surpris d'entendre cette voix. Elle fait quelques pas et vient se planter devant moi. Elle hausse ensuite ses sourcils comme si elle n'y croyait pas elle-même. On reste alors à se regarder dans le blanc des yeux bien trop longtemps à mon goût et au final, je décide de fermer à nouveau les yeux pour essayer de grappiller quelques minutes de tranquillité supplémentaires.
-Ne m'ignore pas, imbécile ! Toujours aussi malpoli et inconscient à ce que je vois!
Je regarde de nouveau Jewerly et lève les yeux au ciel quand je comprends qu'elle ne va pas partir comme ça. C'était trop beau pour être vrai. En plus, ce n'est pas du tout le genre de Jewerly de juste laisser tomber, même s'il est évident qu'on n'a rien de spécial à se dire. Déjà quand elle sortait avec Law, je la voyais pas plus que ça et je lui parlais encore moins. Ca m'allait très bien. On n'était pas proche et on avait très peu de points communs. J'allais pas me forcer juste parce que c'était la copine d'un pote. Mais malgré tout, je reconnais que c'est quand même une fille intéressante et pas trop mal. Elle a du caractère et on peut dire ce qu'on veut d'elle mais c'est une personne sur qui on peut compter.
Sur qui Law pouvait compter en tout cas.
Maintenant, je ne sais pas et je m'en fous.
-Quoi ? je lâche, déjà fatigué par cette conversation.
-Comment ça quoi ?
Elle soupire et, agacée, s'assoit d'autorité sur le banc près de moi.
-Dire que j'étais contente de tomber sur toi et non pas sur ce dérangé d'Ace...
-Ace n'est pas dérangé.
-Tu rigoles, j'espère ?
Elle me regarde comme si elle espérait vraiment que ce soit le cas.
-Ce type m'a menacé !
Je soupire, soulagé qu'elle ne fasse pas allusion à autre chose.
-Ah bon ? dis-je, pas plus ému que ça.
-Rien d'important, élude-t-elle finalement. Sinon, qu'est-ce que tu fais là tout seul ? Encore perdu ? s'amuse-t-elle.
-Non.
-Vraiment ?
Je ne prends pas la peine de répondre. Pourtant, ça ne l'empêche pas de me fixer dans l'attente que j'ouvre la bouche.
-Bon, je vais y aller, je reprends bientôt les cours.
-Je t'accompagne, faut que je vois Kid.
Je ne dis rien et me lève. Je marche tranquillement et Jewerly me suit en silence. Et bien vite, le problème que j'ai à chaque fois se répète : les noms des rues ont encore changé! C'est vraiment étrange ce phénomène… Je me demande qui sont les gens qui s'amusent à faire ça car c'est toujours galère pour retrouver son chemin. Agacé, je m'arrête et observe les passants autour de moi qui n'ont pas encore remarqué le truc.
-Peut-être à droite, je murmure pour ne pas que Jewerly m'entende et m'accuse comme tous les autres de m'être perdu.
Un peu plus confiant, je tourne et suis le chemin.
-Les cours ont déjà repris depuis presque cinq minutes, fait soudain Jewerly.
Je grogne et l'ignore.
-Tu devrais te faire des repères avec les magasins si tu as du mal avec le nom des rues, soupire-t-elle.
-Comment ça ? je lui demande, malgré moi intéressé.
-Suis-moi, je vais te montrer.
Je m'exécute, curieux de voir sa méthode miracle. C'est vrai que seuls les noms des rues changent. Les magasins et autres bâtiments ne bougent pas. Ca pourrait être une bonne idée. Convaincu, je la regarde faire et remarque avec agacement qu'elle s'est très bien accoutumée au problème : j'arrive d'ailleurs très vite devant Impel Down.
-Mouais… Pas mal.
-Tu pourrais au moins me remercier !
-Hum.
-A cause de toi, je suis arrivée en retard et au final, j'ai raté Kid! Bon, laisse tomber, dit-elle quand elle remarque enfin que je n'ai pas l'intention de m'excuser. Je reviendrai une autre fois...
Je la regarde partir puis se stopper à même pas deux mètres.
-Qu'est-ce qui y a ?
-Non, rien. J'allais dire un truc stupide.
Je suis sûr qu'elle voulait me demander comment allait Law mais elle a compris au dernier moment que ce n'était pas une bonne idée. Je me détourne alors et entre dans mon lycée en réfléchissant à une excuse à donner pour justifier mon retard.
Pas sûr que si je lui parle des rues, le CPE me croit. Y a que moi qui ai l'air de remarquer ce problème bizarrement...
Mercredi 15 Novembre 2017
-Qu'est-ce que tu fais là ?
Dans la cuisine, Niji me tourne le dos et sirote ce que je présume être un café. Il en avait déjà acheté une fois après que je lui ai dis que j'aimais pas ça et que du coup, il n'en trouverait pas chez moi. Je ferme la porte derrière moi et marche jusqu'à lui, bien décidé à avoir une réponse.
Depuis quelques jours, il n'arrête pas de se pointer sous divers prétexte, simplement pour le plaisir de squatter. Son comportement est de plus en plus bizarre et ça ne m'arrange pas du tout qu'il passe autant de temps ici. Si jamais j'ai de la visite au moment où il est tranquillement posé sur mon canapé, j'aurais certainement des problèmes sous la forme de questions non désirées.
Et peut-être même plus tôt que prévu.
-Hé ! T'es sourd ou quoi ? je dis quand je lui fais enfin face.
-Bonjour à toi aussi.
Il pose sa tasse et me sourit. Lentement, il approche ses lèvres des miennes pour finir par m'embrasser assez chastement. Je cligne des yeux, presque surpris par le geste.
-Tu peux pas rester, y a Sabo qui va pas tarder.
-Il peut venir, ça ne me dérange pas.
Je soupire et me prends la tête entre les mains. C'est sûr que lui parler de ça n'était pas forcément le meilleur argument à lui donner. Ce mec aime tellement faire chier son monde qu'il veut probablement rester rien que pour m'emmerder maintenant! C'est déjà plus ou moins bien qu'il ne m'ait pas fait le coup avant. Le fait que ce soit Sabo qui se ramène est aussi une bonne chose. Enfin, si on peut dire ça. Mais tant que ce n'est pas Ace, je devrais pouvoir m'en sortir. Ace ne comprendrait pas pourquoi Niji se trouve chez moi et ce serait normal. Faut pas oublier que ce mec a quand même foutu une partie de ma vie en l'air et qu'il le vit très bien en plus ! Tellement bien qu'il se permet même de se pavaner dans mon appart' miteux...
Quand je regarde Niji, j'ai pas l'impression qu'il soit perturbé par ce qu'il se passe entre nous. Pire, il a l'air d'apprécié, aussi bizarre que ce soit. Il n'a pas l'air non plus dérangé par le fait que je le déteste, au moins un peu. Mais c'est sûrement parce qu'il se rassure en se disant que je l'apprécie tout autant parce que sinon, je ne lui parlerais pas et je le laisserais encore moins foutre les pieds ici. Il a raison. Petit à petit, je baisse ma garde face à lui et il prend doucement de la place dans mon quotidien.
-Ton avis m'intéresse pas. J'ai pas envie que tu sois là, on va parler de trucs importants et si t'es là, ce sera pas possible. Et puis c'est chez moi, si j'ai envie que tu te barres, tu te barres, c'est tout.
-T'essaies d'être autoritaire avec moi, Zoro ?
Il fronce les sourcils et alors que je crois qu'il va s'énerver, il sourit. C'est encore un de ses sourires tordus un peu sadique qui ne lui vont pas du tout et qui m'indique qu'il pense à de mauvaises choses.
-T'es encore trop jeune pour espérer pouvoir me commander. Et qu'est-ce qu'il veut, Sabo de toute façon? Se plaindre de son empoté de petit ami ?
Je fronce les sourcils et fixe Niji, confus. J'y avais pas fait attention avant mais de ce qu'il me dit, il a l'air de connaître Sabo. Bon après, c'est le frère du sourcil en vrille et Sabo est son meilleurs ami alors c'est logique.
-Tu connais Sabo ? je demande, histoire d'effacer tous mes doutes.
-Le blondinet qui tournait toujours autour de Sanji quand ils étaient petits ? Ichiji n'arrête pas de dire que c'est pour ça que Sanji est raté!
-Raté ?
-Ouais, notre frère est tellement faible que c'en est navrant mais je suis sûr que Sabo n'a rien avoir là-dedans et que c'était prédestiné. Y a qu'à voir ses sourcils, ils sont pas bien orientés...
J'esquisse un sourire, amusé d'entendre ça de la part de quelqu'un qui a des sourcils aussi bizarres que le sourcil en vrille, même s'ils sont dans l'autre sens. Pour ma part, j'ai davantage l'impression qu'ils sont pareils et que c'est du coup comme leur signe de famille ou un tuc du genre.
-Qu'est-ce qui te fait rire ?
-Rien.
Il sourit à son tour et se rapproche de moi, tellement près que nos nez se touchent. Je sens sa respiration et louche grossièrement sur ses lèvres. Il le voit et comble les derniers centimètres qui nous séparent. Je ne commence jamais rien avec lui pour ne pas lui montrer que j'en ai autant envie que lui. Ce serait lui donner trop de pouvoir. Je ferme alors les yeux et laisse ma langue jouer avec la sienne. Je passe mes bras autour de sa taille.
-A un moment, on a même cru à une histoire entre Sanji et Sabo. Mais non, le petit semble aimer les femmes autant que ses frères, souffle-t-il soudain contre mes lèvres.
-Ses frères ? J'espère sérieusement que tu te comptes pas dans le lot!
Il me regarde en souriant, une lueur de malice dans les yeux.
-Et pourquoi pas ?
-Tu veux que je te rappelle ce que tu fais avec moi ? je lui demande d'un air narquois.
-L'un n'empêche pas l'autre. J'ai déjà couché avec des femmes, tu sais, me lance-t-il comme si de rien n'était.
-Pour donner le change.
Ça ne le fait même pas ciller.
-T'essaies de me faire dire que je suis homo ? s'amuse-t-il. Tu peux toujours tenter ta chance mais même Mihawk n'a jamais réussi et ce même quand on s'envoyait en l'air.
Il savoure la crispation de mes traits et je serre les poings avant de me détourner de lui. Je ne sais pas comment je dois prendre le fait que Niji a eu une aventure avec Mihawk. Est-ce qu'il a un truc avec les kendoka ou alors il se console avec moi parce que Mihawk lui préfère Shanks? Ce type est vraiment tordu...
Il vient alors m'enlacer dans le dos et je râle face à son attitude de plus en plus câline.
-Je me compte parmi eux quand je parle de mes frères, reprend-il alors. Je ne ressens pas de désir pour les femmes même si ça ne m'empêche pas de les aimer et de les trouver belles. Mais tu veux savoir un truc ?
-J'ai pas envie de savoir mais je sens que j'ai pas tellement le choix, je grogne.
Il m'embrasse dans le cou et je râle un peu plus fort pour essayer de tromper mon monde.
-Je te préfère à toutes les femmes. Après tout, il ne me faut pas grand-chose pour bander avec toi.
Il sourit et pour effacer mon air outré, il m'embrasse de nouveau. Je me laisse faire. A quoi bon de toute façon? Si Niji n'assume pas, c'est son problème, pas le mien. J'aurais certainement continué des heures si on n'avait pas frappé à la porte.
Il est trop tard pour mettre Niji dehors. Sabo est déjà là.
xXx
-Est-ce que tu as des ennuis, Zoro ? me demande Sabo alors qu'il fixe encore la porte.
-Non.
Comme s'il venait d'être déstabilisé par ma réponse, il se tourne vers moi et me fixe, le regard étrange. Je soupire et me passe les mains dans les cheveux avant d'aller m'asseoir sur mon canapé. J'attends que Sabo me rejoigne mais il est toujours debout, bien campé sur ses deux pieds, le visage incrédule. Silencieusement, il me demande des réponses.
Niji vient juste de partir. Après les coups à la porte du copain d'Ace, cet abruti a continuer à m'embrasser et j'ai dû batailler avec lui pour qu'il me lâche. Et avant d'enfin ouvrir la porte, j'ai dû chercher une excuse à fournir à Sabo pour expliquer l'attente. Heureusement, Niji avait l'air de ne plus trop vouloir jouer et il a simplement ramassé ses affaires pour partir. En fait, c'est même lui qui a ouvert la porte et a à moitié bousculé Sabo en partant.
-C'est bien Ichiji Vinsmoke qui vient de sortir ?
-Niji.
Sabo fronce les sourcils et fait quelques pas vers moi.
-C'était Niji et il faisait rien de particulier. Sa famille possède quelques appartements et il était venu voir si y avait pas de problème. Je crois. J'ai pas tout compris et je m'en fiche un peu.
Il acquiesce et mon excuse a l'air de marcher. Il vient même s'asseoir à côté de moi et d'une voix fatiguée, me demande si j'ai pas un truc pour lui. Je le fixe alors. Ce mec blond qui quand il n'a pas l'air si triste ressemble à une douceur sucrée qu'on refuserait de manger de peur de la voir disparaitre. Mais là, Sabo a vraiment l'air au bout de sa vie et je décide qu'une bonne bière ne lui fera pas de mal.
-Merci.
Il prend la canette sans vraiment y faire attention et il remarque le goût alcoolisé seulement à la première gorgée. Il grimace un peu.
-J'avais plutôt pensé à du jus d'orange ou n'importe quelle autre boisson...
-Quelque chose me dit que t'as besoin d'un truc plus fort pour arrêter de faire cette tête d'enterrement.
Il sourit faiblement et doit se dire que j'ai raison puisqu'il continue finalement de boire.
-C'est pas très bon, avoue-t-il ensuite.
-C'est parce que t'y connais rien.
Il sourit plus franchement et se laisse même aller sur le canapé. Pendant quelques minutes, il boit sans un mot et ses yeux vides fixent la télé éteinte. Je l'accompagne dans sa beuverie. Ce serait dommage de le laisser boire seul, surtout que ça me fait une occasion de me rincer le gosier...
Sabo et moi, on a commencé à s'envoyer régulièrement des messages depuis la reprise des cours de manière assez naturelle. Et même si cette rencontre était prévue depuis longtemps, je sens que peu importe les plans qu'on avait à la base, on va devoir les oublier. J'ai l'impression qu'il a besoin de parler et que c'est moi qui vais devoir me le coltiner. Je pressens déjà que ça va être compliqué.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Hein ?
Il sort doucement de sa léthargie et a l'air réellement surpris que je lui parle. On dirait qu'il était parti assez loin.
-Y a quelque chose qui va pas, non ? Même moi j'peux le voir.
Comme pour se donner du courage, il boit une longue gorgée de sa bière et la pose sur la table basse.
-Non, enfin… Je vais pas t'ennuyer avec mes problèmes.
Il a l'air gêné et c'est pas vraiment fait pour me rassurer.
-On devait sortir en plus, se rappelle-t-il ensuite en se relevant.
-Laisse tomber.
Je soupire et pose ma main gauche sur son épaule pour lui dire de se rasseoir. Il secoue la tête mais se rassoit quand même.
-C'est sympa, Zoro, vraiment.
Il soupire.
-Mais c'est à propos d'Ace et j'ai pas envie de te mettre dans une situation délicate en t'en parlant.
-Hum.
Je suis encore plus perdu et j'ai envie de prendre la perche que Sabo me tend. Ce serait facile d'accepter et de reconnaitre qu'il n'a pas tort. On pourrait se mater un film ou autre chose vu que de toute façon, sortir est loin de nous motiver.
-Ace m'a rien dit. C'est grave ? je demande finalement.
-Assez oui.
Il se met à caresser son bracelet et son regard se perd encore un moment sur l'écran noir de la télé.
-En fait, je ne sais pas… J'ai l'impression que je suis en train de me faire bouffer et… C'est compliqué, se reprend-il. J'ai fait une erreur et ça a fait beaucoup de mal à Ace. Il n'arrive pas à me pardonner et je ne suis pas sûr qu'il le veuille vraiment. Je culpabilise et ça me fait me sentir vraiment mal. Et il essaie de me faire croire le contraire mais je sens qu'il n'est pas sincère... Pourquoi il aurait… Enfin, ses actions…
-J'ai rien compris, dis-je honnêtement.
Sabo soupire et, peiné, reprend une gorgée de sa boisson alcoolisée.
-Écoute, avec Ace, c'est tout le temps compliqué, je lui fais remarquer. Si tu le laisses tout gérer et imposer ses règles, t'es pas rendu. Il a pas toujours raison mais ça, il peut l'accepter. Il faut juste que t'arrives à lui montrer que sur ce coup-ci, il est pas dans le vrai.
-Mais il a raison et j-
-Peut-être mais tu t'es excusé et tu regrettes, non ?
Il acquiesce et j'ai presque l'impression de voir ses yeux briller. Je secoue la tête, peiné pour eux.
-Ace est ce qu'il est mais je pense pas qu'il aimerait te voir dans cet état là surtout si c'est de sa faute.
Sabo me regarde et j'ai l'impression qu'il veut dire quelque chose mais rien ne sort de sa bouche et on reste là à se regarder sans rien dire. Ça rend le truc assez bizarre d'ailleurs.
-Merci d'essayer de me remonter le moral, Zoro... Moi qui pensais que t'étais un insensible.
-Merci, dis-je en grognant.
Il sourit et termine sa canette avant de la secouer devant ses yeux.
-J'en veux bien une autre, s'il te plait.
Ses yeux ont l'air d'avoir repris un peu d'intensité, on dirait que le moral est remonté. Je décide de lui en donner encore une en me disant que ça ne lui fera pas de mal. Mais juste une. Ses joues rouges m'indiquent en effet qu'il est déjà un peu éméché…
-A la tienne.
-A la tienne.
Il cogne sa canette contre la mienne.
-Tu sais, je vous ai entendu derrière la porte tout à l'heure.
-Comment ça?
-Avec Niji. Vos souffles et même un gémissement. Vous étiez tous les deux un peu rouges aussi.
J'avale de travers et m'étouffe avec ma bière. Je tousse violemment et me frappe la poitrine. La respiration à moitié haletante, je regarde Sabo et prie pour avoir mal entendu.
-T'inquiète pas, ça reste entre nous.
Il me fait un clin d'œil mais je sens qu'il n'est pas à l'aise non plus.
-J'allume la télé, OK ? me demande-t-il pour couper court à ce silence gênant.
-OK.
Merde, ça c'est un gros problème…
« Le courage n'est pas l'absence de peur, mais plutôt le jugement que quelque chose d'autre est plus important que la peur. »
Ambrose Redmoon
Sabo
Jeudi 16 Novembre 2017
-Ah, y a pas à dire, ça fait du bien de rentrer à la maison, soupire Shanks de bien-être.
Epaulé de Cavendish, il marche lentement jusqu'au canapé où le blond l'aide à s'asseoir. Je ferme la porte d'entrée derrière moi et porte le sac de Shanks.
-Je vais déposer tes affaires dans ta chambre.
-Ouais, merci.
Je fixe pendant quelques secondes mon colocataire avant de partir vers sa chambre. Pour lui rendre service, je décide de lui déballer directement ses affaires et de les ranger. Ce sera toujours ça de moins à faire pour lui plus tard. C'est Cavendish qui lui a préparé ce sac et qui le lui a amené le lendemain de son agression. Pour une fois, il a fait simple et a pris le strict minimum. Il savait exactement ce que le roux aurait aimé avoir avec lui.
Aujourd'hui, Shanks est enfin rentré. Il est heureux et a l'air d'aller mieux mais pourtant, son corps est encore marqué parce qu'il lui est arrivé. Il est presque méconnaissable et malgré le temps qui est passé, son visage est toujours aussi bleui. J'ai un pincement au cœur à chaque fois que je le regarde et je sais qu'il en est de même pour Cavendish. Mais en même temps, je suis fier de Shanks. Ce qui lui est arrivé est horrible néanmoins, j'ai l'impression d'avoir toujours le même homme en face de moi.
C'est étrange. Après l'agression d'Ace, il m'avait semblé qu'il n'était plus tout à fait le même. Ce n'était pas vraiment à cause de la colère mais plus en rapport avec de l'agacement et de la frustration. Pendant un court instant, il s'est senti faible et vulnérable et c'est peut-être ça qui l'a le plus atteint. C'était discret mais c'était bien là. Il s'est pourtant vite ressaisi. Je pense qu'il ne voulait pas s'attarder dessus par rapport à moi. Il avait bien analysé que je me sentais coupable et que j'avais été très fortement touché par ce qui lui était arrivé. Je me rappelle également qu'il avait tendance à minimiser les faits à un moment. Heureusement, tout s'est bien fini. Le coupable, celui qui l'a poignardé, a été jugé. Justice a en quelque sorte été rendue… Les séquelles restent tout de même présentes aujourd'hui mais sachant qu'on est allé au bout du bout, il faudra continuer à vivre avec. J'espère que la mésaventure qu'a rencontrée Shanks connaitra le même dénouement. Malheureusement, je ne sais pas trop où ça en est pour lui. J'ignore s'il a porté plainte ou même si la police a une idée de qui a bien pu faire ça. Shanks n'en parle pas vraiment.
L'esprit toujours un peu morose, je retourne dans le séjour.
-Moi qui pensais que j'allais regretter les infirmières de l'hôpital, je me rends compte que je suis autant chouchouté ici que là-bas! Même si j'avoue que votre vue m'est plus agréable, j'aime pas trop les hôpitaux...
-Qui aime ça ? lui accorde Cavendish, un sourire discret aux lèvres.
-J'ai défait ton sac et rangé tes affaires, j'ai pensé que tu serais trop fatigué pour le faire.
-Merci, t'es un ange. A vrai dire, je suis tellement crevé que je crois que je vais pioncer une bonne partie de la soirée...
-Fais donc ça. Quant à moi, je vais chercher tes médicaments à la pharmacie.
Cavendish, qui n'avait pas enlevé sa veste et ses chaussures, reprend son sac laissé un peu plus tôt sur la table basse.
-Je te laisse avec lui, Sabo.
-Pas de problème, je lui assure, un sourire bienveillant aux lèvres.
-Je n'ai pas non plus besoin de nounou. Je ne suis pas encore mourant, vous savez ?
Cavendish et moi faisons semblant de ne pas l'entendre.
-J'en profiterai pour acheter quelque chose chez l'italien du coin. Inutile qu'on se prenne la tête à faire à manger ce soir.
-Je suis entièrement d'accord avec toi, dis-je, heureux à la perspective de manger de succulentes pâtes.
-Je veux ma part avec de la viande et du gras, beaucoup de gras. Et n'oublie pas le vin!
-On verra.
Quelques secondes plus tard, la porte de l'entrée claque.
-Je ne pense pas qu'il en prenne, dis-je honnêtement.
-Tu sais quoi ? Moi non plus.
Il sourit et je fais de même.
Shanks ferme ensuite les yeux et je crois qu'il ne lui faut pas plus de cinq minutes pour sombrer dans les limbes du sommeil. Attendri, je me laisse tomber à côté de lui par terre. J'ai séché le club pour pouvoir accompagner Cavendish à l'hôpital. Je tenais à être là pour la sortie de notre ami. Pour une fois, le coach a compris et n'a rien dit. Je pense qu'il a enfin entièrement confiance en moi. Je lui prouve depuis des années que j'aime le basket et que je m'implique plus que n'importe qui. Il a su voir que je faisais du bon boulot avec les secondes et que peut-être, je suis un meilleur capitaine que Vergo.
Vergo était un bon joueur et savait jouer collectif quand il le fallait… Enfin, plus ou moins. Mais j'ai le souvenir que tout le monde n'était pas à l'aise avec lui. Plusieurs joueurs se sentaient même laissés sur le carreau.
Je ne sais pas si c'est réellement mieux avec moi mais en tout cas, je fais tout pour.
Distraitement, mes doigts caressent mon bracelet. Quand ils se glissent sur ma peau et effleurent les cicatrices, je stoppe mes mouvements. Je fixe comme perdu mon poignet alors que doucement, des souvenirs de ce qu'il s'est passé avec Ace me reviennent en mémoire. Ma gorge se serre et j'ai l'atroce sensation qu'on me retourne l'estomac. Je retiens avec difficulté une horrible envie de vomir. Certaines nuits, j'en fais encore des cauchemars. Depuis ce jour, c'est comme si j'évitais Ace. J'ai l'impression que je pourrais m'effondrer si je le voyais.
Lui et ses cicatrices.
Il fait froid en ce mois de novembre et les pulls cachent parfaitement ces petites marques qui je l'espère, disparaîtront très vite. Malheureusement, je crois que ma peine est partie pour durer un long moment.
J'enroule mes bras autour de mes genoux et soupire, me sentant de plus en plus mal. J'en veux énormément à Ace pour ce qu'il a fait mais je crois que lui m'en veut encore plus pour ce que moi j'ai fait. J'avais promis à demi-mots de ne plus recommencer… Mais pourtant, je l'ai fait. Alors que mes précédents stigmates disparaissent tout juste, les nouvelles coupures ont cicatrisé et marquent à présent ma peau plus profondément que je ne l'aurais voulu.
Je ne sais plus quoi faire. Il est trop tard pour regretter et je suis tellement perdu. J'ai l'impression que tout est de ma faute et que d'une certaine manière… Je le mérite. Ace me reprochait mes mensonges et sans doute avait-il raison. Si j'avais été sincère, on n'en serait peut-être pas là.
Zoro m'a également dit de ne pas trop aller dans le sens d'Ace, qu'il pouvait se tromper également. Ace est capable de l'entendre quand il se trompe mais comme moi, quand ça concerne l'autre, c'est difficile de l'accepter. Et puis dans notre cas, je ne suis pas sûr de vouloir une fois de plus le blesser et même le décevoir.
Mais je sais qu'il est utopique de penser qu'Ace va simplement oublier, me pardonner et passer à autre chose. Moi-même je ne sais pas si je vais y arriver.
Nostalgique et le cœur lourd, je sors mon portable et automatiquement, je cherche mes photos. Avec une note de fébrilité, j'ouvre le dossier des vacances dans le royaume de Torino. La première qui s'affiche est une photo de groupe. C'était au début et il est évident en la regardant que tout le monde n'était pas encore très à l'aise à ce moment-là. Surtout pour les plus timides. A l'inverse, d'autres ont tout de suite pris leurs marques comme Sanji et Zoro qui ont éprouvé l'un envers l'autre la même animosité mélangée à une espèce de taquinerie tout au long de la longue semaine de vacances. Je me souviens que j'avais ardemment désiré ces vacances et que j'y avais pris beaucoup de plaisir, entouré des personnes que j'appréciais le plus. Ca ne pouvait qu'être magique. Pour moi qui n'étais jamais sorti d'East Blue, ces vacances avaient eu comme un goût de liberté et d'aventures. Goûter à cette légèreté dont mes parents me privaient depuis bien trop longtemps avait eu quelque chose d'exaltant.
Comme plus léger et moins triste, je fais doucement défiler les photos et me replonge dans tous ces moments immortalisés qui me remontent le moral.
Dans ce dossier, il y a aussi mes moments avec Ace. C'était la première fois qu'on se voyait aussi longtemps sur une si courte période. Nous avons dormi ensemble tous les soirs et avons pu nous rapprocher physiquement. Sentir sa chaleur au moment d'aller dormir, son souffle chaud sur moi lors de nos longues discussion la nuit…
Comme tout ça me manque aujourd'hui… Mais je sais que je ne peux pas trop ruminer non plus. Ça ne me fera rien de plus que du mal, encore et encore.
Je regarde les photos pendant un long moment, ne me lassant pas de redécouvrir les moments joyeux lors de nos vacances. Je ne m'arrête qu'un quart d'heure plus tard quand Cavendish revient avec notre diner. Il n'a pas pris de vin et Shanks dort encore.
xXx
-Se voir comme ça, ça me rappelle quand on était gamin et qu'on se cachait pour pouvoir jouer ensemble, dis-je, nostalgique.
Je vois Sanji sourire avant de recracher la fumée de sa cigarette en petits cercles. Je m'assois sur les marches non loin du parking du loft de Shanks. Il est presque 22h et la nuit fraiche me fait trembler de froid. Quand je me pose à côté de mon meilleur ami, je remarque qu'il a la chair de poule et les lèvres gercées. Je touche sa joue gauche pour confirmer mes soupçons et sans surprise, sa peau est presque glacée.
-Jajji était tout le temps dans nos pattes, c'est pour ça, me répondit-il en ignorant mon geste.
-Tu es là depuis combien de temps ? je lui demande, inquiet.
-Un moment.
-Pourquoi tu ne m'as pas appelé avant ?
-Je ne sais pas… J'avais besoin d'être un peu seul peut-être. Et puis, t'étais occupé, je voulais pas trop te déranger non plus.
-Occupé à dormir ? je plaisante en lui désignant mon pyjama caché sous mon manteau. Tu sais bien que je suis ton ami et que du coup, tu ne dois pas hésiter une seule seconde à me déranger si ça ne vas pas !
Je passe mon bras autour de ses épaules et comme pour marquer mon soutien, je pose ma tête sur son épaule gauche. Je m'éloigne tout de même vite, n'appréciant toujours pas l'odeur de la cigarette. Même si j'ai dû m'habituer avec Ace – qui fume occasionnellement par rapport à Sanji – je dois dire que respirer la nicotine en trop grande quantité me dégoûte un peu.
-Ça n'a pas l'air d'aller fort toi, dis-je pour l'inciter à se confier.
-Tu n'as pas bonne mine non plus.
-Comme ça, on fait la paire !
On rigole comme des imbéciles, bien conscients de cette vérité. Malgré la pénombre, j'arrive tout de même à voir qu'il n'y a pas grand monde avec nous. Les habitants ont fermé depuis longtemps leurs volets et tirés leurs rideaux. Je présume tout de même que quelques télés doivent encore être allumées. Le quartier est calme la nuit mais la journée, il est lumineux et très agréable. Ca a sans doute joué dans le choix de Shanks. Ce qui reste néanmoins surprenant pour quelqu'un qui aime autant s'amuser.
-Tu penses toujours à partir de chez toi ? dis-je après un moment de silence.
-Je ne sais pas, répond-il honnêtement.
Je ne dis rien et le laisse réfléchir. Je sens bien qu'il a l'esprit embrouillé. Sanji ne se sent pas bien chez lui quand sa famille est là. Quand il est seul, ça va à peu près… Mais c'est tellement triste d'habiter dans une maison vide. Avant quand il rentrait, il était épuisé par sa journée de cours et ses nombreuses heures de travail au Baratie. Il n'avait pas le temps de faire grand-chose après ses révisions et ses devoirs. La plupart du temps, il allait directement se coucher. C'était une manière assez délicate de mettre un voile sur sa solitude et sur le rejet qu'il subissait de la part de sa famille. Ça fait longtemps qu'il ne considère plus son père comme tel. Pour lui, Zeff qui l'a pratiquement élevé et lui a appris la cuisine et l'amour de ce métier, se rapproche plus de ce rôle. Son véritable père au fond de son cœur, c'est cet homme qui passe son temps à l'engueuler et dont il aime bien se plaindre. Comme quoi donner la vie ne fait pas forcément de certaines personnes des parents et j'en sais quelque chose. A travers les sacrifices que Zeff a faits pour Sanji, il a réussi à gagner l'amour de cet enfant méfiant.
-Comment c'est chez toi en ce moment ?
Il stoppe sa cigarette à quelques centimètres de ses lèvres.
-Moyen, lâche-t-il avant de tirer sur son bâton de nicotine.
-C'est pas très encourageant… C'est pour ça que tu veux partir ?
-Oui et non. Tu sais, le pire c'est Jajji. Les autres, ce sont juste des crétins qui font ce que le vieux attend d'eux.
-Et Reiju ?
Il hausse les épaules comme s'il ne désirait pas se prononcer là-dessus. Moi-même, j'ai toujours eu du mal à savoir la position exacte de la jeune femme. Mon meilleur ami m'a toujours dit qu'elle ne participait pas aux brimades dont il était victime mais elle le défend rarement, voire jamais en fait. Dans un sens, je la plains un peu. Je sens bien que cette situation la rend mal à l'aise. Voir Sanji souffrir mais choisir tout de même de ne rien faire parce que c'est ça qu'on attend d'elle…
-Je pense qu'au fond, elle voudrait que les choses s'arrangent, je tente.
-Ça ne s'arrangera pas. Pas avec quelqu'un comme Jajji Vinsmoke en tout cas.
-Et avec tes frères ? Si ça allait mieux avec eux, je pense que ce serait plus simple pour toi d'affronter ton père. Tu ne peux pas te battre sur plusieurs fronts en même temps.
Sanji se tourne légèrement vers moi et me fixe avec une lueur d'incompréhension dans les yeux. Mal à l'aise, je détourne le regard et avale avec fébrilité ma salive. J'en ai peut-être trop dit… Mais il faut dire que ça me trotte dans la tête depuis que j'ai eu la confirmation involontaire par Zoro de ce qu'il se passe entre lui et Niji. C'était tellement énorme et inimaginable pour moi que j'ai été obligé de lui en toucher deux mots mercredi. Je ne voulais pas non plus partir avec des idées fausses dans la tête.
Les bruits que j'ai entendus auraient très bien pu être autre chose... Je secoue la tête. A qui j'essaie de faire croire ça ? En tout cas le moins que je puisse dire, c'est que les murs de Zoro sont très fins. Il faut aussi dire que la curiosité m'a également poussé à coller mon oreille à la porte. Dès que j'ai compris ce qui se passait, j'étais juste gêné et je me suis demandé s'il ne valait pas mieux que je reparte. Et puis Niji, que j'ai d'abord pris pour Ichiji, est sorti. Je me souviens avoir espéré qu'un autre homme en sorte. Je trouvais ça même presque plus acceptable que Zoro soit en compagnie de deux hommes que seul avec un des fils Vinsmoke. Il faut dire que j'ai tellement une mauvaise image d'eux que pour moi, ils sont forcément mauvais. Je m'en veux de penser ça car au fond, je ne connais rien des Vinsmoke. Tout ce que je vois, c'est que mon ami est mal à cause d'eux.
Je me demande tout de même ce que Zoro peut bien trouver à Niji...
Ce n'est pas avec lui qu'il a eu des problèmes d'ailleurs ?
-Sabo ?
-Oui, pardon !
-Qu'est-ce que t'as ?
Son sourcil se fronce de plus en plus.
-Tu me caches quelque chose ou quoi ?
-Non… Moi, rien...
Je tente un pauvre sourire qui ne convainc pas mon ami. Cependant, il a l'amabilité de passer à autre chose.
-Jajji, la fille qu'il m'a présentée… Ca y est, il veut que je l'épouse, il me l'a dit officiellement.
-De quoi ?! je crie, presque choqué par la nouvelle.
Je savais que c'était un projet mais ça me semble si rapide!
-Et tu me le dis que maintenant ! je m'indigne.
-Arrête de crier ! s'énerve-t-il à son tour.
Comme pour m'excuser, je mets mes mains sur ma bouche, ce qui provoque un sourire au coin des lèvres de mon ami.
-Elle est tellement belle et gentille. Elle a l'air si douce et si parfaite...
Je sens une véritable tendresse dans ses mots et ça ne m'étonne pas de Sanji.
-Je suis sûr qu'il serait facile de tomber amoureux d'elle. Je le serais déjà s'il n'y avait pas…
-Nami, je termine pour lui.
-Oui, Nami.
-Mon père doit vraiment me prendre pour un être faible et mépriser mes sentiments pour Nami s'il croit que je vais me laisser faire. En plus de ça, il n'hésite pas à utiliser une jeune femme innocente. Elle est vraiment douce et ne le mérite pas. Nami non plus...
Sanji sourit et je sais qu'il pense à la rousse. Nous avons déjà eu une discussion similaire à ce sujet alors je ne vais pas revenir là-dessus.
-Nami est au courant?
Sanji garde le silence et je ne sais pas si je dois m'en inquiéter ou pas.
-Non. Je ne veux pas la blesser et encore moins l'inquiéter.
-Tu devrais lui en parler. Même si au final ça ne se fait pas, l'apprendre après coup la blessera davantage encore.
-Je ne sais pas, Sabo, j'ai peur de la décevoir... Qu'elle prenne peur de tout ce qui entoure ma famille. J'ai tellement de chance de l'avoir, tu sais...
-Quand je t'entends parler comme ça, je n'en doute pas une seule seconde. Mais peut-être que certaines fois, tu devrais aussi lui laisser l'occasion de te montrer qu'elle tient à toi et qu'elle t'aime.
Sanji sourit. Quelque chose me dit qu'il adorerait se faire dorloter par notre amie. Sa galanterie l'oblige à ne pas l'avouer à voix haute mais personne n'est dupe !
-Nami est la femme de ma vie, je le sens et je le sais.
Il soupire et son regard se perd sur le paysage.
-Est-ce que tu trouves ça bizarre si je te dis que j'ai de la peine pour ma « fiancée » ?
-Non, bien sûr, je le rassure.
-C'est elle la vraie victime de l'histoire... Elle devrait avoir le choix d'épouser la personne qu'elle aime. Tout comme moi. Je me sens mal pour elle mais en même temps, je suis heureux de me dire que ce mariage ne se fera pas. Je sais que beaucoup rejetteront la faute sur elle. Après tout c'est ce que les gens de ce monde font, attribuer tout les maux à la femme. Sauf mon père qui ne manquera pas de me corriger discrètement... Je suis sans doute égoïste mais même l'idée qu'on jette le discrédit sur elle ne me fera pas reculer.
-Non, tu as raison, Sanji. Tu as le droit de penser à toi aussi.
Il soupire une nouvelle fois et je sens que mes mots l'ont atteint et rassuré.
-C'est quand même vachement dépassé les mariages arrangés, dis-je en me demandant quel genre de famille pratique encore ces préceptes dépassés.
-Tu m'étonnes. Jajji veut juste faire ça pour redorer le blason du Germa 66. Les temps ont changé et même si la force de cette armée reste destructive, elle est de moins en moins crainte. Il veut développer de nouvelles technologies pour remédier à ça et a besoin d'investissement.
-C'est pour ça qu'il est devenu premier ministre ? Pour pouvoir agir librement ? je demande alors.
-Ouais. Mais maintenant qu'il a été jeté au-devant de la scène, il ne peut plus agir comme bon lui semble. Il a besoin de sous et ce serait mal vu pour lui d'utiliser celui des citoyens. Enfin, ce qu'il en reste après que les Tenruybitos se soient bien remplis les poches avec...
Je grimace, d'accord avec Sanji sur ce point-là.
-Ce mariage, c'est pour des motifs financiers alors ?
Il acquiesce et je soupire.
-Comment s'appelle-t-elle ?
Il esquisse un sourire et je me dis que malgré tout ça, il a quand même de l'affection pour elle.
-Charlotte Pudding.
Je fronce les sourcils et avec l'air de manquer quelque chose, je me gratte distraitement le menton.
C'est bizarre mais ce nom me parait familier…
Samedi 18 Novembre 2017
Debout devant l'immense institution qu'est Punk Hazard, je me sens comme perdu et renonce à entrer. C'était sans doute trop tôt…
Ce matin, plein d'enthousiasme, j'ai continué mes recherches sur l'hôpital où séjourne ma mère. Je n'y ai lu que des avis positifs et le site de l'établissement était rempli d'informations rassurantes. A cet instant là, je m'étais senti plein de volonté et j'avais ressenti le besoin soudain de voir comment allait cette femme qui m'avait mis au monde. Dans mon esprit, elle ne pouvait qu'aller mieux. Ca fait si longtemps qu'elle est là après tout. Appeler Stelly m'est même passé par la tête et puis j'ai abandonné et me voici seul devant l'Oiseau Bleu, le bâtiment où elle séjourne.
Mais je me détourne déjà, nerveux.
Je doute à présent et je sais que si j'avais eu quelqu'un avec moi, je n'aurais pas eu toutes ses hésitations. J'aurais simplement pu les exprimer pour que la personne qui m'accompagne me rassure, me rappelle ce que je fais là. Mais je suis seul et je regrette de ne pas avoir demandé à Sanji ou à Koala de m'accompagner. Peu importe si au final j'aurais dû leur expliquer plus en détail ce qui est réellement arrivé à ma mère.
Au fond, ce qui me fait le plus peur, ce serait de voir en face de moi une femme apathique qui ne réagirait même pas à mes paroles. Je préférerais encore qu'elle continue à me détester que de constater un manque cruel d'émotion dans ses yeux. Elle était si mal quand elle a été emmenée… Il se peut aussi que nous ayons trop attendus avant de la faire soigner et qu'il soit trop tard pour elle. C'est quelque chose que je dois garder dans un coin de ma tête. Il faudra aussi que je pense à ce que je vais bien pouvoir faire quand mon père apprendra que je suis finalement venu...
La tête embrouillée par toutes ces pensées, je m'éloigne de l'institut et je marche sans réel but dans les rues de la ville. Je ne sais plus quoi faire. J'ai pensé que je passerai une bonne partie de mon après-midi à l'Oiseau Bleu et maintenant, je me retrouve à fureter sans but. C'est assez décevant. De plus, je n'ai pas vraiment envie de rentrer. Il me semble que je ne suis pas très loin de chez Nami. Pourquoi ne pas lui rendre une petite visite ? On s'est très peu vu ces derniers temps, ce serait l'occasion de prendre de ses nouvelles.
-Sabo !
Je me tourne, surpris, et souris en apercevant Gardoa courir vers moi. Je le laisse avancer et m'amuse de ses joues rouges à cause de l'effort. Le froid doit aussi y être pour quelque chose.
-Hé ! Je suis content de tomber sur toi.
-Ah bon ? je m'étonne.
-Ouais, on s'entrainait avec les gars de l'athlétisme pour faire le marathon de Goa l'année prochaine et un sujet en entrainant un autre, on en est venu à parler de notre relais de juin. C'était vraiment trop cool de le faire avec toi.
-Ah ouais ? je souris, ravi de ce que j'entends. C'est vrai que c'était sympa. Mais dis donc, tu es un acharné de l'entrainement! Même par un temps pareil tu n'arrêtes pas ? dis-je en avisant sa tenue.
-Bah ouais, je suis un mordu de course, rigole-t-il. Tu faisais quelque chose ?
-A part m'ennuyer ? je soupire. Avec ce temps, j'ai pas envie de grand-chose à vrai dire...
-Tu m'étonnes, acquiesce-t-il. Dès que tu t'arrêtes, le froid te prend et toute motivation te quitte!
-C'est exactement ça. Je pensais peut-être aller voir une amie avant de rentrer mais finalement, je vais réviser, ça m'occupera. J'ai le bac à la fin de l'année après tout. Et toi ? Tu allais faire quoi ?
-J'ai rendez-vous avec ma petite amie tout à l'heure mais avant ça, faut que je rentre me laver un peu, grimace-t-il.
-Je ne te retiens pas alors.
-J'ai quand même le temps de discuter cinq minutes avec toi. Je peux faire le chemin jusqu'à ton arrêt de bus si tu veux ? me propose-t-il.
-Pourquoi pas !
On se met en route et je guide bien volontiers mon cadet. Sûrement encore un peu gêné par ses vêtements humides à cause de ses précédents efforts, Gardoa ressert sa veste autour de lui, luttant péniblement contre le froid. Quant à moi, je plonge le nez avec reconnaissance dans mon écharpe et me dis que je suis bien content d'avoir interrompu pendant quelques temps mes séances de footing. Je reprendrai quand le temps me le permettra, surtout que Cavendish a offert de m'accompagner. Je m'étais beaucoup amusé avec lui et courir à deux avait également amélioré mon temps de course.
-Quand le temps me le permet, je cours un peu dans le parc au cœur de Dawn.
-Celui où y a toujours beaucoup de joggeurs ? se renseigne-t-il.
-Oui. Mais si tu y vas un peu tôt, c'est plutôt tranquille, je précise. Ça te dirait de m'accompagner de temps en temps ? Je cours aussi avec un ami.
-Bien sûr !
Son sourire fait plaisir à voir. On arrive à une intersection et nous patientons tranquillement au feu rouge alors que les voitures font tourner leurs moteurs.
-Tu cours avec qui habituellement ?
-Cavendish. Tu le connais peut-être, c'est u-
-Tu me demandes si je le connais !? s'écrie-t-il et je suis alors une nouvelle fois mis face à la popularité de mon colocataire. Ma petite sœur l'adore et j'avoue que je le suis sur les réseaux sociaux! Il est vachement populaire depuis plusieurs mois. Mais comment tu le connais ?! s'étonne-t-il.
-Hé bien, c'était l'ami d'un ami et puis c'est devenu le mien.
Le feu passe au vert pour les piétons. Je m'empresse donc de traverser en étant bien heureux de ne pas avoir à m'expliquer. J'essaie réellement de rester discret sur ma situation autant pour ma tranquillité que pour éviter que mon père ne débarque un beau jour pour m'obliger à retourner dans cette demeure que j'exècre.
-J'arrive bientôt à mon arrêt. Si tu ne veux pas te mettre en retard pour ton rendez-vous, tu ferais peut-être mieux d'y aller ? je propose comme une honteuse manière de m'enfuir.
-Ouais, t'as raison.
Il sourit piteusement.
-Si je suis en retard, elle sera très certainement en colère. Et puis, ce serait pas très gentleman de ma part.
Il soupire et s'éloigne de deux pas.
-Du coup, je te laisse ici. J'espère qu'on aura très vite l'occasion de se revoir!
-Bien sûr.
Après un signe de la main, je m'éloigne de mon cadet et marche très lentement jusqu'à mon arrêt. Cependant, je m'arrête brutalement à quelques mètres en apercevant la silhouette si reconnaissable de Kalifa qui patiente elle aussi. Malgré la foule, je peux aisément la voir de loin : il n'y a qu'elle pour s'habiller aussi court et de manière si stricte. Embêté, j'hésite à rebrousser chemin. Pour moi, il ne fait aucun doute que si elle me voit, elle s'empressera d'aller le répéter à mon père. De ce que j'ai compris, ils sont très proches maintenant. Assez pour vivre ensemble en tout cas...
Pourtant, je ne vais pas m'empêcher de vivre pour lui et ce n'est pas comme si c'était étonnant de me croiser dans la rue…
Prudemment, j'avance jusqu'à mon arrêt et prends garde à rester à bonne distance d'elle. Heureusement pour moi, Kalifa est obnubilée par son portable et son visage sérieux me rappelle les heures fastidieuses où j'ai dû travailler pour mon père en échange de la maison de vacances du Royaume de Torino.
Je ne vais pas me plaindre, pour une fois que son caractère si pointilleux m'arrange...
Quelques instants plus tard, le bus arrive mais à ma grande surprise, Kalifa ne monte pas dedans. Intrigué, je fais de même sans y penser et bientôt, je me retrouve à observer tristement mon bus partir au loin. La maitresse de mon père quant à elle envoie un dernier message avant de se mettre en route. Je la suis sans vraiment y penser en me disant que son comportement est étrange. La détresse de Stelly se rappelle à moi et je ne peux m'empêcher de me demander si cette femme pourrait être une bonne mère pour lui. Et puis, je me dis qu'il en a déjà une et qu'il n'en veut pas d'autre. De toute façon, je doute que Kalifa veuille un jour occuper ce rôle. Alors quoi ?
Que se passe-il là-bas maintenant que je ne suis plus là ?
Est-ce que ce foyer que j'ai fui ressemble à présent à une maison aimante ?
De plus en plus perdu, je m'éloigne de Kalifa. Je m'apprête à tourner les talons mais je m'arrête en apercevant Rob Lucci la rejoindre rapidement et passer sa main autour de sa taille avant de l'entrainer dans une rue, hors de ma vue.
Je reste planté au beau milieu du trottoir en ayant l'horrible impression que quelque chose de terrible se passe.
Démoralisé, je décide de rentrer. Je ne dois pas m'occuper des histoires de mon père, surtout quand je n'y comprends rien. Ma priorité est de me concentrer sur ma mère. A cet instant précis, j'ai besoin de savoir si elle a ou non changé…
Dimanche 20 Novembre 2017
Je suis là, devant elle, mais c'est comme si j'étais ailleurs. Incapable de dire un mot ni même de la regarder, je reste bêtement là sans savoir quoi faire. Je voulais tellement me prouver que je pouvais le faire, que j'en étais capable. C'est pour ça que je suis entré à l'Oiseau Bleu. Sans trop d'hésitation cette fois, je me suis dirigé vers l'accueil et j'ai demandé la chambre de ma mère. La veille avait été une horrible débâcle pour moi mais aujourd'hui, j'ai réussi. J'ai déjà commencé à changer en quelque sorte.
Mais pour quel résultat ? Je me sens si mal que je ne sais pas quoi dire. Ma cicatrice me torture alors que ça fait si longtemps que je ne la sens plus. Mon but était de voir si elle avait changé, si elle était à présent guérie. Tout ça parce que je voulais au fond de moi revoir au moins une fois cette femme qui me disait qu'elle m'aimait avec tant de sincérité dans la voix. Comme une mère à son enfant. Quel genre de personne suis-je pour à 17 ans avoir encore besoin d'entendre ça ?
Pourquoi je fais ça… ?
Pourquoi je suis… comme ça?
J'ai l'impression que ma vie n'est qu'une succession d'échecs et que je m'embrouille. Je passe mon temps à raturer les mentions inutiles sans y prêter attention alors qu'avant pour moi, tout avait tellement d'importance. Quand ai-je commencé à me perdre ? Mon horizon est flou et je fais des erreurs pour ensuite m'en mordre les doigts.
J'ai envoyé un message à Ace avant d'entrer dans lequel je lui disais simplement que j'allais voir ma mère aujourd'hui. Depuis, je n'ai pas regardé mon portable et je ne sais donc pas s'il m'a répondu. Je crois que je n'y arrive vraiment pas sans lui. J'ai finalement compris ce que me disait Zoro. Englué dans ma culpabilité, je refuse de regarder la vérité en face. Je m'apitoie sur mon sort en me blâmant encore et encore et surtout en pensant que je mérite toute cette peine. J'ai évité Ace pratiquement toute la semaine parce que je ne me sentais pas la force de l'affronter, de faire face à nos problèmes. Je lui en veux aussi pour ce qu'il a fait. La manière dont il m'a mis au pied du mur m'a fait si mal. Mais parfois, je repense encore à tous ces bons moments qu'Ace et moi avons passés ensemble. A ces vacances que je chérirais sûrement toute ma vie. C'était compliqué pour moi à cette période-là mais je n'ai pas abandonné. La différence avec ce qui se passe aujourd'hui, c'est que j'ai l'impression d'avoir baissé les bras et ça ne me ressemble pas.
A cette époque, je ne voulais pas être faible et j'étais prêt à tous les sacrifices pour changer mais je me suis fourvoyé en cours de route. Au final, je ne sais même plus pourquoi je tenais tant que ça a changé, à être fort et a échappé à mon père. Le Sabo d'avant n'existe plus et à présent, je suis simplement perdu entre ces souvenirs morts et ce que voudrait ce Sabo indécis et blessé.
Je réfléchis trop et me prends la tête pour rien. Blesser des gens, ce n'est pas moi…
Je veux simplement être heureux et aider les gens autour de moi en combattant l'injustice.
Pour ça, je me débarrasserai de toutes mes mauvaises habitudes et des chaines encore remplies de rouille du passé. Et ça commence aujourd'hui, en me libérant de ma mère.
-Est-ce que tu es contente de me voir ? je finis par demander d'une voix plate.
-Est-ce que tu es content d'être là ? me singe-t-elle.
J'esquisse un sourire amer, presque fier de voir que sa faculté de penser convenablement n'est pas complètement altérée. Avant de venir ici, elle était complètement hystérique et la moitié de la journée, ses pensées étaient pour Amy quand l'autre était emplie simplement de mon père. Cet homme détestable. Dans sa souffrance, il n'y a jamais eu de place pour Stelly ou moi. Dans la notre non plus.
-Je ne sais pas. J'hésite. Je ne pense pas...
Je soupire et m'assois sur la chaise en face d'elle.
-Non, à vrai dire, ça ne me fait pas du bien d'être là mais c'est nécessaire pour moi.
Elle acquiesce comme si elle y comprenait quelque chose. Son regard se perd ensuite sur l'extérieur. La grande fenêtre de sa chambre ouverte la laisse admirer le ciel gris, signe du mauvais temps ambiant de ces derniers jours. L'endroit est silencieux, comme on pouvait naturellement s'y attendre dans un hôpital psychiatrique, seulement interrompu quelques fois par des cris à peine perceptibles.
-J'ai vu la nouvelle femme d'Outlook. Elle est très belle et différente de toi, dis-je sans y penser.
Ma mère relève la tête et me regarde. Elle peine avec difficulté à cacher sa tristesse. Elle baisse ensuite la tête et ses cheveux blonds encadrent son visage aminci. Les cernes sous ses yeux s'accentuent alors qu'elle ferme très fort les yeux.
Elle a changé d'une certaine manière. Ses cheveux blonds ne brillent plus de cet éclat si particulier et ont l'air horriblement ternes à côté des miens. J'ai toujours plus ressemblé à ma mère qu'à mon père et aujourd'hui, alors que je l'observe, j'ai l'horrible impression de me voir dans un miroir.
-Laisse-moi deviner, c'est sa secrétaire ?
-Oui. Une femme avec un fort caractère. Je ne sais pas si c'est sérieux, je laisse échapper.
-Bien sûr que non. Ton père est incapable d'aimer qui que ce soit.
Surpris par l'aveu lancé avec froideur, je fixe ma mère avec incrédulité.
C'est étrange de l'entendre dire ce genre de choses mais je suppose que même elle au bout du compte a arrêté de se voiler la face. En cet instant, elle avoue avec humilité que cet homme qu'elle a toujours placé sur un piédestal ne vaut peut-être pas grand-chose.
-C'est étrange de t'entendre dire quelque chose de censé, je souffle, à court de mots.
-Je ne suis pas folle et je ne l'ai jamais été.
Ses mains se crispent autour de sa robe blanche.
-J'avais simplement du chagrin. Comme si tout était mort à l'intérieur de moi. Mais mes réactions étaient normales. Je venais de perdre mon enfant.
Le couperet tombe, implacable. Son regard dur me fixe de nouveau.
Alors nous y voilà enfin. Il est vrai que je suis là pour ça après tout. J'accuse le coup comme je peux et ne baisse pas les yeux.
-Je sais, j'étais là, je lui rappelle alors. Et je n'avais que 8 ans.
Elle ne dit rien car elle ne voit certainement pas où je veux en venir.
-Tout ce que tu as fait à ce moment là, c'est me repousser et me regarder comme le démon qui a tué ta fille. Je ne sais pas si tu es consciente des séquelles que ce genre de propos laisse chez un enfant qui a vu de ses propres yeux sa sœur mourir. Outlook n'était pas à l'hôpital avec toi alors que son enfant mourrait parce qu'il était à l'étranger pour le travail mais c'est à moi que tu en as voulu!
Ma voix tremble de plus en plus et mes émotions affluent comme un torrent que je suis incapable d'arrêter.
-J'étais là et j'aimerais pouvoir un jour oublier les cris de ma mère qui se tord de douleur, le corps d'Amy qu'on emmène parce qu'elle ne respire pas. Tu n'as toujours fait que te plaindre sans jamais penser que tu n'étais pas la seule à souffrir.
-J'avais de bonnes raisons d'être inconsolable ! me jette-t-elle.
Elle retrouve ses vieux démons et, nerveuse, se lève brusquement. Je continue implacablement.
-Stelly aussi avait besoin de toi, lui qui était trop jeune pour comprendre quoi que ce soit. Je pense que ce jour là, tu es morte avec Amy en oubliant les vivants. En oubliant que tu avais deux autres enfants qui avaient plus que tout besoin d'une mère.
Elle se stoppe comme si elle venait de recevoir le choc de sa vie. Elle se laisse alors retomber mollement sur sa chaise. Je ne pense pas que quelqu'un lui ait un jour dit ses quatre vérités. J'espérais tout de même qu'elle avait pu depuis le temps réaliser quelque chose d'aussi simple. C'est comme si c'était sans espoir.
-Arrête de regarder en arrière ou tu finiras par perdre Stelly.
Comme tu as perdu Outlook et comme tu m'as perdu moi, ai-je envie d'ajouter mais je ne dis rien.
-Ça te va bien de me faire des remontrances! persifle-t-elle. Tu es en fait venu pour me jeter toute ta haine à la figure !
-Non.
Je ferme les yeux et essaie de calmer les battements de mon cœur. Je la regarde, de nouveau calme, de nouveau sûr de moi et déterminé.
-Je ne te hais pas.
Son regard vacille et se perd quelques instants sur plusieurs endroit de la chambre et puis retombe par terre. Elle ne dit plus rien et je vois seulement ses épaules tressauter.
Je me lève lentement et, comme délaissé d'un poids, marche vers la porte. Je ne pense pas revenir un jour. J'ai fait ce que j'avais à faire. Je lui ai dit ce que j'avais sur le cœur et maintenant, je peux m'en aller.
-Sabo, m'appelle-t-elle et j'hésite à l'écouter. Je suis une mère horrible, n'est-ce pas ? continue-t-elle sans se préoccuper de savoir si je l'écoute ou non. J'ai eu le temps de réfléchir depuis que je suis ici… à ce que je t'ai fait...
Elle laisse échapper un rire amer.
-Quel genre de mère fait ça à son propre fils ? A son enfant…
Elle éclate en sanglots et je me sens sur le point de craquer.
-C'est mal, je le sais, mais…
Ma main se crispe sur la poignée de porte et le cœur au bord des lèvres, je me tourne légèrement vers elle. Dos à moi, elle parait encore plus piteuse que tout à l'heure.
-Je n'arrive pas à regretter...
Je bats des cils, comme perdu, alors que j'encaisse avec difficulté la révélation. J'ouvre la porte puis la referme ensuite sans rien dire. J'ignore son « je t'aime » qui me lacère simplement le cœur. J'essaie de ne penser à rien, de faire le vide dans ma tête mais bientôt, je suffoque. Je marche vite, toujours plus vite pour sortir de cet endroit et être de nouveau libre. De tout.
De ce faux amour, de cette haine et de ces chaines.
Dans le brouillard qu'est mon esprit, j'aperçois quand même une lueur, une étincelle qui brille si fort qu'elle m'attire presque désespérément vers elle.
Sans m'en rendre compte, je suis déjà dans les bras d'Ace.
Eh bien me revoilà avec le chapitre 9...
Je ne me souviens plus quand est-ce que j'ai poster le chapitre précédent et n'ose même pas regarder. En tout cas j'espère que l'attente en a valu la peine et qu'à la fin de ce chapitre vous ne vous dites pas " tout ça pour ça".
J'ai un peu de mal à trouver du temps pour écrire en ce moment et je suis de plus en plus occupée par le boulot, j'espère que je vais quand même continuer à trouver du temps pour écrire. Après j'en trouve bien pour dessiner donc ça devrait théoriquement aller, je crois.
Je m'excuse pour l'attente et espère que vous avais prit plaisir à lire ce chapitre. ^^
