Bonjour,

Titre : Once Upon A Time - tome 2...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic

Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.

Bêta correctrice : pommedapi

Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).

* Merci à brinou pour son commentaire. *

Bonne lecture à tous !


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées…

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Chapitre 10

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« N'ayez pas peur de faire un grand pas si on vous l'indique. Vous ne pouvez pas traverser un gouffre en deux petits sauts. »

David Lloyd George

Ace


Lundi 20 Novembre 2017

Je m'approche doucement du lit alors que je me sèche avec application les cheveux. Toujours endormi, la petite bouille de Sabo dépasse à peine des couvertures. Même dans son sommeil, il a l'air encore tourmenté par ce qu'il s'est passé la veille. Je ne sais pas exactement ce qui a été dit dans cette chambre mais j'en sais bien assez pour comprendre que ça a grandement blessé mon blond. J'ai préféré ne pas le brusquer avec des interrogations, il en avait déjà assez bavé là-haut. Le fait qu'il m'ait envoyé un message pour me prévenir de ce qu'il allait faire m'a surpris mais en même temps empli de joie. Malgré notre grosse dispute de la semaine passée, il me fait encore suffisamment confiance pour se reposer sur moi.

C'est ce que je lui avais demandé et c'est ce qu'il a fait.

Et je sais combien ça lui a coûté, d'une fois de plus faire un pas vers moi. C'est quelque chose qu'il me reproche beaucoup et j'ai bien conscience qu'il a raison sur ce point-là. Sabo met souvent de l'eau dans son vin et s'efface régulièrement pour nous permettre par la suite de repartir sur de bonnes bases.

J'ai bien vu son petit cœur fragile se fissurer avec netteté quand j'ai commencé à me couper. C'était horriblement cruel, j'en conviens, et même sadique sur les bords. Alors qu'il pleurait, j'ai continué, ignorant ses suppliques. Mais il faut vraiment me croire quand je dis que je ne l'ai pas fait de bon cœur. Je ne prétends pas avoir toujours pris les bonnes décisions mais face à la souffrance de Sabo, j'étais démuni et désespéré. J'avais besoin de lui aussi, il fallait un électrochoc. On ne pouvait plus continuer comme ça ou alors un jour, ça aurait fini par casser entre nous.

Je soupire et m'assois à côté de lui sur le lit. Sabo gigote un peu mais ne se réveille pas. Ma main se suspend au-dessus de sa tête, hésitante. J'effectue finalement les derniers centimètres et caresse avec amour ses joues. Je me demande s'il a bien dormi. Je ne l'ai pas senti s'agiter dans mes bras et pour avoir veillé sur lui toute la nuit, je sais qu'il ne s'est pas réveillé une seule fois. Il devait être épuisé.

Mes caresses continuent et bientôt, le sommeil quitte Sabo. Ses sourcils se froncent avant que ses yeux ne s'ouvrent. Il me fixe alors de son regard marron profond et un peu perdu. Il reste immobile, comme dans l'attente de quelque chose, et je finis alors par enlever ma main. On reste finalement à se regarder, sans vraiment savoir quoi faire. Hier, nous n'avons pratiquement pas parlé parce que ce n'était pas le moment et qu'aucun de nous deux n'en ressentait le besoin. Mais aujourd'hui, c'est différent.

On ne pourra pas y échapper.

-Désolé, je t'ai réveillé, dis-je.

Sabo se racle la gorge, pas tout à fait à l'aise, et commence à se lever mais je l'arrête d'une main sur son épaule.

-Non, reste couché. Tu commences à 9h, non ?

Il acquiesce.

-Tu peux rester dormir encore, t'auras qu'à piocher dans mes placards pour te préparer tout à l'heure.

Étant donné qu'il a deux heures de sport ainsi qu'une heure d'art appliqué ce matin, il n'aura pas forcément besoin de son ordinateur portable et pourra le récupérer plus tard si besoin.

-Merci, me répond-il.

-Est-ce que ça va aller ? je demande en soupirant.

Sabo se crispe et sa bouche se tord dans une espèce de grimace improbable.

-Oui. Sincèrement, oui. Je me sens plus léger maintenant... Maintenant que je suis fixé, précise-t-il.

J'acquiesce sans trop savoir quoi en penser. Au final, je me contente juste de plonger mes yeux dans les siens. Et comme s'il ressentait le même besoin, Sabo m'attire et je m'allonge à moitié sur lui en posant mon front contre le sien.

-Est-ce que tu me hais ?

La question me brûle les lèvres mais on a besoin d'en parler, de désamorcer cette affaire dans laquelle on est en train de s'engluer.

Il secoue la tête vivement, comme s'il était horrifié que j'ose même le lui demander.

-Tu m'aimes toujours ?

-Bien sûr que oui ! N'en doute pas, s'il te plait, souffle-t-il à voix basse.

-Je t'aime aussi, Sabo.

Je ferme les yeux avant de prendre une inspiration et ma voix tremble un peu quand je reprends.

-C'est sûr ça qu'on doit se concentrer. On fait des erreurs et on se blesse mais c'est normal. Simplement, n'oublions pas l'essentiel. Je te demande pardon, Sabo...

Sabo ferme les yeux comme pour s'empêcher de pleurer et je le serre un peu plus fort contre moi.

-Mes marques vont disparaître, ça va aller. On va y arriver.

Il acquiesce et son silence est plus parlant que n'importe quel discours. Il est impossible qu'on oublie ce qu'il s'est passé entre nous mais comme on vient de se le dire, on ne doit pas oublier l'essentiel.

On s'aime et on ne va pas se compliquer la vie avec des choses qui nous font du mal inutilement.

xXx

-C'est enfin le grand jour ! dis-je, à la fois stressé et excité.

-C'est dommage, il n'y a que les filles qui se donnent en spectacle. Au final, elles vont récolter tous les lauriers! Moi aussi j'aurais bien voulu chanter! se plaint Dellinger.

-Tais-toi et aide-moi à installer le matériel.

Le blond se lève aussitôt et après un sourire hypocrite, se met à triturer les fils de la sono. Il ne me faut pas longtemps pour voir qu'il s'y connait autant que moi, c'est à dire pas du tout. Je soupire et reporte mon attention sur mes propres branchements.

Nous sommes dans le réfectoire depuis un quart d'heure. Les élèves affluent dans le but de se sustenter et ils ne nous portent qu'un intérêt poli. Bien entendu, personne ne nous propose son aide. Les filles sont parties répéter une dernière fois dans la salle du Glee Club. Elles en profitent aussi pour vérifier avec Brook deux derniers trucs avant de venir nous rejoindre. Cette semaine, c'est la semaine promotionnelle pour les clubs. La semaine idéale pour recruter les personnes encore orphelins de club. Autant dire que vu la situation dans laquelle on est, le Glee Club va mettre le paquet pour recruter de nouveaux membres. Nous avons la chance de passer dans les premiers. Si ce n'était pas le cas, les clubs populaires et plus attractifs nous auraient déjà piqués tous nos pauvres agneaux égarés.

-Bon, t'y arrives ou pas ? me demande Dellinger.

-Plus ou moins, dis-je en soupirant.

-Je vais demander de l'aide, ça ira plus vite, décide-t-il.

-Si tu penses trouver une âme charitable ici ! dis-je, à moitié mort de rire.

Dellinger hausse les épaules et se dirige vers une table de cinq à proximité. Sa crédulité me fait rire. Ici, c'est pas la gentillesse qui les étouffe et en plus d'être rapiats, ils sont pas solidaires pour deux sous. Je veux dire, c'est clair et net que ni le blond ni moi ni comprenons quoi que ce soit à ces fichus branchements. Pourtant, j'ai encore vu personne nous proposer un coup de main.

-Je peux t'aider ?

Je relève la tête, étonné et un peu perturbé par ce timing. Je grimace ensuite légèrement en voyant Rob Lucci me faire face avec son air imperturbable collé au visage.

-Pourquoi pas.

J'accepte, n'ayant pas vraiment le luxe de refuser. Un coup d'œil à ma droite m'indique que Dellinger m'a lâchement abandonné pour bavarder avec des élèves de terminale qui, si je ne me trompe pas, font partie du club d'athlétisme. Je vois qu'il n'a aucun mal à s'intégrer à Marie-Joa : il a déjà tous les défauts des riches d'ici.

Je soupire et reporte mon attention sur mon camarade de classe.

-T'y connais quelque chose ? je demande en me décalant pour lui laisser la place.

-Peut-être.

Il fixe mon ordinateur quelques secondes avant de vérifier les branchements que j'ai déjà faits. Je l'observe silencieusement et me permets même de m'asseoir en attendant qu'il ait fini. Je regarde à peine ce qu'il fait et m'étonne quand à peine 5 minutes plus tard, il se retourne vers moi, le visage neutre.

-C'est fait, se contente-t-il de dire.

-Super… C'est galère ces trucs là...

Il acquiesce et je ne sais pas quoi lui dire d'autre. J'ai tellement de mal avec lui. Il est difficile de savoir ce qu'il pense et comme il n'est pas très bavard ni très expressif, tenir une conversation devient vite compliqué.

-Vous allez faire quoi exactement ?

-Les filles vont faire le show, dis-je en pensant à ce qu'elles ont fait la dernière fois. Et même mieux! J'espère que t'es pas du genre jaloux !

Il esquisse un sourire et je ne sais pas exactement comment je dois le prendre.

-Ne t'inquiète pas pour ça. Je sais faire la part des choses. Bonne chance pour votre représentation.

-Merci.

Il s'en va et au même moment, Dellinger revient. Feignant la fatigue, il s'écroule sur la deuxième chaise près de la table où sont posés mon ordinateur et une partie du matériel. Il soupire et je lève les yeux au ciel. Le réfectoire est pratiquement plein et les filles choisissent ce moment là pour entrer. Après un échange de regards, je lance la musique sans même penser à vérifier si tout est en place.

Heureusement pour moi, tout va bien. Perona aurait certainement gueulé sinon.

Hey Mama emplit bientôt la salle et je sens l'enthousiasme des gens pour le spectacle que le Glee Club va leur offrir. Les souvenirs de l'année dernière se rappellent à moi : ces mêmes filles avaient chanté et dansé, le sourire aux lèvres autour des élèves, et ça m'avait émerveillé.

J'espère sincèrement qu'on aura de nouveaux membres.

Mercredi 22 Novembre 2017

-Roger, est-ce que tu peux m'emmener en cours aujourd'hui ?

Mon père, sa tartine à quelques centimètres de sa bouche, me fixe, les yeux ronds. Je fronce les sourcils et me demande s'il est sérieusement obligé de faire cette tête-là. C'est vrai qu'on ne se parle pas beaucoup même si on arrive à tenir sans problème de longues conversations. Le fait que je lui demande une faveur est quelque chose de beaucoup plus rare mais tout de même...

-Pourquoi pas ? sourit-il finalement en enfournant en entier le reste de sa tartine dans sa bouche.

-Cool ! Avant d'aller en cours, on pourra passer à la crêperie et au-

-Non mais tu viens pas, Luffy, je le coupe.

-Quoi, comment ça ?! s'indigne-t-il.

-Je commence à 9h aujourd'hui alors que toi, t'es déjà en retard, je me moque.

-Il a raison, Luffy. Ton chauffeur t'attend, dépêche-toi.

Luffy ronchonne un peu et se lève de table. Il n'oublie pas bien sûr de piquer quelques brioches feuilletées aux framboises. Après une bouchée, il retrouve d'ailleurs tout de suite sa bonne humeur : c'est Luffy après tout. Il file comme une flèche vers l'entrée et après un au revoir de sa part, il disparait derrière les grandes portes. Roger sourit et je fais de même sans pouvoir m'en empêcher. Mais bientôt, je me rends compte qu'il ne reste plus que Roger et moi. Hancock est en déplacement à l'étranger depuis la veille et ne rentrera qu'en fin de semaine. Ironie du sort, il semblerait que Roger sera davantage présent les jours à venir.

-C'est étrange que tu me demandes de t'emmener en cours, lance-t-il après quelques secondes de silence.

-Si tu le prends comme ça, je grommelle.

-Ce n'est pas un reproche ! rigole-t-il avant de boire une longue gorgée de son café. Tu sais bien que ça me fait plaisir. Ça fait longtemps qu'on n'a pas passé du temps ensemble.

-Ouais bah avec le temps qu'il fait en ce moment, aller pêcher…, je marmonne, gêné par son aveu.

-Je sais bien. Mais il y a sûrement autre chose qu'on peut partager toi et moi.

Il ne l'a pas dit mais son « entre père et fils » se lit presque sur son visage. Je bouge sur ma chaise et enfourne quelques morceaux de raisin dans ma bouche.

-Comme quoi ? C'est pas comme si toi et moi, on avait beaucoup de points communs.

-Peut-être... A vrai dire, je ne sais pas vraiment ce que tu aimes. Tes goûts sont maintenant bien différents de quand tu avais 5 ans, je suppose.

-Tu supposes bien et heureusement d'ailleurs que mes gouts ont changés!

Mon père rigole et je fais de même. C'est sûr que j'ai beaucoup évolué même si au fond, je reste le même : on ne se débarrasse jamais vraiment du petit garçon qu'on a été. D'ailleurs pour ma part, je ne cherche pas vraiment à le faire. Même si cette époque n'a pas été facile pour moi avec l'abandon de mon père et les difficultés financière que ma mère et moi avons rencontré par la suite, je chéris de tout mon cœur cette époque. Avant que tout ne dégénère, j'étais heureux. Pour moi, tout allait bien et j'étais sur mon petit nuage quand Roger venait nous voir. C'est bien pour ça que je l'ai autant détesté : se faire abandonner, comprendre que la personne que vous aimez le plus au monde ne vous choisit pas, ça fait vraiment mal.

Je suis conscient - et Roger également - qu'on ne retrouvera sans doute jamais notre complicité d'antan. Il ne sait plus grand-chose de moi et je peux en dire autant de lui. En quoi consiste son travail ? Je l'ignore. Quand j'étais petit, je n'arrêtais pas de dire qu'il travaillait l'argent avec fierté, sans réellement comprendre ce que ça signifiait. Aujourd'hui, je ne suis pas plus avancé sur le sujet. Il est marié à Hancock et l'apprécie énormément mais est-ce qu'on peut appeler ça de l'amour ? Quelque chose au fond de moi me dit que ça s'en rapproche et que c'est sans doute mieux comme ça. Et il aime pêcher et apprécie la bonne nourriture. Voilà où s'arrêtent mes connaissances sur mon père.

-Tu es toujours un aussi mauvais perdant ? me demande-t-il soudain.

-Plus que jamais ! dis-je alors que j'esquisse un discret sourire.

-Je me souviens que lorsque tu étais petit, tu t'étais fait embêter par un enfant plus grand que toi et au lieu de partir pour éviter de te faire blesser encore plus, tu étais resté.

-Parce que je ne voulais pas fuir et risquer de laisser quelqu'un derrière moi.

Je baisse la tête, à la fois ému et troublé qu'il s'en souvienne.

Ça s'est passé il y a tellement longtemps. Je n'étais pas encore en CP et avec Zoro, on faisait déjà les 400 coups. On s'était un peu embrouillé avec un gosse qui était parti chercher son frère pour nous casser la gueule, un élève de CE2 qui devait avoir de sérieux problèmes pour accepter de s'en prendre à des petits à peine sortis des jupes de leurs mères. Bref, on s'est pas laissés faire et malgré les coups, je suis resté et me suis défendu jusqu'au bout. Au final avec Zoro, on a réussi à le faire fuir mais en rentrant, je me suis fait passer un savon par ma mère qui était très en colère que je me sois battu.

-Tu pensais que si vous aviez fui, il allait vous prendre en chasse et peut-être réussir à attraper Zoro ?

-Il avait de si petites jambes…

Je souris à cette pensée. Qu'est-ce que Zoro était mignon avant! Bien sûr, il me tuerait s'il m'entendait dire ça sur lui...

-A deux, on a pu résister mais je sais que seul, ça n'aurait pas été la même chose.

-Rouge était à la fois en colère et très fière.

-Ça ne l'a pas empêché de m'engueuler.

-Parce que je n'étais pas là pour le faire. Je n'ai pas été là pour beaucoup de choses...

-Hum.

Je regarde mon verre vide et me resserre pour finalement hésiter à le boire.

-C'est vrai mais maintenant, tu es là et je t'en suis reconnaissant.

Mon père fronce les sourcils et malgré mon malaise, je continue.

-Même si je t'en ai voulu au début, je te suis aujourd'hui reconnaissant de m'avoir forcé à voir un psy. Ça me fait vraiment du bien ces séances avec César. Même si à mon avis, il est plus taré que moi...

Mon père sourit et je fais de même.

-Il y a aussi ce que tu fais pour le Glee Club. C'est sympa et ça nous aide vraiment. Et puis...

Je prends une grande inspiration.

-Tu fais des efforts pour renouer avec moi et je me dis que c'est bien parce que j'ai de l'importance pour toi.

-Tu en as, Ace, n'en doute jamais, m'affirme-t-il aussitôt.

J'ai du mal à affronter l'intensité de son regard. Je baisse la tête et avale difficilement ma salive. Une gorgée de jus de pomme m'aide à faire passer mon malaise.

-Tu as aussi accepté tellement facilement ma relation avec Sabo... Je suis conscient que pour d'autres, ça ne se passe pas aussi bien et je suis content de voir que tu n'as pas tant changé que ça. Peu importe le temps qui passe, quelque part ,tu me comprends toujours aussi bien...

Je ne sais pas pourquoi je me suis lancé dans ce long discours mais j'ai senti que c'était le moment de m'exprimer sur ce sujet. De parler à cœur ouvert et sans animosité. Il est temps que Roger comprenne que je suis passé à autre chose et qu'il peut faire de même. C'est plus facile d'avancer quand on sent que nos efforts sont récompensés.

-Je suis si heureux que je pourrais presque en pleurer.

-Oh, je t'en prie, non... Ca serait hyper gênant pour moi, je gémis, horrifié.

Roger rigole et je trouve que cette réaction lui ressemble plus. Il se lève et je fais de même : il est temps pour nous de nous mettre en route. Je prends mon sac mais sens presque aussitôt mon père me prendre dans ses bras. Je me fige, mal à l'aise. Je ne suis plus habitué à ses gestes de tendresse et je reste complètement immobile en attendant que ça passe. Mon cœur me fait un peu mal mais c'est presque agréable. Ça le serait sans doute plus si je me laissais aller mais malheureusement, je ne sais plus comment faire.

-Je t'aime, mon fils.

xXx

-Désolé, tu m'as attendu longtemps ? me demande Sabo en courant vers moi.

-Non, c'est bon. Arrête de te presser, tu vas tomber.

Sabo sourit maladroitement et s'arrête juste devant moi. Il baisse la tête, toujours aussi mal à l'aise après ce qu'il s'est passé. Il cligne beaucoup des yeux et ses battements de cils réussissent presque à m'hypnotiser. Ses joues sont un peu rouges et sa bouche qu'il s'amuse à tordre me donne envie de l'embrasser.

Ça fait combien de temps depuis la dernière fois ?

Depuis quand lui et moi, on a peur de se toucher, on n'ose plus se parler… ? Ça m'énerve parce que c'est pas en hésitant qu'on redeviendra un vrai couple.

Doucement, je m'approche alors de lui et prends son visage en coupe pour le relever légèrement vers moi. Sabo me regarde, les sourcils froncés. Ses joues rougissent encore plus quand je m'approche et je sais bien que ce n'est pas à cause du froid. Il garde les yeux ouverts quand je pose mes lèvres sur les siennes et je fais de même. Je caresse sa peau douce et ne quitte pas ses yeux du regard. Je l'embrasse avec délice et, heureux de retrouver ces sensations d'euphorie et de joie, j'approfondis le baiser. De ma langue, je goûte ses lèvres avant d'investir sa bouche.

-Ace, gémit-il contre mes lèvres.

-Quoi ? je demande, un peu essoufflé.

-Si on se fait surprendre par des profs, on aura des ennuis...

-D'accord. On va y aller alors.

Il acquiesce et prend ma main avant de se mettre en route. Je ne sais pas si Sabo m'a juste sorti cette excuse parce que m'embrasser est devenu trop dur pour lui. Ne pas chercher plus loin me permet de me protéger.

-Tu sais déjà où tu veux manger ce midi ? je lui demande en plongeant mon nez dans le col de mon manteau.

-Non, tu sais bien que j'aime découvrir de nouveaux restaurants.

-Ça me va. Par contre, si on pouvait plutôt se laisser tenter par une brasserie ou une crêperie, j'ai que 10€ sur moi...

-Je t'invite alors.

Je hausse les épaules, sachant très bien que je ne pourrais pas le faire changer d'avis. On marche pendant quelques minutes avant d'arriver au centre-ville. C'est bondé et ce malgré le froid. Sabo et moi arpentons les rues et humons avec délice les bonnes odeurs qui nous parviennent.

-Je pourrais manger un bœuf tellement j'ai faim, je soupire.

-Je pourrais te manger tellement j'ai faim, se moque-t-il.

-Eh bien, vas-y! Tu sais que je ne demande que ça !

Je lui fais un clin d'œil et devant mon commentaire grivois, il secoue la tête, amusé et gêné avant de dire des trucs que je ne prends même pas la peine d'écouter. Sabo manque toujours autant de répartie sur ce sujet et sa réaction est et sera toujours la même. J'aime vraiment le voir rougir : c'est comme goûter un bonbon acidulé et sucré à la fois, ça titille mes sens à un point !

-On pourrait essayer un restaurant de fruits de mer ? lance-t-il alors qu'il n'ose même pas me regarder.

-Je réagis mal à ça.

-Tu es allergique ? s'étonne-t-il.

-Pas vraiment. C'est juste que certaines fois, je réagis mal. J'ai des démangeaisons ou des boutons.

-Ah, OK.

Il fronce les sourcils et c'est comme si je pouvais l'entendre réfléchir.

-Je vais retenir ça alors.

-C'est aléatoire, tu sais. J'ai déjà mangé des moules sans qu'il ne m'arrive rien, je précise mais il ne m'écoute déjà plus.

-Vu qu'il fait froid, on pourrait manger une bonne grosse fondue ? salive-t-il ensuite.

-J'ai envie d'un bon gros steak.

-Petit joueur, glisse-t-il.

-Petit ? T'es sûr de toi ? je le taquine encore et bien sûr, ça ne manque pas.

-A-arrête, Ace !

-Je plaisante, Sabo. Je fais juste mon possible pour que tu sois à l'aise.

-T'as pas besoin, Ace.

Il soupire et me tire vers lui avant de passer son bras autour de ma taille.

-On a dit qu'on se concentrait sur l'essentiel et c'est ce que je vais faire. C'est juste qu'il me faut un peu de temps pour digérer qu'à cause de moi, tu t'es fait du mal.

-Sabo, j-

-Je sais, me coupe-t-il. J'ai juste besoin de temps, Ace. Je t'aime et c'est pour ça que c'est dur mais c'est aussi pour ça que je me bats et que je n'abandonnerai pas.

Je n'ajoute rien de plus, malgré moi satisfait de sa réponse. Il est sincère et c'est tout ce que je lui demande. S'il va mal, je veux le savoir et ainsi pouvoir l'aider. On continue à parcourir les rues du centre et, agressés par le froid, on finit par entrer dans le premier restaurant qu'on voit : un japonais fabuleux qui fait d'excellents sushis en plus de proposer un buffet à volonté. Je repasserai pour mon steak et Sabo pour sa fondue mais peu importe, on a quand même sacrément bien mangé au final.

-Bonjour...

Je relève la tête devant la voix hésitante et jette un coup d'œil à la fille qui me sourit timidement tout en luttant pour ne pas baisser les yeux. Alors que je n'ai encore rien dit, je sens Sabo me frapper sous la table et je sursaute à la violence du coup. J'essaie de garder un visage impassible mais j'avoue qu'il n'y est pas allé de main morte. Lui et moi, on sait très bien de quoi il s'agit : c'est assez explicite après tout. Je ne sais par contre pas pourquoi était ce coup. Une mise en garde pour ne pas la blesser ou alors pour ne surtout rien céder?

-Salut.

Je finis par lui répondre et Sabo fait de même. La fille ose à peine regarder le blond et je devine qu'elle est un peu dégoûtée par sa cicatrice. Autant dire que quoi qu'elle ait réellement à me dire, elle vient de griller toutes ses minimes chances avec moi.

-Je m'appelle Nora et je viens souvent manger ici. C'est la première fois que je te vois, commence-t-elle, incertaine.

Je la regarde à peine mais ai au moins la politesse de l'écouter. J'aperçois dans la salle ses amis qui suivent attentivement l'échange et qui l'encouragent silencieusement.

-Je te trouve plutôt intéressant et pas mal et comme je ne savais pas si je te reverrais un jour, j'ai pris mon courage à deux mains pour t'aborder... Je sais pas, si ça te dit, on peut peut-être se voir un jour et apprendre à faire connaissance ?

La pauvre a les joues rouges et triture ses doigts. Je ne m'étonne même pas de ne pas trouver son rougissement adorable. J'aime Sabo alors chez lui, tout me plait et m'émoustille. Chez les autres, c'est simplement fade.

-Je ne crois pas, non. De toute façon, mon petit ami me casserait bien plus que ma jambe gauche si j'acceptais.

Nora me regarde, la bouche ouverte, et son visage ressemble un peu à celui d'un poisson rouge. Sans mauvaise pensée, c'est plutôt mignon. Elle ne sait pas quoi dire et, honteuse de s'être fait recaler, s'excuse simplement du dérangement. Elle part panser sa fierté malmenée auprès de ses amis et je sais qu'elle s'en remettra. Elle n'a pas l'air du genre fragile, surtout que j'aurais pu être beaucoup plus cassant avec elle. Je n'ai vraiment pas apprécié la moue dégoûtée qu'elle a faite en voyant le visage de Sabo.

-Tu es toujours aussi populaire.

-Mais tu l'es encore plus. Une chance que je ne sois pas autant jaloux que toi.

-C'est une blague, j'espère ?

Il sourit et ses yeux brillent d'une lumière agréable.

-Tu peux dire ce que tu veux mais en attendant, c'est moi qui ai un bleu énorme sur la jambe.

Sabo ne dit rien mais je vois à son sourire qu'il est plus que satisfait de lui. Et ça me fait plaisir parce que doucement, on retrouve nos marques.

Jeudi 23 Novembre 2017

-Professeur, est-ce que vous pouvez me parlez des Trois Grandes Puissances ?

Marco marque un temps d'arrêt et son visage inexpressif semble se figer en un profond sentiment d'incompréhension et de doutes. Il se reprend ensuite et hausse son sourcil droit avant de sourire légèrement.

-Quand tu m'as signalé ne pas avoir compris quelque chose pendant le cours, je pensais à autre chose, Ace.

-Est-ce que ça change quelque chose ? je demande, ayant soudain peur qu'il ne me réponde pas.

-Je dirais que ça dépend.

-Vous savez, le fait d'hésiter à répondre rend ça un peu louche. Et ça me donne encore plus envie d'en apprendre davantage sur le sujet.

-Vraiment ?

J'hoche la tête et il soupire.

A vrai dire, j'ai très peu repensé à ça depuis que Marco nous en a parlé durant l'un de ses cours. Sur le coup, ça m'avait intéressé et je m'étais empressé de tout recopier, intrigué. Et puis, une chose en entrainant une autre, ces notes s'étaient perdues avec d'autres sur mon ordinateur. J'y ai légèrement repensé il y a environ deux semaines et j'ai alors fait quelques recherches sur internet. Malheureusement, mes heures de travail se sont avérées infructueuses. Autant dire que j'étais dégouté d'avoir perdu du temps là-dessus. J'avais carrément abandonné le sujet jusqu'à il y a quelques minutes. Cette histoire me travaille plus que ce que je ne pensais et pouvoir en discuter avec Marco est une chance de comprendre vraiment ce que tout ça implique. J'ai alors profité de la fin de son cours pour lui poser discrètement la question.

-Tu sais, si tu as tant envie d'en apprendre plus, il te suffit de t'engager dans une voie militaire ou politique l'année prochaine. On te donnera étonnamment énormément d'informations.

-Je vais pas attendre aussi longtemps, je me rebiffe.

Je me garde aussi de lui dire que je n'ai pas envie de faire des études aussi compliquées et longues – sans parler du manque d'intérêt que j'éprouve – simplement pour ça.

-Pourquoi c'est si compliqué d'en savoir plus ? Qu'est-ce qui fait qu'on est obligé de faire des études spécifiques simplement pour avoir des réponses à certaines questions ?

-Ce n'est pas si compliqué étant donné que j'en ai parlé pendant l'un de mes cours, s'amuse-t-il.

-Vous essayez de détourner mon attention pour ne pas répondre à mes questions, je réplique.

Il perd presque aussitôt son sourire et son visage grave m'inquiète. Il fait quelques pas et s'appuie sur son bureau en soupirant. Son regard ne quitte pas le mien et je devine qu'il hésite. Je fronce les sourcils, peut-être un peu inquiet de l'atmosphère lourde et sérieuse qui vient de s'installer.

-Eh bien, je peux t'en parler mais si c'est ce que tu désires vraiment...

-Merci.

-Non, Ace, tu ne comprends pas, me dit-il soudain durement. Je pense que la vérité ne te plaira pas et quelque chose me dit que tu n'es sans doute pas près pour l'entendre. Alors si c'est juste de la curiosité, passe ton chemin.

-Racontez-moi.

Ma voix grave et basse ne souffre d'aucune hésitation. Je ne me rétracte pas, je ne fléchis pas non plus et affronte son regard. Finalement, il sourit comme pour me rassurer, me dire de ne pas craindre ce qu'il va se passer. Maintenant que j'ai fait le choix de ne pas reculer, il faut que j'aille au bout et que j'affronte la vérité avec courage.

-Tu connais déjà les Trois Amiraux ?

-Oui, enfin, c'est vite dit. Je sais à quoi ça correspond en tout cas.

Ma remarque amuse Marco qui, sans me juger, développe ma réponse. J'apprends alors que les Trois Amiraux sont Aokiji, Akainu et Kizaru. Ça ne m'avance pas vraiment mais c'est une information comme une autre. C'est plutôt la suite qui m'intéresse.

-C'est quoi les autres puissances et quels sont leurs rôles ? je le presse, ayant peur qu'il change d'avis.

-Sais-tu ce qu'est un Corsaire ?

-Pas vraiment ? je réponds.

Il croise ses bras et fronce les sourcils comme s'il réfléchissait à la suite, à chaque mot qu'il allait utiliser.

-Avant, les Corsaires étaient des personnes autorisées par une lettre de marque à attaquer en temps de guerre tout navire battant pavillon d'États ennemis.

-C'est un peu comme des marins ?

-Non, loin de là. Il ne faut pas non plus les confondre avec les pirates même s'ils se ressemblent par certains points.

-Qu'est-ce qui les différencie ?

-Les Corsaires exercent leurs activités selon les lois de la guerre, donc légalement. Et ce, uniquement en temps de guerre et avec l'autorisation de leur gouvernement. Ils sont un peu comme les bras armés du gouvernement et agissent différemment de la marine ou des militaires : ils sont tout de même liés à la première puissance. Aujourd'hui, les Corsaires ne se battent plus contre des pirates pour leur tranquillité et leur richesse mais contre des mercenaires, des criminels et d'autres crapules du même genre. Ils peuvent également garder le butin des personnes qu'ils arrêtent.

-De quoi ? je dis, complètement perdu. Ça existe vraiment ? Pourquoi personne n'est au courant? C'est comme des agents spéciaux qui effectuent des missions à haut risque avec la possibilité de s'en mettre plein les poches ? je demande après avoir grandement simplifié ce que vient de me dire Marco.

-C'est à peu près ça.

Il soupire et je me demande si j'ai réellement compris quelque chose.

-Mais contrairement à ce que tu viens de dire, les Corsaires ne sont pas des agents spéciaux. En vérité, la plupart du temps, ils sont aussi pourris que les gens qu'ils arrêtent. Pas tous, mais certains, précise-t-il et j'ouvre grand les yeux sous la surprise.

-Comment des gens aussi forts peuvent-il travailler pour le gouvernement ? Qu'est-ce qui les fait obéir ?

-Beaucoup de choses, m'explique-t-il. Quand ils ne travaillent pas pour le gouvernement, ils peuvent mener leur vie comme bon leur semble sans s'inquiéter d'une quelconque justice. Et si le Gouvernement Mondial les utilise, c'est bien à cause de leurs forces et des moyens dont ils disposent. Ils sont très dangereux, tu sais.

-Qui sont-ils ? je l'interroge, une boule dans la gorge.

-Je ne peux pas te le dire.

-Mais pourquoi ?! je proteste.

-Tu n'aimerais pas la réponse. Et puis, je suis un simple professeur de philosophie, je ne suis pas très au fait de ces choses-là.

J'acquiesce sans penser une seule seconde à le contredire. La cloche sonne et je maudis le temps de s'être écoulé aussi vite. J'ai simplement eu un début de réponse à mes interrogations.

-Je vais y aller mais est-ce qu'on pourra continuer cette conversation une autre fois, professeur ?

-Bien entendu. Je serai plus qu'heureux de partager mes maigres connaissances avec un élève intéressé.

Je lui souris et, ne voulant pas me mettre en retard plus que nécessaire, je quitte Marco avec un sentiment étrange au fond de moi.


« Donne au monde le meilleur de toi-même, et le meilleur viendra. »

Madeline Bridge

Sabo


Vendredi 24 Novembre 2017

-Mais regarde !

-J'ai vu, Ace, dis-je en souriant.

-Non, tu n'as pas bien regardé ! T'as vu comment c'est gros ?! Ca fait un mal de chien en plus quand j'appuie dessus !

-Bah n'appuie pas alors, je le contre.

Ace marmonne dans sa barbe, pas très content, et il observe pendant quelques secondes encore l'énorme bleu que je lui ai fait à la jambe lorsqu'on a mangé ensemble hier. En toute honnêteté, je dois avouer qu'effectivement, il est démesurément gros et qu'il ressemble plus à un hématome qu'à un simple bleu qu'on se fait en se cognant contre le coin du meuble. Je ne pensais pas avoir frappé aussi fort et malgré les protestations et les plaintes d'Ace, je ne pense pas qu'il m'en veuille beaucoup. Sans doute qu'il me taquine juste et je fais semblant de le suivre.

Au fond de moi pourtant, je m'en veux énormément et n'ose même pas le regarder.

Je ne l'ai réellement pas fait exprès. Je ne voulais pas le blesser et je m'en veux terriblement. Blesser Ace m'est devenu insupportable. J'ai l'impression de ne faire que ça en ce moment.

Heureusement pour moi, Ace finit par baisser un peu son pantalon et celui-ci couvre tout juste l'énorme bleu. Je me demande d'ailleurs comment il fait pour porter des pantalons aussi légers par un temps pareil. J'ai tellement froid avec toutes mes épaisseurs de vêtement alors que lui semble être une véritable bouillote humaine...

-J'ai tellement pas envie d'avoir natation que je me demande si je devrais pas sécher, souffle-t-il après s'être redressé.

-C'est si terrible que ça ? je lui demande, soudain inquiet que ça se passe mal pour lui.

Il hausse simplement les épaules.

-Je m'ennuie et je n'aime réellement pas ça.

-Ce serait pourtant l'occasion de te libérer de ta peur et d'apprendre à évoluer sur des bassins plus profonds.

-Je n'ai pas peur, répond-il, vexé. Tu fais quoi toi comme sport déjà ?

Le changement de sujet est flagrant et il n'a même pas cherché à le cacher. Comme je ne veux pas le braquer, je décide simplement de lui répondre et de ne pas revenir sur son problème.

-Jujitsu, je réponds avec un brin de fierté dans la voix.

-Sérieux ? Y en a qui ont vraiment de la chance ! Et dire qu'après natation, on fait saut en hauteur...

Il soupire longuement pour marquer son mécontentement. Je souris et évite de lui dire qu'après le jujitsu, ma classe pratiquera l'escalade, ça risquerait de l'achever. Pour cette fois, je vais simplement me taire. Pourtant, Ace remarque mon sourire ravi et pour me punir, décide de maltraiter mes joues mais ça augmente simplement mon hilarité. Il finit par arrêter et pour me faire pardonner mon manque de sensibilité à son égard, je l'embrasse tendrement, un simple contact de nos lèvres. Je me rends alors aussitôt compte de mon geste et le regarde, presque paniqué.

-Arrête de me regarder comme ça… Ca donne l'impression que tu viens de faire quelque chose d'horrible...

Il détourne les yeux, blessé, et je m'en veux terriblement. Je ne sais pas quoi faire pour arrêter d'être ainsi. C'est comme si je me sentais indigne de partager ce genre de choses avec lui. Je suppose que je n'arrive tout simplement pas à me pardonner

La culpabilité et les remords étreignent mon cœur et c'est timidement que je prends la main d'Ace alors qu'on marche pour rentrer dans le bâtiment. Les cours de l'après-midi vont bientôt reprendre et le temps peu clément ne nous incite pas à rester plus longtemps que nécessaire.

-C'est bientôt ton anniversaire, dis-je pour rompre le silence. Est-ce que tu veux quelque chose de particulier ?

-Rien de particulier.

Il me regarde et j'aurais aimé qu'il me sourit.

-Tu sais déjà ce qui me ferait plaisir, n'est-ce pas ?

Ce n'était peut-être pas voulu mais sa phrase sonnait plus comme un défi.

-Oui.

Mais à vrai dire, je n'en sais rien du tout. Je ne sais plus.

xXx

A peine ais-je passer la porte d'entrée que je me stoppe, les yeux fixant avec étonnement une bretelle de soutien-gorge qui dépasse de sous le meuble à chaussures.

Qu'est-ce que… ?

J'arrive à peine à penser correctement et sans trop savoir quoi faire, je finis par ramasser le sous-vêtement. Gêné, je me décide finalement à le remettre à sa place. Il ne faut pas être très intelligent pour savoir ce qui est en train de se passer ici. Franchement, je n'aurais jamais cru avoir à faire à ce genre de situation... Je n'ose imaginer lequel de mes colocataires est à cet instant en charmante compagnie. Shanks devrait être là étant donné qu'il est en arrêt maladie pour plusieurs semaines à cause de ce qui lui est arrivé. Mais dans l'état dans lequel il est, j'ai du mal à imaginer qu'il s'adonne à ce genre d'activité… Cependant, ça ne ressemble tellement pas à Cavendish de faire ça... Je ne l'ai jamais entendu parler d'une copine quelconque et comme il a l'air d'un éternel romantique…

Mince, je m'étais dis que je ne me poserais pas de question à ce sujet !

Avec appréhension, je marche jusqu'au salon en toquant au mur au cas où…

-Hé, Sabo ! Comme je suis content que tu sois rentré! m'accueille chaleureusement Shanks. Si tu savais comme je m'ennuie, soupire-t-il. C'est franchement ennuyeux de jouer seul...

Il pose la manette de la PS4 par terre et avec difficulté, s'allonge sur le canapé avant de souffler.

-Tu es seul ? Enfin, je veux dire, Cavendish n'est pas là ? je demande alors que mes joues se colorent légèrement.

-Non, il rentre rarement avant 19h, tu sais.

Remarquant mon trouble, Shanks fronce les sourcils.

-Pourquoi, tu voulais lui demander quelque chose ? Tu sais qu'il a un portable ? rigole-t-il.

-J'ai trouvé un... soutien-gorge sous le meuble de l'entrée et je ne… je ne sais pas trop pourquoi, j'ai…

J'ai du mal à terminer ma phrase si bien qu'à la fin, je finis simplement par grimacer.

-Ah mince, Sihalma a dû l'oublier. Faut dire qu'elle est partie tellement vite. La pauvre ne savait plus où se mettre...

Je tombe des nues devant la révélation de Shanks et ouvre un peu bêtement la bouche. Je suis tout juste capable de lâche un stupide « Ah ». Après hésitation, je décide de retourner chercher le fameux sous-vêtement et de le donner à Shanks. Ce serait bête de simplement le laisser par terre. Shanks sera mieux quoi en faire que moi. Je le lui donne en faisant attention de ne pas trop regarder le bonnet quelque peu volumineux : j'aurais l'impression de faire du voyeurisme et de violer l'intimité de cette jeune femme.

-Merci. J'irai lui rendre dès que je pourrais et je lui présenterai des excuses par la même occasion, dit-il.

-Vous vous êtes disputés ?

Je pose la question mais je suis tout de même sceptique. Shanks a son caractère et peu parfois manquer de finesse et de sensibilité mais il est tellement sympa et facile à vivre que je me demande comment on peut en venir à se fâcher avec lui.

-Non, pas vraiment, mais je me suis mal conduit.

Je sens une espèce de lassitude dans sa voix, presque comme s'il se résignait. Le visage de Shanks n'aborde pas sa jovialité habituelle mais se peint d'une tristesse et c'est malheureusement de plus en plus fréquent. Même après son accident, Shanks a continué à sourire et à nous faire part de sa bonne humeur si plaisante. Bien entendu, il lui arrive de se sentir un peu mal et d'avoir la mine sombre. Mais quoi de plus normal ? Personne ne peut constamment être de bonne humeur et nous n'allions pas non plus le lui demander. S'il ne va pas bien, il a parfaitement le droit de l'exprimer.

C'est simplement que quand je vois ses yeux tristes et son sourire qui tremble, je me dis que ça n'a plus rien avoir avec la douleur physique ou la colère dû à ce déferlement de haine qu'il a subi. Il y a autre chose.

-Je suis sûr qu'elle comprendra et qu'elle acceptera tes excuses, je lance en espérant le détendre.

-Ouais, c'est une chouette fille après tout.

Il soupire et gigote pour pouvoir mieux se caler sur le canapé.

-Et puis, je suis sûr que quand j'aurais récupéré un minimum, on pourra aller plus loin sans que j'ai besoin de la stopper parce finalement, j'ai trop mal...

Il ferme les yeux et je me demande s'il va déjà s'endormir.

-Ah, c'est sûr que ça doit pas être très pratique ! dis-je en me retenant de rire.

Shanks est décidément toujours aussi surprenant.

-Y a de grandes chances pour que je galère avec ça toute ma vie vu comment je suis cassé... Le médecin a dit que je ne retrouvais plus jamais l'usage de mon bras...

Mon esprit marque un court moment de flottement pendant lequel je bloque complètement, trop embrouillé pour ne serait-ce que formuler une phrase correcte. Et puis, je fronce les sourcils et ouvre la bouche, mais toujours rien n'en sort. Je ne sais pas, c'est comme si mon cerveau ne voulait pas assimiler ce que Shanks vient de dire.

L'usage de son bras ?

Je ferme la bouche et serre les poings quand quelques secondes plus tard, l'information est enfin pleinement intégrée. Malheureusement, ça ne m'aide pas à être plus bavard, si bien que je me contente de simplement observer Shanks en retenant mes larmes.

Je pousse un soupir tremblant et baisse les yeux avant de les relever sur le roux qui, le visage plus serein que précédemment, semble dormir. Au fond de moi, j'en éprouve un soulagement que j'ai du mal à dissimuler. Je n'aurais jamais su quoi lui dire après une bombe pareille. Malheureusement, ce n'est pas sûr que je sois plus inspiré à son réveil. Que peut-on répondre à ça ?

Je suis triste pour lui. Ca me fait véritablement mal au cœur mais il le sait déjà. Et ces deux choses, aussi louables soient-elles, ne servent finalement pas à grand-chose.

C'est injuste…

Samedi 25 Novembre 2017

Assis à une table seul bien au fond d'un café branché et chic, je savoure avec excitation et bonhomie un café viennois. Mes yeux s'attardent pendant quelques secondes sur l'homme près de l'entrée qui, tout aussi seul que moi, lit avec mécontentement des papiers. Brun et une moustache taillée avec précision, ses vêtements de haut standing m'indiquent qu'il fait partie de l'aristocratie. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un homme d'affaire : il en est presque le stéréotype, il faut dire. Ses papiers qu'il lit avec intérêt, son attache case et ses lunettes rondes sur son nez sont de parfaits trompe l'œil.

A vrai dire, c'est plus sa façon d'être qui m'a indiquée que cet homme n'était pas un homme de bureau et encore moins quelqu'un d'habitué au travail.

Ses cheveux sont d'un noir éclatant et malgré son âge que j'estime se situer dans la fin de la quarantaine, il n'a pas un cheveu blanc et encore moins le début d'une quelconque calvitie. Ils brillent et d'où je suis, je peux deviner qu'ils ont l'air assez soyeux. Déduction, il a assez de temps libre pour pouvoir accorder un soin tout particulier à son apparence. Bien entendu, ses cheveux ne sont pas les seuls à bénéficier d'une attention particulière : ses vêtements de marque crient sa fortune et son bon goût. Malgré tout, il a un physique banal et son visage ne se démarque pas spécialement des autres. Si Ivankov était là, il dirait qu'il en fait beaucoup parce qu'il a quelque chose à compenser.

J'observe encore l'homme pendant quelques instants avant de prendre à la cuillère une grosse portion de ma chantilly pour la déguster. Je souris face au goût dont s'imprègne mes papilles avant d'aborder une moue boudeuse. J'ai beau avoir étudié pendant les trente dernières minutes le profil de l'homme, je n'arrive toujours pas à trouver pourquoi l'AR m'a demandé de le surveiller.

En effet aujourd'hui, j'effectue ce que je pourrais qualifier de ma « première mission ». Elle n'est pas franchement palpitante mais je m'en accommode plutôt bien. Mon but est de prouver à Dragon et aux autres membres que je suis autant capable qu'eux. Comme cela, je pourrais espérer intégrer plus en profondeur leur réseau. J'aiderais alors encore plus et je ne demande que ça. En attendant, je dois me contenter de surveiller cet étrange homme et d'envoyer un message à Inazuma pour le prévenir que la « cible » part.

Depuis que j'ai gentiment reçu cette mission, je me pose tout un tas de question. Est-ce l'homme qui les intéresse ou est-ce les papiers que celui-ci étudie avec tant de dévotion ? Quoique depuis cinq minutes, son visage a changé pour se parer de certaines mimiques que j'associerais soit à de l'agacement soit à de la colère.

J'ai terriblement envie d'aller à la rencontre de cet homme et même de lui voler ses papiers mais je ne peux pas. D'abord parce que je ne sais pas s'ils ont une importance quelconque et puis je suis conscient que ce que je subis est un test de la part de l'AR. Je me dois de le réussir. Ensuite, il sera toujours temps de leur montrer ce que je vaux.

Je peux attendre longtemps, ce n'est pas comme si j'avais grand-chose à faire de mon samedi. Ça fait une semaine depuis que je suis parti voir ma mère et j'avoue ne toujours pas me remettre de cette rencontre. J'hésite à en parler à Stelly. A quoi bon ? Autant laisser ça derrière comme convenu et passer à autre chose. Le problème est que les autres choses ne sont pas forcément plus glorieuses et ne me donnent que très peu envie. J'ai hâte que la Winter Cup commence histoire que je puisse m'occuper l'esprit. Entre ça, la Summer Cup et le bac à la fin de l'année, je devrais y trouver mon compte. Il faut aussi que je commence à réfléchir sérieusement à ce que je veux faire l'année prochaine. Jusqu'à il y a un an, je pensais encore que mon père m'obligerait d'une façon ou d'une autre à suivre ses indications mais maintenant que je suis indépendant, j'ai le choix.

Après tout ce qui est arrivé au cours de l'année qui vient de s'écouler, j'ai pu voir et apprendre énormément et je pense avoir orienté mon choix vers un métier qui m'intéresse assez. Il s'oriente vraiment sur des choses auxquelles j'accorde beaucoup d'importance et qui me permettraient de combattre et de dénoncer les injustices. Il y a trop de gens endoctrinés asservis par l'Etat qui n'ont même plus le droit de penser par eux-mêmes. Soit parce qu'on leur impose une vérité, soit parce qu'ils acceptent ces nouvelles vérités de peur d'être mis au banc de la société. Il y a tellement de choses à mettre en lumière, de personnes qui mériteraient d'être mises en avant.

Et puis, je pourrais voyager, découvrir, rencontrer de nouvelles personnes et apprendre encore.

Oui, je crois définitivement que le métier de journaliste d'investigation me conviendra.

L'homme que je surveillais se lève soudain et range avec empressement ses affaires. J'envois un rapide message à Inazuma et continue de l'observer tout en savourant mon café viennois.

Deux minutes plus tard, il a quitté le café en laissant un généreux pourboire. Au moins n'est-il pas pingre.

Le problème qui se pose à présent est de savoir ce que je vais bien pouvoir faire du reste de ma journée. Peut-être que je peux m'incruster au Baratie et aller voir Sanji? Je pourrais toujours faire la plonge si Zeff menace de me mettre dehors…

Dimanche 26 Novembre 2017

Hier, le tournage du film dans lequel joue Cavendish a vu ces dernières scènes passées au crible par le réalisateur et tout le staff. L'acteur en devenir est très heureux de nous annoncer que le tournage est officiellement fini et que nous n'avons plus qu'à attendre sa sortie prochaine pour le mois d'avril. Ses beaux yeux bleus brillent d'une fierté et d'une joie assez communicative. Shanks et moi le félicitons, heureux pour lui, mais il n'est pas sûr qu'il nous entende, trop occuper à se glorifier… A présent, notre colocataire va se recentrer sur ses projets de mannequinat en attendant de recevoir les critiques du film et les propositions de projets cinématographiques qui en découleront peut-être. Pour lui, il ne fait aucun doute que les gens se jetteront sur son talent! Mais après un échange de regards avec Shanks, nous nous mettons silencieusement d'accord pour dire que, aussi doué soit-il, ça se passe très peu comme ça dans la vie. Mais qui sait, il pourrait nous étonner...

Assis sur le lit de Cavendish quelques heures plus tard alors que Shanks est parti faire la sieste, je l'écoute encore me parler de son futur succès et des retombées économiques qu'il va créer pour toute la société de production. Il est réellement étonnant.

-Avec ça, ma liste de prétendantes va certainement s'allonger ! dit-il dans un mélange de dépit et de joie, si bien que je n'arrive pas à savoir s'il est réellement ennuyé par la nouvelle ou non.

-Tu dois recevoir beaucoup de propositions, dis-je, pensif. Tu n'as jamais pensé à en accepter une ?

J'observe le profil de mon ami qui semble hésiter quant à la manière de ranger sa penderie et ce pour la deuxième fois du mois. Malgré son air concentré, je suis plus que certain qu'il m'écoute. Il réfléchit juste, tout simplement. Cavendish nous a toujours dit au roux et à moi-même qu'il ne voulait sortir avec personne. Il nous a dit ne pas vouloir créée de jalousie auprès de ces femmes, ni même apporter des ennuis à celle qu'il aurait choisie. Il faut aussi penser au mal que ça ferait à sa popularité parce qu'il ne faut pas se voiler la face, on aime tous que nos idoles soient célibataires même si certains avouent bien volontiers n'avoir aucun problème à se mettre en couple. Le truc, c'est que seul, ils nous donnent bien plus envie et certaines personnes peuvent même à loisir s'imaginer une idylle avec la star en question.

Pourtant, ce serait tellement dommage de passer à côté d'une belle histoire d'amour à cause de ça...

-Si, m'avoue-t-il enfin. Certaines femmes qui m'avaient invité pour un diner étaient tout comme moi dans le monde du mannequinat et avaient réellement beaucoup de charme.

-Pourquoi ne pas avoir accepté ? je m'étonne.

-Je ne sais pas, peut-être que je ne désirais pas réellement sortir avec quelqu'un. Je pense qu'en fait, je ne suis pas fait pour ça et que j'aime mon célibat.

-Vraiment ? je fais, perturbé par sa révélation.

Il acquiesce silencieusement et continue de ranger ses affaires.

-Je suis plus serein ainsi, il faut dire que ça demande beaucoup de s'engager.

Il soupire et vient finalement s'asseoir à côté de moi.

-Je ne peux pas faire comme Shanks et simplement profiter de passer de bons moments avec les gens, que ce soit pour un diner ou autre, pour les oublier une fois que je rentre.

-Je te comprends, je suis un peu comme toi, je crois, je lui confie. Shanks est vraiment un sacré numéro ainsi qu'un charmeur invétéré. Il est du genre à ne pas se prendre la tête et à profiter des plaisirs simples de la vie ! Tu savais qu'il a ramené quelqu'un vendredi ?

Cavendish lève les yeux au ciel et soupire d'agacement. J'ai l'impression que ce n'est pas la première fois que ça arrive et que Cavendish en a de plus en plus marre. C'est plutôt étrange…

-Tu n'apprécies pas son comportement ?

-Ce n'est pas tout à fait ça. Enfin, pas exactement. Que Shanks se permette ce genre de choses, c'est son choix. C'est chez lui ici et franchement, je ne m'attends pas à mieux de la part d'un malotru comme lui.

-Vraiment ?

J'esquisse un sourire à la pensée que Shanks ne sait certainement pas que le blond pense ça de lui.

- Shanks est amoureux de Mihawk. Pourquoi, comment et quand, je n'en sais rien et je trouve ça très bien comme ça. Le problème, c'est que Shanks refuse d'admettre ses sentiments pour lui et qu'il se fait du mal à agir comme il le fait. Il est si stupide ! Quand j'ai emménagé ici, je ne m'entendais pas très bien avec lui d'ailleurs...

Un peu surpris par la confession du blond, je le dévisage, scrutant avec curiosité son visage. Cavendish est quelqu'un qui se confie peu et parle encore moins de lui. Je me sens privilégié de pouvoir découvrir des aspects plus secrets de sa vie.

Lentement et avec un brin d'hésitation, Cavendish me parle alors de sa venue à Dawn pour réaliser son rêve. Loin de sa famille aimante, bien trop aimante et qui malgré elle, l'étouffait. Il espérait devenir célèbre non pas grâce à son nom et à sa fortune mais bien par ses efforts et à ce qu'il était. Sa rencontre avec Shanks fut catastrophique d'après ses dires : Shanks passait son temps à l'embêter et à lui imposer sa présence qu'il jugeait immature. Mais peu importe sa volonté, petit à petit le manque de sa famille s'est fait sentir et doucement, ses interactions avec Shanks ont pris un autre tournant. Il ne sait pas comment mais il est finalement devenu ami avec le propriétaire des lieux. C'est à cet instant qu'il a découvert une autre facette du roux et sa description me fait cruellement penser à ce que j'ai vu de Shanks un peu plus tôt.

Quand on se donne la peine d'apprendre à connaitre quelqu'un, d'apprendre réellement à mieux le connaitre, on a souvent de belles surprises. Et j'en ai une à cet instant. J'ai toujours vu en Cavendish quelqu'un de sympa avec qui je m'entends bien, comme un copain, mais pas tout à fait un ami. J'ai la surprise de le voir autrement et de pouvoir discuter sérieusement avec lui ce soir. J'apprécie cet instant, je me sens bien.

Je me sentais mal ces derniers jours parce que je culpabilisais beaucoup. Parler avec Cavendish en qui je trouve une oreille attentive m'allège un peu l'esprit. Lui ne me jugera pas ni ne me poussera vers un choix qui ne me plaira pas. J'adore Sanji et Koala mais concernant ma relation avec Ace, je ne peux pas tout leur confier. S'ils voient que je souffre, ils me souffleront - par inquiétude - de mettre fin à cette relation et ça, je ne le veux pas. Pour rien au monde.

Alors quand Cavendish se tait, je parle à mon tour. Longuement, sans même m'arrêter, comme si j'avais besoin de me débarrasser au plus vite de tout ce qui me ronge.

Et j'accepte avec reconnaissance son étreinte, je rigole même quand il me parle de ses propres déboires amoureux. Ou plutôt de leur absence. Il en vient à reconnaitre qu'avoir parfois le relâchement et la nonchalance de Shanks peut être une bonne chose. Enfin, ça le serait s'il ne faisait pas tout ça pour oublier un ancien amour. A cette mention, Cavendish me fait promettre de ne pas évoquer ce sujet devant le roux. En plus de le rendre un peu soupe au lait, Shanks n'est pas supposé savoir qu'on connait ses sentiments pour le kendoka. Lui-même les ignore alors…

On se sourit un peu face à ce constat et continuons de bavarder, tantôt du roux – il y a tellement de choses à dire sur lui – un peu de Cavendish et peut-être aussi de ma situation complexe.

Shanks nous rejoint plusieurs heures plus tard et nous trouve allongés sur le lit du blond, ses vêtements trainant ici et là. Je le sens se poser à côté de nous sans trop y faire attention.

Parfois, ça fait simplement du bien de se détendre et d'oublier ses problèmes.


Et voilà ! Comme le prochain chapitre est déjà terminer j'essaierai de le poster assez vite peut-être dimanche prochain. ^^

J'espère que vous avez appréciez ce chapitre et m'excuse du peu d'information concernant les postes. Comme je suis de plus en plus occupée avec noël qui arrive à grand pas ça ne risque pas de s'arranger… Je ferais néanmoins de mon mieux !

Je vous dis à bientôt et merci d'avoir lu.