Bonjour,

Titre : Once Upon A Time - tome 2...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic

Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.

Bêta correctrice : pommedapi

Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).

Bonne lecture à tous !


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 11

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« Chérissez votre vision et vos rêves comme s'ils étaient les enfants de votre âme. »

Napoleon Hill

X-Drake


Lundi 27 Novembre 2017

La respiration erratique, je parcours avec difficulté les derniers mètres avant de franchir la ligne et de lentement ralentir pour finir par marcher. J'ai beau pratiquer depuis plusieurs mois ces exercices physiques très éprouvants, je n'ai pas l'impression de m'y habituer. Il fait un froid terrible et pourtant, j'ai si chaud que j'ai une affreuse envie d'enlever tous mes vêtements. Je passe à côté du sergent-chef et prends avec reconnaissance la bouteille d'eau qu'il me tend. Je vide la moitié presque instantanément avant de me calmer et de reprendre mon souffle. Les prochaines gorgées sont plus espacées et me laissent le temps de respirer.

J'entends une recrue pester derrière moi. A priori, il se demande certainement ce qu'il fait là. Pourquoi il accepte de souffrir comme ça ? Qu'il se rassure, je me pose la même question presque tous les jours.

Juste avant le début des nationales des Glee Club en juin, j'avais des rêves plein la tête qui se sont malheureusement tous effondrés d'un coup. C'est arrivé si vite que je n'ai pas eu le temps de m'y préparer ni même de passer à autre chose. J'ai accepté mon destin le jour où je me suis inscris à l'armée. Pourtant, aujourd'hui, j'en suis encore à panser mes blessures.

Le conservatoire de musique et de chant, je n'en verrai jamais ne serait-ce que la couleur.

Participer au concours d'entrée n'était pas une bonne idée. J'aurais dû comprendre que si aucun chasseur de tête ni dénicheur de talents pour cette prestigieuse école ne m'avait repéré avant, c'était parce que je n'y ai pas ma place. Ce jour là, en plus de Dellinger, trois autres personnes ont été approchées. Comme quoi c'est simplement moi qui n'aie pas fait mon boulot. Je n'arrête pas de me dire que j'aurais dû faire plus : mettre plus d'émotion et de volonté dans tel refrain, travailler davantage. Mais peut-être que je n'ai simplement pas le talent nécessaire.

J'avais décidé d'abandonner après les nationales et je ne comprends toujours pas pourquoi les mots de Brook m'ont poussé à passer le concours d'entrée. Je pense qu'une partie de moi savait très bien que c'était inutile mais je l'ai quand même fait. Peut-être parce que quelqu'un croyait en moi, qu'entrer dans cette école était mon rêve le plus fou et que j'aurais regretté de ne pas l'avoir fait… Ouais, quelque chose comme ça...

Une jeune fille a réussi à décrocher sa place. Une surdouée de tout juste 14 ans qui a cru en sa chance et qui a un talent fou. N'ayant pas la possibilité de participer au concours des Glee Club, elle a simplement passé celui de l'école. Avec succès.

Comme quoi, c'est possible de réussir.

Mais du talent, je ne pense pas en avoir. Ou en tout cas, pas suffisamment. Je n'ai que mon travail pour me distinguer et si le talent seul ne fait pas tout, je crois que l'inverse est aussi vrai. On peut être un bon chanteur, excellent même, mais au final si on n'a pas une voix extraordinaire, ça ne fonctionne tout bonnement pas. Et cette dure réalité, je me la suis pris en pleine face. Et voilà où j'en suis maintenant. Dans un camp d'entrainement militaire.

Un des magnifiques camps du Germa 66. Je ne pensais jamais remettre les pieds ici un jour mais pourtant, je suis bien là. Je suis né à North Blue et j'ai grandi là, entre les coups de mon ivrogne de père et les sourires réconfortants de Rys. Comme toutes les personnes originaires d'ici, j'ai entendu parler de ce fameux groupe d'assassins. Enfin, avant, c'est ce qu'ils étaient. Maintenant, on ne sait plus trop. Dans tous les cas, les Vinsmoke, qui dirigent le Germa 66, ont une technologie très importante et ultra avancée en ce qui concerne l'armement militaire ou toute autre chose pouvant améliorer la qualité de vie et de fonctionnement d'un soldat. Les bases qu'ils ont leur servaient à entrainer leurs hommes mais maintenant, depuis que le chef de famille est devenu premier ministre, ils servent à l'Etat. Cela dit, leurs méthodes d'apprentissage sont toujours utilisées pour les futures recrues. Personne n'y trouve à redire alors qu'on ignore même où se situe la famille Vinsmoke. Elle représente l'État, certes, mais est-elle pour autant du côté de la loi à présent ?

J'ai l'impression que tout le monde s'en fout et que dans leurs arrangements qu'ils sont les seuls à connaitre, ils y trouvent chacun leur compte. Si le gouvernement obtient ce qu'il veut, il n'a pas de raison de se plaindre.

Des fois, j'ai du mal à réaliser que Sanji fait partie d'une famille aussi dangereuse.

A l'intérieur de ces murs, de cette atmosphère qui est pareille à toute autre force armée en préparation, j'oublie régulièrement le Germa 66. Avec le temps, j'ai juste appris à voir ces lettres comme une simple écriture gravée sur le mur d'entrée. J'occulte tout pour simplement me consacrer sur ma tâche. J'évite de trop penser. Je ne voudrais pas devenir dépressif à cause de toutes ces merdes qui me sont arrivées. Et Dieu sait combien il y en a eu...

-Rui est toujours en train de faire ces tours… Je suis sûr que s'il ne les finis pas bientôt, le lieutenant va encore gueuler, peste Bill.

Il me jette un long regard avant de boire avec agacement dans sa bouteille d'eau encore pleine. Il me dit ça comme si je pouvais y faire quoi que ce soit.

Je jette un œil derrière moi pour observer Rui souffrir avec son sac de 20 kg. A le voir, on pourrait presque croire que son fardeau est plus lourd que lui. En tout cas, il est plus imposant.

Des petites boucles blondes et un corps frêle surmonté d'yeux bleus d'une profondeur incroyable : Rui fait tâche dans ce cadre militaire. Il est loin d'être bon et quand il arrive à terminer les exercices demandés, il est toujours dernier. Il a du mal à s'intégrer au groupe à cause de sa timidité maladive et il faut dire que les autres ne font pas d'efforts non plus. Ici, on nous apprend à développer l'esprit d'équipe ou plutôt de camaraderie, l'entraide, et surtout la vie en collectivité. On est encore en plein apprentissage on va dire…

Si à cet instant Bill est si énervé, c'est parce que ça fait déjà deux mois qu'on fait cet exercice mais comme Rui n'arrive jamais à le finir, on le répète inlassablement. Petit à petit, les autres soldats ont commencé à doucement le détester alors que d'autres se contentent de le maudire en silence. Cet exercice est une vraie torture en plus d'être éreintant au possible. On se saigne pour arriver au bout de nos vingt tours et apprendre qu'on doit finalement recommencer peu importe nos efforts fout un gros coup au moral. Je ne comprends pas ce qu'essaie de faire le caporal-chef de cette manière. Rui est juste en train d'être de plus en plus isolé.

Il fait de son mieux mais il est clair qu'il n'a rien à faire ici.

Mardi 28 Novembre 2017

Je soupire discrètement avant de me tourner une première fois dans mon lit, puis une seconde. A la troisième, j'en profite pour regarder l'heure sur mon portable et constate avec difficulté qu'il est tout juste deux heures du matin. Je ferme les yeux en me disant que si j'arrive à me rendormir tout de suite, j'aurais peut-être trois heures de sommeil. Peut-être même trois heures trente si le caporal instructeur est dans un bon jour. Malheureusement, je ne me fais pas trop d'illusion. Sympathie ou pas de la part de nos supérieurs, si Rui n'arrête pas de pianoter sur son portable, je vais avoir du mal à trouver le sommeil…

-Rui, bon sang !

Il sursaute et parce que je suis crevé, je m'énerve sans doute un peu trop vite.

-X-Drake… ? Tu es réveillé ?

-Bien sûr que je suis réveillé ! Merde, il est tout juste deux heures, arrête de faire du bruit, je voudrais dormir !

-Pardon... Je pensais que tu dormais. J'avais pas l'impression de faire beaucoup de bruit...

-Bah si, bordel ! Pourquoi tu dors pas à cette heure-là ?!

-Je sais pas, j'arrivais pas, c'est tout...

J'entends la tristesse dans sa voix autant que son soupir tremblant.

Je partage ma chambre avec Rui depuis le début et je ne suis pas sûr qu'il ait fait une nuit complète depuis qu'on est là. Je l'entends souvent gigoter et la plupart du temps, ça me réveille mais je réussis à me rendormir sans trop de mal. Il est arrivé aussi qu'il se réveille en hurlant, complètement paniqué.

Rui souffre de terreur nocturne et même si je l'apprécie, le manque de sommeil commence réellement à me peser. J'ai vraiment décroché le gros lot avec lui.

Avant de le regretter, je me redresse et descends souplement du lit superposé. Comme je m'y attendais, dans le lit du bas, Rui est assis, emmitouflé dans sa couverture alors que son portable projette une lumière tamisée sur ses yeux rougis. Rougis de larmes, de fatigue, … De trop de choses certainement.

-T'as fait un cauchemar ?

-Non...

Il se recroqueville un peu plus sur lui-même et finit par laisser tomber son portable sur son matelas. A tâtons, je m'approche de lui et finis par m'asseoir à ses côtés.

-Je réfléchissais trop. C'est tout.

-A l'épreuve d'hier ?

Il acquiesce.

-J'y arriverai jamais et Bill m'a jeté un regard noir pendant le repas. Il me déteste et c'est pas le seul...

-Tu devrais pas trop y faire attention. Ca va te rendre malade.

-Qu'est-ce que t'en penses ?

J'aperçois à peine son regard mais je devine la lueur d'espoir qui brille dans ses yeux. Rui et moi ne sommes pas amis mais il sait qu'il peut compter sur moi et que je suis honnête avec lui. C'est triste à dire, mais je suis le seul dont il est un peu proche. Je ne sais pas si ça vient du fait qu'on partage la même chambre mais Rui s'est tout de suite senti à l'aise avec moi et a essayé de m'approcher dès le début.

-T'es pas fait pour être là, Rui.

-Parce que je suis faible ?

Sa voix sonne presque misérable et j'entends à son ton qu'il s'agit plus d'une vérité que d'une question. Mentir ne serait pas une bonne idée. Tout le monde a conscience de combien Rui est moins bon que nous, presque vulnérable. Rui lui-même le sait. Il est mince, presque chétif, et ridiculement petit. Il n'a pas eu une bonne croissance. Il a dû subir la malnutrition plus jeune, ce qui fait que son corps en grandissant n'a pas pu bien se développer. J'ai connu ça aussi… La maltraitance.

Ces marques sur son corps qui ont l'air de dater de plusieurs années et ces hématomes qui s'estompent à peine… J'ai vécu ça et je reconnais sans mal la terreur qui habite chaque jour le regard bleu qui me fait face.

C'est pas compliqué de savoir pourquoi Rui est ici.

-Non, Rui...

Je soupire et laisse ma tête reposer contre le mur derrière moi.

-Je pense juste que tu ne veux pas réellement être là et c'est pour ça que tu souffres autant. Ta place n'est pas ici.

Je me mors la lèvre inférieure quelques instants. Je me demande si ce que je dis est vraiment utile. Je doute réellement que Rui soit là de son plein gré. Peut-être que ses parents l'ont foutu là pour se débarrasser de lui, une manière de se donner bonne conscience. Ils ne le foutent pas à la rue après tout. Mais il y a aussi la possibilité que Rui soit là justement pour échapper à ces mauvais traitements. Et si c'est ça, il y a très peu de chances qu'il décide d'abandonner. Même s'il doit en souffrir, il restera. Tout vaut certainement mieux que retourner là-bas…

-Toi non plus t'as pas ta place ici.

Je fronce les sourcils mais ne prends pas la peine de le regarder.

-Je t'entends souvent quand tu parles avec ta famille et tes amis. Et même avec ta copine…

-Et alors ? je soupire.

-Je… T'as fait partie d'un Glee Club d'une école réputée et je t'ai déjà entendu chanter quand tu pensais que t'étais seul...

-Où tu veux en venir, Rui ?

-T'es trop doué pour ne pas faire ce que tu aimes, X-Drake.

Je regarde finalement mon colocataire et croise avec difficulté son regard. Il a l'air de penser ce qu'il dit mais malheureusement, sa gentillesse ne m'est d'aucun secours.

-Il faut croire que non vu que j'ai pas été pris dans l'école que je voulais.

Je me lève lentement et m'étire un peu. Je suis plus grand et rester assis sur un lit superposé sur le matelas du bas n'a rien de confortable. J'ai mal au cou et ne suis pas prêt de retenter l'expérience.

-Faut qu'on se couche maintenant. Demain, on va encore en baver et je suis pas sûr qu'on tienne jusqu'à midi si on dort pas un minimum.

Je n'attends pas la réponse du blond et retourne rapidement me coucher dans mon lit. Pourtant, impossible de fermer les yeux.

xXx

-Je suis désolé de ne te rappeler que maintenant. Ça fait longtemps depuis la dernière fois...

-On peut dire ça, oui.

-Tu es énervée ?

Elle hausse les épaules et j'esquisse un sourire. Il est évident qu'elle est énervée, ou au minimum agacée. Je crois que la dernière fois que je l'ai contactée, c'était début octobre. Elle a donc toutes les raisons de m'en vouloir mais elle ne veut pas le montrer. Je pense qu'elle est déjà attachée à moi mais qu'elle ne veut pas se dévoiler parce que je refuse aussi de le faire.

Koala est sans doute trop bien pour moi et j'ai peur qu'elle s'en aperçoive très vite.

-Peut-être, finit-elle par lâcher.

Assise sur son lit, un pot de glace dans la main malgré le froid, elle déguste avec lenteur sa gourmandise à la nougatine. Elle porte un pyjama qui accentue sa beauté. Il n'a rien de véritablement exceptionnel et Koala ne serait certainement pas de mon avis mais elle est belle. Tout le temps. Et son gros pull avec ces horribles têtes d'ours dessus la rend incroyablement mignonne. Il y a un décalage horaire d'un peu plus de quatre heures avec East Blue et si ici c'est déjà le beau milieu de la nuit, là-bas ce n'est que le début de la soirée. L'entrainement s'est terminé i peine une demi-heure et malgré la fatigue, j'ai voulu appeler Koala.

Je ne sais pas pourquoi mais aujourd'hui plus qu'un autre jour, j'ai eu besoin d'entendre sa voix. Les questions, il sera toujours temps de se les poser après.

J'ai très peu contacté mes proches depuis que je suis là. Je fais tout de même attention à prendre des nouvelles de mes parents toutes les semaines : Eden et Rys me feraient la peau si j'avais la mauvaise idée de les laisser sans nouvelle plus de quelques jours. C'est plutôt compliqué de trouver un horaire qui nous convient à tous car Rys et Eden ont des horaires pas possibles. Et même si j'ai une pause à midi plus ou moins convenable et que je suis généralement libre à 19h quand on n'a pas d'entrainement de nuit à effectuer, je suis crevé. La plupart du temps, je suis même trop fatigué pour manger, comme pratiquement tous les autres pensionnaires de ce camp militaire. Le soir, on est tellement pressé d'aller se coucher qu'on mange vite. Très vite.

Mais ces heures au téléphone avec eux, je n'y renoncerai jamais. Parler avec eux me fait vraiment du bien. J'y trouve un certain apaisement, surtout que ça me permet de ne pas totalement me couper de ma vie à Dawn. Des fois, ce coup de fil peut durer deux heures, d'autres fois ça peut être moins long. Je suis le plus heureux quand j'ai la chance de pouvoir parler à mes deux parents en même temps mais malheureusement, c'est très rare. Ce n'est pas grave, je fais avec. J'ai difficilement le choix de toute façon.

Il m'arrive aussi d'avoir les membres du Glee Club même si c'est plus exceptionnel. J'ai beau les apprécier énormément, leur parler me fait plus de mal que de bien. Sans le vouloir, ils ont plus tendance à me rappeler combien ma vie est pitoyable à présent. Néanmoins, j'ai hâte de les voir lorsque je reviendrai à Dawn pour les vacances de Noël. Je pense que pouvoir leur parler face à face m'aidera à passer à autre chose. Je pourrais peut-être même retrouver ces instants de quiétude et de bonheur que je ressentais quand tout allait encore bien.

Pour Koala…

Koala, c'est juste compliqué. Je crois que c'est la première fois de ma vie que j'ai autant peur d'être en couple. A vrai dire, je doute de cette histoire à distance, je ne sais pas ce que ça peut donner. Elle m'a dit vouloir essayer et ne pas vouloir laisser filer sa chance mais je suis loin d'être aussi optimiste qu'elle. J'ai l'impression de passer ma vie à douter.

-Alors ? je lui demande.

-Alors quoi ?

-Est-ce que tu as un peu de temps à m'accorder ?

-J'allais me coucher mais bon, je peux quand même t'accorder un peu de mon temps. Il faut bien que l'un de nous fasse des sacrifices.

-Tu allais te coucher ? Il est même pas encore 22h à Dawn!

Je jette un coup d'œil rapide à l'heure affichée sur mon ordinateur et fais ensuite un rapide calcul. Effectivement, il est tout juste 21h30 là-bas.

-J'ai eu une grosse journée aujourd'hui, feint elle.

-D'accord, je te remercie de ton sacrifice.

Elle hausse une nouvelle fois les épaules avant de sourire. Elle pose ensuite son pot de glace quelque part par terre et s'installe confortablement sur son lit.

-Ça va, toi ?

Je sens dans son ton de l'inquiétude et son sourire sonne presque triste sur son si joli visage. Elle ne me l'a jamais clairement dit mais je sais que Koala n'est pas tout à fait d'accord avec ce que je fais. Je ne peux pas lui en vouloir car je suis un peu de son avis moi aussi. Si Rui est capable de voir que je voudrais plus que tout être ailleurs, je serais un idiot de ne pas moi-même m'en rendre compte. J'ai tenu à venir ici parce que je ne savais pas quoi faire d'autre. J'ai juste pensé à arrêter d'être égoïste pour une fois et à rendre mes parents fiers de moi.

Rys et Eden ont beau se plaindre de mon absence, je sais que maintenant que je ne suis plus sous leur responsabilité, financièrement, c'est plus supportable. A chaque fois que je voyais Eden rentrer complètement épuisé après avoir fait pour la troisième fois de la semaine des heures supplémentaires… Ca me faisait mal au cœur à un point inimaginable. Je ne parle même pas de Rys qui avait bien trop tendance à accepter de bosser de nuit. Tout ça pour pouvoir mettre plus de sous de côté pour cette fichue école qui m'a simplement craché au visage. J'en ai eu marre d'être un poids pour eux. Je ne réussis jamais ce que je fais. Il était temps de grandir et d'arrêter de faire des rêves de gamin.

Et puis, maintenant qu'ils sont seuls, ils peuvent peut-être enfin avoir la vie de couple qu'ils désirent…

Après, j'ai beau me plaindre et reconnaitre sans mal que je n'ai pas la vocation de militaire en moi, je serais tout de même heureux de pouvoir aider les autres. De faire quelque chose de bien.

-C'est dur mais je m'accroche. J'ai un magnifique 6 pack maintenant ! je plaisante.

Pour la taquiner encore plus, je soulève mon tee-shirt et lui laisse tout le loisir d'admirer mes abdos. Koala renifle dédaigneusement mais je devine aux rougeurs qui se dessinent sur ses joues que ça lui fait un minimum d'effet.

-Ouais, j'ai vu mieux…

-Vraiment ?

J'hausse un sourcil et esquisse un semblant de sourire. Au fond de moi, j'espère qu'elle ne parle pas de Sabo...

-Oui. Mais bon, je ne vais rien te dire.

-Ah, et pourquoi ça ? je demande, curieux.

-Eh bien parce que je sais que vous, les hommes, êtes susceptibles et combien vous aimez que vos copines chantent vos louanges. Et ça même quand vous êtes justes de pauvres types avec une liste de qualités aussi importante que le nombre de jours de pluie dans le désert !

-Euh, OK, je réponds, légèrement décontenancé. Rappelle-moi de ne jamais trop te chercher. J'ai l'impression que je pourrais me retrouver avec autant de dignité qu'une pomme moisie au fond d'un cagot...

-Compte sur moi !

Elle rigole et je remarque pour la première fois cette magnifique fossette qu'elle a juste au coin de la bouche.

-Mais ne t'inquiète pas, ta liste de qualités à toi correspond davantage au nombre de jours d'ensoleillement à South Blue.

Je souris, sincèrement touché par ce compliment.

-Merci. Je peux dire sans me tromper que tu viens d'ensoleiller ma journée...

-Oh, j'ai alors fait ma B.A du jour. Merveilleux !

-C'est plus qu'une B.A, ça.

-Attention, tu vas finir par m'en devoir une, X-Drake.

Je souris et la traite gentiment d'arriviste, ce qui la fait rire. Elle finit par reprendre sa glace et la mange tout en me racontant avec enthousiasme sa journée.

Étrangement, je n'ai pas eu trop mal à retrouver la complicité que j'avais avec Koala lorsque je faisais encore partie du club de foot. C'est presque comme si on ne s'était jamais quitté – bien qu'on n'ait jamais été réellement proches avant – alors que notre histoire commence tout juste.

-On espère vraiment pouvoir gagner la compétition de foot cette année, soupire Koala.

-Hum.

-Je ne sais pas si je t'ai dit, mais Lucci est encore capitaine cette année.

Je ne prends même pas la peine de répondre.

-Tu ne l'aimes pas, n'est-ce pas ?

-Pourquoi tu dis ça ?

Je n'essaie pas d'avoir l'air étonné ou quoi que ce soit d'autre. Il est clair pour tout bon observateur que je hais ce type.

-Parce que je viens de te voir souhaiter qu'il perde lamentablement tellement tu l'as pensé fort ! C'est d'ailleurs étrange, c'est la première fois que j'arrive si clairement à voir quelqu'un penser.

Elle insiste bien sur le dernier mot avant de pouffer.

-T'as l'air de l'apprécier, toi, je lance et j'espère que ça ne sonne pas comme une accusation.

-Bah, comme tout le monde. Il est sympa après tout. Même si j'ai très peu eu l'occasion de lui parler : il est pas très bavard mais assez drôle malgré lui.

J'acquiesce puis décide de changer de sujet. Parler de ce psychopathe va finir par me gâcher ma nuit.

-Est-ce qu'on pourra se voir pendant les vacances de Noël ?

-Oh, Seigneur, j'ai cru que tu me le demanderais jamais et qu'une fois de plus, je devrais prendre les devants !

On éclate de rire tous les deux et quand Rui entre dans la chambre, on continue de rire et de parler, bien que plus doucement. C'est un vrai bol d'air frais cette fille pour moi. J'ai peur du jour où je finirais par tomber vraiment amoureux d'elle.

Parce que ça arrivera.

Mercredi 29 Novembre 2017

-Cinq minutes, les gars ! Et on se dépêche ! Si vous êtes pas prêts dans les temps, vous irez vous présenter cul nu devant Ichiji Vinsmoke!

On l'entend à moitié rire et il est évident qu'il souhaiterait que cette situation arrive juste pour pouvoir se payer la tête des jeunes recrues.

Heureusement pour moi et malheureusement pour lui, je suis déjà prêt. Je passe donc en vitesse à côté du caporal-chef - sans oublier de le saluer - dans le but de rejoindre ma chambre pour me changer. Même la porte fermée, j'entends encore les autres paniquer et ruer dans les brancards pour espérer être prêts à temps. Et puis en fond, le bruit de la douche.

En vivant ici, j'ai dû passer au-dessus de… certains de mes traumatismes. J'ai sérieusement vécu l'enfer à mon arrivée ici mais ça a été le cas pour tout le monde en fait. Les difficultés nous ont soudés et aidés à passer au-delà de nos peurs et de nos barrières. Le camp militaire est loin d'être top mais je sais ce que je dois à cette formation, au cadre dans lequel j'ai vécu ces derniers mois. Personne ne m'a jugé quand je tremblais, mes vêtements sous le bras et les yeux vides fixés sous le jet d'eau. J'ai refusé de me laver pendant une semaine, acceptant les punitions des gradés sans rechigner. Et si au début je n'ai récolté que l'indifférence de mes pairs, j'ai petit à petit gagné leur sympathie. Je ne suis pas le plus âgé mais je suis plutôt proche de tout le monde sans toutefois avoir noué une seule réelle relation d'amitié. Certains se confient à moi et me voient comme ce qui ressemble à un grand frère.

Bien entendu, j'ai été obligé de me laver à un moment : je n'allais pas rester sale éternellement. De plus, les exercices que l'on pratique ici sont particulièrement salissants et n'ayant pas de bain, j'ai dû simplement abdiquer. Ça ne s'est pas fait sans heurt, surtout que j'y ai été plus ou moins forcé… Mes réactions du début ont été violentes pour lentement devenir acceptables. A vrai dire, je ne supporte toujours pas les douches parce que quoi qu'il arrive, j'associerai ça à Rob Lucci. A ce qu'il m'a fait et à cette douleur qu'il m'arrive de ressentir encore dans mes cauchemars.

J'ai simplement arrêté de m'y attarder et enjambe sans honte cette blessure parce que je sais que quoi que je fasse, elle ne guérira jamais. Comme celle que mon ordure de géniteur a laissé sur moi.

-Plus qu'une minute ! crie la voix de l'adjudant-chef et je m'empresse de terminer de me préparer avant de rejoindre les autres dehors.

Quand notre instructeur nous crie de nous mettre en rang et au garde à vous, on s'exécute et il opine du chef, satisfait.

-Repos.

Je regarde autour de moi et constate avec amusement que l'apparence de certains de mes camarade laisse franchement à désirer mais que ça reste tout à fait passable et peut-être même acceptable. Vinsmoke ou pas.

-Je me demande de quoi il a l'air, murmure quelqu'un derrière moi.

Je remarque bien assez vite que l'arrivée de cette personnalité décadente créée une sorte d'euphorie contrôlée. J'essaie de garder mon calme même si je suis également assez curieux de voir qui est exactement ce Ichiji Vinsmoke. Malgré moi, je ne peux m'empêcher de penser à tout ce qui entoure cette famille et plus que tout, je me demande qui ils sont exactement. Il y a pourtant une personne parmi mes camarades qui se démarque par son comportement : c'est Rui. Il pense qu'il n'a pas le droit à l'erreur aujourd'hui et a peur des répercussions si jamais il échoue. C'est toujours angoissant de ne pas avoir le droit de se tromper. D'où je suis, j'ai presque l'impression qu'il va vomir à tout moment.

Et puis finalement, il arrive. Deux berlines noires s'arrêtent en plein milieu du terrain et plusieurs hommes en descendent. Ichiji n'est pas difficile à repérer pour moi et peu importe que je ne l'ai jamais vu avant. Il faut dire qu'il ressemble tellement à Sanji ! Ils ont le même air. Peu importe que les traits du visage de ce Ichiji soit plus durs, ils sont indéniablement de la même famille.

Arrivé à notre hauteur, le groupe et l'invité prestigieux s'arrêtent. Aussitôt, les gradés le salue avec énergie et respect puis nous, les recrues, sortons de notre léthargie pour nous tenir prêts au moindre de ses ordres. Nous n'avons été mis au courant de la venue d'un des frères Vinsmoke que la veille et ignorons tout du programme de la journée. Comme attendu, l'adjudant-chef fait un discours bien rôdé que tous ici ont déjà entendu trop de fois.

-Je voudrais voir ce qu'ils valent à l'entrainement, coupe la voix du grand frère de Sanji.

-Bien sûr, acquiesce notre responsable qui ne s'offusque pas une seconde de l'impolitesse d'Ichiji. On a mis en place un exercice qui sollicite leur endurance, leurs forces physiques et leur mental, termine-t-il en regardant notre groupe.

Il ne nous faut pas deux secondes pour comprendre qu'on va encore se taper cet exercice inhumain qui à la fin, nous laisse plus morts que vivants. Cependant, on ne laisse rien paraitre de notre mécontentement et allons chercher au pas de course nos charges de 20 kilos. Le fils Vinsmoke a l'air à la fois curieux et impatient. Il est venu ici pour voir si le nouveau centre d'entrainement que sa famille a ouvert marche autant que les autres et si l'enseignement dispensé est satisfaisant. Il va être servi.

-Je ne vais pas y arriver, me glisse Rui en agrippant fortement mon bras gauche alors qu'on est seul dans la réserve.

-Ça va aller.

Il secoue la tête et je vois ses yeux briller. Il est clair que s'il pouvait, il pleurerait.

-J'y arrive jamais et ce sera pareil aujourd'hui ! Je vais m'humilier et les autres vont encore plus me détester !

Comme s'il venait de réaliser quelque chose d'exceptionnel, il ouvre soudain grand les yeux et me regarde, horrifié.

-Si je ne réussis pas devant Vinsmoke, les instructeurs e-

-Calme-toi, j'élève la voix et le secoue légèrement. Calme-toi, je répète plus doucement. Rui, fais juste de ton mieux. Tu n'as pas une grande force physique et tu as une endurance dans la moyenne mais tu n'es pas faible. Par contre, tu as un mental hors du commun et je sais que tu peux y arriver. Concentre-toi, bas-toi. Tu vas y arriver.

Il ne dit rien et finit même par baisser la tête. Je devine qu'il médite mes paroles. Malheureusement, nous n'avons pas le temps de plus nous attarder et je le force à me suivre dehors et à prendre place sur la piste de course, nos poids sur le dos. Une fois encore, Rui a l'air si petit : on a même l'impression qu'il va se faire écraser à tout moment par cet immense sac.

-Comment va Rui ? me demande un ainé à qui je n'ai jamais trop parlé jusque-là.

-Pas très bien.

-Ouais, je comprends, grimace-t-il. Mais c'est le moment où jamais de réussir, on en a tous marre de se taper cet exercice. Même si je sais que ça doit être dur pour lui aussi…

Je n'ajoute rien de plus et l'adjudant-chef donne le signal de départ. On se met alors tous à courir en régulant au mieux notre respiration et en économisant nos forces. Ce n'est pas une course et malheureusement, nous serons très vite fatigués. Si nous voulons aller au bout des 10 tours, nous devons utiliser intelligemment nos ressources.

Le terrain n'est pas très grand, il est similaire à ceux qu'il y a dans les établissements scolaires. La difficulté de l'exercice repose en grande partie sur les charges que nous portons. Nous sommes tout de même plus qu'heureux de ne pas avoir à s'abimer les poumons et les muscles en essayant de terminer le parcours sur le deuxième terrain du camp, plus éloigné des dortoirs et qui sont largement plus grands.

La météo est plutôt clémente et nous avons également de la chance qu'il ne fasse pas trop froid. Le temps est tout de même assez sec mais il n'y a pas de grand vent glacial et ça, c'est une bonne chose.

Nous devons réussir.

Inquiet, je jette un coup d'œil à mon partenaire de chambrée qui est malheureusement déjà à la traine. Il est évident qu'il éprouve des difficultés à réaliser les exercices mais il s'accroche. Je me demande s'il pense à ce que je lui ai dis plus tôt… Nos supérieurs nous observent avec sérieux mais personne ici n'a assez d'énergie pour s'y attarder. Par contre, Ichiji Vinsmoke, lui, on le voit bien. Son visage est impassible et ça a quelque chose d'inquiétant.

Je détourne mon regard de sa chevelure rouge et me concentre sur l'exercice.

xXx

Tous alignés en dehors de la piste, des bouteilles presque vides dans les mains, on ose à peine regarder Rui. Il est le dernier encore sur la piste et peine à courir. Il est au bout de ses forces mais donne son maximum. Je me sens presque mal de voir ça.

Je vois du coin de l'œil qu'un de nos sergents-instructeur regarde sa montre et je me demande s'il s'impatiente ou non.

-Je pense pas qu'il ira au bout, soupire Bill. Il devrait arrêter.

-Je pense que s'il abandonne, l'adjudant-chef va lui gueuler dessus, répond un camarade.

-Vaut mieux ça que de se casser le dos à faire un exercice inutile...

Ils ne disent plus rien et je serre les poings, indécis. J'aimerais pouvoir l'aider mais je ne vois pas comment. Je ne suis pas sûr que ce soit très apprécié non plus par nos supérieurs. Et tout le monde qui observe le pauvre Rui en sachant très bien qu'il n'y arrivera jamais...

Je décide finalement d'agir et m'avance de quelques pas, m'empêchant de cette manière toute retraite. Je capte le regard de plusieurs de nos supérieurs dont celui de l'héritier Vinsmoke. Trop tard pour reculer.

Je me tiens droit, la tête haute, et après une grande inspiration, me mets au garde à vous.

-J'aimerais, si vous le permettez, terminer ses tours, Monsieur.

Au même moment, Rui s'écroule par terre et je me dis que j'aurais peut-être dû faire ça plus tôt. Il est loin de moi mais je peux voir ses épaules s'abaisser et se relever frénétiquement : il est épuisé et a du mal à reprendre sa respiration. Derrière moi, j'entends les autres s'étonner de ma prise de parole.

-Tu n'as pas besoin de faire ça, X-Drake. Tu as déjà achevé l'exercice. Si Rui ne se sent pas la force de terminer, vous recommencerez l'exercice dans 48h. Comme d'habitude.

Sa voix forte porte jusqu'aux oreilles de mon partenaire de chambre qui, catastrophé, essaie tant bien que mal de se relever.

-J'insiste, Caporal-chef.

Ce dernier m'étudie pendant un court instant : ses yeux se plissent puis, il hoche finalement la tête. Il désigne ensuite deux personnes pour aller aider Rui à venir se mettre en rang et à le débarrasser de son poids qu'on me transfère. Dès que j'ai les 20 kilos sur le dos, je grogne et me demande pourquoi je choisis de m'infliger ça… Il reste 3 tours à Rui et même si c'est largement faisable, mon corps est encore fatigué de l'effort fourni précédemment. Mais je n'ai pas le choix, il faut que je les boucle.

-Attends, m'arrête Ichiji alors que je prends place sur la piste. Toi.

Il apostrophe Rui qui rougit d'embarras et de peur. Il s'imagine déjà se faire engueuler pour une raison ou pour une autre.

-Taille ?

-1m62, balbutie-t-il.

-Poids ?

-J… Euh, 46 kg, Monsieur.

L'ainé de la famille à la tête du Germa66 hoche la tête avant de me regarder et je comprends que les mêmes questions me sont destinées.

-1m84 pour 68 kg.

-20 kg, ce n'est pas grand-chose pour toi. Si tu veux aider ton ami, je pense que tu devrais prendre aussi un peu de sa souffrance et te mettre complètement à sa place. Tout à l'heure, il portait plus d'un tiers de son poids. Caporal-chef, apportez lui un sac de 30 kg.

Les gradés ont l'air satisfait de cette décision alors que je suis simplement en train de maudire cet homme silencieusement. Mais je garde un visage impassible et lance un regard noir à Rui quand celui tente d'intervenir.

Quelques minutes plus tard, je me mets en route avec sur mes épaules les 30kg de charge.

xXx

-Les autres sont venus me voir, me dit Rui bien des heures plus tard.

Il est seulement 18h mais notre journée est déjà terminée et comme beaucoup, on se repose dans notre chambre. Demain, on a un parcours de survie dans la forêt et le départ est à 4h. Bien entendu, l'invité de marque sera présent. Ça me fait grincer des dents rien que d'y penser.

-Ils se sont excusés ? je devine.

Rui est surpris mais acquiesce.

-Moi aussi je suis désolé.

-Quoi ? Pourquoi ?! se scandalise-t-il.

-Nos supérieurs avaient raison. On a tous été égoïstes et on a oublié qu'ici, on est tous dans le même bateau et que c'est en s'entraidant qu'on y arrivera. J'y avais pas pensé avant qu'il fasse sa métaphore mais j-

-Non ! s'horrifie-t-il. Tu n'as pas à t'en vouloir, X-Drake! Tu sais, ça m'a fait super plaisir que tu me remplaces, j'en ai même éprouvé du soulagement. Mais maintenant que je te vois tout courbaturé et fatigué, je m'en veux! Même pendant que tu courrais, tu avais l'air si épuisé...

-C'est rien, Rui. Ça m'énerve de le dire, mais Ichiji Vinsmoke aussi avait raison en quelque sorte. A la fin, je me suis vraiment rendu compte à quel point c'était dur pour toi. J'ai souhaité au fond de moi que quelqu'un prenne ma place et que je puisse me reposer. Et puis, j'ai pensé à toi qui devais te taper ce putain d'exercice chaque fois et qui souffrais alors que nous, on était là à te regarder galérer...

Il ne sait pas quoi dire et baisse la tête, comme intimidé.

-Peut-être. Mais au final, tout aurait été plus simple si j'étais plus fort...

Je tourne la tête vers lui et capte aussitôt la tristesse présente dans ses yeux. Je me demande alors s'il fait seulement référence à cet exercice ou à ce qu'il se passe dans sa vie, chez lui. Un peu gêné, il me remercie une nouvelle fois avant de descendre de son lit et de partir rejoindre les autres.

Je soupire, à la fois énervé et déçu de moi-même. Aujourd'hui, on a enfin compris le but de cet exercice horrible que nous faisait constamment refaire notre sergent instructeur. Nous avons mis deux semaines à le réussir et c'en est presque vexant. On nous a enseigné énormément de valeurs à notre arrivée ici et au moment de les mettre en pratique, il n'y avait plus personne. L'entraide et la cohésion de groupe sont très importantes pourtant. Jusqu'à il y a quelques heures, aucun de nous n'avait jamais rien fait pour aider Rui. C'est horrible à dire mais c'est comme si chaque matin en faisant le trajet pour aller au travail, on croisait à chaque fois la même vieille dame qui rencontre les pires difficultés du monde à tirer son pauvre chariot de courses et qu'on ne s'arrêtait jamais sous le prétexte qu'on n'aurait pas le temps.

Et bien, c'est ce qu'on a fait et ce comportement n'est absolument pas digne de militaires. De personne en fait.

Je me sens sale en quelque sorte.

Un autre soupire m'échappe et je ressens le besoin de parler avec mes parents. Malheureusement, à cette heure-ci, ils risquent difficilement de répondre et même si j'attends quelques heures, je ne suis pas sûr de pouvoir leur parler. De plus, ils seront certainement fatigués en rentrant, je ne veux pas les déranger. J'essaierai demain, c'est mieux comme ça.

Je ferme les yeux et alors que je laisse la fatigue que je ressens assaillir tout mon corps, mes pensées s'égarent.

Est-ce que j'ai réellement ma place ici ?

Je doute encore. Moi qui était si empli de détermination avant mon départ. A présent, je ne sais plus...

Flash-Back

-Je sais que c'est dans le cours des choses mais je ne me fais toujours pas au fait de te voir partir...

Ces mots, c'était Rys qui les avaient prononcés alors que je venais de boucler mes valises. Assis sur mon lit, il avait eu cet air tendrement mélancolique. J'avais remarqué depuis presque une semaine qu'il hésitait à venir me parler. Il voulait discuter avec moi de mes décisions et de mon avenir depuis un moment déjà. Sans jamais oser. Et il venait de trouver la force de le faire alors que j'étais à quelques heures seulement du départ.

Troublé, j'avais suspendu mes gestes avant de me tourner lentement vers lui. Je l'avais fixé longuement, comme en attende de la suite. Rys avait pourtant gardé le silence, observant ma chambre qui se vidait peu à peu.

-Ce n'est pas réellement ton choix, n'est-ce pas ?

J'avais été tenté de mentir ou pire, de feindre l'ignorance et même de jouer l'insolent en lui rétorquant que tout ceci ne le regardait pas. Mais c'était faux, il était mon père et son avis comptait tellement pour moi. Ce jour-là alors que mon avenir se jouait encore plus…

-Eden m'a dit que tu faisais ça pour nous rendre fiers et arrêter d'être un fardeau pour nous, avait-il soupiré et je m'étais senti tout de suite assez mal.

Eden avait toujours tout vu, que ce soit mes yeux tristes et mes épaules basses quand je rentrais de l'entrainement de foot où mon manque d'appétit et mes sourires forcés quand j'avais compris que Koala n'était pas libre. Sa clairvoyance avait encore frappé et il avait dû voir ma mine sombre et le pincement au cœur qui m'avait étreint quand j'avais rangé mes notes pour le concours d'entrée au conservatoire de Goa en me disant qu'elles ne me serviraient jamais.

-Ces jurés étaient nuls en plus d'être bourrés de préjugés. Tu devrais tenter ta chance autre part, X-Drake. Si c'est ton rêve, n'abandonne pas aussi facilement, s'il te plait, avait-il insisté.

-Je n'ai pas envie d'à nouveau voir mes espoirs réduits à néant. C'est trop douloureux, m'étais-je contenté de répondre.

J'avais par la suite continué mon rangement de manière silencieuse. J'avais bien entendu compris la volonté de mon père de m'encourager mais je n'avais pas pu le laisser aller plus loin. J'avais raté ma chance et pour moi, il ne faisait aucun doute que si le conservatoire de ma région m'avait refusé, les autres feraient de même.

J'avais sciemment ignoré la question de Rys, je m'étais également douté qu'il l'avait remarqué. Il avait toutefois décidé de ne pas revenir dessus et je pensais, à raison, qu'il avait tout bonnement pris mon silence pour un aveu.

Je voulais vraiment rendre mes parents fiers de moi. J'avais beau savoir qu'ils l'étaient déjà, je voulais faire plus encore. Et puis, il y avait cette petite voix en moi qui de temps en temps me suppliait de faire mieux, de ne pas devenir comme X-Barrels.

Un déchet.

Fin Flash-Back

Une part de moi a envie de ne pas poursuivre ma formation. De ne pas m'engager dans la Marine et de continuer ma vie à Dawn auprès de ceux qui comptent pour moi. Mais est-ce que je pourrais réellement me contenter de cette vie-là ?

Qui y a-t-il réellement pour moi là-bas ?

Qu'est-ce que je dois faire ?

Plus les jours passent, et plus le doute s'insinue en moi, comme un poison vicieux qui gagne trop de terrain. J'ai d'ores et déjà perdu cette bataille.


« Vis pour aujourd'hui. Pas hier. Pas demain. Seulement aujourd'hui. »

Jerry Spinelli

Ace


Lundi 01 Décembre 2017

-Comment tu vas faire pour la rencontre parents-professeurs ? je demande à Sabo alors que je tire lentement sur ma cigarette.

-Je ne pense pas que mon père viendra. Il n'est pas vraiment du genre à s'impliquer dans ma scolarité. Avant, il le faisait seulement quand il trouvait que mes résultats n'étaient pas assez satisfaisants.

-Je vois.

J'ai presque envie de lever les yeux au ciel et de soupirer bruyamment tellement le père de mon petit-ami m'exaspère.

-Mais t'as pensé au fait que vu la situation que vous vivez en ce moment, il pourrait décider de te faire une mauvaise surprise et se pointer à Marie-Joa ?

Sabo fronce les sourcils et a l'air de sérieusement réfléchir à la question.

-Ça m'étonnerait réellement mais je vais tout de même jouer la carte de la prudence.

-C'est-à-dire ?

-Les réunions parents-professeurs ne débutent qu'à 18h30, juste après les activités de club. Je me débrouillerai pour partir un peu avant.

-Et si ni toi ni ton père ne vient, l'école ne va pas exiger de vous voir?

-Le directeur se fiche de ce qu'il se passe du moment que mes notes sont suffisamment bonnes pour ne pas plomber leurs résultats. Sans compter qu'avec le statut de mon père, ils ne vont pas l'embêter pour ça.

Je soupire malgré moi.

-Tu crois vraiment que tu pourras éviter ton père longtemps comme ça ? Ce serait peut-être mieux si tu mettais les choses au clair avec lui et que tu lui crachais à la gueule une bonne fois pour toute.

Sabo n'a pas l'air très à l'aise et il s'appuie un peu plus contre le mur derrière son dos. Il observe la cour et la végétation parfaite de l'école malgré l'hiver qui est déjà bien installé. Comme toujours, notre petit coin de paradis – tout est relatif – n'a toujours pas été découvert et je peux me permettre, pour quelques jours encore, de fumer ici. Je comprends le malaise de Sabo. Je mets sans doute les pieds dans le plat mais je pense que c'est important d'en parler.

Sabo a eu le courage de fuir sa famille mais au fond de lui, il n'est pas encore tout à fait libre. Quoi qu'il fasse, il ne peut pas totalement se défaire de l'emprise de son père. Aux yeux de la loi, il est toujours sous sa garde et sa responsabilité et le pauvre est obligé de ruser pour pouvoir simplement mener la vie qu'il désire. Prier pour ne pas croiser son horrible père et pouvoir respirer seulement quand il n'est pas là, c'est juste intenable à long terme. Je me demande encore comment fait son petit frère pour supporter toute la pression que ce grand dirigeant lui met. Enfin, de ce que j'ai vu, le petit est déjà un peu comme son père.

-Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ?

-Non… Enfin, désolé, je voulais pas te vexer, dis-je face à son ton un peu cassant.

Il hausse simplement les épaules et je termine rapidement ma cigarette avant de la jeter par terre. Je grimace ensuite avant de la récupérer et de la jeter dans une poubelle non loin. Sabo a réussi à m'influencer sur pas mal de choses depuis le temps...

-Je sais que t'as pas le choix et je te critique pas, je continue. Je sais pas, j'aurais juste voulu mieux pour toi.

-Moi aussi.

Il esquisse un pauvre sourire qui n'a rien de convaincant et je le prends presque immédiatement contre moi. Il trouve très rapidement sa place et ses bras s'enroulent naturellement autour de mon corps.

-Tu as déjà une idée de ce que tu vas faire après le bac ? me demande-t-il à voix basse.

-Je ne sais pas. J'y avais pas trop réfléchi jusque-là...

-Tu es au courant que c'est de ça dont vous allez discuter pendant presque une demi-heure ce soir ?

-Ouais, merci de me le rappeler ! je marmonne.

Je sens déjà que je vais bien m'amuser avec Marco et mon père qui vont sans doute m'assaillir de questions. Mon avenir, comment je le vois ? J'en sais fichtrement rien. Je ne me vois pas continuer dans le circuit traditionnel, j'aimerais sortir des sentiers battus et juste être bien...

-Dommage que mon entretien ne soit pas plutôt vendredi…

-Je suis sûr que tu n'aurais pas été plus avancé.

-Tu marques un point !

Il me sourit et je dépose un rapide baiser sur ses lèvres.

-Il fait froid, on rentre ?

Sabo acquiesce presque immédiatement.

-De toute façon, la pause déjeuner est pratiquement finie, fait-il.

-Hum.

J'attrape la main de Sabo avant de croiser nos doigts et de les enfouir bien au chaud dans mes poches.

-Au fait, et toi ? Tu sais déjà ce que tu veux faire après le bac ? je lui demande.

-Peut-être bien...

xXx

Avant que je ne m'en aperçoive, l'heure de mon entretien est déjà arrivée. L'après-midi est passé extrêmement vite, les heures défilant agréablement pour petit à petit me mener dans la salle de cours de Marco aux côtés de mon père.

Toute cette semaine, les terminales ont un entretien avec un de leurs professeurs pour faire le bilan de leur scolarité et évoquer leur projet d'avenir. L'entretien est supposé durer environ une demi-heure et commence juste après les activités de club pour se terminer seulement après 21h30. Dans mon malheur, j'ai de la chance. Comme je passe dans les premiers ce soir, je ne serai pas obligé de revenir plus tard au lycée. Je plains ceux qui passent en dernier : ça leur gâche un peu la soirée. Quoi que je suis sûr que certains sont très heureux de ce fait car s'ils ne viennent pas, les professeurs peuvent tout aussi bien se contenter d'envoyer ce bilan par écrit, sans oublier que les enseignants sont toujours disponibles à un autre moment. Il ne faut pas non plus oublier qu'on a une conseillère d'orientation, même si j'avoue ne jamais avoir vu le bout de son nez depuis que je suis ici. A vrai dire, j'ignore même où se trouve son bureau !

Il est évident que je ne veux pas vraiment être là car pour moi, mon avenir est un brouillard pâteux au possible. Mais bien entendu, mon père a presque bondi dans ses chaussures en lisant le mail du lycée l'informant du dispositif. Hors de question de le laisser aller seul : je tiens absolument à savoir ce qu'il va se dire ! Qui sait, pour une raison ou une autre, ça pourrait très bien me retomber dessus.

Mais Marco est sympa et je ne pense pas qu'il me pourrira devant mon père. Enfin, je l'espère.

C'est la pensée qui me traverse l'esprit alors que je m'assois sur un des deux sièges que nous indique mon professeur de philo.

-Je vous remercie d'avoir répondu favorablement à l'invitation du lycée, commence Marco.

-C'est normal. La scolarité d'Ace m'intéresse énormément. Il avait eu quelques problèmes dans son ancien lycée et sa mère et moi surveillons de près ses études à présent.

Je lève les yeux au ciel en l'entendant et je me demande bien pourquoi il parle de ça. Marco capte mon geste et esquisse un discret sourire.

-En tout cas, vous n'avez pas d'inquiétude à vous faire. S'il n'est pas forcément un excellent élève, Ace est très investi et ses résultats satisfont bon nombre de ses enseignants, moi le premier.

Mon père acquiesce et Marco sort quelques feuilles de sa chemise.

-Dans ma matière, Ace s'en sort avec les honneurs. Il participe beaucoup et aide à faire avancer le cours.

Mon père me lance un regard et je ne sais pas trop ce que je dois en penser.

-C'est peut-être parce qu'il vous apprécie. J'ai toujours dit à sa mère que ses mauvaises notes venaient des profs.

-Hé bien, peut-être, sourit Marco. Mais même avec toute la bonne volonté du monde, les professeurs ne peuvent rien faire si l'élève n'y met pas aussi du sien.

Je me racle la gorge, souhaitant qu'on avance un peu plus vite.

-Il rencontre quelques difficultés en langues par contre : l'anglais n'est clairement pas son fort mais heureusement, l'option qu'il a prise lui permettra certainement au moment du bac de ne pas perdre trop de points à ce niveau-là. Peut-être en gagnera-t-il même. Cependant, son professeur en espagnol loue ses qualités. Il affirme qu'il a une certaine facilité à assimiler les notions enseignées et que son accent a presque l'air natif.

-Il a des origines espagnoles du côté de sa mère.

Pendant presque un quart d'heure, nous continuons sur cette lancée pendant lequel Roger et Marco parlent de mes résultats scolaires et de mon comportement sans que je n'intervienne une seule fois. L'ennui me guette et je me dis que venir n'était pas forcément une bonne idée. De toute façon, ça aurait difficilement pu mal se passer. Il s'agit simplement de ce qu'on peut appeler une rencontre parents-professeur. Rien de dramatique.

-Ace, est-ce qu'il y a quelque chose dont tu aimerais parler? Des questions ou plutôt, une requête à me soumettre ? lance soudainement Marco.

-Non, je réponds, un peu confus.

-Est-ce que tu es bien intégré dans ta classe ? enchaine-t-il. J'ai remarqué que tu étais un peu isolé par rapport à l'année dernière.

-Eh bien…

Je me gratte la nuque, pas très à l'aise.

-Faut dire que tous mes amis sont dans des classes différentes donc c'est un peu compliqué mais bon, je fais avec.

-Très bien. Tu devrais quand même essayer de te faire de nouveaux amis dans ta classe, t'intégrer un peu plus. Je pense que ça te sera bénéfique pour le reste de cette année. Et puis qui sait, tu pourrais y découvrir de magnifiques personnes avec qui lier une amitié sincère.

-Il a raison, Ace. Même si il vaut mieux privilégier la qualité à la quantité, rester seul te pèsera vite, me conseille mon père.

-Ouais.

Je me racle la gorge pour cacher le sourire un peu débile qui danse sur mon visage. C'est étrange comme j'accepte de plus en plus la relation qui est en train de se créer avec Roger.

-L'entretien est bientôt terminé mais il nous reste juste un peu de temps pour parler de tes projets d'avenir, nous informe alors le blond. As-tu déjà pris le temps d'y penser ?

-Pas vraiment, je réponds honnêtement.

-Te vois-tu continuer des études? La plupart des élèves en sortant du lycée choisisse cette voie, que ce soit pour se spécialiser ou tout simplement parce qu'ils ne se sentent pas prêts à rentrer si vite dans le monde du travail.

-Même si j'apprécie les cours ici, je pense pas que je veuille encore me taper la même chose l'année prochaine, j'avoue.

Je me risque à jeter un regard à Roger qui me fixe également, un sourire rassurant aux lèvres.

-Tu fais comme tu veux, Ace. Ne fais pas quelque chose juste pour faire plaisir à tes parents. Je n'attends pas non plus de toi que tu reprennes mon entreprise plus tard, je sais bien que ce n'est pas du tout ton truc ! Rouge se voyait déjà te prendre en photo dans ta tenue de diplômé mais ce n'est pas grave, elle sera aussi ravie que moi, peu importe ce que tu fais. L'important, c'est que tu sois épanoui.

Je discerne sans mal la petite pointe de douleur que ses propos déclenchent néanmoins en lui. Il est certainement triste de ne pas avoir eu la chance qu'il me laisse en cet instant et pense peut-être même à cette vie qui lui est passée sous le nez. Celle où il aurait été heureux. Mais peut-être que dans cette vie-là, il a tout simplement appris à l'être. L'homme est doué pour s'adapter après tout.

-C'est toi qui vois, approuve Marco. Tu as de bonnes notes et je pense que tu peux sans problème faire des demandes d'inscription dans certaines universités tout à fait correctes. En ce qui concerne le travail ou le domaine où tu veux t'orienter, je te recommande d'aller voir la conseillère d'orientation. Elle pourra effectuer avec toi une fiche de tes compétences et de tes objectifs pour cibler au mieux l'emploi qui te conviendrait.

-Je ne sais pas… Enfin, c'est juste des idées.

-Ne t'inquiète pas, tu auras évidement le droit de te tromper, reprend mon père. Mais tu devrais à mon avis essayer de travailler pendant les grandes vacances, ça te permettrait de te mettre déjà dans le bain et de te faire un peu plus au monde du travail. Et puis, rien ne t'empêche après de t'accorder un break, de profiter un peu plus de ta jeunesse. Ah, quand j'avais ton âge…

Roger part dans des explications que je ne prends pas la peine d'écouter. Marco, lui, l'écoute, mais je ne sais pas si c'est par politesse ou si ce que raconte mon père l'intéresse vraiment. Dans tous les cas, je me sens affreusement bête d'avoir redouté ce moment.

Mardi 02 Décembre 2017

-Vous faites quelque chose pour le nouvel an ? nous demande Margaret alors que nous sommes au réfectoire.

-Ma famille organise toujours une superbe fête toujours plus flamboyante à chaque fois. Ça a son petit côté sympa, répond Dellinger.

-Je fais pas grand-chose. On va peut-être mieux manger que les autres jours mais je crois pas qu'il y aura un truc exceptionnel, dis-je en enfournant un morceau de ravioli dans ma bouche.

-J'ai un diner de famille, nous informe Shirahoshi.

Étonnamment, ça n'étonne aucun de nous !

-Moi, je fais rien. D'habitude, je traine sur les réseaux sociaux et sur le groupe « fudoshi » où on s'amuse plutôt bien. Mais bon, comme aucun de nous ne fait quelque chose d'intéressant, on peut se faire une petite soirée entre amis cette année! propose Perona, très enthousiaste.

On peut presque voir les étoiles dans ses grands yeux.

-Hé, je te signale qu'y a des gens qui ont une vie sociale et qui s'amusent ce jour-là, rétorque Dellinger. Cela dit, je suis plus que partant pour faire une soirée pour le nouvel an!

-Je ne sais pas… Mon père et mes frères sont très attachés à cette soirée en famille alors m'absenter, j'ai peur de les peiner, hésite Shira.

-Sirahoshi, le nouvel an, c'est fait pour s'amuser entre amis. Tu passeras déjà le réveillon et Noël avec ta famille, je suis sûre que ton père acceptera sans problème que tu passes une soirée avec tes amis, la rassure Margaret. En tout cas moi, ça me dit bien. Je demanderai à Rob Lucci, j'espère qu'il est libre.

Mon amie sourit et je jurerai l'avoir vu rougir au moment même où elle s'est imaginée au bras de son petit-ami.

-Faudra qu'on s'organise ça ! Réfléchir au lieu et aux gens qu'on veut inviter, énumère la gothic lolita.

-De quoi ? Tu veux inviter qui d'autre ? je m'étonne.

-Bah, Sanji et Nami déjà ! me rétorque-t-elle comme si j'étais un idiot fini. Koala aussi. Maintenant qu'elle sort avec X-Drake, elle sera de toutes nos petites affaires de Glee Club! Je n'ai pas non plus besoin de mentionner Sabo, n'est-ce pas ?

-Bien entendu, j'approuve. J'inviterai aussi Zoro. Malheureusement, je pense pas que Law sera disponible...

J'hausse alors les épaules, signe que je ne peux rien y faire.

-Tu pourrais pas nous présenter d'autres garçons? J'aime bien Zoro mais j'aime plus l'imaginer dans une passion interdite avec son mystérieux sensei.

-Koshiro ou Mihawk ? je demande, les sourcils froncés.

-Peu importe! Shira et moi, on va pas rester célibataires toute notre vie! Même Margaret a trouvé un super copain!

-Hé, qu'est-ce que ça veut dire ?! s'indigne la principale concernée.

Perona balaye son commentaire d'un revers de la main et je secoue la tête.

-Désolé, j'ai personne à te présenter. Mais demande à Sabo. Qui sait, il trouvera peut-être un de ses coéquipiers assez fou pour supporter ton exubérance.

Je sens un méchant coup de pied frapper mon tibia gauche et grimace quelques secondes le temps que la douleur diminue.

-Je voulais dire, fou amoureux, bien sûr...

Perona me sourit et passe aussitôt à quelque chose d'autre. L'idée de cette soirée entre amis l'enthousiasme vraiment car elle est déjà partie dans énormément de plans et ce dans l'unique but d'avoir une soirée fantastique. J'ai beau la chambrer un peu, moi aussi cette soirée me plait.

Je suis sûr que Sabo sera au moins autant emballé que moi, si ce n'est plus. Habituellement, il n'aime pas les soirées et les fêtes étudiantes où l'alcool coule à flot ainsi que les débilités en tout genre. Mais là, ce ne sera pas le cas et puis, nous serons entre nous. Il n'y aura que ses amis et tout le monde sera là pour passer un bon moment.

Enfin amis… C'est vite dit. Je me serais bien passé de la présence de Rob Lucci mais je me vois mal dire à Margaret que je peux pas blairer son copain. Et en plus, y en a un qui sera encore moins jouasse que moi et c'est X-Drake !

J'espère sincèrement que ça se passera bien et que notre président ne le prendra pas mal.

Étrangement, l'intégration de Dellinger ne me dérange pas plus que ça. Je suis encore loin de m'entendre aussi bien avec lui que les autres membres mais il fait partie du Glee Cllub et je pense qu'il ne serait pas juste de le tenir éloigné. J'ai beau rester méfiant vis-à-vis de lui, je suis assez intelligent pour admettre qu'on a besoin de lui pour gagner cette année. Et puis, ce n'est pas vraiment de lui dont je me méfie mais plutôt de ce satané Doflamingo. Malheureusement, peu importe notre prudence, il ne fait aucun doute que cet homme reviendra d'une manière ou d'une autre dans nos vies.

J'ai des sueurs froides dans le dos rien que d'imaginer que Sabo ait pu sciemment avoir une conversation avec lui alors qu'il devait encore avoir en mémoire le souvenir de ses lèvres sur les siennes.

-Ace, tu nous écoutes ?

La question de Margaret me sort de mes pensées et, reprenant pied avec la réalité, je desserre mes poings.

-Maintenant je vous écoute, je lance, et un sourire se dessine sur mon visage quand je vois les filles soupirer d'agacement.

-Qu'est-ce qu'elles disaient ? j'interroge Dellinger.

-Elles disaient que ce serait bien de faire ça chez Rys et Eden. Je sais pas qui c'est mais si ils sont sympas, ça ne me dérange pas.

Dellinger termine à peine sa phrase que je fusille du regard Perona.

-J'aurais essayé au moins ! rigole-t-elle.

Les autres la suivent et je me détends de nouveau. Perona restera toujours la même et il est étonnant de voir à quel point elle s'accroche quand elle veut quelque chose. Pour le plus grand déplaisir d'X-Drake malheureusement!

xXx

Quand je rentre chez moi ce jour-là, j'ai la surprise de trouver Shanks dans le séjour. Je m'arrête net puis pénètre un peu plus dans la maison pour venir le saluer. Je remarque alors mon père assis non loin de lui et à leurs airs sérieux, je devine aussitôt qu'ils parlent boulot. Je décide alors de ne pas les déranger. Je salue le roux, recueille un signe de la main de sa part et monte ensuite dans ma chambre.

La maison est plutôt calme et je regrette la présence de Luffy qui s'absente de plus en plus pour dormir chez ses amis ou participer aux fêtes de je ne sais qui. Luffy a grandi et Roger, doucement, lui donne plus de liberté, plus d'espace. Moi aussi je m'en rends compte. A mon arrivée, il était tout le temps collé à mes baskets et j'étais si facilement agacé par ce gamin. A présent, il est plus mature et moins naïf sur certains trucs. C'est d'ailleurs étrange, j'ai toujours pensé que Luffy resterait le même, avec cette candeur qui le qualifie si bien. Mais au fond, ce n'est sans doute pas une mauvaise chose : l'année prochaine, il entrera au lycée. Qu'il le veuille ou non, les choses seront différentes pour lui.

Pauvre Luffy qui sera déçu d'apprendre qu'il a raté Shanks! A moins qu'il rentre assez tôt pour pouvoir le voir...

Dans un soupir, je me débarrasse de mes affaires avant de passer dans la salle de bain. J'ai besoin de me décrasser et une bonne douche chaude s'impose ! Autant pour me réchauffer que pour me donner du courage. J'ai une tonne de devoirs à faire…

Je passe rapidement sous le jet d'eau et ferme les yeux quelques secondes le temps de me reposer, de sentir mes muscles se détendre et de me vider la tête. Je ne ressens rien d'autre que les gouttelettes chaudes frapper avec force mon corps et glisser ensuite lentement sur ma peau pour finir par s'échouer presque sans un bruit par terre. Je penche la tête et soupire avant de me savonner mollement.

Je n'ai pas reparlé de l'entretien avec mon père et je ne sais pas comment je me sens par rapport à ça. Peut-être que j'apprécierais qu'on puisse en rediscuter un peu mais en même temps, j'ai l'impression que tout a été dit. Au final, je ne saurais même pas quoi dire à mon père mais j'ai tout de même ce sentiment en moi, ce sentiment qui me laisse un gout d'inachevé.

Shirahoshi a aussi eu son entretien. Elle était accompagnée de son père. Un homme géant et aussi impressionnant que gentil. Il m'a salué et avait pour une raison que j'ignore, l'air plus que ravi de me rencontrer. Je ne l'imaginais pas du tout comme ça à vrai dire, si attentionné et doux. Comme Shirahoshi avait l'air de dire que sa famille la surprotège et est un tantinet sévère, je m'étais attendu à autre chose qu'à ce nounours inoffensif. On a pu discuter de nos entretiens ultérieurement et j'ai appris - même si je l'avais déjà plus ou moins compris – que Shira veut continuer dans le monde du chant et du spectacle. Au Glee Club, on sait à quel point Shirahoshi aime chanter et que son rêve est de pouvoir toucher le plus de monde possible avec sa magnifique voix. Comme sa mère bien avant elle. C'est ce qu'elle m'a confié ce soir-là alors que son père discutait encore avec Mlle Nico Robin. Elle m'a informé de sa volonté de se former dans une école de musique avec un professeur privé extrêmement réputé dans son milieu. Son but est de se lancer dans le monde de la musique d'ici deux ou trois ans. Elle veut travailler sa voix et s'entrainer à écrire de belles paroles avant de plonger dans ce monde si changeant qu'est celui des stars.

Je lui ai demandé comment son père avait réagi et son visage s'est aussitôt peiné. Son père veut qu'elle fasse des études avant de parler de quoi que ce soit d'autre et au final, ce rendez-vous parent-professeur ne s'est pas si bien passé qua ça. J'ai vraiment de la chance que le mien ait été plus cool. Moi qui n'avais aucune idée de ce que je voulais en entrant dans la salle de classe de Marco !

Ma mère m'a appelé en début de semaine et on a aussi pu parler de mon avenir pendant de longues minutes où elle s'est employée à me rassurer. Elle a globalement tenu le même discours que mon père et je me demande s'ils se sont au préalable concertés. C'est vrai que c'est une question que je me pose de temps en temps : est-ce que mes parents se parlent souvent pour savoir ce qu'il y a de mieux à faire avec moi? Auparavant, je pensais que seule ma mère décidait étant donné que je vivais avec elle et qu'elle s'occupait seule de moi. Mais peut-être que finalement, mon père avait quelque chose à dire dans mon éducation…

Dans tous les cas, en ce qui concerne le point qui m'intéresse aujourd'hui, ils sont plus que d'accord et ça me va très bien. Nos entretiens à Shirahoshi et à moi sont à présent derrière nous. Sabo ne bénéficieras pas de cette mise au point alors on peut en conclure que c'est plus ou moins derrière lui aussi, ça dépend comment on prend la chose.

J'espère pour les autres que ça se passera bien et qu'ils ne seront pas aussi paumés que moi.

Je sors finalement de la salle de bain et après quelque secondes d'hésitation, attrape un jogging ainsi qu'un haut simple à manches longues. Je me laisse ensuite tomber sur mon lit où je m'attèle à répondre à quelques messages. J'ai plein de leçons à faire mais je ne m'en sens tellement pas la motivation... Le mieux serait tout de même que je boucle tout ça avant d'aller manger. Je me redresse et soupire bruyamment en avisant mon sac posé dans un coin non loin de la porte.

-Hé, je peux entrer ?

Shanks frappe deux coups à la porte qu'il a déjà ouverte et s'avance lentement dans ma chambre.

-Tu es déjà entré, je lui fais donc remarquer.

Je l'observe faire quelque pas dans mon antre tout en laissant glisser son regard ici et là. Il finit ensuite par venir s'asseoir à mes côtés en poussant une légère grimace.

-Tu as toujours aussi mal ?

-Ouais. C'est étonnant de constater que les antidouleurs fonctionnent moins quand on en prend tous les jours...

Je ne vois pas quoi répondre et me sens simplement désolé pour lui.

-Comment est-ce que tu vas ?

Shanks jette un coup d'œil vers la porte avant d'esquisser un pauvre sourire. Cette question, on a déjà dû la lui poser des centaines de fois mais je suis persuadé qu'il n'y a jamais répondu honnêtement. Peu importe à quel point on souffre, on ne veut jamais totalement se dévoiler. Que ce soit pour protéger nos proches ou nous-mêmes. Une fois qu'on a mis des mots sur ce qu'on ressent et sur ce qu'on vit, on ne peut plus revenir en arrière.

J'ai toujours vu Shanks souriant, léger. La seule fois où je l'ai réellement vu sérieux et énervé, c'était lors de ma fugue. Il m'avait trouvé en premier et même si ça se voyait clairement que la situation le dépassait, il y a fait face. Je crois que je n'oublierai jamais son regard. Je m'attendais d'ailleurs à retrouver cette lueur après son agression, cette détermination à aller mieux et à ne pas se laisser sombrer. Malheureusement, quand je regarde mon ami, je vois de la fatigue et de l'incompréhension. Je ne sais pas ce qui lui arrive exactement mais c'est clair qu'il ne va pas bien. Des problèmes s'ajoutent probablement à d'autres, créant toujours plus de tensions, et c'est sans doute trop pour un seul homme.

-Pas vraiment, finit-il par dire et je ne suis même pas surpris de sa réponse.

-Tu en as pour combien de temps encore ? j'enchaine.

-Je ne sais pas, au moins 6 semaines. Je dois retourner faire un bilan à l'hôpital dans peu de temps.

-J'espère sincèrement que la police attraperont ceux qui t'ont fait ça.

Shanks me regarde et esquisse un sourire amusé. Il se moque clairement de moi et je le comprends, je serais vraiment naïf de penser que justice sera rendue. Pour moi, c'était différent : il y avait une caméra de surveillance et Sabo était là.

-Qu'est-ce que tu fais de tes journées ? Tu dois t'ennuyer à la longue, je fais remarquer.

-Tu ne peux même pas imaginer à quel point ! acquiesce-t-il. Je peux pas me déplacer seul et du coup, je sors très peu. Au final, j'ai mal dès que je bouge et je suis assommé la moitié du temps à cause de mes médicaments. J'ai discuté avec Roger et j'aimerais reprendre quelques dossiers pour bosser depuis chez moi, histoire de m'occuper un peu.

-Il a pas voulu, c'est ça ? je lui demande, amusé.

-T'as tout compris ! Mais je vais devenir fou si ça continue ! Avoir du temps libre, c'est penser à des choses que j'aimerais tenir éloignées de mon esprit...

Sa voix s'est faite plus basse sur la fin et son regard perdu sur la porte de ma salle de bain regorge de tristesse.

-Comme Mihawk ? J'ai cru comprendre qu'il n'était pas venu te voir une seule fois quand tu étais à l'hôpital.

Il ne dit rien et je me demande si je ne suis pas allé trop loin. C'est vrai qu'au fond, leur relation ne me regarde pas.

Le roux soupire et après quelques instants d'hésitation, finit par me répondre.

-Oui, comme Mihawk. Mais tu sais, ce n'est pas si étonnant que ça. Lui et moi avons mis fin à notre relation avant mon agression, m'explique-t-il après une énième pause.

-Quoi ? Je pensais que vous deux, ça marchait même si c'était bizarre? je m'étonne.

-Je le pensais aussi mais c'était de la naïveté. On n'était pas sur la même longueur d'onde et aucun de nous ne voulait faire d'effort.

-Ce n'est peut-être p-

-Non, me coupe-t-il un peu durement.

Il parait soudain agacé et je lui jette un regard confus. Finalement, il soupire. Il pense sans doute me devoir une explication un peu plus rationnelle.

-Je ne comprends rien à son comportement. Il m'a dit qu'il m'aimait la dernière fois que je l'ai vu juste avant de me dire qu'on était que des amis qui prenaient du bon temps ensemble!

Il soupire.

-Enfin bref, lâche-t-il, et je devine qu'il regrette déjà de m'avoir confié ça. Cette histoire n'aurait pas pu marcher de toute façon. L'amour de Mihawk n'en a que le nom, il est égoïste et ne sait pas ce qu'il veut.

-Peut-être que si tu lui disais que tu l'aimais, que tu es honnête et que tu lui dis ce que toi tu veux, il t'écouterait. Il pourrait même te surprendre, qui sait.

Shanks secoue la tête. Visiblement, il n'y croit pas une seconde.

-Je ne peux malheureusement pas m'offrir le luxe de trop m'attarder sur ça. Il se passe pas mal de trucs chiant au boulot en ce moment et puis…

Il touche son bras qui est encore emmitouflé dans une écharpe bien serrée contre lui pour éviter tout mouvement.

-J'ai reçu une mauvaise nouvelle il y a pas longtemps et j'ai encore du mal à la digérer.

Je baisse la tête, comprenant sans mal ce qu'il tait. Je me sens triste pour lui et m'en veux de ne pas savoir quoi lui dire pour l'aider à aller mieux, à supporter toute la merde qui lui arrive. C'est vraiment trop cruel et je ne veux pas me contenter de l'excuse toute faite de « c'est la vie ». J'ai du mal à croire que tout ce qui lui arrive soit simplement les suites de circonstances tout à fait fortuites.

-Tu te plaignais de t'ennuyer tout à l'heure, je commence, et j'attire alors tout de suite l'attention de mon ami. J'ai une tonne de devoirs à faire. Si ça te dit de m'aider un peu ?

Il me sourit et je vois aussitôt que c'est ce qu'il attendait. Je ne pense pas que Shanks aurait supporté des excuses ou de l'apitoiement. Quand tout se fracasse autour de nous, on a juste envie de pouvoir trouver un endroit où on se sent bien, qui nous fait oublier nos malheurs à défaut de nous donner une solution pour s'y soustraire.

-Et comment !

-T'y arriveras ? Le lycée, ça fait longtemps pour toi, non ? je le taquine.

-Je ne suis pas vieux ! s'offusque-t-il. Et puis, j'ai fait plusieurs années d'études au cas où tu l'aurais oublié !

-Parle pas trop vite. Des diplômés avant toi s'y sont cassés les dents.

Il secoue la tête, amusé, et on se lève pour aller s'installer à mon bureau. On est dérangé à peine dix minutes plus tard par un Luffy surexcité tout juste rentré de chez son ami. Mais ni lui ni moi ne nous plaignons. Quand ce gosse est là, ça va toujours déjà beaucoup mieux.


Et voila !

On retrouve X-Drake après une longue absence, j'espère que son retour vous fait plaisir.

C'est vraiment un personnage que j'adore et plus j'écris sur lui plus je l'apprécie, je crois même que si je ne fais pas attention j'orienterais un peu trop cette histoire sur lui.

J'espère pouvoir vous poster la suite assez vite… ^^

A bientôt.