Bonjour,

Titre : Once Upon A Time...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic

Résumé : « Qu'est-ce que le bonheur ? » Je suis resté immobile devant ma copie sans savoir quoi répondre. Avant j'aurais répondu sans hésitation « t'avoir à mes côtés ». Maintenant je ne sais plus.

« Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. »

Bêta correctrice : pommedapi

Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé. ^^

Bonne lecture ;)


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées…

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Chapitre 15

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« Si je devais recommencer ma vie, je tâcherais de faire mes rêves encore plus grands, parce que la vie est infiniment plus belle et plus grande que je ne l'aurais jamais cru. »

Bernanos

X-Drake


Jeudi 28 Décembre 2017

Mon pied bute sur un morceau de ferraille par terre qui produit un bruit insupportable dans le silence glaçant du quartier. Les quelques corbeaux perchés sur les amas de détritus prennent peur et croassent avant de s'envoler, leurs plumes noires tombant lentement sur le sol. Je m'arrête et observe, complètement désabusé,ce spectacle. Je ne reconnais plus rien. Il n'y a rien d'autre que des ordures et des encombrants que les gens jettent où ils trouvent encore de la place. Des chats errants se promènent dans les allées formées par les sacs poubelles et les plots usés par le temps. Les corbeaux qui s'étaient envolé il y a tout juste quelques secondes sont déjà revenus. C'est désolant.

Le Grey Terminal est devenu une déchetterie.

J'avance de quelques pas, désorienté. J'ai vécu ici pendant plus de 7 ans mais j'ai du mal à me repérer, à retrouver mon chemin. Je m'étais promis après l'incendie de revenir dans ce quartier pour voir pourquoi on nous avait chassés. Pourquoi certains étaient prêts à nous bruler vifs. Je suis déçu, simplement parce que je n'ai plus la force de m'énerver. J'étais si en colère les semaines qui ont suivies la tragédie mais maintenant, je n'arrive plus à l'exprimer. A quoi bon s'égosiller seul. Nos dirigeants se foutent bien de nous, des « restes ». On apportait pas grand-chose à la société alors c'était pas bien grave si on y passait. On faisait honte, voilà tout !

Ça me fait mal… Et dire qu'au final, ils se servent du Grey Terminal comme une poubelle à ciel ouvert. Des ordures, de la merde, voilà ce qu'on disait des habitants de ce quartier. Aujourd'hui, je me rends compte qu'il nous considérait encore moins que ça.

Je soupire et marche encore un peu. Je croise un chat qui s'enfuit en me voyant et continue ma route, neutre. Bientôt, je reconnais l'ancienne aire de jeu mais je n'en tire aucune satisfaction personnelle. J'aimerais pouvoir retrouver mon ancien immeuble, celui dans lequel j'ai grandi entouré de l'amour de mes parents. C'était pas la joie tous les jours mais j'ai vraiment aimé vivre ici.

C'est làqu'on a commencé à vivre à trois. Rys et Eden se fréquentaient depuis peu et je peinais à sortir des tourments dans lesquels mon alcoolique de père m'avait foutu. Rys voulait se consacrer à moi et n'osait pas se lancer pleinement dans une relation sérieuse avec Eden. Cette situation a duré plusieurs mois avant qu'Eden ne nous force un peu la main. Il m'a secoué et m'a fait comprendre que maintenant, j'étais libre et en sécurité. Je devais vivre. Je pouvais même faire des erreurs, on ne me demandait pas d'être parfait mais juste moi-même.

C'est aussi dans cette cage d'escalier que j'ai embrassé ma première petite-amie. J'avais 13 ans et ça a juste duré trois mois mais c'était bien.

On a aussi planifié des vacances tous les ans avec Rys et Eden sans jamais quitter Dawnen réalité. Le pire, c'est qu'on se doutait qu'une fois encore, on ne partirait pas mais on adorait le faire. C'était plaisant de laisser notre esprit s'évader.

C'est également ici que Rys et Eden ont connu leurs plus grosses crises. J'en ai pleuré pendant des jours en craignantqu'ils se séparent. Je ne voulais pas. Je l'aimais cette famille, même si elle n'était pas comme les autres. C'était la mienne et je m'y sentais si bien.

C'est dans cette chambre que je pleurais et frappais les murs en rentrant de l'école parce que les autres se moquaient de moi et que Mme Pino me disait à chaque fois que mon manque de concentration et mes difficultés venaient d'une défaillance familiale. Dans les vestiaires, les autres garçons refusaient que je me change avec eux parce qu'ils me pensaient gay. J'avais deux hommes pour parents alors forcément, je l'étais aussi ! J'ai traversé ça pendant plus d'un an avant d'enfin en parler à Rys.

J'ai appelé Eden « papa » pour la première fois unNoël. Il neigeait et Rys était dans une phase écolo alors on s'éclairait à la bougie. J'avais eu un ballon de foot dédicacé etj'avais souri à mes parents pour leur faire croire que j'en étaisheureux mais ce n'était pas le cas. Par contre, le sourire qu'a eu Eden quand il m'a entendu m'a permis de me coucher satisfait.

C'est dans ce salon de quatorze mètres carrés que j'ai donné mon premier concert privé. Je venais d'annoncer que je quittais le club de foot et que je voulais entrer au conservatoire de Dawn.

-Merde !

Je me laisse tomber par terre alors que j'arrive enfin devant ce qui me semble être mon ancienne rue.

J'inspire de grandes bouffées d'air et prends sur moi pour ne pas me mettre à pleurer. C'est déjà trop tard maintenant, à quoi bon s'apitoyer sur mon sort ? Tout le monde se fout de nous, ça a toujours été comme ça et c'est pas prêt de changer.

Je me relève en grelottant de froid. Avec juste un manteau et un bonnet, j'ai du mal à supporter ces basses températures. Il faisait pourtant bien plus froid à North Blue. Je suis d'ailleurs habitué aux hivers enneigés et mordants mais en étant mal couvert, c'est nettement plus dur de résister. Je me relève, jette un dernier regard derrière moi avant de partir.

On voit encore par endroit les stigmates de l'incendie.

xXx

J'arrive près de l'arrêt de bus qui se trouve à l'extérieur de la ville et aperçois au loin Rui qui, frigorifié, essaie de se réchauffer comme il peut. Il ne tarde pas à me voir et un sourire serein étire ses lèvres alors que ses yeux brillent presque de contentement. J'ai partagé ma chambre avec lui durant ces quelques mois de formation, il s'est attaché à moi et me voit comme un grand frère protecteur. Il me met sur un piédestal mais j'avoue moi aussi m'être attaché à lui. Je me retrouve un peu en lui. Rui, même s'il ne me l'a pas vraiment dit, se fait régulièrement frapper et rabaisser par son père. Apparemment, c'est pire depuis que celui-ci a appris qu'il était gay. Rui a d'ailleurs fait cette formation pour lui prouver qu'il ne valait pas moins qu'un autre.

Bon, on sait tous comment ça s'est passé malheureusement...

J'ai vu son visage se décomposer quand il a été temps de rentrer chez nous pour quelques semaines de repos avant d'attaquer notre mois de stage en association. Je me suis vu en lui et je ne pouvais vraiment pas le laisser retourner chez son père qui finira par le tuer à force de le matraquer. J'ai rien dit à mes parents et je vais finalement les mettre devant le fait accompli. J'espère ne pas avoir un sermon à ce sujet ! Leur faire la surprise en débarquant à l'improviste est une chose, leur imposer la présence de quelqu'un en est une autre.

Ça devrait néanmoins bien se passer. Je l'espère !

A vrai dire, ce qui m'inquiète beaucoup plus, c'est bien la situation de Rui et la réaction de son père face à son absence. Je n'ai pas trop osé l'interroger à ce sujet parce que je suis sûr qu'il aurait mal interprété mes questions. Il pourrait s'imaginer que c'est une manière de lui faire comprendre gentiment que finalement, je ne veux plus de lui parce que ça m'apporte trop de problèmes. J'ai appris à le connaitre depuis le temps.

Mais même si je n'ai pas été très insistant, je lui ai tout de même posé la question une ou deux fois : faut que je sois un minimum au courant. Il s'agit ici d'éviter toute mauvaise surprise. Et de ce que j'ai globalement compris, Rui ne devrait pas être gêné par son père d'une quelconque manière que ce soit pour une bonne et simple raison : celui-ci ignore complètement comment se déroule sa formation militaire. Il n'y a pas que ça en fait, son géniteur ne sait pas en quoi consiste exactement l'engagement de son fils. Pour dire, il pense que Rui est parti faire la guerre! Sans doute s'imagine-t-il que Rui grelotte de froid et de peur, caché dans la boue de n'importe quel front à l'heure qu'il est. Ça me révolte d'ailleurs de penser que malgré qu'il s'imagine le pire, le père de Rui l'a laissé partir. A tous les coups, il doit même être fier de son fils. Peut-être qu'il se dit que ce petit blond est enfin en train de devenir un homme.

C'est aberrant. Ce n'est pas comme ça qu'on juge les gens et c'est encore moins une manière de déterminer la valeur de quelqu'un. Il n'y a rien de noble à faire la guerre. Pourtant, il y a une vieille citation qui dit « Qui veut la paix prépare la guerre » alors je suppose que c'est nécessaire. En quelque sorte.

En tout cas, dans la situation où on se trouve, c'est plutôt arrangeant que cet homme soit un père irresponsable mais franchement, ce serait beaucoup plus vivable pour mon partenaire de dortoir si son père se conduisait plus raisonnablement et lui montrait de temps en temps de l'affection...

J'ai une vie assez glauque et déprimante sur beaucoup de points mais je sais la chance inestimable que j'ai d'avoir des parents aussi bon avec moi.

Vraiment.

-On va pouvoir y aller, dis-je en soupirant.

Il acquiesce et commence à enlever l'écharpe que je lui ai prêtée.

-Garde-le, je l'arrête aussitôt.

-Non, c'est bon, sourit-il. Tu en as besoin toi aussi.

-J'ai grandi à North Blue, pour moi il ne fait pas froid tant qu'on n'est pas descendu en dessous de 0.

Ouais, enfin n'exagérons rien non plus : j'ai hâte de pouvoir rentrer au chaud.

-Le bus passe dans dix minutes.

J'acquiesce et m'assois à côté de lui. Rui a le nez rouge et rougit quand je le regarde. Il se cache dans mon écharpe et je me moque gentiment de lui.

-Comment sont tes parents ? me demande-t-il soudain.

-Je ne t'ai jamais parlé d'eux ? je m'étonne.

-Pas vraiment, non. Tu ne parles pas souvent de toi en fait, m'avoue-t-il.

Je fronce les sourcils, réellement surpris de n'avoir jamais lâché d'information sur ma vie ici. Mais peut-être que ça ne devrait pas m'étonner tant que ça. C'est quelque chose que je faisais déjà au lycée après tout.

-Rys est mon père adoptif, je vis avec lui depuis que j'ai 9-10 ans. Il est celui qui m'a sauvé quand j'étais dans la même situation que toi, c'est un peu mon héros. Eden et lui sont mariés et même si légalement je ne suis pas son fils, je le considère aussi comme mon père. Ce sont les membres de ma famille, ce sont eux qui m'ont permis de devenir celui que je suis aujourd'hui. Ils me poussent toujours et je sais que je peux compter sur eux.

Je souris et me remémore certains bons souvenirs.

-Rys est parfois crédule et Eden un peu trop taquin mais ils sont vraiment parfaits.

-Tu ne crois pas que je vais les déranger ? s'inquiète-t-il.

-Ça ira, t'inquiète pas.

Quelques minutes plus tard, le bus arrive et c'est dans le silence qu'on fait le trajet jusqu'à chez moi. On arrive à peine à se dérider lors du changement de ligne. On est aussi stressé l'un que l'autre. La nervosité de Rui est évidente et compréhensible, la mienne ne se base sur rien de tangible. Je suis juste angoissé et impatient de revoir mes parents. Ça fait si longtemps que je ne les ai pas vus.

Quand on arrive devant la porte de l'appartement, je n'arrive pas à me décider à entrer. J'ai fait le choix de débarquer un peu à l'improviste pour surprendre mes parents, leur faire une belle surprise. C'était pourtant pas gagné : mes parents sont au courant que je rentre pour les fêtes et ils m'ont d'ailleurs demandé la date exacte de mon retour la dernière fois qu'ils m'ont eu au téléphone. Je n'étais pas très fier de mentir – si on peut appeler ça comme ça –mais je tenais absolument à rester vague. J'ai fait tout ça pour ce moment que je m'apprête à vivre. Surprendre Eden et Rys dans leur quotidien et voir leurs visages lorsque j'apparaitrais devant eux. Leurs sourires, leurs regards et ce bonheur de me retrouver plus tôt qu'annoncé.

Un simple caprice d'enfant, je suppose.

-Nerveux ? me taquine mon ami.

-Un peu, j'avoue en souriant.

Je prends une grande inspiration et abaisse la poigné de la porte. Je suis heureux de voir la porte s'ouvrir car cela signifie que l'appartement n'est pas vide. J'espère qu'ils sont tous les deux-là.

La première chose que je vois en entrant sont les chaussures de Rys qui trainent, comme toujours. Il est presque 11h30 et des bruits de discussion à la cuisine me parviennent en même temps que l'odeur d'un poulet qui mijote.

Je tire Rui à ma suite et avance. Mes parents me tournent le dos et goutent avec gourmandise une sauce que l'un d'eux afaite.

-Bonjour !

Ils se tournent, surpris, et écarquillent les yeux en me découvrant sur le seuil.

-X-Drake ?!s'écrie Rys avant de se ruer vers moi pour me prendre dans ses bras.

Eden n'attend pas son tour pour venir s'ajouter au câlin et je me sens si bien.

-T'es rentré quand ? m'interroge mon père.

-Il y a tout juste quelques heures.

-On est content de te voir, me dit Eden, ému.

Ils me reprennent dans leurs bras et je me sens presque submergé par ce trop plein d'amour jusqu'à ce qu'ils me lâchent subitement en remarquant enfin que je ne suis pas seul.

-Hé, qui est-ce ? On dirait une Chupachups ! s'amuse Eden.

J'observe Rui qui, rouge de gêne, baisse la tête, faisant ainsi bouger ses jolies boucles blondes.

-Tu n'es pas un peu trop vieux pour manger des sucreries? grogne Rys et je me retiens de rire.

-Ne sois pas méchant, veux-tu ? sourit Eden qui est loin de se vexer du commentaire de son conjoint. Alors, à qui avons-nous affaire ? demande-t-il en s'adressant directement à Rui.

-Je suis désolé… X-Drake m'a d-

-Rui, calme-toi, dis-je quand je vois qu'il commence à paniquer.

Il acquiesce et prend une grande inspiration comme pour mieux repartir.

-Je m'appelle Rui. J'ét- j'étais avec X-Drake à la formation militaire.

-On partageait la même chambre.

-Très bien. Vous devez être fatigué alors allez vous poser un peu. On termine de préparer le repas et on vous cuisinera davantage sur ce que vous avez fait là-bas pendant qu'on mangera la viande trop salée d'Eden.

-Je t'ai dit qu'on pouvait rattraper ça ! se défend le médecin.

-J'ai hâte de voir ça, se moque-t-il.

Moi aussi.

Je les laisse débattre à propos de cette fameuse viande et fais un signe de tête à Rui pour qu'il me suive dans ma chambre. J'ai un sentiment particulier quand j'y pénètre. Je n'y ai pas habité longtemps et j'ai du mal à retrouver mes repères après plusieurs mois d'absence. Contrairement à mon ancienne chambre qui a complètement brulée dans l'incendie du Grey Terminal, je n'ai pas encore pu tout à fait me l'approprier. Je constate pourtant que mes parents n'ont rien changé, ils l'ont laissée telle quelle. Peut-être que comme ça, j'aurais moins de mal à m'y réadapter.

-Ta chambre est jolie.

Rui observe mon lit avant de promener son regard sur les quelques photos qu'il y a au-dessus.

-Ça change de ce qu'on avait à la base, reprend-il.

-C'est sûr que si tu prends ça comme exemple, ma chambre a presque l'air luxueuse.

Il sourit, d'accord avec moi.

Je pose mon sac sur mon lit et l'ouvre. Je préfère ranger mes affaires maintenant. Tout à l'heure, je manquerais soit de temps soit de courage.

-Tu écoutes beaucoup de musique ?me questionne-t-il.

Je fixe pendant quelques secondes les CDs présents sur mon bureau. Il y a un peu de tout car en musique, je ne me ferme aucune porte, même si j'avoue avoir une préférence pour la pop et le rock underground.

Aujourd'hui, je n'ai en ma possession que 10 albums alors qu'avant, j'en avais plus d'une cinquantaine. J'ai vraiment perdu beaucoup de choses avec la folie des Hommes. Les politiques et l'aristocratie de ma ville ont décidé que le Grey Terminal, ils en avaient marre et puis voilà, nous, on a juste pu subir.

Avant mon départ, je ne ruminais pas autant à ce propos mais depuis que je suis arrivé, j'ai l'impression de ne faire que ça.

-Ouais. J'ai toujours adoré la musique, je faisais même partie d'un GleeClub au lycée, je finis par répondre.

-Ça devait être génial !

-Plutôt.

Je me retourne vers mes affaires que j'enlève entièrement de mon sac.

-Je vais te faire de la place dans mes placards et puis je vais ramener un matelas gonflable. On y dormira à tour de rôle.

-Non, enfin… Je peux dormir tout le temps dessus. Et pour le placard, je peux laisser mes affaires dans mon sac...

-Arrête de vouloir te faire tout petit, Rui.

Il baisse la tête, gêné, et je m'exécute sans lui laisser le temps de rajouter quoi que ce soit. Je sais que Rui a l'impression que j'ai pitié de lui par rapport à sa situation et que c'est pour ça qu'il est aussi embarrassé d'être là. Il débarque dans une famille en pleine période des fêtes et se dit naturellement qu'il est de trop. C'est à moi delui faire comprendre que ce n'est pas le cas. On se connait encore peu mais je le considère déjà comme un ami. Il est fragile et j'ai envie de le protéger. J'aurais aimé pouvoir le faire un peu plus lors de la formation. Et puis, il est vrai qu'avoir quelqu'un qui a subi la même chose que moi – notamment au niveau des sévices – me permettra peut-êtred'en parler, d'extérioriser. Je ne l'ai jamais fait avant et je me voyais mal en parler avec Rys. Peut-être que ça m'allait aussi, c'était une manière d'oublier. Mais maintenant, je me rends compte que ce n'était peut-être pas la chose à faire.

Finalement, Rui ne proteste pas plus que ça quant à ses conditions d'accueil. Une heure plus tard, les aménagements ont déjà été faits et on rejoint Eden et Rys pour le repas. Les deux sont très curieux à propos de ces longs mois d'absence et comme promis, ils m'interrogent sans relâche si bien que je peux à peine gouter la viande.

-Au fait, tu ne nous as pas dit si tu avais trouvé une association pour ton stage ?

-Si, une association qui vient en aide aux sans-abri. Rui lui a trouvé une place à la SPA dans le nord de la ville.

-Ici, à Dawn ? s'étonne Rys.

-Ouais.

Je vois à sa tête qu'il vient de comprendre qu'il ne va pas rester seulement deux ou trois jours.

-Tu habites dans cette ville ?demande-t-il comme pour s'en assurer.

-Non, j'habite à West Blue en fait...

-OK.

Mon père me lance un regard que j'interprète sans mal. Il va certainement me questionner plus tard au sujet de mon ami.

La conversation continue cependant tranquillement et les questions aussi. J'apprends à cette occasion à mes parents que mes amis ne savent pas non plus que je suis rentré. A chaque fois, je suis resté très vague sur ma date de retour. Si je le cachais à mes parents, je devais aussi ne rien dire à mes amis. Enfin, c'est ce que je me suis dit sur le coup mais maintenant, je me rends compte que je n'ai pas forcément agis intelligemment. J'ai hâte de tous les revoir même si j'appréhende un peu plus mes retrouvailles avec Margaret. Je ne sais pas s'il sera possible pour moi de cacher ce que je pense de sa relation avec Rob Lucci. Il y a aussi Koala. J'ai très peu échangé avec elle et la revoir me fera vraiment plaisir.

-La viande n'est pas un peu trop salée ?dis-je l'air de rien au bout d'un moment.

Je souris et Rys ne se retient même pas de rire. Rui lui a l'air d'être fasciné par l'ambiance familiale qui règne ici. Bien entendu, Eden se vexe un peu. Deux heures passées dans la cuisine pour ce manque de reconnaissance ! Mais c'est de bonne guerre et il finit aussi par sourire et reconnaitre que Rys avait raison.

Vendredi 29 Décembre 2017

Assis seul à une grande table, je surveille régulièrement la porte d'entrée du bar. Shakky m'a embrassé longuement sur la joue pour me souhaiter la bienvenue et j'aurais préféré qu'elle m'offre une consommation mais je dois dire que c'est déjà bien. Je ne pensais pas qu'elle serait si ravie de me revoir mais il faut croire qu'après avoir passé presque deux ans à occuper la table du fond avec les membres du Glee Club, on peut être considéré comme un client fidèle et même privilégié. J'ai discuté un peu avec elle avant de m'installer à ma place habituelle. J'ai simplement ajouté une autre table histoire de pouvoir accueillir tout le monde. Je leur ai envoyé un message il y a tout juste quelques heures pour leur annoncer à la fois mon retour et le fait que je les attendais pour boire un verre.

Ces retrouvailles seront aussi l'occasion de finaliser la soirée du nouvel an qu'on fera chez moi. C'est sympa à Rys et à Eden de nous laisser l'appartement, surtout que ce n'était pas vraiment prévu. A vrai dire, la fête devait se dérouler chez Perona mais elle a eu un problème avec son tuteur qui, en raison d'un grand projet secret – une formule sur laquelle il bosse depuis des mois – et de problèmes de confidentialité, refuse que quiconque pénètre son domaine. Ce sera plus petit chez moi donc l'organisation va être différente. Il va aussi falloir que je trouve un moyen d'empêcher Perona d'infiltrer la chambre de mes parents car elle le fera. Ils m'ont pourtant assuré que mes amis pouvaient y dormir si besoin : ils préfèrent largement ça à ce que l'un d'eux rentre chez lui complètement alcoolisé mais je dois dire que je suis plutôt réticent à cette idée. Je verrais ça le moment venu au pire.

Mes parents s'offrent un week-end en amoureux à l'occasion du nouvel an et je suis très content pour eux. C'est Rys qui a tout organisé et ça a beau faire peur à Eden, il n'en reste pas moins très content. Rui, malgré ses protestations, restera avec moi et participera à notre fête. Ce ne sera pas facile de l'intégrer car il est très timide. J'espère que je pourrais compter sur mes amis pour le détendre et ne surtout pas le tenir à l'écart.

-Oh, voilà tes amis, X-Drake.

J'ai juste le temps de relever la tête après la phrase de Shakky que je les vois tous débarquer en même temps sur moi – un peu trop enthousiastes à mon goût – comme s'ilss'étaient passé le mot pour arriver ensemble.

Je commence à me lever mais je suis subitement arrêté par une personne incapable d'attendre quelques secondes de plus : la première qui me prend dans ses bras, c'est Shirahoshi. Elle m'inonde de ses larmes en même temps qu'elle m'étouffe dans son étreinte trop forte et sa poitrine trop volumineuse m'asphyxie. Je peux à peine me réjouir du fait d'avoir le visage coincé entre une si belle protubérance tellement je crains pour ma vie. La seule chose que je désire à cet instant est qu'elle me lâche pour que je puisse enfin respirer...

-Je suis tellement contente de te voir… ! hoquète-t-elle.

Je finis par la repousser assez fermement, mes heures passées à souffrir à North Blue m'ayant doté d'une plus grande force. Face à Shirahoshi, pas tellement le choix.

-Moi aussi. Alors, comment va la présidente du GleeClub ?

Elle rougit, touchée par l'appellation et par mon ton tendre.

-Très bien, surtout maintenant que tu es là.

Je lui souris et m'écarte d'elle pour saluer les autres. Sanji, Zoro, Nami, Sabo et Margaret qui laisse une main baladeuse caresser mes abdos. Perona qui, pour une fois, est toute timide. Je m'étonne alors de la présence de Dellinger mais après réflexion, je me dis que c'est normal qu'il soit là. Il fait partie du Glee Club et c'est « l'ami de mes amis » de ce que j'ai cru comprendre alors apprendre à le connaitre n'est pas plus mal. Même si j'ai perdu contre lui et qu'il possède un talent fou que je rêverais d'avoir. Bien sûr, je suis assez jaloux de lui mais je ne vais pas me mettre à le détester ou à le maltraiter parce qu'il est meilleur que moi. Au final, je le salue donc comme les autres. Et puis vient le tour d'Ace. Ace qui me garde longuement contre lui comme s'il avait besoin de se rassurer, de réaliser ma présence.

Perona est d'ailleurs bien étrange aujourd'hui car pour une fois, elle ne glousse pas comme une dinde en voyant deux hommes s'enlacer. Je sens Ace fébrile entre mes bras et parce qu'on ne peut pas rester comme ça des heures, je finis par me détacher de lui.

-On discutera un peu quand on aura le temps, OK ?

-Ouais.

Il me sourit et puis on prend tous place autour des grandes tables.

-Koala a malheureusement un imprévu, ellen' arrivera que vers 16h, m'informe Sabo en tendant déjà la carte du bar à Ace pour qu'il l'aide à choisir.

-Ah ouais, pas de problème.

Je me sens un peu honteux de ne même pas avoir remarqué son absence. Pris dans l'euphorie du moment, j'ai juste serré les gens dans mes bras sans m'en rendre compte, content de pouvoir enfin tous les revoir. D'être chez moi, là où j'ai grandi. D'ailleurs, je remarque seulement à cet instant que Law n'est pas là non plus et comme les autres ne disent rien à son sujet, je suppose qu'il ne viendra pas, trop occupé par ses études.

-Comme c'est X-Drake qui nous a invités, il peut le faire jusqu'au bout et nous payer un coup ! lance fièrement Perona.

-C'est ça, oui !

-Eh bien, pourquoi pas? acquiesce Margaret.

-Je peux payer, moi, nous dit Dellinger.

-Je suis pas contre, approuve Zoro.

Ace le suit.

-Et pourquoi chacun ne payerait pas sa part comme d'habitude ? je questionne.

-Quel rabat-joie, grogne Margaret.

-Il n'a pas tort, commente Ace.

La blonde lui jette un regard noir et je suis étonné par son attitude. Ace ne semble pas s'en émouvoir.

Les pourparlers continuent et on se met d'accord cinq minutes plus tard. C'est finalement Dellinger qui invite tout le mondeet certains n'hésitent pas à y aller avec les consommations : c'est toujours mieux quand c'est pas nous qui payons, faut dire ! On discute un peu, je prends des nouvelles et me tiens à la page. C'est que j'en ai malheureusement raté des choses. Je me remets dans le bain et prends les nouvelles comme elles viennent. Je suis d'ailleurs plutôt surpris d'apprendre qu'Acea été renvoyé de Marie-Joa pour une durée de quelques semaines. Curieux, je demande plus de renseignements mais une gêne s'installe et je n'ai pas trop l'impression qu'ils veulent en parler.

-Bah alors, qu'est-ce que t'as fait ? je demande, entre sérieux et amusement.

-Rien de bien méchant, le directeur m'aime pas et a juste saisi une occasion pour m'emmerder.

-C'est comme ça que tu appelles ça ?lance Margaret et Ace lève les yeux au ciel.

Celui-ci grogne et ne la quitte pas des yeux alors qu'il boit une gorgée de sa boisson. Sabo se racle la gorge et lui donne un discret coup de coude.

-Je suis innocent dans cette histoire, répond-il.

-N'abuse pas, Ace, tu lui as quand même cassé la gueule, intervient Perona.

-Et on parle de qui exactement ?

-De Rob Lucci, m'apprend Sanji. Ne m'en veux pas, Margaret, mais j'ai dû mal à compatir pour lui même si je suis de tout cœur avec toi.

La blonde l'ignore et enfourne rageusement dans sa bouche des morceaux de cacahouète.

-Je ne pense pas que tu devrais continuer à en vouloir à Ace. Après tout, Rob Lucci a reconnu ses torts lors du conseil disciplinaire, lui dit Sabo.

-Non mais je rêve !s'agace-t-elle. C'est quand même Ace qui l'a frappé!

-J'avais de bonnes raisons de le faire.

-Des raisons que tu refuses de dire!

Sanji et Ace se regardent et je suis l'échange silencieux en me demandant bien ce qui se passe. Je n'étais pas du tout au courant de ça! Je n'arrive pas à croire que personne ne m'ait tenu au fait d'un évènement aussi grave! Ace a l'air d'être resté assez discret sur les vraies raisons de cette altercation et Margaret a l'air encore pas mal énervée contre lui. Maintenant, je comprends mieuxtous les malaises et les silences qu'il y avait entre eux.

Connaissant le caractèreretors de mon ancien camarade de classe, je suis sûr qu'Ace est sincère quand il dit qu'il est innocent.

Malheureusement, les avis semblent partagés sur cepoint-là et je reconnais bien là la patte de Rob Lucci. Bien entendu qu'il a réussi à embrouiller les gens. Je trouve tout demême étonnantque tout le monde ne se range pas du côté d'Ace.C'est notre ami après tout et que connaissent-ils vraiment du capitaine de l'équipe de foot ? Après, je comprends que le choix soit difficile à faire : s'en prendre à Rob Lucci, c'est s'en prendre à Margaret maintenant et elle est notre amie à tous.

-Comment ça se passe avec Lucci, Margaret ?

Tout le monde semble surpris par ma question et la principale concernéela première. Ils me fixent tous et Perona, suspicieuse, fronce les sourcils.

-Bien, répond finalement la blonde. Wow, c'est étonnant. Si on m'avait dit un jour que toi, X-Drake, tu t'intéresserais à ma vie sentimentale...

-J'avais pas spécialement de raison de m'y intéresser avant.

J'évite dedire que c'est parce qu'il y avait pas de quoi fouetter un chat étant donné que c'était le calme plat. Je pense que ça la vexerait. Je l'aurais dit pour Perona simplement pour le plaisir de la taquiner un peu. Malgré mon tact, je finis tout demême par me recevoir un coup de pied dans le tibia. Comme je n'ai pas eu mal, je ne cherche pas à savoir de qui il vient.

-Et puis faut dire que Rob Lucci est un sacré connard alors bien sûr qu'on s'y intéresse, ajoute Ace.

Sabo lui remet un coup de coude et Margaret semble prête à le gifler. Apparemment, il n'a pas envie d'adoucir les choses...

-C'est qui ce mec en fait ? finit par s'intéresser Zoro qui doit en avoir marre de ne rien comprendre.

-Le petit-ami de Margaret. Suis un peu, tête de gazon !

-Je t'emmerde, se rebiffe-t-il aussitôt. Et je me fiche de savoir que c'est le mec de Margaret puisque ça me dit pas du tout qui c'est au final!

Sur ce point là, je suis d'accord avec lui.

Sanji et Zoro partent alors dans une de leur habituelle dispute et je pense que depuis le début, ils n'attendaient que ça. C'est presque viscéral entre eux.

-Il a un an de plus que nous et est en terminale dans la même classe qu'Ace. C'est le genre de type très populaire et même s'il n'est pas si intéressant que ça, il est quand même sympa et si on a la patience de percer sa carapace, on peut s'en faire un bon ami, indique Nami au bout d'un moment.

-Ma Nami-chérie, tu me préfères à lui !

La rousse lève les yeux au ciel : les raccourcis de Sanji sont parfois flippants. Son changement d'attitude aussi quand il ne s'adresse pas à sa petite amie. Zoro, à qui elle répondait, n'a même pas pris la peine de l'écouter, soudain plongé dans son portable pour répondre à je ne sais quel message.

-Hé, abruti, écoute au moins quand on te parle! s'énerve Sanji.

-Ouais, ouais…

-Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiète Ace qui commence déjà à vouloir regarder le portable de son ami.

-Rien.

Il le range précipitamment et se lève.

-J'ai un coup de fil à passer.

-OK, répond Sabo.

Zoro soupire et quitte la table sans prendre son manteau alors qu'il fait un froid de canard dehors. Nous le regardons partir et Ace plisse les yeux comme s'il essayait de lire dans les pensées de son meilleur ami. Sans succès bien évidement. Sabo se mord la lèvre, mal à l'aise, et se racle la gorge avant de relancer avec un peu trop d'enthousiasme le sujet du copain de notre amie du Glee Club. Celle-ci, sans doute fatiguée de l'éternel débat autour du joueur de foot, lui lance un regard noir. Probablement en a-t-elle marre d'entendre des critiques sur lui.

-Je ne savais pas qu'il te plaisait, dis-je.

Elle hausse les épaules.

-Rob Lucci a un style qui plait à tout le monde.

-Sabo aussi, affirme Nami, taquine, et Margaret esquisse un sourire.

-Mais il est nettement moins accessible !plaisante Ace.

Tout du moins, il essaie.

-C'est vraiment gênant, j'ai l'impression de subir un interrogatoire,râlefinalement Margaret.

-Désolée! s'exclame Shirahoshi qui jusque-là s'était montrée silencieuse. Comme on va passer le nouvel an tous ensemble, on s'intéresse à lui, on veut juste apprendre à le connaitre autrement. Et puis, c'est une manière comme une autre d'essayer d'arranger les choses entre Ace et lui.

Margaret semble prendre en considération les paroles de Shirahoshi qui sont pleines de sagesse. Personnellement, je suis juste en train d'essayer de ne pas m'étouffer avec mon verre. De quoi ? Rob Lucci, chez moi ?! Je serre les poings de rage et tente d'écouter la suite des babillages.

-Je sais mais moi, ce qui me plairait là, tout de suite, c'est de questionner X-Drake sur sa relation avec Koala, affirme la blonde.

-Moi, personnellement, c'est savoir à qui peut bien parler Zoro, fanfaronne Perona.

-Pareil, ajoute distraitement Ace.

-Oh, toi, tu penses à une histoire d'amour! ajoute Nami avec un air conspirateur.

-Ou de cul. Je suis pas sûr que ce type soit capable d'aimer qui que ce soit, marmonne Sanji.

Sabo se racle la gorge et il devrait vraiment être plus discret s'il ne veut pas que les gens comprennent qu'il en sait bien plus qu'eux sur le comportement de Zoro. Quand on est fin observateur, il est facile de deviner certaines choses. Le malaise, l'hésitation, le désir, la nervosité et le mensonge. Toutes ces choses-là, à force et au fur à mesure du temps, j'ai appris à les reconnaitre.

-J'aimerais bien que tu nous parles plus de toi, me demande alors timidement la présidente du Glee Club.

-Qu'est-ce que tu veux savoir, Shira ?

Elle me sourit et je me sens un peu plus détendu. Cette fille a toujours eu ceteffet là sur moi.

-Tout. Comment est-ce que tu vas ?

-Bien, je dirais. Je suis content d'être rentré.

-Ce n'était pas bien là-bas ?m'interroge Sanji.

Je pense que le nom des Vinsmoke qui est associé à la base militaire où je m'entrainais l'inquiète grandement.

-C'était différent, ressourçant d'une certaine manière. C'est comme un endroit où on reconstruit ses bases. On ne peut pas fuir là-bas, on est obligé d'avancer.

-Ça a l'air…vivifiant, commente Sabo. On voit sûrementles choses autrement après...

-C'est ça.

J'acquiesce et soupire alors que Shakky ramasse nos verres vides.

-C'était pas toujours simple mais j'ai rencontré quelqu'un…

-Oh, mon Dieu ! Est-ce que c'est enfin arrivé ?! s'extasie Perona et je sais déjà oùses pensées perverses la mènent.

-Il y a de l'ambiance ici ! Qu'est-ce qui est enfin arrivé ?demandealorsKoala.

Elle vient juste d'entrer et s'approche de notre table en compagnie de Zoro qu'elle a dû croiser dehors. Elle me regarde et me sourit. Ses yeux pétillent de joie et je me sens étrangement timide. C'est bizarre, je l'ai enfin en face de moi après plusieurs mois d'absence et j'ose à peine la regarder. Je ne me pensais pas timide mais il faut croire que devant Koala, avec son assurance et sa joie de vivre, je me mets à douter. Je me sens parfois maladroit avec elle et si je maintiens une certaine distance, c'est parce que j'ai peur de ce qu'elle représente, de sa manière de me bousculer. Peur de mal faire, de la déception que je pourrais déclencher si jamais elle découvre que je ne suis pas tout à fait un type bien. Pas celui qu'il lui faut en tout cas.

Je me doute que tout ça veut simplement dire que je tiens bien plus à elle que je ne veux l'avouer mais voilà, c'est le début et j'essaie juste de ne pas me précipiter. De me protéger. Koala est belle, magnifique, on n'a pas grandi dans le même milieu et je suis sûr que quoi qu'il arrive, que même si ça ne marche pas avec moi, elle s'en sortira sans problème.

-Du garçon que X-Drake a rencontré, répond Nami, taquine.

-Oh, vraiment ?

Koala prend une chaise à une table vide à côté et s'assoit à côté de Sabo. Loin de ne me pose pas trop de questionslà-dessus, elle est certainement aussi stressée que moi malgré ce que son sourire et sa bonne humeur peuvent laissercroire.

-Comment s'appelle-t-il ?demande Sabo.

-Rui, dis-je.

-C'est mignon, on dirait le nom d'un petit chaton, rigole Ace.

-Eden a dit qu'il ressemblait plutôt à une Chupachups.

Ace et moi rigolons et je suis sûr qu'il s'imagine très bien les mots que Rys a prononcés ensuite.

-Il est sympa et il va passer un peu de temps chez moi, je leur apprends. Je pense que vous vous entendrez avec lui. Il est juste très timide, c'est tout.

-On va bien l'intégrer à la bande, ne t'inquiète pas, me rassure Sabo.

On continue de parler encore et encore, essayant de rattraper le temps perdu. Les clients se succèdent au bar et les commandes s'enchainent. A la fin, Dellinger se montre plus bavard et j'apprends alors à le connaitre. Il a beaucoup discuté avec Perona avec qui il s'entend très bien mais a été plus sur la réserve avec nous. Je devine qu'il agit ainsi parce qu'il ne se sent pas encore comme un membre à part entière de notre groupe et qu'il se fait discret pour faciliternos retrouvailles. Mais être silencieux ne lui ressemble pas et son babillage à la fin semble sonner comme une session de rattrapage.

Nous réglons les derniers détails de la soirée, nousconfirmons les taches de chacun et après des au revoir interminables, nous nous séparons enfin. Il n'est que 18h mais il fait déjà nuit noire dehors. Shakky nous salue un à un quand nous quittons son bar. On part chacun de notre côté ou par petits groupes et j'attrape Koala avant qu'elle ne s'éloigne avec Nami et Sanji.

-Tu fais quelque chose demain matin ?

-Non, je ne crois pas, réfléchit-elle.

-Si je passe te chercher à 10h, c'est bon ?

Je vois à son visage qu'elle ne comprend pas que je suis en train de lui proposer une sortie, ou un rendez-vous si on préfère.

-J'aimerais passer un peu de temps seul avec toi avant qu'on se retrouve tous pour le nouvel an. J'avoue aussi que si je veux trouver un cadeau pour l'anniversaire d'Ace, demain est ma dernière chance.

-Oh, je ne savais pas!

Elle sourit, gênée, mais elle n'a pas à se sentir embarrassée: je ne pense pas qu'Ace lui en voudra si elle se pointe sans cadeau le 31 au soir.

-Dans ce cas, je pense que je vais t'accompagner, dit-elle en faisant semblant deme céder quelque chose de précieux.

Je souris et secoue la tête, amusé par ce brin de femme.

Je me penche vers elle et encadre son visage de mes mains. Je l'embrasse. Elle est surprise. Moi qui la dernière fois osait à peine la toucher, elle doit me trouver bien entreprenant d'un seul coup.

-A demain alors.

-A demain, sourit-elle en m'embrassant à son tour.

Samedi 30 Décembre 2017

Je me gare juste devant la maison de Koala en faisant attention à ne pas gêner la circulation et alors que je pense à descendre pour aller frapper à sa porte, elle ouvre brutalement la portière. Je la regarde s'installer avec empressement et fronce les sourcils devant son attitude un rien étrange. Je m'apprête à l'interroger sur son comportement quand j'aperçois au loin ses parents qui nous saluent avec enthousiasme.

-Je devrais aller leur dire bonjour, non ?

J'essaie d'ouvrir ma portière mais elle m'arrête aussitôt et je la fixe de nouveau.

-Une autre fois peut-être !

Devant mon incompréhension, elle décide de développer.

-Mes parents sont adorables mais très protecteurs et crois-moi, si tu sors de cette voiture, tu n'y retourneras pas avant au moins 16h. Pourquoi crois-tu que je me suis dépêchée de venir ?

Elle rigole.

-Une autre fois mais surtoutce jour-là, ne prévois rien d'autre!

-OK, c'est noté.

Par politesse,je salue tout de même les parents de ma petite-amie qui mettent alors plus de vigueur dans leurs gestes. Je souris et après avoir vérifié que Koala se soit attachée et que je peux me réinsérer dans la circulation sans problème, je mets mon clignotant et m'engage sur la route. Je roule cinq minutes dans un silence agréable avant d'allumer la radioau cas où le silencela gênerait. C'est d'ailleurs une bonne idée si j'en crois le léger déhanchement qu'elle effectue au rythme de Bad Blood de Taylor Swift.

-Tes parents ont l'air sympa, dis-je.

-Oui, c'est vrai, je ne me plains pas trop en général sauf quand ils m'imposent un couvre-feu.

-Ah, dis-je soudain, pris au dépourvu. Ils t'ont donné une heure pour cette sortie ?

-13h, me dit-elle et je perds mon sourire.

Je ne pensais pas que c'était…vrai.

-On pourra quand même manger dehors, ajoute-t-elle pour me dérider.

-Ouais, pas de problème, je te ramènerai pour 13h.

Je ne dis rien pour ne pas la vexer mais je trouve ça étrange qu'à 17 ans, Koala souffre encore de ce genre de contraintes de la part de ses parents. Rys et Eden ne m'ont jamais imposé ce genre de choses et encore moins donnéd' crois que la seule fois où je me suis fait engueuler, c'est parce que contrarié et humiliépar des abrutis au collège, j'avais manqué de respect à Rys. Eden m'a bien fait comprendre que je n'avais pas intérêt à recommencer. Il ne m'a pas frappé ni quoi que ce soit de ce genremais j'ai eu la peur de ma vie : de me faire rejeter, dene plus être aimé, de devenir un connard comme mon géniteur dont plus personne ne se ès ce petit incident, j'ai toujours fait attention à être irréprochable, un homme dont mes parents pourraient être fier. Et ça ne marche pas trop mal, je crois. Eden et Rys ne se plaignent pas. Je sais qu'ilsm'aiment et au fond, c'est tout ce que je demande.

Je sais qu'il y a certaines choses que je ne dois pas faire, j'ai la confiance de mes parents et ça m'aide à faire les bons choix. Koala est une chouette fille et je ne pense pas que ce soit son genre de faire tourner ses parents en bourrique ou de faire des trucs dangereux et stupides. Donc pour moi évidement, le contrôle qu'exercent ses parents sur sa vie me surprend mais je ne vais certainement pas aller la vexer en le lui disant alors que c'est notre premier rendez-vous.

-Où est-ce qu'on va exactement ?

-A la galerie marchande, il y a souvent de bonnesaffaires en fin d'année et une multitude de magasins. On trouvera forcément notre bonheur.

-Bonne idée, acquiesce-t-elle. Si on a du temps, on pourra aller à la patinoire ?

-Pas de problème.

-Tu patines un peu ?

Je sens son regard sur moi et je ralentis alors que j'arrive à un feu rouge. Je la fixe quelques secondes avant de passer ma première.

-Beaucoup même. A North Blue, il n'y avait pas beaucoup d'activité et les enfants avaient intérêt à aimer la neige s'ils ne voulaient pas mourir d'ennui. Cela dit, je préfère la luge, dis-je en souriant.

Koala me rend mon sourire.

-Je crois que c'est la première fois que je t'entends parler de toi sans qu'on ne t'y incite avant.

Je démarre et fronce les sourcils face à sa remarque.

-Peut-être,je concède.

-Comment sont tes parents ?

-Normaux. Tu pourras te faire ton propre avis demain : curieux comme ils sont de te connaitre, je suis sûr qu'ils vont trainer la patte jusqu'à ta venue avant de partir.

Koala ne dit rien et même si j'ai essayé de me montrer sympathique, ma réponse était tout de même un peu sèche. J'ai vraiment du mal à parler de ma vie privée depuis le collège... J'ai sans doute en moi encore cette peur qu'on se serve de certaines informations pour me faire du mal…

Quelques minutes plus tard, on arrive à destination et après avoir passé près de cinq minutes à chercher une place de stationnement libre, on entre enfin dans le grand complexe. Koala, qui comme je l'avais deviné adore ce genre d'ambiance, me prend la main et m'entraine de suite dans un magasin qui vend des goodies. Elle est toute excitée et s'offusque même quand je lui dis ne pas trop connaitre ces petits objets tout mignons. Elle m'en offre un pour refaire mon éducation et je me sens assez gêné. C'est la première fois qu'une de mes petites amies m'offre quelque chose.

Ça me réchauffe le cœur et je remercie Koala. J'aimerais lui dire que ce geste compte pour moi mais je n'arrive pas à sortir autre chose que ce merci. Je range mon cadeaudans ma poche avec un sentiment de bonheur : j'ai beau ne pas savoir exactement ce que c'est supposé représenter, ce n'est pas bien grave. On traine encore un peu et je prends Koala en photo quand elle s'amuse à essayer une robe hors de prix, juste pour le plaisir de l'essayer. Petit à petit, je perds ma nervosité. Koala est une fille facile à vivre et surtout à aimer. Moi qui craignais à mon retour qu'elle me témoigne de la rancœur par rapport à la manière dont je l'ai traitée lors de ma formation militaire, je suis plutôt surpris. Je suis conscient de ne pas avoir bien agis avec elle, je n'ai pratiquement pas été là pour elle pendant ces longs mois et n'ai jamais effacé ses doutes quant à notre relation depeur qu'elle remarque que j'en avais certainement plus qu'elle. Mais là, elle me fait comprendre qu'elle veut bien laisser ça dernière nous et faire quelque chose de constructif pendant la courte période où je serai à Dawn.

-Tu sais, si on ne se dépêche pas, on n'aura pas le temps de patiner, lui dis-je.

-Et manquer ton incroyable habileté à patiner ? Jamais!

On échange un sourire et main dans la main, on continue de se promener dans les magasins mais sans s'attarder cette fois-ci. Je m'arrête tout de même dans un magasin de vêtements pour homme où je décide d'acheter une écharpe à Ace : ce gars ne semble pas savoir comment se couvrir quand il fait froid. Koala, même si elle ne connait pas les goûts du brun, m'aide à choisir un modèle. Et puis à son tour, elle jette son dévolu sur un bonnet avec une phrase provocatrice qui fera bien rire Ace.

Un peu après 11h, on sort enfin de la galerie marchande et on décide d'aller à la patinoire à pieds après avoir déposé nos achats dans la voiture de Rys. L'endroit n'est pas si loin et je ne suis pas sûr qu'en y allant en voiture je réussisse à trouver une place de stationnement gratuite. Koala et moi marchons côte à côte et alors qu'elle me parle du Noëlqu'elle a passé avec ses parents, je me dis que j'ai envie de l'embrasser.

Je me sens vraiment étrange. J'ai été assez stupide ces derniers temps, je m'en veux de ne pas avoir remarqué avant que Koala me manquait autant. Elle me fait me sentir si bien et ressentir tant dechoses. J'ai l'impression d'être bête. Les peu de choses qui vont bien, je n'essaie même pas de les garder dans une bonne si rester dans une spirale infernale est ce que je désire au fond. Je ne sais pas comment être heureux.

-Désolé, tu dois me trouver ennuyeux, dis-je, interrompant Koala.

-De quoi ? s'étonne-t-elle. Non, pourquoi ?

-Je n'ai pas l'impression d'être très amusant et je ne parle pas beaucoup, je réponds.

-Mais tu m'écoutes.

Elle sourit et je me sens rassuré en quelque sorte.

-Et puis, tes blagues et tes phrases cassantes sont drôles la plupart du temps!

Je rigole et elle me donne un coup d'épaule.

-T'es pas mal non plus.

-C'est tout ? s'offusque-t-elle.

-Ouais et c'est déjà beaucoup pour un garçon comme moi.

Elle rougit sous le compliment et parait gênée. Elle regarde par terre et avance plus lentement. Son sourire qu'elle tente de masquer me donne un peu chaud. Et parce que j'en ai envie et que je veux vivre pleinement notre histoire avant de retourner à North Blue et m'engager dans la Marine, je l'embrasse.

Elle gémit et je me dis que j'adore ce son.

J'adore cette fille.

xXx

Je me brosse les dents et écoute distraitement mes parents se chamailler gentiment. Nous avons passé plus de la moitié de la soirée à jouer à des jeux de société et à parler de souvenirs d'enfance. Pour ce dernier, c'est surtout Eden et Rys qui s'y sont attelés mais Rui a pris plaisir à les écouter. Je levais les yeux au ciel et grognais de temps en temps quand c'était gênant et sinon, je mangeais des bonbons. C'était une bonne ambiance et c'est quelque chose qui m'a manqué lors de mon engagement.

Pour en revenir à cette soirée, au final, on ne jouait pas tant que ça – on a presque mis une heure pour finir le Uno – les deux équipes faisant régulièrement des pauses pour des raisons insignifiantes.

J'étais avec Eden et je peux dire que malgré le manque de sérieux de la bataille, on a vaincu Rys et Rui à plate couture. Rui n'était pas vif, que ce soit pour le Uno, le Jungle Speed ou même le Puissance Quatre. Rys quant à lui, je ne sais pas ce qu'il faisait pour s'occuper dans sa jeunesse mais ce n'était sûrement pas des jeux de société! On a dû lui expliquer les règles longtemps et longuement alors que c'était déjà le même cirque pendant les vacances d'été!

Je tire malgré l'aspect pitoyable de la chose, une certaine satisfaction à cette victoire. Rys, qui a la défaite mauvaise, accuse son compagnon de tricherie. Eden, aussi fier que moi, l'ignore superbement. Je souris et sens la mousse du dentifrice couler sur mon menton. Je me rince rapidement et souris toujours quand j'essuie mon visage. Mon père ignore que le voir s'époumoner et contester sa défaite augmente juste mon hilarité et ma joie.

Je passe leur dire bonne nuit et rejoins Rui qui est en train de faire son lit. Il me sourit et se glisse rapidement dans son sac de couchage. Lui se fiche clairement d'avoir perdu et je pense que s'il avait gagné, il n'aurait pas forcément été plus heureux. Il n'a pas l'esprit de compétition et avoir simplement passé un moment de détente lui suffit. Et moi aussi au fond. Mais avoir gagné rend l'appréciation meilleure pour ma part.

-C'était sympa, me dit-il.

parents aiment bien faire ça quand y a rien d'intéressant à la télé. Et puis, je pense que c'est aussi une manière de nous retrouver, dis-je en me glissant sous mes montagnes de draps et de couvertures.

-C'est chouette, c'est la première fois que je fais ça.

Il a une petite voix en partie étouffée par le tissu du sac de couchage mais je devine aussi que c'est parce qu'il est un peu triste de parler de ça. Les volets de ma chambre sont fermés et mes rideaux tirés, seule ma lampe de chevet nous éclaire encore. J'hésite à l'éteindre. Au salon, Rys et Eden sont en train de ranger pour aller se coucher. Il est presque dix heures et je sens que Rui a besoin de parler.

-Tu ne faisais jamais d'activité avec tes parents ?

-Non, jamais.

-Tu aurais aimé ?

Rui est silencieux et a le regard fuyant. Je devine la honte qu'il ressent et la crispation de son corps me donne presque raison.

-Moi, je n'ai jamais vraiment connu ma mère, dis-je alors. Je ne lui ressemble pas tout cas, dans les souvenirs que j'ai d'elle.

J'ai l'attention du blond et je m'installe correctement pour pouvoir me confier.

-Elle est partie un matin, comme ça, sans donner d'explication et n'est plus jamais revenue. Personne n'a de ses nouvelles, sa famille ne sait même pas si elle est encore vivante. Le truc, c'est qu'un jour, elle en a juste eu marre de se faire casser la gueule par son mari.

-Et toi… ?

Je ne suis qu'à moitié surprispar la question de Rui.

-Quoi, moi ? je demande tout de même pour avoir plus de précision.

-Elle est partie sans toi ?

-Ouais.

Je soupire et me blottiscontre mon coussin avant de passer une main lasse dans mes cheveux. Rui continue de me regarder et ses yeux brillantsme transpercent le cœur.

-Je pense pas que ça lui ai même traversé l'esprit pendant une seconde. J'étais un accident et quand ça a dégénéré avec mon géniteur, je pense que ma mère s'est mise à me détester moi parce qu'elle n'arrivait pas à le détester lui. Avant moi, ça allait apparemment… Après, c'est devenu l'enfer. C'est un raccourci facile mais en même temps, j'ai pas envie de chercher à comprendre une mère qui abandonne son fils.

-Je te comprends…et je pense pareil.

Rui se mord la lèvre inférieure et je reste silencieux. J'attends qu'il me parle de sa propre histoire.

-Mon père a commencé à me frapper quand ma mère est morte et c'est devenu plus violent quand il a appris que je… Enfin, avec les garçons...Que j'étais différent, dit-il finalement, des sanglots dans la voix.

Il semble soudain difficile pour lui d'évoquer son homosexualité et je m'interroge.

-Comment il a découvert que tu es gay ?

Il ouvre grand les yeux, presque horrifié que je puisse le dire si facilement. Je me souviens alors que la première fois qu'il me l'a dit, il n'était pas très à l'aise non plus. Je pense même qu'il ne me l'aurait jamais dit si je ne lui avais pas annoncé avant que j'étais élevé par deux hommes.

-Il y avait des rumeurs. C'est un village de seulement 300 habitants, ces choses-là vont vite...

-J'imagine, oui.

Il se racle la gorge et attend que le silence s'installe complètement dans l'appartement pour reprendre.

-Ma famille n'a jamais été très aimante, du moins avec moi. C'est assez étrange parce que je les voyais toujours très proches entre eux. Mon père couvrait ma mère de cadeaux et ilsouriait assez souvent. Mais avec moi, c'était différent. Je pense que je suis une erreur de parcours dont on n'a pas voulu se débarrasser à cause d'une foi religieuse...

Je l'écoute me raconter son histoire et quelque chose me trouble. La relation de ses parents a l'air parfaite et Rui m'a dit que son père acommencé à vraiment changer avec lui à cause de son homosexualité. C'est quand même étonnant et écœurant de voir qu'une personne peut en arriver à de telles extrémités par homophobie.

-J'avais pas beaucoup d'amis à l'école parce que j'ai toujours été timide et puis, les autres enfants m'évitaient. J'ai eu très tôt du retard et j'avais du mal à suivre. Je devais me débrouiller seul à la maison pour mes devoirs, mes parents travaillant tous les deux dans l'entreprise familiale. Ils avaient beaucoup de succès, beaucoup de gens les enviaient. Les habitants du village avaient coutume de dire que pour s'en sortir, avoir un bon avenir, il fallait partir et mes parents avaient réussi en restant alors forcément, ils étaient appréciés. La seule chose qui clochait, c'était moi. Les gens les plaignaient d'avoir un fils aussi bête et si peu dégourdi, dit-il en ayant du mal à contrôler sa voix.

J'ouvre la bouche pour le détromper mais il inspire un bon coup et se reprend sans que je n'aie à intervenir.

-Maisbon voilà, un jour les choses ont commencé à moins marcher.L'entreprise a fait faillite et comme par magie, l'alchimie entre mes parents s'est cassée. Mon père buvait un peu avant mais après ça, sa consommation a pratiquement triplé.

-Il buvait combien de verres ?

-Je sais pas, y avait toujours plein de bouteilles vides partout... C'était horrible à voir. Ma mère et lui se disputaient constamment à cause de ça. Ils se sont éloignés et mon père abimé par tout l'alcool qu'il ingurgitait l'accusait tous les quatre matins de le tromper. Je ne sais pas quand exactement il a commencé à la frapper. Peut-être même qu'il l'a toujours fait sans que je ne le sache… C'est juste qu'un jour, je suis rentré et que ma mère avait le visage abimé et le haut un peu déchiré. Ce jour là, elle m'a serré très fort contre elle et j'ai eu l'impression qu'elle me voyait réellement pour la première fois. Elle a vu en moi une sorte de soutien et je crois que par la force des choses, elle a commencé à m'aimer. A partir du moment où son monde n'était plus seulement fait que de mon père, il y avait enfin de la place pour moi.

-Comment est-elle morte ? je demande, même si à présent je devine très bien les raisons de son décès.

-Elle n'est pas partie, tout simplement...

Je laisse passer une seconde de silence, frissonnant.

-Tu crois qu'elle t'aurait emmené avec elle ? je souffle ensuite.

-Je ne sais pas.

Il laisse échapper un soupir tremblant et essaye de cacher ses yeux larmoyants.

-Je me pose souvent cette question et des fois, j'en rêve même. J'aurais tellement aimé qu'elle le fasse. Je ne supporte pas ce village où tout le monde vous juge, où tout se sait toujours et où il ne faut surtout pas être différent. Je m'ennuyais et j'avais l'impression d'être en prison, que les barreaux de ma cage se limitaient aux frontières du village. Je voulais partir mais j'avais si peur.

-De quoi ? De l'inconnu, de te retrouver seul ?

J'ai de la peine pour lui et sa détresse est en train de m'étreindre le cœur. Ce sont des interrogations et des envies que j'ai eues moi aussi à une époque de ma vie. J'imagine ce qu'il a dû ressentir à la mort de sa mère et je ne lui demande pas pourquoi celle-ci n'est pas partie. Tout ça, je le sais déjà.

-De tout, de mon père. On m'a toujours dit que j'étais un moins que rien, qu'est-ce que j'aurais pu faire tout seul ? Comment je m'en serais sorti ?

-Tu es quand même parti finalement. Pour l'armée, mais tu es tout de même parti.

Il acquiesce mollement.

-Au début, j'avais abandonné mes plans. Après ma mère, c'est mon père quis'est tout d'un coup montré gentil avec moi. On parlait un peu et j'essayais de l'aider, il était si triste après la mort de ma mère... Ça aurait pu continuer comme ça mais… Je suis tombé amoureux du nouveau médecin du village. Il était gentil avec moi et je crois qu'il m'aimait bien aussi. Il venait juste de finir ses études. Je voulais en parler à mon père parce que je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait mais je…George – le médecin – me l'a déconseillé. Il m'a expliqué, il m'a rassuré et a répondu à mes questions. Il est vite devenu mon premier ami même si j'avais du mal à le considérer comme ça vu comme je l'aimais. On se voyait beaucoup, presque tout le temps. Je travaillais pour lui pendant les vacances en prétextant vouloir me faire de l'argent mais c'était juste pour le voir.

C'est comme ça que les rumeurs ont commencé. J'avais 16 ans et je n'avais jamais embrassé de filles, je regardais trop le docteur et je n'étais pas assez viril… Comme d'habitude, rien n'allait. Mon père a eu vent de ces rumeurs et devant son interrogatoire un peu musclé, j'ai été obligé de lui avouer que j'aimais beaucoup George… C'est là qu'il a commencé à me frapper. Il a vite repris ses habitudes de boisson aussi. Je n'ai plus revu le médecin après ça. Deux mois après, j'ai appris qu'il partait. J'ai essayé de m'enfuir avec lui mais je n'ai pas pu. Ou plutôt, il n'a plus voulu de moi. Je ne sais pas pourquoi tout d'un coup il a changé d'avis et son rejet m'a fait beaucoup de mal... J'ai compris bien plus tard qu'il a simplement pensé à lui, à sa carrière et à son futur. J'étais beaucoup plus jeune que lui en plus d'être également un garçon. J'étais amoureux mais je ne pense pas que c'était son cas... Il m'appréciait mais ça s'arrêtait là. Je ne lui en veux pas d'avoir pensé d'abord à lui au final...

Il soupire.

- Suite à ça, j'ai vécu la même chose que ma mère pendant deux ans avant de trouver en l'armée une porte de sortie. Enfin, je pensais.

-Tu ne vas pas continuer ?

-Je ne sais pas... Nos instructeurs disent que je ne suis pas fait pour ça...

-Pas pour le front du moins mais il y a plein d'autres corps de métier dans l'armée.

-Ouais, je sais.

Il retrouve un peu le sourire à cette pensée.

-Le sergent-chef me l'a expliqué et m'a dit qu'on pourrait en reparler à mon retour de stage.

On se sourit et puis parce qu'il est tard, j'éteins enfin la lumière pour qu'on puisse dormir. Je sens toujours le regard de Rui sur moi et je sais très bien à quoi il pense. A chaque fois qu'on parle de ça, il en revient toujours là et finit invariablement par me poser cette question.

-Et toi ? Qu'est-ce que tu vas faire après le stage, X-Drake ?

Pourtant, ma réponse reste toujours la même. Je n'ai toujours pas fait le tri dans mes sentiments.

-Je ne sais pas.

En réalité, mon chemin de carrière est bien défini : je vais finir ma formation et m'engager ensuite dans la Marine. C'est ce que je n'arrête pas de dire à tout le monde en tout cas. Pourtant, il y a encore et toujours cette voix dans ma tête qui me dit que ce n'est pas réellement ce que je veux. Que je ne serai pas heureux.

Alors j'hésite continuellement. Est-ce qu'en choisissant cette voie, je pourrais finir par m'y habituer et à l'apprécier ?

Dimanche 31 Décembre 2017

Comme je l'avais prévu, mes parents font trainer en longueur leur départ. Il est bientôt 20h et Eden est toujours au salon à moitié sur Rys en train d'essayer de savoir où son époux l'emmène pour trois jours. Rys ne dit rien et s'amusede la ténacitéde son compagnon. Malheureusement, Eden, aussi tenace soit-il, n'arrive pas à faire cracher le morceau à un policier expérimenté comme lui.

Rui, qui comme à son habitude essaie de se faire tout petit, les regarde faire, bien calé dans le canapé. Il est toujours aussi admiratif et un peu impressionné de voir ce couple d'hommes vivre aussi librement. Personnellement, j'aimerais bien les voir vivre leur amour librement un peu plus loin et assez vite. Pas que je veuille les mettre dehors mais certaines fois, ils sont sans filtre et j'appréhende un peu une rencontre entre mes parents et mes amis. Si Rys ou Eden a le malheur de laisser passer une information compromettante, je sens que je me ferais vanner.

Bon, au moins, mes parents m'ont aidé à aménager convenablement la maison pour ce soir : on a fait en sorte d'avoir plus de place. Normalement, d'après le programme qu'on a scrupuleusement établi, on ne passera que la deuxième moitié de la soirée dans l'appartement. On va d'abord sortir histoire de se dépenser un peu et de faire le décompte dans l'euphorie de la foule pour finir par s'amuser gentiment entre nous. Enfin, entre nous, c'est vite dit : pour ça, faudrait encore que Rob Lucci me permette de me détendre un peu. Et ça, j'en doute beaucoup. Il a toujours mis un point d'honneur à me tourmenter et même si je pense qu'il se fera discret ce soir, il ne manquera certainement pas de me faire voir rouge.

J'essaie de ne pas penser à lui mais c'est assez dur. J'angoisse. J'ignore comment je devrais me conduire en sa présence ni même si j'arriverais à être naturel. A continuer de faire semblant. Je sais que lui ne laissera rien paraitre, faire semblant est ce qu'il fait de mieux. J'en ai l'estomac retourné quand je pense au nombre de pipeaux qu'il a dû sortir à la pauvre Margaret pour lui faire croire au grand amour...

J'ai du mal à comprendre ce qu'il cherche à faire de cette manière. Je ne peux pas croire que ça ait un quelconque rapport avec Mlle Nico Robin. Ou quoi que ce soit qu'il cacherait d'autre. A moins que ce type ne soit encore plus tordu que ce que je pense.

Pour en revenir au côté un peu plus festif de la fête, j'ai dû rassurer grandement mes parents par rapport à notre consommation d'alcool et à notre conduite. On fera attention et on prendra les transports en commun cette nuit qui sont exceptionnellement gratuits pour l'occasion. C'est une manœuvre qui avait déjà été mise en place l'année dernière pour éviter les morts et les accidents de circulation.

-A quelle heure arrivent tes amis ?

A peine Rys a-t-il posé sa question qu'on sonne à la porte et quand je vois Eden se précipiter pour aller ouvrir, je fais de même pour une raison que j'ignore. J'entends aussi Rys et Rui se lever mais je ne leur porte aucune attention. Bien entendu, Eden arrive avant et ouvre précipitamment la porte pour tomber sur Sabo, Zoro, Ace et le père de ce dernier.

-Bonsoir. Ace ne voulait pas que je vienne mais étant donné qu'il est toujours en sursis, je tenais à venir mettre les points sur les « i ».

-Si vous voulez parler de la conditionnelle de ce garçon, je vous envoie celui qui se charge de ce genre de cas, sourit Eden et Rys arrive derrière lui.

-Roger… Oh, mon dieu, s'apitoie Ace. Pourquoi est-ce que tu fais ça ?!

-Nous en avons déjà parlé.

-J'effectue déjà un travail d'intérêt général,je ne vais pas non plus me mettre à porter un bracelet électronique!

-Tu étais encore en train de rire hier avec Serri à la buvette, je ne suis pas sûr qu'on puisse appeler ça une peine.

-Plus personne ne dit buvette, maugréé Ace et ça semble clore le débat.

Ce n'est pas plus mal car bientôt, il aurait été à court au niveau du champ lexical judiciaire. Mes parents, tout comme Sabo et Zoro, ont observé l'échange avec un certain amusement. Pour ma part, ça m'a simplement appris certaines choses : même si j'ai pu comprendre lors de notre dernière rencontre qu'Ace avait été renvoyé pour une durée de quelquesjours du lycée, j'ignorais qu'il faisait l'objet d'une vigilance toute particulière de la part de son père.

-Enfin, comme je sens que la honte commence à s'emparer delui, je vais être bref. Je vous remercie de l'accueillir chez vous pour le nouvel an. Décidément, j'ai l'impression que vous en faites beaucoup pour moi ces derniers temps.

-Il n'y a pas de quoi, lui répond Eden. Tant que vous avez simplement affaire à moi, ça ne peut qu'aller. Par contre, je ne suis pas sûr que vous tiendriez le même discours si un jour c'est à Rys que vous aviezaffaire.

-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?demande mon père qui a du mal à comprendre le sous-entendu d'Eden.

-Rien.

-Pour en revenir à Ace, je ne vais pas l'humilier plus en vous communiquant la liste de mes recommandations car de toute façon, dans quelques heures il est majeur alors finis le « pas le droit de boire, de fumer, etc », soupire le père d'Ace. Celui-ci se mord d'ailleurs les lèvres et je devine qu'il maudit silencieusement son père.

-Par contre, je veux que ça reste dans le limite du raisonnable et majeur ou pas, pas de bagarre.

-Oh, ne vous inquiétez pas! X-Drake sait qu'il n'a pas le droit de faire boire les mineurs et pour le reste, je suis sûr qu'Ace fera attention. C'est un garçon responsable après tout, répond Rys.

-Vous avez raison, approuve le père d'Ace et on le sent assez fier.

Quant à moi, je me retiens de dire à mon père que ce n'est pas tellement moi qui choisit qui boit ou non. Mais si ça lui plait de le penser...

Les deux hommes rigolent et après quelques mots, Roger part et Rys ferme la porte après que le trio soitentré.

Je leur propose à boire et d'emblée, Zoro demande une bière. Mon père le regarde puis fronce les sourcils. Bien entendu, à force de le fixer autant, Zoro sent quelque chose et se tourne vers lui. Bien sûr, Rys pose la question qui le taraude, l'âge de Zoro. En apprenant qu'il est mineur, il lui sert ensuite un diabolo à la menthe comme pour Sabo qui lui par contre est très content de ce choix. Je rigole et débarrasseles sacs de nourriture et de boisson qu'ils ont apportés dans la cuisine pendant qu'ils discutent avec mes parents. Je sursaute presque en y trouvant Rui qui s'y cache. Je me disais bien que je ne le voyais plus au salon.

-Qu'est-ce que tu fais là ? je lui demande.

Il triture ses doigts et a soudain l'air si petit et fragile avec son pull en laine et ses cheveux qui bouclent de partout.

-Ne me dis pas que tu as peur ?

-Un peu...

-Tu as vécu plusieurs moins en dortoir pendant le camp, je ne me rappelle pas t'avoir vu aussi timide.

Et c'est vrai, Rui était souvent gêné ou un peu anxieux devant les autres garçons mais jamais il n'est parti se cacher parce qu'il appréhendait trop de les voir.

-Oui mais là, ce sont tes amis et j'ai vraiment peur d'être de trop...

Je secoue la tête, amusé, et le tire derrière moi pour retourner voir les autres. On arrive d'ailleurs justement au moment où mes parents essaient d'en apprendre plus sur Sabo et Zoro qu'ils ne connaissent pas bien.

-A Impel Down donc ? Comment c'est ? On a failli inscrire X-Drake là-bas parce qu'on aime bien la diversité qu'il ya mais puisque qu'il a obtenu une bourse pour Marie-Joa, on a finalement laissé tomber cette idée, explique Rys.

-Une école comme une autre, se contente de répondre Zoro.

-Zoro ne sera jamais très bavard sur ce sujet, tout qui l'intéresse, c'est le kendo.

Celui-ci grogne justement mais ne contredit pas les paroles de son meilleur ami.

-Il n'y a pas de mal à ça, c'est important de poursuivre ses rêves et de se fixer des objectifs.

Je m'assois à côté de Sabo et Rui prend timidement place aux côtésd'Eden. Je sens le regard de Rys sur moi mais l'ignore.

-Oh, ne serait-ce pas la sucette dont tu nous as parlé ? Rui, c'est ça ?le questionne Ace.

-Je…

Rui me jette un regard étonné. Il n'arrive peut-être pas à croire que j'ai parlé de ça à mes amis.

-A peine rentré et tu te moques déjà de moi auprès de tes amis ! me gronde gentiment Eden.

Je souris et fais comme si de rien n'était. On sonne à la porte et cette intervention m'offre une superbe opportunité pour couper court aux gentilles remontrances d'Eden. Je laisse Rui qui, tant bien que mal, finit enfin par échanger quelques mots avec mes amis. Comme je l'avais pressenti, Sabo est celui avec lequel il semble avoir le moins de difficulté à communiquer : Zoro a un air ronchon, sans oublier qu'il n'a pas l'air très avenant, et Ace est juste impressionnant, je présume.

Les autres arrivent petit à petit et bientôt, nous sommes déjà pratiquement au complet. Perona et son hystérie habituelle, comme j'aime l'appeler, se fait pour la première fois de sa vie toute petite. Si j'avais su dès le départ qu'il me suffisait de la coller devant Rys et Eden pour qu'elle arrête ses enfantillages, je l'aurais fait depuis un bon bout de temps ! Elle n'a d'yeux que pour ce couple de « yaoi » comme elle dit mais malheureusement pour elle, mes parents eux n'ont d'yeux que pour Koala qu'ils accueillent chaleureusement. Elle est détendue et semble ravie de les voir.

Ils ont discuté quelques minutes loin de mes oreilles indiscrètes et malgré que je meurs d'envie de savoir ce qu'ils se sont dits, je ne leur pose aucune question. Koala ne le sait sans doute pas mais cette rencontre représente beaucoup pour moi. C'est comme si officiellement, à partir de ce jour, elle rentrait dans ma vie. J'ai confiance en mes parents et je sais que tout ce qu'ils veulent, c'est établir un premier contact avec elle et me faire comprendre qu'ils sont de tout cœur avec moi pour cette relation. Je sais qu'ils espèrent aussi que dans le futur, je leur présente officiellement ma petite-amie. Aujourd'hui, c'est simplement comme un avant-goût. C'est ce que je me dis quand ils partent, le sourire aux lèvres et l'esprit plus détendu. Je suis en quelque sorte prêt à affronter cette soirée, profiter de mes amis sans penser à mon avenir, à mes remords et à l'amertume de ma vie. Je ne veux plus penser au Grey Terminal et aux idées que la société se fait de nous, de ces rôles et barrières auxquels on nous cantonne.

J'aimerais simplement ne plus me prendre la tête ni broyer du noir. Je continuerai à me faire des cheveux blancs demain.

De toute façon, il me faudra au moins ça pour profiter de cette soirée tout en affrontant Rob Lucci…


Et voilà !

Un chapitre avec un pov de X-Drake qui vous aura plu j'espère. ^^

La soirée du nouvelle an est enfin là et forcément puisque Rob Lucci sera présent on peut s'attendre à une catastrophe, ou pas. Peut-être qu'il se tiendra sage, qui sait ?

Un chapitre avec un peu de douceur - je sais pas si je peux appeler ça comme ça - pour vous permettre de vous détendre avant la suite.

A bientôt !