Bonjour,
Titre : Once Upon A Time...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic
Résumé : « Qu'est-ce que le bonheur ? » Je suis resté immobile devant ma copie sans savoir quoi répondre. Avant j'aurais répondu sans hésitation « t'avoir à mes côtés ». Maintenant je ne sais plus.
« Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. »
Bêta correctrice : pommedapi
Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé. ^^
Bonne lecture ;)
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
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Chapitre 16
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«Certaines histoires n'ont pas de début, de milieu ou de fin précise. La vie est de ne pas savoir, d'avoir à changer, de profiter du moment et d'en tirer le meilleur sans savoir ce qui se passera ensuite.»
Inconnu
Sabo
Dimanche 31 Décembre 2017
Je frotte mon nez contre la nuque d'Ace, autant pour me préserver de la fumée de cigarette que pour le toucher. Mes bras autour de sa taille, je caresse discrètement son ventre. C'est fou ce qu'il m'a manqué. Il n'a toujours pas récupéré son portable et j'ai franchement hâte que sa punition s'achève.
Il est bientôt 22h et notre groupe vient tout juste de quitter l'appartement de X-Drake pour prendre la navette. On ne sait pas encore où on va : certains veulent aller en boîte de nuit alors que d'autres souhaiteraient profiter de l'ambiance d'un bar. Pour ma part, je n'ai pas de préférence.
Ace expire sa fumée longuement et je grogne. Il passe alors sa main par-dessus la mienne et je l'entends rire. Devant lui, X-Drake et Zoro l'assassinent du regard. Sanji aussi a eu envie de s'en griller une pour patienter mais il s'est abstenu. Ace devrait suivre son exemple : même si il a diminué, pour moi ça reste toujours trop.
-La navette ne va pas tarder à arriver, nous informe Nami en avisant l'heure sur son portable.
-Bon, faut qu'on se décide, les gars ! lance Koala en sautillant sur place.
-On va en boite, non ? demande Margaret.
Son petit-ami lui sourit pour lui signifier qu'il se range à son avis.
-Je préfèrerais un bar, ose Shirahoshi.
-Pourquoi pas un bar karaoké ? je les interroge. Ce serait un peu un mix des deux.
-Hé… !
Ace se tourne légèrement vers moi et je fronce les sourcils. Il est néanmoins restreint par mes bras toujours autour de lui : je n'ai pas envie de le lâcher.
-Tu n'es pas que beau en fait, plaisante-t-il et tout le monde se moque de nous.
-En même temps face à toi, ce n'est pas bien difficile d'avoir l'air intelligent, je réplique aussitôt.
-Quand mère nature nous a autant gâté, l'intelligence est presque superflue, lance Ace, pas du tout vexé par ma remarque.
-C'est fou ce que tu peux raconter comme connerie, soupire Sanji. Mais en même temps, je comprends mieux pourquoi la tête de gazon est aussi idiot...
Il secoue la tête, amusé. La navette arrive et il nous fait signe de monter.
-Attention, Sanji, tu viens de complimenter Zoro, minaude Nami.
-De quoi ?! s'insurge mon meilleur ami.
-Elle a raison, dit Dellinger qui ne comprend pas le dégoût de Sanji.
-N'importe quoi ! Vous m'avez mal compris !
On s'assoit aux places libres et on a la surprise de voir qu'il y a déjà pas mal de jeunes dans la navette. Peut-être que certains d'entre eux vont au même endroit que nous. Même si on n'a pas encore défini précisément ce point...
-Je disais juste que vu la connerie d'Ace, ça ne m'étonnait pas que la tête de gazon soit un tel idiot, insiste Sanji.
-Merci de ne pas me mêler à vos querelles d'amoureux, se défile Ace, ce qui fait de nouveau rire tout le monde.
J'observe Zoro, étonné que pour une fois, il ne réagisse pas aux propos du blond. D'habitude, quand ils commencent, on ne peut pas les arrêter. Mais là, rien. Il discute tranquillement avec Shirahoshi. Malheureusement, je suis trop loin pour entendre leur conversation.
Le sujet de discussion général dévie finalement : finies les moqueries sur Sanji, Perona est en train de regarder sur son portable les différents karaokés au centre ville. Ace ne les écoute pas vraiment et observe le paysage à travers ce qu'il peut en voir derrière la vitre. Sa main gauche touche la mienne et de mon index, je caresse doucement sa peau.
-Alors ? je lui chuchote.
Il me regarde et jette un coup d'œil à Lucci avant d'à nouveau observer les rues de la ville. Je n'étais pas particulièrement inquiet quant à la rencontre d'Ace et de Lucci ce soir : une bagarre a suffi, aucun des deux ne veut retenter l'expérience. J'espère. A vrai dire, j'étais plus inquiet du fait qu'Ace va devoir supporter une personne qu'il exècre toute la soirée et une partie de la nuit.
-Il m'ignore et je fais de même, je vois pas comment ça pourrait mal se passer.
-Mouais, dis-je sans manquer la pointe d'ironie dans sa voix.
-Franchement, c'est n'importe quoi, soupire-t-il.
Je lui souris pour essayer de le rassurer et prends finalement sa main dans la mienne.
Un quart d'heure plus tard, on descend de la navette. Nous nous sommes finalement décidés pour un bar karaoké non loin de la zone commerciale du nom de « Voice ». Rui, qui était assis loin de X-Drake, lui saute presque dessus une fois hors de la navette. Il a encore du mal avec nous et ne se sent pas très à l'aise. Il est timide et comme on est un grand groupe, ce n'est pas forcément facile de faire sa place.
On entre dans le bar karaoké et je m'éloigne d'Ace qui discute avec Perona – même s'ils ont plus l'air de se prendre la tête – pour me rapprocher de l'ami de X-Drake. Il ne me voit pas arriver et sursaute presque quand je lui adresse la parole : je me retiens de rire tant sa réaction ressemble à celle d'un chaton. Il est presque aussi timide que Shirahoshi, même si lui ça vient plus du fait qu'il ne nous connait pas.
Le bar « Voice » est déjà plein à craquer et la musique pulse. L'un des barmans en nous voyant arriver nous accueille chaleureusement et nous indique qu'il viendra s'occuper de nous dans cinq minutes. L'agencement de l'établissement est assez particulier. Le bar est vraiment grand et regorge de tabourets qui, en cas d'inutilité, peuvent très bien se ranger en dessous du bar. En face, il y a un grand écran plat où une musique passe déjà. Un groupe de trois filles se cassent les cordes vocales sur Chandelier. Les gens autour dansent, un verre d'alcool à la main.
Comme il y a beaucoup de place au bar, nous décidons de nous installer là. Plus tard, après avoir bu quelques verres, nous irons certainement nous aussi nous ridiculiser au karaoké. J'ai vraiment hâte d'entendre Zoro s'essayer à quelques vocalises : tout comme Rob Lucci, la difficulté dans cette entreprise utopique sera justement de les convaincre.
-Qu'est-ce que tu veux boire ? je demande à Rui.
Il prend la carte avec les boissons et leurs tarifs et après hésitation, me dit qu'il ne souhaite boire que de la limonade.
-Oh, cool! Je vais prendre ça, moi aussi ! J'adore ça et puis je pense que je vais attendre avant de commencer à boire de l'alcool. La plupart du temps, après un verre, je me désinhibe déjà trop.
Je rigole, comme si je pouvais être fier de ça.
-J'aimerais voir ça ! me lance Dellinger assis à ma droite.
-Crois-moi, tu voudrais pas, réplique Zoro et je lui lance un regard interrogatif. Hé, faut te gérer après.
-Mais ça va, je ne suis pas non plus irresponsable! Je suis juste un peu plus détendu, je proteste en rougissant.
Rui s'amuse de notre échange et confie ne pas boire du tout. Sanji et Rob Lucci nous font signe pour nous prévenir qu'ils sortent fumer cinq minutes. On passe tous commande et le barman qui nous sert nous parle un peu du bar et de l'utilisation du karaoké. Comme il y a beaucoup de monde et que nous avons peur de la file d'attente déjà longue, nous décidons tout de suite de réserver nos chansons.
Les élèves du Glee Club sont tout fous et s'accaparent d'emblée la tablette. Mais aucun de nous ne se plaint : n'étant pas spécialement bons chanteurs, ce ne serait pas tragique pour nous de faire l'impasse sur cette activité. Tant qu'on peut danser et s'amuser un peu.
-Oh, un Glee Club ? siffle le barman. Vous avez passé les Nationales, non ? J'ai l'impression que vous m'êtes familiers.
-On est de Marie-Joa, on a terminé deuxième, lui dit Margaret.
-C'est mon Glee Club qui a gagné ! intervient Dellinger.
Il reçoit un coup de coude de la part de Perona.
-Je viens de Dressrosa.
-Merci de ne pas retourner le couteau dans la plaie, bougonne Ace.
-OK. Je vous laisse faire votre choix et j'espère avoir droit à un grand spectacle. N'oubliez pas, seuls ceux qui commandent à boire ont le droit de tenir le micro, nousrappelle-t-il.
On acquiesce et il s'éloigne quelques instants vers ses deux autres collègues. Sanji et Rob Lucci reviennent et prennent place à côtés de leurs copines. Comme attendu, le joueur de foot refuse de se prêter au jeu, tout comme Zoro. Sanji par contre accepte avec joie : il a pour projet de faire un duo avec Nami. On discute un peu des choix de chacun et certains commandent de nouveaux verres.
Je me laisse tenter par une vodka coca pour changer un peu. La fille qui me sert me lance un long regard suspicieux mais finit tout de même par me l'apporter. Je bois une gorgée quand je sens Perona prendre de manière insidieuse la place de Dellinger.
-Alors ? me demande-t-elle.
Je fronce les sourcils, intrigué.
-Qu'est-ce que tu vas offrir à Ace pour son anniversaire ? précise-t-elle. Tu sais sans doute que ce qu'il veut le plus au monde est certainement toi avec pour seul tissu les rubans rouge du papier cadeau...
Elle minaude et je me mords la lèvre inférieure pour ne pas répliquer. Je soupire mais, loin de se vexer de mon manque de réplique, elle me lance un sourire entendu.
-Enfin, tu fais ce que tu veux...
-Tu es venue juste pour ça ?
-Non.
Elle grimace et sort quelque chose de son sac.
-C'est la carte d'anniversaire de ton copain, tu veux bien la signer ?
-Oui, bien sûr. Qu'est-ce que vous lui avez offert ? je demande en commençant à noter quelque chose.
-Un casque et des partitions pour qu'il puisse s'entrainer à les lire et à jouer du piano.
-C'est sympa et ça lui plaira.
Elle acquiesce et je termine mon message par les mots « je t'aime ». Elle se dépêche ensuite de passer aux autres personnes pendant qu'Ace a les yeux ailleurs. Elle a le temps d'attraper Rui qui, après quelques protestations, finit lui aussi par écrire quelque chose. Comme il ne connait pas vraiment Ace et qu'il n'a en plus pas participé au choix et à l'achat du cadeau, il ne s'en sent pas forcément le droit. Perona réussit quand même à le convaincre et alors qu'Ace me jette un coup d'œil, elle range sa carte comme si de rien n'était pour papoter avec Dellinger. Il me semble qu'elle le félicite pour la robe qu'il lui aurait confectionnée. Je ne savais pas que le nouveau membre du Glee Club avait ce genre de don et en plus, il a l'air doué vu la manière dont Perona l'inonde de compliments.
Je bois mon verre et me mords la lèvre inférieure avant de passer ma langue dessus pour savourer le goût de la boisson encore présent. Le gout n'est pas mauvais mais comme je n'ai pas l'habitude, le breuvage me laisse un arrière-goût un peu particulier après chaque gorgée. Je repose mon verre et me tourne vers Ace qui, debout devant le bar, m'observe toujours. Il a fini de choisir sa musique et a passé la tablette à Zoro qui l'a à son tour passée à Koala, qui essaie avec plus ou moins de succès de le forcer à choisir quelque chose.
Le regard noir d'Ace est si profond qu'il me perturbe. Pourtant, il sourit et sans me quitter des yeux, vide son verre. Je repense aux mots que m'a glissés Perona il y a tout juste cinq minutes et rougis violement. Je détourne le regard avant que Ace ne le remarque et essaie de finir mon verre mais je réussis simplement à m'étouffer avec quand des images explicites me viennent en tête. Je m'attire le regard de mes amis qui me demandent si je vais bien et je réponds d'un simple hochement de tête avant de me racler avec insistance la gorge pour tenter de penser à autre chose.
Ça fait plusieurs jours que je n'ai pas de contact avec Ace et c'est assez pesant quand on en n'a pas l'habitude. Sa voix me manque, son rire me manque, son corps me manque… Ce qui fait que même si aujourd'hui je suis près de lui, j'ai l'impression qu'il est encore trop loin et ça me frustre. Et puis, il y a aussi le fait que les rares fois où il a eu exceptionnellement le droit de sortir, c'était pour voir nos amis et organiser cette fête du nouvel an. Autant dire que pour les retrouvailles en amoureux, c'était un peu raté et malheureusement, aujourd'hui ne va pas faire exception…
Mon portable vibre et j'ai la surprise de découvrir un message d'Ace. Je relève la tête et fronce les sourcils quand je vois qu'il n'est plus à sa place. Je m'empresse alors de lire son message et ouvre grand les yeux quand je vois ce qui y est écrit.
« Rejoins-moi aux toilettes. »
J'hésite, termine mon verre et tapote le bois du bar avec mes doigts. Je finis par me lever au moment où Sanji vient me parler des extras que j'ai demandé à faire au Baratie.
-Désolé, je dois aller aux toilettes.
-Tu ne vas pas vomir quand même ? s'inquiète-t-il.
-Non, je n'ai bu qu'un verre! je me scandalise alors.
Il rigole et je quitte précipitamment la salle.
Quand j'entre dans les sanitaires, Ace est seul et il m'attend. J'ai l'impression de ne l'avoir jamais trouvé aussi désirable qu'à cet instant.
xXx
Je lèche sa pomme d'Adam avant de mordre son cou. Ace gémit et j'observe son visage. Je sens mon estomac se tordre sous l'émotion. Il est beau, si beau et sexy. J'ai du mal à me retenir et mes mains s'infiltrent sous son épais pull. Mes doigts sont froids alors qu'au contraire, sa peau est chaude et il frissonne à chaque caresse que j'effectue.
-Embrasse-moi.
Je souris et alors que je remonte mes mains toujours plus haut, je dépose de petits baisers sur ses lèvres avant de les lécher quelques secondes. Je le sens sourire à son tour et ouvrir la bouche pour m'embrasser passionnément. Je le serre plus encore contre moi et essaie au mieux de masquer mon gémissement. Mes mains baladeuses ont abandonné son torse pour pétrir ses fesses avec beaucoup trop d'entrain.
-C'est fou comme tu es toujours plus… entreprenant quand tu as bu.
-C'est mal ?
-Tu rigoles.
Il mordille mon lobe d'oreille alors que sa main caresse la bosse proéminente qui s'est formée dans mon pantalon.
-Ça me plait beaucoup...
Il rigole et parce que je suis beaucoup trop impatient, je le retourne pour le plaquer contre l'une des parois de la cabine. Je me colle à lui et embrasse sa nuque. Il penche la tête en arrière et je dévie alors vers son cou puis vers son épaule presque découverte. Depuis qu'Ace m'a laissé le prendre – ou plutôt depuis que j'ai réussi à dépasser mes barrières – je laisse plus librement cours à mes désirs.
-J'ai envie de toi, je lui souffle.
-Ouais, je sais, je le sens même très bien...
Il frotte ses fesses contre moi et je grogne. Il rigole et je fais de même en inspirant son odeur. Je caresse son ventre et attends que la pression redescende doucement.
-De toute façon, j'ai pas de préservatif.
-On est aux toilettes, Ace, je m'offusque.
-Arrête de me dire que tu n'y as pas pensé. Tu bandes encore.
Je rougis et m'écarte légèrement de lui. Il se retourne et après avoir déposé un baiser sur mes lèvres, me tire à lui.
-Tu sais, je me disais que ce serait peut-être bien qu'on fasse un test de dépistage pour pouvoir ensuite arrêter de mettre des préservatifs, je murmure alors.
-Oh, tu as envie de sauter sans filet ? s'amuse-t-il.
-Je suis sérieux, Ace, je bougonne.
-OK, OK. Je me renseignerai comme ça, on fera ça courant janvier. Mais t'es sûr de plus vouloir mettre de protection? C'est quand même vachement plus hygiénique avec...
-Certain. J'ai envie de te sentir parfaitement quand tu es en moi.
Je vois ses joues chauffer et j'esquisse un sourire amusé quand je sors de la cabine des toilettes. Ace me suit et éclate de rire alors qu'il se lave les mains. Je fais de même et lisse ma tenue. J'aimerais éviter les questions, si possible.
On sort et je constate avec bonheur que Perona a déjà pris place sur la piste : elle tient le micro dans sa main et discute avec Koala. Les deux filles vont faire un duo. J'ignore encore sur quelle chanson mais je sens que ça va être intéressant.
Je m'installe aux côtés d'Ace qui passe un bras autour de mes épaules. Les autres nous indiquent que le groupe qui fera le score le plus bas au karaoké sera chargé de payer une tournée générale à tout le monde.
Les chansons d'amour ont été mises à l'honneur ce soir et la bonne humeur est de mise. Des clients du bar se sont même rajoutés à notre groupe hétéroclite et je les salue rapidement avant que Sanji ne vienne me parler. J'écoute à peine ce qu'il me dit, à vrai dire j'ai du mal à me concentrer. Je suis sans doute trop pris dans l'ambiance du moment et suis plus sensible à ce qui se passe autour, à la fête.
A ces rires, encore et encore. Le bar en est rempli. Rui semble plus détendu et s'est un peu décroché de X-Drake pour parler avec Shirahoshi. Je ne sais pas si ça a avoir avec leurs caractères respectifs mais ils ont l'air de bien s'entendre.
Des exclamations se font entendre et le groupe de six jeunes présents sur scène tire sa révérence pour laisser place aux deux filles. Les adolescents rejoignent leurs amis qui les charrient.
-J'ai hâte d'entendre Koala chanter. Elle m'a assurée qu'elle me battrait, me confie soudain X-Drake.
Je pouffe, amusé par l'affirmation de ma meilleure amie.
-J'ai hâte de voir ça, dis-je à mon tour.
-C'est exactement ce que je lui ai dit.
-On fera un meilleur score qu'elles, m'avertit Ace.
-Mais il est fort probable que Dellinger et Shirahochi nous battent... A moins que Margaret, Rui et toi ne crééez la surprise, s'amuse le roux. Sanji et Nami sont hors course bien évidement.
Les deux amis rigolent de leur bêtise alors que pour ma part, j'essaie de ne pas montrer mon étonnement quant au fait qu'X-Drake va chanter. Je pensais qu'il s'était éloigné de sa passion après la déception qu'il a subie au début de l'été.
Je n'ai d'ailleurs pas le temps de dire quoi que ce soit parce que les filles commencent à chanter. Les gens les regardent et les encouragent si bien que les débuts un peu timides de Koala se font vite plus assurés. Perona quant à elle est égale à elle-même.
Heartbeats fast
Colors and promises
How to be brave
How can I love when I'm afraid to fall
But watching you stand alone
All of my doubt suddenly goes away somehow
One step closer
Battements de cœur rapides
Des couleurs et des promesses
Comment être courageux ?
Comment puis-je aimer quand j'ai peur de tomber ?
Mais en te regardant seul debout
Tous mes doutes soudainement s'en vont en quelque sorte
Un pas plus près
I have die deveryday waiting for you
Darling don't be afraid I have loved you
For a thousand years
I love you for a thousand more
Je suis morte chaque jour en t'attendant
Chéri, n'aie pas peur, je t'ai aimé
Depuis un millier d'années
Je t'aime pour un millier de plus
(…)
-On va se ridiculiser, couine Rui.
X-Drake et Ace échangent un regard entendu alors que Sanji est en train de mourir d'admiration pour les deux jeunes femmes. Et encore, il n'a pas entendu Nami chanter. Je crains qu'à ce moment-là, on ne le perde complètement.
J'avale difficilement ma salive en me faisant la même réflexion que Rui. J'en arrive d'ailleurs à un seul constat : il faut à tout prix qu'on passe avant toutes les grosses pointures du Glee Club. Malheureusement, l'ordre a déjà été décidé et il est trop tard pour changer. Si seulement Zoro pouvait passer après nous, ça nous sauverait… Si seulement.
Les filles terminent et explosent de joie devant leur score de 72. Avec un score aussi haut, elles sont pratiquement assurées de ne pas finir dernières et de ne pas avoir à s'acquitter du gage. Comme il reste encore pas mal de monde à passer, on ne peut pas encore affirmer si elles seront bien classées ou non mais elles ont vraiment de quoi être fières de leur score. Tout à l'heure, un groupe a fait 50. Si Margaret, Rui et moi arrivons à faire aussi bien, ce sera déjà merveilleux.
-J'entends les douces mélodies de notre musique nous appeler, fait Ace en jetant un coup d'oeil à son ami. On aurait dû choisir notre chanson, maugrée-t-il ensuite.
-A qui le dis-tu.
X-Drake et lui prennent un micro.
-Malheureusement, Perona et Dellinger n'ont pas compris que chacun choisissait sa musique, marmonne le roux.
-Dis plutôt qu'ils ont fait exprès pour nous mettre des bâtons dans les roues.
Mon petit-ami jette un regard suspicieux à Perona qui passe à côté en l'ignorant complètement pour aller se vanter auprès des autres de la performance de son duo avec Koala.
Tout le monde rigole. L'ambiance est bonne, apaisée. Sereine. Tout le monde est heureux d'être là et passe un bon moment.
X-Drake
Le décompte annonçant la fin de cette année 2017 s'achève. Il est minuit passé de quelques secondes et nous sommes officiellement en 2018. Le bar entier est en ébullition, les gens crient et trinquent sans se soucier d'avec qui ils bavardent, ni qui ils embrassent pour certains.
Je n'ai jamais été adepte des bonnes résolutions de fin d'année. Je trouve ça inutile. La plupart du temps, on n'arrive pas à tenir nos résolutions ou alors on les oublie en cours de route. Pour ma part, je me fixe des objectifs tout au long de l'année et je ne vois pas l'intérêt de polluer mon esprit avec des buts à atteindre un jour de fête. Tout ce que je désire en cet instant, c'est ne penser à rien d'encombrant et juste profiter. Je trinque avec Koala et ses yeux qui pétillent la rende tellement désirable qu'il est difficile pour moi de réfréner l'affection que j'ai pour elle. Nous n'avons pas encore parlé de la répartition des chambres pour ce soir mais il est fort probable qu'elle préfère dormir avec ses amis plutôt que toute seule avec moi. Même si on s'apprécie beaucoup, je ne pense pas qu'elle se sente assez à l'aise pour pouvoir passer une nuit sereine à mes côtés.
Et même si par le plus grand des hasards, elle ne se montre pas contre l'idée, je ne pense pas qu'elle soit d'accord pour échanger plus que des baisers. Et si – ça commence à faire beaucoup de suppositions – elle désirait faire quelque chose d'autre, je pense que c'est moi qui me défilerais. Après tout, je passe ma vie à désirer des choses et à ne pas savoir quoi faire une fois que je les aie...
Je ne me pose pas la question pour Ace et Sabo : c'est sûr et certain qu'ils dormiront ensemble. J'évite par contre de me demander s'ils se tiendront sages ou pas. Pas envie d'envahir mon esprit avec des images que j'aurais du mal à oublier... Pour les autres, je ne sais pas vraiment. Il est difficile de savoir à l'avance ce à quoi pense Nami. Peut-être fera-t-elle plaisir à Sanji – et à elle aussi au passage – en passant la nuit dans ses bras? C'est tellement improbable que ça me fait sourire. La rousse passe son temps à le remballer alors ce serait étrange de les voir roucouler mais ça doit bien arriver. C'est un couple après tout.
Pour Margaret et Rob Lucci, rien que de les imaginer dans les bras l'un de l'autre me dégoute. J'ai la chair de poule à chaque fois que je le vois la toucher, la regarder et l'embrasser. Il se fout d'elle, c'est évident. Rob Lucci est un psychopathe qui n'est pas capable d'amour et qui ne ressent rien. Cela fait sûrement partie de son plan tordu et même si j'ignore de quoi il s'agit, j'ai simplement hâte qu'il parvienne à ses fins pour qu'il puisse se barrer. Loin de Dawn, de mes amis et surtout de moi.
Quand il est arrivé quelques heures plus tôt en compagnie de Margaret, je suis resté immobile, comme pétrifié. Incapable de bouger et encore moins de dire quoi que ce soit. J'ai simplement serré le battant de la porte. Mon ancienne camarade du Glee Club n'a pas remarqué mon malaise ou alors, elle n'a pas voulu le voir. A vrai dire, je n'ai pas du tout fait attention à elle. Ils étaient les derniers à arriver alors ce moment de flottement, de blanc, n'a pas duré longtemps. Les autres sont arrivés à peine cinq secondes après pour les accueillir bruyamment.
Pendant une demi-heure, je suis resté dans mon coin, osant à peine me faire remarquer. Mais forcément, j'ai commencé à inquiéter mes amis alors j'ai bien dû prendre sur moi. Je me suis rappelé de ce que je m'étais dis avant la soirée et petit à petit, j'ai pu me laisser happer par l'ambiance. Pourtant, c'est dur. Je dois juste être doué pour faire semblant. Je reste loin de Rob Lucci en espérant que ça suffise.
Mais j'avoue que même si grâce à mes amis j'arrive à m'amuser, je ne peux m'empêcher de sentir la colère monter en moi quand je le vois si complice avec Margaret. Merde, comment on en est arrivé là ? Pourquoi il a décidé de lui faire du mal ? Est-ce que c'est sa nouvelle proie, sa petite victime ?
Je croise son regard. Il me sourit, feignant une joie et une amabilité qu'il ne ressent pas, et je détourne le regard. Et puis, je croise un autre regard qui me glace tout autant que le précédent. Lui aussi sourit et, complètement torché, zigzague entre les gens pour m'atteindre.
-Bah ça alors ! C'est vraiment toi, X-Drake ?
Les autres sont assez loin pour ne pas entendre notre conversation alors c'est peut-être une occasion à saisir. Je crains que dans son état, il ne revienne m'aborder un peu plus tard quand je serais avec mes amis…
-Tu-tu te souviens de moi ? commence-t-il en trébuchant sur ses mots. On était dans la même classe pendant tout le secondaire !
-Ouais. Juno, c'est ça ?
Il acquiesce et sourit comme si je venais de lui faire le plus beau des cadeaux.
-Hé, c'est cool, j'étais pas sûr que ce soit vraiment toi mais impossible de me tromper avec cette coupe de cheveux et ce style vestimentaire!
Je ne dis rien et le laisse continuer à s'extasier tout seul.
-Merde, j'suis vraiment content de te voir! finit-il par dire.
-Ah bon ? Pourquoi ? je m'étonne.
-Bah ça fait longtemps… C'est toujours sympa de revoir d'anciennes connaissances!
-Ah, OK. Comme t'as passé trois ans à me traiter de pédé et à me bousculer dans les couloirs, je pensais pas que ça te ferait quelque chose de me revoir.
Son visage se décompose et il ouvre la bouche tel un poisson rouge mais aucun son n'en sort. Il semble surpris que j'ose balancer ça comme ça ou alors il pensait stupidement que j'avais oublié.
Juno faisait partie de la bande de gamins qui s'est mise à se moquer de moi et à me traiter de pédé sous prétexte que mes parents sont deux hommes. C'était pas « grand-chose » : des insultes et des bousculades qui me laissaient juste quelques bleus de temps en temps. Il m'arrivait de répliquer mais j'ai vite arrêté quand il s'est avéré que me défendre ne servait qu'à me prendre des heures de colle.
En quittant le collège, comme pour me venger de ces années de souffrance, j'ai foutu un coup de poing à Juno et à tous ces autres merdeux. Certains ont eu le nez pété mais ça ne m'a pas rendu plus léger pour autant. C'était à la sortie de l'école, le dernier jour de cours avant les grandes vacances. En septembre, j'entrais au lycée. Ce geste violent était une manière pour moi de sceller tout ce qui m'était arrivé. Je m'étais vengé, je pouvais aller de l'avant.
Malheureusement, ce genre de choses laisse toujours des traces et quand ça recommence quelques mois plus tard, c'est encore pire.
-Salut ! s'immisce Perona qui croit certainement que je parle avec un ami. Vous faites quoi ?
-Rien, dis-je sèchement.
Je la pousse légèrement pour qu'elle se détourne de Juno et qu'on puisse partir mais il me retient et je lui lance un regard froid.
-Désolé… Je... tu vois, on était cons. Surtout moi.
Il me lâche et se mord la lèvre, nerveux. Perona se fige.
-C'est pour ça que je suis content de te voir. J'ai perdu ma mère en première et ça m'a fait réaliser beaucoup de choses sur la vie. A vrai dire, j'avais peur de ne plus jamais te voir et de ne pas pouvoir m'excuser. C'est pour ça que je suis content de te voir, termine-t-il précipitamment.
Ses propos sont nets et ses idées construites et structurées subitement. Il a l'air moins bourré que tout à l'heure même si ses yeux sont encore vitreux.
J'hoche la tête, pas forcément pour l'excuser mais simplement pour lui montrer que je l'ai écouté.
Je ne reste pas une seconde de plus avec lui et entraine Perona. Elle me lance d'ailleurs un coup d'œil, mal à l'aise.
-Pardon, je croyais que c'était ton ami.
-C'est bon, j'ai l'habitude qu'on se trompe, dis-je en regardant Rob Lucci.
Heureusement ou malheureusement, elle ne le voit pas. Plus tard, tant bien que mal, j'essaie de me replonger dans la fête.
xXx
Les mains dans les poches de mon manteau, je frissonne à cause du froid et expire bruyamment. Ace colle son dos au mur du bar/karaoké et son épaule touche accidentellement la mienne. Il tire négligemment sur sa cigarette, le visage en l'air, observant les étoiles.
-Il neige, dit-il en expirant.
Ses joues sont rougies par le froid et son air rêveur le fait ressembler à un enfant.
-Joyeux anniversaire.
Il baisse la tête et me lance un regard surpris.
-Il est presque 1h du matin, on est le 1er janvier. Joyeux anniversaire.
L'information est alors complètement intégrée par Ace et, un peu gêné, il balbutie quelques mots de remerciement. Je rigole de sa soudaine timidité et observe ensuite le ciel. La neige qui tombe ne tiendra certainement pas, trop fine et légère, mais ça fait plaisir à voir.
-Sabo va me tuer, il voulait te faire la surprise, dis-je ensuite.
-Comment ça ?
-Il voulait qu'avant la fin de la fête, on te chante une chanson et qu'on trinque à ta majorité avant de t'offrir tes cadeaux. C'est un peu raté à cause de moi.
-T'inquiète pas, je jouerai les ignorants jusqu'au moment fatidique.
Il étouffe un rire avant de passer une main dans ses cheveux.
-Je jouerai les étonnés à merveille! En tout cas, c'est sympa à vous de penser à moi.
-On est tous amis, c'est normal.
-Hum.
Je sens à sa réponse que quelque chose ne va pas et l'observe, curieux. Il ne dit pourtant rien et continue de fumer sa cigarette en silence. Il observe les quelques personnes alcoolisées sortant de tels ou tels bars pour continuer la fête ailleurs. Derrière nous, les bruits de discussion, de cris et de musique nous parviennent encore avec distinction. Nous sommes nous aussi sur le départ. Les autres sont en train de récupérer leurs affaires et ne devraient plus en avoir pour longtemps. Nous sommes déjà restés suffisamment longtemps comme ça en fait.
-Je… A propos de Rob Lucci, je suis désolé. J'ai pas réussi à le dégager de nos vies et encore moins de celle de Margaret. J'ai complètement merdé...
-Qu'est-ce qui s'est passé ? je lui demande, heureux d'avoir enfin l'occasion d'en savoir plus sur cette histoire.
-Il m'a provoqué et je l'ai frappé. Maintenant, je passe juste pour une grosse brute et je suis en sursis à Marie-Joa. Et encore, je m'en sors plutôt bien : renvoyé seulement jusqu'à la rentrée. Vaut mieux ça que l'exclusion définitive, m'informe t-il. Par contre, je ne sais pas trop ce qu'il en est pour les activités du club. Ni pour le reste. Il est probable que je serais bien surveillé maintenant et que je n'aurais pas deux fois la même chance.
-Qu'est-ce qu'il t'a dit exactement ?
Je suis surpris par la réaction qu'a eue Ace et encore plus par tout ce qu'il me raconte. Rob Lucci a vraiment dû aller trop loin pour qu'il perde son sang-froid.
-Ça, ça me regarde, se crispe-t-il et je décide de le laisser tranquille.
-OK. T'as pas à t'excuser, Ace, t'auras au moins essayé. De toute façon, Rob Lucci, c'est mon problème. Ça l'a toujours été.
Ace veut protester mais je lui fais signe de ne pas insister. Je ne veux pas lui attirer plus d'ennuis qu'il n'en a déjà. Pour Rob Lucci, je finirais bien par trouver une solution, quitte à faire comme avant.
Nous rentrons dans le bar et Shirahoshi vient tout de suite vers nous. Elle sourit et nous annonce, toute guillerette, qu'on va procéder au vote.
-Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ? soupire Ace.
-Je ne sais. Je ne pense pas que ce soit important d'élire un vainqueur, c'est plus pour le symbole, rigole Shirahoshi.
-Je suis d'accord.
Shirahoshi et moi échangeons un sourire.
-Tu voteras pour nous, j'espère? je lui demande alors.
Elle me regarde, surprise par ma demande.
-Nous, on votera pour ton duo bien évidemment, je lui assure.
-Ou peut-être pas, ajoute précipitamment Ace. Faut pas abuser, ils ont déjà assez de voix comme ça...
Finalement, j'acquiesce d'accord avec lui. Avec les points normalement comptés pendant le karaoké, les scores sont serrés et c'est pour ça qu'on procède à un vote supplémentaire entre nous. Shirahoshi et Dellinger s'en sortent déjà plutôt bien et l'occasion de leur passer devant de cette manière est alléchante.
-Qu'est-ce qu'on gagne au fait ?
Shirahoshi hausse les épaules.
-Je ne sais pas s'il y a au moins une personne qui le sait. On dira que c'est pour l'amour du jeu!
-On va dire ça, marmonne Ace.
Perona nous fait de grands signes pour nous montrer ce que nous allons chanter.
On rejoint donc les autres qui dansent sur les notes malheureusement massacrées d'un bon vieux clip de Sexion D'assaut. Même si on est sur la piste de danse, ou ce qu'on pourrait qualifier comme telle, nous sommes un peu à l'écart de la foule : on peut discuter sans problème.
-Allez, vite ! nous presse Perona. J'ai demandé une dernière chanson pour le Glee Club! J'arrive pas à croire qu'ils l'aie d'ailleurs, je suis trop contente! C'est décidé, j'aime ce bar et son concept original! s'extasie-t-elle.
-Alors pour ma part, j'aimerais dire que le concours était faussé depuis le début et que de ce fait, le résultat sera forcément injuste, se plaint Nami.
-Tu votes pour qui du coup ? lance Zoro, ennuyé par sa longue explication.
-Pour Sanji et moi évidemment!
Elle n'ajoute rien de plus, sûrement vexée par la remarque de Zoro.
-Je vote pou-
-T'as pas participé, je vois pas pourquoi tu jugerais, claque aussitôt Sanji.
-Je t'emmerde, sourcil en vrille.
-Je vote pour Shirahoshi et moi, intervient tranquillement Dellinger. Bien entendu, ma coéquipière fait de même. Et j'ajouterai que si vous avez un minimum d'intelligence et que vous n'êtes pas complètement sourd, vous ferez de même.
Il sourit, fier de lui.
Autant dire qu'après ça, tout le monde se plaint et se met à parler en même temps. Certains veulent interdire le vote pour sa propre chanson, d'autres le revendique. Pourtant, on réussit quand même à se mettre d'accord et des gagnants sont désignés. De peu, mais tout de même.
C'est ainsi le duo Shirahoshi, Dellinger qui est élu vainqueur, d'une seule voix. C'est à la fois triste et étonnant.
La discussion s'arrête là alors qu'une nouvelle musique commence doucement à résonner. Perona se met alors à sautiller et à tirer ma manche : on comprend alors que c'est la fameuse chanson dont elle parlait.
On se dépêche de grimper sur scène et on se bouscule sous la précipitation. C'est la pagaille et ça fait rire les autres. Les clients du bar, qui se sont d'ailleurs montrés très impressionnés par nos précédentes prestations, attendent en effet avec enthousiasme cette ultime représentation.
J'avoue aussi que ça me fait plaisir. Ça fait longtemps que je n'ai pas chanté avec tout le monde. Moi qui pensais que notre scène aux Nationales était ma dernière chance de pouvoir me tenir à leur côté, je me suis trompé. Même si ce soir ça n'a pas la même connotation, elle n'en est pas moins importante pour moi. J'ai vraiment été heureux de mon duo avec Ace tout à l'heure et j'ai pu constater que la musique est loin d'être derrière moi. J'aime trop ça pour réellement tourner la page. Malheureusement, j'en suis toujours au même point : pas assez bon pour percer, trop attaché pour m'épanouir dans autre chose. Au final, je ne suis pas plus avancé qu'avant. Peut-être simplement plus en accord avec moi-même. Moins amer mais pas plus heureux.
-Encore du coréen, maugrée Ace, mais il est évident qu'il apprécie en fait cette musique sans oser l'avouer.
-Arrête de faire genre, on sait tous que tu adores Jimin, balance Perona.
-Je ne sais même pas qui sait, rigole-t-il.
-Ah, vraiment ? Tu as pourtant dit qu'il avait un beau cul ! ajoute Margaret qui semble oublier qu'à un moment, elle faisait la gueule à Ace.
Bien entendu, celui-ci rougit et je lui jette un regard cocasse, me moquant gentiment de lui. Par contre, les autres sont beaucoup moins discrets et Sabo lui lance même un regard assez perplexe. Il secoue ensuite la tête après un commentaire graveleux de son meilleur ami.
-C'est n'importe quoi, tu mens !
-Allez, vous vous disputerez plus tard, ça va commencer, je les avertis.
Les filles et Ace se jettent un regard entendu avant de se positionner pour le karaoké. On a que deux micros alors on va devoir les faire tourner mais on se débrouillera.
Les premières notes se lancent et Rui m'encourage. Il est plus détendu qu'en début de soirée et je suis content de voir que mes amis l'ont complètement intégré à notre groupe.
Le clip se met également en route et comme d'habitude, Dellinger attire tous les regards en commençant à chanter tout en bougeant doucement son corps.
Cheosnune neol araboge dwaesseo
Je te connaissais au premier regard
Seorol bulleowassdeon geoscheoreom
Comme si nous nous appelions l'un l'autre
Nae hyeolgwan sok DNAga malhaejwo
L'ADN de mes veines me le dit
Naega chaja hemaedeon neoraneun geol
Tu es celle que je recherchais
Les gens applaudissent en rythme et continuent de se déhancher sur la piste. C'est enivrant et l'ambiance est vraiment géniale. Ace prend le second couplet et je suis heureux de constater une nouvelle fois qu'il a progressé. Il est beaucoup plus à l'aise qu'avant et s'approprie plus facilement une chanson. On repassera par contre pour le coréen…
Uri mannameun suhagui gongsik
Notre rencontre est une formule mathématique
Jonggyoui yulbeop ujuui seopri
Un commandement religieux, la loi de l'univers
Naege jueojin unmyeongui jeunggeo
La preuve du destin qui m'a été donné
Neoneun nae kkumui chulcheo
Tu es la source de mes rêves
Take it take it
Je prends, je prends
Neoege naemin nae soneun jeonghaejin sukmyeong
Le destin a été choisi dans la main que je tends vers toi
Geokjeonghaji ma love
Ne crains rien amour
I modeun geon uyeoni aninikka
Tout ceci n'est pas une coïncidence
Urinwanjeon dalla baby
Nous sommes complètement différents chérie
Unmyeongeul chajanaen durinikka
Tous deux avons trouvé le destin
Ujuga saeng gingeu nalbuteo gyesok
Du jour où l'univers a été créé
Muhanui segireul neomeoseo gyesok
Au cours des siècles infinis
Urin jeonsaengedo ama daeumsaengedo
Dans nos vies passées et probablement les prochaines aussi
Yeongwon hihamkkenikka
Nous sommes ensemble éternellement
Perona termine sa partie sous les cris d'admiration, elle a vraiment fait son petit effet tout à l'heure lors de son passage avec Koala. Je la vois rougir. Elle est habituellement si à l'aise, c'est bien la première fois que je la vois gênée. Peut-être est-ce parce que c'est justement la première fois qu'autant de monde l'accepte, elle et son look, elle et sa joie de vivre, elle et ses particularités. Perona dans son intégralité.
I modeun geon uyeoni aninikka
Tout ceci n'est pas une coïncidence
Unmyeongeul chajanaen durinikka
Tous deux avons trouvé le destin
DNA
ADN
I wantitthis love I wantit real love
Je veux cet amour, je veux le grand amour
Nan neoegemanjipjunghae
Je ne me concentre que sur toi
Jom deo segenalikkeune
Tu m'attires un peu plus fort
Taechoui DNAga neol wonhaneunde
Mon ADN te veut depuis le départ
Igeonpiryeoniya I love us
C'est le destin, je nous aime
Urimani truel overs
Nous sommes deux vrais amants
Shirahoshi me regarde et je suis tellement fasciné par sa détermination que je ne fais pas attention aux paroles. Je crois qu'à cet instant, les vrais mots qu'elle me dit est « regarde-moi, je vais réussir ». Je suis honoré qu'une personne aussi douée et gentille me porte autant d'importance.
Geunyeoreul bol ttaemadasoseurachigenolla
Chaque fois que je la vois, je suis en état de choc
Singihage jakkuman sumi meojneun ge cham isanghae seolma
C'est fascinant et étrange la façon dont je ne peux respirer, peut-être
Ireonge malloman deutdeon sarangiran gamjeongilkka
Que c'est ce qu'ils appellent l'amour
Aechobuteon ae simjangeun neol hyanghae ttwinikka
Parce que mon cœur bat pour toi depuis le début
Geokjeonghaji ma love
Ne crains rien amour
I modeun geon uyeoni aninikka
Tout ceci n'est pas une coïncidence
Urinwanjeon dalla baby
Nous sommes complètement différents chérie
Unmyeongeul chajanaend urinikka
Tous deux avons trouvé le destin
Ujuga saenggin geu nalbuteo gyesok
Du jour où l'univers a été créé
Muhanui segireul neomeoseo gyesok
Au cours des siècles infinis
Urin jeonsaengedo ama daeum saengedo
Dans nos vies passées et probablement les prochaines aussi
Yeongwonh ihamkkenikka
Nous sommes ensemble éternellement
Quand Margaret chante, elle a les yeux tournés vers son petit-ami et je me détourne tellement le spectacle m'écœure. C'est lui qui me fait du mal et c'est moi qui suis obligé de la mettre en veilleuse pour ne pas gâcher la soirée. Je ne prête pas attention à la partie de Margaret et manque les premières paroles quand c'est à mon tour de chanter.
I modeun geonuyeonia ninikka
Tout ceci n'est pas une coïncidence
Unmyeongeul chajanaen durinikka
Tous deux avons trouvé le destin
DNA
ADN
Doraboji mara
Ne regarde pas en arrière
Unmyeongeul chajanaen urinikka
Parce que nous avons trouvé le destin
Huhoehajimara baby
Ne regrette pas chérie
Yeongwonhi
Pour toujours( x4 )
Hamkkenikka
Nous sommes ensemble
J'essaie de ne pas penser à de mauvaises choses et ça marche plus ou moins. Perona se moque de moi et je sais que tout à l'heure, elle dira que j'ai régressé tout en me taquinant. La moitié n'aura rien à voir avec la musique bien évidement. Mais pour l'instant, je chante avec les autres. Ca devient cacophonique mais ce n'est pas grave : personne ne fait attention au score de toute façon.
Geokjeonghaji ma love
Ne crains rien amour
I modeun geon uyeoni aninikka
Tout ceci n'est pas une coïncidence
Urinwanjeon dalla baby
Nous sommes complètement différents chérie
Unmyeongeul chajanaen durinikka
Tous deux avons trouvé le destin
La lalalala
Lalalalala
Uyeonianinikka
Parce que ce n'est pas une coïncidence (x2 )
DNA
ADN
Le public nous rejoint sur la fin et c'est merveilleux. J'échange un regard avec Rui qui sourit et a les yeux brillants d'émerveillement. Je le devine heureux de m'avoir entendu. Pendant notre formation, il m'a souvent dit que je devrais faire ce que j'ai envie et ce soir, je l'ai fait en quelque sorte. Je ne sais pas si ça se reproduira mais je suis content qu'il ait pu assister au moins une fois à une représentation du Glee Club que j'estime tant.
xXx
-Parce que tu aurais su, toi ?! s'énerve Ace.
-Bien sûr. Pourquoi crois-tu que je suis étonné que tu aies faux? répond Sabo en soupirant.
On rigole de la petite dispute du couple. Il est presque 3h du matin et depuis qu'on est rentré, on s'essaie à différents jeux tout en mangeant des chips, des bonbons et autres cochonneries. Là, on joue en duo sous forme de compétitions à des quizz de culture générale. Pour répondre, il faut saisir en premier le totem posé sur la table basse devant Shirahoshi qui pose les questions. Si une équipe répond à côté, elle a un gage. Le réussir permet de ne pas avoir de malus à défaut d'avoir des points. On peut bien entendu parfaitement refuser, la contrepartie étant de perdre un point.
-Bah c'est quoi si t'es si intelligent ?!
-Feignons, voyons. La première personne au pluriel de l'impératif, c'est feignons pas fendons. Mais qu'est-ce qui t'as pris ?
-Oh, ça va, pas la peine de me rabaisser! Zoro aurait dit la même chose!
-C'est pour ça que je l'ai empêché de répondre, argumente Dellinger en haussant les épaules.
Ace fait la moue et pioche dans les sucreries. Sabo, sentant qu'il a blessé le brun, s'excuse à son oreille.
Personnellement, je ne savais pas non plus la réponse. Dès qu'on commence à dire impératif du passé, subjonctif de l'intérieur ou je ne sais quoi, on me perd.
-Bon, allez, on passe à la punition ! Ace, comme tu as perdu, c'est toi qui t'y colle.
Ace grommelle et accepte à contre cœur le bandeau qu'on lui met sur les yeux. Sabo dépose un baiser sur sa joue pour l'encourager et il n'en faut pas plus à Perona pour partir dans ses délires de boys love. Comme pour les précédents gages, les autres participants sont mis à contribution et on nous demande de légèrement soulever nos pulls : Ace va nous toucher un par un et devra reconnaitre le ventre de Sanji. On reconnait bien là l'esprit pervers des filles. Rui a l'air gêné, lui qui est plutôt fin et pas très musclé, il doit certainement complexer. Dellinger, qui a pourtant la même stature que lui, s'en fiche royalement. Pour le soutenir, je passe un bras autour de ses épaules.
-Ça me rebute un peu de faire ça, se plaint Ace. Après s'être autant dépensé tout à l'heure, je suis sûr que vous êtes tous transpirant et que vous avez la peau moite.
-Tu exagères, rigole Koala.
-C'est ça, oui...
Il rigole finalement et, aidé de Shirahoshi, commence à toucher le ventre de Zoro. Celui-ci a légèrement surélevé son pull et Ace caresse ses abdos parfaitement dessinés avant de s'aventurer un peu plus haut.
-Ça, c'est le corps parfait de mon Zoro! fait-il en lui pinçant le ventre, sans doute à la recherche de gras.
Celui-ci grimace et le repousse avant d'aller se mettre à côté de Sabo. Il a d'emblé été repéré et doit donc sortir du rang.
-Je suis pas sûr d'avoir envie d'être touché, souffle Sanji.
-Ni d'être pincé, marmonne Rob Lucci.
-Dis-toi que c'est un sacrifice nécessaire, Sanji. Ca aurait pu être nous à ta place, s'amuse Nami.
Bien entendu, ça suffit à faire comprendre au blond l'importance de son sacrifice.
Ace continue son exploration. Il s'attarde peu. S'il s'est montré ainsi avec Zoro, c'est bien parce que c'est son ami et qu'il le connait par cœur. Enfin, j'espère, sinon ça veut juste dire qu'il a l'habitude de lui tripoter le ventre et là, c'est une autre histoire ! Dellinger, que décidément tout amuse, éclate de rire quand Ace touche du bout des doigts son ventre. Son rire cristallin suffit à le disqualifier et il se fait rouspéter par sa grande amie Perona. Ace me confond ensuite avec Rob Lucci qui ne manque pas de sourire face à cette méprise mais il réussit par miracle à trouver Sanji.
Comme le blond est svelte mais tonique, Ace a éliminé tous les gros gabarits et s'est concentré sur les plus minces en éliminant ceux qui n'avaient pas une once de muscle apparent. Je dois dire qu'il s'est bien débrouillé.
-Allez, on reprend le jeu.
-Commencez sans moi, je vais aux toilettes, fait Ace.
-N'oublie pas de bien te laver les mains, lance Rob Lucci.
J'évite de trop le regarder parce que je sens qu'on pourrait lire avec trop de facilité sur mon visage à quel point il me dégoute. Je ne comprends pas l'intérêt de son commentaire et décide de ne même pas m'y attarder.
-Quel philosophe conclut « je pense donc je suis » ? questionne Shirahoshi.
Sabo, Nami, Sanji et Rob Lucci foncent sur le totem improvisé. Sabo le récupère in extremis et sourit, sûr d'avoir la bonne réponse.
-Descartes !
-Maintenant, on sait que tu n'as pas qu'une grosse tête mais qu'elle est aussi remplie, se moque Koala.
Je crois que ce soir, tout le monde a décidé d'embêter Sabo avec ça. Mais pour lui qui aime rire, ça ne le gêne pas. Je dirais qu'il est même fier de montrer qu'on peut être très bon en sport et avoir également un bon niveau intellectuel.
-Merci.
Ace arrive et Sabo s'empresse de lui dire qu'il a gagné un point de plus pour eux.
Shirahoshi se racle la gorge et tout le monde se rassoit. Le jeu continue.
-Quelle est la date de la signature de l'armistice de la première guerre mondiale ?
-11 novembre 1918, répond Rob Lucci si vite que personne n'a compris ce qu'il s'est passé.
-En quelle année Christophe Colomb découvre-t-il l'Amérique ?
Tout le monde fonce sur le totem et ça crée une telle cacophonie que certains tombent par terre. Au final, Rui réussit à le récupérer et répond correctement à la question. 1492. Zoro le félicite : il allait répondre 1602.
-« Dieu est mon droit. » De quel pays est-ce la devise ?
-Royaume-Uni !
Koala me tape dans la main : on revient petit à petit au score. Ace et Sabo sont loin devant, Nami et Sanji arrivent juste derrière et nous, les autre, bataillons pour ne pas finir derniers. Le jeu se corse et deux question plus tard, Perona se trompe et se voit obligée de participer à un gage : elle doit boire la bouillie immonde qu'a préparée Zoro. Personne ne sait s'il a fait exprès de faire un truc dégueulasse ou si c'est simplement le reflet de ses talents culinaire.
Sanji ferme les yeux, il préfère ne pas voir ça. Comme on pouvait s'y attendre, Perona rate et son duo perd un point. Dellinger grogne, mécontent.
-Bois un verre, ça t'aidera à te débarrasser du goût, lui propose Margaret.
Perona s'exécute.
Le temps passe et tout le monde commence un peu à être fatigué. Entre ça et le degré d'alcoolémie de chacun, il y a de moins en moins de bonnes réponses.
On décide finalement de ranger pour ensuite aller se coucher. Du moins, c'est ce qu'on fait croire à Ace : on n'oublie pas sa petite surprise. Chacun s'éclipse ainsi comme il peut pour aller chercher son cadeau et alors que je fais un tour à la cuisine pour me servir de l'eau au robinet, je suis rejoint par Rob Lucci. J'essaie de l'ignorer mais il reste là. Il me fixe et je sens aussitôt la tension s'installer. Soudain, je sais pourquoi il m'a suivi.
Pour Ace.
Rob Lucci m'a toujours bien fait comprendre que je n'avais pas intérêt à dire quoi que ce soit sur lui à qui que ce soit. Ni à révéler ce que je sais vraiment. Malheureusement, je n'ai pas respecté cet accord et il est venu me le rappeler.
-Je savais qu'il était impossible que tu tiennes éternellement ta langue.
Il s'avance jusqu'à l'évier où quelques assiettes et ustensiles sont en train d'égoutter. Il prend le grand couteau qui nous a servi un peu plus tôt à couper les gâteaux en parts et le fait tourner entre ses mains.
-Alors, qu'est-ce que je suis censé faire maintenant ?
-Fous moi la paix, dis-je, tendu.
J'essaie de ne pas regarder le couteau mais mes yeux s'y attardent bien trop souvent malgré moi.
-Pourquoi as-tu arrêté d'être un obéissant garçon ? C'est parce que je sors avec Margaret ?
Il sourit, mesquin.
-Ne t'inquiète pas, je n'y ai pas encore touché. Mais ça ne saurait tarder. Il est facile de convaincre ce genre de filles de faire ce qu'on veut.
Je le repousse et c'est la première fois que je réplique réellement à ce qu'il me dit. Je regarde ma main, étonné. Pourtant, ça semble ravir Rob Lucci et il se passe la langue entre les lèvres.
-Je vais devoir m'occuper d'Ace maintenant que tu as merdé. Mais avant ça, il faut que je te punisse sinon, comment m'assurer que tu ne recommenceras pas ?
-Fais pas ça… Je voulais juste que tu laisses mon amie tranquille.
-C'est vraiment ce que tu veux ?
J'acquiesce.
-Je te crois, X-Drake, mais malheureusement, les choses ne marchent pas comme ça.
Il s'approche soudainement de moi, si vite et si près que je n'ai pas le temps de réagir. Une de ses mains empoigne mes cheveux alors que l'autre joue toujours avec le couteau. Je me fige, le souffle court.
-Tu sais, X-Drake, il m'arrive de repenser à ce jour-là. Celui où tu as découvert ce qui se tramait vraiment, enfin une partie. Ça nous a mis dans de beaux draps mes amis et moi mais tu sais, au fond, je suis content que tu sois au courant. Avoir quelqu'un sur qui passer ses nerfs est merveilleux : j'avais peur de devenir fou à force de faire semblant d'être un mec normal et sans intérêt.
-T'es vraiment un psychopathe, je crache, les dents serrées.
-Peut-être.
Il marque une pause et son regard se fixe dans le mien. Je sens mon corps se couvrir de chair de poule.
-Dis, tu veux bien crier encore une fois pour moi? Ce son me manque...
J'écarquille les yeux avant de le voir agiter la lame d'un geste expert. Il la fait ensuite glisser le long de mon avant-bras sur dix bons centimètres et je grogne de douleur alors qu'il balance le couteau dans l'évier. Le sang s'écoule avec un peu trop d'abondance et je me laisse glisser par terre, la vision floue. Je serre mon bras mais réussis seulement à m'en mettre partout. Un autre feulement m'échappe et finalement, alerté par le bruit, mes amis ouvrent brusquement la porte. Au même moment, Rob Lucci s'agenouille à côté de moi et reprend son rôle.
-Oh, mon Dieu, mais qu'est-ce qui s'est passé ?! s'écrie Nami.
Sanji et Ace s'approchent de moi pour essayer de voir ce que j'ai exactement.
-C'est ma faute, lance Rob Lucci.
Ace lui lance un regard noir.
-Il était en train de ranger la vaisselle et je lui ai parlé. Je l'ai distrait, ce n'était pas mon intention. Je ne pensais pas qu'il réagirait comme ça.
Il se lève et recule de quelques pas alors que Zoro donne à Ace un torchon pour le poser sur mon bras.
-J'ai juste dit que je savais que son père le battait quand il était petit, je ne savais pas que c'était un sujet tabou.
Mes mains tremblent et pendant quelques secondes, je suis complètement déconnecté de la réalité. Autour de moi, c'est la stupéfaction. Personne ne dit rien.
Quand est-ce que je vais arrêter de tomber ?
Ace
Lundi 1er Janvier 2018
J'ouvre grand les yeux sous la révélation. Quoi ? Je regarde X-Drake et le pauvre a l'air complètement anéanti. Il ne s'occupe même plus de sa blessure. D'ailleurs, Rob Lucci se fourre le doigt dans l'œil s'il pense qu'on va gober son mensonge. X-Drake se serait fait une blessure pareille tout seul ? Quelle enflure !
-X-Drake, est-ce que… c'est vrai ? finit par demander Shirahoshi, défaite.
-Dégage de chez-moi ! hurle soudain le roux si fort qu'on sursaute tous.
Il se relève et fonce sur Rob Lucci qui ne réagit pas. Je comprends alors qu'il compte répéter ce qu'il a fait avec moi.
-X-Drake, mais arrête voyons ! crie Margaret, paniquée.
-La ferme! C'est toi qui l'as fait entrer ici! C'est ta faute! crache-t-il et son visage est si sombre qu'il fait presque peur.
-Calme-toi, j'essaie de lui dire.
Il me repousse violemment et je dois dire que je ne sais pas si je dois insister ou non.
Je me mets alors à chercher de l'aide auprès de Sabo qui, après une grimace, tente d'intervenir à son tour.
-On devrait d'abord s'occuper de ta blessure, X-Drake. Ça a l'air assez grave, il va peut-être falloir t'emmener à l'hôpital, suggère-t-il, les traits tendus.
-J'irais à l'hôpital seulement si il se casse de chez moi!
-X-Drake, ne t'énerve pas, s'il te plait. Il a été maladroit dans ses mots et il le regrette, renifle Margaret qui est très touchée par la colère de notre ami. Mais si c'est vraiment ce que tu veux, on va partir, ajoute-t-elle avant de s'exécuter et de tirer Rob Lucci à sa suite.
Elle sort de la cuisine et je la suis aussitôt. Il ne faut pas qu'elle parte, et surtout pas comme ça. J'arrive pas à croire qu'elle s'en aille avec lui d'ailleurs. Elle ne vient pas d'avoir la preuve évidente que son petit-ami n'est pas net?! Balancer ce genre de truc devant autant de monde, ça ne se fait pas! Et puis, en premier lieu, les histoires d'X-Drake ne le regardent surtout pas.
Lucci a déjà un pied dehors et Margaret est sur le point de le suivre quand je l'arrête. Je claque la porte devant elle pour l'empêcher de sortir et ainsi la séparer de Lucci : je ne veux pas que son petit-ami nous entende pour l'influencer.
-Margaret, t'es pas obligée de partir, dis-je alors que je lui barre la route.
-X-Drake a été clair, non ?
-Tu sais bien que c'est pas toi qu'il veut voir partir.
-Oui, bien sûr...
Margaret renifle, amère.
-C'est toujours la même chose avec vous, me reproche-t-elle alors. Mais bon, je présume que ça t'arrange qu'X-Drake aussi n'apprécie pas Lucci.
-On a nos raisons.
-Comme c'est pratique...
Elle soupire.
-Tu ne t'aies jamais dit que si vous me parliez, je serais en mesure de comprendre pourquoi ? Là, j'ai juste l'impression qu'en plus de ne rien comprendre, je passe juste pour la conne de l'histoire.
-Tu verrais sans mal où est le problème si seulement tu te décidais enfin à ouvrir les yeux!
-Pour l'instant, la seule chose que je vois, c'est que je suis heureuse avec Rob Lucci et que vous venez polluer ma relation sans raison apparente.
Enervée, Margaret me bouscule pour partir. Elle ouvre la porte et s'enfuit dans le couloir. Elle est triste et je me dis que je n'ai malheureusement pas su trouver les mots pour la convaincre même si je reste persuadé d'une chose : elle doit comprendre toute seule quelle enflure est vraiment Rob Lucci.
Je soupire, et énervé, claque la porte avant de retourner dans la cuisine. Rui a les joues inondées de larmes – tout comme Shirahoshi – et termine le bandage de fortune de X-Drake. Sabo me dit que Rui et Koala vont l'accompagner aux urgences : le roux a besoin de points de suture. La fête est finie.
-Je suis désolé de m'être énervé comme ça tout à l'heure, s'excuse-t-il en enfilant difficilement une veste.
-Ce qu'il a dit… Est-ce que c'est vrai ?
La question de Perona crée un énorme blanc et X-Drake relève lentement les yeux vers elle. Je me mords la lèvre inférieure en me disant que Perona manque vraiment de tact parfois.
-Imagine ce que tu veux. Mes parents, ce sont Rys et Eden, déclare-t-il avec hargne. Et ils n'ont jamais levé la main sur moi.
Il n'ajoute rien et part, la cuisine étant certainement devenu trop suffocante pour lui. Rui s'excuse et s'empresse de rejoindre son ami.
-Je vous tiens au courant, nous dit Koala en esquissant un pauvre sourire.
-D'accord, merci.
Sabo la serre dans ses bras avant de la laisser partir.
Et puis voilà, on reste là sans savoir quoi dire.
-Eh bien, ça c'est une ambiance tendue ou je ne m'y connais pas! lance Dellinger à la cantonade. Arrêtez de tirer ces têtes d'enterrement, toutes les fêtes se composent au moins de disputes, de règlements de compte ou de révélations fracassantes! Celle-là en tient une sacrée couche! Perso, j'ai passé une superbe soirée! s'exclame-t-il en sautillant.
-Heureusement que tu balances ça que maintenant, grogne Zoro.
-On ferait mieux d'aller se coucher, on n'aura pas de nouvelles tout de suite, soupire Sanji que je trouve bien sombre d'un coup.
Les autres acquiescent et bientôt, nous quittons aussi la cuisine. Le couteau encore ensanglanté dans l'évier.
xXx
J'essaie de fermer les yeux sans succès. Il va bientôt faire jour mais je n'arrive pas à dormir et je sens que Sabo ne dort pas plus que moi. Immobile dans mes bras, il reste pourtant parfaitement conscient et je sais qu'il rumine ce qu'il s'est passé un peu plus tôt. Avant d'aller nous coucher, les autres m'ont finalement révélé qu'ils avaient des cadeaux pour moi avant de me lancer des « joyeux anniversaire » par-ci par-là mais l'ambiance était loin d'être joyeuse et c'était assez bizarre. Je les ai remerciés et leur ai dit que je préférais les ouvrir plus tard quand X-Drake serait revenu, en espérant que la bonne humeur soit de retour au passage. Ils ont tous grimacé mais ont compris mon choix. De toute façon, j'ai bien senti qu'eux non plus n'étaient pas vraiment dans l'ambiance pour un anniversaire surprise.
La répartition des chambres et des lits s'est faite assez vite en plus d'être facile. C'est sûr qu'avec cinq personnes en moins, ça n'a pas trainé. A part Nami, Sanji, Sabo et moi qui avons décidés de squatter les chambres, les autres ont préféré dormir tous ensemble au salon sur les matelas gonflables.
Il n'y pas un bruit mais je serais vraiment étonné qu'une personne ici dorme réellement. Bon, à part Zoro, mais ça ne veut pas dire que son cerveau ne marche pas à plein régime. Tout le monde est encore choqué par ce qu'il vient de se passer. J'aimerais en profiter pour leur révéler la véritable personnalité de Rob Lucci mais je ne voudrais pas non plus me les mettre à dos en ayant l'air d'être un serpent opportuniste. Et puis, Margaret a raison, je ne peux pas balancer des trucs comme ça sans même leur donner de preuves ni leur expliquer quoi que ce soit. Je voudrais aussi que chacun se fasse sa propre opinion, orbserve et analyse justement ce qui c'est passé ce soir.
-Tu cogites trop Ace, souffle soudain Sabo dans l'oreiller.
-Désolé.
-C'est pas grave, fait-il en se tournant vers moi.
Il me regarde et esquisse un sourire comme pour m'encourager à me confier, à me libérer de ces pensées néfastes et de ces problèmes qui m'empêchent de dormir. Je soupire et me serre contre lui. Il dépose un baiser sur le sommet de ma tête et me prend dans ses bras.
-C'est dommage que ça se soit terminé comme ça, fait-il.
-Hum. Dellinger a beau dire qu'une fête n'est réussie qu'avec son lot d'engueulades et de révélation spectaculaire, je crois que ce soir j'aurais vraiment aimé une soirée sans histoire.
-Je te comprends et moi aussi j'aurais voulu qu'il n'y ait aucune fausse note...
Il soupire.
-Mais je pense que le plus à plaindre reste X-Drake. Je me demande comment il va, ajoute-t-il ensuite.
-J'en sais rien. Koala n'a pas encore appelé. J'espère qu'ils sont au moins en train de le soigner à l'heure actuelle. Ça aurait peut-être été plus pratique si on avait appelé le SAMU...
-Sans doute. Mais la nuit du nouvel an est toujours très remplie pour les urgentistes et le personnel médical. C'est sans doute une bonne chose qu'X-Drake y soit allé par ses propres moyens étant donné qu'il le peut. Les taxis participent au plan de gratuité cette nuit contre une rémunération de la ville, souffle-t-il.
-Law est de service, peut-être qu'il a pu le prendre en charge, dis-je, pensif.
-Ça te rassurerait ? me demande-t-il.
-Oui et non. Je sais que le CHU de Dawn a de bons médecins, c'est pour ça que Law y est.
Il rit et je le suis pendant quelques secondes, bercé par ce son. Je ferme les yeux et imagine ce que X-Drake peut bien vivre à cet instant. Comme il saignait beaucoup, même si je ne pense pas que la coupure soit très grave, on a au moins dû le prendre en charge assez vite, ne serait-ce que pour faire un premier diagnostic. Je grimace en pensant au calvaire qu'endurent également Koala et Rui. Attendre sans pouvoir rien faire d'autre va les épuiser. Bon, au moins, ils sont deux et pourront discuter pour passer le temps ou alors pour ne pas penser aux raisons qui les ont amené aux urgences un 1er janvier. J'espère qu'ils ont auront des choses à se dire d'ailleurs.
Koala est une fille assez positive alors je suppose que l'ambiance morose sera loin de les gêné là-bas. Ici, c'est autre chose. L'humour particulièrement décadent et un peu noir de Dellinger et de la gothic lolita ne font pas vraiment l'unanimité.
Mais je dois dire que même si ça ne détendra pas l'ambiance, ce sera déjà ça. X-Drake n'étant pas là, je ne sais pas ce que j'ai le droit de dire ou non concernant Rob Lucci. Au stade où on en est, je ferai certainement mieux de tout balancer. Le problème, c'est que comme X-Drake est le premier concerné par cette histoire, je ne voudrais pas révéler des vérités sans le consulter, alors qu'il ne souhaite peut-être pas que les autres sachent ce que Rob Lucci lui a fait vivre durant ces années lycée. Quand je pense à ce que cette enflure a dit tout à l'heure ! Je me demande si c'est vrai. Pourtant, je me doute bien que pour que X-Drake ait réagi comme ça, c'est bien que ce n'était pas totalement faux. Mais à quel point est-ce vrai ?
-Qu'est-ce que tu penses de ce qu'il s'est passé tout à l'heure ? je demande à Sabo.
-Je ne sais pas trop… C'est assez perturbant. Et même si j'adorerais savoir le fin mot de l'histoire, je ne pense pas qu'après avoir passé plusieurs heures aux urgences, X-Drake ait vraiment envie de se confier à nous...
-Ouais. Après tout, chacun se fera son avis sur ce qu'il s'est passé et sur Rob Lucci. X-Drake parlera à qui il aura envie de parler.
Sabo acquiesce mais je ne peux m'empêcher de lui demander son opinion à ce sujet.
-J'avoue que je suis de plus en plus intrigué par le comportement de Rob Lucci. Il me met mal à l'aise et son comportement a beau passé pour maladroit, je ne sais pas… quelque chose me gêne. Malheureusement, c'est juste un sentiment et je ne veux pas avoir l'air de le suspecter de quoi que ce soit sans raison valable. Je sais aussi que jamais tu ne l'aurais frappé sans raison.
-Merci. Au moins, toi, tu es de mon côté, dis-je alors que j'étouffe un bâillement.
Je n'entends pas ce que me dit Sabo ni si il me parle vraiment. Je m'endors soudain comme une masse.
xXx
Pendant quelques instants, je papillonne et lutte pour savoir si je reste encore au lit ou si j'ouvre les yeux, faisant ainsi le choix de me lever. Les bras de Sabo et les draps ont beau être confortables et chaleureux, les bruits de discussion au salon m'incitent finalement à me lever. J'embrasse Sabo et il grogne en me repoussant. Je souris et me lève avant d'aller rejoindre les autres. Il est tout juste 10h et c'est compréhensible qu'il désire prolonger son temps de sommeil.
Encore un peu comateux, je pénètre dans le séjour et m'étire avant d'aller m'asseoir autour de la table à manger. X-Drake, Rui et Koala sont présents, enfin rentrés des urgences, ainsi que Sanji qui a du se réveiller à leur retour. Je les salue et prends une tranche de pain de mie que j'enfourne sans grand appétit.
-Tu veux du café ou du thé ? Ou tu préfères un verre de jus d'orange ? me demande Sanji.
-Du jus de pomme si possible.
-T'es pas du tout chiant, toi, au réveil, grogne-t-il en me servant quand même.
-Juste un peu. Je suis fatigué, je me justifie.
-T'as pas bien dormi ? m'interroge X-Drake.
-Il n'a pas bien dormi ou il n'a pas assez dormi ? s'amuse Koala, et je m'étonne de son sous-entendu.
A moins que ça n'en soit pas un et que mon esprit fatigué en fabrique un tout seul.
-Dans tous les cas, vous avez dû beaucoup mieux dormir que nous à l'hôpital, ajoute X-Drake.
J'acquiesce et prends le verre que Sanji me donne. J'en suis encore à essayer de m'en sortir avec mon pain de mie que j'ai vraiment du mal à terminer.
-Comment ça s'est passé là-bas ?
-Ils étaient justement en train de me raconter, m'informe Sanji.
Shirahoshi, certainement dérangée par nos murmures, gigote un peu mais reste emmitouflée dans son duvet. A côté d'elle, les autres endormis sont parfaitement immobiles.
X-Drake se racle la gorge et je reporte mon attention sur lui. Rui lutte contre le sommeil à côté de lui et sa tête dodeline dangereusement. X-Drake lui lance un regard amusé et j'étouffe un rire quand Koala l'imite.
-On est arrivé plutôt tranquillement au CHU, commente le roux. Comme je saignais beaucoup, j'ai vite attiré l'attention. On m'a pris en charge assez rapidement, ça n'a pas duré longtemps et je n'ai pas eu trop mal. C'est la suite qui a été plus pénible, soupire-t-il.
Je termine mon verre de jus de pomme et X-Drake reprend une tranche de pain de mie.
-On a presque attendu 3h pour qu'X-Drake signe des papiers et revoit le médecin pour les dernières recommandations avant qu'on ne puisse enfin partir. On est parti chercher le nécessaire à la pharmacie de garde et on a trainé une petite heure dans le quartier le temps qu'elle ouvre avant d'enfin rentrer. On a essayé de ne pas faire trop de bruit mais on a quand même réveillé Sanji. On voulait dormir mais comme on avait vraiment trop faim, on s'est dit qu'on allait manger d'abord. Sanji nous a accompagnés, explique Koala entre deux trois bâillements.
-Naturellement, reprend celui-ci.
-Ta blessure ne te fait pas trop mal ?
X-Drake fait la moue et bouge un peu son bras. Serrée dans un bandage blanc impressionnant, la blessure a l'air plus grave encore que ce que j'avais imaginé plus tôt.
-J'aurais une belle cicatrice mais même si ça tire un peu, ça ne fais pas si mal que ça. Désolé d'avoir gâché la soirée...
-Tu n'as pas à t'excuser, personne ne t'en veux pour quoi que ce soit. On n'a pas tout compris mais le principal, c'est que tu ailles bien, répond Sanji.
-Merci.
-T'as prévenu tes parents ? je demande.
X-Drake se prend la tête entre les mains et fait la moue. On peut aisément deviner sa réponse par rapport à son attitude.
-Eh bien… Je vais le faire mais pas tout de suite...
-Tu devrais le faire immédiatement, X-Drake, lui dit Koala.
-Je veux pas l-
-Ça, on s'en doute, mais tu ne leur rends pas service en leur cachant quelque chose d'aussi grave, j'interviens à mon tour. Ils auront simplement de la peine et se diront que peut-être, tu n'as pas assez confiance en eux pour leur parler.
X-Drake sait bien que j'ai raison alors j'espère qu'il le fera. Je sais combien il essaie constamment de protéger ses parents et c'est une bonne chose mais il devrait aussi laisser l'inverse se produire parfois.
-Au sujet de ce qui s'est passé, commence Sanji, pas vraiment à l'aise.
Il soupire et bute sur ses mots.
-J'ai des griefs avec Rob Lucci et je vous demanderai de me croire quand je vous dis que j'ai des raisons de lui en vouloir. Je ne souhaite par contre pas parler de ce qui s'est passé plus tôt. Le sujet de mon père biologique est assez sensible et je n'ai pas envie de m'exprimer là-dessus...
-Ne t'inquiète pas, j'ai une famille dingue dont je me passerais bien la plupart du temps. Je comprends tout à fait ce que tu ressens, confie Sanji.
Et juste avec ça, le blond réussit à détendre un peu X-Drake qui devait, si j'en crois son expression, quand même beaucoup s'en vouloir.
-C'est juste dommage que Margaret soit partie. Après, c'était son choix, dis-je.
-C'est quand même un peu ma faute, se reproche X-Drake.
J'hausse les épaules, pas tout à fait d'accord avec lui.
-Avec ça, on n'a même pas fêté ton anniversaire, soupire l'ancien président du Glee Club.
-Oh, t'inquiète, je m'en fous un peu.
-Regardez-le qui se la pète maintenant qu'il est majeur ! me titille Sanji.
-Joyeux anniversaire, me dit Rui qui, plus alerte, a pu suivre le début de notre conversation.
-Merci.
-Faut qu'on fête ça un minimum dignement. On n'a pas 18 ans tous les jours. Je vais réveiller tout le monde !
Koala, toute guillerette, se lève de table. Rui sursaute à la brusquerie de son geste puis la pétillante cheerleader saute sur Perona qui grogne de mécontentement. Elle relâche la gothic lolita qui tente encore de comprendre ce qui se passe et fait subir le même traitement à Zoro qui ne se laisse pas faire. L'ambiance est maintenant largement plus détendue. Ça fait plaisir à voir et au moins avec ça, on peut dire que la soirée du nouvel an ne se termine pas trop mal.
Je suis content de pouvoir fêter mon anniversaire avec mes amis et de voir qu'on ne se laisse pas bouffer par l'incident causé par Rob Lucci.
Mais je sais bien que ce n'est qu'un problème remis à plus tard et qu'il faudra le résoudre un jour ou l'autre.
Pour l'instant, j'essaie cependant de ne pas trop y penser : je reçois mes cadeaux et je suis vraiment heureux et touché par l'attention de mes amis. Je rigole quand je lis la carte qui va avec les partitions et le casque. J'aimerais tous les serrer dans mes bras et les embrasser pour les remercier mais c'est quelque chose que je ne suis pas encore en mesure de faire, hélas. Je tente aussi de masquer ma surprise quand Koala m'offre un cadeau : je ne pensais pas qu'elle m'offrirait quelque chose, ou alors qu'elle se contenterait de participer au cadeau de groupe, ce qui est déjà pas mal. C'est vraiment une chouette fille et je me dis que je n'ai pas toujours été juste avec elle. C'est bien dommage.
Les minutes passent et ça devient un peu trop sentimental pour moi. Je décide alors de casser cette ambiance trop intense et émotionnelle pour évoquer le ménage qui a bien besoin d'être fait. A cette annonce, plusieurs personnes se plaignent : il va sans dire qu'ils préfèreraient nettement retourner au lit.
Mais pas de ronchons : on est nombreux et en une heure, c'est fait !
Et voilà !
Je viens juste de remarquer qu'il s'est presque écoulé un mois entre le chapitre 15 et celui-ci, ça fait bizarre, j'aime pas laissé trop d'attente habituellement. Malheureusement ce sera forcément pire la prochaine fois car je mets cette histoire en pause. Je voudrais l'avancer un peu plus et donc être moins dans l'empressement quand je poste. ça me permettra d'avoir des chapitres d'avances et de refaire le point sur cette histoire.
J'espère néanmoins ne pas être absente trop longtemps et pouvoir vous retrouvez très bientôt. Si vous êtes encore là ! ^^'
A bientôt!
