Bonjour,
Titre : Once Upon A Time - tome 2...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic
Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.
Bêta correctrice : pommedapi
Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).
Merci à Bastocharde et asmyt pour leurs reviews.
Bonne lecture à tous !
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
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Chapitre 21
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« C'est de par leur caractère que les hommes sont ce qu'ils sont, mais c'est de par leurs actions qu'ils sont heureux, ou le contraire.»
Aristote
Ace
Samedi 10 Février 2018
Je relis pour la quatrième fois le message que m'a envoyé Zoro et je me retiens de sauter de joie. Mais c'est magnifique ! Jeudi, il a eu beau nous faire la gueule à cause du malaise qu'il y a eu avec Rui et X-Drake, finalement, au vu de sa réaction, Law et moi n'avions peut-être pas totalement tort. Je suis conscient que je fais des raccourcis trop rapides et que je ne base mon opinion que sur un simple message qui ne dit en substance pas grand-chose, mais quand même.
« Je regrette. Je voulais pas qu'il entende ça. »
Zoro ne regrette jamais rien et se fiche pas mal de blesser les gens si c'est ce qu'il pense. Je suis sans doute un peu dur mais au fond, ce n'est pas loin de la vérité.
S'il y a une chance, même infime, pour que Zoro s'intéresse à Rui, c'est simplement formidable. Je veux l'exploiter à tout prix. Je sais bien que je ne dois pas me mêler de ce genre de chose mais cette histoire avec Niji me reste en travers de la gorge. Ils sont trop différents et Zoro a beau dire qu'il met de la distance entre eux, je suis mal à l'aise. Ils ne vont pas bien ensemble car Niji est une ordure. Zoro a fait de nombreux sacrifices depuis longtemps et il a l'air si heureux à présent que ça en a certainement valu le coup. Il approche enfin de son rêve.
Alors sans doute que j'idéalise une hypothétique relation avec Rui parce que je n'accepte pas ce qu'il y a entre Niji et Zoro, je le reconnais. Et si au bout du compte, je vois que ça devient sérieux entre eux, que je me suis trompé, alors je serais de tout cœur avec mon meilleur ami et je ne souhaiterais que le meilleur pour eux.
Mais en attendant, j'ai encore le droit de rêver.
Je me retourne sur le lit de Law et pousse un petit soupir satisfait. Les bras tendus en l'air, j'observe encore durant de longues secondes le message de Zoro. J'ai un sourire idiot aux lèvres mais tant pis. Je n'ai jamais compris les gens qui prennent du plaisir à jouer les entremetteurs. Jusqu'à maintenant.
-Je t'adore, Ace mais si tu continues à respirer la joie de vivre sur mon lit pour des raisons obscures, je vais commencer à sérieusement m'inquiéter pour toi.
-T'inquiète pas, je souffle.
-C'est ça.
Il soupire et se retourne vers moi. Son dos appuie légèrement sur le bureau en bois où sont étalés ses cours de médecine. Et dire que Zoro et moi, on va devoir lui faire des fiches de révision...
-Je travaille donc si tu n'as pas besoin de moi, va dans ta chambre ou au salon.
-Tu as pensé à prendre une pause ? On pourrait sortir, non ?
-Demain. J'essaie de prendre de l'avance justement pour essayer de me dégager un peu plus de temps libre.
-Super nouvelle ! Je descends dans ce cas, je vais voir si Luffy ne s'ennuierait pas lui aussi.
Il me sourit puis se tourne vers son bureau. Quelques secondes après, son stylo gratte de nouveau le papier.
Je referme la porte et descends les marches en sautillant. Quand je suis à quelques mètres du salon, j'entends une conversation et fronce les sourcils au ton de la voix. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre qu'il s'agit de la femme de mon père et de Luffy.
-Je ne vois pas en quoi c'est étonnant, affirme Hancock.
-Bah tu détestes tout le monde, lui répond Luffy.
De quoi il parle ? Je franchis les dernières marches et m'apprête à les rejoindre, me fichant bien d'interrompre leur discussion.
-Ne dis pas n'importe quoi, Luffy. Je t'adore et tu le sais très bien.
-Oui mais sinon, t'aimes personne.
-C'est faux. Il s'agit simplement des hommes.
Je m'arrête, fais quelques pas en arrière et m'appuie contre le mur de l'entrée en faisant attention à ce que Hancock et Luffy ne me voient pas. Finalement, je suis intrigué et aimerais bien connaitre la suite.
-T'aimes les filles ?
Luffy a l'air complètement incrédule et je le comprends. Vu ses réactions dès qu'on aborde le sujet de l'homosexualité – elle se crispe et sa bouche se tord dans une grimace théâtrale – ce serait étonnant de découvrir qu'en fait, elle est comme ces gens qu'elle dénigre.
-Ne dis pas de bêtises, s'il te plait.
Luffy rigole et j'esquisse également un sourire. J'ai presque eu peur.
-C'est vrai que je n'apprécie pas grand monde mais je t'aime, toi. Et mes sœurs comptent énormément aussi. Même Mihawk, c'est pour dire. Et j'aime Roger.
J'ai l'impression que c'est la première fois que je l'entends dire ça. Je me sens étrange.
-Comment vous vous êtes rencontrés en fait ?
Je fronce les sourcils, attendant avec impatience la réponse d'Hancock. Roger et elle ont fait un mariage d'intérêt, poussés par leurs familles. Il n'y a rien de romantique là-dedans.
-Grâce ou à cause de la veille Nyon et aussi aux parents de Roger.
-Ils étaient amis ?
-On peut dire ça.
Elle soupire.
-Je ne l'appréciais pas du tout au début, il ne valait pas mieux que les autres hommes. Je ne comprenais pas pourquoi je devais me marier avec lui qui, en plus d'aimer une autre femme, ne valait pas un clou.
Luffy rigole. Il ne doit pas comprendre le sérieux de la conversation.
-Mais il s'est passé beaucoup de choses, continue Hancock. J'ai fini par comprendre que Roger n'était pas mon ennemi. Il m'a prouvé à maintes reprises que je pouvais compter sur lui et je crois que ça a suffi. C'est un homme exceptionnel.
C'est étrange, je perçois comme du regret dans sa voix. Elle ne dit pas tout à Luffy et j'ai l'impression que comme pour la perte de ce bébé, c'est quelque chose qui lui appartient et qu'elle n'est pas encore prête à extérioriser. A en parler. Elle le fait certainement avec Luffy car comme c'est encore un enfant, il ne comprend pas forcement tout et se sent plus libre de ne pas être juger. Je me décale du mur et commence à remonter les escaliers. Finalement, je vais mater un film dans ma chambre.
Mais avant de quitter l'entrée, j'entends une dernière phrase.
-Il a changé ma vie.
Lundi 12 Février 2018
-Salut.
Je sais bien que ce n'est pas parce que je fais semblant que Jewerly n'est pas là que c'est la réalité. Détourner le regard n'y changera pas non plus grand-chose. Il est 10h30 et à cette heure-ci, il n'y a pas grand-monde dans les transports en commun. Mais bien entendu, le hasard fait bien les choses : il y a dix personnes dans le bus et Jewerly est l'une d'entre elles. Et dire que j'aurais pu ne pas la croiser. Habituellement, je commence plus tôt mais j'ai un professeur absent et un cours qui a été déplacé. C'est tellement étrange cette coïncidence que je pourrais croire que c'est fait exprès.
-Jewerly, quel hasard… Ça va ?
Je me force tout de même à la saluer. Jewerly et moi, on n'a jamais été amis. J'ai l'impression d'ailleurs qu'on ne s'est jamais autant parlé que depuis qu'elle n'est plus avec Law.
-Oui, ça va.
Je ne sais pas si c'est vrai. Peut-être bien qu'elle ment mais à vrai dire, ce n'est pas mon problème.
-J'ai une question, commence-t-elle.
Je tends l'oreille et ça, elle n'a pas de mal à le remarquer.
-Est-ce que Law a changé de numéro ?
-Tu te dis ça simplement parce qu'il ne répond pas à tes appels ?
Je ne peux m'empêcher de sourire et, lassé par mon comportement puéril, Jewerly soupire. Je lui accorde que ce n'est pas très intelligent de ma part et retrouve vite mon sérieux.
-Non, il a toujours le même numéro.
-Tu penses qu'il répondra si je le contacte ?
Je vois qu'elle doute et qu'elle compte sur ma sincérité.
-Franchement, je ne sais pas. Est-ce que vous avez encore des choses à vous dire ?
Elle me fixe longuement sans rien dire puis finit par détourner le regard. Je ne sais pas pourquoi Jewerly semble encore si attachée à Law. Depuis le temps que c'est fini entre eux, elle aurait dû passer à autre chose. Je sais bien que c'est toujours dur de faire le deuil d'une relation, de se remettre d'une rupture. Plus on aime quelqu'un et plus le perdre est douloureux. Je ne doute pas du fait que Law et Jewerly se sont aimés mais ils savaient tous les deux qu'ils ne passeraient pas leur vie ensemble. Que ce n'était pas le grand amour.
Law ne parle plus du tout de son ex et semble être passé à autre chose. En tout cas, il va mieux qu'à la fin de leur relation. Il a complètement tourné la page. Mais je me souviens que même en découvrant les erreurs de Jewerly, il lui avait pardonné. Décidé à redonner une nouvelle chance à son couple, il était prêt à faire comme si le bébé qu'elle attendait était le sien. Pour finir, ils se sont quand même séparés et Jewerly a avorté. Et maintenant, chacun vit sa vie de son côté. Mais est-ce qu'ils sont vraiment heureux comme ça ? Jewerly n'a pas l'air de se satisfaire de cette situation. Et Law, je ne sais pas. S'il est vraiment passé à autre chose comme il le dit, il pourra normalement sans problème reprendre contact avec son ex étant donné que ses sentiments amoureux ont disparu. Mais si ce n'est pas le cas, ça lui fera beaucoup de mal de la revoir.
-Oui, répond-elle.
Je sors de mes pensées pour me concentrer.
-Il me manque et je pense que c'est une raison suffisante.
Elle attend que je la contredise ou même que je dise un seul mot. Mais je n'en fais rien et elle parait d'ailleurs très surprise.
-C'est mon ami et je trouve dommage qu'on ne se parle plus juste parce qu'on ne s'aime pas. Je ne déteste pas Law et je ne veux pas qu'il disparaisse complètement de ma vie.
-Tu as raison. Écoute, fais comme tu le sens. Je ne peux pas me prononcer à la place de Law. Respecte simplement son choix si jamais il t'envoie une fin de non-recevoir.
-Bien entendu, pour qui tu me prends ?
Elle lève les yeux au ciel et met fin à la conversation en s'éloignant.
Elle s'appuie contre une chaise pourtant libre et regarde le paysage défiler à vitesse moyenne. Je l'observe et me dit qu'elle a bien changé. J'avais l'impression avant qu'elle était toujours un peu agressive, sur la défensive et moqueuse. Je me demandais même constamment ce que mon ami pouvait bien lui trouver…
Mais là, telle que je la vois aujourd'hui, elle a l'air plus apaisée, plus souriante. Et un peu plus ronde aussi. Je savais qu'à force de manger comme un ogre, elle allait prendre du poids ! La pauvre a un peu de bedaine maintenant ! J'esquisse un sourire amusé et continue à attendre mon arrêt.
xXx
-Je ne comprends pas comment ça a pu arriver! je me plains auprès de Sabo.
-Pour être honnête, moi non plus. Quoique j'aurais certainement dû m'en rendre compte. Je pensais simplement que c'était classé, m'explique-t-il.
J'acquiesce et me retiens avec toute la patience et le contrôle que je possède pour ne pas exploser mon poing dans le mur de la cafétaria. Le soir où le club de rugby est venu visiter le club en vue d'un possible emménagement, je suis tout de suite allé voir Sabo pour lui demander des comptes. Il a d'abord été surpris et pas vraiment rassuré par ma colère. Parce que j'étais réellement en colère, mais pas vraiment contre lui. Je me suis calmé avant d'aller le voir : je savais qu'il n'aurait jamais fait quelque chose comme ça au Glee Club. Il m'a alors expliqué ce qu'il s'était passé lors de sa dernière réunion. Ils cherchaient une solution au problème du club de rugby et en mal de solution, Rob Lucci a émis l'affreuse idée de refourguer notre salle au club embêté. Oui mais, et nous ? Qu'est-ce qu'on irait faire du local que le club abandonnerait ? C'est franchement n'importe quoi. Rob Lucci propose ça pour embêter le Glee Club mais surtout moi et peut-être même X-Drake. D'ailleurs, l'ancien président n'est pas encore au courant des tracas qu'on traverse et j'espère que ça s'arrangera vite comme ça, même pas besoin de l'informer.
Je suis sûr que d'une manière ou d'une autre, il arriverait à se sentir responsable. Dès qu'il s'agit de Rob Lucci, c'est toujours compliqué. Et puis faut dire qu'au Glee Club, ce n'est pas la joie en ce moment. Cette nouvelle a vraiment eu l'effet d'un coup de massue et les frictions déjà présentes m'ont épuisé. Je me suis aussi disputé avec Sabo par la suite. Pour un truc bête qui n'avait rien à voir avec le Glee Club. Malheureusement, je crois que Sabo a fait un raccourci rapide et s'est dit que ça avait forcément un rapport. J'ai ensuite mis les pieds dans le plat en affirmant que s'il avait mieux géré cette affaire, on n'en serait pas là. Je me suis tout de même tout de suite excusé : je sais que c'est entièrement la faute de Rob Lucci.
On est alors passé à autre chose. Normalement.
-Est-ce que vous allez vraiment donner notre salle ? je demande à Sabo.
En tant que président du conseil des élèves, il est le plus à même de m'aider à régler le problème.
-Je ne sais pas, Ace. J'ai l'impression que sur ce coup-là, les autres membres du conseil ne se rangent pas à mon avis... Nous n'en sommes pas encore là, on étudie toujours d'autres solutions mais s'il y a un vote, je crains que vous ne perdiez votre salle... Mais ça n'arrivera pas ! s'empresse-t-il de me rassurer. Je vais faire de mon mieux pour que vous ne soyez pas privés de votre bien.
-Mouais, dis-je, peu convaincu.
Ça attriste Sabo et je sais bien qu'il aimerait faire plus encore. Après une hésitation, il me tire jusqu'à un fauteuil où on prend place. Je le laisse me prendre dans ses bras et me réconforter mais malgré sa tendresse, j'ai du mal à me détendre.
-Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça. De toute façon, il est trop secret pour être complètement honnête...
Que Sabo commence à se méfier de Rob Lucci est la seule bonne nouvelle de la journée. Au moins, c'est déjà ça.
Mardi 13 Février 2018
Je regarde le cadeau que j'ai choisi pour nos 1 an de relation avec Sabo. Franchement, je ne savais pas quoi offrir à mon petit-ami : je ne voulais pas que mon cadeau fasse présent d'anniversaire. Je n'avais pas d'idée parce que je voulais mettre la barre tellement haute que rien ne semblait assez bien. Et puis à un moment, je me suis dis que c'était peut-être stupide d'offrir un cadeau pour ce genre d'évènement. Surtout que si je fais ça, je devrais faire ça tous les ans. Et faire mieux à chaque fois, sans oublier une seule fois de le fêter. Et encore, j'ai de la chance. Comme ça tombe le 14 février, si j'oublie, c'est que notre histoire n'a plus d'avenir.
Finalement, j'ai pris un week-end en amoureux dans une agence de voyage. J'ai choisi de rester dans la région parce que c'est évidemment moins cher mais aussi parce que j'ai découvert qu'il y a de merveilleux endroits à Goa. J'ai hâte de découvrir tout ça avec Sabo. Les dates sont libres alors on pourra partir quand on veut. Je suis sûr que Sabo adorera ça : c'est romantique à souhait et en plus, il aime voyager.
Je range la carte dans mon sac et parcours les derniers mètres qui me séparent de chez moi. En tournant à gauche, je percute brusquement une jeune femme qui sursaute. Ses écouteurs dans les oreilles, elle ne m'a pas entendu approcher et j'étais tellement dans mes pensées que je n'ai pas non plus fait attention à ce qui m'entourait.
Elle me sourit, s'excuse et s'en va sans attendre. Je la suis du regard quelques secondes avant de m'engager dans l'allée. Je comprends alors que cette femme venait de chez moi et que c'est la première fois que je la vois. Elle n'a pas l'air d'être une amie de Mihawk - je me demande d'ailleurs s'il a des amis – ni une connaissance de mon père. Quoique je pourrais me tromper.
J'ouvre la porte et salue Law et Luffy qui descendent au même moment.
-Law a une copine ! crie Luffy.
Mon ami soupire d'agacement et ça me stoppe net dans mes mouvements. J'arrête d'enlever ma veste pour le regarder avec insistance. Il m'envoie un regard blasé et s'en va au salon.
-Quoi ? je dis bêtement.
Luffy sourit, certain que ce qu'il vient de dire m'intéresse, et il a raison bien entendu.
-Alors mon petit espion, qu'est-ce que tu as vu ? Tu ne mens pas, j'espère ? Tu sais que c'est mal, n'est-ce pas ? je l'interroge pour être sûr.
-Oui, je sais.
Il lève les yeux au ciel et je me demande depuis quand il fait ça. C'est moi qui passe pour un gamin maintenant alors que je m'assure juste que Luffy comprenne qu'il ne faut pas raconter des bobards!
-Bon alors, je t'écoute.
Je croise les bras et sourit. Luffy fait pareil. On dirait deux complotistes.
-Il embrassait son amie.
-La femme qui vient de sortir ?
Luffy hausse les épaules et je cours rejoindre Law pour en savoir plus. Je comprends malheureusement assez vite qu'il ne va pas se confier à moi une seule seconde et je grogne de dépit. Je reste assis à côté de lui sur le canapé à végéter et il prend pitié de moi en m'assurant que ce n'est rien d'important.
La fille que j'ai croisée en rentrant est une interne au CHU de Dawn et Law travaille beaucoup avec elle depuis qu'il est là. Ils bossaient sur quelque chose et elle l'a embrassé sans crier gare. Mon ami a alors compris que cette interne avait des sentiments pour lui et elle - Mary – pensait que l'attirance était réciproque. Ce qui n'était pas le cas. Moment très gênant que Law a vite balayé en se recentrant sur le sujet de leur travail. Ce qui fut plus difficile pour sa partenaire qui est devenue encore plus mal à l'aise quand Luffy est entré dans la chambre de Law pour demander ce qu'ils faisaient : pourquoi ils s'embrassaient, est-ce qu'ils sortaient ensemble,…
Mary a fui à toute vitesse.
Je suis mort de rire sur le canapé alors que Luffy continue à harceler Law de questions. Depuis quand s'intéresse-t-il autant à l'amour ? C'est de son âge, je suppose...
Cette Mary m'offre en tout cas une merveilleuse opportunité pour mettre le sujet Jewerly sur le tapis.
-Elle est très différente de Jewerly, je fais, mine de rien.
-Hum…
Law a les yeux rivés sur son portable et je me dis qu'à partir de maintenant, tout ce que je vais dire risque de ne pas atteindre son cerveau. Je le laisse parler à Bepo et m'en vais dans la cuisine pour manger quelque chose. Je range tout de même mon sac avant qui trainait lamentablement dans l'entrée.
-Ace !
Luffy me rejoint dans la cuisine et pendant un instant, il a les yeux rivés sur la tartine que je me fais.
-On mange au restaurant ce soir. C'est Roger qui l'a décidé!
-D'accord.
-Ça va être trop bien! En plus, on va manger des sushis!
-J'adore ça, je lui réponds.
-Moi aussi!
Il sourit et je fais de même. J'aime voir mon petit frère comme ça.
xXx
Je me tourne sur mon côté droit et enfouis ma tête le plus profondément possible dans l'oreiller. Il est moelleux et je m'enfonce sans problème avant que me tête ne rebondisse légèrement. Je soupire et me tourne sur la gauche avant de me dire que non, finalement, sur le côté droit, je suis plus à l'aise. Je m'emmitoufle convenablement avec mon drap, recouvre ma tête et respire lentement. Malheureusement, ce n'est pas pour moi et très vite, je balance mon drap aux pieds de mon lit et me lève. Je ne sais pas comment les gens font pour dormir comme ça : en plus d'avoir chaud, j'ai du mal à respirer. Cela dit, mon plus gros problème réside dans le fait que j'ai une envie urgente d'aller aux toilettes. C'est horrible de devoir se lever alors qu'on a tellement sommeil, surtout que ça fait tout juste deux heures que je suis au lit. Pour une fois que je m'endormais vite en plus...
Fatigué et un peu énervé, je me dirige avec empressement aux toilettes. Je reste ensuite bien trop longtemps à mon gout à fixer la porte d'entrée puis n'y tenant plus, je finis par aller vérifier qu'elle est bien fermée. Une fois, puis une deuxième, et encore une troisième fois sans trop y réfléchir. Je m'arrête là. Je reste debout devant la porte à me demander ce que je fais. Il est pratiquement minuit, je devrais être dans mon lit. Je ne veux pas replonger dans mes mauvaises habitudes dont j'avais pratiquement réussi à me débarrasser. Effectuer cette vérification ne m'a rien apporté. Pas d'apaisement, pas de sentiment de sécurité. Ce n'était même pas pour faire taire la voix dans ma tête. Juste une habitude inutile qui a du mal à disparaître.
Je m'éloigne et monte l'escalier. Je m'arrête au palier, indécis.
N'y pense pas.
J'affiche un rictus agacé. On dirait qu'il m'a suffi de penser une seule fois à mes tocs et cette voix, ce démon en moi qui me murmure des choses refait son apparition. C'est avec un grand sentiment de honte et de désespoir que je passe mon chemin. Je me dirige vers la salle de bain qui se situe à cet étage et sans attendre, vérifie les robinets. Je fais la même chose avec les fenêtres en bénissant le fait que personne ne soit là pour me voir me ridiculiser.
Un quart d'heure puis presque 30 minutes du même manège s'écoulent. On dit qu'une personne atteinte de trouble obsessionnel compulsif passe au moins une heure à réaliser ses rituels en une journée. Je n'ai jamais calculé le temps que je perdais chaque jour mais je sais que j'étais bien au-delà. Il faut à tout prix que je passe moins d'une heure à faire mes vérifications. J'ai déjà passé dix minutes ce matin à vérifier mon sac et également que la porte de la salle de bain était bien fermée. Cinq autres petites minutes plus tôt pour mon réveil et là, je viens de passer une demi-heure à tourner en rond dans la maison pour vérifier des choses inutiles. Ça veut dire que j'en suis déjà à trois quart d'heure.
J'essaie de me raisonner, d'écouter ma fatigue, de me dire que si tel endroit est mal fermé ou n'importe quoi d'autre, ce n'est pas grave. Rien de désastreux ne va arriver. Il faut que j'arrête de penser au pire à chaque fois. Je me vide la tête et prends de grandes inspirations. J'essaie d'appliquer les exercices que je fais certaines fois avec César et ça marche. Petit à petit, je sens ce sentiment d'urgence me quitter, arrêter de comprimer ma poitrine. Je suis plus léger.
Je reprends lentement pied avec la réalité et prends soudain conscience de la voix de mon père à quelques pas de moi. Il est dans son bureau et téléphone certainement à ses collaborateurs. Je n'arrive pas à croire qu'il travaille si tard. Je soupire et tourne les talons dans le but de regagner ma chambre mais un mot attire mon attention.
J'hésite puis me rapproche de son bureau.
Je ne suis pas certain mais il me semble avoir entendu les mots « trois grandes puissances ». Marco nous en avait touché quelques mots pendant un de ses cours mais il était resté si vague qu'au final, on était sorti avec des questions plein la tête. En tout cas, c'était mon cas. Curieux, j'ai fait des recherches qui ne m'ont mené nulle part. Je suis étonné d'entendre mon père parler de ça. Il me semblait que le sujet des trois grandes puissances était assez secret et que seules certaines institutions étaient au courant de la définition cachée derrière ces mots.
-Je te donne le feu vert, dit-il, la voix empreinte de sérieux. Il est évident qu'il a des projets plus grands encore. Newgate m'a soufflé qu'il désirait peut-être prendre la place d'un des Quatre Empereurs.
Un silence et il soupire.
-Je suis d'accord avec lui. Je suis affaibli et il le sait, je pense que c'est pour ça qu'il a bougé ces pions dans ce sens-là.
J'avale ma salive, anxieux. J'avais réussi à me calmer tout à l'heure mais tout mon stress est revenu d'un coup et j'ai les mains moites. Mon cœur bat fort pour une raison que j'ignore. C'est le silence de l'autre côté de la porte et je me dis que soit il s'est éloigné, soit la conversation s'est finie sans que je le comprenne. Et puis, je l'entends se déplacer. Je comprends trop tard qu'il sort de son bureau.
Je m'enfuis en courant en étant persuadé qu'il ne faut pas qu'il me trouve là. Ma fuite est loin d'être discrète mais tant pis. Même s'il sait que quelqu'un l'écoutait, il ne sait pas forcément que c'est moi. Et s'il me pose la question, je nierais. Je ne sais pas encore l'importance de la conversation que j'ai surprise...
Mercredi 14 Février 2018
-C'est bizarre, lance César.
Allongé sur son canapé – il a redécoré son cabinet –je lui jette un regard en biais. Ses fins sourcils noirs sont froncés et il touche son menton dans un geste répétitif de caresses comme s'il avait une barbe à lisser. Son habituel carnet tient en équilibre précaire sur ses genoux croisés. Le stylo noir qu'il utilise pour le noircir est tombé depuis longtemps par terre.
-Quoi donc ?
Je pose la question mais je ne suis pas sûr de véritablement vouloir connaitre la réponse.
-Eh bien, vois-tu, nous somme le 14 février. C'est donc la fête des amoureux.
Je ne dis rien et me contente de poser sur lui un regard blasé. Venant de César, je m'attends à tous sauf à quelque chose de sérieux.
-Tu n'as pas l'air très joyeux, mon garçon alors que depuis je ne sais combien de temps, tu n'arrêtes pas de me parler d'à quel point tu respires le bonheur avec Sabo.
-Je ne me souviens pas…
Il m'interrompt d'un signe de la main et esquisse un grand sourire.
-En ce merveilleux jour des amoureux, les personnes ayant la chance d'être en couple passent leur temps à se bécoter, à étaler leur bonheur! La plupart du temps, ça se finit au plumard, résume-t-il et j'attends de voir où il veut en venir. Je présume donc que si tu fais la tête, c'est que ta saint-valentin laisse à désirer.
-Pas du tout. Avec Sabo on se prévoit un petit week-end en amoureux pour après les régionales. Ça va bien de ce côté-là. Il m'a en plus offert un pull avec une photo de nous et désolé de vous décevoir mais je ne pense pas que ça se termine au plumard.
-C'est toi que tu déçois, bougonne-t-il.
Comme à chaque fois que mon psy se trompe, il se vexe et fait la gueule. Certaines fois, je doute vraiment de sa maturité.
-Qu'est-ce qui explique ta morosité alors ? Tu ne m'as parlé que de choses sans intérêt jusqu'ici.
Il feuillète le carnet et le jette sur la table basse en soupirant.
-En fait, c'est mon père. Je ne sais pas, j'ai l'impression que je ne sais pas réellement qui il est, dis-je.
Je ferme les yeux et repense à cette conversation surréaliste que j'ai surprise tard dans la nuit. Ça m'a travaillé toute la matinée et quand j'ai disposé d'une heure de pause, je suis parti à la bibliothèque pour faire des recherches. J'avais laissé mon ordinateur dans mon casier alors j'ai utilisé ceux de la bibliothèque. Sans grande surprise, je n'ai rien trouvé du tout. Pire que ça même, à plusieurs reprises, un message est apparu sur l'ordinateur me signifiant que mes recherches n'étaient pas appropriées et allaient à l'encontre de plusieurs lois. C'était un long message d'une dizaine de lignes surlignant surtout la dangerosité de ma curiosité dont je n'ai retenu que le début. L'une des bibliothécaires est d'ailleurs venue me trouver, ayant reçu une alerte sur son ordinateur. J'ai trouvé ça tellement fou que je n'ai rien osé répliquer quand elle m'a demandé de sortir.
Je ne sais pas comment mon père est au courant de tout ça alors que les informations sont si protégées. Pire que ça, il a même l'air d'être impliqué. De qui parlait-il ? A qui parlait-il ? Il disait être affaibli, qu'est-ce que ça signifie exactement ?
C'est vrai que j'ignore presque tout de mon père finalement. En venant vivre à Dawn avec lui, nous avons créé une complicité. J'ai découvert le nouvel homme qu'il est devenu. Mais je me rends compte à présent que je ne vois que ce qu'il veut bien me montrer. Que s'est-il passé pour lui pendant toutes ces années où nous avons été séparés et qu'il a dû obéir à ses parents et reprendre l'entreprise familiale, épouser Hancock et se façonner une nouvelle vie ?
-J'ai peur pour lui…, je finis par confier.
Et comme tout ce que je dis, César s'empresse de le noter sur son carnet.
« Les seules limites de nos réalisations de demain, ce sont nos doutes et nos hésitations d'aujourd'hui.»
Eleanor Roosevelt
Sabo
Jeudi 15 Février 2018
Aujourd'hui, l'entrainement de basket s'est fait dehors : nous avons partagé le terrain du club d'athlétisme. Nous avons fait un entrainement commun à la fin qui s'est avéré très amusant. J'ai ainsi pu renouer avec Owen, Gardoa et Léo. Ça m'a rappelé les entrainements qu'on avait faits l'année dernière pour l'épreuve de relais. Je transpire dans mon uniforme de basket et peine à reprendre ma respiration mais peu importe. Au fond, je ne suis pas fatigué. Je me suis tellement amusé que je pourrais continuer pendant des heures. Mais il est temps de ranger. Tout le monde s'aide et les deux clubs discutent ensemble. On s'entend très bien et je pense qu'il serait intéressant de réitérer l'expérience. Ce sera même sûr et certain étant donné que notre gymnase ne sera plus disponible maintenant.
Des travaux sont en cours pour remplacer le parquet vieillissant du terrain. Pour ma part, je le trouvais très bien. C'est vrai qu'il grinçait quelques fois mais ce son était agréable, rassurant, et faisait partie de nos entrainements.
C'est vraiment de l'argent mal utilisé surtout quand on sait que certains clubs ont besoin de fond notamment pour acheter de nouveau matériaux...
Enfin bon, j'essaie de ne pas trop y penser.
-On recommence demain ? propose Owen.
Je lui tape dans la main et souris.
-Bien sûr. Le club d'athlétisme est très drôle.
-C'est vrai que nous avons bonne réputation, ajoute Gardoa en regardant ses ongles.
-Le club de basket est aussi très sympa.
Léo me tapote le dos et s'en va rejoindre une des filles du club qui pratique le saut en hauteur.
On termine tous les trois de ranger en silence et c'est étrange mais il me semble que Gardoa me jette beaucoup de regards. Mais quoi qu'il ait à me dire, il reste pour ainsi dire muet et à la fin du rangement, s'en va en me saluant normalement.
Owen reste encore avec moi et regarde le châtain partir en rigolant. Je l'observe faire, amusé, et l'interroge du regard.
-Non, c'est juste que décidément, il ne changera jamais.
Il sourit et commence à marcher vers les vestiaires. Je le suis.
-Il voulait te demander si tu avais des nouvelles de Cavendish. Tu sais, c'est sa grande star.
-Oui, il m'a dit qu'il aimerait bien faire pareil que lui plus tard.
-Les fans du mannequin se sont beaucoup inquiétés pour lui et se sont rassemblés sur les réseaux sociaux pour lui montrer leur soutien.
-Ah bon ? Je n'en savais rien.
On pénètre dans les vestiaires des garçons : on est un peu serré mais rien de catastrophique. Je me change aux côtés de Gin qui se plaint d'avoir un énorme bleu dans le dos. Après avoir regardé, je lui confirme que c'est vrai. Comme il est déjà tard, les élèves ne s'attardent pas et le vestiaire se vide assez vite.
Owen et moi échangeons un regard et c'est naturellement que nous reprenons notre conversation.
-Cette révélation leur a glacé le sang, ils se sont tous énormément émus.
-Oui…ça n'a pas été une période facile, je confie.
-Tu peux me croire, les fans ont tous été très en colère d'apprendre que le journal s'était trompé, surtout Gardoa. Il n'aime plus trop les journalistes maintenant, rit-il.
-Quoi ? De quoi tu parles ?
Je suis perdu et me demande de quelle erreur Owen peut bien parler.
-Quoi, tu n'as pas lu l'article où le magazine s'excuse et reconnait avoir été trop vite en besogne en ne prenant pas le temps de vérifier ses sources?
-Non. Non, je n'ai pas entendu parler de ça.
Je ne me rappelle pas non plus que Cavendish m'en ait parlé à vrai dire.
-Eh bien, c'est un sacré revirement de situation si tu veux mon avis. Gardoa voulait s'assurer auprès de toi que son idole va bien.
-Oui, ça va mieux. Je demanderais à Cavendish si je peux passer son numéro à Gardoa. Je sais qu'il laisse une certaine distance avec ses fans mais je peux toujours essayer.
-Si tu y arrives, je crois que Gardoa te vénèrera toute sa vie.
On rigole tous les deux avant d'être subitement interrompus par une Perona en colère qui, faisant fi des convenances, entre dans le vestiaire des garçons. Pour ma part, je suis habitué au caractère de Perona et ne m'étonne que quelques secondes de son apparition. Owen cependant la regarde approcher, assez amusé, et encore torse nu.
-Bah alors ça fait dix minutes que je t'attends! Pire qu'une fille, soupire-t-elle. Bon sang, combien de temps te faut-il pour te changer ?! m'interroge-t-elle.
-Salut, Perona.
Elle lève les yeux au ciel et répond à ma salutation. Owen aussi lui dit bonjour et c'est à ce moment-là que Perona remarque sa présence. Elle reste interdite et, les joues brûlantes, fixe le torse musclé du brun.
-Mais... Pourquoi t'es à moitié nu ?!
Elle détourne le regard et je suis presque à me pincer tellement ce que je vois me semble surréaliste : Perona est en fait timide avec les garçons ?!
-Parce que je me changeais, répond Owen en rigolant. C'est généralement ce que les garçons font dans les vestiaires des garçons. Pas les filles ? s'amuse-t-il.
-Et tu te crois drôle en plus, lance-t-elle avec dédain. Et qu'est-ce que t'attends pour t'habiller ?!
Owen lève les mains en signe de paix et s'éloigne vers son sac pour terminer de s'habiller.
-Tu voulais me voir ? je demande à la chanteuse du Glee Club.
Elle se racle la gorge et pose de nouveau ses yeux sur moi.
-Le Glee Club voudrait obtenir une audience auprès du conseil des élèves.
-Très bien, je pense que c'est faisable. Mais pas avant le mois prochain, nous sommes assez occupés.
-Bien sûr.
-C'est au sujet du contentieux de votre salle, c'est ça ?
Elle acquiesce.
-D'accord, nous allons faire de notre mieux pour trouver une solution au problème avant la réunion dans ce cas. Inviter les représentant du club de rugby pourrait être une bonne idée également.
-OK, si tu le dis. Tu es prêt ?
-Oui, dis-je, suspicieux.
-Très bien, allons-y.
-Tu veux rentrer avec moi ? je répète, pas sûr d'avoir bien compris.
-Eh bien, oui. Ces imbéciles oseront moins rigoler si je suis avec le président du conseil des élèves. Je suis d'assez mauvaise humeur aujourd'hui alors je me passerais bien des moqueries d'ados pubères qui pensent que le sport c'est la vie et qui trouvent drôle de se moquer d'une fille.
-Oh… Je ne savais pas, désolé.
Je me sens soudain honteux du comportement des garçons du club. Je ne sais pas pour le club d'athlétisme mais je sais pour l'avoir vécu que certains du club de basket ont la moquerie facile. Ce n'est pas méchant pour eux mais c'est un comportement qu'ils ne sont pas supposés avoir. Moi qui pensais qu'on avait tous avancé au niveau de la tolérance...
-On se moque de toi? Pourquoi ? demande Owen qui est lui aussi fin prêt.
-A ton avis ? Tu m'as regardé? soupire-t-elle.
-Oui, il sourit.
Je fronce les sourcils et me demande si ce n'est pas une note de séduction que j'ai senti dans ce oui.
-Tu es très belle. J'adore ton look, tu ressembles à une poupée!
-Hilarant, se vexe Perona.
Elle me tire à sa suite et Owen hausse les sourcils, complètement perdu et démuni face à la réponse cinglante de la chanteuse. Je n'ai pas le temps de le rassurer que Perona et moi sortons déjà du vestiaire.
-Tu sais, Owen n'est pas du genre à se moquer des gens. S'il dit te trouver jolie, c'est certainement le cas. Et il a raison, Perona, tu es très belle. Tu ne devrais pas laisser les autres te faire douter.
Je n'obtiens pas de réponse mais sa main sur mon bras s'est légèrement desserrée.
Vendredi 16 Février 2018
-Tu veux que je t'aide à voir ton frère ?
-Oui, me répond Sanji sans hésitation.
Sa réponse est d'ailleurs si franche que je ne sais pas quoi lui répondre. Je ferme mon casier et m'appuie sur le métal froid. Je fixe Sanji qui, malgré sa motivation et toute sa bonne volonté, a les yeux baissés. Il se mord les lèvres et je devine la culpabilité encore bien présente chez lui. Une élève de seconde arrive et je me décale pour lui permettre d'accéder à son casier. Je soupire et prends le bras gauche de Sanji pour l'entrainer avec moi un peu plus loin. On ressort dehors et je fais enfin face à mon meilleur ami.
-J'aimerais savoir s'il va bien, si… Ichiji et Yonji n'en parlent pas mais je sais qu'il leur manque.
-Tu n'as pas pu en discuter avec eux ? C'est encore tendu depuis qu'il n'est plus là ?
Sanji acquiesce et je ne suis pas étonné de sa réponse.
-J'ai l'impression que l'équilibre fragile de la famille a cédé d'un coup d'un seul et que personne n'a rien vu. Tu vois, quand c'était moi le problème, tout le monde était content. Après tout, je suis juste le vilain petit canard, commente-t-il, la voix vibrante de colère. Je ne faisais pas vraiment partie de la famille de toute façon… Niji, c'est différent et je ne sais pas si ça s'arrangera un jour. Le vieux n'a pas décoléré. Reiju a essayé de lui parler mais il l'a envoyée promener. Même si elle a raison jamais, il n'écoutera jamais l'avis d'une femme. Il est tellement stupide et borné!
-Peut-être que si tes frères lui parl-
-Non.
Il secoue la tête, défaitiste.
-Mon père a une telle emprise sur mes frères qu'ils acceptent tout ce qu'il dit en pensant que ce qui sort de sa bouche fait office de loi ultime.
J'ouvre grand les yeux, choqué par la révélation. Sanji soupire. Pour lui qui y est habitué, ça n'a rien d'extraordinaire.
-Tu as dis que tu m'aiderais, reprend-il.
-Oui, bien sûr.
Je me racle la gorge et détourne les yeux. Je n'ai pas encore dit à Sanji que son grand frère et Zoro se voyaient et franchement, j'aimerais éviter de le lui dire moi-même. Comme Sanji et Zoro ne s'apprécient pas vraiment, ou plutôt se supportent difficilement, je me sens gêné d'apprendre à mon ami ce genre de choses.
-Je vais faire de mon mieux et je te tiens au courant.
Il se contente d'acquiescer.
-Tu penses que je devrais m'excuser ?
Il a l'air perdu et a dû se poser inlassablement cette question sans parvenir à trouver une réponse.
-Comment ça ? dis-je, pas sûr de bien comprendre.
-C'est quand même à cause de moi qu'on en est là. Peu importe ce qu'ils m'ont fait, je n'avais pas le droit de dévoiler son secret comme ça...
-Hum.
Je comprends son dilemme et je suis toujours aussi admiratif de la compassion de mon ami.
-Fais comme tu le sens, Sanji. Si tu n'en éprouves pas le besoin, ne le fais pas. Des excuses qui ne sont pas sincères ne valent rien. Personne ne te blâmera ou ne te jugeras pour ça. Pareil si tu le fais.
Sanji esquisse un sourire et, devinant que cette conversation vient de prendre fin, on retourne à l'intérieur. Les cours vont bientôt reprendre. Je ne sais pas si Sanji arrivera à se concentrer mais bon…
xXx
-Je ne peux pas, Ace !
-Et pourquoi pas ? s'étonne mon petit-ami. S'il te plait, Sabo, insiste t-il.
-Non, Ace! Tu me préviens la veille pour le lendemain! je me plains.
-Où est le problème, Sabo ? rigole-t-il. T'as juste à venir, c'est un simple pique-nique!
-C'est là que tu te trompes.
Je soupire et ferme mon ordinateur avant de le repousser.
La mère d'Ace vient à Dawn ce week-end et Roger a proposé d'aller pique-nique au parc comme le temps est de plus en plus agréable. C'est vrai qu'il fait grand soleil ces derniers jours, les températures restent moyennes mais ce n'est pas un problème. Les vacances arrivent à grand pas et avec ce temps clément, les gens vont pouvoir en profiter pour se détendre et profiter de Dawn. Habituellement, la ville n'attire que des visiteurs de courte durée : les gens ne s'arrêtent généralement pas pour de longues vacances. C'est dommage, il y a tellement de belles choses à voir ici. Les musées sont exceptionnels et la ville est sublime et possède de nombreux monuments historiques. Et puis au-delà de ça, Dawn contient beaucoup de loisirs : il y a plusieurs bowlings, salles de cinéma, salles de jeu. Pour ma part, je ne me suis jamais ennuyé ici mais peut-être que je ne suis pas objectif. J'aime vraiment ma ville, c'est là que je suis né et c'est aussi en contemplant sa beauté que j'ai eu envie de voir ce que le reste du monde pouvait m'offrir.
Je n'ai pour l'instant rien organisé en prévision des vacances à venir. D'ailleurs, pour économiser, je ne pense pas faire grand-chose. Dans tous les cas, je n'avais pas du tout prévu de rencontrer la mère de mon petit-ami demain. Ace fait semblant de ne pas comprendre mais bien entendu que je dois me préparer à cette rencontre! C'est la première fois que je verrais sa mère en tant que petit-ami. Rien qu'à cette idée, je suis soudain très nerveux. Et si finalement, elle ne me trouvait pas assez bien pour Ace ? Je ne sais pas, elle pourrait tout simplement ne pas m'apprécier pour n'importe quelle raison...
J'ouvre grand les yeux sous la révélation et porte aussitôt ma main à ma cicatrice. Je sens les imperfections de ma peau, sa fragilité au niveau du contour de l'œil. C'est immonde. Est-ce que je l'avais déjà quand j'ai vu la mère d'Ace pour la première fois ?
-C'est ma mère, Sabo, elle ne va pas te manger. D'ailleurs, ce n'est pas toi qui dois t'inquiéter de ça mais plutôt moi! Je sens qu'elle va me foutre la honte en te racontant des anecdotes gênantes sur moi. En plus, c'est elle qui t'invite : si tu ne viens pas, elle va se vexer.
-Non, je ne peux pas, dis-je, la voix tremblante.
-De quoi ?! Sabo, tu sais que c'est imp-
Je raccroche avant d'entendre la suite. Je connais bien Ace et je sais qu'il peut me faire changer d'avis. J'inspire un grand coup et sors de ma chambre. Je laisse mon portable sur mon bureau, sachant très bien qu'Ace va me harceler. Je descends et retrouve Cavendish et Shanks au salon. Ils regardent un film que le roux n'arrête pas de commenter et si j'en crois les sourcils froncés du blond, ça l'agace prodigieusement.
-C'est bon, tu as gagné, soupire-t-il.
Il appuie sur la télécommande et s'arrête sur une chaine quelconque qui passe American Dad. J'ignorais que ça marchait encore.
-Pourquoi tu as changé? Il y avait une scène de cul! Déjà que le film était ennuyeux, si tu changes au moment où il se passe enfin quelque chose!
-Tu me désespères.
Je souris et m'assois à côté de Cavendish. Je reste silencieux et les écoute se disputer pour savoir ce qu'on va regarder ce soir à la télé. Normalement, ce genre de scène me fait rire mais là, j'arrive à peine à sourire sincèrement.
-Est-ce que je fais le bon choix ?
-Quoi ? me demande le mannequin.
Je me rends compte que j'ai posé ma question à haute voix. Cavendish et Shanks me regardent, attendant que je développe.
-Non, rien ! je m'empresse de dire, embarrassé. En fait, si…
Je me racle la gorge et fixe le mannequin avec détermination.
-Cavendish, est-ce que tu pourrais maquiller mon… ma brûlure ?
Je le fixe avec espoir et ignore le regard plein d'interrogation de Shanks.
-Oui, sans doute, je peux au moins atténuer son aspect.
Il s'approche de moi et dégage quelques mèches de mes cheveux pour observer plus minutieusement ma cicatrice. Gêné, je détourne le regard, ramenant ainsi mes cheveux partiellement sur mon œil gauche.
-Mais pourquoi d'un coup tu veux la cacher ? s'étonne-t-il.
-Non… Enfin, c'est juste que c'est moche...
Il n'a pas l'air convaincu par mon explication. Pourtant, c'est ce que je ressens.
-Tu es dur avec toi-même, Sabo.
Je fixe Shanks qui soupire.
-Heureusement qu'on n'est pas tous aussi pessimiste que toi. Tu n'en as pas marre de te dévaloriser tout le temps ?
-Ce n'est pas ça...
-Bien sûr que si. Tu sais quoi, Sabo? Je suis bien content de ne pas être à ta place.
Il fait mine de se regarder.
-Quel mec inutile je serais sinon. Avec mon visage disgracieux. C'est vrai, mes cicatrices sont affreuses.
Il touche les trois stries qui barrent sont œil gauche.
-Quoique, ça allait encore, je n'ai juste pas été gâté avec mon satané bras. Je vais finir manchot si ça continue.
-Tu sais très bien que ce n'est pas ce que j'ai voulu dire !
C'est la première fois que Shanks me parle comme ça et ça me fait me sentir super mal. Je n'ai pas fait cette demande pour l'offenser ou lui faire sentir que les personnes différentes étaient dépourvues de beauté. Je suis vexé, énervé et surtout triste qu'il n'ait pas compris.
Sans rien ajouter de plus, je monte dans ma chambre. J'éteins la lumière et me mets au lit. Je rabats la couverture sur moi et sans pouvoir me retenir, me mets à pleurer. Je me sens pathétique à agir comme un gamin.
Samedi 17 Février 2018
Ace m'embrasse puis me prend dans ses bras. Il est content, je le sens, et même si ça devrait me faire plaisir, me rassurer, ça met juste plus de pression sur mes épaules. Je me sens lourd et profite du câlin d'Ace pour essayer de trouver du courage. C'est horrible de voir ça comme un combat mais c'est ainsi que je le ressens. La mère de mon petit-ami est adorable et même si je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de parler avec elle, je sais que c'est quelqu'un de bien et de tolérant qui ne veut que le bonheur de son fils.
Peut-être que malgré moi, je me dis que si Ace a mis autant de temps à lui parler de nous, ce n'est pas pour rien... Je soupire. Je m'embrouille la tête pour rien et cherche inutilement à me mettre la pression. Je pense au pire pour pouvoir m'y préparer. C'est fou, depuis quand ai-je si peu confiance en moi ?
J'étais énervé contre Shanks hier mais au fond, je savais qu'il avait raison. Il aurait simplement pu le dire autrement et essayer de se mettre à ma place. Je ne savais pas comment me conduire avec lui alors j'ai évité de le croiser ce matin. Je me sens honteux et espère pouvoir vite retrouver la relation qu'on avait avant. En me préparant un peu plus tôt dans la journée, j'ai de nouveau demandé à Cavendish de m'aider à masquer ma brulure. Il a accepté sans rien dire et a commencé à travailler sur une petite partie de ma cicatrice pour ensuite me la montrer. Cavendish a un talent mais je suppose que c'est normal, c'est un mannequin. Il connait au moins la base pour pouvoir s'embellir simplement.
Quand il m'a demandé ce que j'en pensais, j'ai bien sûr répondu que ça me plaisait. La marque rosée était atténuée et le maquillage se voyait à peine. Ainsi, elle était moins difficile à regarder. Cavendish m'a ensuite posé une question qui m'a beaucoup perturbé. Une question à laquelle je n'avais pas réfléchi. Qu'allait dire Ace en me voyant comme ça? J'ai beau ne pas assumer ma brûlure, elle fait partie de moi. Et puis, pour être honnête, avant qu'Ace ne me parle de rencontrer sa mère de manière officielle, je vivais avec sans me poser de question. Je n'en avais pas honte, elle était même pour moi un symbole important du combat que je mène.
L'incendie du Grey Terminal, c'est là que mon combat a commencé.
J'ai essayé de me rappeler tout ça avant de partir du loft. Finalement, j'ai enlevé le maquillage et suis parti sans chercher à camoufler ma cicatrice. J'espère de tout mon cœur que tout se passera bien.
-Tu m'as vraiment fait flipper en raccrochant brutalement hier soir. En plus, tu ne répondais même plus à mes appels, me gronde-t-il.
J'esquisse un pauvre sourire et Ace se met à embrasser encore et encore mes joues. Il sait que je ne suis pas très à l'aise et cherche à me détendre. Je l'en remercie.
-Reste naturel surtout. Je m'en voudrais de te faire stresser pour rien.
-Je sais… C'est juste que j'ai peur qu'elle me préfère en tant que simple ami de son fils et beaucoup moins en tant que petit-ami de son fils...
-J'adore ma mère, Sabo, et même si je la fais et la ferais toujours passer avant tout, j'aurais du mal à te lâcher s'il s'avère que ça ne colle pas entre vous. Tout se passera bien parce que je t'aime, j'aime ma mère et elle m'aime aussi. Elle verra qu'on est bien ensemble et tu peux me croire, c'est tout ce qui lui importe.
J'acquiesce et Ace me tire à sa suite. On va tranquillement prendre le bus pour aller au parc rejoindre sa famille. Pendant le trajet, on continue de discuter et Ace m'apprend que Law et Zoro seront présents ainsi que le meilleur ami de Luffy, Usopp. Il m'apprend même que j'aurais pu inviter Sanji aussi si je le désirais mais malheureusement, Ace me dit ça bien trop tard. Pourtant, avoir Sanji à mes côtés m'aurait aidé à me détendre : il m'aurait houspillé d'être si peu à l'aise pour un pique-nique. Heureusement, je m'entends très bien avec Zoro et sa présence m'aidera à désacraliser ce moment. J'étais super content d'apprendre qu'Ace avait parlé de nous à ses deux parents, qu'il puisse partager ça avec eux. Moi, je ne pourrais jamais.
Alors il faut que je vois en cette sortie familiale une manière de découvrir la mère d'Ace et de faire un peu plus partie de cette famille.
Ça me fait sourire et me met du baume au cœur. Faire partie de la famille d'Ace et de Luffy, ça me fait tellement envie.
-Je ne sais pas combien de temps le pique-nique va durer, certainement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de nourriture, rigole-t-il.
-Il y a de grandes chances.
-On pourrait partir avant la fin et aller au loft ou chez moi ?
Il m'embrasse dans le cou et je crois que je n'ai jamais vu Ace aussi câlin. Ca me fait du bien. Je souris et soupire de bien-être quand ses lèvres frôlent ma peau ou quand certaines fois, elles appuient plus fortement. Son parfum, sûrement son gel douche, discret, enivre mes sens et je me blottis contre lui, cachant mon visage dans son cou.
-Merci de me comprendre si bien, même quand je n'arrive pas à te parler. Je t'aime et j'ai hâte que tes parents me racontent des anecdotes humiliantes sur toi...
Je rigole et Ace fait semblant de bouder en s'éloignant de moi. Mais je vois à son sourire qu'il est tout de même rassuré. Le bus est loin d'être vide et si beaucoup nous ignorent, quelques personnes ne peuvent s'empêcher de nous regarder de temps à autre, comme s'ils étaient mal à l'aise ou choqués par notre attitude sans trop savoir quoi en faire. Ace aussi le voit bien mais tout comme moi, il les ignore.
xXx
-Tu étais si mignon, je dis, attendri par la photo que me tend Rouge.
-Je ne l'avais jamais vue celle-là.
Roger observe par-dessus mon épaule la photographie de son fils âgé de 3 ans qui s'amuse à manger du chocolat. Il en a partout autour de la bouche mais ses joues rondes parsemées de taches de rousseur ont été miraculeusement épargnées.
-C'est possible d'arrêter de faire comme si je n'étais pas là ?
Ace s'appuie sur moi et essaie en traitre de me reprendre la photo.
-On aimerait qu'il reste toujours comme ça, soupire Rouge.
Roger acquiesce et je regarde la photo pour ensuite observer Ace qui me sourit. Au fond, il a beau se plaindre, il aime ce qu'on partage à cet instant – même si on se moque gentiment de lui –on passe un bon moment. Et dire que j'étais si stressé au début…
Ace avait raison. Finalement, c'est un simple pique-nique.
Zoro et Law sont restés fidèles à eux-mêmes et sont partis bronzer ou dormir un peu plus loin. Je crois que Luffy et Usopp les ont déjà bien fatigués avant. Quoique pour Zoro, c'est peut-être juste une manière d'échapper à leurs jeux d'enfants. Les deux plus jeunes continuent justement de s'amuser : ils jouent à présent avec des enfants plus jeunes qui sont venus avec un ballon.
-C'est fou ce que tu as changé, je murmure au creux de l'oreille d'Ace.
-Je sais.
Il réussit à me prendre la photo et je fais la moue, déçu.
-Je te reprends ça, interdiction de ramener cette photo chez toi.
Il l'agite sous mon nez et finit par s'éloigner. Il rejoint alors Luffy et le soulève par surprise : celui-ci émet un bruit entre le hurlement et le rire. Ces deux-là se conduisent de plus en plus comme deux frères.
-Ace est un vrai modèle pour Luffy, je suis content de voir qu'ils s'apprécient autant. Ça avait pourtant si mal commencé ! grimace Roger.
-Ace n'est pas un enfant facile mais ça se voit qu'il apprécie le petit Luffy.
La mère de mon petit-ami observe son fils et son visage est serein, empli de joie.
-Dis-moi, Sabo, continue-t-elle. Tu veux bien me parler de toi et d'Ace ?
-Rouge…
Roger sourit et même s'il la réprimande, on sent bien qu'il le dit simplement pour faire bonne figure. Sans doute qu'il s'attendait à cette question. Peut-être attend-il également la réponse.
-Comment ça ?
Je me racle la gorge, gêné.
-Je connais Ace et je sais très bien qu'il s'écoulera mille ans avant qu'il ne me parle naturellement de ses amours. Il a déjà 18 ans et c'est la première fois qu'il me parle de quelqu'un. Je ne suis pas idiote et je sais très bien qu'il y en a eu d'autres mais il ne m'a jamais rien dit.
-Ne te plains pas, j'en sais encore moins que toi, ajoute le père d'Ace.
-Je n'en suis pas si sûre que ça.
Elle secoue la tête, dubitative, et je me demande si c'est le bon moment pour m'enfuir. Comme si les parents de mon petit-ami pouvaient lire dans mes pensées, ils me regardent et leurs visages bienveillants ne me mettent plus vraiment à l'aise.
Au début du pique-nique, je n'ai pas beaucoup parlé avec eux. Un peu avec son père que je connais depuis plusieurs années mais sinon, j'ai plus été avec Ace, Luffy, Zoro et Law. Ça m'a fait bizarre de revoir Usopp, le meilleur ami de Luffy : il est toujours aussi drôle et peureux. L'après-midi s'est déroulé sereinement sous un beau soleil et les éclats de rire à répétition des plus jeunes. Et puis vers 15h30, tout le monde a commencé à se disperser et c'est comme ça que je me suis retrouvé à discuter avec Rouge, Ace et Roger. Et maintenant, Ace est parti. J'essaye de relativiser. Tout se passe si bien que je me demande encore pourquoi je me suis mis dans un tel état de pression hier soir. La question de Rouge ne change rien. Il m'arrive pourtant de plus en plus souvent de faire n'importe quoi. Je suis un peu trop à fleur de peau depuis que j'ai revu mon père. Il faut que je me ressaisisse et que je ne me laisse pas déstabiliser par ses menaces. Il n'est plus rien pour moi.
-Ace est vraiment quelqu'un de merveilleux. Je suis content de pouvoir partager autant de bons moments à ses côtés.
-Tu as l'air très amoureux, commente Rouge. Mais es-tu vraiment sûr de toi et de tes sentiments ? L'amour seul parfois ne suffit pas et tu seras peut-être mis face à des situations que tu ne seras pas en mesure de comprendre sur le coup.
Elle me regarde longuement et à travers ses yeux clairs, j'y lis la même intensité que je retrouve parfois dans le regard sombre d'Ace.
-J'en suis conscient, dis-je sans hésitation. Ace m'a parlé de ses tocs et je sais combien il est difficile certaines fois. Il a également son petit caractère mais ça me plait. Il me fait me sentir vivant.
-Je suis contente que tu nous dises ça. Je le savais déjà mais je suis la maman d'Ace et j'ai ce besoin constant de le protéger. Et comme son père refuse de jouer les méchants en te mettant en garde, je me suis vue obligée de le faire!
-C'est n'importe quoi, se vexe Roger. J'ai confiance en ce garçon alors bien sûr que je ne vais pas lui faire peur en lui disant que s'il fait du mal à mon fils, il aura des problèmes.
-Tu n'es pas le seul à l'adorer. Et puis quand je vois comment Ace est avec toi Sabo, je me dis que mon fils est certainement très heureux. Prends soin de lui s'il te plait.
Ils rigolent tous les deux et je souris aussi même si je trouve la situation étrange. Roger me regarde ensuite et me tapote le dos. Il est détendu et c'est bizarre mais j'ai l'impression que son regard dégage une toute autre émotion, comme s'il pensait déjà à autre chose. Je me détourne quand j'entends Zoro m'appeler : il est à présent avec Ace et les autres enfants et a apparemment besoin d'aide dans la bataille qu'il mène contre les deux collégiens. Je m'excuse auprès des parents d'Ace et rejoins les autres un peu plus loin.
Je regarde une dernière fois Rouge et Roger et les vois continuer de discuter et de rigoler ensemble. Je fronce les sourcils et me dis que j'ai dû rêver. Pourtant j'ai vraiment senti quelque chose d'étrange venant de Roger, comme s'il était inquiet.
Je suis désolé j'ai quelques jours de retard ! J'ai repris le boulot lundi assez tôt et le dimanche je ne pensais déjà plus qu'à ça.
Bon ou sinon j'espère que vous avez tous passé une bonne rentrée pour ceux qui ont déjà terminer leurs vacances. Et à ceux qui travaillent bon courage.
Prochain chapitre le 11/09.
Juste avant de vous quitter j'aurais besoin de conseil ou d'idée. J'ai bientôt fini cette histoire et j'avais envie d'écrire quelques OS ou histoire courtes - 3 à 5 chapitres maximum - mais j'ai tellement d'idée que je ne sais plus où donné de la tête. Je ne veux pas me lancer dans une histoire compliqué au risque qu'elle devienne trop longue et surtout pour ne pas négliger celle-ci. J'avais envie de me replonger dans le couple Ace / Marco que j'adore mais je ne sais pas trop. Je me dis que peut-être les gens ont envie de voir autre chose, surtout que la je ne veux pas faire d'Univers alternatif. Ce qui est plus compliqué parce je veux respecter la cohérence du manga et je ne sais pas si j'arriverais à écrire de la fantasy.
Donc si vous avez des envies ou des sujets, n'hésitez pas ! :)
