Bonjour,
Titre : Once Upon A Time - tome 2...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic
Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.
Bêta correctrice : pommedapi
Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).
Merci à Bastocharde pour son commentaire.
Bonne lecture à tous !
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
.
Chapitre 22
.
« Ce qu'il y a devant nous et ce que nous laissons derrière nous est peu de chose par rapport à ce qui est en nous. Et quand nous apportons au monde ce qui est de nous, des miracles se produisent. »
Henry David Thoreau
Ace
Lundi 19 Février 2018
J'envoie un énième message à Zoro pour déplorer l'attente interminable de ce cirque. J'ai tenu plus d'un quart d'heure sans me plaindre de l'hystérie de mes amis du Glee Club. Tout ça parce qu'on va passer à la télé. Moi, je me serais bien passé de ce cinéma.
Je l'ai appris il y a peu mais en vérité, tous les ans, les favoris du concours national des Glee Club passent dans une célèbre émission de télé où ils parlent d'eux et incitent évidemment le plus grand nombre à les suivre et à les soutenir. On a donc eu l'honneur -si je peux dire - d'être invités par la direction de l'émission à venir sur les plateaux de l'émission Idol. D'après ce que j'ai compris, c'est grâce à nos fans – première nouvelle – qui ont fait énormément de demandes. Ça fait plaisir, enfin je suppose. Il y a aussi la présence de Dellinger dans notre groupe cette année, il ne faut pas se leurrer. De toute façon, je ne me sens pas forcément très à l'aise à l'idée de passer à la télé.
Nous n'avons pas besoin de ça pour nous faire bien voir – ou avoir tout simplement de la visibilité – et recueillir des voix. Après, j'ai beau râler, je comprends l'enthousiasme de mes amis et vais faire de mon mieux pour que tout se passe bien. Et puis, ce serait bien que l'après-midi de cours qu'on rate serve à quelque chose.
Je range mon portable et observe Margaret terminer de natter les cheveux de Dellinger. Tout le monde s'est mis sur son 31. Comme je n'ai pas vraiment de vêtement chic, j'ai hésité à mettre un smoking. J'ai cependant très vite abandonné l'idée pour m'habiller normalement. On vient dans cette émission pour parler de notre Glee Club, certainement pas pour savoir si telle personne a bien porté le dernier vêtement à la mode. Surtout que sur ce sujet, je suis complètement à la masse. La dernière fois que je me suis acheté des vêtements, c'est quand Perona est entrée dans ma cabine et que j'ai accidentellement touché sa poitrine...
Enfin, voilà quoi.
-Vous pouvez y aller.
L'homme qui vient de parler travaille pour le studio, l'émission. Je ne saurai dire. Il a simplement lâché son information avant de se barrer.
On se regarde tous, un peu perdus, avant que Shirahoshi ne se lève et n'inspire un grand coup. Margaret lui prend les mains et l'encourage silencieusement. On se met très vite en route : on ne voudrait surtout pas énerver les organisateurs de l'émission. On pénètre rapidement sur le plateau sous les applaudissements des quelques privilégiés qui peuvent assister à l'enregistrement. L'émission sera diffusée à la télé ce soir à 21h : autant dire qu'on sera tous devant notre télé.
Quand dimanche Brook nous a appelés un par un pour nous annoncer qu'on allait passer à la télé, on a eu du mal à y croire. J'ai très vite communiqué la nouvelle à mes parents et si ma mère était super heureuse et compte ramener les voisins avec elle devant la télé ce soir, pour mon père, c'était une autre histoire. Il n'avait pas l'air très emballé et ma même conseillé en substance de renoncer à ce coup de pub. Je partageais son avis mais j'ai été étonné par sa position. Malheureusement, il oublie que ce n'est pas moi qui décide: en plus de mes amis, notre lycée est évidemment ravi de l'aubaine. Et de toute façon, je ne vois pas ce qui pourrait arriver de mal. Je ne suis pas vraiment convaincu du bien fondé de cette émission mais on ne perd rien à essayer.
Je soupire et reçois un coup de coude de Perona qui se veut discret. Je pense au fait que je n'ai pas mis mon portable en silencieux quand je le sens vibrer. Certainement Zoro qui me répond.
La présentatrice, une certaine Savrin, ancienne critique culinaire qui s'est depuis longtemps reconvertie en présentatrice télé, officie à la présentation de l'émission Idol depuis tout juste un an. C'est tout ce que je sais d'elle. Pour moi, tant qu'elle est sympa, je me fous un peu du reste. Alors qu'elle présente le Glee Club et le principe de l'émission, je la détaille. Savrin est une grande femme en surpoids avec de grosses joues. Elle est néanmoins très jolie et a l'air d'assumer parfaitement son corps. Elle a un petit nez retroussé et des sourcils fins. Ses yeux sont soulignés de bien trop de maquillage d'après moi, mais ce n'est que mon avis. Avis d'un mec qui ne porte aucun intérêt au maquillage. Ses cheveux sont coiffés en chignon et elle porte une robe courte sans manche. Sa tenue est accessoirisée par des bijoux en forme de fruits.
Bon, c'est parti pour une heure d'émission.
xXx
-Tu ne viens pas, Ace ?
Mon père, un bol rempli de popcorn sucré à la main, attend ma réponse avec attention. Il est 20h55 et dans environ 5 minutes, l'émission Idol présentée par Savrin va commencer. Tout le monde est réuni devant la télé : Law et Luffy discutent de je ne sais quoi en attendant la fin de la pub alors que Hancock termine de passer un appel pour les rejoindre. Ils sont à fond. Je parie que du côté de ma mère, ça doit être la même chose. J'essaie de ne pas trop y penser et concentre plutôt tous les neurones de mon cerveau à pondre une excuse assez crédible à mon père qui me permettrait d'aller directement dans ma chambre sans passer par la case « on regarde tous le Glee Club à la télé ».
-Tout le monde t'attend, ça va commencer.
-OK.
Je n'ai même pas essayé de me défiler.
Je m'assois à côté de mon père et regarde les diverses pubs défiler en me disant que comme l'émission n'était pas en direct, ils ont pu enlever les moments gênants ou pas assez lisses pour passer à la télé. En tout cas, je l'espère fortement.
Le flot de pubs se termine et le générique d'Idol commence. Comme je le pensais, l'émission n'est pas tout à fait retranscrite de la manière dont on l'a vécue cette après-midi.
Tout de suite après le générique, on est présenté par l'animatrice avant de monter sur scène et d'interpréter une chanson. En vrai, on est monté sur scène qu'à là fin et on n'a pas franchement été bons : ce n'était pas prévu ou plutôt, personne n'a jugé utile de nous dire que l'émission ne serait pas faite que de questions et de réponses. On sait bien que certains Glee Club et que beaucoup d'artistes se produisent lors de l'émission mais généralement, c'est prévu, organisé. On a donc dû se préparer à la dernière minute et le résultat n'est pas fameux. On a improvisé une chanson comme ça, une qu'on avait déjà pratiquée au club. Aucun de nous n'avait pu s'échauffer auparavant et forcément, le résultat a été très en dessous de nos capacités. Il faut aussi avouer qu'après tout ce qui s'était passé dans l'émission, on n'était pas forcément pleinement dans notre performance.
Le mettre au début donne juste l'impression qu'on n'a rien de très dangereux et qu'on n'est pas forcément bon. Merci bien.
Bien entendu, Roger et Luffy sont entrainés par la musique. Ils n'y connaissent rien mais tant pis, je dois dire que sur ce coup-ci, ça m'arrange. Law observe attentivement ce qui se passe avec son habituel visage impassible. Je ne sais pas ce que fait Hancock. Il me semble qu'elle n'a toujours pas fini son appel.
La chanson se termine et la séquence sur l'interview arrive. Je passe mes mains dans mes cheveux à plusieurs reprises : ça ne devrait plus tarder.
-En tout cas, votre Glee Club est assez unique. Vous êtes un groupe de jeunes hétéroclites, elle rit. J'ai entendu dire que personne n'avait voulu rejoindre votre groupe.
-Il vaut mieux la qualité à la quantité, rétorque Dellinger.
-C'est bien vrai!
Ils se sourient et je me dis que ces deux là se sont bien trouvés. Décidément, Dellinger a le chic pour bien s'entendre avec tout le monde.
A ce moment-là de l'interview, je n'ai pas encore dit un mot et franchement, ça m'allait très bien. C'est vrai qu'habituellement, je ne suis pas très fan des plantes vertes mais faut croire que pour une fois, c'était loin d'être mon problème. J'observe mon père et Luffy qui ont les yeux rivé sur l'écran : on dirait qu'il regarde un Block Buster super impressionnant à la télé. Ce n'est qu'une émission de variété connue seulement des amateurs de musique ! D'ailleurs, ça m'arrange beaucoup. Au moins, je peux me réconforter avec cette pensée.
-Tu dis rien du tout, Ace ! se plaint Luffy.
-Ouais.
Malheureusement, ça ne va pas durer. Pourtant, ça se passait si bien…
A l'écran, plus d'une demi-heure d'émission s'est déjà écoulée. On continue de parler de notre Glee Club avant d'évoquer nos concurrents.
-Dellinger, vous étiez à Dressrosa l'année dernière, non ? Pourquoi avoir changé d'établissement, d'autant plus qu'avant, vous étiez épaulé par Doflamingo et étiez imbattable !
Dellinger allait justement répondre mais s'était fait couper par la présentatrice qui avait alors braqué ses yeux trop maquillés sur moi. L'attention étant soudain sur moi, je m'étais redressé afin de paraitre un minimum concerné.
-Qu'en pensez-vous…
Elle avait lu mon nom sur une de ses fiches. Je me souviens qu'à cet instant, je me suis fortement demandé si elle ne se foutait pas de moi. Elle avait pourtant retenu celui de tous les autres. On ne peut pas non plus dire que le mien soit le plus difficile !
-Ace, finit-elle par sortir.
-De quoi ?
Des rires fusent dans le public et c'est pareil sur le canapé du salon.
-Eh bien, beaucoup de personnes ont été étonnées d'apprendre que Gol D. Roger sponsorise le Glee Club de Marie-Joa.
-Pourquoi ?
-Eh bien, vous savez…
Je l'avais regardée longuement, me demandant bien où elle voulait en venir. Elle n'avait pas eu l'air très à l'aise et avait regardé quelque chose au loin. Le silence s'éternisait et mon portable vibrait encore. Tout le monde l'avait entendu et Perona m'avait fusillé du regard.
-C'est mon père. Je présume que comme il pouvait, il a filé un coup de main à son rejeton, dis-je en espérant que la gothic lolita arrête de m'assassiner du regard.
-Ah oui, effectivement. Je me demandais, pourquoi ne portez-vous pas le nom de votre père ?
-En quoi ça vous regarde ?!
Ma réponse avait claqué si durement que j'ai reçu de l''animatrice un regard choqué.
-C'est personnel !
-Bien entendu mais, enfin, voyons, rigole-t-elle et je finis de décider que je ne l'apprécie pas.
-Vous êtes ici pour vous dévoiler, parler de vous, de vos aventures, donner envie aux gens de vous soutenir dans ce concours impitoyable qu'est celui des chorales !
A côté de moi, Law a les yeux fixés sur l'écran et rigole.
-Je sens la connerie arriver. Mais gros comme une maison.
Je grogne et Luffy rigole aussi.
-Donc, revient-elle à la charge.
Je l'avais défié du regard comme pour lui montrer que je ne comptais pas lui répondre. Les lèvres scellées, je l'avais laissée se dépêtrer de mon refus. Dellinger lui a sauvé la mise.
-Si ça intéresse quelqu'un, je sors avec une étudiante de 21 ans. Je trouve ça étonnant qu'on n'en ait pas encore parlé, se lamente-t-il.
-Je croyais que tu étais gay? s'étonne Perona.
-Je n'ai jamais dit ça! répond-il.
-Il a raison, ajoute Margaret. Tu imagines toujours à tort que tous les garçons un peu mignons ou efféminés sont gays. Je te ferai dire qu'Ace n'est ni l'un ni l'autre et que Sabo sortait avec une fille il y a encore un an.
-Je ne suis pas efféminé ! s'indigne Dellinger.
Je dois dire qu'à ce moment-là, je n'écoutais pas vraiment leur petite dispute de gamins. Je ne la sentais pas cette bonne femme. On se regardait toujours en chien de faïence. Et puis, Savrin a ri, amusée par le spectacle qu'offraient les autres membres.
-Eh bien dis donc, je vois que vous êtes un sacré groupe! Nous avons la grande perche. La… Comment on appelle ça ? Ah oui, gothic lolita. La fille banale. Le minet et le gay qui essaye de se donner un air de bad boy ou le contraire !
Elle rigole et bien entendu, le public la suit.
-Comme c'est amusant ! En tout cas ce qui est sûr, c'est que votre Glee Club dénote par rapport aux autres et attirera à coup sûr l'attention des curieux !
Elle continue de parler et je me saisis alors de la télécommande pour changer de chaine. Hancock revient à ce moment là et je zappe sur une chaine où une émission de shopping passe.
-Hé, c'était pas fini ! rouspète Luffy.
-Ce n'est pas grave. Ça devenait pourri de toute façon.
-Je suis sûr que t'as fait un truc horrible dont t'as honte et que c'est pour ça que tu ne veux pas qu'on regarde la fin, me nargue Law.
-Sans doute mais je trouve que mon fils s'en est plutôt bien sorti. A sa place, ça fait longtemps que j'aurais envoyé cette femme paitre.
Je me sens à la fois gêné et fier de la confidence de mon père. Pour cette raison, je vais éviter de lui dire que cinq minutes avant la fin de l'émission, j'ai donné un coup de pied rageur dans la table basse, j'ai mal contrôlé ma force et tous les verres sur la table se sont renversés.
Malheureusement, ma mère elle, va voir cette scène horrible et ce ne sera pas la seule.
Mercredi 21 Février 2018
-Je suis sûr que t'exagères ! je râle alors que j'essaie d'allumer du mieux que je peux ma cigarette.
Il est dix heures et j'ai la furieuse envie d'une cigarette. Il y a des jours comme ça où on sait qu'on va passer une mauvaise journée : c'est exactement ce que je me suis dit quand en ouvrant un œil, j'ai remarqué qu'il était 8h. Bien entendu, à cette heure-là, j'aurais dû être derrière mon bureau à essayer de me retenir de bailler alors que mon prof de science expliquerait de manière enflammée une de ses vérités irréfutables qu'il apprécie tant. En gros, j'étais en retard et si en soit c'était embêtant, ce n'était pas non plus la fin du monde pour moi. Ça a dégénéré quand je me suis pris le coin de mon meuble dans ma salle de bain. J'ai souffert pendant cinq minutes et ai été obligé de dire adieu à mon petit orteil. Comme j'avais faim, malgré mon retard, j'ai tenu à boire un café afin d'avoir un truc dans l'estomac : le café pouvait aussi terminer de me réveiller. Je ne sais pas comment j'ai fait mais j'ai failli m'ébouillanter. J'ai filé en cours énervé et pas très serein. Je me demandais quelle connerie allait encore m'arriver.
Je me suis fait engueuler en entrant dans ma salle de classe déjà pleine et ai ignoré les commentaires des quelques rares spécimens qui avaient visionné le programme Idol.
Concernant cette histoire, je pensais vraiment que ma mère m'aurait engueulé ou même renié. Mais je l'ai eu au téléphone hier et en fait, ça la plutôt faite rire. Tant mieux. Cette seule expérience ne m'aura pas donné envie de refaire de la télé et ma mère m'a vivement approuvé, même si elle a plus critiqué la dénommée Savrin. C'est vrai qu'elle n'était pas mal dans son genre.
En réalité, ça a fait rire plus de monde que ça n'en a choqué et étonnamment, on a gagné en popularité. Ce n'est pas moi qui gère ça mais Perona qui se frotte les mains. Si elle est contente, je le suis aussi. J'ai également pu parler tranquillement avec Margaret qui s'est expliquée sur sa révélation inopinée quant à ma vie intime à la télé. Elle ne voyait pas le mal de dévoiler ce pan de ma vie étant donné que Sabo et moi assumons pleinement notre couple. Dans un sens, elle a raison : mes parents savent et le père de Sabo est un connard. Pourquoi s'obstiner à rester discret, c'est ridicule. J'ai compris son raisonnement mais j'ai apprécié qu'elle s'excuse : elle a tout de même reconnu le fait que ce n'était pas à elle de le dire.
Pour l'heure, je suis en train de discuter avec X-Drake. Je suis content de l'avoir au téléphone. Avec ce qui s'est passé la dernière fois au bowling, j'aurais cru qu'il me ferait la gueule pendant un long moment. Heureusement, ça n'a duré que quelques jours. Rui est son ami et de ce que j'ai compris, ils ont des liens assez forts. Le roux se sent responsable du blond alors forcément, il a mal pris les remarques de Zoro. Bon, j'ai essayé de le rassurer mais il préfèrerait que Zoro s'excuse face à Rui. Je ne sais pas si Zoro le fera, ce n'est pas trop son genre à vrai dire.
-Je t'expose simplement mon avis, rigole-t-il. Vous avez déjà commencé à répéter pour les régionales ?
-Ouais, on a eu la liste des chansons et on ne fait que ça presque tous les soirs. On a encore ce fichu rendez-vous pour choisir nos tenues...
-Je suis content d'échapper à ça, bonne chance.
-Merci. Ah, je regrette le temps où t'étais là! Toi au moins, tu me comprenais…
-Pauvre petite chose.
Il n'essaie même pas d'être compatissant mais peu importe.
-Avant, Margaret aussi était dans le même clan que moi mais, depuis l'épisode Rob Lucci, on a du mal à être aussi proche. J'adore Shirahoshi mais je ne me vois pas plaisanter de tout avec elle comme je peux le faire avec les autres. J'ai trop de mal à suivre Perona pour la comprendre et Dellinger est aussi déluré qu'elle.
-C'est vrai que décrit comme ça, j'ai l'air super.
-Tu réagis toujours de cette manière aux avalanches de compliments ? C'est marrant, les gens ont beaucoup de mal à accepter les compliments, je me lamente.
-Qu'est-ce que tu veux, c'est la société qui fait ça. C'est comme les prix qui montent, on n'y peut rien.
-C'est ça, oui.
En revanche pour le sarcasme, c'est loin d'être le dernier.
-En fait, je me demandais si à tout hasard, si t'étais pas trop occupé cette semaine, si ça t'intéresserait de venir nous voir répéter?
-Oh, ça fait beaucoup de « si ». Mes oreilles ne sont pas loin de saigner, les pauvres.
-Elles s'en remettront, je le taquine. Alors ?
-Je ne sais pas. J'aimerais bien en tout cas. Peut-être pas cette semaine mais bientôt j'espère.
-OK, je compte sur toi.
xXx
-C'est un questionnement légitime ! s'indigne Perona.
-Arrête de faire des chichis, y a que toi que ça gêne, soupire Dellinger.
-Il n'y a surtout que toi qui a remarqué, dis-je.
-Comme c'est étonnant.
Je lui souris et elle me tire la langue. Je me retiens de rigoler franchement : je risquerais de la vexer encore plus.
-Ma demande n'a rien de farfelue à ce que je sache! Shirahoshi chante plus que chacun d'entre nous! Si ça ne vous pose pas de problème tant mieux pour vous mais moi, j'en ai marre! C'est vrai qu'elle chante très bien mais d'un point de vue « beauté de la voix », je la dépasse largement et je ne vais pas m'effacer juste parce qu'on a l'habitude de faire comme ça ou parce que justement, jusqu'ici ça a marché!
-Oh.
On regarde tous Brook qui vient de lâcher cette exclamation penaude. Sentant certainement qu'il doit à cet instant intervenir, il se lève et inspire un grand coup. Il s'enveloppe de toute sa prestance et de l'autorité qu'il doit normalement exercer sur nous et se poste devant Perona.
-Je comprends tes sentiments. Peux-tu me montrer ta culotte ?
La gothic lolita serre les dents et Brook, déçu, soupire. Il aura essayé. Sa petite plaisanterie qui n'en est peut-être pas une n'aura pas faite rire Perona.
-Même si j'entends ton raisonnement et ta lassitude, il faut que tu comprennes que ce n'est pas fait exprès et que l'attribution des lignes n'est en rien faite pour favoriser une personne plus qu'une autre. C'est effectivement très rare que vous ayez tous le même nombre de mots chacun. Si vraiment c'est une source de problème pour toi, tu peux toujours voir avec tes camarades pour changer certaines choses. Et je suis sûr qu'ils le feront car ils ont à coeur l'intérêt du groupe et c'est pour ça qu'aucun d'eux ne se plaint du nombre de lignes qu'il a.
-C'est malin, maintenant je passe pour une égoïste! Enfin, je dois être tombée bien bas pour que vous me fassiez la leçon !
Elle lève les yeux au ciel et monte avec fracas sur la scène.
-Bon, on s'y met !
Margaret et Dellinger rigolent mais s'exécutent. Shirahoshi, qui avait certainement peur de devoir gérer une crise au sein du Glee Club, soupire de soulagement et finit par prendre place sur scène. Je les rejoins et Brook hoche la tête, satisfait que l'entrainement continue normalement.
-On commence par Apologize.
Il nous passe les paroles où nous avons déjà fait plusieurs annotations précédemment et après avoir pris cinq minutes pour relire et se mettre en condition, Brook met en route la musique.
Je commence à chanter, les yeux rivés sur ma feuille, en faisant attention à la justesse des notes. Au rythme. Ce n'est que la deuxième fois que nous la répétons en groupe.
I'm holding on yourrope,
Suspendu à ta corde,
Got me tenfeet off the ground
A dix pieds au dessus du sol
I'mhearinwhatyousay but I justcan'tmake a sound
J'entends ce que tu dis mais je ne peux pas faire un bruit
You tell me thatyouneed me
Tu me dis que tu as besoin de moi
Then you go and cut me down, but wait
Puis tu pars et coupe les liens, mais attends
You tell me that you're sorry
Tu me dis que t'es désolée
Didn't think I'dturn around, and say...
Que tu ne pensais pas que je te tournerais le dos, et dirais...
It'stoolate to apologize, it'stoolate
C'est trop tard pour s'excuser, c'est trop tard
I saidit'stoolate to apologize, it'stoolate
J'ai dit qu'il est trop tard pour s'excuser, c'est trop tard
Dellinger et moi terminons ce deuxième petit couplet ensemble, doucement, comme une supplication vaine. On entend quelques notes de musique avant que Margaret ne reprenne avec sa voix un peu cassée. Comme elle a une légère angine depuis quelques jours, elle ne force pas trop.
I'dtakeanother chance, take a fall
J'aurais pris une autre opportunité, je serais tombé
Take a shot for you
Je me serais pris une balle pour toi
And I needyou like a heartneeds a beat
Et j'ai besoin de toi comme un coeur a besoin d'un battement
But it'snothin new
Mais c'est pas nouveau
I lovedyouwith a firered-
Je t'aimais d'une flamme ardente
Nowit'sturningblue, and yousay...
Maintenant la flamme tourne au bleu, et tu dis...
"Sorry" like the angelheaven let me thinkwasyou
"Désolée" comme l'ange du paradis que je croyais que tu étais
But I'mafraid...
Mais j'ai peur...
Perona et Shirahoshi chantent avec une implication qui leur est propre. Un peu plus fort. L'impact n'est pas le même. Leurs deux voix si différentes vont pourtant bien ensemble.
It'stoolate to apologize, it'stoolate
C'est trop tard pour s'excuser, c'est trop tard
I saidit'stoolate to apologize, it'stoolate
J'ai dit qu'il est trop tard pour s'excuser, c'est trop tard
Bridge (guitar/piano)
Break (guitare/piano)
It'stoolate to apologize, it'stoolate
C'est trop tard pour s'excuser, c'est trop tard
I saidit'stoolate to apologize, it'stoolate
J'ai dit qu'il est trop tard pour s'excuser, c'est trop tard
It'stoolate to apologize, yeah
C'est trop tard pour s'excuser, ouais
I saidit'stoolate to apologize, yeah-
J'ai dit qu'il est trop tard pour s'excuser, ouais
I'mholdin on yourrope, got me tenfeet off the ground...
Suspendu à ta corde, à dix pieds au-dessus du sol
Shirahoshi termine et ne se retient pas : elle s'est déjà appropriée la chanson et vit ce moment.
Brook nous applaudit et on fait de même. On discute ensuite des améliorations qu'on pourrait apporter à notre prestation, notamment à la gestuelle et à l'utilisation de la scène qui pour ces premières répétions est quasi inexistante.
Avec ça, la course au trophée est lancée. Cette année non plus nous n'allons pas compter nos efforts pour gagner les nationales.
Vendredi 23 Février 2018
Me voilà officiellement en vacances mais repos ou pas, comme l'année dernière, on va encore bosser durement avec le Glee Club. Le concours régional est en avril et il arrivera bien assez vite, surtout si on ne s'entraine pas suffisamment. Nous ne voulons pas avoir de regret et c'est pourquoi nous allons vraiment faire une préparation la plus complète possible avant le jour J. Nous allons d'ailleurs reprendre nos cours de danse avec Ivankov et Inazuma pendant ces 15 jours de vacances.
Il y a ça et c'est très important mais il ne faut pas que j'oublie que je passe le bac cette année. D'ailleurs, ma mère m'a encore tenu un beau discours dessus la dernière fois que je lui ai parlée au téléphone : il faut que je choisisse les options que je veux passer en plus des matières générales. Mais pour ça, il faudrait que je sache ce que je veux faire après le lycée et franchement, je n'en ai aucune idée. Il faudrait peut-être que je prenne rendez-vous avec la conseillère d'orientation, qui sait, ça m'avancera peut-être.
Tout ça me fatigue d'avance. Je soupire et mets mes écouteurs alors que je marche de l'arrêt du métro à chez moi. 800 mètres qui me semblent infranchissables. Il est tard – pas tant que ça en fait - et j'ai faim. Je crois que je n'ai jamais été aussi content de ma vie d'être en vacances.
-Mon garçon.
On pose une main sur mon épaule et je me retourne sur deux types plutôt baraqués habillés comme les men in black. J'enlève mes écouteurs et les regarde, déjà ennuyé.
Je ne dis rien et les deux gorilles discutent silencieusement pour savoir lequel des deux va parler. Ils semblent toutefois se décider très vite. Je hausse un sourcil. Moi qui étais déjà assez fatigué comme ça, voilà que j'ai à faire à des rigolos.
-Portgas D. Ace ? me demande le plus petit des deux, un brun avec une barbe de quelques jours savamment entretenue.
-Il parait. Vous voulez quoi ? Si c'est l'heure, je suis désolé, je n'ai pas de montre, dis-je pour me moquer d'eux.
-Nous sommes simplement là pour te passer un message.
J'observe le plus grand, un blond aux bras bien trop disproportionnés par rapport au reste de son corps.
-Ouais, je crois deviner le genre de message.
Je les observe, blasé. Je n'arrive pas à croire que des gens utilisent encore ce genre de moyen grotesque!
-Est-ce que c'est vraiment sérieux ? je demande finalement.
On ne sait jamais, ça pourrait tout aussi bien être une blague.
Il est 18h40 et la rue, si elle n'est pas bondée, est loin d'être déserte. Amateurs ou idiots, j'hésite quel adjectif attribuer à ces deux lascars.
-Si tu comprends le sens de notre visite, c'est très bien, on gagnera du temps. Outlook veut que tu arrêtes de fréquenter son fils.
Je ne prends pas la peine d'écouter ce qu'ils ont à ajouter et me détourne pour rejoindre ma maison le plus vite possible. J'ai faim et j'ai d'ores et déjà perdu assez de temps comme ça.
Je fais quelques mètres, peut-être cinq ou six, avant d'être violement projeté sur un mur à ma gauche. Je me cogne le visage et en plus de la douleur fulgurante, je sens un liquide chaud et poisseux couler sur mes lèvres. Je saigne du nez, je le sais avant même de le toucher avec mes doigts. Dégouté, j'essaie de limiter les dégâts avec ma main, furieux. Ces deux emmerdeurs n'ont pas choisi leur jour pour jouer aux apprentis hommes de main.
-Cette discussion n'est pas finie. Outlook nous avait prévenus que tu n'étais qu'un petit branleur qui refuserait de nous écouter et qu'il allait falloir qu'on se montre persuasifs.
J'entends un des deux types se craquer les doigts, sûrement pour rendre l'instant plus flippant pour moi mais à vrai dire, ça m'énerve juste davantage. Je déteste ce son et ces deux abrutis sont décidément en train de me mettre dans une colère noire. Le fait qu'ils soient deux ne m'impressionne à aucun moment. Je n'ai pas peur des coups et sais parfaitement en rendre. La douleur n'est pas non plus un problème, elle est même un booster quand il s'agit de remettre à leur place des abrutis pareils. Leurs muscles qui sont là simplement pour faire plus impressionnant, je n'y prête pas du tout attention.
Je me retourne, bien décidé à leur faire payer ce qu'ils viennent de faire, quand je remarque Mihawk à quelques mètres de nous. Je ne l'ai pas entendu arriver. Il me tend un mouchoir et, hésitant, j'avance vers lui pour me saisir du bien. Je me recouvre le nez et le vois très rapidement se colorer de rouge. Merde, je dois avoir le nez cassé.
-Je vais regarder, me propose-t-il.
Je fronce les sourcils et jette un coup d'œil aux deux imbéciles qui, à la vue de Mihawk, ont perdu toute couleur. Ils reculent de deux pas, complètement tétanisés.
-C'est quoi cette embrouille ?! Il ne nous avait pas prévenus que tu connaissais Œil de Faucon!
-Qu'est-ce qu'on fait ?! interroge le blond qui commence déjà à s'en aller.
Le brun ne prend pas la peine de répondre et détale en courant.
-Ce n'est pas moi qui les aie fait fuir, j'espère ? Vous n'aviez pas fini de parler, non ?
-Si c'est bon, je n'avais rien à dire à ces abrutis.
Je commence à marcher vers la maison, décidé à bien me laver.
-Qui était-ce ?
-Des abrutis d'amateur, je répète.
J'ai vraiment tout gagné. Voilà que le père de Sabo m'envoie des gorilles. Celui là alors, je vais lui faire regretter de se mêler de mes affaires !
« Ce n'est pas seulement l'endroit où l'on va qui donne un sens à la vie, mais aussi la façon dont on s'y rend.»
Marc Lévy
Sabo
Samedi 24 Février 2018
-Merci, Shanks !
Je le prends dans mes bras et le serre fort contre moi. Shanks rigole et me rend mon étreinte. Enfin, c'est ce qu'il me semble : je crois sentir sa main tapoter mon dos. Grâce à lui, je vais pouvoir commencer le code dès lundi. C'est vraiment très pratique d'avoir un ami avocat qui connait bien les subtilités de la loi et qui en plus vous aide avec plaisir. Je ne pensais pas que Shanks passerait l'éponge aussi facilement après ce qu'il s'était passé la dernière fois avant le pique-nique. Mais il faut croire que si et ça me rassure énormément : je me serais senti très mal si mon colocataire avait décidé de me battre froid.
Grâce à lui, j'ai obtenu un papier attestant qu'une demande d'émancipation m'avait été accordée et qu'elle faisait donc de moi un adulte devant la loi. Shanks m'a expliqué que c'était quelque chose d'assez courant et d'assez simple à faire, surtout quand il est évident que cette émancipation est nécessaire au mineur. Il n'empêche qu'il pourra dire tout ce qu'il voudra, je suis sûr que je dois mon salut seulement à son talent d'orateur.
En tout cas, je vais faire de mon mieux pour avoir mon code en maximum deux mois et enchainer avec la conduite. Si je pouvais avoir mon permis avant juillet, ce serait merveilleux. Il va falloir que je travaille pour me payer tout ça !
-Je n'aurais peut-être pas dû faire ça. Je suis avocat et dans le milieu, on m'appelle l'embrouilleur.
-C'est vrai ? je m'étonne.
J'hésite car je sais que Shanks est du genre blagueur.
-Je ne peux pas te dévoiler tous mes secrets !
Je souris et je suis Shanks jusqu'au métro. On a de la chance, comme il est là, nous n'avons pas besoin d'attendre et nous engouffrons directement à l'intérieur. Il est tôt et les places assises ne manquent pas.
-Tu vas directement travailler après ? Je suis désolé de chambouler ton emploi du temps comme ça...
-Ne t'inquiète pas pour moi. J'ai les meilleurs des patrons et crois moi, je suis si souvent en retard qu'il sera surpris de déjà me trouver à l'œuvre alors qu'il n'est pas encore 10h.
-Et tu arrives à bien gagner ta vie en travaillant si peu ? dis-je pour le taquiner.
-Bien évidemment que oui !
-Tu as de la chance. Tu crois que Roger accepterait de m'embaucher ? dis-je sans trop y croire.
-Ça dépend pour faire quoi. Tu cherches du boulot ?
J'acquiesce.
-Si je veux pouvoir me payer mon permis, je n'ai pas tellement le choix.
-Hum, je comprends. Écoute, je ne pense pas qu'il recherche quelqu'un en ce moment mais si j'entends parler de quelque chose, je te tiendrais au courant. Sinon, il me semble que j'ai vu une annonce au café en bas du cabinet justement. Ils cherchent un serveur.
-C'est pile ce qu'il me faut ! Je vais m'arrêter au même arrêt que toi alors.
-Fais donc ça.
Ce serait vraiment fantastique si j'arrivais à trouver un emploi aussi facilement ! Je croise les doigts et espère sincèrement que c'est mon jour de chance.
Je soupire ensuite et observe le paysage défiler avant de prêter attention aux autres voyageurs. Je remarque un homme lire un journal et ça me fait penser au magazine people qui avait fait beaucoup de mal à Cavendish.
-Tu ne trouves pas ça bizarre que d'un coup, le magazine qui avait dévoilé l'affaire sur les abus qu'a vécus Cavendish fasse un démenti alors qu'au final, tout est vrai? Pourquoi mentir et jeter le discrédit sur eux ? Ils sont énormément critiqués en ce moment et leurs ventes ont baissé d'au moins 20%...
Shanks me regarde bizarrement. Il doit se dire que je me suis décidément bien renseigné sur le sujet.
-Je ne sais pas.
Il soupire.
-Ils se sont peut-être dit qu'ils avaient trop à perdre en laissant cette info. Si tu y réfléchis bien, beaucoup de fans de Cavendish se sont insurgés sur les réseaux sociaux du traitement médiatique dont il faisait l'objet. Tu sais comment c'est… Il suffit qu'un groupe ou un média subisse de grande pression et il lâche l'affaire. Enfin sur ce point-là, on ne va pas s'en plaindre. Que ce soit vrai ou pas je m'en fous un peu, je ne veux pas qu'on touche à Cavendish.
Je regarde Shanks et, perdu dans ses pensées, il laisse son regard noir se perdre sur les sièges de devant. Il remarque que je l'observe et me sourit comme pour adoucir ses propos.
-On descend dans deux stations, me prévient-il.
-OK.
xXx
Je toque à la porte et entends du bruit à l'intérieur. Quelques secondes plus tard, Zoro m'ouvre. Il n'a pas l'air au mieux de sa forme : pour faire régulièrement du sport, je reconnais les douleurs liées aux courbatures.
-Salut ! J'en connais un qui s'est un peu trop donné à fond à l'entrainement !
-Je me donne toujours à fond. C'est juste que cette fois, Mihawk aussi.
Je rigole mais devant le regard noir du kendoka, j'arrête. Je prends un air coupable pour lui montrer que je regrette. Il lève les yeux au ciel et me laisse entrer.
Il va s'assoir précautionneusement sur son canapé alors que je fais d'abord un saut dans la salle de bain. Je lui prends de la crème hydratante et lui affirme que je vais le masser. Il me regarde bizarrement, presque avec méfiance mais ne lui laisse pas le temps de tergiverser et lui enlève presque de force son haut.
-Je ne vais pas tourner autour du pot, Zoro, j'ai un service à te demander.
-Je m'attendais à ça de la part de Law et d'Ace mais pas de quelqu'un d'aussi altruiste que toi, Sabo.
-Qu'est-ce que tu veux, Zoro… Personne n'est parfait, je soupire.
Zoro rigole et puis grimace quand j'appuie un peu trop fort.
-Désolé.
Je continue le massage et prends une grande inspiration, pour me donner du courage sans doute.
-J'aimerais que tu m'aides à organiser une rencontre entre Sanji et son frère.
-Pourquoi t'as besoin de moi pour ça?
-Tu sais très bien pourquoi. Tu côtoies Niji, tu le connais mieux que moi et tu auras justement plus les mots que moi pour le convaincre.
-Le convaincre ? répète-t-il. S'il ne veut pas revoir son frère, c'est son choix, pourquoi l'obliger ?
-Mais San-
-Oui, le sourcil en vrille, me coupe-t-il. Mais il ne s'agit pas que de lui. Franchement, pour être tout à fait honnête avec toi, je ne crois pas que Niji ait envie de le revoir.
-Oh…
Je suis soudain si déçu que j'arrête mon massage et essuie le reste de crème sur mes bras. Je m'assois à côté de Zoro qui semble désappointé que je ne continue pas finalement. Il remet son tee-shirt et attend que j'encaisse la mauvaise nouvelle.
-Je t'aiderais pas mais c'est pas pour ça que tu dois pas le faire si tu veux vraiment aider ton ami, reprend-il ensuite.
-T'essaies de me réconforter.
J'esquisse un pauvre sourire.
-J'y arriverais mieux si tu m'aidais, je tente une dernière fois.
-T'auras qu'à me dire quand tu voudras emmener l'autre lover ici, je te confirmerai ou non la présence de Niji.
-Merci.
-Tu continues à me masser alors ?
Je souris et me relève pour prendre place derrière lui.
-Niji est en colère contre Sanji ? je demande encore.
-J'en sais rien, moi.
-Je trouve ça fou quand même. Ce qu'a fait Sanji n'est rien comparé à tout ce que Niji et ses frères lui ont fait subir...
Zoro n'ajoute rien. Sans doute ne veut-il pas rentrer dans ce genre de discussion et je le comprends. Je continue donc à le masser en silence. Il va maintenant falloir que j'en parle directement à Sanji.
Lundi 26 Février 2018
Je m'observe pendant quelques secondes avec l'application miroir de mon portable et après avoir pris une grande inspiration, ouvre la porte du café. J'étais déjà venu hier mais le patron n'était malheureusement pas là. On a pris mes coordonnées et on m'a demandé de repasser aujourd'hui avec un CV et une lettre de motivation. Pour moi, ce premier contact a été plutôt concluant : déjà, j'ai été rassuré de voir qu'ils cherchaient toujours quelqu'un en plus pour effectuer le service. Je suis plutôt confiant, j'ai des qualités dans ce domaine. J'ai bossé à quelques reprises au Baratie et ce restaurant réputé est si strict que j'ai acquis la plupart des bases propres à ce métier. Il faut dire que Zeff sait former les gens et ce n'est pas Sanji qui me détrompera.
Et puis, s'il le faut, je peux également faire la plonge s'il s'avère qu'ils ont besoin de quelqu'un pour autre chose que servir les clients. Je trouve ça même plus simple. Bien entendu, c'est fatiguant et pas toujours simple, surtout pendant les services où on voit la vaisselle s'entasser et qu'on doit se dépêcher. Même avec une machine, il faut tout de même y aller et ne pas s'endormir sur sa vaisselle. Cela dit, ce travail offre au moins la possibilité de se couper des clients et quand on n'est pas forcément à l'aise en public, c'est une bonne chose. On ne peut pas non plus se tromper dans les commandes et on ne zigzague pas entre les tables en marchant aussi vite que possible tout en essayant de ne pas se bruler avec les assiettes chaudes qu'on porte.
Il ne faut pas croire, c'est véritablement compliqué.
Je souris et m'approche du comptoir où une femme dos à moi essuie des verres. Je reconnais plus loin l'homme qui m'avait renseigné hier mais comme il est occupé avec des clients, je décide de directement m'adresser à la femme au comptoir.
-Bonjour.
Elle se retourne, toujours son verre à la main, qu'elle manque de faire tomber en me voyant. Elle marque un temps d'arrêt avant de poser le verre.
-Bonjour…, je répète. Makino.
-Bonjour.
Elle esquisse un sourire timide et a l'air aussi perturbé que moi de cette rencontre fortuite.
Et c'est le cas de le dire : je ne pensais pas la voir là un jour. Elle n'était pas là hier et je pensais qu'elle travaillait toujours dans ce restaurant situé dans le village à côté. Makino avait exprimé son bien être dans la nouvelle vie qu'elle s'y construisait. Que fait-elle là ?
On reste bêtement à se regarder pendant pratiquement une minute avant que je ne sorte mon CV et ma lettre de motivation. Je n'ai pas prononcé un mot de plus quand elle déclare qu'elle va chercher le responsable, me laissant seul devant le comptoir. Je ne suis pas sûr, et peut-être que je me trompe, mais j'ai l'impression qu'elle vient de fuir. Elle ne voulait pas me voir ?
Ça me vexe assez, surtout que sans être non plus horrifié de la revoir, je ne suis pas non plus enthousiasmé par notre rencontre.
Quelques minutes plus tard, un homme d'une trentaine d'années chauve et peu souriant vient à ma rencontre. Il n'a pas l'air très aimable et si c'est également le cas de Zeff, pour connaitre l'homme, je sais qu'il est très gentil et espère que ce sera aussi le cas de celui-là. Il me demande mes papiers que je lui tends. Il les lit devant moi et je suis assez mal à l'aise. Pour ne pas lui donner l'impression que je scrute ses réactions, j'observe le café. Assez chic, la salle est petite et vu son emplacement, c'est normal. Sa clientèle se fait parmi les employés des grands buildings du quartier et puis il y a deux étages, alors ça doit être suffisant.
-Très bien. Vous seriez disponible quand pour faire un essai ?
-Pour l'instant, je suis en vacances alors n'importe quand. A la reprise, je ne serai malheureusement disponible que le week-end et durant les vacances comme maintenant ou alors le soir à partir de 18h45.
L'homme en face de moi a l'air hésitant et je me dis qu'il cherche sans doute quelqu'un à plein temps, qu'il ne propose pas d'emploi étudiant. Je panique et me mets à bredouiller quelques mots avant de me reprendre.
-Et si ce n'est pas suffisant, je peux toujours m'arranger pour faire plus d'heures ! J'ai déjà travaillé quelques fois au Baratie, je ne compte pas mon temps et m'applique dans tout ce que je fais !
Le patron sourit, on dirait que je l'amuse.
-Très bien. C'est bien d'être aussi motivé à ton âge. En fait, j'ai déjà eu quelqu'un à l'essai mercredi dernier. Je comptais lui donner un avis favorable mais je vais d'abord voir ce que tu vaux avant d'arrêter ma décision. Si mercredi ne te pose pas de problème, je t'attends pour 10h. Ça durera trois heures et je compte sur toi pour me montrer ce que tu vaux. Je te donne ta chance, jeune homme.
-Merci.
Il me serre la main et s'en va. Je me dirige alors vers la porte à mon tour, bien décidé à lui faire bonne impression mercredi. Il me faut absolument ce boulot.
-Tu vas travailler ici ? m'interroge Makino.
-J'espère en tout cas, je réponds tout en m'arrêtant pour lui faire face.
-Hum… Comment ça va depuis la dernière fois ?
-Bien. Et Ace aussi.
Elle semble surprise de ma précision mais n'ajoute rien de plus. Je ne sais pas si elle voulait vraiment le savoir mais j'ai préféré être clair. Je ne suis pas vraiment à l'aise avec elle, je repense à tout ce qu'il s'est passé avec Ace mais aussi à tout ce qui lui est arrivée à elle. Le viol qu'elle a subi et sa reconstruction. Ça me fait penser à ce qui est arrivé à Cavendish. Au fait que tous les deux ont gardé le silence, par honte ou par peur. Moi aussi j'ai fait la même chose après ce qui m'est arrivé avec Doflamingo.
-Eh bien, à bientôt peut-être, lance-t-elle après un long moment de silence.
-Oui, j'espère.
J'esquisse un sourire timide et quitte le café. Je compte aller faire une séance de code avant de rentrer. Il faudrait aussi que j'appelle Ace pour lui annoncer que j'ai peut-être trouver un travail et que si tout se passe bien, ce travail va m'amener à travailler avec Makino.
Je me demande comment il va réagir.
Mercredi 28 Février 2018
Je salue le responsable et les autres serveurs puis quitte le café. Je vérifie mon portable pour savoir si Sanji est déjà arrivé et un message de sa part m'indique que oui. Je soupire et me dépêche pour ne pas faire attendre mon ami trop longtemps. Je viens juste de finir mon essai et espère sincèrement être pris. Le chef avait l'air satisfait en tout cas mais peut-être qu'en réfléchissant, il se dira que la précédente personne venue pour un essai s'en était mieux sortie. Je n'ai travaillé que quelques heures mais j'espère qu'elles ont néanmoins été suffisantes pour le convaincre.
Je devrais avoir une réponse d'ici quelques jours, la fin de semaine maximum. Je ferais attentions aux annonces de travail d'ici là.
Aujourd'hui, j'ai travaillé avec Makino. J'ai pu avoir un aperçu de ce que donnerait une collaboration avec elle comme ça. Elle m'a très bien formé : j'ai vite pu trouver mes repères. Elle est très gentille et si au début nous n'avons fait que parler du travail, par la suite, plus détendus, nous avons pu aborder des sujets plus légers sans pour autant se déconcentrer de nos taches. Nous n'avons pas parlé d'Ace ni évoqué la manière dont s'était passée notre première rencontre. Je n'ai pas appris grand-chose sur elle, à vrai dire elle m'a surtout fait parler de moi.
Quand j'ai appelé Ace mardi pour lui raconter ma surprenante rencontre avec Makino, il n'en a pas cru ses oreilles. Il a alors lâché une information qu'il a aussitôt regrettée mais néanmoins, ce lapsus m'a permis d'apprendre qu'il échangeait avec son ex copine par message. Pas souvent, à peine quelques messages par mois, mais j'ai été déçu qu'il ne me l'ait pas dit plus tôt. Et puis, il avait l'air gêné à la fin, ce qui me fait dire qu'il ne voulait peut-être pas me le dire. Pour ne pas risquer de causer une dispute, j'ai préféré changer de sujet. Ace a le droit de parler à qui il veut et il n'a pas à me tenir au courant de ses moindres faits et gestes. De plus, il a senti que ça ne me faisait pas vraiment plaisir et m'a reprécisé qu'il n'échangeait pas tant que ça avec elle.
Que ça m'ait rassuré ou non n'est pas le sujet. On a parlé d'autre chose et c'est très bien comme ça.
-Salut.
Sanji me sourit. Enfin, il essaie. Il est tendu et ça se voit. Zoro et moi avons finalement pu trouver le bon créneau pour se faire rencontrer les deux frères Vinsmoke. Je sais que Zoro n'aime pas que je l'intègre à ce plan qui vise à réconcilier ou au moins permettre à Sanji et Niji de s'expliquer mais il m'est d'une grande aide. Et puis, je suis sûr qu'il dit simplement ça pour ne pas se mettre en porte à faux vis-à-vis de Niji, ce que je peux comprendre. Je sais également que s'il fait ça, ce n'est pas par bonté envers Sanji mais simplement parce que je suis son ami et je l'en remercie.
-Arrête de faire cette tête, tu me donnes envie de me barrer en courant, dis-je pour le dérider un peu.
-Tu peux, je ne t'en voudrais pas.
Sanji soupire et s'allume une cigarette aussitôt qu'on descend du métro. Il inspire une première taffe avant d'expirer toute la fumée par la bouche. Il sent mon regard sur lui et se tourne vers moi.
-Sincèrement, je crois même que je prendrais ta suite, poursuit-il.
-Et si je te disais que ça allait bien se passer ?
-Je te dirais que tu mens ou alors que tu es bien naïf. C'est Niji, je connais mon frère. Et puis c'est sympa de ta part de faire tout ça pour moi. D'ailleurs, quand je vois à quel point tu t'es démené pour m'aider, je me sens presque fautif et égoïste…
-Pourquoi tu dis ça ?
Sanji reste silencieux. Je ne sais pas si ma question le gêne ou si c'est autre chose. Mon portable vibre : c'est Zoro qui nous demande si on arrive bientôt. Je lui réponds rapidement avant d'interroger de nouveau mon meilleur ami.
-C'est juste que… Au fond, j'y vais pour moi. Parce que je me sens coupable. C'est pour alléger ma conscience, me rassurer que je vais voir mon frère. Pas pour lui. Est-ce que cette démarche est vraiment utile si je le fais plus pour moi que pour mon frère ?
Je ne sais pas quoi lui répondre, je n'ai jamais vu les choses sous cet angle-là. Il attend une réponse sérieuse et je me trouve complètement incapable de lui apporter un premier élément de réponse et d'argumenter en plus.
-Pour être honnête, je n'en sais rien, Sanji. Mais peut-être que si tu sens que tu dois le faire, et bien il faut que tu le fasses.
Il sourit et se dépêche de terminer sa cigarette quand je lui annonce qu'on est arrivé. Le quartier où habite Zoro est toujours aussi animé. Dans le parc, un tas d'enfants s'amuse à jouer au foot sous les yeux vigilants des habitants du quartier réjouis par cette partie.
-Je n'arrive toujours pas à croire qu'il se passe quelque chose entre la tête de gazon et mon frère… !
Il frissonne – de dégout – et fronce les sourcils. Je rigole, comprenant très bien ce que fait mon ami.
-Arrête, Sanji, c'est dégueulasse.
-Je ne te le fais pas dire.
-Tu sais très bien que je ne parlais pas de ça.
Il sourit puis baisse la tête, penaud.
-Si ça peut te rassurer, ils sont plus amis qu'amants. Enfin, je crois.
-Non, pas vraiment. Je vois pas du tout ce que Niji trouve d'attirant chez la tête d'algue. En plus, cet abruti doit avoir un problème de mémoire : Niji a rasé son dojo et viré son maitre, j'avais presque de la peine pour lui... Enfin, tu me diras, qui se ressemble s'assemble...
J'essaie de ne pas rire mais j'ai du mal à cacher mon sourire. Au moins, Sanji n'est-il plus aussi crispé par cette rencontre.
Amusé, je passe mon bras autour de ses épaules et nous montons les escaliers du bâtiment. On ne croise personne : un chien à aboyer à notre passage et j'ai sursauté. Je crois d'ailleurs que Sanji va se moquer de moi pendant des mois si ce n'est des années.
Alors qu'on arrive au palier de Zoro, celui-ci sort de chez lui. Il ne fait pas attention à Sanji et m'attrape directement le bras.
-Bonjour…, dis-je, hésitant. Il y a un problème ? je m'inquiète alors.
-Non. Niji est en train de regarder la télé. Si le sourcil en vrille veut aller lui parler, il a qu'à y aller. Nous, on va faire un tour.
Je m'apprête à ajouter quelque chose mais Zoro serre un peu plus fort ma main comme pour me prévenir de ne rien dire. Je regarde alors mon ami. Pourra-t-il y arriver seul ? Et puis, je vois son regard rivé sur la porte close et alors, je n'ai plus de doute. J'acquiesce simplement au propos de Zoro et tapote le dos de mon ami.
Comme j'ai réussi à faire face à mon père, Sanji arrivera à faire face à son frère. C'est bien de vouloir l'aider mais je dois aussi le laisser y arriver par lui-même.
Je souris à Zoro alors qu'on redescend les quatre étages, reconnaissant. Je me suis sans doute trop impliqué dans cette histoire pour rattraper les fois où j'ai failli auprès de mon meilleur ami.
-On va manger ? Avec l'essai que j'ai fait ce matin, je n'ai pas encore eu le temps.
-Ça me va, me répond Zoro. Surtout qu'avec vos conneries, je suis tout de même à la rue.
-Tu peux toujours y retourner si tu veux, je le taquine.
-Et puis quoi encore…, bougonne-t-il. KFC ?
-OK !
Et voilà ! Je pense pouvoir posté le prochain chapitre dans une semaine. Heureusement je n'ai pas pris trop de retard même si j'ai passé mon Week-end à regarder la saison 2 de Elite !
A bientôt.
