Bonjour,

Titre : Once Upon A Time - tome 2...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic

Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.

Bêta correctrice : pommedapi

Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).

Bonne lecture à tous !


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 24

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« Le conseil est ce que nous demandons quand nous connaissons déjà la réponse, mais que nous ne la souhaitons pas. »

Erica Jong

Ace


Samedi 10 Mars 2018

Je me balance sur ma chaise et arrête aussitôt quand le serveur vient me déposer ma boisson. Il me regarde bizarrement avant de passer à autre chose. J'échange un regard avec Dellinger qui, tout en souriant, hausse les épaules. Si ça en amuse au moins un...

On est samedi. Il fait froid en plus de pleuvoir et avec le Glee Club, on s'est réuni au café pour parler de ce qu'on aimerait faire après les régionales. C'est notre dernière année et certains d'entre nous ont des regrets de n'avoir rien organisé l'année dernière. Quand X-Drake faisait encore partie du club et qu'il occupait le poste de président. Avant qu'il parte, quoi. On veut s'amuser, profiter et faire en sorte de se rappeler avec le sourire de ces années lycée au Glee Club quel que soit le résultat final.

Je suis assis en face de Shirahoshi qui tient à faire ça sérieusement. Elle étale des papiers sur la table et nous annonce que ce sont les détails de toutes les idées qu'elle a eues.

Eh bien, on n'est pas rendu.

-J'aime bien l'idée d'aller une semaine à East Blue, annonce Dellinger en prenant une des feuilles.

-Fais voir, lui lance Perona. Une semaine dans une villa de rêve à East Blue, lit la gothic lolita.

-Ce n'est pas franchement mon truc, avoue Margaret.

-Moi non plus. Faisons un truc simple.

Je souris et range les papiers de Shirahoshi qui soupire de déception.

-Du camping, dis-je.

-Du camping ?!

Perona a une moue dégoutée qui me fait bien rire.

-On ferait quoi exactement ? me demande Margaret.

-Bah du camping…, je réponds, amusé. Quoi, vous n'en avez jamais fait ? Aller en forêt, planter sa tente et se griller des marshmallows ?

-Des marshmallows ? J'adore ça! On pourra manger des bonbons aussi ? demande Dellinger.

-Tu fais ce que tu veux.

Ma réponse a l'air de l'emplir de joie. Eh bien au moins, ce n'est pas difficile de faire plaisir à certains. Les filles sont plus sur la réserve.

-Alors quoi, vous avez peur des petites bêtes, les filles ? je les taquine.

-Ouais mais une tente… On va avoir hyper froid la nuit...

-On le fera quand le beau temps sera complètement là. Et puis avec un bon duvet, tu ne sens pas le froid.

-Je ne sais pas…, hésite encore Perona.

-Pourquoi pas, lâche Margaret qui veut bien se laisser tenter.

-Ça va être trop bien ! s'excite Dellinger.

-Je n'ai jamais fait de camping, je ne sais pas si j'y arriverais, s'inquiète Shirahoshi.

-Moi non plus, avoue Perona. Est-ce que ce sera vraiment amusant ?

-Bien sûr que oui! Ça se voit que t'as jamais fait de camping, toi!

A vrai dire, je ne lui dis pas que ce sera surtout amusant pour moi. Je risque de me taper des barres à les voir galérer. Rien que d'y penser, j'ai hâte d'y être! Malgré mes tocs, j'ai toujours adoré le camping, que ce soit en tente ou en bungalow. Avec ma mère, dès qu'on pouvait s'offrir des vacances, c'est là qu'on allait.

On valide l'idée avant que quelqu'un ne change d'avis et on commence à discuter des dates et de l'endroit où on pourrait aller. Shirahoshi nous propose l'un des terrains de sa famille. Un espace naturel où sa famille a l'habitude d'organiser des balades à cheval pour tout un tas de truc. Je n'ai pas trop compris mais la vache, ce que sa famille est riche !

-Salut, Perona.

Un mec vient d'arriver. On le regarde. Tous les membres du Glee Club ont les yeux rivés sur lui en réalité mais ça n'a pas l'air de le gêner. C'est qui?

-Salut, le Glee Club !

Il sourit puis s'éloigne pour rejoindre des amis. C'est ensuite vers Perona que se dirigent nos regards. Perona qui a soudainement l'air bien intimidé.

-C'était qui ça ? je demande.

-C'était quoi ça ? ironise Dellinger. Je ne savais pas que tu parlais à d'autres gens que nous.

-Haha très drôle.

Elle fixe quelques secondes le brun et ses amis.

-J'en sais rien, moi. C'est un ami de Sabo, je n'en sais pas plus.

-Et il te parle comme ça ? Y a pas une raison derrière ? continue Dellinger.

-Comment vous vous êtes rencontrés ?

Perona est embarrassée et ne sait plus où se mettre. Dellinger et moi, on est presque mort de rire. C'est tellement rare de voir la gothic lolita comme ça! On est mauvais mais ce n'est pas grave !

Les filles sont plus sympas, peut-être la fameuse solidarité féminine ! Pourtant, quand c'est nous, ou plutôt moi - étrangement Dellinger est largement épargné - je me prends souvent des réflexions ou des railleries. La plupart du temps, ça concerne mon couple. Je ne sais pas pourquoi mais elles trouvent ça vraiment trop mignon !

-C'est bon, les gars, vous commencez à être lourd, la défend Margaret.

-Ouais. En plus, il pourrait vous entendre. Je n'ai pas envie de passer pour une imbécile. Moi ou le Glee Club, marmonne la concernée.

-OK, capitule Dellinger.

Margaret sourit et aborde de nouveau le sujet du camping. Il passionne autant que l'identité du mystérieux garçon. C'est effrayant de voir à quel point je vis avec des gens qui eux vivent à des années lumières de ce dont j'ai l'habitude. J'ose tout de même espérer qu'ils ont déjà fait des barbecues.

On continue donc de parler de nos vacances dans l'espace naturel de la famille de Shirahoshi. Enfin, en apparence, parce qu'il est tellement surprenant pour Perona d'être silencieuse qu'on l'observe tous. Elle se croit discrète mais tout le monde a capté ses regards vers la table du fond, même le principal intéressé qui lui fait un coucou.

Elle rougit et fait comme si de rien n'était.

Non, je n'arrive pas à y croire ! Mais qui est ce mec qui arrive à gêner Perona et à la faire taire ?!

Je crois que je l'adore déjà.

-On partirait combien de jours ? me demande soudain Dellinger.

-Ce sera pendant les vacances alors je ne sais pas, on peut rester deux jours comme une semaine. Ça dépend de ce que vous voulez et du temps que la famille de Shira mettra à nous virer de leur propriété.

-Mais, je... Mon père ne ferait jamais ça ! panique-t-elle.

-Je sais, je rigole. Mais on ne va pas non plus rester des mois là-bas. En plus, comme je suis le seul à m'y connaitre, je suis sûr que je devrais me taper toutes les tâches. Et puis, je ne veux pas prendre le risque de vous dégouter des vacances en plein air.

-On dit quoi, 3 jours ? demande Margaret.

-Ouais, acquiesce Perona.

-On proposera aussi à X-Drake de venir, ça sera comme une session de rattrapage par rapport à l'année dernière, décide Shirahoshi.

On est tous d'accord sur ce point même si je crois que ça a plus avoir avec le fait qu'on n'arrive pas à se détacher de notre ancien président. Pour nous, il fait toujours partie du Glee Club.

Lundi 12 Mars 2018

Le jour de la réunion avec le conseil des élèves est finalement arrivé. Sabo est plus tendu que jamais. Je lui ai dit ce matin de ne pas autant se prendre la tête mais je vois bien que ça le travaille beaucoup. Il se sent responsable en tant que Président du conseil des élèves et également parce qu'il s'agit de moi, de mon groupe.

Là, avec le Glee Club, on attend à la porte de la salle du conseil. La réunion doit commencer à 17h et on est sur le qui-vive. Même Dellinger n'est pas très souriant, on est tous conscient que c'est un moment important pour nous. Brook, le responsable de notre club, est avec nous : il ne pourra pas assister à la totalité de la réunion. Normalement ce lundi, il ne devait pas être là. Compte tenu de l'importance de la décision, il s'est cependant arrangé pour pouvoir au moins voir le début. C'est bien qu'il soit là mais franchement, je ne pense pas qu'il soit d'une très grande aide.

Je soupire et Shirahoshi tire la manche de ma veste pour m'indiquer l'arrivée des membres du club de rugby. La pauvre a l'air sur les nerfs.

Les membres du club de rugby arrivent, détendus, et nous lance un salut tonitruant. Je n'ai rien contre eux personnellement. Après tout, ils ne nous ont rien fait, c'est juste que la situation est merdique et qu'ils pourraient clairement faire un effort.

-C'est toi la présidente du Glee Club, non ?

Le mec avec qui on avait déjà échangé la première fois essaie d'attirer l'attention de Shirahoshi.

-Euh…, fait-il, désappointé par son attitude.

Celle-ci serre ses mains et jette des regards affolés partout autour d'elle. Elle se rappelle alors ma présence et me jette un regard étrange. Quoi ? Je ne suis pas sûr de comprendre ce qu'elle veut. Heureusement, Margaret vient à sa rescousse en répondant à la salutation. Shirahoshi comprend alors qu'il faut qu'elle fasse de même et le salue. Quant à moi, je me contente de les regarder.

-Je l'ai déjà dit la dernière fois mais le club de rugby ne veut pas entrer en guerre contre le Glee club. Tout ce qu'on veut, c'est un endroit en plus pour entreposer notre matériel et faire nos réunions hebdomadaires.

-Oui… J'espère que ça pourra très vite s'arranger.

Shirahoshi tente un mince sourire.

Elle a l'air soulagé par la démarche du capitaine mais reste méfiante. Et elle a raison, s'il suffisait seulement de bons sentiments pour que tout s'arrange, on n'en serait pas là…

Le capitaine semble néanmoins satisfait d'avoir pu une fois de plus clarifier la situation et retourne auprès de ces co-équipiers. Il passe devant moi sans rien me dire et je me demande si ce mec ne serait pas un faux gentil. Après tout, s'il voulait réellement que les choses s'arrangent et ne pas faire plus de mal au Glee Club, il abandonnerait notre salle et chercherait activement une autre solution avec le conseil des élèves. Ce n'est pas complètement fou de penser ça, c'est une bonne manière de se faire bien voir et d'ensuite vous planter un couteau dans le dos sans éveiller une seule fois vos soupçons.

J'en suis là dans mes réflexions quand la porte s'ouvre. Sabo apparait et nous annonce que la réunion va pouvoir commencer. J'entre dans la salle du conseil des élèves en me disant que c'est étrange pour moi de me trouver là. Tout a l'air si sérieux, si solennel. Quand je pense que c'est ici que mon copain passe des heures à essayer de régler les problèmes des autres...

On prend place sur les chaises et une fille nous demande si on souhaite boire quelque chose. Certains acceptent et quelques minutes après, ils sont servis. En tout cas, on ne peut pas dire qu'ils ne savent pas recevoir les gens ici. Entre la boisson et les petits fours secs, les gens ont le choix. Tout ça, c'est bien gentil, mais si on pouvait s'attaquer au problème...

La porte s'ouvre une deuxième fois mais plus brusquement : Brook vient d'arriver. Il rigole nerveusement quand il voit que tout le monde le regarde et se dépêche d'aller s'asseoir.

-Bien, si tout le monde est prêt, nous allons pouvoir commencer la réunion visant à trouver une solution au contentieux entre le club de rugby et le Glee Club. Je rappelle que la source de ce litige est dû au fait que le club de rugby a fait une demande de salle à laquelle certains membres du conseil des élèves ont décidé de répondre en leur attribuant une salle déjà occupée.

Sabo termine son laïus et s'assoit. Rob Lucci lui jette un regard ainsi que deux autres personnes du conseil. C'est moi ou l'ambiance entre eux est tendue ?

-Tout d'abord, le conseil des élèves tient à s'excuser. Nous sommes conscients que cette situation aurait pu être évitée et nous travaillons durement pour essayer de l'arranger au plus vite, continue Sabo.

-Mais cette situation nous va très bien, intervient un des gars du club de rugby. C'est vrai, pourquoi on ne prendrait pas la salle du Glee Club ? Ils ne sont pas beaucoup, ils peuvent très bien aller dans un des bureaux vides du 3ème étage.

-Ces salles sont trop petites pour qu'on puisse s'entrainer convenablement! répond Perona.

-Parce que vous avez besoin de place pour chanter ? s'étonne le même type.

-Eh bien, si je peux me permettre, intervient Brook. Venez donc le vendredi pour voir les entrainements du club, vous comprendrez mieux la situation dans laquelle nous sommes.

Il se racle la gorge et demande s'il peut de nouveau avoir du jus d'orange.

-En parlant de ça, le conseil des élèves a peut-être trouvé une solution, dit un binoclard dont je n'ai pas retenu le nom.

-Une salle aux dimensions bien plus modestes que celle du Glee Club mais qui aurait au moins l'avantage d'arranger tout le monde, nous explique Sabo.

-Le seul problème, c'est que cette salle appartient à l'administration et il nous faut attendre l'autorisation de celle-ci avant de pouvoir vous l'attribuer, continue le mec à lunettes.

-Et combien de temps on devra attendre ? demande le capitaine de l'équipe de rugby.

-Je ne sais pas, sans doute plusieurs semaines. Pour être tout à fait sincère, ça prend toujours un peu de temps avec l'administration.

-Peut-être 3 ou 5 semaines, voire plus, explique Rob Lucci. Le conseil d'administration a beaucoup de dossiers en retard et je crois, hélas, que le vôtre ne fait pas partie de leurs priorités. Alors peut-être même 8 semaines…

Rob Lucci prend un petit four et je serre les dents. Bien entendu, le club de rugby se révolte.

-Non mais ça va pas, vous ne croyez pas qu'on supportera cette situation aussi longtemps !

-En vrai, vous vous foutez bien de nos problèmes !

-Non, bien sûr que non! panique Sabo.

Je présume qu'il n'avait pas prévu que ça se passe comme ça.

-C'est bon, pas la peine de jouer les divas! Vous avez fait comme ça pendant des années avec votre salle habituelle, où est le problème ? Au fond, deux mois, c'est quoi ? dis-je.

Et comme à chaque fois que je dis une bêtise, je m'en rends compte aussitôt et me fais la réflexion qu'il faut vraiment que j'apprenne à me taire. Mais j'ai le droit d'être énervé : ces mecs mettent tellement d'énergie à essayer de nous voler notre salle!

-Je crois que cette réunion ne sert à rien, soupire Dellinger.

-Enfin une parole sensée, acquiesce Perona.

-Pourquoi on ne jouerait pas la salle du Glee Club ? propose soudain le capitaine de l'équipe du rugby.

-Vous n'êtes pas sérieux ?

Brook n'a pas l'air très rassuré.

-Et pourquoi pas ? C'est une bonne manière de régler une bonne fois pour toute cette histoire.

-Pourquoi ne pas accepter ?

Tel un serpent, Rob Lucci s'immisce à nouveau vicieusement dans la conversation pour distiller son poison.

-A vrai dire, vous n'avez pas tellement le choix : nous avons déjà acté l'acquisition de votre salle au club de rugby. Si vous voulez la récupérer, il va falloir la gagner. Je trouve ça assez juste, continue t-il.

-Comment ça, " déjà acté"? se scandalise Sabo. Je pensais qu-

-La demande est passée plus vite que prévu auprès de la direction, le coupe Rob Lucci.

Sabo serre les dents et m'envoie un regard désolé.

Au fond, Dellinger avait raison : cette réunion ne sert à rien à part nous mettre dos au mur.

Mardi 13 Mars 2018

-Je pense que la situation n'est pas si critique que ça, dis-je en tapant dans mes mains.

-Tu trouves ? lance Perona, sarcastique.

-Si on voit les choses du bon côté, on est assuré d'avoir la salle jusqu'aux régionales. Après, faudra se battre.

-Ace a raison, tente Shirahoshi. Rien n'est perdu.

Un silence gêné suit sa déclaration. On se regarde tous en se demandant bien comment on va faire. On n'a absolument rien contrôlé pendant la réunion. A croire qu'on ne pouvait absolument rien faire et que les choses devaient se passer comme ça. On a appris, ou plutôt Rob Lucci nous a appris, que notre salle ne nous appartenait déjà plus officiellement. Dans sa bonté d'âme, dans son immense générosité même on va dire, le club de rugby veut bien disputer "honnêtement" cette salle – qui est normalement à nous – dans un match de rugby. Vous voyez l'erreur ? L'énorme arnaque !

Non mais c'est n'importe quoi! Ils nous laissent la salle encore trois semaines et ils peuvent avoir une salle rien qu'a eux dans 8 semaines maximum, ça leur coûte quoi d'attendre quelques semaines de plus ? Et puis, un match de rugby… Ils ne prennent pas vraiment de risque. C'est comme si on les défiait sur un karaoké! On va dire qu'ils s'assurent de garder le trésor.

Les règles sont assez simples. Au moins, le club de rugby se met un handicap, ou plutôt c'est nous qui avons un avantage : ils seront trois, on sera cinq et ceux qui gagnent seront les premiers à marquer 10 points. Le match se déroulera en deux parties de 10 minutes et le club de rugby ne pourra attaquer qu'en deuxième mi-temps, ils défendront les dix premières minutes. Nous avons le droit de faire appel à des personnes qui ne font pas partie du Glee Club. Ça me paraissait évident : je me vois difficilement envoyer les filles sur le terrain. D'ailleurs, nous avons quelques divergences d'opinion à ce sujet.

Si Perona et Shirahoshi ne souhaitent pour rien au monde aller se casser le bras ou se faire des bleus sur le terrain, ce n'est pas le cas de Margaret. Et encore, je ne parle pas du cas de Dellinger. Je ne sais pas comment le convaincre de ne pas participer sans le vexer. Il a hâte de pouvoir jouer, lui qui n'a jamais fait de rugby... Il va se faire aplatir comme une crêpe s'il met les pieds là-bas...

-On a encore plusieurs jours pour trouver quatre personnes ! soupire Perona.

-Trois, tu veux dire, rectifie Dellinger.

-Deux, renchérit Margaret.

-Si vous avez des joueurs de rugby professionnels dans vos contacts, c'est le moment de les appeler. Merde, je ne connais même pas les règles !

Je soupire et m'allonge sur la scène.

-Pourquoi tu ne demandes pas à Zoro? Il a de gros bras, ce n'est pas juste pour faire joli, non ? demande Perona.

Je la regarde, réfléchis et soupire encore.

-Je ne sais pas, il a un match important contre Mihawk vers ces dates-là...

La porte s'ouvre et on entend le rire si caractéristique de notre coach : on a la surprise de le voir avec X-Drake.

-Je vous amène une petite surprise et des croissants !

Avoir la visite de l'ancien président spécifiquement aujourd'hui nous fait du bien. On se lève précipitamment pour aller le serrer dans nos bras.

-Comme promis, je suis venu vous voir chanter. Ne faites pas saigner nos oreilles.

-C'est génial !

Shirahoshi a un grand sourire qui s'étend jusqu'à ses oreilles.

Aussitôt, nous oublions notre problème actuel. Sa présence nous rappelle que nous sommes là pour chanter et pour gagner. C'est ça le plus important.

-Vous vous mettez en place ? nous demande Brook.

On ne tarde pas à monter sur scène et à se mettre en condition pour chanter. A même pas un mois des régionales, nous sommes plus dans la préparation de la représentation que dans l'apprentissage des chansons.

Brook discute avec X-Drake, certainement qu'il lui a aussi beaucoup manqué. Quelques minutes plus tard, la musique est lancée et on s'amuse à interpréter Yeah ! de Usher.

Pendant 4 minutes, on oublie réellement que le Glee Club a de gros problèmes et on s'amuse. Quand on termine, notre public nous applaudit : ils ne sont que deux mais c'est comme si la salle nous ovationnait. On redescend et on recueille les commentaires de notre coach. X-Drake se contente d'acquiescer : ça doit lui rappeler des souvenirs.

-Vous allez tout exploser, j'en suis sûr. D'ailleurs, après votre apparition à la télé, c'est sûr que vous aller tout rafler !

-C'est ça, moque-toi. On ne me reprendra plus jamais à faire de la télé, dis-je, bougon.

-Moi j'ai trouvé ça super marrant !

-Tu es beaucoup trop insouciant pour ton propre bien, Dellinger, souffle Margaret, amusée.

X-Drake sourit aussi. Nos regards se croisent et je le vois tout de suite devenir bien sérieux. Je fronce les sourcils et l'interroge du regard.

-J'ai quelque chose à vous dire.

Il n'a pas l'air trop inquiet donc je suppose que ce n'est pas une mauvaise nouvelle. Enfin, j'espère.

-Rien de grave au moins? s'inquiète également la présidente du Glee Club.

-Non, enfin je n'espère pas.

-Tu vas te marier ? sourit Brook.

-Je ne sais pas où vous êtes allé chercher ça mais non.

Il prend une grande inspiration et nous donne enfin l'information.

-Je vais de nouveau tenter le concours d'entrée au conservatoire mais à Batelleria cette fois.

Shirahoshi en pleure instantanément de joie : elle a toujours autant la larme facile, la petite. Les deux autres filles se ruent dans ses bras.

-J'en ai parlé avec mes parents et Koala. Je n'ai pas envie plus tard de me dire que je n'ai peut-être pas tout fait pour réaliser mes rêves, reprend-il ensuite.

-C'est merveilleux ! se réjouit Dellinger. Dommage qu'on ne se verra pas, j'ai été accepté à Goa, moi.

Il hausse les épaules et fait la moue.

-J'y croyais plus franchement, lui dis-je.

-Je vais chercher de quoi fêter ça !

Brook se précipite dehors, certainement à la cafétéria.

-Je viens avec vous, lance Margaret.

-Alors c'est fini, plus de carrière militaire ? je lui demande.

-Elle n'avait pas vraiment commencé mais j'ai quand même appris vachement de trucs, je ne le regrette pas. J'ai eu accès à beaucoup d'informations et de connaissances qu'on n'a nulle part ailleurs.Et puis, rien ne dit que je serai pris. Mais je donnerai tout.

Il rigole et se fait de nouveau sauter dessus par les filles.

Jeudi 15 Mars 2018

Je repère rapidement X-Drake qui m'attend devant l'arrêt de bus près du lycée. Comme d'habitude, il y a peu de monde ici et c'est justement pour ça que je lui ai donné rendez-vous là.

Il me voit arriver et enlève ses écouteurs.

-J'espère que c'est vraiment important, je commence dans même pas une heure, fait-il.

-Très important, je lui assure.

-C'est pas un truc que tu pouvais me dire mardi ?

-J'y ai pensé la nuit dernière.

-Est-ce que je dois m'inquiéter du fait que tu rêves de moi? plaisante-t-il.

-Non. Tu avais tes vêtements, dis-je pour rentrer dans son jeu. Mais plus sérieusement, c'est très important.

Je m'assois à côté de lui et observe les alentours. C'est fou, il y a tellement de mystère autour de ce sujet que j'ai l'impression de m'apprêter à braver un interdit.

-Hier, tu as dit que tu avais eu accès à certaines informations chez les militaires, ce genre de choses

-Oui, on nous apprend pas mal de trucs : comment marche le système, en quoi consiste notre fonction, le sens du sacrifice,...

-C'est bien ce que je pensais. En fait, tu peux peut-être m'aider.

-On verra. Tes questions commencent à être vachement bizarres...

X-Drake se méfie et je me dis que je tourne trop autour du pot pour avoir l'air honnête. Mais ce que j'ai à lui demander n'est pas simple du tout. Je me demande même si je ne l'embarque pas dans un truc illégal, s'il a ne serait-ce que le droit de me divulguer ce genre d'information ou s'il le sait même. Comme il quittera la formation militaire après son stage, ça rend la divulgation d'information moins grave... Ou alors c'est moi qui me fais des idées tout seul ? De toute façon, si on part dans ce sens-là, il fait encore partie du programme militaire alors il enfreint la loi. Bien entendu, ce n'est qu'une façon de parler : il n'y a pas vraiment de loi là-dessus. Du moins, je pense. Cela dit, vu comment l'information est protégée, on pourrait facilement y croire.

Mais Marco en a parlé et je sais qu'il l'a fait pour nous inciter à chercher, à ne pas nous contenter de ce qu'on veut seulement bien nous dire. Pour nous ouvrir au monde, chercher la vérité. Il a fait son devoir de prof, quoi.

-Que sont exactement les Empereurs ?

Il y a plein de trucs que je veux savoir. Depuis le temps que je me prends la tête avec ça quand même ! Mais c'est vrai que depuis que j'ai entendu mon père en parler, lorsque j'ai surpris cette conversation que je n'aurais pas dû entendre, je m'interroge encore plus sur ce que c'est. Mon père avait l'air inquiet et semblait dire qu'il n'était pas dans une superbe situation. Je m'inquiète pour lui et également pour ma mère. Si jamais il a de graves problèmes et qu'elle se retrouve mêlée à tout ça, ce sera juste horrible.

-Comment tu es au courant de ça ? me demande-t-il, étonné.

-Je le sais parce que j'en ai entendu parler. J'espère que tu vas répondre à ma question et non pas me mettre un vent. Je ne trouve rien sur internet, c'est hallucinant quand même...

Il soupire et semble émettre certaines réserves à poursuivre cette discussion.

-Ce n'est pas vraiment étonnant, ce sont des informations militaires.

-Sans déconner ? dis-je, choqué par l'information. Pourquoi militaire ?

-Militaire et politique en fait.

Il soupire et me regarde longuement.

-Quoi ?

-T'es sûr de vouloir savoir ça ?

-Bien sûr que oui !

Je ne vais pas reculer maintenant. Pour une fois que quelqu'un veut bien me parler! X-Drake reste silencieux encore longtemps avant d'enfin prononcer un mot. Il me parle alors des Yonko, l'autre nom pour désigner les Empereurs. Ils sont quatre et ce sont les hommes les plus fort et les plus influents du monde. Ça va bien au-delà des Tenruybito et leur puissance fait peur aux autorités selon ce qu'il a appris. Contrairement aux Grand Corsaires, ils ne collaborent pas avec l'armée et les forces spéciales. Les hautes autorités ont essayé de s'attaquer à eux sans grand succès, leur pouvoir est bien trop grand.

Chacun d'eux contrôle une partie du monde : East Blue, West Blue, North Blue et South Blue. Ils ont le contrôle total sur ses territoires. Ils font la plupart du temps ce qui leur plait et ça a apparemment toujours été comme ça. Les Empereurs sont une entité et font partie intégrante des Trois Grandes Puissances.

J'ai l'impression de subir un cours d'histoire où on me parlerait de faits datant d'un autre temps. Déjà que j'avais du mal à concevoir le concept des Trois Grandes Puissances, sans parler des Tenruybito qui me sortent par les oreilles…

Je comprends que ces individus sont dangereux et que ce sont des informations sensibles : c'est certainement pour ça qu'on ne les crie pas sur tous les toits. Les gens flipperaient, il y a assez de souci dans ce monde pour ne pas en rajouter. Cela dit, je trouve à redire sur leur manière de garder le secret.

Bon Dieu, qu'est-ce que mon père peut bien avoir à faire là-dedans… ?


« Tout ce qui nous irrite au sujet des autres peut nous conduire à une compréhension de nous-mêmes.»

Carl Jung

Sabo


Samedi 17 Mars 2018

-On pourrait manger ensemble ce midi ? me propose Shanks.

-Je ne sais pas... Je n'ai qu'une demi-heure, j'ai juste prévu de manger un sandwich avec les collègues. Prends le temps de manger un vrai repas, toi.

Je lui souris et vérifie que je n'ai rien oublié. J'ai finalement été pris pour travailler dans le café, je m'y plais bien et devrais normalement y bosser jusqu'en juillet. Il ferme en août et le patron ne s'est pas encore projeté au-delà. On verra bien.

-C'est dommage, le cabinet est juste en face. Je peux bien venir te voir un peu même si on ne mange pas ensemble, non?

-Comme tu veux, Shanks.

Je le regarde, décontenancé par ses remarques. Depuis une semaine, je trouve mon colocataire plutôt étrange. J'en ai parlé à Cavendish qui m'a dit que pour lui, il n'y avait pas de différence : Shanks a toujours manqué de normalité. Il n'a pas tort mais ce n'est pas comme d'habitude. Il veut étrangement passer beaucoup de temps avec moi. Si j'étais parano, je dirais qu'il me surveille.

-Ace aussi doit passer me voir, vous vous verrez peut-être. J'y vais sinon, je vais être en retard !

-Pas de problème, passe une bonne journée.

Je lui fais un signe de la main et dévale les escaliers. J'ai mon métro de justesse et souris piteusement à un homme qui se demande pourquoi je suis en nage. Je m'assois à une place libre et vais quelques minutes sur le réseau Piece. Je relis une série de messages qu'Anonyme et moi nous étions envoyés. Les doigts sur les touches, j'hésite. J'arrive à mon arrêt sans avoir pu me décider. J'aimerais m'adresser au Anonyme que je ne connais pas encore mais j'avoue ne pas savoir comment faire.

Je ne voudrais pas non plus mettre Marco dans l'embarras en lui posant des questions trop intrusives. De toute façon, je me laisse encore du temps.

J'entre dans le café. Avec moi, il y a Makino et Mezair, en apprentissage, qui arrivera un peu plus tard. C'est l'équipe du matin. Le week-end, je travaille seulement jusqu'à 13h et la semaine, je travaille deux heures après les cours jusqu'à 20h. Le samedi après-midi et le dimanche après midi sont plus calmes : ils ne sont donc que deux.

J'aime bien bosser le matin : j'ai mon après-midi de libre comme ça et puis, je commence à 8h, ce sont de bons horaires.

Ace m'a dit qu'il passerait vers 10h voire 11h s'il a envie de dormir plus longtemps. Il n'a pas mis de réveil naturellement. C'est sûr qu'il y en a qui profitent de leur week-end !

J'entre au café et salue Makino. Mezair ne commence qu'à 10h30 et termine à 16h. L'établissement ouvre tout juste, Makino est en train de faire la mise en place. Je passe rapidement dans les vestiaires pour me changer : j'enfile ma chemise parfaitement repassée et le tablier avec le nom du café. Je reviens auprès de Makino qui me propose un café avant l'arrivée des premiers clients. J'accepte : les cafés sont vraiment délicieux ici et j'espère apprendre à en préparer d'aussi bons !

Pendant que Makino s'organise derrière le comptoir, je nettoie et organise les tables. Une fois fait, on se répartit la salle et puis on s'organise également pour quand Mezair sera là. Une demi-heure est passée et les premiers clients arrivent. Je m'occupe d'eux, tout content de pouvoir enfin gérer mes propres clients. Pendant les deux premiers jours, le patron m'a montré comment préparer les commandes dites simples. Le reste, c'est Makino qui s'en occupe. J'apprendrai le reste sur le tas, au jour le jour.

Une heure plus tard, le café est presque plein et alors que je suis en cuisine en train de recharger le plateau de pâtisseries, je souhaite que Mezair arrive très vite. Je n'arrive pas à croire qu'avant, Makino faisait ça toute seule. Je retourne en salle et ai la surprise de voir Ace au comptoir. Il discute avec Makino et ne semble pas m'avoir vu. Je n'ai pas le temps d'aller lui parler pour l'instant. Je me dépêche de mettre en place les pâtisseries et vais servir les deux muffins au chocolat et la tartelette au citron aux trois jeunes femmes de la table 4. J'entends Makino et Ace rirent et je me demande bien pourquoi. Je les observe à la dérobée et vois Ace se faire servir une tasse de capuccino bien remplie. Je suis débordé alors que Makino trouve le temps de rigoler avec Ace...

Je dois dire que ça m'agace un peu : c'est pour moi qu'il est là et je ne peux même pas lui parler. Ça dure encore un quart d'heure avant que je n'arrive enfin à me poser. Tout le monde est servi et déguste sa commande en toute tranquillité.

Je passe derrière Ace et dépose un baiser sur sa joue. Il se tourne vers moi et me sourit. Il me tire à lui et dépose un chaste baiser sur mes lèvres.

-Salut, dis-je.

-Salut, t'as enfin un moment ? me demande-t-il.

-Oui, je pensais que tu ne m'avais pas remarqué.

-Bien sûr que si ! Je ne voulais juste pas te déranger, t'avais l'air vachement occupé.

Je souris, rassuré par ses propos. J'ai vraiment cru qu'il ne m'avait pas vu, ça aurait quand même été vachement vexant. Makino me dit que je peux prendre dix minutes et s'occupe d'aller encaisser les clients et de nettoyer les tables vides.

-Ça a l'air assez dur, tu termines à quelle heure déjà ?

-13h.

-Mince, je crois que je ne pourrais pas attendre jusque-là…

-Pas grave. De toute façon, je ne pense pas que je pourrais t'accorder plus que ces dix minutes que Makino nous offre, je grimace.

-On dirait bien. C'est comment de travailler avec elle ? Ce n'est pas bizarre ?

-Les premiers jours, ça l'était. Là, c'est mieux.

-Tant mieux.

Ace porte sa tasse de capuccino à ses lèvres et je rigole quand je vois les traces qu'il a au-dessus des lèvres. Il s'essuie en rigolant et me propose une gorgée. Succulent !

xXx

Je salue Mezair et le patron qui est arrivé il y a une demi-heure. Makino a terminé depuis une heure. Finalement, je n'ai pas vu Shanks. Je rejoins Ace qui m'attends dehors et a gentiment proposé de venir me chercher à la sortie du boulot. Bien sûr, j'ai dit oui : il est parti passer le temps chez Zoro. Je le prends dans mes bras, bien content de pouvoir enfin me poser.

-T'es fatigué ?

-Juste un peu mais je suis content : j'ai eu 30€ de pourboire!

-Cool, tu vas pouvoir m'inviter à manger alors.

-C'est ça, oui. Et puis, j'ai déjà mangé, je ne compte pas te regarder t'enfiler des frites!

-C'est super bon, les frites, s'indigne-t-il. De toute façon, j'ai déjà mangé chez Zoro. Des frites, en plus.

Je secoue la tête, amusé, et on se dirige vers le métro.

Ace passe son bras autour de mes épaules et me fixe étrangement. Je lui souris et il fait pareil mais il n'arrête pas de me regarder alors je commence à m'inquiéter.

-Quoi ? dis-je dans un rire nerveux.

-Non, c'est juste que tu vas rire. Enfin, peut-être pas…, admet-il.

-Peut-être pas ?

-Ce n'est pas vraiment drôle mais quand même un peu. Mais dans tous les cas, même si tu ne trouves pas ça drôle, promets-moi de ne pas t'énerver.

-Je ne suis pas sûr de comprendre...

Ace commence à moins rigoler et parait de plus en plus nerveux.

-Je te le dis pour être honnête avec toi. Tu sais, comme on a dit qu'on ne se cachait plus rien.

J'acquiesce et je dois dire que plus il parle, plus je m'inquiète de la suite.

Il s'arrête, soupire et me prends la main avant de changer de direction. On marche en silence pendant quelques minutes puis on s'arrête après s'être engouffré dans une petite ruelle vide. Ace essaie de me sourire pour me rassurer mais je ne suis pas certain que ça marche vraiment.

-Il y a quelques jours, je me suis fait un peu bousculer en rentrant chez moi, commence-t-il.

-Bousculer ? je l'interroge.

-Ouais, bousculer. Je ne peux même pas appeler ça une agression tellement les mecs étaient cons. J'ai eu un peu le nez bousillé mais ce n'était pas grand-chose.

-Tu as été blessé ?!

Ace a beau se vouloir détaché quand il me raconte tout ça, je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter.

-Ouais mais ce n'était rien, je te dis. Les deux gars étaient des abrutis finis. En fait, le plus drôle, c'est qu'ils ont été engagés par ton père pour essayer de m'impressionner!

Il sourit et lève les yeux au ciel.

-Complètement débile! Il se croit dans un film de mafia ou quoi ?

Il rigole et pourtant, je suis loin de partager son hilarité. Il le remarque alors très vite.

-Mouais, je me doutais que tu ferais cette tête-là. Mais franchement, Sabo je t'assure, ce n'est rien du tout. Il est juste désespéré et s'agite inutilement!

J'hoche la tête mais c'est simplement pour lui faire plaisir. Je me sens complètement anéanti par la nouvelle. Mon père ne plaisantait donc pas quand il me disait qu'il me ferait rompre...

Ace me propose de rentrer et je dis oui. Cette histoire me reste dans la tête toute la journée.

Lundi 19 Mars 2018

-Nami m'en veut mais je ne sais pas pourquoi, me dit Sanji alors qu'on est en train de manger.

-Comment ça ?

-Je ne sais pas... Depuis quelques jours déjà, je la sens distante. J'étais pas mal occupé avec l'histoire de Niji alors je n'y ai pas trop fait attention jusque-là.

-Ça a peut-être un rapport avec ça si on y pense bien.

Sanji fronce les sourcils et n'a pas l'air de voir où je veux en venir.

-Tu as eu fort à faire ces derniers temps. Nami a du se sentir un peu délaissée. On sait tous que tu la traites comme une véritable princesse. A partir de là, il n'était pas difficile de savoir que quelque chose n'allait pas vu que tu ne criais plus tes fameux « Nami-chérie » à tout bout de champ.

-Tu crois ?

-Sanji…, dis-je, amusé. Tu devrais lui parler. A mon avis, elle s'inquiète simplement beaucoup pour toi.

Il sourit. Je sais qu'il est heureux mais s'en veut quand même. Il n'a rien dit à Nami pour ne justement pas l'inquiéter et voilà que l'inverse se produit. C'est vrai que toute cette histoire est vachement compliquée mais je suis certain que Nami pourra comprendre. Ils s'aiment et sont ensemble depuis si longtemps : parler leur sera bénéfique à coup sûr. Je sais combien il est dur de ne pas savoir, on se sent impuissant. On a juste l'impression d'être bien seul avec nos questions.

Hier soir, je n'ai pas arrêté de repenser à ce qu'Ace m'a dit. Je suis de nouveau déçu par mon père. Encore, quelle surprise d'ailleurs ! Non, au fond, si je veux être honnête, plus rien ne me surprend venant de cet homme. Il magouille je ne sais quoi d'illégal avec Doflamingo, il a déjà franchi la ligne depuis longtemps. Et ça n'ira pas en s'arrangeant. Il va juste falloir que je me montre plus prudent, que je lui fasse bien comprendre que ça ne sert à rien d'insister. Pourquoi tient-il tellement à ce que je revienne, que je reprenne ma place de fils parfait ? Ce n'est pas ce que je suis et je ne le serai pas pour nourrir ses espoirs dépassés.

Qu'il s'occupe de Stelly, il ne demande que ça. Qu'il ne fasse pas les mêmes erreurs qu'avec moi, pas alors que Stelly l'aime encore et le considère comme un père.

Je me demande bien pourquoi… Peut-être parce qu'il ne lui reste que lui ? J'ai malheureusement abandonné : Stelly préfère un père, même défaillant, qu'un frère qui n'est pas normal. Je ne comprendrai jamais comment on peut être si indifférent envers une personne avec qui on a grandi, avec qui on a passé de si grandes épreuves.

Je ne saurai sans doute jamais. En tout cas, en ce qui concerne mon père, je n'ai pas encore décidé ce que j'allais faire exactement. Est-ce qu'une énième conversation avec lui serait vraiment utile ?

Je soupire et observe Sanji qui n'a pas une meilleure tête que moi.

-Au fait, tu ne m'as pas dit comment ça s'était passé avec Niji?

-Oh oui, c'est vrai, fait-il.

Il sourit et j'ose espérer que c'est parce qu'il a de bonne nouvelle. Ce soir-là, il m'a simplement envoyé un message pour me dire que c'était fait, qu'il avait pu parler avec son frère et qu'il se sentait à présent plus léger. Il embauchait au Baratie très peu de temps après alors on a alors remis l'appel téléphonique à plus tard. Et puis les jours ont passé sans qu'on ne revienne une seule fois dessus.

-Il n'a pas été trop en colère de s'être fait piéger ? Je me demande comment ça s'est passé avec Zoro une fois qu'il est rentré, dis-je, pensif.

-Il a été surpris de me voir, c'est sûr, mais je crois qu'il l'a plutôt bien pris. Mes frères n'ont jamais été du genre à paniquer ni à vraiment prendre une situation au sérieux.

-Eh bien, je suppose que c'est tant mieux pour nous.

J'esquisse un sourire et Sanji hausse les épaules.

-Je lui ai dit qu'on devait parler mais quand il a dit OK, je me suis retrouvé con. Je ne savais pas quoi dire, ni par où commencer. Je m'attendais plus à ce qu'il m'envoie promener, pas à ce qu'il coopère si facilement, si rapidement. Il s'est moqué de moi pour ne pas changer et ça m'a énervé alors je lui ai dis ses quatre vérités : je lui ai balancé au visage tout ce que je pensais de lui et ce que je ressentais. Je ne sais pas si ça m'a vraiment fait du bien... J'étais tellement perdu que je n'arrivais pas à analyser mes émotions.

Il s'arrête et semble se replonger dans ses souvenirs.

-Je me suis excusé finalement. Je crois que c'était mieux de le faire. Enfin, jusqu'à ce qu'il me dise que j'étais idiot. D'après lui, je suis bien trop gentil pour pouvoir m'en sortir convenablement dans la vie et je vais indubitablement payer le fait d'être faible plus tard. Je crois que c'est ça manière à lui de s'excuser et de me dire que je ne lui devais pas d'excuse. Les choses sont bien comme ça. Enfin, je crois...

-Il a une manière bien à lui de le faire.

-Je suis d'accord avec toi. Je lui ai aussi dit qu'il manquait aux autres. Certainement pas au vieux mais aux autres, oui. Je ne sais pas ce qu'il fera et ce n'est plus mon problème. Dans les jours qui viennent, je vais consacrer toute mon énergie à me faire pardonner par ma belle Nami!

Il sourit bêtement et je me dis que je suis heureux de revoir Sanji comme ça. Ca fait si longtemps. J'ose espérer que cette histoire est enfin derrière lui.

Mercredi 21 Mars 2018

J'observe Ace qui, les yeux fermés, est complètement avachi sur le canapé de la cafétéria. Il a l'air au bout du rouleau. Je n'ai pas besoin de l'interroger pour savoir. Il est évident que c'est à cause de cette histoire de compétition pour la salle du Glee Club. Ça m'énerve tellement : je n'arrive pas à croire que Rob Lucci ait envoyé le projet se faire valider sans même m'en informer avant!

J'aimerais tellement plus l'aider mais je ne sais même pas comment. La Summer Cup commence bientôt. Les entrainements se sont durcis et sont plus longs qu'avant, ça devient même assez compliqué avec le boulot : j'ai l'impression de ne plus avoir une minute à moi, c'est pour dire. Et pendant les vacances, je vais être tellement dans la compétition que je n'aurais pas le temps de penser à autre chose. C'est la dernière fois que je pourrai y participer. Après le lycée, je compte faire des études de journalisme et le basket ne prendra alors plus autant de place dans ma vie.

-Est-ce que ça va aller ? je l'interroge.

-Je ne sais pas, me répond-il.

-Je suis sûr que d'une manière ou d'une autre, tout va finir par s'arranger.

Ace ne me répond pas. Il n'a pas l'air de partager mon optimisme. Je soupire et me rapproche de lui. Il ouvre les yeux et me regarde. Je lui propose une barre de Twix qu'il accepte, c'est déjà ça.

-C'est une mauvaise idée de vous affronter lors d'un match de rugby.

-Je suis tout à fait d'accord avec toi, lâche-t-il. Mais est-ce qu'on a vraiment le choix ?

-Non, certainement pas.

-La salle est déjà à eux, il faut simplement qu'on trouve des gens pour nous aider.

-Vous pouvez déjà compter sur moi.

Je lui souris, lui montre que je ferais de mon mieux pour les aider. Mais loin de me renvoyer un sourire ou même une expression soulagée, Ace grimace. Ca ne me rassure pas vraiment.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Tu n'as pas l'air très content.

-C'est juste que je pense que c'est une fausse bonne idée que tu participes, commence-t-il.

-Pourquoi ?

Je fronce les sourcils et attends avec un peu d'appréhension la réponse de mon petit-ami.

-Tu as peur que je sois mauvais ? je fais semblant de me vexer.

-Non, non !

Il panique et ça me fait rire : je le rassure tout de même sur le fait que je blaguais.

-C'est juste que tu es le Président des élèves, il n'y a pas conflit d'intérêt si tu participes ? m'interroge-t-il. Les gens diront que tu n'es pas neutre, surtout que tu es supposé rester en dehors de tout ça.

-Tu n'as pas tort...

Je fais la moue. Ace a raison et sur ce coup-là, ça m'embête assez.

-Ne t'inquiète pas. Le Glee Club n'a jamais eu la vie facile mais il s'en est toujours sorti.

Ace me sourit et je fais de même. Au moins n'a-t-il pas perdu sa volonté de se battre. La pause de midi se termine et Ace et moi trainons quelques minutes encore ensemble avant de finalement nous séparer pour gagner nos cours respectifs.

xXx

-Tu es rentré, Sabo.

Je me retourne et regarde Shanks qui marche vers moi. Je fronce les sourcils et accroche ma veste au porte manteau.

-Oui. Tu m'attendais ?

-Non, pas spécialement.

Il hausse les épaules et regarde l'heure sur son portable.

-Tu ne rentres pas plus tôt d'habitude ?

-Peut-être, je ne fais pas toujours attention. Mais en ce moment, les entrainements se terminent plus tard et mes horaires de boulot ont été décalés.

-Hum, c'est bien.

Il continue de me regarder et je commence à trouver ça franchement bizarre. Heureusement, il finit enfin par parler.

-Cavendish n'est pas là ce soir mais il nous a laissés un succulent gratin de courgettes. Il est un peu tôt mais je meurs de faim, ça ne t'embête pas si on mange tout de suite ?

-Non, pas de problème. Je vais juste prendre une douche avant et préparer mes affaires pour demain.

-Parfait, j'ai quelques dossiers à ranger aussi avant.

Je le laisse et monte les marches quatre à quatre. Je dépose rapidement mes sacs dans ma chambre et prends le jogging qui me sert de pyjama en ce moment. Je prends une longue douche histoire de bien me détendre et me fais un champoing. Le massage sur mon cuir chevelu me fait vraiment du bien. Une fois prêt, je descends : Shanks est toujours sur ses dossiers. Je lui demande s'il veut que je lui prépare son assiette et il accepte.

Je nous sers deux belles portions et m'installe à table. Shanks s'installe avec moi, ses dossiers toujours à la main.

-Tu as beaucoup de boulot en ce moment ? je lui demande.

Shanks a repris depuis quelques semaines, le travail lui manquait trop. Cavendish et moi avons très nettement pu remarquer le changement que ça a opéré chez lui. Je pense qu'il s'ennuyait un peu avant, ça prouve à quel point il est attaché à son travail. J'espère que je serais aussi impliqué que lui plus tard dans la vocation que j'aurais choisie.

Shanks mange mais continue de jeter des coups d'œil à ses papiers. La télé est allumée mais personne ne la regarde vraiment. Par curiosité, je laisse mon regard s'attarder sur les documents sur lesquels il travaille : je me dis que s'il les amène à table, c'est qu'ils ne sont pas confidentiels.

Je n'y comprends pas grand-chose ou plutôt, je n'arrive pas à déchiffrer les informations qu'il y a. Il faut dire que Shanks a une écriture illisible aussi !

-Ça t'intéresse ?

Shanks surprend mon regard et sourit.

-Un peu. Je suis surtout curieux.

Il fouille dans les dossiers et en met un au-dessus de la table.

-Je ne peux pas dire que je sois vraiment débordé en ce moment. Certains clients sont plutôt réticents à me faire confiance. J'ai l'impression de devoir à nouveau faire mes preuves, comme au tout début. Un jour, je m'ennuyais un peu et j'ai remis le nez dans de vieux dossiers.

-Ceux sur la table ?

Il acquiesce.

-Ce sont ceux-là les plus intéressants.

Il me montre les dossiers sur le dessus, hésite puis finit par me les tendre.

Je n'ai pas besoin de lire plus de deux lignes pour me mettre à paniquer.

Il s'agit d'information sur deux membres de l'Armée Révolutionnaire. Des informations banales pour décliner leurs identités, le rappel des délits qu'ils ont commis mais surtout, surtout, leur appartenance à l'AR.

-L'Armée Révolutionnaire… ? je murmure, incapable de rester silencieux plus longtemps.

-Oui. Tu as l'air surpris, dit-il. Tu les connais plutôt bien pourtant, non ?

J'arrête de respirer et ne trouve rien à dire. J'ai peut-être mal compris ? Je me risque à jeter un coup d'œil à mon colocataire et il me regarde de la même manière qu'il m'a toujours regardé. J'avale avec difficulté la bouchée de gratin que j'avais dans la bouche.

Je ne sais pas ce que cette révélation implique ni ce qu'elle va engendrer par la suite. Après tout, Shanks est resté assez vague, ça ne veut peut-être rien dire mais je ne suis pour autant pas très tranquille. En lâchant ça, Shanks a pu vouloir dire que je connaissais le système de l'AR, que j'en ai peut-être déjà entendu parler… ? Ça doit être ça.

Il n'a aucun moyen de savoir que je fais partie de cet organisme. Les réunions de l'AR sont toujours très bien protégées et le secret du lieu et de l'endroit est gardé jusqu'au dernier moment. Je suis une jeune recrue, j'ai quelques responsabilités et j'en suis fier mais je ne participe même pas à toutes ces réunions. Et puis, au-delà de ça, quand je rencontre en de rares occasions des membres de l'organisation, nous sommes toujours très vigilants.

Mon trouble est de plus en plus visible et mon colocataire me regarde étrangement.

-Je t'ai vu avec Ivankov et Inazuma, lâche-t-il finalement. J'espère que tu sais ce que tu fais, ajoute-t-il simplement avant de continuer à manger son plat.

Tout s'éclaire d'un seul coup : Shanks ne fait rien au hasard depuis le début de la soirée et ses questions et ses regards ces jours derniers, je ne les ai pas imaginés. Peu importe à quel point j'essaie de me rassurer parce qu'il s'agit de Shanks et que c'est mon ami. Tout ça ne change rien à l'horrible vérité : je suis découvert.


Un chapitre plus court mais on avance quand même pas mal !

A la semaine prochaine pour le chapitre 25.