Bonjour,
Titre : Once Upon A Time - tome 2...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic
Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.
Bêta correctrice : pommedapi
Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).
Bonne lecture à tous !
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
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Chapitre 25
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« La chose la plus difficile est la décision d'agir, le reste n'est que ténacité.»
Amelia Earhart
Ace
Vendredi 23 Mars 2018
-Vous pensez qu'on devrait s'entrainer au rugby ou au moins apprendre les règles ? demande Shirahoshi.
En pleine pause dans notre salle, on la dévisage tous. Brook est le seul à faire du bruit avec sa brique de jus de pomme.
-Quoi ?
-C'est que… je sais qu'on est occupé avec le concours qui approche et qu'on passe déjà tout notre temps à ça mais il faut aussi penser à l'après, explique la présidente du Glee Club.
-Tu as raison, soupire Margaret. Mais quand ? Comme tu dis, on est déjà pas mal occupé en ce moment.
-Ne vous inquiétez pas, j'ai déjà commencé à apprendre les règles.
Les filles se tournent vers moi et j'essaie de paraitre détendu, histoire qu'elles reprennent confiance.
-Moi aussi. Je me suis acheté une tenue pour l'occasion, j'ai hâte de la mettre ! sourit Dellinger.
-Ne vous tracassez pas trop, lance Brook. Vous n'êtes pas des joueurs professionnels de rugby. Vous entrainez pendant des jours, des semaines ou des mois n'y changera pas grand-chose. Chaque chose en son temps. La date du concours approche et à mon avis, c'est une mauvaise idée d'éparpiller son énergie juste avant le jour J.
-C'est pas faux, dis-je.
-Terminez vite de manger, on reprend l'entrainement tout de suite après, nous encourage Brook.
Je croque dans mes dernières chips quand deux filles tapent timidement à la porte. On se retourne tous instantanément et on fixe d'un œil surpris les deux arrivantes. On n'a pas l'air très accueillant, je le reconnais, mais on a encore en tête le fait que la merde qui nous arrive avec le club de rugby a commencé comme ça : par des inconnus qui ont débarqué dans la salle du Glee Club.
L'une d'elles, celle qui se tient à droite, est brune et a des cheveux mi-longs. Elle est habillée de manière plutôt banale et esquisse un sourire franc quand elle croise mon regard. L'autre fille est vraiment très belle et se démarque par l'aura qu'elle dégage, son élégance. Elle est blonde et a les cheveux plus courts que la fille qui l'accompagne. Ses boucles blondes se terminent juste au milieu de sa nuque. Elle a également de grands yeux bleu clairs. Vu sa tenue, elle fait partie des bourgeois, ou plutôt des privilégiés de cette école.
-On vient pour les portes ouvertes, annonce la brune. Regarder la séance d'entrainement du Glee Club, ajoute-t-elle en échangeant un regard avec son amie.
Cette nouvelle enchante clairement le Glee Club. On montre alors enfin nos bonnes manières et on salue les deux possibles futures recrues.
-Je m'appelle Aby et je suis en seconde. Voici Stussy, en première.
-Oui, on est dans la même classe ! se réjouit Dellinger.
Stussy lui fait un signe de la main pour le saluer et bien entendu, Dellinger lui répond avec entrain.
-Vous tombez vraiment bien, on allait reprendre l'entrainement ! les informe Brook.
Elles ont l'air ravi et sous les politesses de notre coach, elles s'assoient sur les chaises au premier rang, prêtes à nous observer nous mettre en scène. Avec les autres, on s'éloigne un peu pour se préparer à monter sur scène. Shirahoshi n'arrive pas à cacher sa joie : elle s'emballe certainement un peu vite mais je dois dire que c'est si surprenant et si merveilleux qu'on peut bien rêver un peu.
On discute à voix basse même si on sait que ça ne sert à rien et qu'elles peuvent certainement nous entendre. On se questionne et surtout, on fait des suppositions. On se rappelle surtout d'être courtois et aimable avec elles : si on m'avait dit un jour que je ferais ça ! Brook nous rappelle à l'ordre et nous demande ensuite si nous sommes prêts à interpréter « Je l'aime à mourir ».
Le jour du concours, ce sera un simple piano voix avec nos cinq voix, pour pouvoir être sûr de passer notre message. On fera la même chose pour « Thousand years » et autant dire que depuis quelques jours, je me suis remis au piano ! La chanson d'amour n'est pas très longue alors nous avons peu de temps pour convaincre, en tout cas moins que pour les autres. C'est une chanson célèbre qui a été traduite dans plusieurs langues et dans plusieurs versions. Elle est très connue et nous ne voulons pas nous rater.
Elle a gommé les chiffres des horloges du quartier
Elle a fait de ma vie des cocottes en papier, des éclats de rire
Elle a bâti des ponts entre nous et le ciel
Et nous les traversons à chaque fois qu'elle ne veut pas dormir
Ne veut pas dormir, je l'aime à mourir
Elle a dû faire toutes les guerres
Pour être si forte aujourd'hui
Elle a dû faire toutes les guerres
De la vie, et l'amour aussi
Elle vit de son mieux son rêve d'opaline
Elle danse au milieu des forêts qu'elle dessine, je l'aime à mourir
Elle porte des rubans qu'elle laisse s'envoler
Elle me chante souvent que j'ai tort d'essayer de les retenir
De les retenir, je l'aime à mourir
Pour monter dans sa grotte cachée sous les toits
Je dois clouer des notes à mes sabots de bois, je l'aime à mourir
Je dois juste m'asseoir, je ne dois pas parler
Je ne dois rien vouloir, je dois juste essayer de lui appartenir
De lui appartenir, je l'aime à mourir
Elle a dû faire toutes les guerres
Pour être si forte aujourd'hui
Elle a dû faire toutes les guerres
De la vie, et l'amour aussi
Moi je n'étais rien et voilà qu'aujourd'hui
(Je suis le gardien du sommeil de ses nuits, je l'aime à mourir)
(Vous pouvez détruire tout ce qu'il vous plaira)
(Elle n'aura qu'à ouvrir l'espace de ses bras pour tout reconstruire)
(Pour tout reconstruire, je l'aime à mourir)
Nous laissons les dernières notes se terminer avant que Brook ne nous applaudisse. Stussy et Aby, impressionnées, font de même. On descend les rejoindre pour accueillir leurs commentaires.
Les deux filles restent plutôt silencieuses. Comme elles ne font pas parties du Glee Club, elles ne doivent pas trop oser prendre la parole. Brook a l'air ravi d'avoir des demoiselles à ses côtés parce qu'il en fait plus que d'habitude. Ça les fait d'ailleurs assez rire. Nous un peu moins car même si parfois, Brook a l'air d'une bonne grosse blague, c'est aussi un très bon coach qui sait ce qu'il fait. C'est pour ça qu'on écoute toujours avec attention ses remarques.
Après avoir recueilli ses commentaires, on retourne sur scène pour de nouveau interpréter la chanson en apportant des améliorations. L'entrainement continue et entre rire et sérieux, à 18h, il se termine enfin.
-Alors vous en avez pensé quoi ?
Margaret sourit à Stussy et Aby. Les deux filles se regardent, comme pour se mettre d'accord, avec hésitation.
-J'ai vraiment adoré, nous confie alors Aby.
Elle a un immense sourire et pour moi, ça ne fait aucun doute, Aby va rejoindre le Glee Club. Elle a l'air motivé et passionnée par ce qu'on fait, elle semble aussi vouloir s'intégrer et c'est vraiment super.
-En fait, j'ai toujours aimé chanter sans vraiment le savoir. Je me suis dit qu'avec le Glee Club, je pourrais apprendre et m'amuser un peu. Vous êtes vraiment tous géniaux et j'ai trop envie de chanter avec vous sur scène. Quand vous chantiez, j'avais l'impression de ressentir mille choses à la fois !
-Ne nous fais pas autant de compliments ou Shirahoshi va encore pleurer, s'amuse Perona.
On observe tous la présidente du Glee Club et effectivement, elle n'est pas loin de verser sa petite larme.
-Pour ma part, même si j'ai trouvé ça vraiment bien, je ne suis pas encore sûre de rejoindre le Glee Club, intervient Stussy. J'appartiens au club de photographie en tant que modèle et même si ce n'est pas toujours amusant, ça me plait assez. Il y a pire, quoi. Je suis surtout venue aujourd'hui parce qu'Aby n'arrête pas de me dire que je devrais vous rejoindre.
-Pourquoi ? demande Perona.
-Parce qu'elle a une voix sublime ! déclare Aby.
Il ne nous en fallait pas plus pour nous intéresser. Autant dire qu'à partir de cet instant, on redouble de courtoisie et d'amabilité envers nos deux invitées. Plus tard, avant qu'elles s'en aillent, on leur propose de revenir la semaine prochaine pour cette fois-ci, s'entrainer avec nous.
Dimanche 25 Mars 2018
Je fronce les sourcils et remets l'enchainement de mouvements en arrière. C'est quoi ça ? Il n'y a pas faute normalement là, je n'y comprends rien. Et dire que je pensais avoir enfin compris les règles... En même temps, je ne devrais peut-être pas compter sur un manga pour m'apprendre les règles d'un sport. Mais c'est tellement mieux que de prendre un manuel ! Et puis, j'ai l'impression de ne pas gâcher mon temps. Allier l'utile à l'agréable comme on dit.
Je repousse mon ordinateur et laisse la vidéo continuer de défiler. Je m'allonge sur mon lit et soupire. Il ne nous reste plus tellement de temps avant les régionales. Comme d'habitude, on manque le dernier jour de cours avant les vacances d'avril. Cette année, on va se disputer le titre ici, à Dawn. C'est comme jouer à domicile même si franchement, ça ne fait pas de grande différence. Ici ou ailleurs, ce n'est pas comme si du monde allait se déplacer pour venir nous encourager.
Faut vraiment que j'arrive à rester concentrer mais je dois dire qu'avec le match de rugby qui approche et ce que j'ai appris de la bouche de X-Drake, c'est plutôt difficile. Merde, je n'arrête pas de me poser des questions. Je me dis même parfois qu'il aurait mieux valu que je reste dans l'ignorance. Et puis, je me rappelle la conversation que j'ai surprise. Je ne sais pas avec qui discutait mon père. Il y a plusieurs possibilités. Quelqu'un de son entreprise et dans ce cas, il y a de grandes chances que ce soit Rayleigh : il est un peu comme son bras droit ou vice-président, je ne sais pas trop comment le qualifier. Ou alors quelqu'un d'un autre milieu, quelqu'un qui appartiendrait à la catégorie sombre qui tourne autour des Trois Grandes Puissances.
Tout est si vague. Je ne me suis jamais vraiment intéressé à la vie de mon père. Je n'arrive pas à croire que je me suis contenté maintes et maintes fois d'accepter des réponses qui n'en étaient pas à des questions pourtant simples. « Je travaille l'argent. »
Ce n'est pas un métier, ça ! Ça ne veut même rien dire du tout.
Est-il banquier ? Trader ? Courtier ? Parieur… ?
Pour avoir vu son entreprise, j'en doute. J'ai l'impression qu'on y fait un peu de tout. Comme une grosse tour de contrôle qui gérerait l'ensemble de ses affaires.
Il est sans doute temps pour moi d'avoir une discussion sérieuse avec mon père. Ouais, mais pas tout de suite, je ne sais même pas quoi lui dire. J'ai déjà plein de trucs à gérer en ce moment mais si je suis honnête, ça m'arrange assez. J'aimerais repousser ce moment encore et encore.
Ah, j'ai l'impression que le monde devient fou. Je me redresse et m'intéresse de nouveau à l'anime « All out ! ». Il faut que je me dépêche de trouver des gens pour nous aider. Avec de la chance, les gars du club de rugby n'iront pas à fond. Ils pensent certainement qu'on est nul et ils n'ont pas tort mais si on peut tirer profit de leur négligence, ce serait bien. Ils ne nous ont pas proposé un match de rugby par hasard après tout. De toute façon, on n'a jamais eu notre mot à dire et eux s'assurent simplement d'avoir toutes les cartes en main pour arriver à leurs fins. Inutile de dire qu'on a essayé de négocier pour avoir quelque chose de plus équitable pour nous, sans succès. Ils nous donnent des avantages et c'est apparemment largement suffisant pour nous pour gagner, d'après eux bien entendu.
Mais c'est loin d'être aussi simple qu'ils le pensent ou plutôt qu'ils voudraient nous le faire croire. On a plein de problèmes, à commencer par l'équipe qu'on alignera.
Je comprends que Margaret ait envie de jouer, de se battre pour le Glee Club, mais ce qu'elle ne comprend pas, c'est qu'on n'est pas tous semblables et qu'on ne se bat clairement pas à armes égales. Je ne veux pas miser sur le fait qu'ils seront plus cléments avec une fille et utiliser ça pour l'envoyer sur le terrain. Effectivement, je me suis autoproclamé capitaine de l'équipe Glee Club. Mais Margaret est une vraie tête de mule et une féministe affirmée, je vais me prendre une rasade d'insultes si je lui dis que je ne veux pas qu'elle participe parce que c'est une fille. Déjà qu'on recommence tout juste à se reparler normalement – le fait que son ex mène une croisade contre notre club aide –je n'ai pas envie qu'elle me tombe de nouveau dessus.
Il faut donc que je trouve quelqu'un d'assez fort pour combler les lacunes de Margaret et de Dellinger. Et les miennes aussi en fait. De l'équipe entière, quoi. C'est vrai qu'avoir Zoro serait super: il est balèze et je ne suis pas sûr que quelqu'un pourrait l'arrêter. En sport, il était toujours le premier qu'on choisissait pour constituer les équipes.
Law, ce n'est même pas la peine d'y penser : même s'il avait du temps, il ne le ferait pas. Le payer ne servirait à rien non plus. Il serait capable de me payer pour ne pas jouer. Ce que je peux comprendre. Franchement, ça n'a aucun intérêt. Je vais aller me faire mal sur un terrain de rugby pour garder ma salle. Quelque chose qui m'appartient déjà et en même temps que je n'utiliserai plus dès l'année prochaine. Ca peut paraitre idiot mais je veux que le Glee Club qui nous succèdera puisse s'entrainer convenablement. C'est pour l'honneur donc.
Quand cette histoire est tombée, on était tous d'accord avec les membres du club pour ne pas en parler à X-Drake. On voulait égoïstement être capable de régler ça par nous-mêmes. Avec le nouveau Glee Club. Mais maintenant, je ne suis plus si sûr. X-Drake a fait du foot pendant longtemps et était un très bon buteur. Il a de bonnes compétences en sport, ça nous serait forcément bénéfique. Et puis, je suis sûr qu'il ne refuserait pas de nous aider. Maintenant, il faut aussi convaincre les autres. Sincèrement, vu la merde dans laquelle on est, j'espère qu'ils ne vont pas réfléchir très longtemps.
J'ai pensé pendant un moment à Shanks avant de vite passer à autre chose. J'avoue que s'il avait été en pleine possession de ses moyens comme avant son agression, je l'aurais envisagé. C'est comme ça que je l'ai connu au début après tout. Il était déjà blessé mais ça ne se voyait pas. Pas pour moi qui ne savais pas en tout cas. Là, je balaie cette idée et j'ai honte de l'avouer mais c'est parce que Shanks souffre d'un handicap maintenant. Et à travers ce mode de pensée, j'ai l'impression de dire que parce qu'il est amoindri, il est moins capable qu'un autre. Et c'est ça qui me rend honteux.
C'est comme pour Margaret et Dellinger, j'ai l'impression de sous-estimer mes amis…
Cette histoire me prend la tête. J'éteins mon ordinateur et descends au salon. Law est sorti prendre l'air avec Luffy je ne sais où. Il me semble que Roger et Hancock sont dans leur chambre. Je me répète comme un mantra qu'ils sont simplement en train de dormir. Je ne me pose pas plus de question et essaie de ne pas m'y intéresser. Seigneur, je veux penser jusqu'à la fin de ma vie que la seule fois où mes parents ont eu une relation sexuelle, c'était lors de ma procréation. Protégez mon âme innocente, s'il vous plait...
Si je reste ici, je vais juste m'abrutir devant la télé. Autant rejoindre Law et Luffy.
Mardi 27 Mars 2018
J'entre dans la cafétéria et commande une coupelle de fruits. Il fait chaud et j'ai une horrible envie de fruits frais et exotiques. Le serveur me la tend avec le sourire. Je crois que c'est un nouveau, c'est la première fois que je le vois ici. Je plante ma fourchette en plastique dans un morceau de mangue. Délicieux, pas trop mûr et sucré, exactement comme j'aime. Je me dirige vers les poufs. Mon but est juste de passer le temps jusqu'à mon cours d'anglais. Donc je vais me détendre, manger, et faire la liste du matériel à prendre pour le camping.
Je suis surpris de repérer rapidement Stussy: on dirait qu'elle a eu la même idée que moi. Je vais m'installer à côté d'elle et lui fais un coucou. Elle m'avait fait forte impression vendredi dernier. J'espère qu'Aby et elles rejoindront le club. On n'en parle pas parce qu'on est suffisamment occupé comme ça mais on a peur de voir le Glee Club s'éteindre après notre départ. Dellinger sera seul et ce sera forcément dur pour lui. On veut l'aider avant de partir, lui passer le flambeau convenablement.
-Toi aussi tu avais une envie de fruit ? je lui fais remarquer.
-Ouais, j'ai toujours un creux à cette heure. J'ai moins mauvaise conscience en mangeant des fruits.
-J'avais juste chaud et envie d'un truc sucré et acidulé. Je suis content qu'ils proposent plus de fruits maintenant. J'en avais marre de manger des cochonneries. Pourquoi t'es là ?
-J'ai un prof d'absent. Et toi ?
-Comme d'habitude, j'ai du temps à tuer avant d'aller en enfer. J'ai anglais et la prof ne m'aime pas.
Elle rigole.
Elle doit penser que je blague. Comme j'ai des choses à faire, je la laisse à son occupation et me concentre sur mes propres papiers. Avec les membres du Glee Club, on a déjà pas mal avancé dans l'organisation de nos vacances. On va y aller en train. Eh oui, plus de chauffeur. C'était bien avant, X-Drake nous conduisait partout. Prendre le train ne sera pas un problème pour Margaret et Perona. Shirahoshi n'a pas l'habitude mais veut bien se lancer et Dellinger voit une fois de plus ça comme une aventure.
Arrivés à la gare, pas le choix, la famille de Shirahoshi nous conduira jusqu'à notre emplacement de camping. On sera sur une propriété privée alors pas de transport en commun. J'ai déjà briefé tout le monde sur le fait de voyager léger et de prendre des vêtements dans lesquels ils seront à l'aise. Pour la nourriture, Shirahoshi m'a dit qu'il y avait un magasin dans l'espace naturel. Je lui ai fait comprendre que notre but est de nous débrouiller par nous-mêmes et de ne pas aller faire les courses en voiturette au magasin dès qu'on aura besoin de quelque chose. On achètera l'essentiel, rien de frais, et ça devra nous faire trois jours. On aura au moins des sanitaires propres et une douche. Je n'aurais renoncé à ce confort pour rien au monde.
Pour la suite, c'est moi qui m'occupe de lister le materiel, la partie un peu plus technique des vacances.
-Qu'est-ce que tu fais ? me demande Stussy.
Je tourne la tête vers elle et la voit penchée vers moi, essayant de lire mes notes.
-Je prépare les vacances du Glee Club.
Elle a l'air tout d'un coup bien intéressée.
-Vraiment ?
J'opine du chef.
-Et vous faites ça souvent ?
-Non mais on essaye, on est parti à South Blue l'année dernière avec des amis et cette année, c'est juste nous. On va faire du camping pendant trois jours.
-Ça a l'air amusant.
Elle sourit et mange un morceau de melon. Son regard se perd au loin et elle a l'air étrangement songeuse.
-Vous avez l'air de tous si bien vous entendre.
-Ouais. On est amis. On porte tous le Glee Club à bout de bras alors ça rapproche. On est aussi un peu spéciaux alors sans doute qu'on se comprend mieux.
-Ouais, ça doit être ça. Ce n'est pas pareil au club de photographie... On s'entend tous assez bien mais on est simplement là pour faires les activités du club, c'est tout.
-Hum, je comprends. Le club de photographie doit être plus sérieux, dis-je.
-Peut-être.
Elle souffle.
-Mais votre enthousiasme et la bonne humeur du Glee Club me fait envie. Quand Aby m'a demandée de l'accompagner, je ne m'attendais pas à passer un aussi bon moment. J'avoue hésiter encore quant au fait de rejoindre le Glee Club. En revanche pour Aby, son choix est fait.
-On peut donc compter sur elle ? je demande pour être sûr.
-Oui.
-C'est super ! Prends ton temps pour choisir. Reviens même nous voir un vendredi si tu veux.
-J'essaierai. Ce serait tellement plus simple si je pouvais faire partie de deux clubs.
Elle rigole et je me dis qu'elle n'a pas tort. Mais si c'était possible pour certains clubs, ce n'est pas notre cas: on est trop peu nombreux pour faire l'économie d'une seule personne.
-Tu sais quand est-ce qu'Aby va nous rejoindre ? Le 6, on a les régionales, ce serait bien si elle pouvait venir avec nous pour s'intégrer.
-Je ne sais pas du tout. Mais elle est motivée alors vous allez certainement la revoir très vite.
-OK.
Jeudi 29 Mars 2018
J'écoute les instructions du prof de sport en me faisant la réflexion que tout le monde ici sait jouer au basket. En théorie, en tout cas. Il y a une différence entre savoir et pouvoir. Je pense savoir et pouvoir mais je ne suis pas sûr de vouloir. J'ai l'impression d'être dans une classe de guignols et le cours de sport – alors que j'aime ça – est tellement ennuyeux.
Le prof termine son laïus et nous demande de constituer des équipes. Certaines filles grognent. Pour ma part, j'attends juste que ça passe. Deux heures de cette torture. Je soupire et me lève à l'entente de mon nom. J'essaie de me motiver : je ne vais pas passer mon temps à ruminer.
En plus, mon équipe joue contre celle de Rob Lucci.
C'est dans ces moment-là que je regrette de ne pas m'être intéressé un peu plus à ce que fait Sabo. C'est quand même un super joueur de basket. Il aurait pu m'apprendre deux trois trucs pour mettre cet enfoiré minable. Le coup de sifflet retentit et je reçois aussitôt le ballon. Mes coéquipiers ne sont pas vraiment de grands sportifs, autant dire qu'ils comptent sur moi pour changer la donne. C'est sympa de leur part mais tout seul, je ne vais pas pouvoir faire grand-chose. Cela dit, on marque tranquillement des points. On en encaisse aussi pas mal il faut dire.
Quelle merde.
Il est partout et nulle part à la fois. Il est à un bout du terrain, on court, on se retourne et on a la surprise de le voir à côté de nous. Rob Lucci. Les filles crient stupidement son nom. Il joue les indifférents et il l'est probablement mais c'est certain aussi qu'il cherche à provoquer tout cet engouement autour de sa personne. On ne suspecte jamais une personne au-dessus de tout soupçon. Et malheureusement pour moi, il l'est. Enfin, pour les autres en tout cas.
Moi, il me sort par les yeux et plus le temps passe, plus je le déteste. Et le pire dans tout ça, c'est que je crois que j'adore le détester.
Le match continue et même s'il est évident qu'on va perdre ce match, on n'abandonne pas. Je retrouve une certaine excitation à me trouver là et joue joyeusement au basket. Et j'arrive en plus à gérer assez bien Rob Lucci. C'est ma petite satisfaction personnelle.
Je reçois soudain le ballon et dribble plutôt habilement jusqu'à la moitié du terrain. Je suis sûr que mon petit-ami serait fier de moi. Marqué par deux adversaires, je renvoie le ballon à une fille de ma classe qui le fait tomber par terre. Elle panique et le ramasse vite. Cette maladresse suffit à distraire les deux gars qui me marquent et j'en profite alors pour m'éloigner. On me renvoie le ballon, je me retourne pour me précipiter vers le panier mais bouscule Rob Lucci dans la manœuvre. Un coup de sifflet retentit et on me fait signe de faire attention.
Je fais mine qu'il s'agit d'un malencontreux accident – et ça l'est – mais quelle joie ! Bien entendu, le capitaine de foot le voit et a du mal à cacher sa contrariété. Il se relève et le match reprend.
Deux minutes plus tard, comme par miracle, je récupère de nouveau le ballon. J'aurais peut-être le temps de marquer un dernier panier avant la fin du match. Oh, joie !
Mais je fais à peine un pas que je me fais bousculer et me cogne durement par terre. Mon dos me lance et je grince des dents pour atténuer la douleur qui se propage dans mon dos. J'ouvre difficilement les yeux pour apercevoir Rob Lucci.
-Excuse-moi. Ça va aller ?
Son visage est impassible et il me tend la main. Je la saisis et écarquille les yeux comme pour mieux me stabiliser. Au bout de quelques secondes, ma vision est enfin plus nette et je me mets à fixer Rob Lucci.
Le prof siffle la fin du match et le score est inscrit au tableau.
On a perdu et je me suis fait bousculer par Rob Lucci en plus d'avoir super mal au dos. Mais peu importe.
Je viens de découvrir quelque chose de merveilleux aujourd'hui.
Rob Lucci a beau dire ce qu'il veut, faire semblant continuellement, il y a des choses qui ne trompent pas. Avec tout ce qui arrive, il a de plus en plus de mal à cacher sa véritable personnalité.
Je peux le faire sortir de sa réserve habituelle. Je peux le démasquer.
« Chaque homme doit décider s'il marchera dans la lumière de l'altruisme créatif ou dans les ténèbres de l'égoïsme destructeur.»
Martin Luther King
Sabo
Vendredi 30 Mars 2018
Je sors des vestiaires et rejoins les autres devant le tableau. Ruyma commence à nous expliquer ce qu'on va faire pour l'entrainement d'aujourd'hui. A la fin, on est étonné de voir qu'on fera surtout du renforcement musculaire et des visionnages de match. Habituellement, on fait toujours des matchs où l'on teste nos différentes combinaisons.
D'ailleurs, un membre du club le fait remarquer et se récolte un regard impassible du coach. On n'est jamais très serein quand Ruyma nous regarde comme ça. Des fois, c'est bon signe : ou on a posé une question pertinente ou alors c'est tout le contraire et on lui fait perdre du temps.
-Vous comprendrez par vous-même.
Il nous demande de nous échauffer. Pour ça, on fonctionne notamment de manière individuelle.
Je cours pendant dix minutes et m'assois sur le parquet pour m'étirer. Ça y est, les travaux sont complètement finis. C'est vrai que le gymnase fait plus neuf et plus moderne et que les travaux sont plutôt réussis. Enfin, on ne m'enlèvera pas le fait que c'était tout aussi bien avant.
Je suis un peu nostalgique des entrainements communs avec le club d'athlétisme : ils sont vraiment super sympas et avec eux, on a pu tester différentes manières de s'entrainer, de s'améliorer et de changer un peu d'environnement. Le coach Ruyma s'est aussi montré plus ouvert. Il n'y a aucun doute quant au fait que ce soit grâce à Madame Ambroise. Elle est vraiment très sympa et pédagogue. C'est elle qui s'occupe depuis maintenant cinq ans du club d'athlétisme.
Autant dire que même si au club de basket on est tous d'accord pour dire que le coach Ruyma est très compétent, on a été assez jaloux du club d'athlétisme.
C'est d'ailleurs Léo avec qui je me suis échauffé pendant tout le temps qu'a duré l'entrainement commun qui m'a appris à mieux m'étirer. Et c'est sûr qu'aujourd'hui, je ne dois pas faire l'impasse là-dessus. Le coach Ruyma nous a vraiment concoctés un programme musculaire assez féroce. On n'est plus habitué à faire autant de musculation. Plus tard, quand l'entrainement se termine, je me sens courbaturé mais pas autant fatigué que les autres fois. Et ça fait vraiment du bien. J'avoue qu'avec ces longues journées, je m'endormais dès que mon corps touchait le lit. La session de visionnage des vidéos était aussi plutôt bien. On a pu se créer une base de données sur nos futurs adversaires et ce ne sont pas des informations négligeables.
-Tu fais quoi après, Sabo ? me demande un première.
-Je prend mon service dans un café.
-Merde, tu bosses encore après ça ? T'as du courage, me plaint-il.
-On allait boire un verre ensemble dans un bar pour se décontracter un peu. Tu nous rejoindras une autre fois, lance Gin.
-Ouais. Après la Summer Cup pour fêter notre victoire ! dis-je.
-Tu joues la finale avec nous cette fois-ci ! déclare mon ami.
-Ne te blesse pas cette fois-ci, lance quelqu'un d'autre.
-Alors ça, pas de soucis là-dessus.
Cette année, c'est la dernière alors je veux jouer le plus de match possible.
xXx
J'entre au loft et tombe tout de suite sur Shanks qui me sourit. Je reste là sans rien dire et quand je m'apprête enfin à le saluer, il s'en va dans le séjour.
Depuis que Shanks m'a mis devant le fait accompli, je n'ose plus l'affronter. Je n'arrive plus à avoir une conversation neutre avec lui. Je me sens si mal. Je fais tout pour ne pas me retrouver seul trop longtemps avec lui, pour ne pas laisser de nouveau la gêne s'installer. Mais j'ai beau agir ainsi, je sais bien qu'il y a un réel problème et qu'il va bien falloir le résoudre à un moment donné. Pour l'instant, j'ai de la chance, Cavendish a souvent été là et a très bien su rendre cette situation vivable à défaut d'agréable. Il n'a rien remarqué et j'espère qu'il n'en saura jamais rien.
Le pire, c'est que Shanks m'a dit de ne pas m'en faire à propos de cette histoire. J'avoue ne pas vraiment comprendre son comportement. Après le diner, il n'a rien ajouté d'autre, n'a fait aucun commentaire et m'a encore moins jugé. C'était simplement comme une mise en garde mais à la fin, c'est moi qui décide. Ce sont mes choix.
Dire que j'ai été étonné serait un euphémisme. Il s'agit tout de même de l'Armée Révolutionnaire ! Ils sont presque traqués par la police, la moindre information sur eux est si rare qu'elle en devient précieuse.
Une autre personne que Shanks, quelqu'un de normal, m'aurait forcément dénoncé. Même si je ne suis pas un membre encore important de l'organisation, je détiens forcément des informations, aussi minimes soient-elles.
J'ai besoin de comprendre l'attitude de Shanks. Mais j'ai peur de lui parler. Je ne sais plus comment agir. Pour l'instant, il n'a rien dit mais combien de temps continuera-t-il à se taire? J'ai pris contact avec Inazuma il y a quelques jours parce qu'il ne s'agit pas que de moi. Je me dois de les tenir informer de ce qu'il s'est passé.
-Salut, Sabo.
-Salut.
Cavendish passe devant moi en baillant et entre dans la cuisine. Je termine d'enlever mes chaussures. Je crois n'avoir jamais passé autant de temps dans l'entrée juste pour enlever des chaussures. Je me précipite dans ma chambre et me jette sur mon lit.
Mon portable vibre et je souris en voyant le nom d'Ace s'afficher. Je réponds sans plus tarder.
-Coucou.
-Salut, je réponds.
-Je t'ai cherché à la fin du club mais t'étais déjà plus là.
-Ouais, on a fini plus tôt que d'habitude. Je suis parti un peu vite pour pas être en retard au boulot.
-Mon pauvre, tu travailles dur.
J'entends très bien le sourire dans sa voix et je dois dire que ça me fait aussi sourire.
-Exactement et j'ai grand besoin de soutien et de beaucoup d'amour.
-Je me doute bien. Tu ne dois pas être très tranquille avec la Summer Cup qui approche.
-Oui et non. Je suis impatient mais en même temps, j'avoue ne pas trop aimer toute cette période de préparation. On peut se voir demain ? Ou plutôt dimanche, je bosse le matin et l'après-midi, je dois réviser mes cours.
-Ouais, pourquoi pas dimanche.
-C'est vrai que je suis occupé avec le club mais toi aussi, j'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on n'a pas passé du temps ensemble.
-Dis-moi que je te manque, me taquine-t-il.
Je lève les yeux au ciel et décide de jouer avec lui en gardant le silence. Il continue de m'embêter et finit par me supplier. J'avoue donc qu'il m'a beaucoup manqué et que je l'aime énormément.
-Viens chez moi, y aura personne l'après-midi normalement. Roger sera au boulot et Hancock va faire je ne sais quoi. Luffy sera chez son pote Usopp et Law révisera à la bibliothèque. Il vit ses derniers jours de stage, il repart bientôt à Baterilla. Tout ça pour dire qu'on sera seul.
-J'ai l'impression qu'il y a un message subliminal derrière cette phrase.
-Aucun message subliminal là-dedans. J'ai juste envie de te faire l'amour et je le dis plus ou moins avec élégance.
-N'importe quoi.
Parler avec Ace me fait drôlement du bien, je me sens beaucoup plus serein à présent. Ace me dit encore quelques mots d'amour, me taquine et se plaint de Luffy et puis on raccroche.
Je reste encore quelques minutes étendu sur mon lit puis me lève pour descendre au salon. J'y retrouve Cavendish qui a tout l'air de se faire une petite manucure. Je le regarde faire, un peu intrigué. Il me voit faire et sourit puis reprend son manège. Il est en fait simplement en train de se limer les ongles et de les égaliser.
Il me montre ensuite le résultat et me demande mon avis. Je trouve ça plutôt bien mais en même temps, je n'y connais pas grand-chose. Je souris et ça a l'air de suffire.
Je lui demande si je peux changer de chaine et il acquiesce.
-J'ai commandé des pizzas, elles ne devraient pas tarder, me dit-il plus tard.
-Super.
Je sens mon ventre grogner comme pour me rappeler combien je commence à avoir faim.
-Où est Shanks ?
-Je ne sais pas. Il est sorti, il avait quelqu'un à voir. Si tu veux mon avis, ça m'étonnerait qu'on le revoit tout de suite. Je crois qu'il voit quelqu'un.
La nouvelle est si inattendue que j'ai du mal à y croire.
-Quoi ? Tu en es sûr ?
Je murmure et je me fais l'effet d'un conspirateur.
-Non. Mais il a ce sourire idiot, plus idiot que d'habitude, qu'ont les gens amoureux. Je plains d'avance cette personne. Shanks peut-être si énervant parfois. Il faut vraiment être un saint pour le supporter.
-Tu dois en être un alors.
-Je suis d'accord avec toi.
Il sourit et inspecte de nouveau ses ongles. Je souris et regarde la place vide à côté de moi. J'étais déterminé à parler à Shanks mais il n'est pas là et je ne sais pas si j'en suis soulagé ou non.
Dimanche 01 avril 2018
J'attends qu'Ace sorte de chez lui. Je lui ai envoyé un message pour le prévenir que j'étais là et que je l'attends bien sagement. Finalement, on va sortir et non pas se prélasser dans sa maison vide. Il fait beau, ce serait trop dommage de rester enfermé.
Je ne sais pas trop encore ce qu'on va faire, surement se promener un peu puis se poser quelque part. Hier, Ace m'a appelé pour me faire part de sa grande envie d'aller au cirque. Une troupe itinérante est présente dans notre ville jusqu'au week-end des vacances. J'avoue que je suis plutôt hésitant. Autant j'adore les zoos et les aquariums ou même les réserves naturelles, autant pour les cirques et les parcs aquatiques, c'est une autre histoire. Je ne suis pas fan de la manière dont sont traités les animaux. Je sais bien qu'il n'est pas forcément questions de maltraitance mais pour moi, les animaux ne doivent pas servir à amuser la galerie.
Le problème, c'est qu'Ace a vraiment envie d'y aller et que le spectacle commence dans une heure.
Je m'éloigne un peu du muret pour pousser le portail de la grande bâtisse. Je ne sais pas ce que fait Ace pour mettre autant de temps. Il m'a pourtant assuré qu'il n'avait plus qu'à mettre ses chaussures et à descendre. Je ne sais pas où il est parti les chercher mais ce serait bien qu'il se dépêche.
Je sonne à la porte et aussitôt, elle s'ouvre. Ace me fait face, la mine penaude. Il fait bien d'être gêné, tiens !
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Un peu plus et j'aurais fini par penser que tu avais changé d'avis et que tu ne savais tout simplement pas comment me le dire.
-Mais non !
Il me prend dans ses bras avant de m'embrasser le front.
-J'ai juste remarquer au dernier moment que mon short était sale, j'ai dû me changer.
Je baisse les yeux sur son short noir et sa ceinture orange qui pend. Quoi qu'il ait mis avant, ça ne pouvait pas être pire que ce qu'il a là. Ace n'en a peut-être pas conscience mais il n'a aucun talent pour l'assemblage de vêtements. Je n'ai jamais vu quelqu'un avec aussi peu de goût ou plutôt d'intérêt à ce propos. Autant parfois le résultat est assez sympa mais la plupart du temps, honnêtement, il vaut mieux ne pas s'y attarder. On n'est pas tous obligé d'être des fashion victimes mais là… Ace atteint un niveau. Heureusement que je l'aime, sinon j'aurais presque honte.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien.
Ce ne sont que des vêtements, peu importe au fond. Mon copain reste quand même très beau.
-On va au cirque alors ?
-Tu tiens vraiment à y aller ? je lui demande.
-Mais oui, ça va être trop bien!
-OK. J'espère que ce cirque-là me donnera une bonne image des cirques en général...
-Pourquoi ?
-Par rapport aux animaux. Je suis contre l'utilisation d'animaux dans les cirques.
-Ah…ouais. T'es ce genre de personne.
Ace plisse les yeux et hoche la tête. Je hausse les sourcils et lui demande muettement ce que signifie ce regard mais il se contente de sourire.
-Si ça peut te rassurer, je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'animaux. Testons, y a que comme ça qu'on peut se faire une idée. Mais juste avant qu'on y aille...
Ace pose ses mains sur mes épaules et me regarde sérieusement. On reste comme ça de longues secondes, immobile devant chez lui, à attendre je ne sais quoi.
-Quoi ?
-Si tu as une blague à faire, c'est le moment.
J'éclate de rire et commence à marcher. Ace me suit et essaie tant bien que mal de faire cesser mon hilarité. Malheureusement, c'est plus fort que moi. Il est vraiment très drôle et trop mignon. C'est vrai qu'aujourd'hui, on est le 1er avril et que c'est généralement le moment idéal pour faire des blagues en toute impunité. Je me rappelle encore de ma grosse blague de l'année dernière. Dire qu'Ace y a cru en plus !
A vrai dire, c'était même pire que ça ! Pas une seule seconde il ne s'est posé de question, c'était si drôle. Autant que sa petite vengeance qui s'est traduite par une simple bouderie.
Je ne pensais pas que cet évènement le marquerait au point de le traumatiser.
Je le charrie un peu et il en profite pour se plaindre encore de ce que je lui ai fait vivre. Il se plaint mais franchement, c'est de sa faute aussi ! Comment peut-on penser une seule seconde que Zoro et Sanji aient pu se supporter assez longtemps pour finir par tomber amoureux ?
On prend le métro et on change pour un bus à la moitié du trajet. On aperçoit le chapiteau de loin. La place est grande et il y a du monde en ce dimanche après-midi.
Ace et moi faisons la queue et il y a un petit garçon juste devant moi. Il ne doit pas avoir plus de dix ans et il est venu accompagné de ses parents. Il est surexcité et inonde sa mère de paroles au sujet du spectacle qui l'attend. Encore et encore. Ace achète nos places sans que je n'y fasse attention. On entre dans le chapiteau et j'avoue que j'oublie complètement mes principes, gagné par l'euphorie du moment et la joie des autres spectateurs.
A côté de moi, Ace redevient un enfant. Il a l'air si heureux et ça me fait quelque chose de le voir sourire si innocemment. Les numéros s'enchainent et je dois dire que je trouve ça vraiment extraordinaire. Mais un fauve entre en scène et je suis aussitôt mal à l'aise. C'est comme si mon euphorie venait de retomber brutalement. Le fauve entrainé pour ça suit à la lettre les directives du dresseur. Même si je suis impressionné par le travail fourni, je ne peux m'empêcher de penser que ceci n'est pas normal.
Une heure et demie plus tard, on sort du chapiteau. On est encore au milieu de la foule et on essaie tant bien que mal de s'extraire de cet attroupement.
-Alors finalement, tu as trouvé ça comment ?
-Globalement bien, je suis content de t'avoir écouté même si franchement, je ne pense pas que je recommencerai. Tu t'es bien amusé ? C'est toi qui voulais venir à la base.
Ace me regarde et sourit.
-J'avais l'impression d'avoir de nouveau 7 ans. Mais maintenant, j'ai un petit creux ! On se mange un truc ?
-Ouais, il y a une pâtisserie au coin de la rue si je me souviens bien.
Ace se lèche les lèvres d'envie et je pouffe de rire. Il est très gourmand et c'est sûr que dès qu'on lui parle de nourriture, il ne peut être que content. Mais les pâtisseries, le sucré, c'est mon péché mignon alors je dois dire que je salive aussi devant les gâteaux dans la vitrine. J'opte pour une tartelette et un entremet chocolat noisette alors qu'Ace lui se contente d'un chocolat viennois et d'une bonne brioche au sucre.
-Normalement, cette année, je pourrais te voir jouer, me dit-il un fois sorti de la pâtisserie boulangerie. Enfin, sauf si vous perdez dès le premier match.
-Ne dis pas ça, tu vas nous porter la poisse.
-Tu n'as pas confiance en vous ? me taquine-t-il.
-On va gagner.
Il sourit et je l'embrasse pour faire disparaitre son sourire arrogant. Il me prend contre lui et rigole contre mes lèvres. J'approfondis le baiser et il ne dit plus rien. Je finis par me séparer de lui et cette fois, c'est moi qui souris. J'ai l'impression que plus le temps passe, plus Ace et moi nous nous accordons des gestes d'affection. Je crois que c'est parce que nous en ressentons plus le besoin qu'avant, tout simplement.
On marche encore un peu sans vraiment savoir où l'on va lorsque je force Ace à s'arrêter. Il me lance un regard interrogateur mais je reste muet.
-Je viens de voir Vergo, dis-je finalement.
-Le connard de ton club de basket l'année dernière, c'est ça ?
-On peut dire ça comme ça...
Je le regarde s'engouffrer dans un magasin plus loin accompagné d'une fille. Sans doute sa petite-amie.
-Tu veux aller le voir ? me demande Ace.
-Ça ne va pas, non ! Je m'horrifie. C'est étrange de le revoir, dis-je plus calmement.
Je tire Ace et on continue de marcher. Instinctivement ou inconsciemment, on se dirige vers la maison de mon petit-ami.
J'essaie de ne pas y penser mais voir Vergo a été une véritable surprise. Je me demande ce qu'il devient. Je ne sais pas si les gars du club ont gardé contact avec lui. Il était doué, je me demande s'il continue le basket. Il était arrogant et mauvais mais je reconnais qu'il avait un réel talent pour ce sport. Malheureusement, je n'ai jamais pu m'entendre avec lui, trop intolérant. Je ne suis pas sûr qu'il ait changé en plus, il avait vraiment l'air convaincu que ce que je faisais, ce que j'étais, était mal et dégoutant. Dommage.
Mardi 03 Avril 2018
Je toque à la porte et pousse doucement la porte.
-Je peux entrer ?
-Vas-y, je t'en prie.
Shanks me sourit et tapote la place libre à côté de lui. Assis sur son lit, le dos calé contre un nombre incalculable d'oreillers, il joue à un jeu vidéo.
On a diné il y a une demi-heure et Cavendish, fatigué de sa journée, est déjà parti se coucher. C'est le moment idéal pour parler au roux. Je vois l'AR demain pour une brève entrevue et je veux vraiment pouvoir discuter avec Shanks avant. Je ne veux pas me cacher.
J'aimerais savoir où on en est. Ce qu'il pense de sa découverte et si je suis toujours le bienvenu ici. Ce que je fais est dangereux mais c'est ce que j'ai choisi. J'ai conscience que je ne peux pas l'imposer aux autres et encore moins les mettre en danger.
-Je savais que tu viendrais me voir. Aujourd'hui ou un autre jour.
Il met son jeu vidéo sur pause et je m'assois en soupirant à côté de lui.
-Ça a dû te faire un choc la dernière fois, je n'aurais pas dû te l'annoncer comme ça.
-Non, justement, tu as bien fait. De toute façon, je doute qu'il y ait une bonne manière d'annoncer quelque chose d'aussi important que ça. Je suis désolé de t'avoir caché ça.
-J'aurais certainement fait pareil, dit-il après un instant de réflexion. Tu es sûr de toi, Sabo ?
Shanks me regarde et je vois toute l'inquiétude qu'il y a dans ses yeux. Je ne sais pas ce que sait exactement Shanks sur l'Armée Révolutionnaire mais d'après moi, il n'est pas très loin de la vérité. Il ne serait pas si sérieux et inquiet pour moi sinon.
-Oui.
Ça fait longtemps que j'ai arrêté de m'inquiéter au sujet de l'organisation. J'ai pris ma décision le jour de l'incendie. Confronté à la réalité du monde, je n'avais plus le choix que d'ouvrir les yeux. J'étais dégouté de moi, des autres, du monde dans lequel on vit et qu'autant de monde s'en contente. Les gens avaient l'air de trouver ça normal parce que c'est justement devenu la normalité.
J'avais l'impression d'être un spécimen en voie de disparition qui ne comprenait pas le monde dans lequel il vivait. Mais je ne voulais pas changer parce que j'étais persuadé que j'avais raison et je le suis toujours.
L'Armée Révolutionnaire est comme une deuxième famille pour moi. Ses membres partagent mes idées et me guident. M'aident à évoluer et m'instruisent.
-Je n'ai sans doute pas besoin de te le dire mais je le fais quand même. Ce que tu fais est illégal et tu risques gros. Je ne parle pas seulement d'un rappel à l'ordre ou de travaux d'intérêt général.
-Je sais.
-Non, tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce qu'ils font aux gens comme toi qui se dressent contre les Tenruybito. Et je ferai tout ce que je peux pour que tu ne le saches jamais.
-Merci… Merci pour ton soutien.
Shanks reste silencieux et son regard se perd sur sa fenêtre et l'extérieur.
-Qu'en pense Ace ?
C'est comme une douche froide pour moi. Comme si mon cerveau avait court-circuité en fait. La question de Shanks est plutôt simple mais je me retrouve incapable d'y répondre. Et tout ça pour une raison bien simple : parce que je n'assume pas cette vérité. Je me suis souvent demandé s'il fallait que j'en parle à Ace tout en me disant que c'était trop dangereux. Mais même si cette conclusion se répète à chaque fois que je m'interroge, je continue à me questionner parce que j'ai l'impression que je fais quelque chose de mal. Qu'il faut peut-être que je trouve une autre réponse à cette question sans oser franchir le pas.
-Il ne sait pas, n'est-ce pas ?
-J'ai peur, je lui avoue.
-De quoi ? Tu ne peux pas lui mentir sur un truc aussi important, Sabo !
-Il ne réagira pas aussi bien que toi, Shanks, dis-je.
Je me fais soudain l'impression d'un petit garçon qui a besoin d'être rassuré.
-Et il aura raison. Tu as peur de sa réaction et lui aura peur de te perdre. C'est à toi de le rassurer car sa réaction sera légitime. Je devrais sans doute te mettre en garde ou m'assurer que tu arrêtes ça…
Il soupire.
-Pourquoi tu ne le fais pas ?
Cette question a tourné en boucle dans ma tête depuis que Shanks m'a lâché sa bombe il y a quelques jours.
-Sans doute parce que je te comprends un peu. Mais parle lui, Sabo, sinon il t'en voudra quand il le découvrira.
Je baisse la tête et revois le visage souriant d'Ace. Alors que tout va bien pour lui, est-ce que je dois l'embêter avec ça ? Mais Shanks a raison et c'est bien pour ça que je n'arrivais pas à me satisfaire de cette situation.
-Ne parlons plus de ça maintenant et sois plus discret à l'avenir.
-Je... Oui, très bien.
Shanks n'a pas l'air de vouloir discuter plus alors je m'en vais. Je ne sais pas vraiment comment je me sens, assez bouleversé à vrai dire. Shanks, en quelques secondes à peine, vient de me faire ressentir l'angoisse et la peur de mon implication. Mais je reste fidèle à mes idéaux.
J'espère simplement qu'à l'avenir, le malaise qu'il y a entre nous et qui est lié à mon implication dans une organisation considérée comme criminelle disparaitra.
Mercredi 04 Avril 2018
-Peut-on vraiment lui faire confiance ? s'interroge Dragon.
-Oui. Il ne dira rien, je réponds, pas vraiment calme.
Je ne pensais pas que le chef de l'Armée Révolutionnaire serait là. Mais maintenant, je comprends toutes les précautions qui ont été prises. On m'a communiqué l'adresse du rendez-vous par moyen détourné. J'ai changé à plusieurs reprises d'adresses, de moyen de locomotion et de vêtements. Je crois n'avoir jamais mis aussi longtemps pour me rendre quelque part. J'ai sans doute plus vu la ville ce soir qu'en dix-huit ans d'existence.
Ça m'a rendu nerveux et pendant tout le chemin, j'ai pensé qu'on allait me sanctionner ou qu'il allait se passer quelque chose de grave. L'instant est justement grave et j'ai l'impression de subir un interrogatoire. Ivankov se veut rassurant mais j'avoue ne pas être à l'aise. J'ai l'impression d'avoir fait une grosse bêtise. Dragon est également quelqu'un d'assez impressionnant et je ne l'ai pas encore assez côtoyé pour le comprendre.
Je ne sais pas où nous sommes. Sur la fin du chemin, après être entré dans un énième café pour faire semblant de demander de la monnaie, un membre de l'AR m'a conduit jusqu'ici. Je sens que demain matin, je vais dormir debout
-Que peut-on faire maintenant ? s'interroge une femme.
Elle fait partie du cercle très fermé des proches de Dragon. Je ne la connais pas, comme la plupart des personnes présentes ici en fait.
-On parle bien de Shanks le Roux ? demande Dragon.
Ivankov acquiesce.
-On fait confiance au petit ou on passe par Roger pou-
-Judy, l'arrête le chef de l'AR.
Je les regarde, interloqué, mais je comprends qu'ils n'en diront pas plus devant moi.
Après le coup de pression, les membres se détendent et me rassurent. Je ne pense pas qu'ils soient vraiment plus à l'aise, ils essaient simplement de me tranquilliser, de me faire comprendre que tout va bien. Mais est-ce vraiment le cas ?
Plus tard, la réunion se termine et Dragon nous salue avant de partir. Je reste encore un peu avec Ivankov qui a la gentillesse de me réconforter. Je me sens pathétique et j'ai l'impression d'avoir mis tout le monde dans l'embarras.
-Ne t'inquiète pas. Nous avons tous les deux étés négligents mais dans notre malheur, nous avons eu de la chance. Ton ami a l'air fiable.
-Hum.
Je repense aux mots qui ont été échangés tout à l'heure et à celui qui a particulièrement attiré mon attention.
-Vous avez parlé de Roger tout à l'heure.
-Hum, je… Oui.
-Qu'est-ce que le père d'Ace vient faire là-dedans ? C'est par rapport au fait qu'il s'occupe de Luffy ?
-Oui et non.
Ivankov sourit et je le regarde avec insistance mais il ne semble pas comprendre le message et continue simplement de sourire.
Je persiste alors à le fixer mais toujours rien.
-Ivankov, quel est le lien avec Roger ?
Il est embêté mais ça ne m'empêche pas de continuer. Ivankov n'a jamais été très bon pour se taire.
-C'est-à-dire que je ne sais pas si je dois te le dire... Ce n'est pas très important. Et puis, Dragon s'occupe de tout.
-Roger…
-Roger est un Empereur.
-Quoi ?!
Ivankov ouvre grand les yeux d'effroi devant ses propres mots avant d'éclater de rire.
-Tu l'aurais su de toute façon, se dédouane-t-il.
Il se lève, frappe énergiquement dans ses mains et m'invite à le suivre pour sortir du lieu de rendez-vous.
-Il est tard, rentrons.
-Mais tu ne peux pas jus-
-Si, je peux. Arrêtons-nous là, je risquerai de trop en dire et tu n'es pas prêt pour ça. Laissons juste Dragon vérifier que tout va bien.
Et voilà, j'ai vraiment hâte de publier le prochain chapitre. Petit à petit les choses vont commencer à basculer et il y aura un peu plus d'action. En espérant que ce chapitre vous ai plu.
A bientôt !
