Bonjour,

Titre : Once Upon A Time - tome 2...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic

Résumé : « Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. » Peu importe à quel point ils le désirent, il y a des choses sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle. Impuissant, ils observent les ruines de cette vie sans voir cette lueur d'espoir tapis dans l'obscurité.

Bêta correctrice : pommedapi

Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;).


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 28

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« Afin de réussir, le désir du succès doit être supérieur à la peur de l'échec. »

Bill Cosby

Zoro


Lundi 16 Avril 2018

-Bonjour, Zoro.

La mère d'Ace me sourit, m'invitant à entrer et à m'asseoir à côté d'elle. J'ai toujours été impressionné par la mère d'Ace, bien plus que par n'importe qui d'autre. Je ne peux pas faire comme Law et parler avec elle normalement. Rigoler et plaisanter avec elle de manière naturelle. Je la connais pourtant depuis que je suis gamin. C'est juste que je crois que je l'admire et qu'à cause de ça, je n'arrive pas à être détendu en sa présence.

Cette femme est si forte. Pour moi qui n'ai jamais eu de figure maternelle, Rouge était comme un modèle à suivre. Différente de Koshiro. C'est elle qui m'a appris à contrôler mes colères, à vivre et à me tromper. Elle est pleine de douceur. Elle n'a pas besoin de jouer les fortes, elle l'est déjà.

Je m'assois et elle me sourit, reconnaissante. Je me doute de combien ça doit être pesant pour elle de rester ici et de faire face à ce silence.

-Tu veux une pomme ?

Sa question m'étonne tellement que pendant plusieurs secondes, je la contemple stupidement sans savoir quoi dire. Elle se met alors à rire, un son doux qui parait pourtant déchirer le silence oppressant de la chambre blanche.

-C'est juste que je reste ici si longtemps que j'épuise vite toute mes occupations. Je sais bien qu'il ne se réveillera pas et que ce n'est pas la peine de passer mes journées ici mais j'en ressens le besoin alors je ne peux pas faire autrement... J'ai commencé à découper mes fruits en forme de bonhomme, ils ne sont pas spécialement meilleurs mais à l'œil, c'est vraiment extraordinaire.

Elle me sourit et sort des pommes rouges ainsi qu'un petit couteau de son sac à main. Elle prend un mouchoir sur la table de chevet et commence à découper le fruit.

-Pourquoi pas, dis-je alors qu'elle a déjà commencé.

-J'ai croisé Law avant de venir ici, m'apprend-elle alors. Il a de la chance de connaitre par cœur tout ce jargon médical. A chaque fois que je prends des nouvelles d'Ace auprès d'un médecin, je n'y comprends rien. Il est toujours aussi gentil, termine-t-elle en parlant du brun.

-Je ne suis pas sûr qu'on parle du même gars, dis-je pour plaisanter.

Et ça marche. Elle me sourit et a l'air attendrie par je ne sais quoi. Ce n'est pas comme si c'était ma qualité première. Elle continue de couper son fruit et me le montre une fois fini. J'observe la fleur et j'ai beaucoup de mal à croire que ce truc là était une pomme. Rouge me la tend et je la mange en constatant qu'effectivement, ce n'est pas parce que c'est plus beau que c'est forcément meilleur. C'est d'ailleurs tellement beau qu'on s'attend à quelque chose d'exceptionnel à la première bouchée. En plus, il y a moins de fruit maintenant.

Mais c'est vraiment beau. Elle a dû faire ça des dizaines de fois pour arriver à ce résultat. C'est presque une experte maintenant. Si elle vient tous les jours, elle doit forcément pas mal s'entrainer. Tout plutôt que de faire face à ce silence. A ce sentiment de solitude alors même qu'Ace est allongé sur le lit devant nous.

Rouge s'amuse de mon trouble et se met en tête de m'apprendre à faire la même chose. Je n'ose pas lui dire que ça ne me tente pas trop. Après tout, savoir faire ça ne me servira à rien. Mais ça a l'air de lui faire plaisir et ça nous fera passer le temps.

-Combien de temps Ace va rester comme ça ?

A ma question, Rouge stoppe ses mouvements, son couteau encore légèrement enfoncé dans la pomme rouge d'où un léger filet de jus s'échappe.

Depuis qu'Ace a été emmené ici, je viens le voir régulièrement. Mais au bout du compte, je ne sais pas bien ce qui se passe. Comme Rouge l'a dit, y a que Law pour comprendre le jargon médical et encore, je ne fais pas partie de la famille alors même si c'est mon meilleur ami, ce n'est pas moi que les médecins viennent voir pour me dire comment l'état d'Ace évolue. Je ne sais rien et je n'ai pas fini de décider si ça m'énerve ou non. Ca m'inquiète et c'est déjà beaucoup trop.

J'ai attrapé des bribes d'informations de Law. J'ai compris que la police pataugeait. Je n'ai pas bien saisi l'objet de l'enquête non plus, mais bon. J'aimerais avoir des réponses, savoir s'il est temps pour moi de commencer à m'affoler ou pas.

Si dans quelques jours, tout redeviendra comme avant.

-Je ne sais pas, me répond-elle.

En tout cas, elle ne s'offusque pas de mon manque de sensibilité. Sans doute parce qu'elle me connait et qu'elle sait que c'est seulement en apparence que j'ai l'air de manquer de sensibilité en posant cette question.

-C'est un œdème, lâche-t-elle. On parle de quelque chose d'assez important. Certainement pendant plusieurs jours encore. Les médecins voudraient prolonger cette situation le plus longtemps possible. L'œdème se résorbe bien et son état… Elle trébuche sur ce mot.

-... permet ce bon rétablissement.

-D'accord.

Je ne trouve rien d'autre à dire. Rouge, elle, semble vouloir parler.

-La police s'est déjà renseignée sur ce qu'un réveil d'Ace engendrerait. Ce que ça impliquerait pour son état. Je ne sais pas quoi en penser... Roger dit que c'est parce qu'ils n'ont pas le début d'une piste pour l'autre jeune homme qui a disparu. X-Drake. Il ne veut pas risquer la santé d'Ace.

Elle s'arrête, sa voix devenant chevrotante.

Son petit couteau s'enfonce un peu plus dans la pomme. Ses mains serrent le fruit fort, elles sont à présent mouillées par le jus. Trop tard pour en faire un beau chef d'œuvre.

Je jette un regard à Ace, à ses yeux clos, à sa respiration régulière et à son bandage énorme sur la tête. Le bruit léger des machines qui ont pourtant l'air de faire un tel vacarme. On aimerait entendre autre chose que ces appareils médicaux qui nous rappellent que notre meilleur ami ne va pas bien.

-Et vous ? je finis par lui demander avant que le silence ne s'éternise trop.

Rouge ne dit rien, seul un soupir lui échappe. Elle observe ses mains avant de poser son fruit abîmé et son couteau sur la table de chevet pour récupérer un mouchoir et s'essuyer. Elle prend de longues secondes pour accomplir une tâche pourtant sans importance.

-Je pense aux parents de ce garçon. A leur inquiétude.

Elle prend une inspiration.

-A X-Drake qui, affaibli, attend certainement qu'on vienne le chercher... Mais je pense aussi aux chances bien trop minces qu'Ace puisse aider les recherches. Je pense surtout et avant tout à mon fils...

Je ne dis rien. Rouge a les yeux baissés, perdue dans ses pensées. Je ne l'ai jamais vu aussi triste. C'est d'habitude une femme si souriante mais qui pouvait se montrer très sévère au moment d'engueuler Ace.

Je comprends que ça lui coûte et qu'elle doute de la suite.

-Ça ne m'empêche pas de me sentir très mal, m'avoue-t-elle.

xXx

-Encore à t'entrainer, lâche Niji en s'allumant une cigarette.

Je lui lance un regard noir puis reprends mes tractions.

-Je te plains, t'as l'air de passer des vacances de merde. Entre l'hôpital et les entrainements, pas très joyeux comme programme.

Il s'assoit sur le canapé et me regarde longuement avant de tirer sur sa cigarette.

-Sinon, tu as pensé à t'amuser un peu, te détendre ? Les vacances, ça sert à ça normalement.

-Mon meilleur ami est sur un lit d'hôpital, je n'ai pas vraiment envie de m'amuser, je réplique, légèrement essoufflé.

Il y a ça et aussi le fait que Mihawk ait refusé de reporter notre duel. Il m'énerve. Mais peut-être que ça m'arrange. J'ai besoin de m'occuper, de me concentrer sur autre chose, de me rappeler pourquoi je suis là. Je ne veux pas me morfondre, ce n'est pas quelque chose pour moi.

-Je vais courir, lui dis-je.

-Fais comme tu veux, je m'en fous.

C'est vrai, je ne sais pas pourquoi je le préviens. Je prends ma gourde, une serviette et m'en vais pour un footing d'une heure.

Je cours jusqu'au terrain de basket et commence à faire des tours de terrain. Pas de musique, pas de distraction, juste moi en plein d'effort. Je régule ma respiration, souffle convenablement et fais attention à garder tout le temps le même rythme. Il fait lourd et avec les exercices que j'ai faits avant de sortir, mon cœur s'emballe déjà. J'ai chaud et je transpire, c'est désagréable. Je m'essuie avec ma serviette et bois par petites gorgées.

Le temps est sec, il n'y a pas de vent et le soleil cogne fort. J'aurais dû réfléchir et plutôt venir le soir. C'est agréable le soir. Il n'y a personne, il ne fait pas très chaud et le paysage est plus sympa. Observer le soleil se coucher. Courir sous les étoiles.

Mon objectif atteint, je m'arrête, pas complètement essoufflé mais tout transpirant et avec des fourmis et des espèces de tiraillement dans les cuisses. Je m'étire avec précaution pour ne pas avoir de courbatures.

Vendredi, j'affronte Mihawk et Ace ne sera là pour me voir combattre.

Pour me voir gagner.

Mercredi 19 Avril 2018

Je me sens bizarre. Bien. Mais vraiment bien. Comme si un halo de chaleur entourait mon corps. La chaleur que je ressens augmente de plus en plus et les bruits qui m'entourent semblent à la fois me bercer et m'exciter.

Je commence à bouger les hanches sans m'en rendre compte…

Juste avant d'ouvrir brusquement les yeux.

Niji relève la tête et me regarde en souriant. Il a le visage d'un gamin qui vient de faire une bêtise et qui espère s'en sortir juste en adoptant une moue innocente.

De son pouce, il essuie le coin de sa bouche et je bloque sur ce geste. Puis je baisse la tête sur mon sexe qui, malgré le fait que je viens d'éjaculer, est encore un peu dur. Je comprends très vite ce qu'il vient de se passer.

-Je vais te tuer ! j'enrage.

Bien entendu, Niji n'est pas impressionné pour un sou. Il ne m'a jamais écouté une seule fois depuis qu'il est là, ça ne va pas commencer maintenant.

-Plains-toi. Toi au moins, tu as pu jouir alors que moi, je suis encore frustré.

-C'est ton problème!

-Eh bien, j'imagine qu'aujourd'hui non plus, on va pas baiser... Ce que t'es ennuyeux! Tu sais que dans ton état, ça te ferait du bien?

-Dans mon état ?

-Le stress, l'inquiétude, tout ça.

-Le sport me suffit. Et puis j'ai bientôt un combat important, je ne vais pas perdre mon endurance dans des trucs comme ça!

Agacé, je finis enfin par me lever. J'attrape des vêtements et un boxer propre, direction la douche. Franchement, je n'arrive pas à croire que ça ait pu aller aussi loin. J'ai toujours eu le sommeil léger, je me réveille au moindre bruit bizarre et suis du genre à être tout de suite opérationnel au réveil. Qu'est-ce que j'ai foutu pour laisser un assassin me faire une pipe alors que je dors encore ?

Ce ne serait jamais arrivé avant.

Ça fait environ 4 mois que Niji s'est incrusté chez moi. Il faut croire que je me suis habitué à sa présence et que je ne me méfie plus assez de lui pour être en alerte quand il est là. Il passe son temps à bouger la nuit, me fout des coups – je le soupçonne de faire exprès d'ailleurs – et me laisse très peu de couverture.

Malgré ma décision à son égard, je me laisse parfois tenter à m'amuser avec lui mais je commence à le regretter sérieusement. Mon corps échappe à ma vigilance et ça, c'est hors de question.

La conclusion est que Niji est là depuis bien trop longtemps.

Et encore, s'il participait aux taches ménagères mais même pas! Je me tape souvent tout, tout seul, et dois me débrouiller avec mes maigres finances. C'est un vrai boulet.

Je sors de la cabine de douche et me sèche sommairement. J'ai hyper faim et j'aimerais bien avaler quelque chose avant d'aller voir Law tout à l'heure. On ne va rien faire de spécial, juste trainer un peu. Il retourne à Batelleria ce week-end, son stage est fini depuis le début des vacances et il est malheureusement temps pour lui de rentrer.

-Je pars, lance Niji.

-Quoi ?

Je referme le frigo et bois d'une traite mon Yop.

-Tu vas retrouver ta vie de petit célibataire dès samedi. Je quitte Dawn.

-Pour aller où ?

-Désolé, ça c'est confidentiel. Mais si on vient te torturer pour essayer de te soutirer des informations, tu n'auras qu'à dire que je suis dans les nuages.

-Qu'est-ce que tu racontes encore comme connerie…

Je jette mon emballage vide dans la poubelle et avale une petite brioche. Niji sourit en mangeant ses céréales. Je n'arrive pas à croire qu'il me balance ça comme ça. Au moins, il me prévient. J'ai envie de lui poser plein de questions. Du style, est ce qu'il ne reviendra plus jamais à Dawn ? Sa famille est-elle au courant ?

Mais je ne dis rien. Lui et moi, on n'a jamais eu ce genre de relation. On n'est pas assez proche pour parler de choses sensibles comme notre famille ou toute autre chose. Je ne suis pas triste ni quoi que ce soit d'autre. Sans doute parce que j'ai toujours su que ça se terminerait comme ça.

C'est simplement la fin logique de cette folle aventure. Et je n'ai pas de regret parce que j'ai justement vécu ce que je voulais vivre avec lui sans trop me préoccuper du reste. Les choses rentrent tout simplement dans l'ordre.

-J'espère juste que tu me paieras ta partie du loyer avant de te barrer.

-Eh bien, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre...

Il rigole et je dois dire que même si mon sourire est plus discret, moi aussi ça me fait rire. Au moins, j'aurais essayé !

Une heure plus tard, je suis en bas de chez moi à attendre mon ami. Pour une raison que j'ignore, il a tenu à venir jusqu'ici.

Je le repère très vite, lui, sa voiture et la nouvelle babiole qu'il a accrochée à son rétro intérieur. Un cadeau de Luffy que Law jure détester mais qu'il s'obstine quand même à garder.

-Monte, me lance-t-il à travers ses vitres à semi-ouvertes.

J'ouvre la portière passager avant et m'installe aux côtés du brun.

-Fais trop chaud, je râle.

-Tu trouves ?

J'observe la tenue de Law : son espèce de chapeau épais, son jean troué et son pull coloré. Je ne sais pas comment il fait. Je me retiens de ne pas balancer mon tee-shirt je ne sais où alors que j'en meurs d'envie.

-J'ai envie d'une boisson bien fraiche.

-On peut aller dans la galerie marchande, y a des cafés, des restaurants et surtout la clim. Il faut aussi que j'achète un cadeau à Roger et à Hancock pour les remercier de m'avoir accueilli aussi longtemps.

-OK.

J'observe la route, me demandant bien de quel magasin il parle. Il faut dire que je traine toujours au même endroit. Depuis que je suis là, je n'ai pas vraiment pris le temps de découvrir la ville, juste l'essentiel.

-C'est dommage, tu pars au plus mauvais moment, dis-je alors qu'il se gare.

-Pas tellement le choix, je suis resté autant que j'ai pu. De toute façon, au bout du compte, que je sois là ou non, ça ne change pas grand-chose.

Il verrouille les portières et me guide jusqu'à l'entrée de la galerie marchande. Y a du monde, c'est chiant. Si j'avais su que ce serait aussi bondé, j'aurais posé un lapin à Law. Je ne comprends pas pourquoi il s'inflige ça, il déteste la foule autant que moi après tout. Je le suis sans rien dire et finalement, ne regarde même pas ce qu'il achète. Je veux vite aller boire. Je presse tellement Law qu'il me lance un regard noir. Déjà qu'il a un regard menaçant en temps normal, là c'est pire. Heureusement que parfois, il s'oblige à avoir un visage détendu sinon il aurait constamment l'air d'en vouloir au monde entier.

Bon, je dis ça, c'est pareil pour moi. Quand on me voit pour la première fois, la chose qui passe dans la tête des gens n'est pas « il a l'air sympa, celui-là ». Loin de là, en fait.

- Est-ce que tu veux qu'on aille voir Ace après ? Luffy n'a pas arrêté de m'embêter avec ça hier. Hancock n'aime pas les hôpitaux et Roger n'a pas le temps de l'emmener aujourd'hui. Je me sacrifie pour eux on va dire.

J'hésite. J'avais prévu de m'entrainer cette après-midi. En fait, j'ai prévu de bosser encore et encore, jusqu'à que je ne puisse plus tenir debout s'il le faut jusqu'à vendredi. Je ne veux rien regretter.

Mais je suppose que je peux quand même passer voir mon meilleur ami quelques minutes.

-OK.

Je repère un petit stand de boissons fraiches et de glaces. Je fais signe à Law qui approuve. Il y a du monde mais c'est fluide et je ne pense pas qu'on va attendre des heures pour avoir de quoi boire.

On approche et je vois dans la file – tout derrière – Kid. J'essaye de ne pas montrer de changement dans mon attitude mais je n'ai qu'une seule envie, c'est de me barrer. Law ne l'a jamais vu, je crois. Enfin bref, j'aimerais bien éviter qu'ils se croisent...

Mais on continue d'avancer et on est plus qu'à un mètre de lui. De lui et de Jewerly qui l'accompagne. Impossible de les louper : ils s'engueulent pour une broutille, se foutant bien de gêner les autres.

Jewerly…

Moi qui ne savais pas quoi faire de ses tentatives pour renouer avec Law. Je ne lui ai jamais rien dit parce que je ne savais pas si c'était une bonne idée ou non. Maintenant au moins, il pourra choisir.

Comme si elle nous avait sentis approcher, Jewerly se retourne légèrement et croise notre regard. On reste là, comme des imbéciles à se dévisager dans le blanc des yeux, avant que Law et moi ne baissions les yeux sur son ventre.

Arrondi.

-T'es enceinte ? je demande sans pouvoir m'en empêcher.

-Non, c'est un faux ventre, abruti.

Je tique et me retiens de l'envoyer bouler.

Merde ! La situation ne pouvait pas être pire. Comment ça se fait qu'elle soit encore enceinte celle-là ?!

-Sinon, bonjour à vous, siffle Jewerly qui n'apprécie pas notre manque de politesse.

On lui répond à peine.

-C'est marrant de se croiser là ! lance Kid. On dirait que ça fait une éternité qu'on ne s'est pas vu!

-Hum. Faut dire que tu ne viens pratiquement plus en cours, je lui fais remarquer.

- Ouais, j'ai plus trop le temps. C'est chiant et fatiguant, le boulot. Jewerly n'arrête pas de me faire chier avec ça.

-T'as pas arrêté de me harceler parce que tu voulais que je garde le gosse alors maintenant, t'assumes et tu bosses pour pouvoir t'en occuper!

-Ouais, ouais...

Il rigole et si j'étais téméraire, je dirais qu'ils sont presque complices. La file avance et c'est enfin à leur tour. Jewerly hésite, encore et encore. A croire qu'elle n'a pas profité de la file d'attente pour faire son choix. Kid en a marre et passe commande sans la consulter. Il paye sous les récriminations de la jeune femme et passe à côté de nous en me saluant. Il ignore complètement Law qui le lui rend bien. Je ne sais pas s'il a conscience que c'est l'ex de Jewerly. En tout cas, Law a compris avec leur discussion.

-Bon, on y va. Bonne journée et peut-être à une autre fois, lance Jewerly.

-Je ne crois pas non, la détrompe Law. Je retourne à Batelleria cette semaine, je ne pense pas qu'on se reverra.

-Ah, d'accord. Dommage.

Elle hausse les épaules, fataliste, avant de rejoindre Kid qui est déjà loin.

Mouais, je ne pensais pas qu'on aurait à affronter ce genre de situation mais au moins, j'ai survécu à cette rencontre catastrophique.

Je respire mieux maintenant. C'est que c'était assez stressant quand même. Je me dis que je mérite bien une glace et me laisse tenter par une crème à la framboise servie dans un petit pot.

-On a qu'à aller chercher Luffy après pour nous rendre directement à l'hôpital.

-Comme tu veux.

J'observe Law qui fait mine de regarder toutes les babioles et les vêtements chics proposés à la vente.

-Si t'as un truc à dire, dis le, fait-il soudain en sentant mon regard sur lui.

-Non, c'est juste que je me dis que tu le prends bien.

-Que Jewerly soit enceinte ?

J'acquiesce.

-Oui et non. Je me dis au moins qu'on n'a pas rompu pour une histoire de cul et puis, ça fait un moment que c'est fini, elle est moi. Je m'en fous un peu de ce qu'elle fait maintenant.

Ouais, il n'a pas tort.

Quand je vais raconter ça à Ace, il ne va pas en croire ses oreilles. J'espère juste que je pourrais très vite le lui dire.

Vendredi 21 Avril 2018

Je crois que c'est la première fois de ma vie que je suis aussi nerveux. Encore dans les vestiaires, j'affronte le regard vide que me renvoie le miroir. C'est étrange d'attendre un moment avec tant d'impatience et de se retrouver tétaniser le jour J. Même pour les tournois que je faisais, j'y allais sans pression. C'est sans doute parce que c'est l'aboutissement de mon rêve. Ce pourquoi je me suis tant entrainé.

Aujourd'hui, une page pourrait se tourner.

J'inspire. Je ramasse mes bogus et les serre fort dans mes mains. Je sors des vestiaires et observe ceux qui sont venus voir le match. Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de monde. En dehors des tatamis, je vois Sabo et Luffy agiter des espèces de drapeaux trop gênants avec mon nom. J'hésite à les ignorer mais le chapeau de paille m'appelle et je finis par aller les voir.

-Tu penses que tu peux battre mon tonton ?! me demande-t-il tout de suite.

-Bien sûr qu'il peut, Luffy ! s'enthousiasme Sabo. Il s'est entrainé pour ça!

-Ouais, mais il est vachement fort quand même, tonton...

Il fronce les sourcils et donne l'impression de réfléchir à quelque chose.

-Mais bon, si quelqu'un peut le faire, c'est toi !

Il agite son drapeau comme pour m'encourager.

-Assure-toi de bien regarder alors.

-La classe! Je vais filmer pour Ace! m'apprend Sabo.

Je ne sais pas trop quoi dire. Je n'y avais même pas pensé à vrai dire. Je le remercie. Je guette la porte d'entrée mais toujours pas de Mihawk en vue. Niji est assis un peu plus loin et observe le tatami avec sérieux. Je ne pensais pas qu'il viendrait celui-là. Je ne sais pas si ça me fait plaisir, c'est la dernière fois qu'on se voit après tout. Il a déjà dû prendre toutes ses affaires à l'appart. Moi qui trouvais qu'on était de plus en plus serré, j'aurais de nouveau de la place comme ça.

Il sait que je le regarde, il a toujours su quand mes yeux s'attardaient sur lui. Mais les siens restent obstinément fixés sur le mur devant lui.

Le personnel du dojo et quelques élèves aussi sont là. Ils veulent voir Mihawk combattre, c'est presque comme un rêve pour eux. J'avoue que ce n'est pas un truc qui arrive tous les jours. Le voir tout simplement est déjà quelque chose d'exceptionnel.

Les portes du dojo s'ouvrent mais ce n'est pas Mihawk.

Koshiro est là. Je plante Sabo et Luffy pour courir l'accueillir. Je me stoppe ensuite juste devant lui, sans trop savoir comment lui dire bonjour. Koshiro a toujours eu pour moi un rôle de mentor et de professeur de kendo. Il m'a aussi guidé et aidé à grandir. C'est également pour moi celui qui se rapproche le plus d'un père. Toujours un peu en retrait, veillant sur moi, me souriant avec ses éternels lunettes rondes sur le nez.

J'ai pratiquement toujours vécu avec sa présence rassurante à mes côtés, c'est la première fois que je suis autant éloigné de lui. Il m'a manqué mais je ne sais pas bien comment le lui faire comprendre.

Il me sourit, de cet habituel air bienveillant, et c'est comme s'il avait déjà tout compris. Il pose une main sur mon épaule et la serre très fort. Ca suffit, je me sens reboosté.

-J'ai failli ne pas trouver, rigole-t-il. Dawn est vraiment une très belle ville.

Il observe le dojo, les petites tribunes et les gens déjà présents. Il a l'air d'être nostalgique, ça doit lui rappeler quand il exerçait encore à Batalleria. Dans son dojo. Il l'a pratiquement bâti seul et l'a fait grandir en aidant des centaines d'enfants à découvrir le kendo, dont moi. C'est auprès de lui que je me suis formé, que mon rêve est né. Dans ce dojo... que Niji a détruit.

Niji qui est assis non loin de nous. J'évite de le regarder pour ne pas attirer l'attention de Koshiro. Mais bien sûr, il le remarque. Même de dos, Niji ne passe pas inaperçu. Des cheveux bleus, même dans le noir on pourrait les voir.

-Cet homme me dit quelque chose, murmure-t-il. Ce ne serait pas un des promoteurs immobiliers de Batelleria ? me demande-t-il.

Koshiro et Niji se sont vus peu de fois. Une fois ou deux, maximum. Il a plus eu affaire à des sous-fifres qu'à Niji en personne. Peut-être que si je lui mens, il ne le verra même pas. Mais je ne peux pas faire ça, si ? A quoi ça servirait ?

-Oui.

-Pourquoi est-il là ?

-Je ne sais pas. C'est ouvert au public.

Je ne mens pas, c'est peut-être la vérité, qui sait ? Niji n'est pas du genre à venir m'encourager, surtout que depuis qu'il est là, il ne m'a pas adressé la parole. Ou alors il est bien là pour moi. J'en sais rien.

Dans tous les cas, Mihawk arrive enfin avec un Shanks hilare sur ses talons. Le kendoka traverse la salle pour aller se changer dans les vestiaires sans un regard pour quiconque.

Je me dirige vers le tatami.

-Alors, prêt, Zoro ? lance Shanks en passant un bras autour de mes épaules.

Il ne me laisse pas le temps de répondre qu'il enchaine.

-J'ai essayé de le fatiguer autant que j'ai pu. En espérant que ça te sera utile !

Il me fait un clin d'œil et s'en va retrouver Luffy et Sabo.

Cinq minutes plus tard, Mihawk entre sur le tatami à son tour. La pression monte pour moi mais contrairement à tout à l'heure où elle me paralysait, là, elle me galvanise. Je lui fais face, sérieux, motivé.

Je peux le battre.

-J'espère que tu auras mis tout le temps dont tu as bénéficié à profit, me dit-il.

-Je me suis entrainé sans relâche.

-Parce que tu crois que ce sera suffisant pour me battre?

Il esquisse un discret sourire, le même qu'il a eu lors de notre premier affrontement dans ce tournoi où je ne pensais même pas le voir. Je me sens bien, euphorique. Ce combat est important pour moi, il ne s'agit pas de tester mes capacités mais bien de le battre. Le propriétaire du dojo s'avance vers nous. Le top départ va bientôt être donné. Le combat de ma vie se déroule maintenant.

-Hajime !

J'adopte une garde moyenne, je l'observe. Ainsi, je pourrais au besoin me défendre mais aussi attaquer. Je reste pour l'instant dans le classique, voir quel style il va adopter aujourd'hui.

Il sourit, il est dans l'attente. Il me connait et sait ce que je vais faire. Et ça ne tarde pas, j'attaque. Je n'ai jamais été très patient. Si je dois attendre de trouver une faille dans la garde de Mihawk, je serais encore là demain. Il faut que j'attaque, que je lui mette la pression, que je le force à faire des erreurs. Il n'a pas été surpris par mes trois bogus. Je me suis entrainé des mois pour perfectionner cette technique sans jamais trop lui en parler. C'est le moment de voir si toutes ces heures de travail vont enfin payer.

Je tente un premier coup et Mihawk effectue un Hirakiashi*. J'essaye de ne pas lui laisser le temps de répliquer par la même occasion et réalise un HikiWaza**.

Ce premier échange qui donne le tempo m'indique une fois de plus que Mihawk est un combattant hors pair et que tous ses mouvements sont calculés.

Et dire que Shanks m'a assuré l'avoir fatigué un minimum, je ne sais pas ce qu'il a fait mais il serait bien qu'il revoit sa technique parce que je n'ai pas l'impression qu'il soit affaibli du tout !

Mihawk sent que c'est pour lui le moment de me mettre encore plus la pression. Il enchaine les attaques et il est si rapide que j'ai du mal à toutes les prévoir. J'essaie de me rappeler de nos premiers cours, de « l'aikido ». Je reste sur mes gardes et ne mise pas seulement sur la force brute et ma bestialité.

J'arrive à garder un peu de mon énergie et de mon endurance mais quand je vois que mon adversaire est à peine essoufflé, j'enrage.

Je ne vais pas perdre. J'attaque, ne réfléchis plus et laisse mon instinct parler. Je suis touché à l'abdomen et grimace mais fais abstraction de la douleur pour toucher Mihawk au même endroit et le faucher.

Mihawk tombe. Je le regarde de haut, n'arrivant pas à croire que j'ai réussi à réaliser ce coup de maitre. J'ai le cœur qui bat la chamade, j'entends enfin les acclamations de mes amis. Plongé dans mon combat, j'avais oublié leurs présences.

Je peux gagner. Je vais gagner.

A ce moment-là, je pense que le match a basculé en ma faveur. Plus le temps passe, plus je deviens fort. Je finirai forcément par dépasser Mihawk. C'est ce que je pense mais c'est oublier trop vite qui il est.

Dix minutes plus tard, je me retrouve au sol, sonné.

Mon regard est fixé sur les lumières du plafond. Le dojo est silencieux alors qu'il était pratiquement en effervescence tout à l'heure.

J'ai mal partout et essaye tant bien que mal de me souvenir comment faire pour respirer. Au-dessus de moi, Mihawk m'observe, son visage est indéchiffrable. Il n'y a que ses yeux si particuliers qui expriment quelque chose en lui.

Et aujourd'hui, il a tout vu de moi.

J'ai perdu.


« Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux et la sagesse d'en connaître la différence. »

Reinhold Niebuhr (La prière de la sérénité)

Sabo


Dimanche 23 Avril 2018

-Je me demandais…

Ivankov arrête de chantonner et me jette un regard tout en buvant son thé avec élégance.

Je me triture les doigts et observe la pièce vide. Nous sommes dans un des points de chute de l'AR. Nous faisons nos réunions ici mais la plupart du temps, cet endroit sert en grande majorité de maison à nos membres à la recherche d'un foyer.

Nous sommes dans la cuisine et les quelques autres membres présents sont dans la pièce de vie à profiter d'un des rares moments de détente que nous avons.

Ivankov m'a répété un nombre incalculable de fois qu'on se devait d'être discret quant à nos conversations au sujet du père d'Ace et plus encore des Trois Grandes Puissances.

Il se trouve qu'une fois que j'ai eu l'information par rapport au fait que Roger n'était pas l'homme qu'il voulait montrer, obtenir le reste des informations a été assez simple.

J'ai du mal à y croire tellement tout a l'air fou. C'est comme s'il y avait plusieurs vies, celle que les gens lambda vivent, celle dont on peut parler, et l'autre. La part d'ombre de notre monde, celle que le système a mis en place pour se révolter ou alors pour semer le chaos, je ne suis pas encore bien sûr.

Je pense avoir compris comment le schéma de ce monde obscur se découpe. Il n'y a pas vraiment de bien ou de mal étant donné que les méthodes et les motivations de chacun sont aussi exécrables les unes que les autres.

Roger fait partie des Empereurs, les hommes les plus puissants et les plus influents sur cette terre. Je ne pense pas qu'Ace soit au courant. En fait, depuis que j'ai appris ça, je me demande si la fonction de Roger a été un des moteurs quant à sa décision de s'éloigner de son fils quand celui-ci était encore enfant. Je ne saurais sans doute jamais la réponse, ce n'est pas quelque chose que j'ai envie de creuser. C'est une histoire de famille et je ne sais pas, mon instinct me dit de rester loin de ça.

Ivankov m'a confié qu'ils étaient 4 Empereurs et que ne pas connaitre leurs identités me permettrait de dormir encore sur mes deux oreilles. Il m'a dit ça avec tant de sérieux que je n'ai pas insisté pour avoir les noms.

Il m'a ensuite parlé des hauts gradés dans l'armée, c'est d'ailleurs le truc le plus normal qu'il m'ait dit concernant les Trois Grands Pouvoirs. Et il m'a aussi informé sur les Corsaires, ces personnes qui ne sont ni du côté des « gentils » ni du côté des « méchants ». Ils sont là où sont leurs avantages.

-Je me posais des questions à propos de tout ça.

Ivankov fronce les sourcils, ne voyant pas tout de suite de quoi je veux parler. J'insiste alors en essayant de lui faire passer le message en un regard.

-Ah, oui !

Il sourit, amusé de son manque de jugeote.

-Pourquoi ? C'est tellement dingue après tout...

-Eh bien, pour une raison simple : tant qu'ils sont là, l'équilibre est maintenu. Un équilibre qui permet à chacun de ne pas vivre dans le chaos. Ce n'est pas parfait mais crois-moi mon garçon, ce serait bien pire sans.

-A ce point-là ?

-Oui. Les Dragons Célestes auraient encore plus de pouvoir et nous, on aurait encore plus de boulot. Heureusement qu'on est là d'ailleurs. On n'a pas la vie facile, surtout avec le CP9 qui nous traque.

-Shanks m'a mis en garde, dis-je en l'entendant parler des agents du gouvernement. Qu'est-ce qui arriverait à l'un d'entre nous s'il se faisait prendre ?

Ivankov pose sa tasse dans l'évier et m'observe sans rien dire. Son silence m'inquiète et comme pour ne pas me brusquer, m'effrayer, il prend doucement place à côté de moi autour de la table de la cuisine.

-Certainement pas des choses bien. Tu le sais, non ?

-Oui. Je sais les risques que je cours en étant là.

J'esquisse un sourire amer.

-Si Dragon se faisait prendre, il est certain qu'il serait exécuté.

Il me dit ça si tranquillement, comme si c'était normal. Sa révélation me glace pourtant les sangs.

-Je subirais certainement le même sort que lui comme c'est moi qui seconde Dragon. Pour toi, pour nos jeunes recrues qui n'en savent pas trop sur l'organisation, certainement juste de la prison.

Je ne sais pas si Ivankov me dit tout, mais la manière dont il parle me comprime le cœur. Je ne veux voir personne disparaitre.

Lundi 25 Avril 2018

-Comment va Ace ? me demande Sanji.

-Bien. Je crois... Je peux difficilement dire autre chose.

-Ça fait plus de deux semaines maintenant. Apparemment, ils ne vont pas tarder à arrêter les recherches pour X-Drake...

-Je sais, j'ai parlé avec Koala. Elle est inconsolable. Je ne sais pas quoi lui dire. Nami arrive bien mieux que moi à lui redonner le sourire...

-C'est parce que toi, tu pleures avec elle alors que Nami essaie de lui changer les idées, m'apprend Sanji.

-Pas faux.

Je soupire et me laisse tomber par terre. Sanji continue de tirer sur sa cigarette et me jette un long regard. Je vois dans ses yeux qu'il se demande pourquoi je souffle comme ça.

Les cours ont recommencé aujourd'hui et je dois dire qu'après ce qu'il s'est passé pendant les vacances, c'est particulièrement difficile de devoir reprendre le cours normal de nos vies. Mais je n'allais pas non plus me mettre à bouder l'école. Dans un certain sens, ça m'occupe l'esprit même si j'ai vraiment du mal à me concentrer. J'ai entendu certains élèves en parler au détour des couloirs. La plupart n'avait pas vraiment l'air inquiet. Je me dis qu'ils ne doivent pas mesurer la portée de ce qui se passe en ce moment. Les membres du Glee Club n'ont malheureusement jamais eu une très grande popularité au lycée. Je veux bien que les gens ne se mettent pas à les pleurer ou à déprimer parce qu'X-Drake est porté disparu et qu'Ace est à l'hôpital, mais tout de même. J'aurais aimé plus de compassion. Heureusement, je peux au moins me consoler avec mes amis et les membres du Glee Club qui partagent ma peine et mes angoisses.

-Je n'ai pas envie d'aller au club…

Je soupire une fois de plus et Sanji sourit, comprenant enfin pourquoi j'ai l'air si mou. Même si finalement, la compétition s'est mieux passée que ce que je pensais, je ne me sens pas tout à fait à l'aise avec le coach. Je ne saurais même pas dire pourquoi. Je dois redouter de me prendre une remarque au moindre relâchement. Et ce même si nous avons gagné et que notre équipe a vraiment bien joué ce jour-là.

-Sèche, me conseille Sanji.

-Je ne peux pas. Je n'ai aucune raison valable pour le faire.

-Tu es trop sérieux.

-Je suis d'accord avec toi...

Sanji éteint sa cigarette, il est temps pour lui d'aller au Baratie. Le service du soir va bientôt commencer.

-Bon, quand faut y aller, faut y aller !

Je me lève, salue mon ami, traine encore cinq minutes pour le voir s'éloigner et me presse ensuite pour aller au gymnase. Puisque j'y vais, autant éviter de me mettre en retard. J'ouvre la porte et me faufile dans les vestiaires. Certains membres du club sont encore en train de se changer, ça me rassure. Je me pose dans un coin et commence rapidement à enfiler mes vêtements.

-Alors ? me lance Lark.

Il me parle si peu que je suis surpris par sa question. Je prends plus de temps pour mettre mon haut et le regarde sans savoir quoi dire. Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris en fait. Il continue de me regarder sans rien dire et je vois qu'il commence à en avoir marre d'attendre.

Mais qu'est-ce qu'il veut?

Si ça se trouve, il m'avait déjà posé une question avant et je n'ai pas entendu. Je me sens gêné. En plus, Lark m'impression toujours autant. Il est si tranché et a une certaine autorité naturelle. Ça plus le fait qu'il ne m'aime pas et qu'il ne s'en cache pas...

-Pardon ? je finis par demander.

Je n'allais tout de même pas rester là pendant des heures à essayer de deviner la réponse dans les yeux du plus jeune.

Il soupire et lève les yeux au ciel. On dirait qu'il regrette déjà de m'avoir adressé la parole. Quant à moi, sa réaction me fait regretter de m'y être intéressé...

-Comment ça va ?

-Bien, pourquoi ?

Je fronce les sourcils, totalement surpris.

-Je demande comme j'ai entendu dire que ton copain est à l'hôpital et qu'apparemment, c'est grave.

J'écarquille les yeux. Eh bien, je ne me serais jamais attendu à ça de la part de Lark...

-C'est dur mais ça va. Merci de demander.

Moi qui ai longtemps eu la crainte qu'il ait un problème avec mon homosexualité, je peux enfin dire que je me trompais. Il acquiesce comme s'il était satisfait.

-Ça veut donc dire que tu vas te donner à 100% sur le terrain ? Je vais te regarder.

-Pas la peine, je bredouille.

Trop tard, il est déjà parti.

Mardi 26 Avril 2018

Je termine de taper mon message pour Anonyme et l'envoie rapidement avant de changer d'avis. Je me connais, il me suffirait de seulement quelques secondes pour trouver tout un tas de défauts à mon message. Je suis aussi capable de me demander si c'était une bonne idée et tout remettre en question. Ce n'est pas le but. Je me lance enfin. Je verrais bien ce que ça va donner.

Je reparle quelques fois par message avec Marco, notamment de ce qui est arrivé à Ace et également de la disparition de X-Drake. Je n'ai pas tout de suite amené le sujet « Anonyme » sur le tapis, je n'y pensais pas du tout au début à vrai dire. C'est juste quelque chose qui est arrivé de fil en aiguille.

Je reste encore quelques instants à fixer l'écran de mon ordinateur en veille avant de me décider à descendre rejoindre mes deux colocataires. Je n'ai pas passé beaucoup de temps avec Shanks et Cavendish dernièrement, je me suis plongé la tête dans mes cours en vue du bac en juin. J'avoue aussi avoir passé beaucoup de temps à l'AR, dès que j'ai pu en fait. Ce n'est pas que j'ai fui le loft, loin de là. C'est ma maison, là où je me sens bien en toutes circonstances, c'était simplement un moyen de m'aérer l'esprit et de m'occuper.

J'espère simplement qu'ils n'ont pas mal interprété mes absences. Shanks et Cavendish ont été là pour moi, plus que n'importe qui, et je les en remercie.

-Sabo !

Je termine de descendre l'escalier et rejoins Shanks qui m'appelle depuis la cuisine. Il est en train d'essayer de faire des brochettes.

-Enfin, tu descends ! J'ai une question très importante à te poser, réponds franchement.

-Bien sûr.

-Les brochettes, c'est forcément avec de la viande ?

Cavendish soupire et s'apprête à ajouter quelque chose mais il se fait stopper par le roux.

-N'essaie pas de l'influencer, toi.

-Ne mets pas ta main sur mon visage ou je sabote ton plat !

-Tu pourrais cracher dedans que ça ne m'empêcherait pas de le finir, rigole Shanks.

Le mannequin esquisse une moue dégoutée et je dois dire que je n'en suis pas loin non plus. Shanks est vraiment particulier et j'espère bien qu'il lui arrive certaines fois d'exagérer ses propos. Quelque chose me dit que Cavendish pense la même chose que moi.

-Je…, j'hésite.

Shanks se rappelle alors qu'il m'avait posé une question.

-Nous t'écoutons, mon garçon.

Il prend un ton paternel et je hausse un sourcil, surpris par son sérieux.

-Oui et non, il existe plein d'autres broch-

-Tu as entendu, j'ai raison.

Je pouffe, oubliant complètement de me vexer du fait qu'il vient de me couper la parole.

-Tu n'entends que ce que tu veux entendre !

Cavendish étouffe un bâillement et s'assoit sur une des chaises hautes.

-Bon, on a fini les brochettes, tu les fais cuire ? demande-t-il à Shanks.

-Pas de problème !

Shanks allume le barbecue électrique et commence déjà à sortir les assiettes pour le repas de ce soir.

Je souris en pensant à la soirée qui nous attend. J'ai vraiment de la chance d'être tombé sur eux, de vivre avec eux.

- Au fait, comment va Zoro ? me demande Shanks.

-Pas très bien, même si ça se voit à peine. Je ne l'ai pas encore revu depuis mais dans tous les messages qu'il m'a envoyés, il disait s'entrainer.

-Bon, au moins il ne perd pas le moral.

-Mais est-ce que Mihawk acceptera de l'affronter une fois de plus ?

Shanks hausse les épaules. Pas très rassurant comme réponse.

-Il a toujours plus de chance que moi. Tu savais qu'avant, il m'arrivait très souvent de combattre Mihawk? On faisait pratiquement jeu égal.

Je ne peux m'empêcher d'être surpris par son information. Et de le montrer.

-C'est quoi cette tête ? C'est vexant, tu sais, tique-t-il.

Il retourne les brochettes et me jette un regard suspicieux.

-C'est juste que c'est inattendu.

Cavendish se moque de Shanks et celui-ci grogne.

-Et pourtant, c'est la vérité ! Mais maintenant que j'y pense, c'était peut-être une manière d'avoir un rapprochement physique…

Il ne termine pas sa phrase et semble perdu dans ses pensées. Que je ne suis pas sûr de vouloir connaitre d'ailleurs.

-Enfin, tout ça pour dire qu'il me prend pour un faiblard maintenant. Il est même devenu gentil avec moi, ça fait presque peur. Plus question pour lui de se mesurer à moi. N'importe quoi !

Shanks a l'air pas mal remonté alors Cavendish et moi nous abstenons du moindre commentaire. Sur ce coup-là, je suis d'accord avec la logique de Mihawk. J'ai pu voir le kendoka à l'œuvre vendredi et franchement, il a une force monstrueuse. Mais ce n'est pas tout, il n'est pas seulement fort. En réalité, c'est un combattant complet avec un instinct et une rapidité hors norme. J'ai pourtant cru que Zoro avait l'avantage à un moment. Sans doute était-ce le cas mais ça n'a malheureusement pas duré.

Je comprends aussi la position de Shanks et peut-être qu'un jour, il pourra de nouveau affronter le kendoka. Dans l'immédiat, ça ne me semble pas être la chose à faire.

-C'est cuit !

La viande est super bonne et les accompagnements divers et variés contentent les gouts de chacun. On mange dans la bonne humeur et Cavendish, euphorique après deux trois verres que Shanks le force à boire, improvise quelques pas de danse. Je n'aurais jamais cru voir ça de toute ma vie ! Et dire que ces fans payeraient cher pour voir ça...

Je passe une magnifique soirée.

Mercredi 27 Avril 2018

Ils se sont finalement décidés. Ace allant mieux, les médecins, avec l'accord de ses parents, ont décidé de sortir Ace de son coma artificiel. Dans le même temps, nous avons appris que la police stoppait ses recherches pour retrouver X-Drake. Il n'a toujours pas été retrouvé, pratiquement trois semaines après sa disparition.

Que leur était-il arrivé ? Nous ignorons encore si Ace sera même capable de répondre à cette question.

Peut-être qu'X-Drake n'est tout simplement plus dans la réserve naturelle. Mais cette hypothèse, personne ne peut l'envisager.


*HIRAKI ASHI : Déplacement des pieds en ouverture droite (pied droit devant pied gauche) ou gauche (pied gauche devant pied droit), pour l'esquive ou l'attaque latérale.

**HIKI WAZA : Technique de frappe réalisée en reculant.


Bonne semaine et à bientôt !