Bonjour,
Titre : Once Upon A Time...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic
Résumé : « Qu'est-ce que le bonheur ? » Je suis resté immobile devant ma copie sans savoir quoi répondre. Avant j'aurais répondu sans hésitation « t'avoir à mes côtés ». Maintenant je ne sais plus.
« Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. »
Bêta correctrice : pommedapi
Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé. ^^
- Merci à DeathGothika pour son commentaire -
Bonne lecture ;)
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
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Chapitre 29
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« En te levant le matin, rappelle-toi combien est précieux le privilège de vivre, de respirer et d'être heureux. »
Marc-Aurèle
Ace
Mercredi 27 Avril 2018
Je regarde encore une fois les fils reliés à mon corps, ils ne m'empêchent pas de bouger mais c'est comme si au moindre mouvement, je pourrais ensuite être privé de toute ma force vitale. J'ai affreusement sommeil, je lutte en ce moment même pour ne pas fermer les yeux et me rendormir. J'ai l'impression de n'avoir fait que ça, dormir encore et encore pendant des jours. J'ai des fourmis dans les fesses et dans les jambes.
Je tourne lentement la tête vers la porte. Toujours personne. Pourquoi ? Qu'on m'explique ce qu'il se passe ! Je ferme les yeux et revois le visage de Teach, ses yeux et son rire démentiel. J'ai eu du mal à me souvenir quand j'ai ouvert les yeux. Dès que je forçais, j'avais mal à la tête. Mais au bout d'une heure, c'est finalement revenu tout seul.
Je suis loin de tout me souvenir mais son visage, je ne l'ai pas oublié.
La blessure que j'ai à l'épaule me prouve que je n'ai pas inventé cette balle qui m'a frôlée avant que je ne perde l'équilibre et tombe de la falaise. Je crois que je n'ai pas chuté tout de suite mais je ne suis pas sûr. La dernière chose dont je me souviens, c'est la manière dont je me suis fracassé la tête contre les pierres. Je dois avoir le crâne sacrément dur pour m'en sortir si bien...
Il n'y a pas de calendrier : je ne sais pas quel jour on est mais j'ai l'heure. L'heure grâce à cette grosse horloge et à son tic-tac permanent. Heureusement qu'elle ne me donne pas mal à la tête sinon je l'aurais déjà brisée en deux. Il est quinze heures et si je n'avais pas aussi sommeil, j'aurais pété un câble à cause de la faim.
La porte de la chambre s'ouvre enfin et je sens mon cœur battre beaucoup trop vite. Je suis trop naze pour agir normalement et pas assez en forme pour perdre mon temps à essayer de me redresser sur mon lit d'hôpital.
-Ace ?
C'est la voix de ma mère. J'ai l'impression que je vais pleurer juste en la sentant près de moi. Elle s'approche lentement et je la suis des yeux. Elle a l'air aussi fatigué que moi mais en voyant que je bouge, elle se fige.
-Maman...
J'ai la voix pâteuse, je ne pensais pas que ce mot sortirait comme ça. Depuis combien de temps je n'ai pas parlé au juste ? Les yeux de ma mère se remplissent de larmes mais elle les essuie avant qu'elles ne coulent. Elle cherche à savoir comment me prendre dans ses bras sans me faire mal. Je souris et tends avec difficulté un de mes bras vers elle.
Elle m'embrasse, tremblante comme une feuille. La pauvre, j'ai dû beaucoup l'inquiéter. Elle est contente de me retrouver et moi aussi. Je lui en faisais voir de toutes les couleurs avant et elle souriait peu mais on dirait que ça s'est arrangé. J'ai des images qui arrivent par flash où je la vois sourire, je nous vois à des diners. Je me remémore même ses encouragements. C'est étrange. J'ai du mal à comprendre comment tout cela est arrivé. Je suis à moitié en train de m'endormir en fait.
-Je vais prévenir ton père !
Roger ? Pourquoi ?
Ma mère se précipite hors de la chambre et continuer à garder les yeux ouverts me demande décidément trop d'efforts. Je m'endors immédiatement.
xXx
Ma mère rigole à une ânerie de Luffy : le petit la fait bien rire. Je ne me suis pas trompé sur lui. D'après mes souvenirs, tout le monde l'aime bien. On avait même réussi à devenir proche, je ne sais trop comment d'ailleurs. Mais je dois dire que là, je ne sais pas vraiment comment agir avec lui. Avec naturel sans doute, mais je ne suis pas sûr de comprendre ce que naturel veut dire dans mon cas. Tous mes souvenirs sont confus, je ne sais plus exactement quelles sont les relations que j'entretiens avec qui. Je n'ai pas vu la femme de mon père et je m'en fous un peu. Cette femme a toujours aussi peu d'intérêt pour moi, je n'ai pas eu de révélation à son sujet en frôlant la mort.
En fait, le fait qu'elle ne soit pas là renforce l'effet joyeuse famille qu'il y a dans cette chambre d'hôpital. Je n'ai pas encore décidé si j'étais ou non dedans. Je me contente de manger mon diner en essayant de faire le moins de bruit possible. J'ai dit que j'étais fatigué et on dirait que cette excuse a fait office de formule magique : ils me laissent plus ou moins tranquille. Luffy a bien essayé une ou deux fois de venir sur mon lit pour me raconter je ne sais quoi mais à chaque fois, il s'est fait reprendre par Roger.
On ne m'a posé aucune question sur ce dont je me rappelle ou non. Ca m'arrange bien. Parce que tout est flou dans ma tête mais aussi parce que je n'ai pas envie d'en parler, et surtout pas à Roger.
Mon père.
Le regarder me dégoute. Ma mère est là, à parler avec lui, à plaisanter avec lui, à rire avec lui… Mais pourquoi ? Comment peut-elle faire ça ?!
On dirait qu'elle a oublié tout ce qu'il nous a fait. Moi aussi quand j'y pense. Avant que j'atterrisse ici, je me souviens qu'avec Roger, ça allait mieux. Merde, on avait presque une relation père fils normale ! Heureusement que j'ai échappé à la mort, ça m'a permis de me remettre en mémoire tout ce qui est important, tout ce que j'avais commencé à oublier au fil du temps.
Que cet homme est une ordure et que c'est à cause de lui que je suis là.
Les mots de Teach.
-Bon, on va y aller, Shanks et Sabo ne devrait pas tarder, m'annonce Roger.
Je ne prends pas la peine de lui répondre. Si je le regarde, il verra forcément toute la haine qu'il m'inspire.
-Ta mère et moi allons en rediscuter avec le médecin mais normalement, tu pourras rentrer à la maison dès demain.
-Hum.
J'entends Luffy crier de joie et je repousse mon assiette vide en silence. Ils viennent me dire au revoir et heureusement pour moi, mon père se contente de poser sa main sur mon épaule. Je me retrouve enfin seul quelques instants plus tard. Je respire beaucoup mieux. Je ferme les yeux et me demande dans quelle merde je suis.
Et dire que j'ai eu plusieurs fois l'occasion de pouvoir retourner à Bateria et que j'ai choisi délibérément de rester ici ! J'ai vraiment été con. A quoi je pensais ? Qu'est-ce qui me retenais ici ?
Plus tard, une infirmière vient débarrasser mes couverts. Elle me demande si tout va bien et part une fois que je n'ai plus besoin d'elle. J'essaie de ne pas penser à demain et essaye de m'endormir même s'il ne fait pas encore totalement nuit dehors.
Je suis réveillé par des coups sur la porte. J'ouvre les yeux et suis plus alerte que les fois précédentes où je mettais au moins cinq minutes à comprendre ce qu'il se passait et où j'étais.
Un homme avec des cheveux rouges assez impressionnant et trois fines cicatrices à l'œil entre. Il a une allure de mauvais garçon même si son sourire me fait plutôt penser à un enfant. L'autre à mon âge, on dirait. Il ressemble à un angelot blond abimé bien trop heureux de me voir.
-Ace ! Mince je pourrais pleurer tellement je suis heureux ! fait-il avec un sourire lumineux.
-Pourquoi tu ne dis pas ça quand je rentre le soir ? fait mine de s'agacer l'homme.
Le roux rigole alors que le blond ne semble avoir d'yeux que pour moi.
Je ne sais pas trop quoi faire ni quoi dire, c'est pire que tout à l'heure avec la famille parfaite. Je les regarde, j'essaie de me rappeler de qui ils sont. C'est comme un voile dans ma tête qui m'empêche d'accéder à ce que je souhaite mais en me concentrant, j'arrive à obtenir des bribes. Le plus âgé travaille pour mon père, il m'a défendu au tribunal une fois. C'est un avocat ? Je fronce les sourcils : j'étais au tribunal pour quelle raison déjà ?
-Ace, est-ce que ça va ?
Le blond s'approche de moi, inquiet.
Quelque chose s'allume en moi. C'est Sabo, normalement pas d'erreur sur ça. Il est dans le club de basket et fait partie du conseil des élèves. C'est le mec cliché qui met des masques. Pourtant, quand je le regarde, il n'a pas l'air de simuler quoi que ce soit.
-Ouais, je suis juste un peu fatigué et j'ai des migraines quelques fois.
-Tu sais que le sexe est un bon remède pour les maux de tête et les migraines ?
J'ouvre de grands yeux et observe le roux, gêné. Pourquoi il me dit ça, lui ? Ça ne va pas ou quoi ?
Sabo quant à lui sourit simplement.
-N'importe quoi, le rabroue-t-il gentiment.
-Tu sais très bien que c'est vrai ! continue Shanks.
J'ai du mal à me plonger dans leur conversation, à être complètement à l'aise avec eux. C'est fou comme mes meilleurs amis me manquent d'un coup. Aujourd'hui, c'est eux que j'aurais voulu voir.
-T'as l'air un peu vaseux, ça ira certainement mieux demain, remarque Shanks.
J'acquiesce pour lui faire plaisir. Je n'ai toujours pas compris quelle était notre relation. Ami si c'est juste un employé de mon père avec qui j'avais sympathisé ou alors confident ? Les souvenirs ne viennent pas forcément dans l'ordre et je ne suis pas sûr d'avoir tout compris.
-Les visites vont bientôt se terminer. C'est dommage j'aurais aimé rester plus longtemps, soupire Sabo.
-Attends-toi à avoir beaucoup de visites demain et pas une minute à toi, ajoute Shanks.
-J'ai intérêt à bien profiter de mes derniers moments de tranquillité alors, dis-je sans réfléchir.
Shanks sourit et quitte la chambre. Sabo s'approche de moi et passe une main dans mes cheveux avant de caresser ma joue. Ça y est, je me souviens maintenant. Lui et moi…
-J'ai tellement eu peur pour toi, tu sais. Je t'aime tellement…
Il m'embrasse. Je garde les yeux ouverts et retiens ma respiration. Mon Dieu, je suis en train d'embrasser un garçon !
Il s'écarte, pose son front contre le mien et ferme les yeux. J'ai l'impression que mon cœur va se faire la malle s'il continue à battre aussi vite. Je m'attends à ressentir du dégoût à cause de ses germes, de sa bouche qui était sur la mienne. Mais rien. Même mes tocs déraillent ou quoi ?
-A demain...
Il met une éternité à partir. Un peu plus et il aurait campé au pied de mon lit celui-là.
Je souffle une fois que la porte se referme. Les visites sont terminées : plus de surprise pour aujourd'hui en tout cas.
Je ferme les yeux et essaie de trouver un truc pour contredire ce qu'il vient de se passer, une preuve comme quoi il me berne ou je ne sais quoi.
Mais non. Ca me parait pourtant complètement dingue avec l'image que j'ai de lui.
Sabo et moi, on sort ensemble !
Jeudi 28 Avril 2018
Zoro ne devrait pas tarder à arriver. Les minutes ne m'ont jamais paru s'écouler aussi lentement que maintenant. De base, je voulais aller le voir directement chez lui mais apparemment, je n'ai pas le droit de sortir même si j'ai été autorisé à rentrer chez moi. Ou plutôt chez Roger. Et malheureusement, je n'ai pas assez de force pour me confronter à lui. Me voilà donc obligé d'attendre que mon meilleur ami termine les cours et vienne ensuite me voir. J'espère juste qu'il sera là avant la fin de la journée. Roger m'a dit que la police viendrait m'interroger aujourd'hui ou demain. Il voulait d'abord que je réponde à ses questions à lui mais je n'avais toujours pas envie de lui parler alors j'ai fait mine d'avoir mal à la tête. Ça a marché et en moins de deux, il était transpirant d'inquiétude. Il fait pitié. S'il croit que parce qu'il fait semblant, je ne dirais rien aux flics !
C'est bien pour ça qu'il fait mine de se conduire en père parfait : c'est pour mieux endormir ma méfiance et faire ses magouilles de ripou tranquillement. Je ne sais toujours pas ce que fait mon père mais sachant qui est Teach et quel genre d'homme c'est, ça ne doit pas être bien reluisant.
Je vois par la fenêtre Zoro arriver mais il n'est pas seul. Pourquoi y a autant de monde avec lui ? Je reconnais Sabo, mon petit-ami, et rien que de le penser ça me donne des sueurs froides. Il y a aussi une fille avec des cheveux colorés. En fait, elle ressemble à une petite poupée... Mais oui, c'est le Glee Club !
Je ne suis plus très sûr de vouloir voir Zoro si ça signifie voir tout ce monde. On sonne à la porte et je soupire. Je ne vais pas les renvoyer, ce sont des gens importants pour moi. Enfin, ils le sont devenus, mais je ne sais trop comment. Je veux dire, ce ne sont pas du tout des gens avec qui je traine d'habitude... Et puis, comment je me suis retrouvé coincé dans un club de musique ?
Comment c'est arrivé déjà ? J'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose, quelqu'un...
-Ace !
Luffy ouvre violemment ma porte et je sursaute.
-Tes amis sont là !
Et puis il repart.
Je soupire encore et me décide enfin à descendre. Vaux mieux ça que me retrouver bloqué avec mon père. Ou avec Sabo. Il m'a embrassé hier, je ne m'en remets pas ! J'espère qu'il ne tentera rien de plus aujourd'hui. Merde, je me réveille d'un coma, il pourrait attendre un peu que je me remette avant de me sauter dessus comme ça !
-Salut.
Zoro me regarde sans s'arrêter de balancer Luffy au bout de son bras. Comment il fait ça, lui ?
Je jette un coup d'œil rapide aux autres. Je me souviens d'eux. De qui j'étais le plus proche et de ce qu'on a partagé ensemble. Pourtant, je n'arrive pas à être content de les voir, c'est comme si je les connaissais sans vraiment les connaitre. Que je vois le film qu'avait été ma vie pendant un an et que je devais la vivre pour de vrai. Je n'arrive pas complètement à me plonger dedans, j'ai même du mal à mettre des mots là-dessus...
-On est super content que tu sois réveillé...
Shirahoshi. C'est la présidente du Glee Club qui a la larme facile. Donc ce n'est pas étonnant qu'elle pleure pour moi. Enfin, je crois...
-Tu as l'air en forme pour quelqu'un qui a dormi pendant trois semaines ! lance Dellinger.
-Pourtant, j'ai encore sommeil.
-C'est la fatigue, sourit Margaret.
-Tu te rappelles quoi exactement ?
Je fixe Zoro, me demandant s'il a capté que mes souvenirs sont un peu embrouillés et que j'ai parfois des blancs. Ça m'arrangerait parce que je voulais justement en parler avec lui mais je n'ai pas envie de le faire devant tout le monde.
-Quoi ?
-Le jour où toi et X-Drake avez disparu… Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
Perona a une petite voix.
Tout le monde me regarde et je fronce les sourcils. Attends, X-Drake… Comme souvent, j'ai des images qui me reviennent en se mélangeant. Je me concentre un instant. C'est un bon ami à moi, c'est lui qui m'a fait rejoindre le Glee Club... On a vécu pas mal de trucs ensemble, dont des galères. Je sens mon cœur se serrer en repensant à lui mais je ne comprends pas pourquoi. Avant de me souvenir.
L'effroi me saisit violemment.
-Tu fais une tête bizarre, Ace. Si tu ne veux pas en parler, ce n'est pas grave, tente Sabo.
-Non, c'est juste… Il a essayé de me rattraper quand je suis tombé de la falaise après m'être fait tirer dessus. Je crois qu'il est resté là-haut avec…
Teach. Je ne dis pas son nom et les autres doivent penser que je suis traumatisé ou je ne sais quoi car ils ne me posent pas plus de question. Je me sens soudain terriblement coupable car je me souviens maintenant : Teach voulait s'en prendre seulement à moi pour passer son message à Roger, X-Drake n'aurait jamais dû se retrouver mêler à tout ça !
Luffy me sort de mes pensées en annonçant qu'il a lancé un jeu au salon et qu'on est tous obligé de venir jouer avec lui. J'accepte seulement parce que du coup, il ne sera pas indispensable d'en rediscuter avec les autres. Ou alors moins.
-Tu reviens quant à Marie-Joa ? me demande Margaret alors qu'on se dirige au salon.
-Je ne sais pas. Lundi, je crois.
-Cool. Tu viendras nous voir affronter le club de rugby samedi ?
Aussitôt, Dellinger se fait engueuler mais il sourit, pas du tout désolé.
-Qu'est-ce qui se passe avec le club de rugby ?
-Tu ne te souviens pas ? s'étonne Perona. On va les affronter pour pouvoir garder notre salle.
-Ah oui, c'est vrai...
Non, je ne m'en souviens pas du tout mais ce n'est pas grave. Je m'en fous un peu en fait. Mais j'irais quand même, ça me fera sortir.
-Moi aussi je veux venir ! crie Luffy.
-Il y aura qui exactement ?
-Les deux clubs, Sanji, Zoro et moi-même, répond Sabo. On va aider le club, enfin on va essayer. J'avoue ne pas savoir si Sanji et Zoro arriveront à bien s'entendre...
-Vous avez intérêt ! grogne Perona.
-On verra, soupire Zoro.
-J'espère qu'on aura des supporters, dit Shirahoshi.
-Ace et moi, on vous encouragera ! affirme Luffy.
Tout le monde rigole. Cette scène a l'air normale. Un banal après-midi entre amis. Pourtant, je n'arrive pas à me sentir tout à fait à l'aise.
X-Drake...
Vendredi 29 Avril 2018
-Rys n'est pas là ?
Le policier lève des yeux fatigués sur moi. Je n'aime pas cet homme. Smoker est le policier en charge de l'enquête concernant ce qui s'est passé pendant le camping. Il fume déjà son deuxième cigare alors que ça fait tout juste dix minutes qu'il est là et il n'a posé que deux questions.
-Pourquoi serait-il là ?
-C'est un policier, non ? je réponds du tac au tac.
-C'est aussi le père d'X-Drake. Il est trop impliqué émotionnellement pour pouvoir intervenir dans l'enquête que la police mène.
Derrière moi, Roger se racle la gorge. Il a tenu à assister à la prise de mon témoignage et j'avais aucune raison valable de refuser alors je n'ai rien dit.
Je n'ai pas encore réfléchi à ce que j'allais raconter. Vais-je dire toute la vérité ? Peut-être. Je veux qu'X-Drake soit retrouvé alors je ne vais certainement pas mentir. J'aviserai selon les questions.
-Pour commencer, qui a eu l'idée de s'éloigner du campement ?
-Je ne sais plus... On était trois à vouloir aller voir la cascade. Margaret devait venir mais finalement, ça ne s'est pas fait, elle s'est fait mal à la cheville. De nuit, le spectacle est plus beau alors on est parti un peu avant le coucher du soleil.
Le policier me fixe un long moment et pendant quelques secondes, je pense qu'il va me dire que je suis un menteur. C'est fou, ça ! Il a l'air de se faire chier alors qu'on parle de quelque chose de vachement intéressant ! C'est différent de ce qui se passe avec César : il est bizarre mais c'est un mec sympa en fait. Par rapport à Smoker, n'importe qui aurait l'air adorable de toute façon.
-Vous n'aviez rien remarqué d'étrange à ce moment-là ?
-Non. C'est au moment de retourner rejoindre les autres qu'on a commencé à se poser des questions.
-Qu'est-ce qui vous a mis la puce à l'oreille ?
-La boussole. Ou non, le sac d'X-Drake était fermé alors qu'il l'avait laissé ouvert. Ensuite, c'est la boussole, elle déraillait complètement. On était suivi mais on l'a vu qu'à la fin, quand on était déjà sur la falaise.
-Qui était-ce ?
Les yeux de Smoker ne me quittent pas. Ils me mettent une pression énorme. C'est comme s'ils me disaient « Crache le morceau, petit ». Je revois la scène défiler devant mes yeux. Les menaces de Teach, son hilarité. J'avais déjà compris à ce moment-là que ça se terminerait mal pour X-Drake et moi. X-Drake qui s'est retrouvé mêlé à ça…
Et malgré tout, il a essayé de me protéger, de m'aider.
J'entends le tic-tac de l'horloge et j'ai l'impression d'être de nouveau dans cette chambre d'hôpital. Hagard, luttant pour comprendre, retrouver tous mes souvenirs. Je ressens une vive douleur au crâne et me touche la tête avant de fermer les yeux comme si ça pouvait m'aider. Je cligne des yeux, perdu, et fixe pendant quelques secondes Smoker assis devant moi. Pourquoi ? Je me touche la tête et mes doigts frôlent la cicatrice que j'ai juste au-dessus de mon sourcil droit. Je sens la fissure présente, les croutes qui se forment, la cicatrisation, et surtout la douleur dès que j'y touche. J'arrête.
-Ace, est-ce que ça va ?
Roger se rapproche de moi et je me reprends.
-Ouais, c'est bon.
-Alors ? grogne le policier.
Roger et lui échangent un regard tout sauf aimable.
-C'était un homme qui s'appelle Teach.
Smoker n'affiche aucune expression particulière et mon père est de nouveau calme.
-Depuis quelques années, un dénommé Teach s'est lancé dans des affaires douteuses. Il est surveillé par la police du monde entier et personne n'a encore mis la main sur lui. Qu'est-ce qu'il pourrait bien vouloir à des gosses venus faire du camping ?
J'ouvre de grands yeux, surpris.
Je ne connaissais pas ça de Teach. Enfin, je me doutais bien que ce n'était pas un enfant de cœur et qu'il devait trainer dans deux ou trois histoires louches. Mais pas à ce point-là !
Merde, il est recherché par la police du monde entier ! C'est encore plus grave que ce que je pensais ! Ça me glace le sang. Qui est cet homme derrière moi exactement ? Est-ce vraiment mon père ? Ou un mafieux sans scrupule ?
-Je ne sais pas...
Ma voix tremble et Smoker ne me croit pas.
-En es-tu sûr ?
Qu'est-ce que je dois faire ? Me voilà au moment que je redoutais le plus ! Je ne peux pas juste lui sortir un mensonge comme ça, il le verra forcément. Et malheureusement, j'ai l'air trop paniqué pour faire semblant de ne rien savoir. Je pense à X-Drake, à sa situation, à ses parents.
-C'est…
Je sens Roger faire un pas, hésiter, puis s'arrêter. Je ferme les yeux, me souviens de cette journée de pêche qu'on avait passé tous les deux. De ses nombreuses discussions qu'on a eues. De son inquiétude pour moi après le coup que j'ai reçu à l'abdomen l'année dernière. De ses explications, de ses encouragements. Est-ce que c'était vraiment de la comédie ?
Pourquoi est-ce que je lui ai pardonné ? Pourquoi est-ce que j'avais l'impression qu'il était enfin redevenu mon père ? Celui que je considérais comme un héros plus petit…
-On dirait que ta présence dérange Roger, sourit Smoker.
Il s'apprête à ajouter quelque chose mais j'ai enfin le courage de parler.
-Je suis sorti avec sa petite amie à un moment. On s'aimait vraiment tous les deux alors je voulais qu'elle le quitte. Il la battait et…
Je m'arrête là, ne me sentant pas de parler du viol de Makino.
-Finalement, elle ne l'a pas fait et j'ai appris qu'ils s'étaient séparés il y a peu de temps. Il a dû apprendre pour nous et a tout simplement voulu se venger.
-Vraiment ? s'étonne Smoker. Il se serait débrouillé pour apprendre les projets du Glee Club, s'introduire au sein de la réserve naturelle et mettre son plan à exécution pour ça? Ça ne fait pas trop de préparation pour une histoire de cocu ?
Il ne me croit pas, malheureusement c'est la seule vérité que je suis en mesure de lui fournir.
-X-Drake serait donc un dégât collatéral ? conclut-il.
-Je… Je, enfin, il a dit qu'il voulait se débarrasser de moi en toute discrétion. Il avait espéré qu'X-Drake et moi nous séparerions mais ça n'a pas été le cas. Je n'étais jamais seul.
-Je vois.
Smoker n'a pas l'air convaincu. Le silence règne pendant un long moment, le policier fumant son cigare tout en regardant ses notes. J'ai envie de me lever et de retourner dans ma chambre. Smoker soupire et continue de me poser des questions. J'y réponds sans trop réfléchir: c'est simple et je ne sais pas grand-chose alors ça va assez vite.
J'espère que je ne viens pas de faire une grosse bêtise.
Samedi 30 Avril 2018
J'arrive au stade, seul, Luffy m'ayant déjà abandonné depuis un petit moment. J'ai hésité à venir parce que même s'il s'agit du Glee Club, j'ai un peu l'impression que tout ça ne me concerne plus à présent. Pourtant, je suis venu. Pour ne pas avoir affaire à Roger et aussi parce que je ne sais pas… Je dois tout de même être curieux quant à ce qu'il va se passer.
J'entends Zoro et Sanji s'engueuler et j'ai juste à suivre leurs éclats de voix pour les retrouver. Sanji, le meilleur ami de Sabo, le fumeur. Celui qui tourne sans arrêt autour des filles.
Je mets quelques minutes à les rejoindre et ne suis pas étonné de voir Sanji et Zoro se prendre la tête au milieu du terrain. Je ne sais pas s'ils se disputent à cause d'un désaccord sur la stratégie à adopter ou juste par habitude.
Est-ce qu'ils parlent de la même chose au moins ? Je ne suis pas sûr qu'ils s'écoutent vraiment en fait.
Dans un coin, je repère le club de rugby qui s'échauffe. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça envoie du lourd. Dellinger va se faire envoyer valdinguer dès le premier coup de sifflet. Je ne sais pas vraiment ce que valent les autres non plus. Le seul pour qui je n'ai pas d'inquiétude, c'est Zoro, mais il ne pourra pas gagner seul.
J'observe les membres du Glee Club, le groupe d'amis avec qui je traine visiblement. Je devrais les rejoindre mais je n'y arrive pas. En fait, tout ce que je veux, c'est me poser quelque part et ne plus bouger, me faire discret. Je n'ai toujours pas réussi à me débarrasser de ce sentiment de malaise que je ressens. Auprès de ma mère à qui je ne sais pas si je dois en vouloir de m'avoir envoyé ici même si apparemment, je m'y suis senti bien et j'ai pu progresser sur mes tocs. Auprès de Roger que j'ai du mal à détester. Et auprès de mes amis, auprès de Sabo. Je suis perdu et me demande ce que je dois faire.
C'est loin d'être simple de reprendre le cours de sa vie. Je passe mon temps à me poser des questions. Je ne comprends pas pourquoi je me prends la tête comme ça. Pourquoi je ne me contente pas de reprendre le cours de ma vie ? J'étais heureux…
-Ace !
Luffy crie mon nom et d'un seul coup, tous les regards se posent sur moi. Je reste immobile sans savoir quoi faire. Est-ce qu'il est vraiment trop tard pour aller s'asseoir dans les gradins sans rien dire à personne ?
Mais Sabo s'approche déjà de moi et je sens mon cœur qui s'emballe. Ça m'énerve.
-Salut.
Il sourit timidement. Il a fini par comprendre qu'il y avait quelque chose de changé chez moi. Un truc qui m'empêche d'être celui qu'il connaissait avant.
-J'avais raison, rigole-t-il en désignant Zoro et Sanji qui hurlent toujours.
-C'est pas gagné, j'acquiesce.
-Mouais, j'ai quand même une idée pour les faire coopérer.
-C'est déjà ça.
Je ne sais pas quoi dire d'autre, de quoi lui parler. Il n'a pas l'air très à l'aise non plus. Forcément. Je sais bien que c'est moi qui cause tout ça. Mais bon, je viens tout juste d'assimiler ce qu'on est l'un pour l'autre. Y a pas à dire, en un an, les choses ont beaucoup changé.
-Ace… Est-ce qu'il y a quelque chose que tu ne me dis pas ? me demande-t-il soudain.
-Non.
Je le dis sans réfléchir mais c'est évident que c'est un mensonge.
Il le sait aussi, mais Sabo est une personne très gentille alors il ne va pas insister.
-Très bien.
Il soupire et baisse la tête.
-Tu te souviens quand tu m'as demandé d'arrêter de me faire du mal ? reprend-il. Tu voulais que je te parle, qu'on ne se cache plus l'essentiel, surtout quand ça ne va pas. Et c'est ce que je vais faire maintenant, Ace.
J'ai l'impression de me prendre un énorme coup. Quelque chose qui fait mal et qui me broie encore et encore. Je m'en veux de le faire souffrir. Même si je suis perdu et que je ne sais pas encore comment agir, je n'ai pas le droit de lui faire ça. Je l'aime même si ça m'embête, c'est quelque chose que je ne peux pas nier.
Sabo prend une grande inspiration.
-J'ai plein de chose à te dir-
-Le match va commencer, je le coupe.
Je ne pense pas que je sois prêt pour ça. Sabo me perturbe et parce qu'il y a « ça » entre nous, je ne me sens pas de lui faire du mal.
Je me racle la gorge et monte dans les gradins. Je m'assois à quelques mètres de Nami. Elle me jette un coup d'œil surpris mais ne dit rien. Je ne vois Koala nulle part, sans doute qu'elle n'avait pas vraiment le cœur à venir assister à un match de rugby. J'avoue que moi non plus, mais je suis encore là.
Plus loin, les membres du conseil des élèves sont présents ainsi que le reste des membres du club de rugby. Shirahoshi et Perona sont encore sur le terrain, elles encouragent une dernière fois leurs amis. Luffy, lui, a l'air d'oublier pourquoi on est venus : il a trouvé un ballon de rugby et joue tout seul dans son coin. Je ne m'inquiète pas pour lui, les autres vont bien finir par le dégager à un moment où à un autre.
-A quoi tu joues ? soupire Nami en s'asseyant à côté de moi. Ce n'est pas parce que t'as le cerveau déréglé que t'aies obligé de m'ignorer.
-Je n'ai pas le cerveau déréglé, je tique.
Elle m'ignore complètement et commence à se plaindre de l'attitude puérile des deux gamins qui se battent maintenant sur le terrain.
Des personnes que je fréquente, Nami est celle avec qui j'ai le moins de souvenirs. Il me semble qu'on est amis mais qu'au final, on n'est pas si proche que ça. Elle a un caractère explosif et est très intelligente, on n'a jamais été dans la même classe mais elle s'entend très bien avec les membres du Glee Club.
-Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Elle fronce les sourcils et ses yeux marron m'inspectent.
-Pour rien.
-Ah, le match commence !
Luffy remonte les gradins jusqu'à nous en serrant dans ses bras le ballon qu'il a trouvé plus tôt.
-Ils ont dit que je pouvais le garder.
-Je ne t'ai rien demandé, je lui dis.
-Cool, alors !
On reste silencieux et observons le début du match. J'essaie de me concentrer mais j'ai la sensation qu'on m'observe. Je me retourne discrètement et laisse mes yeux planer sur le groupe derrière moi. Le conseil des élèves et les membres du club de rugby, rien d'autre. Même Rob Lucci a l'air d'être à fond dans le match.
Alors c'est ce que je fais également.
Je pense à peu près me rappeler des règles que j'avais commencées à apprendre. Je ne sais pas s'ils ont une stratégie ou s'ils vont simplement improviser quelque chose. Pour la première partie, les joueurs du club de rugby ne feront que défendre alors c'est là qu'on doit marquer le maximum de points. Mais est-ce qu'ils vont réussir ?
Zoro s'élance et c'est sans surprise qu'il marque le premier point. De quoi montrer aux adversaires de quoi il est capable. Il réussit à en marquer encore deux autres et a l'air super motivé. C'est rare de le voir aussi impliqué dans autre chose que du kendo.
-Zoro est super balèze, ils vont peut-être réussir en fait, constate Nami. Cette énergie doit lui venir de sa défaite qu'il a encore du mal à digérer.
-Hein ?
-Mince, il s'est fait percuter ! se lamente Luffy.
J'observe de nouveau le jeu, oubliant de demander à Nami de quoi elle parle.
Malheureusement, l'autre équipe comprend vite le potentiel de Zoro et se montre plus dure avec lui. Sanji, Sabo, Dellinger et Margaret sont obligés pendant quelques minutes de faire sans leur atout majeur. Sabo se débrouille bien, il est rapide. C'est un sportif après tout. Sanji aussi pourrait être super s'il ne passait pas tout son temps à courir à côté de Margaret pour la protéger.
Dellinger court partout mais à part ça, il ne fait pas grand-chose. Je ne suis pas sûr qu'il ait compris le principe du jeu.
On approche bientôt de la fin de la première partie et l'équipe du Glee Club n'a réussi qu'à marquer 8 points. Un essai équivalant à deux points pour ce match. C'est pas mal mais je pense que le club de rugby aura malheureusement le temps de rattraper ça.
Il faut qu'ils marquent encore pendant les cinq dernières minutes. Dellinger a le ballon et court vite, c'est à se demander comment c'est possible qu'il ait encore autant d'énergie alors que ça fait dix minutes qu'il court comme un malade. Il fait une passe à Sabo avant de se faire plaquer plutôt durement. On sent bien la différence de gabarit, ça a dû faire mal...
Après avoir marqué, Sabo vient le voir. Les autres sont déjà autour du plus jeune pour constater son état. Il a l'air sonné mais leur sourit. Je serre les poings, m'en voulant de ne pouvoir rien faire. Je me sens de plus en plus concerné. Je me souviens que je voulais leur éviter cette situation là et me voilà assis pour finalement les regarder se démener tout seuls !
Le jeu continue et Zoro réussit à se libérer de son marquage et plante encore un essai avant la mi-temps. Je ne dis rien et descends les gradins.
-Tu vas où, ce n'est pas encore fini ! me demande Nami.
-Les rejoindre.
Je marche jusqu'à eux. Ils se sont assis au bord du terrain et s'hydratent.
-J'espère que vous avez une stratégie pour la deuxième partie, dis-je en arrivant.
-Pas vraiment, souffle Margaret.
-On peut garder notre avance si on a une bonne procession de balles et qu'on les empêche de marquer. Il ne faut rater aucune occasion. Zoro, si tu es encore marqué comme en première partie, ce n'est pas grave, laisse-les se fatiguer à te courir après. Les gars qui seront sur toi ne nous embêterons pas nous, c'est déjà ça.
Sabo a l'air calme et malgré la pression, il semble maitriser la situation. Il est concentré et me regarde à peine.
-Sanji, on va avoir besoin de toi sur ce coup-là. Dellinger et moi, on n'y arrivera pas seul.
-Mais qui protègera Margaret ? s'inquiète Sanji.
-Je peux le faire toute seule. A vrai dire, tu m'embêtes plus qu'autre chose, je n'arrive pas à bouger correctement avec toi qui me bloque à chaque fois ! Désolée, Sanji, ajoute-t-elle.
Zoro rigole alors que Sanji a l'air d'être au trente-sixième dessous. Dans tous les cas, personne ne me calcule et cette situation me frustre. Mais je présume que je l'ai bien cherché : à force de me tenir à l'écart, j'y suis vraiment maintenant.
-Allez, Sanji ! Nami m'a dit avant le match qu'elle allait t'encourager de toutes ses forces. Tu ne veux pas la décevoir, n'est-ce pas ? lui lance Sabo.
-N'importe quoi, soupire Zoro.
Mais peu importe, Sanji y croit dur comme fer.
La pause se termine et ils se relèvent, prêts pour la deuxième partie. Dellinger passe à côté de moi et manque de s'écrouler.
-Ça va ?
-Oui ! C'est plus dur que ce que je pensais mais c'est quand même super amusant !
Il sourit et c'est certain qu'il est sincère. Dire que pendant longtemps, j'ai douté de lui. Il fait pourtant partie du Glee Cclub et c'est notre ami. Il se défonce comme les autres pour la victoire.
-Tu as été pas mal percuté, est-ce que ça va aller pour la suite ? s'inquiète Margaret.
Tout le monde regarde le blond.
-Bien sûr.
-Tu tiens à peine debout, commente Zoro.
-Je vais te remplacer, dis-je.
Aussitôt, tous les regards se tournent vers moi, incrédules. Je les ignore et prends le casque de Dellinger qui n'a pas le temps de protester. Je pense pouvoir courir sans être gêné par ma tenue et comme je mets toujours des baskets, ça devrait aller.
-Non !
-Je ne te demande pas ton avis, Sabo.
-Tu n-
-C'est comme ça que ça devait se passer de base : X-Drake et moi. Malheureusement, ce sera juste moi.
La reprise est annoncée et j'entre sur le terrain. Sabo me court après.
-Ne fais pas ça, je t'en prie…
Sa voix tremble et je comprends qu'il s'inquiète réellement pour moi.
-Ça ira.
-Non, ça n'ira pas ! Tu sors d'un long coma artificiel, tu pourrais aggraver ton cas !
-Pas si je ne me fais pas plaquer.
Ça ne rassure pas du tout Sabo. Il a l'air d'avoir tellement de trucs à me dire mais se retient.
-Tu n'as pas confiance en nous ? Je t'ai dit qu'on gagnerait, tente-t-il à nouveau.
-Ce n'est pas une question de confiance. J'ai le droit de vouloir être à tes côtés, non ?
-Mettez-vous en place, les gars. Le match a déjà commencé ! nous crie le capitaine de l'autre club.
Et effectivement, c'est parti. Le club de rugby attaque fort, enfin plus ou moins. Je ne sais pas s'ils oseront y aller franco avec moi mais je ne peux pas miser sur ça non plus. Va falloir que je me donne à fond.
Mes coéquipiers me tiennent à l'écart et je comprends qu'ils se sont très vite mis d'accord. Ils ne veulent prendre aucun risque mais ce n'est pas en jouant comme ça qu'on va gagner. Le club de rugby finit par marquer un but. Par la suite, la stratégie de Sabo marche à peu près : Sanji tire et le ballon s'envole jusqu'au poteau et passe sans problème dedans. Ça compte aussi comme un but. Margaret, enfin libérée, montre ses pleines capacités et on voit tout de suite qu'elle n'a pas peur du contact.
Mais je ne vais pas me contenter d'être juste un spectateur. Je ramasse un ballon perdu et me mets à courir vers les poteaux adverses. Je n'ai pas la rapidité de Sabo ou de Sanji alors je ne vais peut-être pas réussir à passer mes adversaires. Il va falloir que je les affronte. Quelqu'un fonce sur moi mais se fait arrêter par la montagne de muscles qu'est Zoro. Je réussis à marquer un premier point. Je suis essoufflé et essaie de ne pas montrer aux autres que ma tête commence à tourner. Je me sens également assez nauséeux et comprends aussitôt que je ne pourrais pas me taper beaucoup de sprints comme celui-là. Finalement, j'espère ne pas être une gêne plus qu'autre chose pour mes coéquipiers…
Ce n'est vraiment pas le but recherché.
Le match continue et on prend des points mais on en marque aussi.
Et finalement, c'est la délivrance : on hurle de joie, on a gagné ! Je ne sais pas trop comment on a fait, j'étais en mode automatique sur la fin. J'ai tellement mal à la tête que je ne rêve que d'une chose, m'écrouler par terre, prendre un médoc et m'endormir jusqu'à la fin de l'année. Je regarde autour de moi. Mon esprit est flouté par la fatigue et l'adrénaline redescend. Je vois les cheveux blonds de Sabo. Je ne vois que lui. Mon cerveau déconne encore mais sans réfléchir, je vais vers lui.
Je marche jusqu'à Sabo, l'extirpe des bras de tous ces gens descendus pour nous féliciter et l'embrasse. Il ne réagit pas, choqué. Il cligne ensuite des yeux et rougis. J'ai l'impression de retrouver le Sabo intimidé à chacun de mes baisers.
Voilà, j'ai fait ce que j'avais à faire.
-Bien sûr que j'ai confiance en toi. J'étais sûr que tu ne laisserais personne me toucher.
Je pose ma tête sur son épaule et ferme les yeux.
Il ne faut pas que je tourne de l'œil tout de suite ou je sens que je vais me prendre une sacrée engueulade à mon réveil...
xXx
-C'était complètement inconscient de ta part ! Tu le sais au moins, j'espère !
-Ouais. Mais on a gagné, non ?
J'essaie de plaisanter mais je vois bien que Sabo n'a toujours pas envie de rire.
J'ai essayé de cacher le fait que ça n'allait pas très bien mais je n'ai pas dû être très convaincant car ils l'ont tout de suite remarqué. L'euphorie de la victoire est retombée d'un seul coup et tout le monde m'a entouré. Je ne devais pas être bien beau à voir parce qu'ils étaient tous assez palots.
Je me suis assis et j'ai bu un peu d'eau. Ca s'est arrangé mais j'ai quand même tenu à rentrer me reposer. C'est là que Rob Lucci s'est approché et a proposé de me ramener chez moi. J'avais envie de refuser mais Sabo a dit oui sans même me demander mon avis. On a donc fait le trajet du retour en voiture avec un Luffy qui pensait que j'allais mourir.
Merci bien. Au moins, je les ai dissuadés d'appeler qui que ce soit.
-J'ai envoyé un message groupé aux autres pour leur dire que tu vas mieux.
-Merci.
-J'ai beau voir que tu vas bien, mon cœur ne s'en remet pas ! Tu m'as fait une peur bleue, Ace ! Promets-moi que t'iras voir un médecin dès que possible pour t'assurer que tout va bien...
-Ouais et désolé mais je n'avais pas le choix.
-Tu racontes n'importe quoi ! Le club de rugby n'y est pas allé à fond comme il l'avait promis.
- Permets-moi de douter de leur gentillesse. La seule chose que je retiens, c'est qu'on garde notre salle.
Je souris et Sabo en fait autant. Il me regarde avec ses yeux couleur noisette qui brillent d'émotion.
-Je suis content. J'ai l'impression d'enfin te retrouver...
Je me mords les lèvres, ne sachant pas quoi lui dire. Je vois très bien de quoi il parle.
-Je suis désolé. C'est… J'étais désorienté, je tente. Quand je me suis réveillé, je n'avais plus l'impression d'être moi... Je ne comprenais plus ma vie, les gens qui m'entouraient... J'étais perdu, j'avais du mal à trouver ma place. Je crois que j'ai tout simplement paniqué...
-Oh. Je suis vraiment content que tu ais retrouvé tes esprits alors ! s'exclame-t-il.
Il me sourit plus franchement. Il se penche vers moi, montant sur mon lit. Il y va doucement, comme pour me laisser le temps de l'arrêter ou de fuir. Mais je ne bouge pas. J'attends avec toujours autant d'appréhension, mon cœur bat la chamade mais pour une fois, ça ne me fait pas peur.
Je ferme les yeux et le laisse m'embrasser. Ça me fait chaud au cœur et je me sens bien.
-J'ai l'impression d'enfin te retrouver... J'ai tellement de choses à te dire, Ace... Est-ce que tu m'écouteras ?
-Ouais. Mais un autre jour, on a le temps pour ça. J'ai vraiment très sommeil...
-Oui, pas de problème.
Je lui fais de la place et il s'allonge à mes côtés. Il me prend dans ses bras et j'ai l'impression d'être en sécurité, d'être à ma place.
Dire que notre relation me faisait si peur à mon réveil. J'ai failli tout gâcher juste parce que ça me faisait paniquer de me rendre compte que j'étais heureux ! Passer à côté de la mort est vraiment une expérience horrible...
-Je t'aime, me dit-il.
-Et moi encore plus.
Il sourit et ne cherche pas à surenchérir. Je ferme les yeux et hume le parfum délicat de mon petit-ami.
Dimanche 01 Mai 2018
-Je vais bien, maman.
-Ton père m'a pourtant dit qu-
-Ce n'était rien. J'étais simplement resté trop longtemps dehors à marcher, ça m'a fait tourner la tête et comme j'ai mis du temps à rentrer, ça s'est légèrement accentué. J'ai juste fini avec des maux de tête, un médicament, beaucoup de repos et me voilà en pleine forme.
Ma mère ne dit rien, seul son soupir trahit son inquiétude.
-Tu sais pourtant que tu dois faire attention...
-Ouais, je ferai plus attention la prochaine fois. Je retourne en cours lundi en plus.
-Est-ce que c'est bien prudent ?
-Oui. Je n'aime pas être enfermé. L'infirmière a déjà été prévenue de la situation et puis, dans environ un mois, je passe le bac. C'est bientôt la fin, je ne peux pas me permettre de me la couler douce.
-Eh bien, si un jour on m'avait dit que je t'entendrais dire ça !
-Maman, je me vexe.
Je la rassure encore et elle raccroche non sans me dire qu'elle viendra me voir le prochain week-end. Elle sera avec Satch qui, apparemment, s'est également beaucoup inquiété pour moi.
Je laisse tomber mon portable sur le lit dès l'appel fini. Je ferme les yeux et me demande bien ce que je vais pouvoir faire aujourd'hui. Hors de question pour moi de sortir, je veux vraiment rester en forme pour demain et ne pas risquer que Roger change d'avis.
J'ai beau aller mieux, je ne sais toujours pas comment agir avec lui. C'est d'ailleurs le seul avec qui ça ne s'est pas arrangé. Je n'arrête pas de ressasser les dernières informations que j'ai eues. C'est simplement que, contrairement à il y a quelques jours, je ne déteste plus Roger. Je me souviens des efforts qu'il a faits pour se rapprocher de moi et mon propre travail sur moi-même pour lui pardonner, pour essayer de comprendre. Mais avec ces nouveaux éléments, c'est comme si je devais tout recommencer.
Je ne sais plus quoi penser et je me demande s'il a été sincère avec moi. Peut-on vraiment parler de sincérité quand on cache qui on est ?
Ça me perturbe.
On frappe à ma porte et je me demande si c'est Luffy. Impossible, il est bien trop impatient pour prendre le temps de frapper.
La porte s'ouvre sans attendre de réponse de ma part et Roger entre. Quand on parle du loup. Je me redresse sur mon lit et le regarde. J'ai l'impression d'être crispé.
-Je venais juste voire comment tu allais.
-Je vais bien.
Mon ton est tranchant. Je suis toujours sur la défensive quand je me retrouve dans une situation que je ne contrôle pas.
-D'accord.
-Qu'est-ce que donnent les recherches pour X-Drake ? je lui demande.
Il ne change pas d'expression. Il devait s'attendre à cette question.
-Toujours rien. La police a décidé de stopper les recherches pour quelques jours. Elle veut d'abord rassembler les éléments qu'elle a pour comprendre pourquoi X-Drake n'a pas encore été retrouvé. Ils vont employer d'autres méthodes en vue de… retrouver son corps, termine-t-il.
J'écarquille les yeux sous la révélation. Le choc est si puissant que j'ai du mal à m'en remettre. Je n'entends plus rien, aucun son, comme si mes oreilles étaient bouchées. Mes yeux se baladent un peu partout avant de se stopper de nouveau sur mon père. Il voit mon état de panique et essaye de me rassurer. J'entends à peine ce qu'il me dit.
-Il faut aussi que je te dise quelque chose, Ace...
Il pousse un profond soupir.
-Je ne peux pas te laisser croire que c'est ta faute ce qui arrive... Ce que tu as dit à Smoker ét-
-Était faux. Je sais.
Je me lève et me plante devant lui. Ça y est, c'est le moment alors. Je sens ma gorge se nouer.
-C'est à cause de toi tout ça, je le sais parfaitement. Figure-toi que Teach n'a pas manqué de me le dire avant d'appuyer sur la détente. Je sais tout, je crache.
-Tu ne sais rien, me contredit-il.
-Oh non, détrompe toi, je sais bien plus de choses que tu ne sembles penser. Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas tout balancé à Smoker, pourquoi je te protège…
-Ace.
Il s'approche de moi mais je recule et le contourne. J'étouffe ici.
-Si jamais on ne retrouve pas X-Drake vivant…
Les larmes dévalent mes joues pour de bon cette fois et j'ai même du mal à garder mon calme. J'hoquète et me fais l'impression d'un gamin en pleine crise.
-... je considèrerais que c'est ta faute. Et ça, je ne te le pardonnerai jamais !
Je sors de ma chambre et monte à l'étage en furie. Il n'y a rien pour moi en haut. Je veux juste mettre de la distance entre mon père et moi pour pouvoir me calmer.
Je suis tellement désolée pour cette longue période d'attente, mon ordinateur est en panne et je ne sais pas trop quand je vais le récupérer... J'ai perdu quelques dossiers et chapitre mais rien de grave, j'ai le gros de mes histoire sur mon disque dur et ma gentille bêta à bien entendu tout mes chapitre déjà corrigé que je lui avais envoyé ultérieurement. C'est juste la deuxième fois que ça l'arrive, à croire que je suis maudite ou que je ne sais pas comment m'y prendre.
En tout cas je profite d'avoir pendant une petite heure l'ordinateur portable de ma sœur pour enfin vous envoyé enfin la suite.
En espérant que ce chapitre vous ai plu avec Ace et ses questions et son mal être !
