Bonjour,

Titre : Once Upon A Time...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic

Résumé : « Qu'est-ce que le bonheur ? » Je suis resté immobile devant ma copie sans savoir quoi répondre. Avant j'aurais répondu sans hésitation « t'avoir à mes côtés ». Maintenant je ne sais plus.

« Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. »

Bêta correctrice : pommedapi

Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé. ^^

Bonne lecture ;)


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 31

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« Les malheurs, on peut les supporter; ils viennent de l'extérieur, ce sont des accidents, mais souffrir de ses propres fautes, voilà qui est particulièrement amer! »

Oscar Wilde

Sabo


Mardi 08 Mai 2018

Cette année non plus, nous ne participerons pas au tournoi d'été de basket. Mais contrairement à l'année dernière, je ne suis pas spécialement déçu : je suppose que je m'y attendais et qu'à force, j'ai fini par comprendre la décision du coach. Pour être honnête, le tournoi d'avril comporte beaucoup plus de participants et l'organisation est vraiment au top. On y affronte les meilleures équipes de la région et il est également plus connu du public qui vient souvent en nombre.

Le tournoi d'été est plus récent et attire malheureusement moins de monde. Il a d'ailleurs souvent été considéré comme la compétition des petites équipes. La fin d'année approche et la plupart des étudiants préparent leur avenir. Leurs examens de fin d'année, leurs concours d'entrée à l'université. C'est ça qui est important. Peu de joueurs après le lycée deviennent professionnels.

Ce sera aussi mon cas. J'ai déjà choisi mon avenir.

Ce week-end, les mots de Shanks m'ont grandement fait douter : autant dire que j'ai eu du mal à dormir ces derniers jours. Je ne comprends pas pourquoi il m'a mis dos au mur. Moi qui étais si décidé, je dois dire que maintenant, j'appréhende affreusement de dire la vérité à Ace. Et ce n'est pas tout. A présent,quand je le vois, j'ai une énorme boule au ventre et me sens assez nerveux. Pourtant, c'est le moment idéal :X-Drake a été retrouvé. C'est un véritablement soulagement. Il faut dire que plus les jours avançaient, plus on avait du mal à garder espoir. Koala a enfin retrouvé le sourire, son visage avait l'air si terne ces derniers jours. C'est agréable de la voir remonter la pente.

En apprenant que l'ancien président du Glee Club était de retour, on a tous eu envie d'aller voir comment il se portait. Mais on s'est vite rendu compte qu'on ne pouvait pas simplement tous se précipiter chez le roux. C'est Ace qui nous a appris la nouvelle. Ca nous a fait bizarre d'apprendre que X-Drake était enfin là et ce depuis quelques jours sans qu'on n'en sache rien. C'est d'ailleurs cette constatation qui nous a convaincus d'attendre. Après ce qu'il avait subi, X-Drake voulait sans doute d'abord récupérer. On ignorait tout de ce qu'il avait vécu au fond, le mieux était de le laisser d'abord se remettre un peu.

Alors on a attendu. Et aujourd'hui, on a enfin décidé de tous aller le voir. Nous sommes excités et nerveux à la fois mais je ne saurais dire qui est le plus nerveux.

-T'es en retard, Sabo !

Perona plisse les yeux à mon arrivée devant le lycée. Elle soupire et secoue la tête, semblant découragée.

-Désolé, l'entrainement-

-Ce n'est pas grave. De toute façon, il manque encore plein de monde, me rassure Margaret.

J'observe autour de nous et remarque qu'effectivement, à part le GleeClub, il n'y a personne d'autre. Ace est appuyé contre le mur extérieur et je vais le voir, laissant les filles et Dellinger discuter entre eux. Ace fume une cigarette et maintenant, je comprends mieux pourquoi il s'est mis à l'écart. C'est étonnant, je pensais qu'il avait arrêté.

Ace a repris les cours hier et si à mon humble avis il est encore trop tôt, je comprends son choix. Et puis, chose primordiale, il a eu l'aval des médecins alors à partir de là, mon avis n'avait pas grande importance… Le concours national des Glee Club arrive juste avant les examens de juin et il reste très peu de temps au club pour s'entrainer. Avec les derniers évènements, ils ont tous un peu mis leurs vies de côté.

Le club a finalement réussi à recruter deux membres de plus cette année, trois si on compte Dellinger. Ça rassure les terminales : le club ne va pas disparaitre après leur départ. Ça n'a pas été simple, surtout que la dernière recrue a tardé à se décider. Ce sont d'ailleurs les récents évènements qui l'ont décidé. Elle s'est rendue compte qu'elle s'inquiétait pour le Glee Club et ses membres, qu'elle avait envie de faire l'aventure de ces nationales avec eux.

Les choses ont bougé tellement vite depuis quelques temps : la découverte d'Ace, son coma artificiel et enfin, son réveil. Ça a été quelque chose de très éprouvant mentalement. Ace s'est montré distant sans qu'on comprenne pourquoi et malgré notre joie de l'avoir de nouveau avec nous, on ne pouvait pas tellement exprimer ce sentiment sachant que X-Drake n'avait pas eu cette chance. Et puis, il a été retrouvé et l'enquête s'est accélérée. Il y a eu aussi toute une palette d'autres choses en rapport avec le lycée et cette fin d'année qui approche. Sans qu'on s'en rende compte, c'est déjà la fin. On a vécu au ralenti ces dernières semaines et aujourd'hui, on a enfin l'impression de voir le bout du tunnel. Mais ça reste dur.

-Ça va ? je demande à Ace.

Il est étrange. Il n'est pas bien bavard et depuis tout à l'heure, il n'a pas bougé. Enfait, il fixe le sol et en y jetant un coup d'œil, je n'y vois que des dizaines de fourmis. Je doute que ce soit réellement ça qui captive autant mon petit-ami.

Il soupire, laisse sa cigarette tomber par terre et je le fixe,scandalisé. Ça aussi ça fait longtemps qu'il ne l'a pas fait. Il l'écrase avec son pied et j'observe son comportement, les sourcils froncés.

-Tu crois vraiment qu'X-Drake sera content de nous voir ?

Sa question me surprend, surtout qu'il a vraiment l'air de douter.

-Bien sûr. Pourquoi il ne voudrait pas nous voir ?

Il me regarde enfin, ne dit rien, se pince les lèvres et ramasse son mégot pour le jeter dans une poubelle un peu plus loin. Nami et Koala arrivent. Sanji, qui travaille ce soir, ne pourra pas nous rejoindre. Zoro quant à lui nous attendra au bar avec X-Drake et Rui sur place.

-Pour passer à autre chose. Ne plus rien avoir à faire avec nous peut avoir du bon aussi.

-Quoi ?

Je suis dans l'incompréhension totale.

-Qu'est-ce que tu racontes, Ace ?

-Rien, c'est juste mon sentiment.

Ace n'a pas l'air bien. J'aimerais l'aider mais j'avoue ne pas trop comprendre ce qu'il me raconte.

-Arrête de t'en faire, ça ira.

Je me trouve pathétique de ne pas pouvoir plus le rassurer que ça mais qu'elles que soient ses inquiétudes, elles disparaitront quand il reverra X-Drake. C'est bien ça qui l'inquiète, non ?

-J'ai reçu un message de X-Drake. Rui et lui sont déjà au bar avec Zoro et Shanks, nous informe Koala.

-Shanks ? je répète.

-Oui.

Je suis surpris que le roux aussi soit là. C'est vrai que hier, il m'a demandé ce que je comptais faire aujourd'hui et je lui ai alors parlé de cette sortie avec mes amis et X-Drake. Lui aussi voulait voir le roux ? C'est étonnant, il aurait pu me le dire.

-On y va ? demande Margaret et on hoche tous la tête.

C'est parti pour les transports en commun jusqu'au centre-ville.

J'avoue ne pas être très à l'aise avec la présence de Shanks. A vrai dire, j'aurais même préféré qu'il ne soit pas là. Je n'ai pas encore pu parler à Ace et le fait que Shanks sache la vérité me met mal à l'aise. Ça me fait me sentir coupable.

Et s'il te demandait de choisir ?

Je me sens bête de ne pas y avoir pensé avant. Mais c'est bien quelque chose qui pourrait ressembler à Ace et c'est ça le plus embêtant. Je n'ai pas encore de réponse à cette question. Je ne pense pas pouvoir être sans Ace mais pourrais-je lui pardonner de ne pas me laisser choisir ma vie ? De m'obliger à suivre ses choix ? J'ai quitté ma famille, mon foyer pour ça après tout.

Je doute qu'Ace se laisse convaincre, ou plutôt j'ai peur de ne pas réussir à trouver les bons mots. D'être trop sincère ou alors pas assez. Le pire dans tout ça, c'est que je sais qu'il est fort possible que je ne trouve jamais de bonne réponse à cette interrogation.

Et plus j'attends, plus je doute. Je vais certainement tout perdre dans cette histoire.

Je suis si préoccupé que je ne fais pas attention à Ace qui est toujours aussi silencieux. Un quart d'heure plus tard, on arrive au centre et on prend le métro pour nous arrêter après trois petits arrêts. On arrive au bar où on a nos habitudes. Shakky nous accueille avec le sourire.

Ce soir, il y a un peu plus de monde qu'habituellement, surtout des salariés qui sortent de leurs bureaux en fait. Avec leurs costumes, ils se démarquent plutôt bien. Tous en noir en plus, c'est assez drôle.

On rejoint la table de nos amis qui ont déjà commencé à boire. Je m'assois et je sens le regard de Shanks sur moi. Il n'essaie même pas d'être discret.

-Tu as bonne mine, constate Perona.

X-Drake hausse un sourcil, ne s'attendant visiblement pas à ce genre de compliment.

-Ace a la peau naturellement un peu bronzée, pourtant il était tout pâle quand on l'a retrouvé. Et malgré le soleil, son teint ne s'est pas amélioré. Toi au contraire, tu as plutôt la peau pâle et pourtant, quand on te regarde, on ne dirait pas que tu vas tourner de l'œil. Tes joues sont juste rosées comme il faut. Mon Dieu, serais-tu devenu beau, X-Drake ?!

Il y a un gros blanc et Shanks éclate de rire. X-Drake lui, grince des dents. Peu importe la situation, ces deux-là sont obligés de se taquiner. Au moins, cette petite boutade de Perona aura détendu l'atmosphère. Ça fait si longtemps qu'on n'a pas vu le roux, je ne sais pas pour les autres mais pour ma part, je ne savais pas forcément quoi lui dire en premier. Je ne voulais pas me montrer maladroit. Pour Ace, c'est plus simple. Il est plus direct et facile à comprendre que X-Drake qui cache souvent ses émotions et qui fait attention à rester neutre.

-Trop drôle. J'adore cette petite, lance Shanks.

-Merci mais je ne suis pas petite. Je fais 1m75 avec mes talons.

Shanks lève son verre comme pour s'excuser.

-Tu as du mordant. Si t'avais parlé comme ça à Mihawk, je suis sûr que t'aurais gagné.

-Je ne vois pas ce que ça à avoir là-dedans, soupire Zoro.

-Trop de sérieux, ce n'est pas toujours bon.

-Je suis d'accord, tu devrais apprendre à te lâcher un peu plus, ajoute X-Drake.

-C'est toi qui dis ça ! se vexe Zoro.

Je souris, amusé par l'échange. Shakky trouve enfin un moment pour venir nous voir : elle a déjà dû discuter avec X-Drake et les autres parce qu'elle se contente de rapidement prendre de nos nouvelles avant de prendre nos commandes. Elle repart et la conversation reprend de plus belle avant qu'Ace ne prenne la parole.

-Le match contre Mihawk ? Mais de quoi vous parlez?

Je fixe Ace, comme tous les autres. C'est vrai qu'à ce moment-là, il était encore dans le coma.

-Le match opposant Zoro à Mihawk, répond Nami. Je ne l'ai pas vu mais apparemment, c'est quelque chose d'assez rare concernant Mihawk. C'étaitimpressionnant, il y a eu plusieurs articlesparlant de cet évènement sur internet. Si j'avais flairé plus tôt l'engouement de ce duel, je serais venue et j'aurais fait payer les places...

-Il n'y avait pas tant de monde que ça, dis-je, amusé par la cupidité de mon amie. Ou son sens des affaires.

-Les propriétaires du dojo ne voulaient pas être inondés de monde, nous apprend Zoro.

-Dommage.

Zoro grince des dents : Nami n'a pas l'air de compatir une seule ,sa déception est bien visible pour n'importe quelle personne qui ferait attention. Surtout qu'on lui rappelle lourdement toute cette histoire alors que lui souhaite aller de l'avant.C'est bien pour ça qu'il s'entraine avec encore plus d'assiduité et de volonté.

-C'est arrivé quand ? demande Ace.

-Ça n'a pas d'importance, j'ai perdu de toute façon.

-J'ai fait une vidéo si tu veux.

J'ai à peine fini de prononcer cette phrase que je me reçois un regard noir de Zoro. Je saisis très bien le message : cette vidéo doit disparaitre dans les plus brefs délais.

-Je n'arrive pas à croire que j'ai raté ça, souffle Ace, dépité.

Zoro le regarde un peu gauchement. Il sait que son meilleur ami aurait aimé être là pour lui. Malheureusement, ce n'était pas possible et ils en ont conscience tous les deux.

-C'est triste... J'avais déjà conscience d'avoir manqué beaucoup de trucs mais pas autant, surtout que ça m'était complètement sorti de la tête...

-Pas grave, lui répond Zoro.

-Pas besoin de vidéo, ajoute alors Ace. Je le verrai de mes propres yeux le jour où Zoro deviendra le meilleur.

Les deux amis échangent un regard complice. Ils semblent se comprendre instantanément.

Mais sachant que ce n'est pas quelque chose sur lequel Zoro a envie d'épiloguer, on passe à autre chose. Les Nationales approchant, ça fait un sujet de conversation tout trouvé. Le GleeClub est enthousiaste et X-Drake les écoute sans rien dire, tout comme Rui qui est toujours aussi gêné quand il y a beaucoup du monde. Ace non plus n'est pas très bavard. Il se contente de boire son cocktail sans rien dire. On parle aussi de l'après et X-Drake nous apprend qu'il est toujours motivé pour le conservatoire de Bateria. On lui renouvelle nos encouragements, admiratifs devant sa force de caractère malgré les épreuves qu'il a subi.

Le sujet dévie vers nos futures études. Pour ma part, j'ai déjà décidé il y a quelques mois que j'allais faire une école de journalisme. Nami n'est pas encore certaine mais elle veut faire quelque chose en rapport avec le voyage, la découverte du monde. Koala hésite: elle aimerait être avocate mais est aussi attirée par l'humanitaire. L'idéal pour elle serait de faire de l'humanitaire pendant un an ou deux puis de reprendre ses études ensuite.

Chacun se confie sur ses rêves, ses aspirations pour la suite mais également ses craintes.

-Shanks.

Un homme s'approche du roux et on s'arrête de parler pour l'observer. L'homme, un des clients en costume du bar, se penche et lui murmure quelque chose à l'oreille avant de lui passer un papier que Shanks ne regarde même pas. Il le range aussitôt dans la poche de son jean et l'inconnu s'éloigne sans rien dire.

-Un collègue de travail ? murmure Ace.

-On peut dire ça comme ça. C'est un employé de ton père.

Ace n'ajoute rien et Shanks se lève.

-Allons-y. Je te raccompagne chez toi.

-Quoi ? lance Margaret.

-On vient juste d'arriver, proteste Dellinger.

-Je dois partir, j'en profite juste pour ramener Ace. Les endroits bruyants, ce n'est pas bon pour lui.

Je fixe Ace qui se lève sans protester. C'est vrai que je n'avais pas pensé à ça. Devant l'argument, on n'ose pas insister plus que ça. C'est juste dommage. Mais c'est vrai qu'Ace n'a pas l'air dans son état normal, mieux vaut qu'il rentre se reposer. On leur fait de grands signes de la main quand ils quittent le bar.

-Je vais aux toilettes.

X-Drake se lève et emprunte la porte au bout du couloir.

Je le fixe quelques instants avant d'observer de nouveau la porte d'entrée du bar. C'est moi ou Ace et X-Drake ne se sont pas dit un seul mot ?

xXx

-Je ne m'attendais pas à te trouver au bar tout à l'heure, dis-je à Shanks une fois rentré.

Assis sur le canapé au salon mais dos à moi, il prend tout de même le temps de se retourner légèrement. Il hausse simplement les épaules pour toute réponse. Pourtant, ce manque d'information est loin de me satisfaire. C'est vrai qu'il m'avait demandé des informations sur la rencontre d'aujourd'hui mais j'avais avant tout pensé que c'était de l'intéressement concernant ma vie, mes activités. J'ai l'impression de m'être fait avoir.

-Je n'avais pas prévu de rester aussi longtemps. En fait, je pensais être parti avant que vous n'arriviez mais finalement, ma discussion avec Roger était au même endroit et elle s'est avérée plus longue que prévue, dit-il de manière énigmatique. Et puis Zoro,X-Drake et son ami sont arrivés et je me suis dis que je pouvais au moinsles saluer convenablement avant d'y aller. Zoro m'a posé des questions sur Mihawk et le temps est passé.

-D'accord.

Je m'assois à côté de lui et l'observe. Il le remarque très vite et hausse un sourcil à mon intention.

-Je me demandais… Qu'est-ce tu as pensé de cette rencontre ?

-Ce que j'en ai pensé ? répète-t-il, étonné.

-Oui. Je ne suis pas sûr mais je crois que X-Drake et Ace ne se sont pas parlés...

-J'avoue ne pas avoir fait attention mais c'est possible. Et ça te perturbe ?

-Bien sûr !

C'est le fait que ça ne le questionne pas plus que ça que je trouve assez étrange.

-Eh bien, j'imagine que même s'ils sont heureux de se revoir, la présence de l'autre leur renvoie probablement ce qu'ils ont vécu. Ca expliquerait qu'ils soient mal à l'aise mais ça s'arrangera.

-Sans doute, dis-je parce que j'ai envie d'y croire.

Mercredi 09 Mai 2018

Ace entre après moi et se déchausse. Il reste muet et se contente de me suivre jusque dans ma chambre. Hier, j'ai compris que je ne pouvais pas trouver de solution magique à mon problème. Que j'allais continuer à m'interroger encore longtemps sur mon avenir, sur notre avenir. Je ne veux pas me servir de mes doutes comme excuse. Je lui dois la vérité.

Mes convictions ne concernent que moi, sauf quand ils ont un impact sur mon entourage, sur les gens que j'aime.

J'ai un peu ressassé la soirée d'hier et je suis certain qu'Ace et X-Drake ne se sont pas adressé la parole. C'est étonnant quand on sait à quel point ces deux-là sont proches. Il y a un lien particulier entre eux et j'ai toujours pensé qu'Ace appréciait beaucoup X-Drake et inversement. Mais là, rien. J'ai pu en discuter avec Shanks et son hypothèse m'a l'air tout à fait plausible.

Que s'est-il passé de plus sur cette falaise qu'on ignore ? J'ai l'impression qu'on ne sait pas tout. J'aimerais tellement comprendre mais Ace refuse d'en parler avec moi. Il le fait plutôt habilement, sans jamais me présenter de refus catégorique. Et je ne veux pas non plus insister : ça a dû être un évènement assez traumatisant en soit, insister serait inconvenant de ma part.

Je ne veux pas blesser Ace.

L'attitude de Shanks est également différente. Hier… Je n'ai pas aimé ce que j'ai vu. Tous ses sourires sonnaient faux et puis, son air sérieux quand cet homme est venu le voir. Je n'avais jamais vu Shanks comme ça. La scène était étrange et j'ai des doutes sur ce que nous a expliqués le roux. L'atmosphère dans le bar a changé après cet échange. Il a pourtant été naturel le soir au loft mais loin de me rassurer, ce changement d'attitude me perturbe.

Roger. Un des quatre Empereurs.

Je n'y avais pas pensé avant, mais Shanks travaille pour lui. Pourtant, j'ai eu une longue conversation à ce sujet avec Ivankov. Je ne dois pas avoir totalement assimilé cette information. J'ai beau le savoir, c'est comme si ça restait bloqué dans un coin de mon esprit et que je refuse de le projeter dans la réalité.

Il faut que j'intègre parfaitement cette information et que j'en comprenne bien tous les contours.

Shanks sait-il qui est vraiment Roger ? Selon la réponse, les choses peuvent être très différentes, notamment ma perception de ce qui se passe. Shanks est avocat, il a un travail tout à fait légal. Il défend des gens, il est jeune et c'est mon colocataire. Je ne sais pas, ça me parait impossible. Et pourtant, rien n'est moins sûr.

Il a l'air de savoir tellement de choses.

-Alors ça y est, tu vas me dire ce qui te tracasse autant.

J'acquiesce et m'assois sur mon lit. Ace reste debout, le dos appuyé contre la porte. Nous sommes seuls : Cavendish et Shanks travaillent. Il n'y a pas de doute à avoir. Je dois pouvoir le regarder en face, affronter la réalité et assumer mes choix.

Je n'ai pas honte de ce que je suis.

Si je me tais plus longtemps, ça va finir par nous détruire. D'une certaine manière, j'ai l'impression que tout est lié. Nos mensonges rendent les choses plus dures, ajoutent de la difficulté là où il ne devrait pas y en avoir.

-Oui. Tu ne veux pas t'asseoir ?

-Non, ne t'inquiète pas pour moi.

Il me sourit, comme pour m'encourager.

-Ce que j'ai à te dire n'est pas facile. Il se peut même que tu m'en veuilles, que tu ne me comprennes pas du tout et que tu ne l'acceptes pas…

Je prends une inspiration pour rester calme.

-J'espère juste que tu ne me détesteras pas...

-Pas de souci.

-Je suis sérieux, Ace.

-Moi aussi. Tes défauts, tes hésitations et tes erreurs font partis de toi, Sabo. Je ne te jugerai jamais sur ta sincérité et je n'attends pas non plus de toi que tu ne trébuches jamais.

Il me sourit et je me sens rassuré. J'ai l'impression qu'il vient de m'enlever un énorme poids des épaules. Ace a changé. Avant, c'était plus dur de lui parler.

J'ai déjà réfléchi hier soir à la manière dont j'allais aborder ce sujet avec lui. J'en ai déduit que le mieux pour qu'il comprenne mes choix, qu'il me comprenne, c'est de lui expliquer comment j'en suis arrivé là. Ce qui m'anime.

Alors je lui raconte. Mon enfance, mon éducation qui m'a permis de me rendre compte de l'injustice de ce monde, des difficultés de vivre librement. De mon contact avec Anonyme qui a façonné mes idéaux, mes combats et mon envie de me battre. Mais surtout, de cette nuit qui a failli coûter la vie à X-Drake et qui m'a laissée une marque indélébile sur le visage. L'incendie du Grey Terminal. Ce qu'il s'est passé ensuite. Ce que je ne lui ai jamais dit : ma rencontre avec Dragon, le père de Luffy. Il doit se souvenir de mon état, de mon apitoiement après cette période. J'ai beaucoup réfléchi à ce moment, avant de reprendre contact avec Anonyme pour essayer d'en savoir plus.

Je suis rentré dans l'Armée Révolutionnaire avant de m'en rendre compte. C'était naturel. C'était sans doute déjà acté le soir où Dragon m'a sauvé. Où il a reconnu en mon action la volonté de changer les choses. Cette flamme du changement.

Ace reste impassible. Il a le visage légèrement incliné vers le bas, si bien que je ne vois pas réellement son regard. Il reste silencieux et je me demande s'il sait ce qu'est l'AR. Il ne dit toujours rien même après plusieurs secondes de silence alors, maladroitement, je lui explique ce que c'est. Mais son silence m'inquiète.

-L'Armée Révolutionnaire…

Ce sont ses premiers mots.

-C'est comme les Empereurs et les Corsaires, c'est ça ?

Je reste bloqué sur sa question sans pouvoir y réagir tout de suite.

-Qu-Quoi?

Face à son regard courroucé, je me reprends assez vite.

-Comment… Les Empereurs, les Corsaires, comment peux-tu être au courant de ça ? je lui demande enfin.

-Quoi, ça t'étonne tant que ça que je puisse être au courant de quelque chose ? T'aurais voulu que je continue à être ignorant de tout ?

-No-

-Bien sûr que si. Ça t'aurait même arrangé que je continue à rester à l'écart pour que tu puisses poursuivre tes histoires et me mentir comme si de rien n'était. Mais je ne suis pas un idiot et j'en ai marre qu'on me mente !

Je me sens mal et je n'ose rien dire. Ace n'a pas totalement tort. Je le laissais en dehors de cette partie de ma vie parce que je trouvais ça plus simple pour moi et mes activités, comme s'il ne pouvait pas en comprendre les enjeux.

Je baisse la tête, pris en faute.

-Alors, cette Armée Révolutionnaire ? demande-t-il une fois de plus.

-L'Armée Révolutionnaire est indépendante et non acceptée par l'État et encore moins la noblesse. Leur objectif est la liberté et l'indépendance de chacun, la fin des inégalités et des crimes commis par les puissants. En d'autres termes, ils désirent la fin des Tenruybitos...

-Oh, t'es calé.

Il a un sourire acide et je me sens décontenancé par son attitude. Il ne réagit pas bien du tout. Il relève la tête et je croise enfin son regard.

-En gros, t'es en train de me dire tranquillement que t'es une cible pour l'État, c'est ça ?

Je ne sais pas quoi répondre. Je veux le rassurer mais Ace est dans une posture défensive. Finalement, comme je le pensais, il ne va pas me laisser m'expliquer davantage.

-Ne fait pas ça, s'il te plait, je le supplie, sentant que ça va devenir de plus en plus dur.

-Je te pose juste une question, Sabo. Mais enfait, j'ai déjà ma réponse.

Il sourit amèrement cette fois et je ne sais pas quoi dire d'autre. J'ai si peur de la suite que je n'arrive pas à trouver mes mots.

-Je n'arrive pas à y croire ! Après Roger, c'est toi ! C'est pas croyable, bordel ! Je n'ai même pas envie d'en discuter avec toi...

-Ace !

Je me lève et m'empresse de le retenir.

-Reste, s'il te plait !

-Et ça changerait quoi ? Ta décision est prise de toute façon. Tu ne me l'as pas dit pour que je te fasse changer d'avis. Je te connais bien, Sabo.

-Et tu me le reproches ? Tu aurais préféré que je continue à te mentir ?! je lui demande, de plus en plus perdu.

Je perds mes moyens et Ace s'y infiltre de manière tranchante.

-J'aurais voulu que tu penses à moi !

-C'est ce que je fai-

-Non ! Ce n'est pas du tout ce que tu fais, Sabo ! Là, c'est à toi que tu penses, à tes idéaux, à tes valeurs et tout le bordel qui suit. Tu te sens coupable d'avoir eu une enfance dorée, d'avoir eu un connard pour père qui a détruit des vies en s'en vantant. Tu te trouves faible, tu ne veux pas lui ressembler alors tu fais tout pour être quelqu'un de bien, pour être fort. Et tu crois que ça passe forcément par l'engagement dans un groupe activiste ennemi de l'État qui peut se faire buter à tout moment. A quel moment tu penses à moi dans tout ça ?! Ne te sers pas de notre histoire comme excuse en pensant que parce que je t'aime, je vais accepter tes choix inconsidérés !

Il s'approche de moi et je sens à quel point il enrage. Que toutes ces émotions, c'est trop pour lui. Je me sens petit face à sa colère, à sa détermination.

Mais je m'y suis déjà préparé.

-N'y compte pas une seule seconde, appuie-t-il durement.

Il me tourne le dos et s'en va. Je n'ai pas la force de le retenir.

Vendredi 11 Mai 2018

-Tu sors, Sabo ?

Je prends mon sac et relève la tête. Cavendish descend tranquillement les escaliers, une bouteille d'eau à la main.

-Oui.

-C'est étonnant. Il est déjà tard, qu'est-ce que tu vas faire ? m'interroge-t-il.

-C'est-à-dire que je n'arrive pas à dormir alors je vais simplement marcher un peu.

-Regarde plutôt un film ou lis un livre. Y a pas grand-chose d'ouvert et les transports en commun roulent moins à cette heure-ci.

-Je préfère marcher, ça va me fatiguer pour que je puisse bien dormir après.

Cavendish n'a pas l'air de comprendre mon raisonnement mais se contente de hausser les épaules. Il me rappelle simplement de penser à prendre mes clés et à ne pas rester non plus trop tard dehors. Je le regarde remonter dans sa chambre pour y passer le reste de la soirée avant de dormir. Mes yeux s'attardent sur les escaliers à présent vides comme si j'attendais un signe, n'importe quoi.

Il y a une réunion ce soir avec l'AR et je dois normalement m'y rendre mais après la discussion qu'on a eue Ace et moi, y aller comme si de rien n'était lui donne presque raison. J'ai l'impression d'effectivement me montrer égoïste et d'être inconséquent. Pourtant, je n'arrive pas à reculer. Je ne peux qu'avancer parce que je suis sûr de moi. Je le sens au plus profond de moi, c'est une conviction qui m'anime et pour laquelle je brûle.

-Tu sors ?

La question de Shanks me trouble. J'acquiesce et je n'ai pas besoin d'ajouter quoi que ce soit pour qu'il comprenne où je compte me rendre.

-Tu es sûr de toi ? me demande-t-il en souriant tristement.

-Oui. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi c'est si dur à comprendre pour les autres. Pour vous tous.

-C'est seulement parce qu'on s'inquiète pour toi, me dit-il. Crois-moi, ce genre de choix n'est jamais sans conséquence...

Je ne sais pas comment comprendre cette affirmation. Je n'oublie pas que j'ai appris beaucoup de choses ces derniers mois et que malgré ça, je n'ai pas l'impression de plus connaitre Shanks qu'avant. Il reste toujours une part de mystère chez lui que je n'arrive pas à définir. Je n'ai pas encore trouvé le courage de lui demander des comptes sur son implication auprès de l'entreprise de Roger et de ses autres activités. Est-ce que je peux vraiment avoir confiance en lui quand il me le dit? Est-il réellement là pour m'aider ?

J'ai peur que ce ne soit qu'une ruse pour mieux m'endormir.

En ce moment, Shanks est un peu le seul à me soutenir, à comprendre ce que je vis et à m'épauler. Mais ne profite-t-il pas de mon trouble, du fait que je n'y vois pas forcément très clair pour me manipuler ?

Je ne veux pas y croire. Shanks est un ami mais en même temps, je ne peux m'empêcher de m'interroger. Je ne veux pas me mettre à suspecter tout le monde. L'ignorance est un véritable poison, il met à mal même vos plus grandes certitudes. Je comprends nettement mieux la colère d'Ace à présent que je suis confronté à la même situation que lui… Quoi que pour lui, ça a dû être pire car on s'est promis de ne plus rien se cacher d'important...

-Est-ce que je peux vraiment te faire confiance ?

Il est temps que je sache.

Shanks fronce les sourcils, étonné par ma question.

-Quoi ? Mais bien sûr ! Pourquoi doutes-tu ?

Je vois bien qu'il s'interroge, qu'il s'inquiète même.

-C'est parce que je n'ai pas l'habitude de ne pas maitriser ma vie et que je ne veux pas commettre d'erreur.

-On est tous comme ça, me rassure-t-il.

Je le regarde encore et ne vois que de la sincérité chez lui mais je ne m'arrête pas à cette seule impression.

-Qui es-tu exactement, Shanks ? Je me suis toujours demandé comment tu pouvais savoir toutes ces choses…

Il sourit. Jamais il ne se départit de son fameux air jovial.

-Sans doute celui auquel tu penses et peut-être même bien pire encore.

Il soupire puis jette un coup d'œil à l'étage au-dessus sans doute pour s'assurer que Cavendish ne va pas pointer le bout de son nez à tout moment.

-Mais n'oublie pas : c'est un tout qui nous définis. Nos intentions et nos actions. Je ne suis pas quelqu'un qui se prend la tête mais j'ai toujours été sincère, m'assure-t-il. Tu devrais y aller maintenant, sinon tu vas finir par te mettre en retard.

Il me donne une tape dans le dos et je prends ça pour un encouragement.

-Et fais attention à toi.

Je pars sur ses recommandations et m'engouffre à l'extérieur. Il ne fait pas très nuit et depuis quelques jours, le temps s'est rafraichi. Je ferme ma veste et commence à marcher d'un pas dynamique. Cette fois, Inazuma m'a directement transmis le lieu de rendez-vous de l'AR : il faut juste que je m'assure de bien brouiller les pistes. Malheureusement, malgré tous mes efforts, je ne suis pas quelqu'un qui peut se fondre si facilement dans le paysage. Je ne pense pas être dans le viseur de qui que ce soit mais il faut tout de même que je fasse attention. Je ne veux pas que les choses changent. Si ça devait arriver, je serais alors mis devant des responsabilités que je ne veux pas encore affronter.

La dispute que j'ai eue avec Ace me reste encore en travers de la gorge et j'ai le cœur lourd. Je n'ai pas apprécié sa réaction, même si je la comprends. J'aimerais qu'Ace fasse autant d'efforts que j'en fais pour lui. Je pensais pourtant que c'était plus simple maintenant de discuter avec lui. Qu'il avait appris de ses erreurs tout comme moi. Que pensait-il faire en m'acculant comme ça ? Il a juste réussi à me blesser et à me rendre confus à vrai dire.

Qu'est-ce que je dois faire maintenant ?

Je ne saurais dire si Ace est encore plus énervé que quand il a découvert que je me coupais ou maintenant. Il est venu avec le regard noir en cours ces deux derniers jours et s'il n'a pas montré sa mauvaise humeur, tout son être criait de colère. Mais c'est mon choix, ma décision, et il l'a bien compris. La véritable question, c'est qu'est-ce qu'on fait maintenant que tout a été mis au clair. Enfin, c'est vite dit. J'avoue ne pas avoir compris tout ce qu'Ace a dit, notamment concernant son père. Ou plutôt, j'ai peur de comprendre. Ce jour-là, Ace m'a montré qu'il n'était pas ignorant de tout, qu'il pouvait tout aussi bien s'informer au besoin et qu'il n'était pas du genre à attendre que la vérité lui arrive aux oreilles. La chose la plus plausible est que lui aussi est au courant que Roger est un Empereur. Comment, je ne sais pas. Est-ce que Roger lui-même le lui aurait dit ? Aucune idée et de toute façon, à l'heure actuelle, ce n'est pas le plus important.

Je ne vois pas comment on va se sortir de là. J'ai l'impression que c'est la crise la plus grave que notre couple ait traversé. Pour finir, Shanks avait raison. Ace ne l'a pas dit clairement mais ses derniers mots étaient quand même assez nets. Il ne veut pas que je continue à me mettre en danger. Il me connait bien et sait que je l'aime de tout mon cœur, que j'ai besoin de lui. Que je suis faible sans lui. Il me fait du chantage pour me faire céder. Il alimente le manque pour me faire revoir ma position. Il pense certainement que je vais très rapidement revenir vers lui pour m'excuser, comme à chaque fois.

Si c'est réellement ce qu'il pense, il me connait bien mal. Il sous-estime mon engagement, il ne lecomprend pas. Ce désaccord, pourra-t-on seulement le régler ?

Quoi qu'il en dise, je pense à lui. Mais ne pas penser uniquement à lui ne doit pas être considéré comme un défaut.

Je ne flancherai pas.

Une demi-heure plus tard, j'arrive dans un entrepôt, celui-là même où on avait fait une distribution de repas en début d'année.

Il y a déjà quelques personnes et comme je participe de plus en plus à ce genre de réunion,je commence à connaitre pas mal de monde. Je remarque tout de suite que les membres de l'Armée Révolutionnaire ont l'air d'avoir le visage bien grave. Ça va être du sérieux, mais ça ne m'étonne pas. Ça coïncide avec ce qui se passe en ce moment. Cette atmosphère étrange que je ressens chez Shanks, Ace et également chez X-Drake la dernière fois que je l'ai vu.

Il y a une sorte de tension depuis ce qu'il s'est passé au camping, une tension qui ne disparait pas et ce malgré le retour des deux personnes visées lors de cette terrible nuit. Que se passe-t-il vraiment ?

-Oh, mon garçon !

Inazuma me fait signe d'approcher et j'avance lentement jusqu'à eux. Il me fait de la place à côté de lui et je m'assois en saluant les autres.

-Apparemment, elle va venir ce soir, lance Ivankov.

Je remarque qu'il est tout excité sans néanmoins comprendre pourquoi.

-C'est vrai que ça fait longtemps. Mais avec ce qu'il se passe en ce moment, elle n'a pas le choix, confirme Inazuma.

-Excusez-moi, de qui parlez-vous ?

Les autres me regardent, surpris, puis échangent des regards entre eux.

-C'est vrai que tu ne l'as jamais vue, réfléchit la jeune femme assise devant moi.

-Enfait, tu vas la rencontrer ce soir. Tu verras, elle est merveilleuse, me répond une femme dans la quarantaine, membre de l'AR depuis ces débuts.

La manière dont ils parlent d'elle me donne en tout cas envie de la voir, c'est sûr.

-Est-ce que Marco sera là ce soir ?

-Bien sûr que non ! s'écrie Ivankov. J'adore mon petit phénix mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas un membre de l'AR ! C'est une personne qui fait le lien entre nous et un des quatre Empereurs sur certaines affaires. On le tolère parce que Marco aurait franchement pu faire partie de notre groupe, c'est dommage d'ailleurs.

-Oh… je comprends.

C'est vrai que Marco m'avait déjà parlé de ça. Comme seule l'AR m'intéresse, à l'époque, je n'avais pas posé plus de question mais je me demande bien qui il est réellement. Ivankova parlé d'Empereur. Il serait avec Roger ? C'est étrange, je n'en ai pas l'impression. Il n'a pas non plus l'air proche de Shanks et j'ai plus tendance à croire que seules les personnes appartenant au groupe Gol. D. corp sont susceptibles d'être dedans. Mais je me trompe peut-être en étant si catégorique.

Dragon entre dans l'entrepôt et d'un seul coup, tous les murmures se stoppent. Il n'y a pas à dire, il en impose toujours autant. Il ne dit rien mais c'est suffisant pour que tout le monde le regarde. Il s'écarte et fixe l'entrée. Elle fait alors son apparition. Des sourires se dessinent sur les visages de la plupart des membres de l'AR. Et je la reconnais aussitôt, la femme dont ils parlaient tout à l'heure. Le membre tant attendu par tout le monde après une longue absencerevient. Je croise son regard et je n'ai aucun doute. C'est une certitude. C'est Anonyme, Nico Robin.

Je ne montre pas ma surprise même si rester de marbre s'avère assez ès tout, si j'avais des doutes, je ne pensais pas la voir ici ce soir. Elle s'assoit à côté de Dragon qui,après nous avoir salués,commence aussitôt à parler.

-Je l'ai appris aujourd'hui, Roger a mis la tête de Teach à prix.

Une exclamation de stupeur s'échappe.

Quant à moi, je suis incapable de bien réagir. Je ne sais pas qui est exactement ceTeach. Est-ce la même personne dont Ace m'avait parlé l'année dernière lors de ses « retrouvailles » avec Makino ? Je n'en sais rien du tout, il peut tout aussi bien s'agir d'un pseudo même si j'ai dû mal à y croire. Ce qui est sûr, c'est quej'ignore les conséquences d'une telle action. Ce genre d'information confirme juste de plus en plus chez moi le statut de Roger. Car même si j'avais déjà bien intégré l'information le concernant, j'avais encore du mal à y croire. Je le connais depuis aussi longtemps que Luffy : c'est compliqué de devoir d'un coup revoir mon jugement.

-Combien ? interroge Ivankov.

-100 millions, répond Robin.

-C'est énorme, je commente.

-A mon avis, c'est juste un gros coup pour empêcher Teach d'agir librement. Une manœuvre pour l'embêter et le déstabiliser. Après ce qu'il s'est passé, bien évidement qu'ils ne vont pas le laisser agir librement, explique le chef de l'AR.

-Il ne fait cependant aucun doute qu'il compte s'en occuper lui-même. Mais cette chasse à l'homme va pousser Teach à faire des erreurs et donner du temps à Roger pour préparer son plan.

Un silence accueille la déclaration de Robin. Je n'ai pas l'impression que ça enchante les autres tant que ça. Ils s'inquiètent des conséquences peut-être ? Même si Roger n'est finalement pas la personne que je pensais, je ne doute pas du fait que ce ne soit pas une mauvaise personne. S'attaquer à ce Teach, est-ce une si mauvaise chose que ça ?

-Qu'est-ce qu'on fait ? demande Inazuma.

-Le mieux serait de rester en dehors de tout ça, propose Robin.

-Je suis d'accord, soupire Ivankov.

-Concentrons-nous plutôt sur nos objectifs ac-

Un bruit sourd retentit et coupe Dragon. On fixe tous l'entrée, surpris. Il y a un moment de flottement où personne ne bouge.

-Qu'est-ce que c'était ? interroge finalement le chef de l'AR.

Il n'obtient pour réponse que des bruits encore plus suspects. Mais cette fois, ils sont plus reconnaissables : quelque chose est en train de se passer à l'extérieur. La plupart des membres qui assistent à la réunion se lèvent, en alerte. Pour ma part, je suis encore perdu. J'observe les autres pour savoir quoi faire, essayer de trouver des réponses sur leurs visages. Après quelques secondes, il ne s'est encore rien passé mais les dirigeants nous font signe de ranger le matériel, de plier bagage. Je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Cette soirée ne peut pas mal se finir, elle ne doit pas mal se finir.

Mais déjà, tout explose et je sens que tout bascule.

Des bruits de pas se font entendre. Plusieurs en fait. Rapidement, un des hommes appartenant au groupe arrive en criant.

-Fuyez ! Vite ! Ils nous ont tr-

Il ne finit pas sa phrase. Une balle l'atteint en plein dans le dos et il s'écroule lentement sur le sol. Du sang coule et commence à former une petite flaque sous son corps. Je reste figé, incapable de détacher mes yeux de cette vision. J'entends du bruit, des cris, des bourdonnements. L'organisation ne s'est jamais fait prendre auparavant, Ivankov me l'a assuré. Ils ont toujours pris soin de dissimiler les réunions, l'identité des membres. Et aujourd'hui plus qu'un autre jour, alors que Robin est enfin là… Pourquoi ?

Des hommes entrent par dizaine, vingtaine, plus encore. Armés et équipés, ils vont faire un carnage. J'ai la sordide impression d'être dans un film et suis obligé de me rappeler avec force que c'est bien la réalité.

Qu'est-ce qui se passe… ?

Des ordres sont criés. Ils viennent de nos assaillants et je les entends dire qu'ils ne laisseront personne partir. Et je les crois : leurs viseurs braqués sur nous, aucun doute qu'ils ne comptent épargner personne.

Ils s'approchent de plus en plus. C'est si rapide et pourtant, j'ai l'impression que tout se joue au ralenti. Je commence à reculer alors que les corps de certains de mes camarades tombent au sol.

Il faut que je fasse quelque chose !

Je sens alors qu'on m'attrape et je vois le visage d'Ivankov.

-Qu'est-ce que tu fais ?! Cours !

Je peux lire l'inquiétude sur son visage. La tension qui habite son corps et la peur qui me gagne doucement.

« Tu ne sais pas ce qu'ils te feront s'ils t'attrapent. »

« Si on devait être arrêtés, je pense que Dragon et moi serions purement et simplement exécutés. »

Mon corps se met alors enfin à bouger, comme par réflexe. Je cours sans pouvoir me préoccuper de mes camarades. J'entends les tirs, les cris et les battements assourdissants de mon cœur.

C'est un désastre.

-Sauve-toi et ne t'arrête pas ! me crie une dernière fois Ivankov.

On se sépare. C'est la marche à suivre en cas de descente. Je suis un groupe qui sort par la droite en courant de toutes mes forces.

Un grand bouleversement se prépare et aujourd'hui je le sais, ma vie vient de changer.


« Gardez votre visage dans le soleil et vous ne verrez pas les ombres. »

Helen Keller

Shanks


Samedi 12 Mai 2018

Il est dix heures passé et en ce beau samedi matin, c'est la faim qui me tire de mon sommeil. J'ai simplement grignoté un petit sandwich le soir et je l'ai très vite regretté quant au milieu de la nuit, j'ai senti mon estomac crier famine. J'ai envie d'un bon café et de bonnes gaufres. Cavendish cuisine souvent beaucoup pendant ses vacances, espérons que ce matin, il ait eu une subite envie de gaufre lui aussi. Sinon malgré ça, j'ai plutôt bien dormi, chose assez rare ces derniers temps.

Je descends les escaliers et souris en voyant mon colocataire s'afférer en cuisine. Je dois vraiment être chanceux ou alors finalement, quelqu'un m'aime bien là-haut parce qu'on dirait bien que je vais avoir le petit déjeuner que je veux. Je suis tellement heureux que je ne me retiens pas d'embrasser la joue du blond. Pour une fois, il ne se dégage pas et ne grimace pas. S'il savait que je viens juste de me réveiller et que je ne suis pas encore passé dans la salle de bain, certainement qu'il aurait fait barrage, comme d'habitude. Il est détendu et ça fait plaisir à voir, ça me fait me sentir bien aussi.

-Tu ne devrais pas déjà être au boulot ? me questionne-t-il.

-Si.

Je me prépare du café et viens prendre dans l'assiette quelques gaufres. Je m'installe devant lui sur le comptoir et esquisse un sourire devant son regard réprobateur.

-J'irai cette après-midi.

-Hum. C'est toi qui vois.

-Sabo dort encore ? C'est rare, dis-je.

Cavendish termine ses dernières gaufres et débranche le gaufrier. Il le laisse tranquillement refroidir à côté pour le laver plus tard.

-Il est rentré assez tard hier soir, pas étonnant qu'il dorme encore.

-Ah bon ?

Je suis étonné, d'habitude Sabo n'est pas du genre à trainer.

-Tard ? je répète.

-Je n'ai pas fait attention à l'heure mais au milieu de la nuit. On dormait déjà depuis un moment.

Je comprends aussitôt que hier, Sabo devait être à une de ses réunions de l'Armée Révolutionnaire. Il a donc décidé de poursuivre malgré mes recommandations. Et je sais pour avoir vu Ace récemment qu'il lui a parlé comme convenu. Je ne sais pas comment interpréter ses actions. S'il continue de s'investir auprès de cette organisation, ça veut dire qu'il a fait un choix ? A moins que je me sois trompé sur toute la ligne et que finalement, Ace n'ait pas joué sur la corde sensible.

Je ne sais plus du tout quoi en penser. Je regrette d'ailleurs d'avoir poussé Sabo dans ses retranchements et de ne pas avoir plus discuté avec lui. Même maintenant alors que je sais que ça va mal, je n'ai pas fait de pas vers lui.

Il m'inquiète. J'aurais vraiment aimé qu'il reste en dehors de ça. Surtout que je ne comprends vraiment pas pourquoi Sabo est rentré si tard. Peu importe la situation, s'il ne dort pas chez Ace, il est à la maison au plus tard à23h. C'est un grand garçon, il est majeur et je ne devrais peut-être pas m'inquiéter comme ça mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que quelque chose cloche.

J'ai la tête en vrac et j'ai du mal à réfléchir à tout ce qui se passe en ce moment.

Ace s'est remis en tête de s'éloigner de son père, il ne lui parle presque plus. Son attitude m'énerve, je suis sûr qu'il agirait autrement s'il savait qu'il ne lui reste plus tant de temps que ça avec son père. Mais je suis obligé de me taire et ça me tue de voir Roger souffrir inutilement.

Roger a lancé un avis de recherche sur Teach avec une somme conséquente à la clé pour court-circuiter les plans de l'autre fou. Ça m'étonnerait que ça marche mais c'est une simple solution temporaire pour nous laisser le temps d'organiser la riposte.

Je soupire, toute cette histoire me donne mal à la tête. J'avale mon café avant de m'en servir encore. Cavendish me regarde sans rien dire. Je l'interroge du regard.

-Je me fais du souci pour Sabo. Il a l'air très triste en ce moment.

-Sûrement le contre coup de toutes ces semaines d'angoisse et le stress des prochains examens.

-Non, j'ai l'impression que c'est autre chose. Il allait bien il y a encore une petite semaine et puis d'un coup, il a arrêté de sourire. Il a les épaules lourdes et son regard s'est terni.

Je ne dis rien, le laissant développer. Cavendish tient beaucoup à Sabo et le traite comme un petit frère. Je ne pense pas pouvoir la lui faire à l'envers. Vu ce que Sabo trafique en ce moment, je préfèrerais que Cavendish reste loin de lui. Je compte m'occuper de notre petit protégé tout seul. C'est encore le mieux à faire. Mais franchement, comme si je n'avais pas autre chose à faire !

-Je vais essayer de lui parler,décide-t-il.

-Quoi ?

-Je vais lui apporter le petit-déjeuner au lit et essayer de discuter un peu avec lui en même temps.

Il dispose des gaufres sur une assiette ainsi qu'un bol de raisin. Il verse du jus d'orange dans un verre et je me décide enfin à réagir. Je lui prends l'assiette des mains et il me regarde, surprit.

-Laisse-moi faire. Tu le connais, ça doit sûrement être un énième problème avec Ace. Je connais bien les deux, je vais le rassurer et tout ira bien.

Cavendish hausse les épaules et me laisse faire. Au moins, je n'ai pas besoin d'insister : ce serait bizarre.

Ne pouvant pas prendre l'assiette pleine et le verre en même temps, je décide de tout mettre sur un plateau que je colle à mon torse, mon bras valide appuyant dessus de sorte à le caler pour que je ne sois pas gêné. Cavendish me regarde faire quelques secondes. Je lui adresse un sourire et il allume la télé pour commencer à déguster ses gaufres. Je monte tranquillement les escaliers et arrive enfin devant la chambre de Sabo. Je fais une petite manipulation qui consiste à baisser avec mon coude la poignée et pousse avec mon corps la porte. J'entre dans la chambre de Sabo, baignée de lumière. On dirait qu'il n'a pas fermé les volets pour dormir hier. En même temps, il devait être tellement crevé que je peux comprendre qu'en arrivant, sa seule envie ait été de se laisser tomber sur son lit et de dormir jusqu'à ne plus pouvoir.

Je pose précautionneusement le plateau sur son bureau et viens m'assoir à côté de lui. J'observe la forme épaisse sous les draps et comprends que Sabo ne dort pas : il tremble. Je pose avec hésitation ma main sur ce que je pense être son épaule et l'appelle doucement. Je n'obtiens pas de réponse alors je tire doucement son drap pour pouvoir au moins voir son visage. Il ne résiste pas.

Je vois tout de suite à son visage baigné de larmes et aux cernes sous ses yeux que la nuit a été mauvaise.

-Ça n'a pas l'air d'aller...

Il secoue la tête et sa lèvre inférieure tremble.

-Qu'est-ce qui se passe, Sabo ?

Il ouvre la bouche et un soupir tremblant en sort. Il ferme les yeux, essaie de se ressaisir.

-Tu-Tu avais raison...

-A propos de quoi ?

-De tout, je crois... La-La police est intervenue pendant notre rassemblement d'hier. Ils ont tiré partout sans-sans prévenir...

Il étouffe un sanglot et j'ouvre grand les yeux d'effroi. J'ose à peine y croire.

-Il voulait tous nous tuer… J'ai r-réussi à m'enfuir mais j'avais tellement peur et je ne savais pas si... je pouvais revenir ici. Je ne voulais pas vous mettre en danger mais en même temps, je ne savais-

-Sabo, calme-toi, je le coupe.

Il parle tellement vite qu'il prend à peine le temps de respirer. Il est complètement paniqué et a besoin d'être rassuré.

-Bien sûr que tu es le bienvenu, je lui affirme de nouveau. Est-ce que ça va ? Tu n'as pas été blessé ?

Il secoue la tête.

-Ils sont morts, gémit-il. Comment peut-on faire ça...

-Ne te préoccupe pas de ça pour l'instant. Essaye de te reprendre. Profite du week-end pour te reposer, souffler un peu. Lundi, tu retourneras en cours et feras comme si tout allait bien. Tu ne dois pas éveiller les soupçons mais rester le plus transparent possible.

-Mais, et l-

-Je m'en occupe. Je me renseignerai sur le bilan de cette intervention. Ne t'inquiète pas. L'avantage de travailler dans mon milieu, c'est qu'on finit par se créer un réseau assez important et par avoir le bras long. Et ça tombe bien comme il ne m'en reste qu'un seul !

Sabo esquisse un pauvre sourire et se redresse. Il se jette dans mes bras et me serre fort. Je peux ressentir à quel point tout ça l'a profondément bouleversé. C'est dommage pour toi, Sabo, mais c'est la vie.

Heureusement que Cavendish a évoqué le sujet Sabo ce matin sinon qui sait, je n'aurais peut-être jamais découvert qu'il était aussi mal. Mon Dieu, quelle catastrophe ! Comme je le pressentais, les choses vont de plus en plus mal.

Lundi 14 Mai 2018

Rayleigh quitte mon bureau, la porte claque derrière lui. Je laisse alors lourdement tomber ma tête sur le bois et grimace à cause de la douleur. Bien entendu qu'il est déjà au courant de tout, je le remercie d'ailleurs d'avoir bien voulu me tenir informé, de partager ces informations avec moi. L'AR n'a rien avoir avec nous alors il pouvait tout aussi bien juger que m'informer n'était pas utile. Roger a un lien avec Dragon par rapport à ses responsabilités vis-à-vis de Luffy mais c'est tout et c'est déjà suffisant pour qu'il sache à chaque instant ce qui se passe.

A présent, j'ai plus ou moins les informations que voulait Sabo mais est-ce une bonne idée de lui en parler tout de suite ? Ce matin, il estparti en cours en essayant de ne rien laissé paraitre comme je lui ai conseillé mais j'ai bien vu qu'il était encore secoué. C'est dommage qu'il se soit brouillé avec Ace parce que c'est dans des moments comme ça qu'on a le plus besoin de la personne qu'on aime. A vrai dire, ça m'arrangerait assez qu'ils se réconcilient. Déjà, ça aiderait Sabo à retrouver le sourire et puis ça le garderait également éloigné de l'organisation militante.

J'ai garanti à Sabo que je respecterai son choix mais tout faire pour le faire changer d'avis, est-ce honnête de ma part ? Qu'est-ce que j'aurais fait si plus jeune, on m'avait empêché de rejoindre Roger ? Il faut vraiment que j'arrive à prendre du recul.

Bon, il est temps pour moi de rentrer : j'ai encore plein de truc à faire en plus. Je quitte le bureau et pour une fois, je fais parti des derniers, à la grande surprise de tout le monde. Je peux également être sérieux de temps en temps. Je prends un taxi pour aller chez Roger, ayant la flemme de prendre les transports en commun. J'arrive assez vite chez mon boss : je suis là pour voir Ace – Luffy aussi mais avant tout le plus grand – Roger n'étant pas là de toute façon. Il faut encore que je discute un peu avec lui : maintenant qu'Ace connait une partie de la vérité, il faut essayer de le canaliser.

J'essaie de passer le maximum de temps avec lui depuis son réveil. Roger fait également le nécessaire pour qu'il passe le moins de temps possible seul. Je pensais qu'Ace grognerait, protesterait à corps et à cri mais finalement, non. Il est conscient de ce qu'il se passe et a encore en tête ce qui est arrivé à X-Drake. C'est parce qu'il s'en veut et qu'il ne veut pas qu'un autre de ses amis se retrouve mêlé à ça qu'il nous écoute sans broncher. C'est assez miraculeux de sa part.

J'ai pu prendre des nouvelles de X-Drake et discuter un peu avec lui. Il n'avait pas l'air très à l'aise mais j'ai pu voir qu'il avait une réelle volonté de passer à autre chose. Ne pas se laisser bouffer par cette histoire et continuer sa vie. C'est bien, X-Drake est très combatif, mais je n'oublie pas qu'on ne sort pas indemne de ce genre d'histoire, je me souviens encore de l'état lamentable dans lequel j'étais après mon agression. Je lui ai également demandé si Roger pouvait passer le voir. Il a été surpris par ma question, si bien que j'ai dû m'expliquer. J'ai évoquéqu'il est normal pour Roger de vouloir savoir comment va l'ami de son fils, celui qui a en plus tout fait pour le sauver. Il n'a pas eu l'air franchement convaincu mais a pourtant dit oui. Il ne devait pas avoir de raison de dire non, voilà tout. Je le soupçonne de se rappeler parfaitement de ce qu'il s'est passé ce soir là et de savoir que d'une manière ou d'une autre, Roger fait partie de cette histoire.

Je sonne et la femme de ménage qui termine son service m'ouvre. Elle me salue avant de partir et je lui souhaite une bonne soirée. La maison est assez vide, je sais pourtant qu'Ace et Luffy sont bien là. Ne voulant pas rester tout en bas, je prends le parti demonter directement, direction la chambre du plus âgé.

J'ouvre la porte sans même m'annoncer. Je me cache les yeux et sourit en avançant à l'aveugle.

-C'est moi, j'espère que je ne te dérange pas ? Je peux ouvrir les yeux ?!

Un silence, puis Ace me répond.

-Oui. Qu'est-ce qui te prend ?

-Je prends mes précautions. Tu sais que c'est souvent à cette heure là que les adolescents s'adonnent au plaisir solitaire ? Les parents ne sont pas là et ça leur permet de décompresser de leur journée de cours !

-Mais qu'est-ce que tu racontes ? fait-il, partagé entre le dégout et l'embarras.

-Allez, Ace, ce n'est rien.

Je m'assois sur son lit et lui souris. Assis devant son bureau, il fait pivoter sa chaise vers moi.

-En plus, comme tu es en froid avec Sabo, ce n'est pas comme si tu pouvais te satisfaire autrement !

Je souris et me fais rire tout seul avec mes bêtises. Ace me lance un regard assassin mais ce n'est pas comme si je m'étais attendu à autre chose de sa part. Il soupire et me tourne de nouveau le dos.

-Tu comptes lui faire la gueule encore longtemps ?

Il ne dit rien.

-Il a besoin de toi, tu sais.

-Et moi alors ? Tu crois que je n'ai pas besoin de lui ?!

Je suis surpris par son éclat de voix. Ace n'est pourtant pas quelqu'un qui perd facilement ses moyens. Il ne laisse souvent rien paraitre et on oublie parfois qu'il a seulement 18 ans tellement il est mature.

-S'il te manque autant, va le voir, dis-je avec sérieux.

-Non.

Sa réponse est ferme et j'ai l'impression que je l'ai vexé.

Je sens que je vais galérer. Mais ce n'est pas grave, je prends mon temps. J'ai l'impression qu'Ace a besoin de vider son sac.

-Moi aussi j'ai des problèmes ! Pour moi non plus ça ne va pas mais j'ai l'impression qu'il s'en fout ! On s'est toujours promis d'être là l'un pour l'autre, c'est ce que j'ai toujours fait. Mais j'ai toujours eu l'impression de devoir me retenir avec lui parce qu'il avait assez de problèmes alors je me taisais sur les miens. J'ai besoin de lui…

Sa voix tremble et je me demande si je suis vraiment la meilleure personne pour aider Ace. Il ne digère toujours pas ce qui se passe avec son père, j'en ai la certitude maintenant. Il n'arrive pas à s'enlever cette culpabilité qu'il ressent pour X-Drake, sans compter le fait qu'il craint à présent le prochain coup de Teach. Ce n'est pas que je l'ignorais, c'est simplement que je pensais que ce n'était pas si grave que ça. Qu'Ace arriverait à gérer, difficilement, mais qu'il y arriverait. J'avoue que j'étais si centré sur Sabo et sur Roger que je n'ai pas fait attention à lui alors que je passe pas mal de temps en sa présence.

-Ace…

-Je ne peux pas lui pardonner ni revenir sur ma parole ! Il n'y a que moi qui trouve ça fou, ce qu'il fait ?! En plus, j'en reviens pas que tu aies été au courant et que tu ne m'aies rien dit !

- Ce n'était pas prémédité, Sabo aurait préféré que je ne le sache jamais.

- Et alors ?! Tu es bien placé pour savoir que c'est dangereux, non ? Pourquoi tu ne le dissuades pas ?!

-J'ai essayé mais c'est son choix, dis-je en soupirant.

Ace se tourne vers moi et une nouvelle fois, j'ai droit à son regard assassin.

Je sais bien qu'il est inutile que je discute de ça avec Ace. Ca m'étonnerait qu'il change d'avis mais je dois au moins lui faire comprendre que ne rien faire n'est pas la bonne solution. Surtout que Sabo n'est pas franchement dans un bon état.

-Je suis désolé de te dire ça, Ace, je sais bien que ce n'est pas facile pour toi et qu'on t'en demande beaucoup mais prends sur toi. En amour, la question n'est pas de savoir qui a raison ou qui a tort, ni qui doit faire le premier pas. C'est simplement si tu l'aimes assez pour te battre pour lui, pour passer au-dessus de ça.

Ace détourne le regard.

-Si tu ne fais rien, tu vas le perdre, Ace.

-C'est parce que je l'aime que je fais ça.

Je soupire,agacé, et m'apprête à dire autre chose mais il me coupe.

-J'ai un devoir demain, il faut que je révise.

J'hésite à continuer mais je me dis que j'en ai assez pour aujourd'hui et que j'en ai marre alors j'arrête. Je verrais ça un autre jour, surtout qu'il est difficile pour moi d'avancer de bons arguments à Ace. J'ai l'impression de devoir prendre parti pour l'un des deux et c'est loin d'être simple. Je rentre dans la chambre de Luffy, bien décidé à me changer les idées.

Mardi 15 Mai 2018

Je baille, résiste encore, et après un effort surhumain, réussis enfin à boucler mon dossier. Demain, je dois voir un client pour revoir notre stratégie en vue d'un prochain procès au mois de juillet. Il s'agit d'une affaire d'agression sur mineur qui se serait déroulée en début d'année. Je défends l'entraineur de gym accusé dans l'histoire. Il dit qu'il n'y est pour rien et que c'est l'adolescente qui a tout inventé pour se venger de lui. Elle lui aurait fait des avances qu'il aurait maintes et maintes fois repoussées.

J'essaie d'être le plus sérieux possible et de faire attention à bien différencier les faits avérés de ce qu'on me dit. J'ai encore en mémoire ce qu'il s'est passé entre Alvida et Marco et que rien n'est simple dans la vie. Mon client a beau clamer son innocence, quelque chose sonne faux dans son discours pour moi. Les faits sont contre lui, les témoignages aussi. Je compte bien le forcer à tout me dire demain : les clients qui mentent, j'ai déjà donné. Je me suis fait avoir en beauté l'année dernière et ai perdu une affaire importante.

Bon, va falloir que j'assure moi.

Je ferme mon ordinateur portable après avoir enregistré tous les dossiers ouverts et vais me faire un café. Cavendish somnole sur le canapé, il a essayé de regarder une série mais n'a pas tenu bien longtemps. Il sort ce soir et essaye de s'occuper comme il peut avant de devoir se préparer. Sabo avait une leçon de conduite après les cours, il ne devrait plus tarder à présent. Je lui ai demandé d'acheter japonais. J'ai hâte qu'il rentre : après avoir cédé aux caprices du mannequin, je me suis vite rendu compte que j'adorais les sushis. Je ne sais pas encore me servir de baguettes mais chez moi, je peux bien manger avec les doigts.

J'ai aussi prévu d'avoir une discussion avec Sabo. Cavendish n'étant pas là ce soir, c'est l'occasion ou jamais.

J'avoue appréhender sa réaction. Je pensais sincèrement qu'il en aurait pour des jours à se morfondre sur ce qui était arrivé. Ce qui dans un sens aurait été normal. Il a assisté à quelque chose de terrible qui pourrait laisser des séquelles à n'importe qui. Il a d'ailleurs été très troublé et fragile tout le week-end. Le lundi, il est tout de même parti en cours plus vivant mais sans que je ne sente non plus que tout était redevenu comme avant. J'ai vu son regard le soir et je crois que ça m'a fait peur. J'ai pu y lire tout le ressentiment qu'il a désormais pour ceux qui ont tué ses camarades de l'organisation. Cette injustice. Une de plus.

Je ne veux pas que ce que je lui dise mette le feu aux poudres. Autant dire que je ne suis pas vraiment rassuré...

Je retourne au salon avec ma tasse et observe Cavendish qui dort sur le ventre. Il aborde une expression paisible, il doit donc faire un beau rêve. Il n'a pas pensé à attacher ses cheveux et ils sont donc éparpillés sur ses épaules et son dos. Il aura certainement quelques nœuds. Le pire, c'est qu'il va grogner alors que ce sera sa faute et seulement la sienne. Il fait de plus en plus chaud et ça fait quelques semaines qu'on est tous passé au pyjama d'été même si pour ma part, je dors avec un simple short quand ce n'est pas tout nu. Cavendish lui porte un haut large très fin aux matières nobles avec un design très épuré. Son bas se constitue d'un simple short rose plutôt court qui laisse respirer ses jambes. Il est beau même quand il dort et a une expression vraiment captivante. Je comprends mieux pourquoi il gagne aussi bien sa vie avec son physique. Sans compter son premier film…

Je l'observe encore, bois une gorgée de mon café, repère mon portable à côté de mon ordinateur et souris. Je me fais discret et saisis mon bien : j'ai trop envie de l'embêter un peu. Je me demande combien de ses fans adoreraient le voir dans une position aussi vulnérable ? Et si en plus, je m'amusais à lui dessiner dessus ?! J'ignore si Cavendish serait plus tolérant si je gribouille sur ses vêtements ou sa peau mais je décide de prendre le dernier. Ce sont des vêtements de marque qui doivent couter une blinde et je serais vraiment mal si finalement, il s'avère que ça part mal à la machine. Je prends un feutre tout à fait normal et écris sur une de ses épaules dénudées « croque-moi ». Je souris tout seul comme un imbécile devant mon forfait et décide de passer à sa jambe droite. Je commence à écrire sur la longueur « un esprit sain dans un corps sain » quand la porte du loft s'ouvre. Sabo est rentré. Cavendish se réveille et me regarde étrangement. Je m'empresse de cacher mon feutre mais trop tard. Il se relève au moment où Sabo nous rejoints. Celui-ci fixe d'emblée la jambe du mannequin et fronce les sourcils. Avant, il aurait certainement ri mais là, il n'est pas d'humeur. Dommage, je vais devoir me sortir de là tout seul. Et dire que je n'ai même pas pris de photo !

-Je vais te tuer !

-Avant que tu ne dises quoi que ce soit, je tiens à dire que je suis plus vieux que toi et que je souffre d'un handicap.

J'essaie de faire ma tête de chien battu mais étrangement, ça ne marche pas. Enfait, Cavendish a l'air plus dégouté qu'autre chose et me fout un coup sur la tête avec la télécommande. Pas avec sa main : il ne manquerait plus qu'il abime son outil de travail. Il va se laver dans la salle de bain en me fusillant du regard alors que je demande à Sabo de souffler sur mon crane pour faire partir la douleur.

Je vérifie que j'entends bien l'eau de la douche et tire légèrement Sabo à moi.

-Tout à l'heure, on aura une conversation quand Cavendish sera parti.

Je vois la lueur d'espoir dans les yeux de Sabo mais je l'arrête tout de suite.

-Seulement quand il sera parti, patiente encore un peu. Jusqu'à présent, tu as été très bien, je l'encourage.

Je sais qu'en ce moment, il vit quelque chose de dur et qu'il n'a malheureusement pas grand monde à qui se confier. Pas s'il ne veut pas les mettre en danger en tout cas. S'il a parlé à Ace, c'est qu'il n'avait plus tellement le choix. Il me remercie silencieusement et baisse la tête. Je me lève et l'attire à moi pour une brève étreinte : je sais qu'il en a besoin. Puis, je pars voir ce qu'il nous a pris de bon pour ce soir.

-Ah, j'ai trop faim !

Pressé, je mets la table : comme ça, on pourra manger dés que Cavendish sortira de la douche. Dix minutes plus tard, il nous rejoints et a l'air toujours aussi agacé mais ce n'est pas grave. Il retrouve le sourire devant les sushis et les brochettes. On mange dans la bonne humeur, même Sabo fait un effort et je suis surpris qu'il y arrive si bien. Après avoir mangé, on se met devant la télé. Cavendish ne reste cependant pas très longtemps avec nous, il doit déjà se préparer pour sortir. Il ne sait pas encore s'il rentrera ce soir, ça dépendra de sa fatigue. Comme sa soirée se passe chez quelqu'un, il aura la possibilité de dormir là-bas suivant son état. Je lui demande alors de me prévenir plus tard. Il passe presque une heure dans la salle de bain et en ressort tout fringuant. A 21h, il n'est déjà plus là. Pourtant, Sabo et moi continuons à rester silencieux, les yeux rivés sur une série policière.

C'est finalement lui qui prend la parole après plusieurs minutes de silence.

-Aujourd'hui, j'ai appris que Mlle Nico Robin avait donné sa démission. Elle n'enseigne plus à Marie-Joa.

-Je n'ai pas spécialement de nouvelle la concernant. C'était ta prof d'histoire, c'est ça ?

-Oui.

-Je ne savais pas qu'elle faisait partie de l'AR. Quel est son rôle ? je lui demande.

-Je ne sais pas. Elle a toujours été mystérieuse et je n'ai appris qu'elle faisait partie de l'AR que samedi…juste avant que tout ne dégénère, dit-il, tendu.

-Ah, d'accord.

-Mais, reprend-il. J'ai l'impression que c'est une personne très importante pour l'organisation. Elle avait l'air plutôt proche de Dragon et puis…

Il hésite et je fronce les sourcils.

-Tu peux tout me dire, Sabo, je suis là pour t'aider après tout.

Je le sens tendu, hésitant. Je lui souris pour le rassurer, lui rappeler qu'il peut bel et bien avoir confiance. Ce n'est que comme ça qu'on avancera. C'est vrai que j'y trouve mon compte dans cette histoire, mais je fais ça avant tout pour aider mon colocataire. Roger a toujours été un modèle pour moi, un guide et une aide. Je veux pouvoir faire pareil avec les gens qui m'entourent.

-Elle semblait également être au courant de pas mal de choses, des choses confidentielles dont la plupart des gens ignore tout.

Intéressant. Je n'ai jamais trop considéré cette femme. Je savais qu'elle cachait quelque chose et qu'elle avait des contacts avec l'AR mais pas qu'elle en faisait partie. Marco aurait pu me le dire quand même ! Ces deux-là sont amis, je n'imagine pas une seule seconde qu'il n'était pas au courant.

-Est-ce que tu as eu d'autres nouvelles ? Marco t'a-t-il parlé ?

Il secoue vivement la tête.

-Non. Personne ne m'a contacté et j'ai croisé Marco mais je ne lui ai pas parlé. Il m'a simplement souri comme s'il était soulagé. Puisque tu m'as demandé d'être discret et de continuer comme avant, je n'ai pas osé prendre d'initiative.

-C'est très bien. Tu pourras prendre contact avec tes amis membres de l'Armée Révolutionnaire la semaine prochaine si personne ne l'a fait d'ici là.

Il hoche la tête et parait respirer plus calmement maintenant qu'il a des directives. Je pense que savoir où il va l'aide aussi à se calmer, à canaliser cette colère qu'il peut parfois ressentir. J'ai essayé de lui parler de ce qu'il s'était passé la nuit où tout a basculé pour l'AR mais Sabo s'est montré plutôt muet à ce sujet. A part le samedi matin où je suis parti m'enquérir de son état et où il s'est confié à moi, il n'a pas reparlé de ça depuis.

Mais s'il est si révolté aujourd'hui, c'est bien parce qu'il a vu ses amis, ses camarades se faire tuer. Qui sait où tout ça va le mener...

-J'ai eu la confirmation de la manière dont s'est préparée cette tragique attaque.

Il m'écoute avec attention et je prends quelques secondes pour réfléchir à mes mots. Ce que je vais lui dire et les choses que je dois lui épargner.

-Et bien déjà, vous n'avez pas été trahi par l'un des vôtres. Mais plutôt par un de vos contacts libres : il a dû trouver une meilleure offre ailleurs.

Je n'arrive pas à savoir s'il est soulagé ou non. Même s'ils n'ont pas été proprement trahis par les leur, ça reste une trahison quand même. Je ne sais pas si on peut dire qu'ils ont manqué de prudence, ça peut arriver dans ce genre d'activité. Dans notre monde, il est compliqué de pouvoir faire complètement confiance aux autres.

-Je ne sais pas encore comment ni pourquoi mais il semblerait qu'une fois de plus, Teach soit mêlé à tout ça.

-Pourquoi donc ?

-On surveille au maximum les agissements de cet homme depuis quelques semaines et on en est certain, c'est par lui que votre informateur est passé. Il a certainement dû trouver ça intéressant pour lui de relayer cette information directement à la police. Le problème avec Teach, c'est qu'on ignore comment il agit et surtout le pouvoir qu'il a. Combien d'hommes il possède, quels sont ses moyens, ses intentions. C'est un homme qui se cache dans l'ombre, très intelligent, et qui tire les ficelles d'une histoire qui ne me plait pas. Concernant ce sujet, je ne peux pas tellement t'en dire plus étant donné que mes autres informations ne m'ont pas encore été confirmées.

L'expression de Sabo change.

-On parlait justement de lui pendant la réunion, lance-t-il. On avait décidé de laisser Teach tranquille ainsi que toute cette histoire autour de lui pour se concentrer sur nos véritables objectifs, dit-il avec regret.

Je ne sais pas quoi lui répondre, s'attarder sur ça n'est pas une bonne chose. Je ne veux pas non plus qu'il se mette à s'en vouloir ou à se torturer l'esprit pour de simples détails. Je décide de passer à autre chose.

-Maintenant que j'ai un peu plus d'information grâce à toi, notamment sur Robin, je vais creuser de ce côté-là. Peut-être que je vais vite pouvoir savoir quel était le but de Teach.

Sabo acquiesce.

-Qu'est-ce qu'il va arriver à l'AR ? me demande-t-il, inquiet.

-J'ai déjà répondu à cette question, Sabo.

Il semble anéanti par ma réponse. Il voulait que je le rassure mais c'est quelque chose que je ne peux pas faire. Le destin de l'Armée Révolutionnaire est de réussir dans l'ombre ou de mourir dans l'indifférence totale.

-Je suis content que tu sois là, Sabo. Ça aurait pu ne pas être le cas. Tu en es conscient, n'est-ce pas ?

Il ne dit rien mais je sais qu'à présent, il en a conscience.