Bonjour,
Titre : Once Upon A Time...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic
Résumé : « Qu'est-ce que le bonheur ? » Je suis resté immobile devant ma copie sans savoir quoi répondre. Avant j'aurais répondu sans hésitation « t'avoir à mes côtés ». Maintenant je ne sais plus.
« Raconte-moi une histoire…une merveilleuse histoire comme on en voit si souvent dans les contes de fées. Laisse-moi imaginer encore un peu que nous aussi, nous avons le droit d'être heureux. »
Bêta correctrice : pommedapi
Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé. ^^
Bonne lecture ;)
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
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Chapitre 37
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« La chose la plus difficile est la décision d'agir, le reste n'est que ténacité. »
Amelia Earhart
Zoro
Mercredi 27 Juin 2018
Je grogne de mécontentement en refermant la porte de mon petit appartement derrière moi. Il est déjà dix heures et je sais que le terrain de basket du quartier sera occupé. Les examens sont finis et certains ont pris un peu d'avance sur les habituelles vacances estivales. Au-delà de ça, les températures sont horribles à supporter : il fait une de ces chaleurs ! Et dire que ça va empirer... Je ne suis pas du genre à m'enthousiasmer pour le beau temps ni à prendre l'arrivée des vacances comme une bénédiction. Ou encore rêver de cette liberté retrouvée avec la fin du lycée et toutes ces conneries.
Je pense seulement au fait que pendant plus de deux mois, mes entrainements vont être fastidieux. Parce que je vis pour ça. Mon esprit n'est rempli que par le kendo. C'est mon rêve, et si j'ai échoué à le réaliser il y a quelques mois, je compte bien le concrétiser tout de même un jour.
Alors au final, chaleur extrême ou pas, je me dirige au pas de course vers mon deuxième point d'entrainement. Il s'agit du quartier où réside Sabo. J'ai pu remarquer la dernière fois que j'y suis allé qu'il y a un parc très agréable disposant d'une piste pour les coureurs. Je me servirai de mon propre environnement ici pour tout ce qui est étirement et musculation.
Je sors de ma rue sans un regard en arrière et me dirige vers l'arrêt de bus. Ça m'emmerde de le dire mais je ne me rappelle pas bien le chemin à pieds... J'étais trop occupé à soutenir Ace la dernière fois et au retour, j'y pensais bien trop pour retenir où je mettais les pieds.
Le bus arrive et je monte en soupirant. Le bail de mon studio se termine dans un mois. Deux choix s'offrent à moi : je reste et je continue ma vie ici ou je pars, mais pour faire quoi ? Cela dit, sans ma bourse, ça va être compliqué de continuer à subvenir à mes besoins. Déjà que j'avais du mal avant... Le problème, c'est que j'ai l'impression que rester ici ne me mènera pas très loin, pour ne pas dire nulle part. Je viens de finir le lycée, Mihawk refuse de continuer à m'entrainer étant donné qu'il m'a déjà battu deux fois alors je suis de nouveau livré à moi-même pour mes entrainements. Et puis, Ace m'a confirmé qu'il ne comptait pas rester dans cette ville. Peut-être qu'il reviendra mais pour l'instant, il a d'autres projets.
Je n'ai rien qui me retient ici.
Mais retourner à Bateria, j'ai l'impression que c'est comme admettre ma défaite. Je suis parti pour devenir plus fort, réaliser mon rêve. Mais je n'ai rien gagné. Est-ce que je peux vraiment retourner là-bas, chez moi, sans avoir rien accompli ? Je me déçois assez comme ça, je n'ai pas envie de faire pitié à mes proches ni à mes amis en prime.
Mais même si ça me fait grincer des dents, je sais que je n'aurais pas le choix. Je n'ai plus les moyens de vivre dans cette ville.
Presque une demi-heure plus tard, j'arrive à destination. Je grimace en voyant toutes les personnes présentes mais constate assez vite que la plupart ont fini de courir. Les vacances ont beau approcher, certaines personnes travaillent encore. Je m'échauffe rapidement avant de commencer à courir lentement. Mais je fais à peine vingt mètres que je sens quelqu'un se caler sur mon rythme.
C'est Sabo qui me sourit et qui a vraiment l'air très heureux en plus.
Rien d'étonnant à le voir ici, il habite là après tout.
Je remarque qu'il est déjà en nage, j'en conclus donc qu'il court depuis un moment. Pourtant, il n'est pas essoufflé et je reconnais les capacités d'un sportif qui s'entraine régulièrement.
Il me salut et je réponds par un simple hochement de tête pour garder mon souffle et ma concentration.
On court ensemble en silence pendant un moment avant que Sabo, complètement exténué, ne s'arrête. Je continue seul en essayant de faire abstraction des questions incessantes au sujet de mon avenir et à ce que je vais bien pouvoir faire ensuite.
xXx
-Tiens.
Sabo me tend sa gourde que j'accepte avec plaisir. J'ai vidé ma bouteille d'eau et j'ai encore horriblement soif. En plus, l'eau de sa gourde est très fraiche et me fait du bien. Je la vide et la lui rends en le remerciant. Je m'étire longuement avant de refaire deux tours en marchant avant d'enfin venir m'asseoir à côté de lui sur le banc en bois, un des nombreux qui bordent le circuit. Je m'accorde une pause avant de commencer la partie difficile de mon entrainement physique.
-Tu es vraiment un monstre, tes capacités physiques sont impressionnantes ! me fait remarquer Sabo.
Je hausse les épaules comme si ce n'était pas grand-chose.
-Tu aurais dû me dire que tu venais, on aurait pu courir ensemble.
-C'est ce qu'on a fait, je rétorque.
-Absolument pas ! On a simplement eu la chance de se croiser !
-La prochaine fois alors.
Sabo acquiesce et je souris, heureux de ne plus être complètement seul dans ces moments-là.
-Habituellement, je cours avec Cavendish quand il a le temps. Enfin, c'était avant, précise-t-il avec regret. Il peut de moins en moins se montrer en public s'il veut être tranquille.
-Pourquoi ?
Je sais bien que Cavendish est une sorte de star même si j'ignore ce qu'il fait exactement. Je ne m'intéresse pas tellement à ce genre de choses il faut dire. Mais il me semble qu'avant, il n'avait pas tellement de difficultés à mener une vie privée.
-Eh bien, maintenant qu'il a commencé sa carrière d'acteur, c'est plus compliqué. Il s'ouvre à un nouveau monde et sa célébrité ne fera que croitre. Les gens veulent tous un bout du gâteau, d'une manière ou d'une autre.
Je sens qu'il ne me dit pas tout mais je ne dis rien et ne le presse pas de question. Après quelques secondes de silence, il finit d'ailleurs par m'expliquer de lui-même ce qu'il pense être la vraie raison.
-Peu importe qu'elle soit démentie ou non, les rumeurs sont dures à effacer, grimace-t-il.
-N'y pense pas trop. Cavendish n'a pas l'air d'être quelqu'un qui se démoralise pour si peu.
Il acquiesce mais je n'ai pas l'impression qu'il soit tellement d'accord avec moi. Il change de sujet et je vais dans son sens.
-Tu ne parles pas beaucoup de ce que tu vas faire ensuite, hésite-t-il.
-Ensuite ?
-Maintenant que le lycée est fini. Et que… Enfin, Mihawk. Tu n'abandonnes pas, n'est-ce pas ?
-Non, je le rassure. Mais j'avoue que je ne sais pas trop comment m'y prendre. En plus, Œil de Faucon refuse d'avoir un autre combat avec moi.
Sabo esquisse un sourire qui se veut désolé, du moins c'est comme ça que je le comprends.
-Mais tu sauras le convaincre ! De toute façon, ce n'est pas comme s'il avait mieux à faire ! plaisante-t-il. Que fait-il le reste du temps quand il n'a pas de combat? demande-t-il, tout à coup sérieux.
Je hausse les épaules, je n'en sais rien moi-même.
-Je trouverai. En attendant, je vais continuer à m'entrainer, comme d'habitude.
-Très bien. Courage et n'oublie pas les Nationales !
-Comment je pourrais oublier ça ?
-En étant trop plongé dans ton entrainement par exemple !
Je souris et m'éloigne de quelques pas avant de me mettre sérieusement à la deuxième partie de mon entrainement.
Jeudi 28 Juin 2018
De : Inconnu
A : Zoro
Salut, j'espère ne pas te déranger et ne pas avoir l'air étrange en t'envoyant ce message sans vraiment de raison. C'est Rui et il m'a fallu beaucoup de courage pour taper ces mots… Comme tu le sais, je suis retourné à North Blue et le moins qu'on puisse dire, c'est que mon entrainement est particulièrement difficile. J'y trouve étrangement mon compte et fais de mon mieux pour réaliser mon objectif, devenir médecin soldat.
Maintenant que X-Drake n'est plus là, je dois avouer que c'est encore plus difficile. Mais je m'accroche et je ne me plains pas. Une des choses qui m'a frappée quand je t'ai vu, c'est ta volonté. J'essaie d'être pareil, d'avoir la volonté d'aller au bout. Et j'y arriverai. Tu es un peu comme un modèle pour moi. Différent d'X-Drake, bien sûr. Lui est comme un grand-frère protecteur.
Je voulais devenir ton ami parce qu'on avait deux trois points commun mais je m'y suis mal pris et j'en suis désolé. C'était la première fois que je faisais quelque chose comme ça de moi-même. Je ne sais pas si ça t'intéresse mais si tu le veux bien, j'aimerais qu'on s'encourage tous les deux à aller au bout de nos rêves.
Je pense que j'ai également besoin de quelqu'un qui croit en moi et qui ne passe pas son temps à me dire de faire attention à tout. Qui ne me sous-estime pas…
Mon message embarrassant se termine là, désolé de te gêner si toi, tu n'en as pas envie. Au revoir.
Je suis surpris par le message de Rui. Il a l'air d'être attaché à moi pour une raison que j'ignore. Je ne l'ai pas traité de la meilleure des manières après tout. Même si justement, il explique pourquoi dans son message. Rui est très différent de moi. Il possède une grande sensibilité et le seul truc qu'on a en commun tous les deux, c'est le fait d'aimer les hommes. Et de n'avoir pratiquement aucune expérience. Ca et des amis en commun, si on peut appeler ça ainsi.
Je me demande bien ce qu'il voit en moi. Law et Ace sont les seuls dont je suis vraiment proche. Tous ceux que j'ai connus ensuite, ceux avec qui j'ai noués des liens, c'est grâce à eux.
J'avoue ne pas savoir comment agir avec Rui. Il dit qu'il veut mon amitié mais je ne sais pas si on arrivera réellement à bien s'entendre. Je pense que je pourrais me montrer parfois agaçant avec lui et que je le blesserais encore. Mais il est gentil alors il ne dira rien.
Je soupire et relis une fois de plus son message. Un modèle. J'ignorais que des gens pouvaient me voir ainsi... Koshiro est mon modèle et malheureusement, je doute d'être aussi bon que lui dans ce rôle là. Mais je ne sais pas, ça me donne un peu de baume au cœur. Il m'encourage également, d'une certaine manière.
Se soutenir.
Je ne sais pas ce que ça donnera mais je pense que je lui dois bien ça. Rui n'est pas un mauvais gars et s'il veut devenir mon ami, je ne me vois pas le repousser de toutes mes forces.
Quand je pense à Rui, je me dis qu'il a bien changé et qu'il fait preuve de beaucoup de courage. Je ne sais pas toute l'histoire mais il n'avait plus rien quand il s'est engagé dans cette formation. Je ne sais pas si à sa place et dans sa situation, j'aurais pu faire de même. Mais peut-être que c'est ce que je devrais faire. Partir. Ce n'est pas comme ça que Mihawk est devenu fort ? En affrontant toujours plus de personnes, en découvrant de nouvelles techniques et en acquérant une expérience certaine ?
Qu'est-ce que j'ai à perdre ? Je ne veux pas retourner à Bateria seulement par faute de mieux. Il est temps de montrer que je ne reculerai devant rien pour réaliser mon rêve. Je ne veux pas m'imposer de limites.
Je prends mon portable et réponds à Rui. Un bref message de remerciement dans lequel je l'encourage également. Je ne me suis pas décidé mais Rui vient de me montrer une autre alternative que je n'avais pas encore étudiée.
J'ai plus de choix que ce que je ne le pensais.
Vendredi 29 Juin 2018
Il n'est pas encore 07h quand on sonne brutalement chez moi. C'est une heure indécente pour aller chez n'importe qui ! Je pense alors à quelque chose de grave. Personne d'éduqué et un minimum civilisé ne se permettrait ça. A mon humble avis, il ne faudrait jamais se lever avant 11h. Je pense à ma proprio qui me dérange pour un truc stupide, comme la fin de ma location qui approche, ou à Ace. Si c'est mon ami, c'est que quelque chose de grave est arrivé et je ne suis pas sûr d'être prêt à y faire face. J'ai bien vu qu'au final, seul Law et Sabo arrivaient à le gérer quand il n'est pas bien, quand il a ses phases de dépression ou de moments où il est juste ailleurs. Je me sens inutile et ça m'enrage. Ace est mon meilleur ami, je devrais être capable d'être là pour lui en toutes circonstances.
Alors même si elle ne m'apprécie pas vraiment - et je le lui rends bien - je préfère que ce soit ma proprio...
Ça continue de sonner alors je prends mon courage à deux mains et après avoir baillé au moins deux fois, me lève de mon lit. J'enfile au moins un tee-shirt pour ne pas aller ouvrir en sous-vêtement. La personne derrière la porte ne semble pas prête à me laisser me vêtir plus que ça alors ça devra suffire.
Je ne prends même pas la peine de regarder à travers le judas et ouvre directement la porte.
Je ne suis pas encore très bien réveillé mais je n'ai aucun mal à le reconnaitre, ni à croire qu'il est réellement là.
-Niji…
Il me sourit et comme il a l'habitude de le faire, fait preuve de sans gêne en entrant chez moi sans attendre que je l'invite. Il réclame un petit déjeuner et je l'envoie bouler en lui disant de se débrouiller seul comme je referme la porte en soupirant. Il a vécu ici assez longtemps pour pouvoir le faire. Et je ne suis pas son larbin.
-Très bien, ça me rappellera le bon vieux temps.
Je le regarde se servir un bol de café du paquet qui lui était réservé et que je n'ai pas touché. Je tais le fait que c'est le même que la dernière fois. Il prend aussi quelques viennoiseries emballées et une clémentine puis commence à manger. Comme je suis levé, je décide de prendre aussi mon petit-déjeuner. Je ne vais pas aller me coucher et quoi qu'ait Niji à me dire, je ne veux pas l'écouter le ventre vide.
-Qu'est-ce que tu fais ici ? Je croyais que tu avais quitté la ville et que tu ne comptais pas revenir, je finis par lui lancer.
-C'est vrai. Mais il s'avère que j'ai une pause en ce moment. J'ai du temps libre à tuer entre deux contrats.
-Et tu viens me voir moi plutôt que ta famille ?
-Peut-être que je tiens plus à toi qu'à eux.
Il boit une gorgée de son café et sourit. Je ne suis pas dupe une seconde.
-Et t'espères me faire croire ça ? Arrête de paniquer et va les voir. T'es plus le mec qui a besoin de l'approbation de son papa quand même !
Je souris et lui lance une pique qui je sais, fera mouche.
-Tu vas finir par me faire croire que le sourcil en vrille a plus de courage que toi...
Évidemment, ça ne manque pas. Je l'observe s'énerver pendant quelques secondes avant de redonner du sérieux à cette discussion.
-Qu'est-ce que tu comptes faire alors ? je répète en croquant dans ma viennoiserie.
-Passer du temps avec toi et peut-être aller voir un peu comment vont mes frères et ma sœur, admet-il doucement.
Il ne veut pas avouer qu'il en meurt d'envie et se sert de ma provocation comme excuse alors qu'il y a répondu avec plaisir.
-Sans blague ? je fais semblant de m'étonner.
Il acquiesce.
-Tu as perdu contre Mihawk, je me suis dit que je pouvais t'aider aussi. Je suis un bon combattant.
Je l'observe, soudain médusé. J'esquisse alors un sourire moqueur.
-Je veux bien croire que tu es fort mais si j'y vais sérieusement, tu n'as aucune chance.
Il sourit franchement et je comprends qu'on est deux à penser pouvoir laminer l'autre. Niji, trop imbu de sa personne, me propose de vérifier ça rapidement. J'accepte. Je ne rejette jamais un combat intéressant après tout. Peu importe que Niji ne pratique pas le kendo. Je lui fais quand même savoir qu'il est hors de question de faire ça dans mon salon : j'ai une caution à récupérer.
-Ne t'en fais pas, je m'occupe du lieu.
-Vraiment ?
-J'ai des contacts. Et un Vinsmoke obtient toujours ce qu'il veut.
Je me retiens de lui dire que moi, il ne m'a pas eu même si ce fourbe a failli y arriver à plusieurs reprises. J'accepte simplement et vais terminer de me préparer dans ma chambre.
Un quart d'heure plus tard, on sort et je monte dans sa voiture bleue. Je bloque sur la couleur pendant tout le trajet et on arrive sans que je ne m'en rende compte. Un dojo que je ne connais pas. Je n'ai pas fait attention au trajet et Niji a intérêt à me ramener !
Je suis excité quand je monte sur le tatami. Depuis ma défaite contre Mihawk, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de frissonner lors d'un combat. J'ai dû m'engluer dans des entrainements ennuyeux juste pour rester en forme. Je n'avais pas tellement le choix après tout.
Niji est fort et j'attends qu'il donne le maximum dans cet affrontement. Je ne me dis pas une seule seconde que tout ça ne rime à rien et me mets en position. J'utilise mes deux boken alors que Niji, dans son costard ajusté, semble serein. Je m'handicape en n'utilisant pas ma forme de combat complète mais il ne s'agit pas d'un affrontement avec Mihawk et même si ce sera sérieux, il est hors de question de blesser le noble. J'ai proposé à Niji d'utiliser une arme et il m'a répliqué qu'il s'en servait seulement pour son travail, de quoi m'inquiéter un peu. Tout cela pour dire qu'il fera sans. Il me sous-estime clairement et je compte bien lui faire regretter son trop plein de confiance.
Soudain, Niji s'élance et je monte ma garde, surpris pas sa vitesse. Il est silencieux et réactif. Je bouge juste à temps et souris sous la douleur que je ressens dans mon bras. L'impact a été si violent que j'ai l'impression que mon membre reste engourdi pendant plusieurs secondes. Heureusement, la sensation passe et je réplique à mon tour. Je le touche de plein fouet et m'inquiète de lui avoir fait mal. Mais il ne cille même pas et je trouve ça impressionnant.
J'essaie de lire en lui, de voir dans son jeu : il est important d'observer son adversaire, de prévoir ses attaques pour pouvoir le prendre de court. Mais si les yeux de Mihawk me clouaient sur place, ceux de Niji n'expriment pratiquement rien et ça me perturbe plus que nécessaire. Tous ses mouvements sont réfléchis et ses feintes sont dévastatrices.
Quel combat euphorisant !
xXx
-On a qu'à s'arrêter là, me propose Niji plusieurs minutes plus tard.
Je me relève du tatami sur lequel je suis resté allongé bien trop longtemps et grogne.
-Je n'ai pas perdu !
-Et je n'ai pas encore gagné. Mais si on continue, on va vraiment finir par se faire mal. Il s'agit d'un affrontement pour s'amuser, voir de quoi l'autre est capable. Pas besoin d'aller plus loin.
Je me calme tout de suite, reconnaissant qu'il a raison. Même pendant mes entrainements avec Mihawk et Koshiro, nous n'allions jamais aussi loin.
-Comment ça se fait que tu sois aussi fort ? je lui demande.
-Grâce à ma famille.
Le reconnaitre semble lui couter.
-Tu te débrouilles plutôt bien de ton côté d'ailleurs. Je n'arrive pas à croire que tu n'aies pas pu battre Mihawk.
-Et pourtant c'est arrivé alors pas besoin de me le rappeler.
Je soupire et fais quelques pas pour le rejoindre. Il me tend une bouteille d'eau que je bois avec joie.
-Tu continues de t'entrainer avec lui ?
Je secoue la tête et Niji semble étonné.
-Pour l'instant, je m'entraine seul et je compte bien le forcer à accepter un nouveau combat contre moi.
-Je te reconnais bien là ! rigole-t-il. Mais si je comprends bien, tu n'as plus rien qui te retient ici.
Je vois bien où il veut en venir et décide de ne pas entrer dans son jeu.
-Possible. Je ne suis pas encore sûr de moi mais je pense bouger un peu. Je voudrais rencontrer plus de personnes comme Mihawk, comme toi. Mon but est de progresser et je sais que je suis arrivé au bout de ce que je peux faire seul.
-Quelle maturité, je ne pensais pas que tu arriverais à cette conclusion de toi-même...
Il observe l'endroit avant de se déplacer et je le regarde ramasser ses affaires. Je me demande s'il compte déjà partir.
-J'ai des choses à faire, tu peux utiliser le dojo autant que tu veux. Je viendrai te récupérer plus tard. Peut-être.
Il se fait énigmatique mais pour moi, il est certain qu'il va voir sa famille. Quelle fierté pourrie, jusqu'au bout il refusera d'avouer qu'elle lui manque ! Mais l'avantage dans cette histoire, c'est que j'ai gagné un terrain d'entrainement superbe. Depuis combien de temps je ne suis pas venu dans ce genre d'endroit ?
J'ai toujours le même objectif, je prends simplement un chemin différent pour y arriver. Et pour la première fois depuis des semaines, j'ai l'impression d'enfin avancer.
Je battrai Mihawk.
« Pour vous gérer, utilisez votre tête, pour gérer les autres, utilisez votre cœur. »
Eleanor Roosevelt
Shanks
Dimanche 01 Juillet 2018
Je sors de la salle de bain et une fois dans la chambre de Mihawk, je laisse simplement tomber la serviette de bain par terre. Complètement nu, mon regard se perd un instant sur le lit vide. Le côté de Mihawk est toujours impeccable alors que du mien, on a l'impression que je me suis battu avec un squale. Ce qui est totalement ridicule. Comment je fais pour ne pas déborder vers Mihawk quand je dors ? Je pose ma main sur ma taille, plongé dans une intense réflexion, quand je ressens une légère douleur. J'observe alors le bleu sur ma peau. J'ai ma réponse on dirait... Mon copain est vraiment sans cœur, il me frappe pendant mon sommeil !
Je soupire et continue de me préparer : je n'ai pas de temps à perdre. Je récupère dans un des tiroirs du dressing des vêtements que j'avais laissés auparavant et m'habille rapidement. J'éprouve de moins en moins de difficulté pour les tâches de la vie quotidienne.
Parfois, je pense qu'il serait également possible de ne plus éprouver aucune difficulté. Si je m'en donnais les moyens, je pourrais retrouver une vie normale… Depuis que j'ai eu cette discussion avec Eden, mais surtout depuis que Mihawk m'a envoyé ce qu'il pensait avec hargne au visage, je me demande si je ne m'obstine pas pour rien.
Alors oui, je réfléchis à l'avenir, à ce que je peux faire pour améliorer ma condition. Mais en même temps, je ne me sens pas diminué ou affaibli, même si je sais que c'est le cas. Alors il va certainement me falloir du temps. Tant que j'irais bien, que mon manque de mobilité ne me gênera pas trop, je resterais comme ça. Il sera toujours temps de changer plus tard.
Je finis de m'habiller et sors de la chambre. Mihawk, qui prend son petit-déjeuner au salon, m'observe, surpris que je sois déjà levé. A croire qu'il n'a pas entendu l'eau de la douche.
-Bonjour, dis-je en me retenant à grand peine de bailler.
-Pourquoi es-tu déjà debout ? me demande-t-il sans même prendre la peine de me saluer.
-J'ai des choses à faire, je réponds.
-Tu ne travailles pas le dimanche, objecte-t-il.
-Je n'ai jamais dit que ça concernait le boulot.
J'ignore son regard sur moi et me fais du café. Je pense que je vais en avoir besoin pour affronter cette journée. Comme j'ai encore un peu de temps avant de partir, je m'assois à table avec lui et lui demande de me faire une tartine. Je n'obtiens aucune réponse et lève les yeux au ciel puis finis par me saisir d'une biscotte. Je voulais du chocolat et du beurre mais tant pis. Je suis sûr que si j'avais été au loft, Cavendish ou Sabo se serait gentiment exécuté...
-Qu'est-ce qu'il y a ? je lui demande en sentant son regard sur moi.
-Où vas-tu ? m'interroge t-il.
-Je… Ecoute, je ne pense pas que je puisse te parler de ça. Il s'agit de mes nouvelles fonctions, dis-je après une hésitation.
Bien entendu, ça ne plait pas à Mihawk mais ce n'est pas comme s'il n'était pas au courant. Et puis, je suis assez gentil pour lui parler. Toutes les confidences que je lui ai faites jusqu'ici, rien ne m'y obligeait. Il aurait même été préférable que je me taise sur la plupart des sujets. Le fait que nous soyons en couple n'est pas une excuse. Pour sa sécurité, il serait plus sûr qu'il ne sache rien. Mais il s'agit de Mihawk. C'est un Grand Corsaire et je ne connais pas quelqu'un d'assez fou pour s'attaquer à lui.
Si on exclut Zoro et moi-même.
-Je pensais que vous aviez décidé de ne pas continuer dans cette voie ? Qu'à présent, tu allais simplement te charger des entreprises que dirigeait Roger ? Ça en plus de ton boulot d'avocat. Et là, tu me parles encore d'activités d'Empereur ?
Il n'est pas énervé, ou plutôt pas encore. Mais il ne comprend pas à quoi tout ça rime. Et je pense aussi qu'il s'inquiète pour moi. Après, de là à ce qu'il le dise clairement, on n'est pas rendu...
-Si, c'est bien ce qui est prévu.
-Alors-
Je le coupe, ne voulant pas m'attarder.
-Mais que je le veuille ou non, je ne peux pas simplement tourner la page comme ça. La chute de Roger a déclenché un grand bouleversement. Même toi, tu dois en être conscient. Teach a pris sa place et s'est allié à des personnes bien peu fréquentables, de quoi inquiéter beaucoup de monde. Je ne sais pas ce qu'il compte faire mais tu peux être sûr que ça nous touchera d'une façon ou d'une autre. Il a déjà commencé avec la mort de Roger.
Mihawk soupire mais ne dit rien de plus. Il sait très bien que j'ai raison.
-Comme si ce n'était pas déjà assez compliqué avec ce qui s'est passé concernant l'Armée Révolutionnaire, laisse-t-il échapper.
J'acquiesce en silence. Il y a quelques jours, le quartier général de la Marine a été attaqué. Il s'agit de la puissance militaire la plus forte du gouvernement, si on se place du côté légal tout du moins. Ça a fait grand bruit, impossible d'étouffer une telle affaire. Le gouvernement a simplement pu retarder l'annonce de la nouvelle et gardé le plus important secret mais l'information est quand même parue. Les journaux ne parlent que d'une attaque sans importance d'un groupe d'activistes. Quelques pertes mineures sont à déplorer mais la base a réussi à mettre en fuite les attaquants.
Aucune mention de l'Armée Révolutionnaire, encore moins de Nico Robin et des traitements qu'ils lui ont fait subir. Cette femme est la seule survivante du massacre d'Ohara et est capable de lire l'écriture antique. C'est une capacité que recherche le gouvernement. Pour quelle raison, je l'ignore, mais il est clair à présent que sa vie est en perpétuel danger. L'AR la cache pour la protéger. Ils font profils bas et c'est sans aucun doute la meilleure chose à faire. Ce qu'ils ont fait relève de l'exploit.
Pénétrer le quartier général, ils ont fait fort quand même ! Heureusement que Sabo ne s'est pas retrouvé là-dedans.
-Tu n'as pas eu de problème après coup ?
Normalement, le statut de Grand Corsaire de Mihawk l'obligeait à répondre à la sollicitation du gouvernement au moment de l'attaque mais il a refusé. Il a utilisé l'excuse de l'éloignement. C'est sûr que le temps qu'il arrive, le combat aurait été fini depuis longtemps. Mais le gouvernement est tellement sur les dents qu'ils peuvent ne pas se contenter de ce genre d'excuse et vouloir sévir. D'une manière ou d'une autre.
-Non. Et je ne pense pas qu'ils fassent quoi que ce soit. Au pire, ils me reprendront mon statut de Grand Corsaire, je m'en fiche.
Je souris, reconnaissant bien là le mordant de mon compagnon. Je termine mon café et me lève. Mihawk m'observe sans rien dire.
-Je vais essayer de rentrer assez vite. Je t'appelle si ce n'est pas possible.
-Très bien, fait-il, résigné.
Ça m'attriste de le voir ainsi mais malheureusement, je ne peux rien y faire. C'est la vie que j'ai choisie.
Quelques minutes plus tard, je quitte l'appartement de Mihawk.
xXx
-Je n'arrive pas à croire que Roger devait faire tout ça...
J'enlève ma veste et déboutonne les deux premiers boutons de ma chemise. Je déteste porter ce genre de tenue mais pour une entrevue de ce type, il m'était interdit d'avoir l'air d'un pouilleux.
Rayleigh s'amuse quelques fois à me dire que ce serait bien qu'éventuellement, parfois, j'ai vraiment l'air d'un avocat. Déjà que je suis jeune, mon air négligé n'aide pas les gens à me faire confiance. Alors que je suis pourtant très bon !
Enfin cela dit, les personnes que j'ai rencontrées plus tôt n'avaient rien de plaignants ayant besoin d'aide.
-Roger faisait des tas de choses que tout le monde ignorait.
Dans la voix de mon supérieur, il y a une note de nostalgie et de tristesse. Rayleigh ne parle pas de sa peine mais c'est évident qu'il en a. C'est impossible autrement. Le boss était son plus vieil ami.
-Même si tu n'as plus affaire avec eux plus tard, c'est important que tu sois présenté correctement. C'étaient les partenaires de l'ancien Empereur après tout, reprend-il.
-Je comprends.
-Tu es toujours décidé à ne pas continuer dans cette voie-là ?
La question de Rayleigh me surprend. Je le regarde, les sourcils froncés, dans une attitude interrogatrice.
-Je sais que c'était le souhait de Roger. Il ne voulait plus de cette vie-là, pas pour nous en tout cas. Et il ne t'a certainement pas choisi pour t'infliger toute cette pression ni les difficultés qu'engendre le statut d'Empereur. Ce n'est pas ce que je désire non plus, soupire-t-il en se levant.
Il fait quelque pas dans son bureau de Gol D. corp et s'arrête à une fenêtre.
-Mais dans mon cas, les raisons sont différentes. Ce que nous avons construit, nous le devons à Roger et c'est naturel qu'elle s'arrête à sa mort. Tu peux décider de construire quelque chose à ton tour mais tu devras repartir de zéro.
-Je comprends ce que tu veux dire, lui dis-je. Mais la situation telle quelle est me va. J'ai eu une discussion avec Mihawk ce matin et crois-moi, il vaut mieux pour moi pour l'instant que je me contente d'être un simple avocat. Ce n'est pas comme si c'était facile, ça m'occupe déjà amplement assez. Et puis, c'est ce que j'aime faire.
-C'est Roger qui t'a soufflé cette vocation, non ? me demande-t-il.
J'acquiesce.
-J'essaie de ne pas trop me stresser avec ça… Mais en ce moment, j'ai constamment peur pour mes proches. Mihawk est fort mais quand même, je n'ai pas envie qu'il lui arrive quelque chose. Surtout qu'en ce moment, c'est tellement le bordel ! L'ordre établi n'existe plus, des gens pourraient essayer de nous renverser maintenant que Roger n'est plus là. Les chacals ne dorment jamais après tout.
-Je ne te donne pas tort.
-Mais plus encore, je m'inquiète pour Cavendish et Sabo. Je ne permettrai pas que quelqu'un leur fasse du mal. Ace et Luffy sont aussi sous ma protection, dis-je pour finir. Je n'ai pas pu sauver Roger mais je refuse qu'il leur arrive quoi que ce soit.
-Tu crois que le risque qu'il leur arrive quelque chose est réel ? me demande Rayleigh, inquiet.
Je hausse les épaules, incertain.
-Je ne sais pas. Mais il va y avoir des conséquences de tout ce bordel. Quelqu'un va payer les pots cassés et je ne veux pas que ce soit l'un d'eux.
Mon supérieur essaie de me rassurer. C'est vrai que j'imagine peut-être le pire pour rien.
La discussion se termine là et Rayleigh me ramène au loft. Demain, une autre grande journée éprouvante nous attend. Nous allons rencontrer l'Empereur Edward Newgate.
Lundi 02 Juillet 2018
Si un jour on m'avait dit que je discuterais avec un homme de la trempe d'Edward Newgate, je n'y aurais pas cru. Cet homme est différent de Roger. Il n'a pas l'air aussi accessible que mon ancien boss. De toute façon, personne n'arrivait à la cheville de Roger. Mais à présent qu'il n'est plus, c'est cet homme, Edward Newgate, qui a pris le leadership du nouveau monde. Il est considéré comme l'homme le plus fort du monde. Ou quelque chose du genre. J'ai encore du mal à y croire.
Mais toutes ces choses ne me concernent pas.
Nous sommes dans un logement appartenant au réseau de l'ancien rival de Roger, ce qu'ils en font le reste du temps, je l'ignore. Nous ne sommes plus à Dawn, évidemment, et le trajet du retour risque d'être épuisant. Une petite ville d'East Blue à deux heures à peine de Dawn, voilà tout ce que le chauffeur nous a dit. C'est étonnant qu'avec le peu d'informations qu'on ait eues, Rayleigh et moi avons accepté de monter dans cette voiture.
Il semble que lui et moi ayons simplement compris que cette rencontre était de la plus haute importance. C'est vrai que j'ai hâte d'entendre ce qu'Edward Newgate a à dire. Il ne s'est pas manifesté une seule fois lors de tout ce merdier. Pourtant, Teach était un de ses hommes.
Il a pendant quelque temps demandé à ce qu'on le laisse s'occuper du cas du traitre et on a bien vu ce que ça a donné. Je ne suis pas forcément très emballé par cette discussion mais je la sais nécessaire. Surtout lorsqu'on voit ce qu'a réussi à faire Teach justement.
Marco aussi est présent aujourd'hui. Rien d'étonnant pour le numéro 2. Je le salue poliment – avec un petit sourire en coin – heureux de le revoir après si longtemps. J'accorde un hochement de tête respectueux à Newgate et reste en retrait par rapport à Rayleigh. Même si Roger souhaitait faire de moi le nouveau patron, pour l'instant, cette tache incombe à mon supérieur. J'ai encore beaucoup à apprendre et compte bien observer tout ce que je peux de lui, m'enrichir de son enseignement.
-Merci d'avoir accepté cette rencontre, commence Marco.
-La cause est suffisamment importante pour ne pas faire de manière. Et puis, c'est également en l'honneur de l'amitié que Roger avait pour toi, lance Rayleigh.
Newgate hoche la tête et nous invite à nous asseoir. Nous prenons place sur deux fauteuils très confortables. Nous faisons face à l'ancien rival du boss alors que Marco se tient debout, adossé à la porte du salon.
-Encore toutes mes condoléances. Je sais la responsabilité que j'ai là-dedans, déclare-t-il.
-Nous n'avons jamais pensé ça, le détrompe Rayleigh.
Le chef de Marco me sourit et je comprends que ce commentaire m'était surtout adressé. Je ne dis rien et baisse la tête. C'est vrai que je ne suis pas vraiment de bonne humeur. Mais peu importe ce que je ressens, je sais que le seul responsable reste Teach. Faire de gros raccourci en employant des « si » ne servirait à rien. Roger était condamné, néanmoins il est parti trop tôt.
-Tu disais avoir des informations concernant Teach.
Rayleigh a l'air soucieux.
-Il ne s'agit pas de Teach mais d'un de ses partenaires.
-Doflamingo ? j'interroge.
-Oui, mais surtout Outlook.
Je tique à ce nom et maudis cet homme de se mettre dans de tels problèmes.
Marco s'avance et après un soupir, nous explique leur découverte.
-Nous avons compris le lien qui unit ces trois hommes, commence-t-il. Teach et Doflamingo sont les têtes pensantes et Outlook, dupé par sa soif de pouvoir et de reconnaissance, les suit aveuglément. Teach cherche le pouvoir, c'est pour ça qu'il est parti, qu'il a fait tuer Roger. Devenir Empereur était son but mais il n'est pas dit qu'il s'arrêtera là. La suite semble logique : éradiquer les trois autres Empereurs. Il s'est allié à Doflamingo pour que celui-ci lui fournisse des hommes et la logistique nécessaire.
-Doflamingo a toujours plus que flirté avec l'illégalité. Il a un statut spécial qui le protège mais il sait que s'il s'engage dans ce genre d'entreprise, il perdra tout ce qui lui reste. Son statut d'ancien Tenruybito représente tout pour lui, je contre.
-C'est exact. Et plus qu'on ne le croit, hésite Marco.
Je fronce les sourcils, ne comprenant pas où veut en venir le blond.
-Ne me dites pas qu'il souhaite retrouver tous ses pouvoirs, son statut réel de Tenruybito ? souffle Rayleigh, osant à peine y croire.
-Nous avons réussi à mener une enquête ces derniers mois qui indique des mouvements inquiétants autour de la Terre Sainte – Marie Joa, nous indique Newgate.
-A ce sujet, nous ne pouvons pas encore nous prononcer mais nous savons tous comment Doflamingo a perdu son statut, ce que les gens lui ont fait vivre. Il tient avec cette alliance improbable un moyen de laver son honneur, de se venger, laisse entendre Marco.
Un silence suit la révélation. Et dire que je trouvais que c'était déjà assez compliqué comme ça ! J'ai l'impression que nous ne vivrons plus jamais dans un monde tranquille.
La seule bonne nouvelle là-dedans, c'est que si Doflamingo ou ses acolytes décident réellement de s'en prendre à la Terre Sainte, le gouvernement s'en mêlera.
-Et Outlook ? Pourquoi cet imbécile s'associe à deux énergumènes pareils ?!
J'arrive à peine à contenir mon énervement et je reçois un long regard de mon supérieur qui me demande silencieusement de rester calme.
-Pour les mêmes raisons que ses acolytes. Ils pensent que s'associer à eux lui permettra d'entrer dans le cercle très fermé de ceux qui fréquentent l'élite. Les Tenruybito. Nous pensons qu'il y a beaucoup de manipulation de la part de Doflamingo auprès d'Outlook. Celui-ci doit tellement y croire qu'il ne voit pas qu'il va juste droit dans le mur. Doflamingo se sert de lui pour garder sa couverture. Une entreprise pareille, ça demande beaucoup d'argent.
-Et il ne peut pas se permettre de faire autant de dépenses sans que ça commence à devenir suspect. Il se sert de l'entreprise du père de Sabo pour se dédouaner en cas de pépin, je comprends alors.
J'étouffe un rire amer. Cet homme est encore pire que ce que je pensais. D'ailleurs, je ne sais pas qui de Teach ou de lui me débecte le plus. Ils sont assez fous pour vouloir plonger le monde dans le chaos. On ne peut pas laisser faire ça.
Les trois hommes présents dans la pièce continuent la conversation sans que je ne sois malheureusement capable d'intervenir. Ça fait beaucoup trop d'information à assimiler d'un coup. C'est un travail titanesque qu'ont fait Marco et ses hommes. Je comprends mieux pourquoi il était si absent ces derniers temps. Il restait dans l'ombre pour pouvoir enquêter sans problème. Une patience que je n'ai pas vraiment.
J'aimerais dire que maintenant que le plan des trois hommes a été découvert, c'est la fin, mais la vérité, c'est surtout que le plus dur ne fait que commencer. Ce sera une longue bataille qui va peut-être durer des années. Tant que le monde n'aura pas de nouveau trouvé un équilibre, il y aura toujours des tensions et des personnes assoiffées de pouvoir, prêtes à commettre les pires exactions au monde pour leur propre compte.
Rayleigh et Edward Newgate conviennent de coopérer contre Teach : il est important de ne pas se cacher d'information importante. Même si pour l'instant, nous nous devons de rester calme et d'attendre les prochaines actions du traitre, il faut tout de même se tenir prêt.
-Shanks, j'aimerais te parler si tu as un instant.
Je me stoppe, encore dans l'appartement, et fais un signe à mon supérieur pour lui dire que je le rejoins en bas. L'ancien rival de Roger est parti il y a une demi-heure. Il est primordial pour notre sécurité à tous qu'on ne nous voit pas trop ensemble.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Je suis assez soucieux. Je ne sais pas si Marco a gardé le silence jusque là car ce qu'il a à me dire ne concerne que nous ou s'il préférait que son chef et le mien n'entendent rien de cette discussion. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
-J'ai eu des nouvelles de l'AR. Je ne sais pas si je suis admiratif de leur prouesse ou si je dois continuer à les trouver horriblement suicidaires. Une chance que Sabo soit resté en dehors de tout ça, soupire-t-il.
-Pas sûr qu'après la fusillade dont il s'est miraculeusement sorti indemne, il ait de nouveau l'envie inconsidérée de jouer les héros.
Bien entendu, je tais le rôle d'Ace dans tout ça.
-Des nouvelles d'eux ? De ce que j'ai entendu, ils se cacheraient quelque part, je demande.
Si je veux des informations, Marco est le plus à même de m'en fournir.
-Ils se font discrets, c'est vrai. Ils ménagent également leur effet de surprise, ils préparent déjà quelques plans d'action pour après l'été.
-C'est une bonne chose.
-Oui. En plus, je doute que le gouvernement soit vraiment préoccupé par ce qui se passe dans l'AR en ce moment.
- Ah bon?
- Oui... Ils vont arrêter Outlook, m'apprend-il en soupirant à nouveau.
-Quoi ?!
La nouvelle est si irréaliste que j'ai du mal à y croire. Mais c'est Marco et je le vois mal plaisanter avec ce genre de sujet.
-Comment peux-tu être au courant de ça ? je reprends, le souffle court.
-C'est l'Armée Révolutionnaire qui me l'a dit. Ils ont réuni grâce à Sabo assez d'éléments contre lui et ont transmis les informations au gouvernement. Servir une affaire comme ça sur un plateau à la police, ça leur sert de diversion et leur donne également du répit. Mais de ce qu'ils m'ont dit, c'est que le CP9 avait une agent infiltrée au sein de l'entreprise. Comme quoi ils soupçonnaient déjà quelque chose finalement…
Je me passe la main dans les cheveux et soupire. J'ai l'impression d'apprendre trop de truc d'un coup.
-C'est prévu pour quand ?
-La semaine prochaine. Dans quelques jours à peine, je n'ai pas vraiment de date précise.
Je ne suis pas enchanté par la nouvelle mais je sais que c'est inévitable. Mais si je suis embêté, c'est bien pour une raison, la même qui pousse le blond à me raconter ça.
-Ils ne perdent pas de temps, je commente. J'espère qu'ils se montreront tout aussi efficaces quand il s'agira de destituer Doflamingo ou encore d'arrêter Teach...
J'ai beau le dire, je n'y crois pas tellement.
-Il est fort probable que cette arrestation serve plus à redorer le blason de la police et à contenter quelques politiques bien placés, soupire Marco, déjà las. Sabo va être anéanti...
-Pourquoi ? Cet homme n'a plus rien à voir avec lui. Et puis, son arrestation, c'est un peu grâce à lui, je contre.
-Ce n'est pas faux mais il reste néanmoins important pour lui. Tu devrais lui en parler. Il n'a pas à l'apprendre dans les journaux.
Je grogne d'agacement. C'est la dernière chose que j'ai envie de faire mais je le ferai quand même. Sabo me fait confiance. Il s'est souvent confié à moi au sujet de ses activités de rebelle, une relation particulière s'est installé entre nous. Je me dois d'être aussi transparent que lui sur ce sujet.
Encore un peu chamboulé, je salue Marco et quitte l'appartement. Rayleigh m'attend dans la voiture et je monte sans un mot. Il ne me pose pas de question et le trajet se passe en silence.
« Tout ce que l'esprit de l'homme peut concevoir et croire, il peut le réaliser. »
Napoleon Hill
X-Drake
Mercredi 04 Juillet 2018
Flevance. J'ai habité plus de 12 ans à North Blue et je n'ai jamais mit les pieds une seule fois dans cette ville magnifique. Il faut dire que mon satané géniteur ne m'emmenait jamais en vacances. J'ai toutefois quitté quelques fois ma ville natale, profitant des sorties scolaires, mais j'ai l'impression que la ville est tellement belle que c'est comme si je n'avais rien vu avant de découvrir cet endroit irréel.
Flevance est plus connue sous le nom de Ville Blanche et quand j'observe le paysage, je ne peux que comprendre pourquoi. On a du mal à croire qu'une ville comme ça existe vraiment. Et dire que Rys voulait aller à South Blue! Eden a bien fait d'insister.
Le climat est agréable : il ne fait pas chaud, loin de là. North Blue n'a jamais connu de température au-delà de 10°C et les saisons ne sont pas tout à fait les mêmes dans cette partie du monde. Il y a de la neige partout et les maisons semblent teintées d'une seule et même couleur, une nuance de blanc fascinante.
Je remarque qu'il y a beaucoup de nobles, de personnes ayant clairement les moyens. J'ai pu le remarquer à notre arrivée il y a quelques jours, déjà dans les rues et surtout dans l'hôtel où je réside avec mes parents. Et chose qui me change, c'est qu'ici, les gens ne jugent pas les autres. Ils ne semblent pas apporter autant d'importance au patrimoine ou à la descendance des gens, contrairement à Goa.
J'ai entendu dire qu'il y a quelques années, cette ville a connu une horrible épidémie de maladie grave. Au début de l'industrialisation de la ville en effet, du plomb a été découvert et beaucoup de matériaux ont été construits avec. Flevance s'est alors développée en masse, créant beaucoup d'emplois et améliorant la qualité de vie de beaucoup de personnes. Mais à l'époque, les habitants ignoraient qu'ils courraient tous un risque pour leur santé. Bien entendu, le gouvernement et la royauté étaient au courant, ils ont juste choisi de se taire, de se barrer et d'empocher de loin les profits. Quelque chose qui ne change pas, peu importe où on se trouve.
La maladie a décimé énormément de gens et Flevance a eu du mal à se reconstruire. Il est difficile en voyant à quoi ressemble la ville aujourd'hui d'imaginer que quelque chose comme ça a pu arriver. Si Rys ne m'avait pas raconté cette histoire, je ne l'aurais jamais deviné. Eden, en tant que médecin, a été révolté : il sait mieux que moi les symptômes et les conséquences de l'utilisation du plomb.
Je ne sais pas si tout va mieux maintenant. C'était il y a de nombreuses années. Les gens ont l'air d'aller de l'avant et sont toujours agréables avec les touristes.
D'ailleurs, lors de mon deuxième jour ici, j'ai sympathisé avec un couple venu passer une semaine dans le même hôtel que nous.
-Je sors, je vais faire du snowboard avec Mule et Helwett.
Mes parents me saluent et je quitte la salle où le petit déjeuner est servi, laissant Eden et Rys terminer tranquillement de déguster leurs cafés. Moi, je n'ai jamais trop aimé ça.
Je retrouve le couple dehors. Mule étudie la médecine et a les cheveux roses : besoin de changement à sa majorité apparemment. Elle a la vingtaine et malgré son apparence plutôt sérieuse, elle sourit beaucoup et peut même être drôle parfois. Helwett est un jeune cuisinier et le tatouage qu'il a sur le côté droit du front renforce son côté dur.
C'est eux qui m'ont approché et j'en ai été plutôt content. On ne peut pas dire qu'avec mon caractère, il soit facile pour moi de me faire des amis mais parfois, j'y arrive. Quelquefois, j'aimerais être comme Eden : il arrive à charmer les gens et tout le monde l'aime. Il est assez lumineux il faut dire.
Je passe toute la mâtinée avec le couple, me déchainant sur les pistes : c'est agréable de faire du sport. Surtout qu'à Dawn, je n'ai pas tellement l'occasion de pratiquer des sports de glisse dans la neige. A 13h, je mange avec Mule et Helwett un plat bien calorique et qui nous tient chaud. Épuisé, je les quitte peu après. Je me sens fatigué. Comme quoi c'était une mauvaise idée de prendre un dessert alors que je n'avais plus faim...
Je fais une sieste et me réveille avec étonnement à 15h30. J'ai dormi un sacré bout de temps. Il me faut un moment pour émerger et pendant quelques secondes, j'hésite sur la manière dont occuper le reste de ma journée. Je me décide alors à voir si mes parents sont dans leur chambre. Je frappe et Rys m'ouvre : je dois être un peu chanceux.
-Alors ta matinée ? me demande-t-il.
-Super et fatigante, dis-je en souriant. Vous avez prévu de faire quelque chose ?
-Pas vraiment, répond Eden.
-Il y a une soirée à thème à l'hôtel ce soir.
-Spécial année 90, ajoute Eden en souriant.
-Eden veut à tout prix y aller, se moque Rys. Alors on va juste garder notre énergie pour la longue soirée qui nous attend.
-Je vois, dis-je en rigolant.
-Tu te joindras à nous ?
-Je verrais…
J'élude habilement la question, me souvenant d'une fois où je m'étais tapé la honte à une soirée du même genre.
Je ne suis pas plus avancé sur comment m'occuper alors je me pose dans un des fauteuils de la chambre, celui du bureau, et observe l'émission que regarde Rys, Eden lisant un livre. J'ai l'impression qu'il essaie de terminer ce livre depuis un mois déjà. Peut-être qu'il y arrivera enfin pendant ces vacances.
J'observe tour à tour mes parents, heureux d'être là. Et dire que je ne voulais pas venir avec eux au début. Je voulais leur laisser de l'intimité, ne pas leur imposer ma présence plus que nécessaire. Mais en insistant pour que je vienne, ils me font encore plus comprendre et intégré - ce que ma tête a décidément du mal à saisir - qu'on est une famille.
Une famille.
Je pense à quelque chose depuis quelques jours, une idée que je n'ose pas encore exprimer. Pourtant, je sais que ça ferait plaisir à Rys et à Eden mais je ne sais pas comment leur dire, ou encore quand. Y a-t-il un bon moment pour annoncer ce genre de choses ?
-Il y a un problème, Drake ? Tu n'arrêtes pas de me fixer, sourit Eden.
-Je…
Je me stoppe et, soudain nerveux, me mordille les lèvres. J'ai l'impression qu'une fois de plus, je vais fuir.
-Tu as quelque chose à nous dire ? s'inquiète Rys.
-Non, rien.
-Bien sûr que si.
Évidemment, mon père n'est pas dupe.
-C'est juste un truc stupide. Enfin, non ! je me contredis aussitôt.
C'est moi qui suis stupide. C'est quelque chose qui me tient vraiment à cœur et je sais que ça leur fera plaisir. Je me sens bête de tourner inutilement autour du pot. Je me ressaisis, prends une grande inspiration et décide d'être honnête.
-J'avais pensé à quelque chose en fait... Je… Vous n'arrêtez pas de dire qu'on est une famille et je suis d'accord. Vous êtes tous les deux mes pères, autant Rys que toi, Eden. Et donc… Je voulais porter le même nom de famille que vous. Si vous êtes d'accord.
J'ai beau l'avoir enfin dit, je me sens horriblement stressé et triture avec angoisse mes doigts, les faisant même craquer.
-C'est vrai ?
Je relève la tête et suis touché en plein cœur par l'expression d'Eden. Il a l'air si heureux, presque ému...
-Oui... Je serai très fier d'avoir le même nom de famille que mes parents.
Rys se lève et me prends brièvement dans ses bras.
-Tu fais comme tu veux, Drake. Tu es notre plus grande fierté et comme tu peux le voir, Eden est à moitié en train de mourir d'extase à cette idée...
On rigole tous et je me sens tellement détendu.
Jeudi 05 Juillet 2018
-Les Nationales sont demain. Tu ne regrettes pas de ne pas être avec tes amis ? me demande Eden alors qu'on mange au restaurant.
-C'est vrai que j'y pense mais je ne regrette pas. Et puis, l'émission sera en directe à la télé. J'observerai ça comme n'importe quel spectateur, votant en masse pour eux, dis-je en rigolant. Ils doivent apprendre à se détacher de moi, je ne fais plus partie du Glee Club.
-C'est vrai mais ça doit quand même te rappeler des souvenirs, me taquine Eden.
Rys observe l'échange silencieusement, souriant de temps en temps quand il n'est pas occupé à mâcher sa nourriture.
Mais Eden a raison. Forcément, ça me rappelle de bons mais aussi de mauvais souvenirs. Je n'oublie pas combien ça été dur pour moi. Les choix que j'ai faits suite à ce concours et combien j'ai été perdu. Ça n'a pas été facile, encore plus que ce que les gens pensent. Mais au-delà de mes désillusions, j'ai pris ma revanche sur cette défaite que j'ai subie. Je pense très fortement à mes amis et à combien ces deux dernières années auront été les plus belles que j'ai vécues pour l'instant. Et c'est marrant quand on pense à toutes les merdes que j'ai subies. Vraiment drôle…
Mais je suis tombé tellement bas, j'ai tellement souffert, que je suis plus fort maintenant. Je sais mieux que personne comment me relever. Et puis, comme je le disais, j'ai su saisir ma chance et prendre ma revanche.
-En parlant de ça, tu ne nous as jamais parlé de ta sélection, intervient Rys. Tu as quand même pensé à faire une soirée avec ta copine et tes amis pourtant.
-Ne sois pas jaloux, Rys, même si on sait tous les deux que ça te va très bien...
Eden sourit et comme d'habitude, mon père n'est pas à l'aise qu'Eden parle de ça devant moi. Il ne changera jamais, s'il savait qu'il est le seul que ça gêne !
-En vérité, je n'ai pas tellement parlé de ça avec eux non plus. Juste raconté brièvement. Je ne voulais pas leur enlever la surprise. Dellinger a déjà été sélectionné par le conservatoire de Dawn et Shirahoshi prévoit de devenir la nouvelle Madonna ou Céline Dion. Pas de spoilers inutiles !
Rys sourit et secoue la tête.
-Eh bien, je veux avoir plus de détails qu'eux !
Je soupire, bois mon verre de jus d'orange et commence à parler. Je n'y échapperai pas on dirait.
Alors je leur raconte que j'avais beau être confiant, au moment de franchir la porte, j'ai hésité. J'ai même reculé. Je ne voulais pas de deuxième déception. D'un seul coup, j'ai paniqué, perdant toute ma confiance, sans raison. Juste ce sentiment constant qu'il ne m'arriverait jamais rien de bien.
Triste ironie.
Mais c'était mon rêve et je n'étais pas le seul à avoir fait des sacrifices pour en arriver là. J'ai essayé de me rassurer en me disant que ce qui allait suivre ne pouvait pas être pire que ce qui m'était déjà arrivé. Le conservatoire de Dawn avait déjà eu en main mon dossier avant ma prestation et il m'avait fait sentir dès les premières minutes que ma situation familiale les mettait mal à l'aise. Heureusement que je n'habitais plus au Gray Terminal, sinon ils ne m'auraient peut-être même pas accueilli...
J'avais soudain écarté ces pensées et m'étais présenté devant les quatre juges. Et parce que je n'avais pas senti d'animosité, ce stress, cette angoisse qui me donnait envie de prendre mes jambes à mon cou était parti. J'avais pensé à un après heureux. Ca ne dépendait que de moi.
Alors j'avais chanté, j'y avais mis toute mon âme et j'avais aimé ça.
C'était bien. Ca faisait longtemps que je n'avais pas éprouvé de la joie en chantant.
-Quand ils m'ont félicité, j'ai su que je n'avais pas rêvé le fait que ça s'était bien passé. Ils ont ensuite discuté avec moi et m'ont fait comprendre que c'était bon.
-Ça ne pouvait pas se passer autrement de toute façon ! affirme Eden.
-Je n'oublie pas que ça n'a pas été facile. C'est ce qui me fait encore plus apprécier ce qui se passe en ce moment...
On se sourit, reconnaissants de ce beau moment. Il est inutile de resasser continuellement le passé et les difficultés rencontrées. J'ai vaincu mes démons.
Demain, je regarderai les Nationales et je suis sûr de passer un bon moment également.
Une page se tourne.
